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 my witness is the empty sky (aritza)

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Margarethe Hansen
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MessageSujet: my witness is the empty sky (aritza)   Dim 11 Mar - 11:46


my witness is the empty sky

Ses parents, de bons croyants. De ces familles aux vêtements étiquetés du dimanche, de ceux allant à la messe et désireux bien-sûr d'avec eux, traîner leurs enfants. Alors elle s'était soumise à ce choix de vie, Maggie. Dès ses treize ans, soit l'âge auquel ils l'avaient adoptée. Ses géniteurs par contre, elle n'avait aucune idée de leurs idéaux, de leurs choix de vie. Moins encore si au-dessus de leurs portes et cheminées trônait le Christ. Mais sûrement pas, du moins c'était ce qu'elle espérait, ce par quoi elle justifiait le fait d'autant traîner les pieds pour se rendre dans la maison de Dieu. Pourtant baignée là-dedans depuis son plus jeune âge, dans son orphelinat donnaient même de leur temps quelques nones, et ils célébraient les fêtes chrétiennes, avaient même le droit à un semblant de messe de Noël. Mais jamais elle ne s'était laissée charmer. Jamais elle n'avait été friande de tout cela, pourtant non plus totalement réfractaire à l'idée qu'il pouvait bel et bien exister un être tout puissant, là-haut, quelque part, au-dessus des nuages - qu'ils disaient aux enfants. Réaliste, la môme. Ainsi devenue trop tôt. Elle laissait le bénéfice du doute aux prêcheurs, mais ne donnerait jamais sa confiance à celui qu'ils nommaient tout puissant. Sûrement parce que si elle s'avérait véritablement être l'un de ses pantins, et bien elle faisait partie de ceux qu'il haïssait. Tant d'épines balancées sur sa route, tant d'embûches, de crevasses, qui jamais n'avaient laissé planer le doute. Et elle s'enchaînaient, à ce rythme toujours plus soutenu. Dès lors qu'elle franchissait un obstacle, c'était un autre, deux fois plus haut, deux fois plus fort, qui fièrement se dressait en travers de ses desseins. Et cela recommençait, encore et encore. Du premier jour de sa vie à celui-ci, il n'avait jamais été question que de batailles et d'endurance. Que d'un putain de parcours du combattant. Alors elle était fatiguée. Et elle s'était lassée, d'essayer de croire à leurs discours, de se forcer à avoir de l'espoir. Elle était fatiguée, épuisée de devoir constamment survivre, de ne jamais pouvoir seulement, comme les autres, vivre. Alors s'il existait véritablement, ce bon Dieu, bien-sûr qu'en lui elle ne placerait jamais aucune assurance. Parce que toutes ces promesses couchées sur papier ou proclamées par les curés, toutes étaient fausses - Ou beaucoup trop longues à se réaliser. Alors peut-être, que le bon attirait le bon. Peut-être, qu'aux très bonnes personnes la vie souriait. Mais pour Maggie, il était simplement là question de créer sa propre chance. Et d'avoir ce que l'on méritait. Aucune main divine là-haut ne décidait ou non d'envoyer des éclairs. Le karma. Voilà, la seule chose en laquelle elle croyait fermement. Ce satané karma, qu'elle respectait autant qu'elle craignait, mais qu'elle savait réel. Celui à qui l'on ne pouvait rien demander, à qui l'on ne devait rien quémander. Celui qui se contentait d'agir, de faire régner l'ordre et ce, dans la plus grande des justesses. Aucun besoin de prier. Et après tout, même elle, cette enfant terrible et terriblement réfractaire, trouverait trop facile de s'en sortir en allant seulement se confesser, qui plus est le faciès à demi couvert. Des conneries, ces histoires de religion. Des putain de conneries ouais, pour amuser la galerie, ou donner sens à ceux dont la vie en était dépourvue.

Pourtant elle trônait ici, maintenant. Devant cette façade de pierre, en train de se demander ce qu'ils diraient, ses parents. Peut-être qu'ils seraient fiers, si de loin ils l'apercevaient. Mais seulement de loin, parce que s'ils venaient à s'approcher, ils percevraient ses tremblements, verraient ces perles de sueurs qui se formaient sur ses tempes. Et ils sauraient, que ce n'était pas la chaleur. Non, uniquement le manque. De produis, de substances. Mais surtout cette faim, constante, omniprésente. Celle qu'elle repoussait depuis trop longtemps, trop de jours, et qu'elle ne comblait plus réellement. Pourtant, elle savait. Elle savait que faire la sourde oreille ne suffisait à l'apaiser, ne faisait même que plus intensément l'éveiller et l'énerver sur la durée. Elle l'avait assurément trop provoquée, titillée. Elle s'était trop longuement moquée d'elle ces dernières journées. Alors la terrible maîtresse, elle la dominait complètement maintenant, et le lui faisait atrocement payer.

Mais que faisait-elle ici, et pourquoi ? La dominée n'en avait aucune idée. Elle s'était seulement tirée plus tôt du boulot, désireuse et surtout résolue à se rendre jusqu'à chez son mentor. Pourtant c'était ici, face à cette saloperie de cathédrale, que ses membres inférieurs l'avaient menée. Alors les paumes appuyaient sur les tempes, le faciès se jonchait de ces traits qui trahissaient sa souffrance. Elle ne pouvait rester là, au milieu de cette place - Même si pour l'heure à peine fréquentée. Ses jambes se mouvaient, alors qu'elle les pensait incapable. Puis tel un automate, ses mains forçaient sur cette large porte qui censément délimitait la frontière entre bien et mal. Et elle entrait, plutôt se laissait hasardeusement aller dans l'allée centrale, dans cet immense flou, car c'était tout ce que ses prunelles voulaient bien lui laisser voir. Alors sa course folle, elle prenait fin seulement lorsque l'une de ses mains se raccrochait enfin à quelque chose. Un quelque chose qui ne semblait être que le dossier d'une assise forgée dans un bois condamné à la pénombre et au frai. Pourtant, c'était tout autre chose qui entrait en contact avec la deuxième, alors qu'elle cherchait elle aussi la stabilité d'un objet sur lequel se reposer. Autre chose, de chaud, cette fois. De rassurant, d'apaisant et en même temps d'excitant. De la peau. C'était de la putain de peau humaine, qu'elle sentait sous le bout de ses doigts, et sur laquelle ces derniers, fermement, se refermaient.


Dernière édition par Margarethe Hansen le Jeu 17 Mai - 19:30, édité 1 fois
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Aritza S. Belmonte
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MessageSujet: Re: my witness is the empty sky (aritza)   Lun 9 Avr - 12:47

Désolation.
Larmes.
Douleur.
Souffrance.

Je suis restée là, stoïque, à observer la scène. Pendant des secondes. Des minutes entières. Peut-être même des heures. Je l’ignore. J’avoue ne pas avoir pensé à compter. J’avoue avoir oublié comment compter. Le temps d’un instant. Le temps d’une singulière éternité.

Tout autour de nous, des bâtiments saccagés. Des denrées si précieuses volées, si pas piétinées. Et puis ces corps. Tous ces corps. Éparpillés. Estampillés. Toujours en mouvement. À peine en vie. Du sang. Des viscères. Des cris. Des supplices. Des suppliques.

Tic. Tac. Tic. Tac.
Le son méconnaissable d’une horloge murale qui a cessé de fonctionner il y a quelques mois déjà. Pourtant je les perçois. Pourtant je les entends. Ses aiguilles qui grignotent le temps. Encore et encore. Inlassablement. Sans jamais se presser. Sans jamais s’arrêter. Elles se moquent bien de la misère qui l’entoure. Elle ne ferme pas pour autant les yeux. Elle regarde. Elle contemple. Et elle passe son chemin. Passé. Présent. Futur. Un pour rester dans l’ombre. Un tellement fugace qu’il devient quasi impossible de le nommer, voir le définir. Et finalement celui vers lequel nous avançons sans équivoque sans pour autant jamais l’atteindre.
Car ce qui est présent maintenant deviendra passé dans le futur et ce qui futur au présent changera de nomination dès que nous aurons réussi à le rattraper.
Le cycle de la vie.
L’éternel recommencement.

*Pire que mourir.
Il y a la prévision de continuer à vivre.


Je me rappelle de mes membres qui ont commencé à se mouvoir comme guidé par un pilote automatique. Eteindre des incendies. Panser des plaies. Couper des circulations. Amputer des membres. Rendre les dernières grâces. Et percevoir les ultimes confessions. Poupée de chiffon au marionnettiste expérimenté, certes, mais devenu tellement lasse de par le temps. De par la répétition sans fin des événements.
Et cette fois-ci, le monstre ne venait même pas de l’extérieur. Il ne s’agissait là aucunement d’un raid qui tourne mal. D’une épidémie qui nous prend par surprise. D’une explosion au sein du Camp. Bien que … tout est relatif.
Ils sont venus. De par-delà le mur. En petits groupes. En surnombre. En traitre. De toutes parts ils ont infiltré notre maison. Ils ont pris ce qu’ils daignaient penser leur appartenir. Puis ils se sont mis à crier. À hurler. À insulter. Et le premier coup est parti. J’ignore qui l’a véritablement porté. Un des nôtres ou un des leurs. Il ne devrait pourtant exister aucune différence. Nous nous situons tous du même côté de la barrière … le mauvais. Enfin, c’est ce que je croyais. Ou du moins, ce que j’étais en espoir de croire.
Mais autant l’espoir fait vivre.
L’attente fait mourir.

*Mensonge.
Trahison.
Humiliation.
Punition.


Une fois le tri fait entre ceux qui malgré tout voulaient continuer à vivre et les autres, je suis partie. J’ai quitté le campement juste avant l’aube. J’ai passé le sas de décontamination aux petites heures. La fouille y est moins rigoureuse. Le gardien à peine conscient de mon identité. Dans d’autres circonstances, j’aurais assurément pu tirer profit de la situation. Mais pas aujourd’hui. Pas après ce qu’ils nous ont infligés. Alors je me suis tenue à carreau. J’ai suivi les consignes. J’ai passé la douane et j’ai laissé un petit répit au nigaud qui n’a pas compris l’immense erreur qu’il venait de commettre en acceptant de me laisser entrer.
Il ne pouvait pas savoir.
Mais il aurait dû.

*Rouge, sang.
Noir, colère.
Jaune, amer.
Arc-en-ciel de l’Apocalypse.

Avant toute chose, il me faut me rendre là où aboutissent les péchés. Le même endroit qui leur donne, in fine, naissance. Douce ironie de la chose, vous ne trouvez point ?
Mes pas me mènent d’eux-mêmes là où je désire me rendre. C’est devenu comme un rituel silencieux entre nous. Une condition sine qua none.
Pardonnez-moi Mon Père car je m’apprête à pécher.

Cette première confession aurait pu m’arracher un semblant de sourire. Il n’en est rien. Mes épaules sont lourdes. Plus encore qu’à leur habitude. Le temps étouffant, malgré l’heure matinale, reflète en rien et en tout mon état d’âme actuel. Oppressée. Opprimée. Suffoquée. Tel un animal captif je tourne en rond dans une cage trop étroite aux barreaux invisibles. Je me cogne aux parois. Elles me reflètent une réalité qu’il m’est difficile d’accepter. Elles s’en foutent royalement. Leur but n’est pas de compatir. C’est celui de contenir. C’est celui de détruire.

Mes yeux longent la structure en pierre. Une architecture de maître. Une vraie beauté divine. Du moins l’a-t-elle été. Du moins l’a dû-t-elle être. D’antan. À une autre époque. Dans une autre vie. Celle où ce bâtiment avait encore un rôle à jouer. Celle où son recouvrement n’était pas seulement une pièce d’ornement vulgairement reléguée au second plan. Élément de décor. Figurant de seconde zone dont on oublie même de mentionner jusqu’à l’existence dans le générique de fin.
Amen.

Je reprends doucement mes esprits et me couvre la tête d’un tissu léger. Les us et coutumes se perdent de nos jours. Bien peu de croyants se rappellent des anciennes traditions. Moins encore s’évertuent à les perpétrer. Alors s’il faut s’en confier au commun des mortels … je ne leur pardonne pas, mais j’accepte leur aberrante absence de respect. À défaut de manque d’intérêt.
Je ne suis pas là pour faire leur apogée. Pas plus que pour prier pour le répit de leur âme. Pour autant que de tels vaisseaux corrompus puissent encore en habiter une. Chacun ses problèmes. Chacun ses cas de conscience. Quand bien même, elle aussi semble faire résolument partie des abonnés absents.

Je baisse la tête en pénétrant l’antre du Seigneur. Je retire mes gants et dépose l’extrémité de mon index et de mon majeur droit dans la coupole d’eau bénite. Vide. Je n’en suis que moyennement étonnée. J’appose tout de même le signe de la croix et me dirige vers l’avant de la cathédrale. Vide elle aussi. Outre quelques cierges qui sont sur le déclin, aucun signe de vie. Pour ainsi dire.
Une chouette peut-être. Et encore, elle risque fort bien de se retrouver proie d’un élan d’appétit. Dans l’enceinte de cette grande muraille, la faim rôde et les Gouvernement n’en a que faire. Il exploite ce que et qui il peut, et ce jusqu’à le saigner à blanc. Une fois le profit tiré de la situation, il ne reste plus qu’à jeter les cadavres aux oubliettes. Où au caniveau. Là encore tout dépend du rang social de la victime.

Mais je m’égare. Je prends place au deuxième rang, dernière chaise. Non pas au centre de l’attention, là où trône (toujours aussi ironiquement) une gigantesque statue du Christ amputé du bras gauche. Plus que un et il pourra faire concurrence à la Vénus de Milo.
Blasphème vous dites ?
Oh pitié, ce mot n’existe plus depuis des lustres déjà.
Et qui donc pour seulement m’en tenir rigueur ?
Non, je m’installe à proximité de Marie. La Sainte Vierge. La Mère de tous. J’inspire profondément et ferme les yeux. J’espère qu’Elle pourra me guider dans l’ombre. Qu’Elle pourra apporter un semblant de lumière dans les Ténèbres qui m’entourent. Je me sens comme happée. Comme sur le point de vaciller. Vers l’avant. Vers ce gouffre. Vers cette plaie béante. Vers cette bouche souriante.

*Come.
To.
Me.

Ah non, finalement c’est vers l’arrière que je me vois tirée. Dans tous les sens du terme. Mes paupières s’ouvrent à l’unisson. Mon visage se détourne vers l’arrière. Vers l’origine de ce soudain retour à la réalité. Tellement absorbée par mes propres démons, je n’ai pas entendu la demoiselle approcher.

- « Qu’est-ce que vous … »

Les mots restent coincés dans le fin fond de ma gorge.
Cela fait comme un arrêt sur image.
Je sais ce qui se passe. Elle probablement aussi. Et même si ce n’est pas le cas, je me vois bien dans l’incapacité d’y répondre d’une quelconque manière physique. D’ailleurs je n’essaie même pas. Le contact m’est étrangement rassurant, si pas familier. Cette chaleur qui se dégage. Ce froid qui pourtant se répand.
Alors au lieu de faire ce que me dictent la logique et le sens de la survie, j’accepte mon funeste destin. La sentence divine. La réponse indirecte au péché à venir.

Je retourne à nouveau mon attention vers l’édifice de pierre qui me toise depuis son stoïque perchoir. Je penche ma tête légèrement vers le côté et viens déposer ma joie tout contre le dos d’une main affamée. La réaction ne se fait pas désirer. Tant de ma part que de la sienne.
Stupeur et tremblement.
Gangrène et soulagement.

*Bois,
Ceci est mon âme.
Mange,
Ceci est mon crime.
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Margarethe Hansen
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MessageSujet: Re: my witness is the empty sky (aritza)   Lun 16 Avr - 11:49

Une voix. Mais un voile sur les mots, seulement le son résonnait. Comme un murmure qui devenait bourdonnement, mais qui ne parvenait pas à passer les barrières que la faim imposait. Partie. Elle était déjà partie, Maggie. Elle s'était envolée vers l'ailleurs au moment même ou sa peau avait effleurée celle d'autrui. Un homme, une femme. Impossible à dire. Un enfant même, peut-être ? Dans sa folie, elle n'avait pu détailler de silhouette, l'on ne lui avait pas laissé le temps de le faire. Mais elle n'y pensait pas de toute façon, ne devait même pas comprendre ce qu'il se passait, ou ne serait-ce qu'en être consciente. Elle accueillait seulement la divine, la salvatrice. Celle après laquelle elle n'avait de cesse de courir. Celle qui la dominait tout le temps, parfois plus que de raison, comme maintenant. Et elle était faible, la môme. Alors elle profitait simplement. Elle se laissait emplir de ce qui l'aidait à survivre. Et elle resserrait ses doigts, machinalement, automatiquement. Parce qu'elle ne sentait plus son corps, parce qu'elle n'était qu'un poids mort que les démons tenaient debout par une sombre force. Elle n'était plus elle-même. Elle n'était plus Maggie. Elle n'était qu'une bête, présentement. Une saloperie de voleuse d'énergie, qui s'apprêtait à prendre une autre vie.

Possédée, démente. Une poignée de secondes et elle ne reprenait toujours pas conscience. Incapable de reprendre ses esprits, sûrement n'en avait-elle pas envie. Un manque de volonté, une faiblesse non camouflée. Dépendante. Elle était dépendante, la môme. Elle l'était déjà avant tout ça, avant de se faire mordre, avant de revenir d'entre les morts, avant d'en faire, des morts. Un amas de produits dans ses veines. Des traces de piqûres, partout. Des mégots de joints dans les cendriers, des traces de poudres diverses dans le fond de ses poches. Et elle ne voulait pas s'en sortir, ça se voyait, ça se sentait, ça se ressentait lorsqu'on la voyait faire. Elle se sentait bien ainsi. Elle se sentait bien, même si elle se dégoûtait. Mais ça l'aidait, ces conneries. Ça faisait taire les chimères, ça anesthésiait les plaies. Peu de temps, mais au moins elle pouvait jouir de quelques heures d'apaisement. Et ça lui suffisait. Qui cracherait dessus, de toute manière ? Qui ? Qui refuserait de museler le diable rien qu'une seconde. Personne. Personne, sauf les menteurs et martyr. Et elle n'était aucun de ceux-là, Maggie. Ce n'était qu'une gosse. Une gosse faible qui ne pouvait dire non aux vices.

Alors ce nouvel état, elle le gérait comme elle s'était gérée jusque-là. Elle se laissait sombrer. Relevait la tête parfois, mais pour mieux replonger. La faim, elle ressemblait trop au manque qu'elle connaissait déjà. Et l'énergie, ce n'était finalement qu'une drogue comme une autre, elle n'était devenue que son énième maîtresse. Seulement au lieu d'halluciner, celle-là, c'était de véritables visions qu'elle lui transmettait. Des bribes d'images, des morceaux de vie volés. Une succession de couleurs, de tâches plus ou moins nettes. Des visages parfois floutés, d'autres si bien dessinés. Des plans saccadés, des actions inachevées. Mais toujours sans le son. Les murmures, elle devait les deviner, se les imaginer. Pourtant elle ne le faisait pas, se contentait d'admirer. Mais à peine commençait-elle à comprendre, que déjà tout s'envolait. Et elle revenait au réel, lorsqu'elle y arrivait.

Pas cette fois. Non, pas cette fois. La faim était trop grande, l'envie trop puissante. Elle ne maîtrisait rien, alors elle regardait. Un homme, une femme. Ils semblaient heureux, de loin. Ils se regardaient comme elle le regardait jadis. Puis plus rien. Des images qui passaient, trop vite pour être saisies. Des images qui ne voulaient rien dire.

Plus rien. Plus rien à savourer.
Plus d'images desquelles se délecter.
Seulement cette voix, qui trouvait enfin la force de briser les barrières de sa démence.
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