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 Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Dim 25 Mar - 23:12

Here stands a man at the bottom of a hole he's made
Still sweating from the rush his body tense his hands they shake oh this, this is a man, boy here stands a man with a bullet in his clenched right hand but don't push him, son, for he's got the power to crush this land oh hear, hear him cry, boy, don't you ever leave me alone, my war is over, be my shelter from the storm, my war is over. syml the war.
La nuit, Treme enfilait ses habits de lumière. Ou quelque chose dans le genre. Ce quartier prenait une toute autre gueule dès que le soleil disparaissait derrière les remparts de la ville. Non pas que ses habitants n’étaient que des créatures diurnes. Jour ou nuit, le coin était mal famé et le type qui se serait cru protégé par les rayons du soleil aurait vite déchanté. Mais la nuit, c’était le bal des ombres. Furtives, murmurantes, rapides, semblant toujours échapper aux regards. Au coin des ruelles, au fond des impasses, sous les porches et les entrées d’immeubles et derrière les portes closes des entrepôts, des centaines de deals se faisaient, de la salive et d’autres fluides se mélangeaient, des gens crevaient, probablement. L’heure de pointe dans le quartier, mais feutrée, en toute discrétion. Il fallait savoir ce qu’on venait chercher avant de foutre les pieds ici, ce qui était le cas d’Itzal. Il avait fait la paix avec ce qu’il était depuis longtemps et en éprouvait même désormais une certaine fierté, mais s’il y avait bien une chose qui continuait à le frustrer, c’était ce besoin de se nourrir d’énergie qui revenait à intervalles réguliers. Le concept en lui-même, il aurait pu passer outre, en revanche, le fait d’être dépendant d’un besoin, comme un drogué, de voir sa vie dictée par ce besoin, lui sortait par les yeux. Il aurait voulu être le seul capitaine de son navire, au lieu de quoi il devait plier l’échine face à cette contrainte. Il avait tendance à repousser l’échéance, même s’il avait acquis assez de maturité sur le sujet pour ne pas dépasser ses limites. Au début, il avait souvent nié l’évidence, et s’était retrouver dans des coins sombres à agresser des anonymes, parfois à les tuer. Alors il attendait, mais il finissait toujours par se résoudre. Le tiraillement dans les entrailles, dans les bras, les jambes, dans les tréfonds de son âme, cette sensation d’éclatement et de déchirement à la fois, qui allait crescendo – c’était que le temps comptait.

Il n’allait pas toujours se nourrir dans les mêmes quartiers. Ce soir, il avait choisi Treme et sa Cour des miracles, et se baladait les mains dans les poches mais l’air assez méchant pour ne pas qu’on le prenne pour un touriste du dimanche, son regard glissant sur les façades, s’enfonçant dans les ombres des ruelles parallèles à la rue qu’il descendait tranquillement. Des prostituées. Des clodos. Des chiards livrés à eux-mêmes à l’air débrouillard. Des bandes, des gens seuls. Chacun avait un truc à faire, un but bien précis – même si ce but, c’était de crever sans bruit enroulé dans des cartons. Itzal jetterait probablement son dévolu sur une de ces épaves ayant déjà à moitié un pied dans la tombe. Peu importait le flacon pour peu qu’on avait l’ivresse, comme disait l’autre, et en la matière, pute ou bourgeoise, clodo ou col blanc, peu importait à Itzal. Si ce n’était que les bourgeoises et les cols blancs n’auraient jamais accepté de se laisser pomper de l’énergie, ni pour ses beaux yeux ni pour du fric, et qu’ils auraient foncé voir la milice s’il s’était avisé de leur prendre ce qu’il voulait de force. Les putes et les clodos, et tout ce qui se situait entre les deux sur le spectre de la misère, n’avaient pas ce luxe. Ils avaient besoin d’un peu de fric et étaient prêts à faire n’importe quoi pour ça, et jamais ils ne seraient allés porter plainte pour une agression, parce qu’il savait que jamais personne ne les écouterait ou ne prendrait la peine de s’occuper de leur cas. Alors c’était sans vergogne qu’Itzal profitait de cette faiblesse de classes, de cette faille ancestrale inhérente à toutes les sociétés humaines. D’abord, lui-même n’avait pas trente-six solutions, et puis filer un peu de fric à un camé ou un paumé était toujours mieux que de l’agresser.

Il se glissa sans bruit dans une ruelle mal éclairée et devant lui, comme une nuée de moineaux, s’éparpillèrent quelques silhouettes silencieuses. Une ou deux filles à l’air fatigué l’appelèrent depuis la porte cochère où elles tentaient de s’abriter du froid et il leur adressa un salut en passant, sans ralentir. Même manège à la porte d’après. Puis encore après. Il y avait probablement plus de prostituées et de gigolos dans cette ville que de gens intéressés, mais les temps étaient durs et on faisait avec ce qu’on avait pour se sortir de la merde et survivre un jour de plus. Là-dessus, arrivé au niveau de l’entrée d’un vieil immeuble en pierre, il se figea. Une silhouette semblait chanceler devant, comme hésitant à entrer ou à sortir – une, deux, trois, j’y vais ou j’y vais pas. La silhouette semblait familière au Vénézuélien et il s’approcha, au risque de se faire alpaguer par une fille qui faisait les cent pas juste à côté. À la lueur cradingue d’un lampadaire asthmatique, Itzal eut la confirmation de ce qu’il avait cru voir. « Regan. » Un appel aussi discret que le reste de la bande-son du quartier – murmures, vociférations, cris étouffés, soupirs lascifs. Itzal ne lui demanda pas ce qu’il foutait là, vu qu’il pouvait se faire une idée tout seul, et malgré tout, il ne se gêna pas pour le déranger, là, ici, maintenant.

Ces derniers temps, ils ne s’étaient pas vus aussi souvent qu’avant, mais à la décharge de Regan, c’était un peu de la faute d’Itzal. C’était là la seule concession qu’il était prêt à faire, le voleur d’énergie. En s’approchant, il put constater que son ami – le terme était à la fois trop fort et trop faible compte tenu de leur passé commun – avait le teint terne et l’air crevé, pour ne pas dire en train de crever. Le Vénézuélien ne parvenait pas à se souvenir s’il l’avait déjà vu avec un tel air de déterré. Fut un temps où il lui aurait posé la main sur l’épaule pour le saluer, mais ce temps-là était passé, au profit d’un autre, un territoire inconnu, une pente glissante sur laquelle Itzal ne s’engageait pas de gaité de cœur. Mais dans Regan, dans ses traits fatigués et distants, dans sa posture abattue, il voyait la conséquence de ses actes à lui. Responsable, quoi. Tout ce qu’il détestait. Ce qui, d’ordinaire, l’aurait fait fuir sans se retourner, si seulement il n’avait pas l’impression d’être lié pour la vie à Regan, désormais, pour le meilleur comme pour le pire.
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Dernière édition par Itzal Macaro le Jeu 5 Avr - 22:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Lun 2 Avr - 16:16


Aux lueurs obscures d’un quartier qui l’est tout autant, les âmes de ceux qui ne devraient plus exister se traînent. Lamentent les murs fatigués des saletés qu’elles sèment dans leur sillage. Ces ombres de misères qui auront tôt fait de disparaître, menant l’ordre jusqu’au désordre, les nuages de miliciens se donnant la peine de venir traîner leur suprématie dans les entrailles de cet immonde que l’on condamne. Ils existent toujours pourtant, les soulards, ceux qui se vautrent dans la misère. Les corps qui se vendent au gré des désirs qu’il est nécessaire de taire et de cacher. Il ne s’étonne même plus de voir à quel point ça grouille, derrière les façades aveugles et décrépies. Ce décor en ruine puant l’abandon et le rien. Ces images modernes qui lui rappellent affreusement le Paris de son enfance. Siècle qui se veut plus évoluer mais au fond rien n’a changé. Les mots sont différents, les bouts de tissus pour cacher les corps sont devenus plus simples, moins encombrant pour celles qui se déhanchent discrètement au passage d’un amant éphémère. Les vies sont les mêmes, qu’importe l’époque, elles s’entrechoquent et se mêlent. Au gré des conversations, des rires gras de l’ivrogne titubant, des soupirs de ce plaisir qui se paie et s’arrache sans pudeur ni douceur. Il en a un nœud dans la gorge, l’appréhension violente précédant les instants de débauche secrets. Ces rendez-vous qui se donnent dans un murmure, une adresse qui se note, accompagnée d’une heure pour être certain de bien se retrouver. Et enfin mieux se séparer jusqu’à la prochaine nouvelle envie.

Goût de paradis pour ceux qui l’achètent, amertume d’un autre enfer pour lui. Les mains s’enfoncent plus encore dans les poches, poings serrés à en faire racler les ongles contre la chair. Se mutiler pour ignorer les hurlements qui lui lacèrent les tympans. Ceux de sa conscience qui râle, hurle de faire machine arrière. Voix de la raison parlant pour un corps encore mort. Brisé par la volonté d’un autre, la misère a été cachée au mieux. Une convalescence que le débauché ne respecte pas, il s’en moque. Ravale le venin de sa bile avec peine, inspire, fébrile lorsque se dessine le point final de son errance. On le croirait perdu, dans sa façon de marcher. Cette allure lente de ces êtres refusant la destination qui les attend. C’est tout ce qu’il est qui refuse la sentence. Traîne des pieds et racle l’asphalte souillé des vices de l’humanité. Un nouveau soupire s’arrache, et les pas s’amenuisent. Ralentissent puis s’arrêtent devant l’entrée de son lieu de rendez-vous. L’hésitation le prend à la gorge, le fait tressaillir et le germe du doute s’incruste dans ses pensées. Inapte à se décider, Regan reste là, planté devant une porte désespérément close qui n’attend qu’à être ouverte. Main extirpée de la poche dans laquelle elle avait trouvée refuge, prête à accomplir le dernier geste. Le regard qui se pose, mécaniquement sur les doigts pour n’y voir que le fantôme d’une alliance qu’il porte de moins en moins. Le corps a presque oublié, la mémoire se souvient encore mais défaille, creuse un fossé aux relents de tombe.

Le français frissonne, comme si une brise de malheur s’était levée pour venir lui caresser la nuque. Dans l’illusion du vent, c’est son nom qui résonne. Fait sursauter le cœur dans sa prison de chair, le pousse à battre plus fort sous le coup d’une angoisse qui le dépasse. Sévices passés ayant instaurés des pulsions de frayeur incontrôlables dans l’instinct du résistant. Lentement, il s’efforce à faire volte-face quand tout devrait le pousser à franchir la porte. Lumière sale d’un réverbère en fin d’existence, à l’image du quartier et des créatures qu’il abrite. La voix semblant inconnue, mais le visage qui s’affiche devant le sien ne l’est pas. Surprise dans les pupilles qui scrutent, les traits de l’homme lui faisant face, puis le reste de sa stature. En conclusion de son examen, Regan se redresse malgré lui. Appose des miettes de tenue à sa carcasse pourtant si proche de s’éparpiller à terre. « - Itzal. Quelle agréable surprise. » Il le susurre du bout des lèvres, y appose la courbe d’un sourire fébrile et pourtant affreusement sincère. Figure connue dans son monde en perdition, il est bien plus lumineux que le faisceau morne éclairant leur déchéance à tous les deux. L’éclat guidant la vermine, le débauché s’éloigne légèrement du porche, de son rendez-vous qui attendra.

« - Ca fait longtemps… Je craignais qu’il te soit arrivé quelque chose, ou bien que tu te sois mis dans l’idée de m’éviter. »
Insolence à fleur de peau, comme un mauvais cadeau que l’on offre avec le plus bel entrain du monde. Des picotements lui dévorent joyeusement la peau, l’esquisse sale d’une promesse macabre, l’arrivée incongrue du voleur d’énergie comme une solution à ses problèmes. Il l’a déploré, cette distance qui s’est instaurée entre eux. Faisant naître dans les tréfonds de ses entrailles les sévices du manque. D’un besoin latent de le voir, qu’importe la raison. Ses traits creusés dans un marbre de sépulture se réveillent, doucement, légèrement. S’animent d’un souffle nouveau. « - Un besoin primaire à satisfaire ? » Nulle place au doute dans les paroles dont le sens, pour une oreille étrangère, tomberait dans le scabreux. Ils savent, tous les deux, ce que le français veut dire. Ce qu’il insinue dans ces simples mots. Cette invitation qui s’invite dans l’ombre d’une phrase soufflée discrètement pour ne pas être entendue des ombres bougeant autour d’eux.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Dim 8 Avr - 21:28

La nuit déformait tout, ou peut-être rendait-elle aux choses aux gens leur aspect véritable. Faisait tomber les masques, déchirait les voiles. Des fois, Itzal n’était pas certain d’avoir Regan sous les yeux, ou juste son fantôme, et ce sentiment l’étreignait plus fort encore sous la lueur grisâtre de la Lune. Et il était de plus en plus persuadé qu’un jour, c’était ce qui arriverait. Que le jeune homme viendrait lui rendre visite avec son regard hanté et son sourire sincère et dénué de joie, pendant qu’à l’autre bout de la ville, dans un quartier pourri, quelqu’un serait en train de sortir le corps sans vie de Regan du caniveau. Et quand ce jour viendrait, le Vénézuélien savait exactement ce qu’il ressentirait : de la culpabilité. À tort ou à raison, et qu’il le veuille ou non, il se sentait désormais responsable, un peu, de Regan ; au moins responsable de certains de ses malheurs. Il mettait facilement  cela sur le compte de ce qui unissait, les avait uni, pendant quelque temps. Il n’y avait aucun sens à lutter contre cela : Itzal avait vu et revu des choses au sujet du Français qu’il ne pouvait tout simplement pas oublier. Ni même ignorer. L’agréable surprise, déjà, pour lui, c’était de le voir en vie – comme une victoire, à chaque fois. Une nuit de plus. Nuit après nuit. Et si Itzal n’était pas du genre à se laisser entraîner dans la chute des autres, il n’avait rien contre le fait de plonger délibérément dans l’abîme à leur suite si c’était pour les en arracher. Inutile de lui demander ce qu’il faisait là, il le savait très bien, et toute forme de parlotte type météo et comment vont les enfants le faisait grincer des dents. Il adressa à Regan un sourire de traviole. Difficile de nier. Bien sûr qu’il l’évitait. Et bien sûr que Regan l’avait deviné. Alors ils étaient là, à tous les deux savoir ce que l’autre voulait, à tous les deux savoir que c’était ce dont ils avaient besoin, et à se douter pourtant que la soirée n’irait pas comme l’un d’eux le voudrait…

Pris sur le fait, donc. « Je ne peux rien te cacher. » Plus maintenant en tout cas, enfin pas en ce qui concernait sa nature et les besoins qui allaient avec. C’était une des raisons qui faisaient qu’Itzal voulait mettre un terme à leur partenariat. Le côté pratique de la chose ne suffisait pas à contrebalancer tous les inconvénients apparus avec le temps. « Je ne vais pas avoir trop de mal à trouver ce que je cherche. Tu sais comment est le quartier. » Et Regan lui-même était bien venu pour une raison bien à lui, dans ce ghetto qui vous offrait tout ce dont vous avez besoin à condition que vous soyez prêt à en payer le prix. Itzal savait exactement ce que le Français faisait là, même si à ce stade il n’aurait su dire s’il fallait parler de besoin primaire ou de nécessité irrémédiable. Ce serait si facile, en vérité. Il était là, face à lui, à l’observer, à se dire qu’il pouvait tout aussi bien prendre à Regan ce dont il avait besoin, et Regan l’en remercierait peut-être même, et ensuite Itzal se sentirait merdique, mais qu’est-ce que c’était, le regret, à côté du sentiment d’être enfin complet, de ne plus marcher dans la rue avec ce vide dans le corps, qui s’agitait et se transformait peu à peu en monstre dont il n’aurait bientôt plus le contrôle ? Il eut soudain envie de cogner sur le mur ou de shooter dans une poubelle, bref, de passer sa colère sur quelque chose, au lieu de quoi il fourra les mains dans ses poches, s’occupa l’esprit avec ça, à défaut d’autre chose.

Mais ce qui dansait devant ses yeux, en cette seconde, c’était une autre image de Regan, qui plusieurs fois déjà était partie à l’assaut de son âme, ce gamin au sourire modeste, les doigts entremêlés à ceux d’une gamine, du blanc sans prétention et l’image même du genre de bonheur qui ne durera qu’un instant. Et Itzal le savait bien, que ça n’avait duré qu’un instant. Et que ce gamin était mort quelque part sur des pavés rougis de sang, et que ce qui en restait aujourd’hui, c’était le spectre qu’il avait sous les yeux. Il ne parvenait même pas à croire que ce qu’il avait vu au gré de ces insupportables visions avait quoi que ce soit à voir avec le Regan qu’il connaissait, lui. « J’imagine que le timing est mal choisi pour parler de ça, mais tu n’as pas tort quand tu dis que je t’évitais. » Totalement raison, même. Est-ce qu’ils n’en avaient pas déjà parlé ? Et probablement que ça aurait mérité qu’ils se posent quelque part, au calme, pour tout mettre au clair. Mais ça n’était pas leur genre. Itzal désigna la porte devant laquelle Regan se tenait, l’air coincé entre deux mondes. « Tu ne vas pas être à la bourre ? » Comme si ça pouvait être aussi facile. Comme si ça pouvait se terminer ainsi. Itzal en rêverait, en quelque sorte. Mais ce serait tricher.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Dim 15 Avr - 19:45


Morne sourire sur les lippes, en un rictus faussement amusé venu s’apposer sur le visage fatigué. Rien lui cacher, ou lui offrir seulement ce qu’il est autorisé à voir. S’immiscer dans la vie d’un autre jusqu’à sentir l’étrangeté d’un lien singulier se tendre entre les deux corps. Liés l’un à l’autre, dans leur dépendance. Se retrouver à nouveau sur la route de l’homme est un retour dans les abysses d’une addiction sale. Il en a le cœur qui tressaille et tout son corps qui hurle sa souffrance. En oublie presque la raison première de sa venue dans ce bouge détestable. L’autre âme attendant à l’étage, derrière les fenêtres aveugles d’un immeuble en fin de vie. Le repère de la débauche obscène qui se rétribue et se cache pour ne pas mourir entre les griffes de la tyrannie. Frissons le long de l’échine, un froid mordant contre la chair, les bras du résistant se replient sur sa poitrine, se croisent comme pour le protéger d’une brise qu’il est le seul à ressentir. Le souffle putride de ses propres démons, de ces choses qui le répugnent et l’entraînent toujours un peu dans les tréfonds de son enfer personnel. Semblables, l’un et l’autre. A lutter contre des choses qui ne peuvent être combattues. Route toute tracée d’une existence déjà programmée, dévié n’est qu’un contretemps pour mieux y revenir.

« - Dépotoir à ciel ouvert où sont balancés les déchets de la ville… Etonnant d’ailleurs, qu’il perdure malgré tout ce qui est fait pour l’éradiquer. » Il le lâche dans un souffle. Amer et cynique, presque séducteur sur les notes de certains mots. L’enjôleur connait bien son rôle, les ficelles de ce métier qui l’insupporte mais qui dicte ce qu’il est depuis trop longtemps pour être abandonné. Déchet sans attache, pris puis jeter sans pudeur, il s’en accommode et se persuade que c’est ce qui lui sied le mieux. Autre chose serait une perte de temps. Inutile aussi, même si ses efforts ne lui ont pas permis d’obtenir ce qu’il espérait en choisissant d’accéder aux bassesses du reste de monde. Nouveau sourire, plus franc cette fois sur le faciès fatigué. S’éviter pour mieux se croiser au détour d’un hasard malencontreux. Combien de chance de se tenir au même endroit, au même instant quand la ville offre suffisamment de recoins pour s’y vautrer sans se soucier des autres ? Peu, très peu même. Sordide destin reliant des âmes faites pour se comprendre et se détruire. S’aider pour mieux s’abimer.

« - Le hasard fait bien les choses dans ce cas. » Il le susurre, presque moqueur. Laisse perler sur le bout de sa langue les notes d’un soulagement honteux. L’éveil de ces envies déroutantes qui trébuchent dans sa caboche. L’appel du vide qui survient lorsque les doigts d’Itzal agrippent sa chair. Contact mortifère aux airs de salut pour le résistant. Ignorant des choses qu’il transmet à son tortionnaire d’un instant en plus de son énergie. Ces images venues de sa mémoire, ces morceaux de lui qu’il jette au quatre vents lorsqu’il se laisse dépérir pour alimenter la force d’un autre. Il se moque des contre parties, se fout éperdument des à-côtés, égoïste dans son besoin de tout oublier, en un odieux caprice qui ne sera jamais satisfait. Le manque est affolant, hurle plus fort encore maintenant que l’évidence se tient à côté de lui. Regan s’agite un bref instant, des picotements d’inconforts dans les membres et au coin des lèvres. Bien sûr qu’il va être en retard, qu’il va perdre du temps, et de l’argent. Une part de lui s’en inquiète. Infime face à cet autre morceau de son être qui n’en a que faire.

« - Non… Enfin si, certainement, mais peu importe. Se faire désirer fait aussi partie du jeu. » Haussement d’épaule, trop sensuel pour être nonchalant. De l’autre côté de cette porte, il  n’y a que de la satisfaction égoïste. Celle de l’autre, et certainement pas la sienne. Franchir la ligne, sans aucune autre contrepartie et conserver ce trou béant dans sa poitrine sans aucune chance de pouvoir le remplir. Avec du vide, celui dans sa tête et ses nerfs, cette paix de passage qui fait du bien dans une douleur presque moelleuse tant elle est douce. Alors il se redresse, l’insolent. Se rapproche même, d’un pas fébrile, innocent dans les contours de la tentation qu’il représente.

« - T’aurais-je offensé Itzal ? » Très certainement, d’une manière qui le dépasse et qu’il ne peut pas vraiment comprendre. A peine essayer de le faire. Les yeux se relèvent, parcourent l’imposante silhouette une nouvelle fois comme pour s’assurer qu’il existe, qu’il est bien là. S’achève l’examen lorsque les regards se croisent et s’arriment l’un à l’autre. Frissons, à nouveau. D’infimes décharges électriques le long de la chair, il s’en mordrait la lèvre s’il se laissait faire. A défaut, il reste immobile, proche sans véritablement l’être. Il suffirait pourtant de lever la main pour la poser contre cette épaule qu’il devine tendue d’une nervosité presque instinctive.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Sam 21 Avr - 19:04

Qu’il disparaisse, ce quartier, et c’était probablement la fin de la ville. L’apocalypse et la chute de la civilisation n’avaient rien changé aux bonnes vieilles bases sur lesquelles reposait ce qui restait de l’humanité. Les médicaments des nantis ne sortaient pas plus d’usines high-tech que les drogues dures qu’ils s’enfilaient dans les toilettes rutilantes des bâtiments gouvernementaux, la force de travail qui leur permettait de ne rien foutre de leurs journées était toujours la même : les soutiers des bas quartiers trop heureux d’obtenir en échange de quoi bouffer, survivre et même se payer l’existence misérable et rêvée de ceux qui savent à la naissance qu’ils n’auront rien de plus que le peu qu’ils sauront arracher aux chanceux et aux braves. Sans Treme, La Nouvelle-Orléans crèverait de ne pas avoir tout ce qu’elle n’osait se payer de peur de franchir les lignes, et sans la ville et ses habitants, Treme ne serait qu’un cimetière, c’était aussi vrai. Symbiotiques, la crasse et la dorure, le putain et le soldat, le riche et le rat des ruelles de ce bien beau ghetto. Voilà pourquoi malgré les grands discours des politiques, ce quartier était plus vivant que jamais, parce qu’ils en avaient besoin. Pour toutes leurs activités illégales, et bien sûr, pour les montrer du doigts, ces rues mal éclairées, pour les accuser, ces clodos, ces putes et ces assassins, pour rappeler au bon peuple pourquoi la milice existait et pourquoi on jugeait sans procès, on condamnait à mort sans hésiter. Qui ici était dupe ? Certainement pas Itzal. Pas Regan non plus. Pas même le plus sénile des vieux qui faisaient la manche à chaque quartier ou le plus jeunes des gamins aux pieds nus et au nez noir qui tendaient la main à chaque passant. Business is business, et tout se monnayait, et surtout la sécurité et le pouvoir. Et l’argent.

Que faisait Regan, planté là sur son pas de porte, à le regarder avec ses yeux brillants ? Itzal le savait bien, voyait bien qu’il était déjà prêt à faire faux bon à son pervers du jour rien que pour, peut-être, pourquoi pas, s’il y avait moyen, si tout ça n’était qu’un malentendu… Et lui, le voleur, le menteur, qui se disait presque que ce serait plus simple de lui donner ce qu’il voulait, de se nourrir, pour en finir, aujourd’hui au moins, et on verrait bien la prochaine fois… Cheminement de pensée du drogué, de l’alcoolique notoire, du lâche intégral. Hasard qui faisait bien les choses ou crime puis châtiment, dans cet ordre, un genre de punition cosmique pour tous les deux, puisqu’ils étaient tous les deux des lâches. Pourquoi Regan faisait ce job, Itzal n’en savait rien. Ce qu’il voyait de lui quand il lui prenait de l’énergie – puisqu’à lui, il ne la volait pas – ne lui avait jamais permis de comprendre l’ensemble du tableau, et comment l’aurait-il pu, avec ces flashes qui montaient à l’assaut des remparts de sa conscience à chaque fois, sans queue ni tête, redondants parfois, sans début ni fin, sans chronologie aucune ? Ce qu’il savait, c’était qu’il avait été heureux, un jour, et que le type qui se tenait devant lui aujourd’hui ne l’était pas. Voilà, une vie : un résumé. Dans le pas que Regan fit vers lui, Itzal vit toutes les conséquences, bonnes et mauvaises, qui découleraient de la décision qu’ils avaient à prendre. Encore que ça ne dépendait pas vraiment de Regan, en la matière. Il pouvait le laisser monter voir son client, récupérer son fric, continuer son existence, ou bien il pouvait le retenir, se dire que l’autre, là-haut, n’aurait qu’à se la foutre derrière l’oreille, mais ensuite quoi, quelle contrepartie, quel dédommagement pour le rouquin ? Pour Itzal, c’était facile, c’était tout ce dont il avait besoin en cette seconde, là, sous ses yeux, aussi facile que ça. Il leva le visage vers les fenêtres obstruée et anonymes de l’immeuble où attendait le client du jour, avec l’envie soudaine d’y aller à la place de Regan – mais pas pour lui donner ce qu’il voulait.

« Non, tu ne m’as pas offensé. » Putain, l’idée que Regan puisse croire cela. Itzal se sentait exaspéré contre lui-même, mais c’était la faim qui s’exprimait, la fébrilité qui avait envahi ses membres et contre laquelle il luttait à chaque fois que son regard effleurait la peau pâle du Français. « Tu m’as toujours donné tout ce dont j’avais besoin sans rien demander en retour. Tu m’as aidé quand j’en avais besoin. Et je crois que de mon côté, je n’ai rien fait de bien pour toi. » Comment dire en face à un camé qu’il était camé, surtout si le camé en question le savait, que tout le monde, là, dans cette discussion, était au courant ? « J’ai l’impression que tu crèves lentement, et j’ai ma part de responsabilité dans l’affaire. Je crois qu’on devrait arrêter notre échange de bons procédés, parce que finalement, ça ne me paraît pas si bon pour ça. » Le problème, finalement, c’était qu’il était là, à prétendre savoir ce qui était bon pour Regan, alors qu’il n’en savait rien. Mais il savait que lui voler de l’énergie participait au problème et ça lui suffisait. Il savait aussi que d’autres avant lui avaient prétendu savoir ce qui était bon pour d’autres, dans la vie du Français. Itzal ne pouvait parler que pour sa partie, et sa partie, c’était qu’à chaque fois qu’il ponctionnait Regan de son énergie vitale, Regan semblait dépérir un peu plus. Mais il n’y avait pas que ça. Il y avait aussi ces images, cette vie justement qui grignotait son âme à chaque fois, au Vénézuélien, un contact aussi violent que la marée se fracassant sur des falaises en pleine tempête, et qui induisait cette intimité qu’il trouvait de plus en plus pesante, comme un échange à sens unique qui le ferait sombrer petit à petit dans des ténèbres qui ne lui appartenaient pas.

« C’est de plus en plus compliqué pour moi aussi. » Fini la lâcheté, au moins pour ce soir. « Et j’aimerais bien que ne plus te prendre de l’énergie ne signifie pas qu’on se dise adieu. » Mais la vérité, c’était que Regan pouvait aller chercher ce qu’il avait avec Itzal partout ailleurs s’il le voulait. Que simplement lui couper les vannes n’aiderait que lui, alors que le Français aurait des dizaines d’autres opportunités pour se foutre en l’air à petite dose. Et l’autre vérité, plus immédiate, plus brûlante, c’était qu’en cette seconde, Itzal avait bien du mal à s’en tenir à ses propres belles paroles, le regard fixé sur Regan, qui dans la pénombre, dans ce quartier pourri, entre deux poubelles et trois abris à clodos, brillaient à ses yeux d’une lueur quasi divine – celle du soulagement à venir s’il se nourrissait de lui.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Sam 28 Avr - 15:22


Nulle offense, et le française s’en doute. Sans réellement parvenir à comprendre ce qui a pu causer l’éloignement, le sevrage contraint et forcé qui lui laisse un odieux gouffre dans la poitrine. La sensation sale de perdre pied, à l’image de toutes les fois où il s’est perdu dans les limbes de son existence. Néant que le voleur d’énergie comble, d’une façon certes douteuse et étrange, mais pour lui c’est suffisant. Il sent aussi, ce trouble qui s’invite dans les regards et les gestes de son compagnon d’infortune. La lutte enrayant les membres, la manifestation de l’envie et du doute. L’assemblage bancal précédent chaque armistice. Abdiquer et laisser parler l’instinct, le réduire à l’état de simple garde-manger et ne plus se poser de questions. Seulement agir. Le français en a le cœur qui s’affole presque, l’impatience à fleur de peau. Les mots le dérangent, apposent un pli de contrariété sur le front taché de son. Comment peut-il seulement dire une telle chose ? Rien pour lui, qu’il puisse seulement penser cela l’irrite. Alors il secoue doucement la tête, balaie l’offense et ce semblant de bêtise qui n’a pas lieu d’être. « - Tu me vois rassuré. » Il le souffle avec un sourire sur les lèvres, et le regard brillant d’une chaleur pleine d’un espoir morbide. « - C’est se méprendre de penser comme tu le fais. Tu fais bien plus que ne le crois Itzal. Tellement plus. » Sa phrase meurt contre sa langue, et il hésite. A avancer encore un peu. Alors il reste là, immobile entre les deux mondes qui l’appellent. Tourne le dos à la porte comme pour lui faire comprendre que non, il n’ira pas dans sa direction. Ne la franchira pas. Pas cette fois. Nulle envie, seulement une nausée sale qui le prend à la gorge et l’arrache un peu plus de sa réalité souillée.

Je crois qu’on devrait arrêter… Couperet dans les mots. La phrase anéantit, brise la raison et fait hurler le cœur. Un élan de panique désespéré se lit sur les traits, dans la torsion qui s’y affiche le temps d’un battement de cil. Surtout pas. Regan ravale ses paroles, la supplique venue se briser contre ses dents qu’il garde serré. Qu’il crève, c’est un fait. Sa propre faute, lui qui n’est plus rien, sinon une ombre qui erre. Une chimère balayée par le vent, trop fragile pour résister, trop forte pour réellement ployer. Personne ne sait ce qui est bon ou non, lui-même l’ignore parfois, mais il sait avec une assurance tordue que ce qui lui offre le Vénézuélien se range dans la première catégorie. Et qu’importe s’il doit un jour cesser de vivre, au moins il le fera l’esprit tranquille. Vidé de ses tourments, de la douceur dans son abandon. Une mort bien plus douce que la première. Aucune hémorragie, aucuns crachats de balles, pas de cris. Seulement la douleur et le silence de ses pensées. Des frissons lui lacèrent l’échine, affamés de rêveries et de ces possibles qui miroitent devant ses yeux. Le suicidaire se laisse charmer, brûle presque d’envie de voir la créature s’emballer et ne plus se contrôler. Que l’on retrouve ce qu’il restera de son cadavre dans le caniveau de ces ruelles crasseuses. Il chasse l’idée dans un battement de paupière presque frénétiques, avale difficilement sa salive et se reconstitue un visage. Un morceau de flegme cousu du fil d’une fébrilité affligeante.

Il écoute, dans un silence pesant. Entend mais n’accepte pas. Un mirage du gamin qu’il fut autrefois, avec morceau d’égoïsme sous la peau, Regan refuse. Serre les mâchoires en cherchant ce qu’il pourrait répliquer pour le faire céder. « - Dis-moi seulement ce qui nous retient l’un à l’autre sans notre échange ? On ne se connait pas vraiment, toi et moi. » Il maîtrise son timbre, laisse perler les notes d’une chaleur doucereuse. Miel sur la langue embaumant les paroles pour endormir l’angoisse qui l’étreint. « - Tu ignores ce qui est bon pour moi. Ce qui m’arrive ou peut m’arriver, n’est en rien ta faute, au contraire. C’est la paix que tu m’apportes. Et pour cette raison, je n’ai aucune envie de voir notre arrangement arriver à son terme. » Frénésie perçant le calme, il avance d’un nouveau pas. Se contrefout alors de la distance, du regard sombre fixé sur lui. La proie, la cible. Il en frissonne à nouveau. En oublie presque l’endroit où ils se trouvent, le quartier de misère et le ronronnement de la respiration éreintée d’un sans-abri planqué dans l’ombre pour y disparaître.

Le retour se fait dans l’éclat d’une voix qu’il connait. Des bruits de pas, lourds et grossiers, mélangés aux claquements de talons. Réflexe ancré dans l’âme, le résistant agrippe avec une force presque surprenante pour un être d’apparence aussi piteuse le bras de son acolyte et l’entraîne dans son repli. De la lumière l’improbable duo passe dans les ténèbres d’un boyau annexe, suffisamment étroit pour ne laisser aucun passage une fois les deux hommes emprisonnés à l’intérieur. La porte s’ouvre et se referme dans une fraction de seconde suivant la fuite. Dévoile un autre couple, bonhomme de belle allure dénotant au milieu du décor avarié dans lequel il évolue, et créature du vice aux courbes affolantes suintant d’une séduction redoutable. Celui qui l’attendait, visiblement peu enclin à patienter plus longtemps. Le souffle court dans la poitrine, Regan réalise qu’il a retenu son souffle que lorsque les silhouettes ont disparues. Ses doigts toujours fermement ancrés contre la manche d’Itzal, ils n’en desserrent par leur emprise. Y restent fichés comme une demande silencieuse. S’y pressent avec une douceur entêtante. « - Il semblerait que je ne sois plus à la bourre. » Soupire fébrile plus pour lui-même que pour son camarade d’infortune. « - Ce serait ridicule de tout arrêter maintenant. Il n’y a aucune raison de le faire… » Il le murmure comme on le soufflerait à l’oreille d’un amant. Pour faire ployer les défenses et les barrières érigées entre eux. Jouer de la proximité pour qu’enfin arrive la délivrance. Créature des bas-fonds, dans son élément au milieu du rien et du pire. Il en aurait presque honte, pourrait presque se sentir pitoyable. Mais il n’en a pas la force. Ni l’envie. Le regard jusqu’à lors braqué en direction de la rue s’arrache de sa morne contemplation et revient s’accrocher à celui de son vis-à-vis. Arrêter, ce serait si stupide.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Ven 4 Mai - 22:36

La pénombre ne suffisait pas à dissimuler les émotions qui traversaient le visage de Regan comme un des ouragans dont la région était coutumière. Si ce n’était qu’il ne restait déjà plus grand-chose à détruire chez cet être-là. Un champ de ruines, à ciel ouvert, et Itzal s’y était baladé parce que c’était bien pratique, jusqu’à ce que finalement, il doive se rendre à l’évidence : il n’était pas si détaché qu’il l’aurait voulu. Il ne parvenait pas à s’en foutre comme il l’avait prévu. Ce n’était pas parce que l’issue pour Regan était inévitable qu’Itzal se portait volontaire pour lui porter le coup fatal. D’ailleurs, à sa façon bien à lui de refuser l’irrémédiable, tête de mule ultime, lui voyait encore de l’espoir. Pour Regan. Et ça ne changerait rien pour ce dernier si lui, de son côté, avait lâché l’affaire. C’était pour ça que c’était si naturel, pour le Français, de protester, de refuser, de tenter de lui prouver que leur accord était une bonne idée. Parce qu’il n’avait rien à perdre, et même tout à gagner. Et tant pis si Itzal restait seul sur cette terre pour porter sa culpabilité. C’était bien vrai que les morts n’avaient aucun problème, contrairement à ceux qui restaient. Il était égoïste, évidemment. Comme tous les camés. Et le Vénézuélien n’aurait pas dû lui en vouloir, sachant qu’il ne pouvait sans doute pas s’empêcher de réagir ainsi, mais pourtant il lui en voulut quand même. Il n’était pas un robot, n’avait jamais prétendu l’être et les expressions qui balayaient les traits de Regan, plus claires que des mots, faisaient bouillir son sang – la colère, évidemment.

Oui, hein, après tout, qu’étaient-ils l’un pour l’autre en dehors de leur échange de bons procédés ? Regretterait-il ses paroles, plus tard ? A priori, Itzal ne le saurait jamais. Il n’avait pas prévu que ça tourne ainsi, mais il s’en tiendrait à sa décision, et Regan ferait de cette discussion un adieu. « Peut-être que pour toi, je ne suis rien de plus qu’un dealer, mais en ce qui me concerne, tu es plus qu’un type dont je me nourris. Tous ces trucs que je vois, ces pans de ta vie, tes fantômes, ta famille, ça me rend dingue. » Il ne voyait pas l’intérêt de rentrer dans les détails. Du moins certains détails. Une des raisons qui motivaient sa décisions d’en finir, peut-être même l’élément déclencheur : il avait récemment vu en flash, en se nourrissant de Regan, un visage familier. Par la force des choses, apocalypse et réduction drastique du nombre d’humains sur cette Terre oblige, le monde était littéralement petit, et ce genre de hasard surréaliste arrivait désormais régulièrement et c’était une perte de temps que de s’en étonner. Et à cause de ça, d’une certaine façon, oui, il connaissait Regan, mais sans le connaître du tout, incapable de trouver une logique à ces images qui prenaient sa santé mentale d’assaut. « Je ne sais pas ce qui est bon pour toi, c’est vrai, mais je sais que je suis mauvais. Et si tu n’es pas d’accord avec ça, alors dis-toi que c’est à ma gueule que je pense, avant même de me préoccuper de toi. Peut-être que ça te convient, mais plus à moi. » Et tout en parlant, tout en le repoussant de ses mots plats et durs, il le regardait se rapprocher avec le regard fiévreux d’un drogué – quasiment le même que ceux des zombies qu’il trucidait tous les jours au pied des murs de la cité.

Et ensuite, Regan se saisit de son bras, un geste qui arracha un sursaut à Itzal, comme s’il l’avait brûlé. Il avait entendu les voix, senti l’urgence dans l’attitude du Français, mais tout cela était repoussé en arrière-plan, la faim prenant toute la place. Quelque part, Regan ne pouvait pas ne pas savoir. Il ne pouvait pas ne pas faire exprès. Itzal ne vit même pas qui l’avait fait fuir ainsi, trop occupé qu’il était à lutter contre l’envie d’agripper Regan en retour, de se foutre de ses belles résolutions, parce qu’après tout, pourquoi est-ce qu’il s’imposait cette torture ? Il aurait mieux fait de passer son chemin, de l’ignorer un jour de plus, et de venir lui parler dans d’autres circonstances. En quelque sorte, lui aussi était victime d’un besoin physique qu’il ne contrôlait pas. Mais sa détermination, son refus de perdre, comme un gamin, étaient les plus forts. Il arracha son bras aux doigts fins. Perdait le contrôle – de son calme ou de tout son être, il n’en savait rien. « Arrête ça ! » Il se posait en tentateur, et après tout il savait si bien le faire, quand Itzal, lui, lutterait toujours pour se sentir à l’aise dans une simple conversation… Ce n’était pas lui qui menait la danse, alors que pourtant, c’était bien lui qui était censé en finir. « Je n’ai pas besoin de ton accord pour tout arrêter, Regan. Ce n’est pas une proposition, j’ai fait mon choix. Je t’en parle parce que ça va impacter ta vie… » En bien, voulait-il se convaincre, tout en sachant que l’autre se laisserait probablement couler au lieu de trouver là une raison de se révolter. Ridicule, oui, c’était bien le mot. « J’ai toutes les raisons du monde de le faire. Et je sais que tu te fiches de ce qui peut t’arriver, mais pas moi, et je ne me fiche pas non plus de ce que ça me fait, à moi. »

À chaque fois. À chaque ponction d’énergie, à chaque souvenir violent et incompréhensible, à chaque regard qu’il posait ensuite sur la coquille frêle et quasi vide de celui qui fut un être humain un jour mais que lui, Itzal, réduisait à autre chose, d’indéfinissable, en se nourrissant de lui… S’il avait été un connard sans cœur, ouais, ils auraient formé le duo parfait, jusqu’à ce que mort s’ensuive. « J’aimerais t’aider d’une autre façon. Mais j’imagine que ça ne t’intéresse pas. » Il n’avait même pas envie de le saisir au col pour le secouer, le remettre dans la lumière à coups de pied, comme il le faisait d’habitude. Voilà en quoi il avait changé, depuis qu’il se nourrissait de Regan, et voilà pourquoi il voulait arrêter. Il devenait une faiblesse, le genre de faiblesse qui pouvait avoir votre peau.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Dim 13 Mai - 16:29


Dépendant face à son faiseur de rêves. Il en a honte quand le concret de la chose lui apparaît dans les mots du Vénézuélien. Un infime tressaillement d’inconfort supplanté par son besoin vulgaire de faire taire ses propres chimères. Avare égoïste, les paupières battent l’air malgré tout. De l’incompréhension dans la tête, l’anarchiste fronce les sourcils et s’enlise dans le mystère de ces paroles. Pans de sa vie, sa famille. Des morceaux cassés qui ne doivent ressembler à rien. Comment peut-il seulement savoir ce qu’est sa vie ? Il s’insurge dans son propre silence, comme privé d’une intimité qu’il n’a jamais véritablement connu. En échange du vide dans sa mémoire et son esprit, il offre au voleur des passages d’une existence dissolue, parfois révolue. L’ancien sorcier se doute que les capacités de l’homme ne se limitent pas qu’à des vols de vie, qu’il est bien plus que ça. « - De quoi parles-tu ? » Murmure fragile sur les lèvres hésitantes. Apposer du verbe sur du doute, et chercher une réponse dans les yeux sombres de son sauveur. Dans la pénombre, ils paraissent faits des ténèbres, prompts à engloutir la lumière. Le visage semble de fer, dur d’une détermination cinglante.

Repoussé par de simples paroles, armes assassines détruisant plus que tout le reste. Le débauché n’a pas pour habitude de se laisser miner par un refus. Persuasif à l’excès dans l’exercice du vice, racoleur de haut vol, il a appris à connaître les faiblesses du corps. Obligé la bassesse à se devenir impératrice et maîtresse de l’esprit. Face à Itzal, les manœuvres sont familières. Légèrement différentes, mais la mécanique s’emballe au même rythme qu’avec n’importe quel autre. Sa faim est un vice, un besoin. L’appel du néant dans les entrailles, ce désir viscéral ancré dans l’instinct pour survivre. Exister dans la mort. Détresse dans instant dans la poitrine, son cœur bat encore à tout rompre lorsqu’ils se retrouvent sous le couvert d’une ruelle miteuse. A l’abri des raclures régnant dans ce bas-fond du monde. Le bras s’arrache d’entre ses doigts, ouverts sur le souvenir de la présence rassurante. Offerts au néant, à la cuisante chaleur de son échec. Regan en tressaille, ses traits fracassés par la déconvenue. Le corps recule légèrement, comme pour une offrir une échappatoire à celui qui ne bougera pas. Il s’en convainc et perçoit sa défaite comme l’aube d’une victoire.

Le refus peut s’offrir comme une fin de guerre. Un abandon qui se crache et sépare. Il serait déjà seul, dans cette rue humide puant la charogne et le déchet. Abandonné comme le moins que rien qu’il peut-être, solitaire en compagnie de ses chimères. Mais il est là, Itzal. Toujours présent face à lui, à continuer de se persuader que tout ceci est la meilleure chose qui puisse leur arriver. Mensonge. « - Comment pourrais-tu m’aider autrement, dis-moi ? Si vraiment comme tu le prétends, tu puises dans ma mémoire, tu sais alors très bien qu’il n’y a rien qui peut m’aider hormis ce vide que tu m’offres à chaque fois que tu te sers de moi. » Les mots sont rêches, embaumés de frustration. De ce déni qui est en train de le dévorer de l’intérieur. Ver de la colère rongeant les entrailles et voilà que ses doigts se referment. Se serrent et deviennent des poings. Jusqu’à laisser les ongles abîmer ses paumes. Douleur salutaire, et de nouveaux frissons lui éraflent l’échine. Non. Hors de question de laisser ses fantômes et les horreurs de sa vie gâcher cet accord. Le français s’enlise dans son silence, réfléchit, le regard parcourant le sol comme s’il y cherchait un éventuel objet qui lui permettrait d’inverser la tendance. Il perd le contrôle, ne maîtrise pas l’instant et il sent déjà germer l’angoisse dans sa poitrine. Patience en peau de chagrin, les frissons se font tremblements contre la carcasse.

« - Tu veux arrêter, mais tu es toujours là... » Timbre ronronnant, la séduction de ses mots a néanmoins été anéantie. Un soupir et Regan relève la tête. Ancre le vide de ses prunelles à celles d’Itzal. S’y raccrocher pour ne pas sombrer. S’y suspendre pour mieux écraser la conviction. « - Qu’est-ce donc ce que tu peux voir… Des images sans importance en comparaison de ce que tu peux réellement récolter. Quelques instants de gêne pour s’offrir force et tranquillité pendant quelques temps. » Proie prédateur, le résistant a détruit le vide entre eux. Effleure du bout des doigts la veste de son dealeur. Dans un geste aux allures de provocation tendancieuse, réflexe sale qu’il ne contrôle même plus. « - Je ne dis pas, tu pourras trouver n’importe qui ici pour satisfaire tes besoins, c’est un fait. Mais vraiment Itzal, ce doit être tellement plus simple pour toi… » Murmure dans le silence, il a pourtant l’impression que sa voix se répercute contre les murs, emplissant l’air nauséeux pour venir se perdre dans toutes les oreilles. Yeux invisibles assistant à l’instant de débauche, la perversion poussée jusqu’aux lignes de la bienséance. Manipulateur qui se joue des faiblesses de ces êtres qu’il côtoie.

« - Tu veux arrêter mais tu ne feras rien pour me contraindre de m’éloigner de toi. Parce que nous savons tous les deux qu’elle est là, cette faim qui te dévore. Et que plus tu attends avant de l’assouvir, plus elle devient forte. Et à terme, il ne te restera que moi pour l’apaiser. » Ses doigts tapotent contre la poitrine du vénézuélien, jouent la symphonie du mal, le rythme de la tentation. Parce que son cœur hurle dans sa poitrine, frappe os et chair pour mieux se faire entendre à ces oreilles qui sont trop sourdes à son désespoir. A ces suppliques qui font vibrer et trembler tout un édifice. D’autres mourront sous ses doigts, Regan le sait. Egoïstement, ce soir, il veut être celui que la mort frôlera. Si cet instant doit être le dernier, que ses abysses se remplissent de vide pour lui donner l’illusion d’exister. Une dernière fois avant que tout ne s’arrête.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Lun 14 Mai - 23:47

Que Regan lui paraisse plus déterminé et plus solide qu’en cette seconde ne l’étonnait même pas. C’était la force de la dépendance qui se soulevait en lui comme une vague, et qui déverserait irrémédiablement ses ordures sur le rivage. Au final, il n’y avait ni explication, ni prétexte, ni justification à donner. Si Itzal tentait de s’en donner la peine, c’était parce qu’il craignait le mal qu’il allait faire au Français et se voilait la face en croyant que ses mots feraient sens pour lui. Car en vérité il n’avait à se justifier de rien d’autre que de sa propre décision, sa volonté de mettre un terme à tout cela, que Regan soit d’accord avec lui ou pas. Et après ça, quoi ? La morsure violente et glaciale de l’abandon, la trahison humaine, pour commencer, mais le Vénézuélien doutait que Regan y attache la moindre importance dans son état. Non, la seule chose qui compterait, ce serait de ne plus avoir ses doses. Et Itzal avait vu sa part de camés pour savoir qu’il ne pouvait même pas s’offrir le luxe de se sentir vexé ou délaissé. Ce n’était pas lui qui manquerait à Regan, ce n’était l’idée de son absence qui faisait paniquer le rouquin, c’était seulement ce qu’il n’allait plus lui donner. Aucun contrôle là-dessus. La dépendant rendait égoïste, elle vous rendait seul et égoïste, et ça tombait plutôt bien finalement. C’étaient là deux choses qui allaient plutôt bien ensemble. Deux choses parmi lesquelles Itzal ne trouvait plus sa place. En un sens, Regan lui facilitait petit à petit les choses. Plus il s’opposait, plus il se braquait, et plus le voleur d’énergie sentait sa détermination se calcifier et son impatience monter petit à petit. Ce serait sa colère qui le sauverait de cette situation, il le sentait. Peut-être même serait-elle plus forte que sa faim.

Il ne savait pas ce que cela faisait à l’autre, quand il se nourrissait de lui. Il savait tout les contrecoups que lui, il subissait, en silence, dans son coin, sur le long terme parfois, jusque dans ses nuits desquelles il se réveillait en hurlant, hanté par les cauchemars des autres. Mais il avait pu voir à de nombreuses reprises ce que ça faisait à Regan. La plupart des gens étaient épuisés, avaient l’air malade, lui juraient qu’ils ne voulaient plus jamais revivre ça. Il y en avait qui étaient morts, au début, forcément. Il y en avait qu’il quittait inconscients. Et Regan, lui, appelait de ses vœux cet état d’inconscience éveillée, ce vide qu’Itzal comblait ou créait en lui, il n’en savait rien. Mais maintenant il savait. C’était le vide. L’infime brèche sur l’existence de Regan qui s’ouvrait à chaque fois qu’il se nourrissait de lui suffisait à lui donner la gerbe, alors lui aussi, à sa place, aurait voulu le vide. Bien sûr qu’il comprenait. Certains buvaient, d’autres s’enfonçaient des seringues de merde dans la chair et lui avait besoin de se faire vider de son énergie, jusqu’à en presque crever, et ce presque avait son importance, évidemment. Et il le disait lui-même : Itzal se servait de lui. En se regardant à travers les yeux de Regan, le Vénézuélien détesta ce qu’il vit. Et par-delà l’ordure qu’il voyait, c’était l’abysse, le trou noir dévorant et affamé qu’était Regan et qui tentait de le consumer, de l’entraîner avec lui dans les ténèbres. Bien sûr qu’il était toujours là. C’était à cause de lui qu’il était toujours là, ce petit con aux yeux brillants et aux suppliques débordant des lèvres. C’était pour lui qu’il était encore là, à cause de lui, pas pour son énergie qu’il pouvait presque voir pulser sous sa peau diaphane. « Tu vas avoir ma peau. Si je ne te tue pas avant, c’est toi qui auras ma peau. » Il ne voyait pas comment le dire autrement. Ces doigts fins sur son torse étaient comme un compte à rebours vers la fin la plus triste et la plus misérable qui soit.

« Tu te passeras de moi. Tu y seras bien obligé. Je ne vais pas me nourrir de toi ce soir. » Et comme ces mots franchissaient ses lèvres, ses entrailles se révoltèrent à cette idée, son esprit se hérissa de mille chocs électriques et il ravala son air. Comme ils avaient l’air bien, tous les deux. Le drogué de profession, qui trouvait le salut temporaire dans sa dépendance, et lui, qui n’avait jamais aspiré à rien d’autre dans la vie que d’être libre, c’était quand même pas trop demandé, c’était tellement crétin comme vœu que tous les poètes et les révolutionnaires de la Terre en avaient fait leur cheval de bataille pendant des millénaires ; lui qui voulait être libre était dépendant de sa nature et ça le rendait fou, et en rage, et cela le faisait détester Regan et ses belles paroles et son regard qui semblait sonder le marécage boueux en lui… Itzal repoussa brutalement Regan contre le mur de vieille brique, enfin en colère, enfin, enfin, et il aurait serré le poing lui aussi, l’aurait serré à s’en faire mal au bras. « Ce n’est pas simple. Ce n’est pas de la gêne. Je pourrais t’expliquer mais ça n’a pas d’importance pour toi. Tout ce à quoi tu penses, c’est que tu n’auras plus accès à ce que je te donnais, mais crois-moi quand je te dis que c’est fini. Et ce soir, je vais aller m’en prendre à quelqu’un d’autre, et vu mon état, je vais probablement le tuer. Mais ce ne sera pas toi. » La défaite du Français serait sa victoire à lui. Il fut presque surpris quand son poing s’écrasa sur le mur à côté de Regan, puis ce fut le soulagement. Cogner, grogner, ne pas résoudre ses problèmes en se contenant de violence, voilà qui il était, voilà ce qu’il était, non ? Rien à voir avec la façon dont Regan le voyait. « Qu’est-ce que tu attends encore de moi que tu ne peux pas trouver ailleurs… » Il ne savait même pas si c’était vraiment une question. Il avait presque voulu s’excuser, mais maintenant il savait comment ça finirait. Il serrerait les dents à se faire saigner, il tournerait les talons et la distance qui grandirait entre eux serait comme un élastique tendu à se casser net et la douleur serait là, mais ça passerait, et il s’en foutait, de la douleur, ça passait toujours, et il se nourrirait toujours, mais plus de lui, non, plus de lui.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Dim 20 Mai - 17:07


Si proche de la victoire et pourtant si loin. Il la sent qui l’abandonne, file entre ses doigts qu’il serre plus fort encore pour ne pas la perdre totalement. Mots comme des poignards dans son cœur, le vide à l’intérieur de sa poitrine ne lui a jamais paru aussi grand. Aussi profond et affolant. L’air qui se fait misère dans des poumons devenus de pierre. Non. Il refuse l’abandon. Ce lien que l’autre brise sans pudeur au gré de ses paroles. De cette raison qu’il insuffle à ses mots pour se convaincre du bienfondé de sa décision. Inapte à répondre, Regan oscille de la tête, nie en bloc alors que la révolte gronde sous sa peau. Vie de misère qu’il partage inconsciemment avec un autre, s’il avait seulement su ce qui pouvait se tramer dans leurs esprits à chaque vol. La honte l’aurai submergé bien avant et c’est lui alors, qui aurait fait le choix de mettre un terme à l’arrangement. Mais à présent, maintenant que les fragments de ses existences présentes et passées ont été révélés aux yeux de ce nouveau spectateur, à quoi bon prétendre, faire naître une gêne qui n’a plus lieu d’être. Plus intimes que n’importe qui d’autre, la pensée l’effraie presque. Lui qui ne s’est jamais vraiment ouvert à quelqu’un depuis sa renaissance.

Muré dans son silence, Regan sursaute lorsque l’homme, l’étranger soudain face à lui sort de son immobilisme. Les doigts contre la veste se crispent dans une tentative de se retenir, un soupir lui échappe face à la brutalité du geste. Son dos contre la brique, suinte la douleur le long des vertèbres endolories. L’instinct du révolutionnaire, celui qui pousse à s’accrocher plus fort contre le col lorsque les relents de colère lui parviennent. Cette rage qu’il redoute et qu’il attendait pourtant. Dans un vain espoir de le voir chuter. Il secoue à nouveau la tête, une profonde détresse gravée dans la finesse de ses traits. De la souffrance à en vomir des larmes de sel et de sang au fond des pupilles qui se braquent contre les trous noirs plantés au milieu du visage du vénézuélien. Peur de mourir, il n’en connait plus vraiment la saveur. Ecrasé par les coups d’un être révolté, pour avoir cherché à s’y accrocher, triste fin à l’image de la première mais il s’en moque. C’est pourtant un violent spasme qui secoue toute sa carcasse lorsque le poing d’Itzal se fracasse contre le mur, juste à côté de son visage. Frayeur d’un instant dans les pupilles, il en a retenu sa respiration et s’en rend compte lorsqu’une expiration lui brise les côtes.

Fébriles, les doigts du français viennent s’accrocher à nouveau au col du voleur de vie. Séduction morte dans sa poitrine, l’étreinte est fragile, entachée du besoin qui le ronge à mesure que le temps passe. Il est un peu jaloux aussi, de savoir qu’un autre se fera la proie du prédateur, goûtera au baiser salvateur avant que ne cesse de battre le cœur. Elle s’insinue, pernicieuse dans tout le système, fait battre le cœur plus fort encore contre les côtes. « - Ne m’abandonne pas… » Son murmure est si faible qu’il semble n’être adressé qu’à lui. Lui et ses fantômes, ses monstruosités qui font ce qu’il est et qui le détruisent. Ce que lui offre Itzal, il ne peut le trouver ailleurs, c’est une évidence. Les vapeurs de ces drogues nouvelles vendues sous le couvert d’un manteau sale et trop grand ne lui feraient rien. Ne l’attirent pas non plus. Vapeurs d’opium d’un temps passé, la nausée en guise d’extase et d’abandon. Délires et autres courtoisies ne l’intéressent pas, c’est le vide dans l’esprit qu’il cherche. Qu’il obtient parfois lorsque l’ivresse lui noie les artères et à la raison. Rarement, quand la plupart du temps il s’abime les yeux sur ses fantômes et les échecs de sa vie. Alcoolisme triste, solitaire et amère.

« - Flirter avec la mort, nous le faisons tous. Toi ou un autre, on me l’infligera une nouvelle fois. » Lâche-t-il dans un soupir résigné. La résistance admirable du bonhomme, borné dans sa décision, le débauché comprend que la paix de son restant d’âme vient de se tirer dans les ténèbres d’une ruelle sale. Et elle ne laisse rien de plus que de l’acide sur sa langue. Des relents de colère, de rage sourde, envers lui-même, pour avoir perdu cette bataille aussi stupidement. Ses doigts s’agrippent une dernière fois contre le col, attirent dans un geste proche du mécanique le corps de l’homme plus près du sien. « - Tout est simple lorsqu’on le désire vraiment. Dis-moi quoi faire pour que cela devienne une bonne chose à tes yeux. Ne penser à rien, enfermer mes souvenirs… Je ne te crois pas. C’est la fin, ce soir peut-être, mais tu reviendras, Itzal. » Elan de certitude dans le timbre, l’accroche d’un sourire fragile sur ses lippes lorsque son regard revient se perdre contre les billes sombres qui le fixent.

« - Ta violence en aura besoin, de cet arrangement. Quand il sera trop embêtant de trouver une carcasse à détruire et perdre du temps, tu reviendras. » Parce que tu le sais, au fond, c’est facile. Au fond, ce lien qui s’est tissé entre eux, aussi ignoble soit-il, ils en ont besoin tous les deux. Bien plus qu’ils ne peuvent le croire. Amputation douloureuse que de le couper maintenant, Regan, serre les dents pour ravaler son envie d’attaquer. Trop tard. Telle une vague de bile, sa défaite lui fracasse la raison. L’anarchiste lâche sa prise pour mieux venir accrocher ses doigts tremblants autour du cou de l’homme prompt à l’abandonner sans autre forme de procès. Les vibrations du cœur sous ses doigts, il martèle avec autant de hargne que le sien.

« - Merde Itzal, il suffit juste de fermer les yeux et d’ignorer ce qui peut sortir de ma tête. Qu’as-tu vu pour soudainement te soucier de ma santé ? Ta femme, qui est venu chercher mes services parce que tu ne parviens plus à la satisfaire ? Un frère, que j’aurais assassiné ? Dis-moi, que je comprenne. Ou alors tu es juste un lâche, tout simplement. Pitoyable à te planquer derrière un foutu altruisme qui pue le factice à plein nez. » Crache sa détresse dans un grondement de fureur. Il s’agrippe plus fort, crève de le voir suffoquer sous ses doigts. S’il ne peut l’avoir, personne ne l’aura.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Lun 21 Mai - 15:03

C’était la malchance qui lui avait fait jeter son dévolu sur Regan en premier lieu, ou bien c’était à force de lui prendre son énergie, de se laisser envahir par la vie fracturée du Français, que cet espèce de lien poisseux s’était créé entre eux, Itzal n’en savait rien. Il y avait ces trucs chez lui qui retenaient Itzal malgré tout, curiosité morbide ou besoin atavique d’offrir un peu de compagnie à son propre malheur, parce que la solitude, c’était tellement mieux à deux. Il n’avait cessé de voir Regan comme un mort en sursis et se rebellait désormais contre cet état de fait, et voilà que dans les yeux du rouquin, au moment où il écrasa son poing à quelques centimètres de son visage, il avait vu s’allumer une étincelle. De vie, d’instinct de survie, de refus de se faire taper dessus, du refus de la douleur, ou de n’importe quoi d’autre. Pas si éteint que ça, donc, et cela ne fit que conforter Itzal dans sa décision de l’abandonner, sauf qu’il ne voulait pas l’abandonner, lui. Il voulait que cesse cet échange malsain entre eux. Cela n’avait rien d’un adieu à ses yeux, et tout d’une fin définitive à ceux du Français. Et puis, ses mains sur son col. Ces mains qui toujours le touchaient, s’agrippaient à lui comme à une bouée, mais surtout, le retenaient, lui. Le cabot pouilleux, le fils en trop, le raté, celui que personne ne retenait jamais. Même Priya ne l’avait pas retenu, ce jour-là, le pire de sa vie. Personne ne s’était jamais accroché à lui comme Regan en cette seconde. Et même si le Vénézuélien savait que ça n’avait rien à voir avec lui et tout avec l’état de manque du camé, peu importait. Il n’était pas difficile, le cabot. Pourquoi ne pas se laisser bercer par le chant de sirène de Regan ? Il n’y aurait pas eu la mort au bout du chemin, pour lui ou pour eux deux, Itzal n’aurait pas été aussi difficile. Mais il détestait la mort, merci bien, et puis cette intimité entre eux, voilà bien autre chose qui le rendait faible et mou, et incapable de se défendre justement contre les Regan du monde entier.

« Je ne t’abandonne pas. » Mais il s’agissait d’une différence de point de vue, n’est-ce pas ? Plus que cela, de ressenti, d’envie, de besoin. « Je fais un choix. Toi, tu n’as pas ce luxe, j’en ai conscience, pas dans ton état en tout cas. » Ce qui était ironique, car c’était Itzal qui n’avait pas le choix en vérité. Il devait se nourrir ou mourir – ou tuer. Qu’est-ce qui obligeait Regan à s’accrocher ainsi à lui si ce n’étaient des démons qu’il aurait pu combattre de toutes les façons possibles, autres que celle-là ? Même si ses démons, Itzal en avait eu un avant-goût. Lui non plus, à sa place, il n’aurait pas voulu les regarder en face. Ou peut-être que si. Cela importait peu. Il secoua la tête comme un gosse en réponse à la prédiction de Regan, Cassandre aux mots empoisonnés ; il douta même, parce que le Français avait peut-être raison, peut-être bien qu’il reviendrait. Choisir de le croire, ou d’accepter ses mots, ou au contraire les refuser, se rebeller, puisque lui en avait la force, ou la chance, ou juste la volonté. Il sentit les doigts de Regan autour de son cou et faillit sourire. Oserait-il seulement lui faire du mal ? Pantomime de violence, pantomime de vie, même. Il ne savait plus être violent, ce type, et il ne savait plus vivre non plus, et Itzal pouvait l’être, pouvait lui montrer. Il arracha les mains du Français de son cou, serra ses poignets avec l’impression, si ce n’était la certitude, qu’il aurait pu les lui briser, et dans sa voix, la colère était rentrée, grondante, comme un orage. « Je n’ai pas de femme. Et je n’ai pas de frère. Mais comment est-ce que tu pourrais le savoir ? Tu ne me connais pas. Et je ne te connais pas non plus. Ce que je vois de toi n’a rien à voir avec l’homme que tu as été un jour. Je ne te reproche pas d’avoir changé, ne te méprends pas. Mais je ne suivrai pas ton chemin, je refuse de me laisser bouffer par tes fantômes. Je refuse de t’aider à crever, même si c’est ce que tu veux. » Conscience aiguë qu’il ne pouvait l’aider autrement que comme cela, cependant, aux yeux de Regan. Avoir sa peau, ou ne pas prétendre lui vouloir du bien. Ne lui souhaiter que du mal, et il serait content. Itzal n’aurait jamais cru un jour être la partie la plus saine d’une relation.

Et puis il la sentit soudain, cette sensation étrange, difficile à décrire. Ni agréable ni gênante, juste là, impossible à ignorer. Ses mains sur les poignets de Regan qui d’elles-mêmes avaient décidé d’assouvir le désir du Français, quand bien même Itzal s’y refusait. L’énergie qui commençait à s’arracher lourdement du cœur même de la proie pour courir sur sa peau tatouée, s’insinuer jusque dans son âme et la nourrir, et emplir tout ce vide douloureux. Avant même de voir le moindre flash, la moindre image, Itzal sentit la violence. Tout chez Regan se résumait à la violence, violence subie, violence donnée. Il le lâcha avant que le phénomène ne s’amplifie, avec l’impression d’y laisser une partie de son être. Avec un cri de rage, il s’éloigna du Français, se demandant qui d’eux deux était le vampire, la sangsue, le parasite incapable de se contrôler. Et de quoi il avait l’air, aussi, le monstre dans la ruelle sombre, et sa pâle victime plantée là. Il aurait pu tuer Regan sur place, aurait préféré le tuer plutôt que de se nourrir de lui, ce serait plus facile. Plus facile aussi que de le regarder à nouveau, à présent.

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Jeu 24 Mai - 19:42


Elan de rage en rupture sous la chair. La fureur de vivre, de mourir. D’en finir avec des démons arrachés des tombes d’un temps révolu. Doigts tels des griffes dans la chair affable d’une gorge offerte à sa démence. Les veines saillantes sous la pulpe, il sent les vibrations du cœur, celui du monstre qu’il invoque et conjure dans son élan de folie suicidaire. Il veut sa mort, sa perdition pour que personne ne puisse être touchés par son souffle assassin. Il veut le voir s’effondrer à ses pieds pour mieux le pleurer quand il réalisera que l’abandon de ses chimères ne sera plus qu’un rêve passé. Il veut tant de choses, Regan, qu’il s’y perd. Oscille entre tant d’envies contradictoires qu’il en souffre. Gravé dans les traits qui se creusent, le coin de ses lèvres qui s’affaissent. Et un feulement de rage lui échappe lorsque le vénézuélien réplique. Tranquillité d’outre-tombe les mains arrachent les siennes du cou torturé. A la manière d’un félin sous la menace, le résistant s’insurge, résiste face à la poigne oppressante. Sent la menace dans le contact, ces doigts qui pourraient lui briser les os sans une once de difficulté. Trop frêle, trop fragile. Regarde-le, lui et sa finesse, cette chose qui se prétend mâle mais suinte la femelle. Un nœud s’invite dans sa gorge, lui obstrue la trachée alors il hoquète. Fait entrer l’air entre ses lèvres pour faire gonfler sa poitrine lorsque gronde l’orage de la voix caverneuse. Elle lui chante des vérités obscures dont la saveur est aussi forte que du cyanure. Celui qu’il fut, celui qu’il sera. Ils sont tous différents et se ressemblent tous pourtant, dans leurs blessures et leurs parjures. Ces erreurs et ces cassures qui ne partiront pas, et se conjuguent au passé comme au futur.

« - Lâcheté donc. Risible tant c’est prévisible. » Il le feule, se racle la gorge sur les lames de son aversion. Ce relent de fureur aux gouttes de venin. L’injustice dont il est victime, car c’est de ce côté qu’il se range. Celui de l’être floué à qui l’on arrache sa liberté. Une nouvelle fois. Ses doigts se contractent et se serrent malgré ceux d’Itzal qui l’enserrent toujours. Comme pour se libérer de ce contact déplacé pour un être qui entend l’abandonner. Il persiste un instant puis s’immobilisme d’un seul coup. Pupilles dilatées sous la stupeur, les muscles raidis retrouvant un semblant de normalité. Le français se fait de marbre, soupire presque avec délice lorsque les remous de cette sensation grisante l’envahissent tout entier. Cet abandon funeste grisant l’esprit dont les cavités commencent doucement à se vider. Une profonde gratitude sur les traits dont la crispation disparaît. Il souffre, c’est une évidence, comme toutes les victimes de ces monstres peuplant la terre. Mais elle est dérisoire face à ce vide lui tendant les bras. Un merci presque imperceptible sur les lèvres quand son cœur panique déjà et se fait plus lourd dans la poitrine. Répand la chaleur d’un danger menaçant, un avertissement avant qu’il ne soit trop tard.

Comme s’il l’avait entendu, le prédateur le relâche. Trop rapidement, trop tôt. A peine le temps de savourer, de se sentir vivant et tout s’arrête. Le laisse là, au bord de son précipice d’inconscience pour mieux le recracher sur les berges du réel. Le cri de rage du prédateur fait écho à son râle de déconvenue. Regan chancèle, malhabile sur ses jambes, les effets du vol alourdissant le corps. Les doigts s’abîment contre le mur mal dégrossi, s’y pressent pour maintenir un certain équilibre. Une profonde inspiration, des goulées d’air vicié d’odeurs à donner la nausée dans ses poumons pour faire passer le mal être qui accompagne chaque larcin. Revenir d’outre-tombe et en souffrir. Parfois il a cet espoir insolent, cette pensée qui le pousse à se dire qu’enfin, il va mourir. Que tout s’arrêtera enfin. Rose lui tendra peut-être les bras pour l’entraîner dans ces enfers qu’ils partageront tous les deux. Dans l’attente de ceux qu’il a abandonnés, pour les retrouver là quand sonnera le jugement dernier. Il a du sel contre les paupières, de la tristesse à s’y noyer dans les yeux. Et un sourire noir sur les lèvres. Une courbure mauvaise jurant avec l’éclat défait contre le vert de ses pupilles.

« - Fiche le camp… » Il se fait alors l’instigateur de leur fin. Celui qui décide de tout arrêter pour se donner un semblant d’importance. Se persuader qu’il le veut, cet abandon qui le terrifiait tant quelques instants plus tôt. « - Tire-toi. Va vomir tes beaux discours à quelqu’un d’autre, et aider une autre âme à crever. Elle en sera ravie. » Fébrile il se laisse glisser le long du mur jusqu’à s’assoir sur le sol. Immondice au milieu de temps d’autres, le débauché dans son univers. Il serre les doigts contre ses genoux, à en voir ses articulations blanchir. « - J’espère que ta conscience s’en portera bien. » Un ricanement mauvais lui échappe, grincement perfide qui meurt dans un reniflement. Un goût de fer sur la langue et les notes sales en mirage olfactif. Le sang qui glisse contre la peau, en filet s’échappant de la narine. Vestige de l’exorcisme, manifestation de la faiblesse qui est en train de creuser un gouffre sous la peau.

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On s'achète on se vend. Au vent des hémisphères. On se jette, on se prend contre un peu d’éphémère. Sur l'étoile d'argent, le cerveau, la chair. Faudra choisir un camp. L'obscur ou la lumière.
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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: Re: Here stands a man at the bottom of a hole he's made || Regan   Dim 27 Mai - 14:03

Qu’est-ce qu’il foutait, exactement, à malmener Regan comme il le faisait, comme si inconsciemment, il avait l’impression que c’était exactement ça que le français recherchait ? Les beaux discours ne faisaient sens que s’ils étaient suivis par des actes – même s’ils n’avaient rien à voir avec les mots. Une des leçons assenée par son politicien de père. Itzal était venu mettre un terme à une mascarade et voilà qu’il tombait dans une autre, comme si le carnaval ne pouvait pas prendre fin, comme s’ils étaient, comme deux rats au son de la flûte de Hamelin, condamnés à danser jusqu’à se consumer. Et s’il desserrait son emprise, pour mieux le lâcher, l’abandonner là dans cette parfaite cour des miracles, Regan resserrait la sienne. Mais, tout était toujours question de choix, et l’un d’eux l’avait, ce choix. Chaque parole assassine du Français était une raison de plus pour lui de s’en tenir à sa décision. Mais si sa raison était faite, sa nature, elle, en avait fini avec ces conneries. Cette chose qui rôdait en permanence en lui, pas la colère dont il était fait, pas la violence d’où il était né, mais ce néant qui l’avait empli après sa transformation, et qui parfois semblait avoir sa volonté propre, en avait fini avec ce drame de série télé. Il avait faim, et il voulait dévorer, tout, n’importe quoi, quiconque se trouvait à sa portée. Avec le temps, Itzal avait appris à gérer cela, c’était la première chose qu’il avait matée en lui, renâclant à l’idée d’être dépendant de quelque chose, et pire encore, de quelque chose qui venait de lui. Alors il s’était imposé cette discipline dont il avait si longtemps manqué, pour ne pas commettre ce genre d’atrocité. Forcer, violenter, souiller, drainer, tuer. Dans cet ordre. Exactement ce qu’il s’apprêtait à faire à Regan en cette seconde. Ce que Regan appelait de ses vœux. Ce qu’il voulait, et ce qu’Itzal ne voulait pas.

Quelques précieuses secondes seulement. Et puis la conscience, évidemment, de ce qu’il faisait, et soudain, deux mains fines et pâles qui se tendaient vers lui, comme deux membres fantômes et féminins qui auraient appartenu à Regan, et qui tentaient de le retenir comme Regan avait tenté de le retenir. Mais ce n’était pas Regan. C’était un souvenir qui lui appartenait, le sceptre d’une femme dont les hurlements lui vrillèrent le cerveau. Ce n’était pas lui qu’elle voulait, c’était Regan, et elle l’avait voulu dans une autre vie, elle n’existait plus, il ne restait d’elle que le chaos qui s’attardait dans l’esprit embrumé de Regan. Plus sûrement que le reste, ce début de souvenir qui partit à l’assaut de son âme fut un électrochoc pour Itzal. S’arracher à lui, à cette source d’énergie, fut une souffrance physique, et pendant quelques secondes il crut voir rouge. Dans son dos, il pouvait presque palper la rage de Regan. Ultime cruauté qu’il lui imposait là, il le savait : agiter sous son nom le shoot dont il avait tant besoin. Eh bien, personne n’était parfait, et Itzal pouvait même se vanter d’en être l’opposé. Désolé, il articula, mais sans un bruit. Peut-être qu’il se contenta de le penser. Les mots n’avaient plus de sens. Il fallait qu’il fiche le camp, oui. Rester, même s’il en avait envie vu l’état dans lequel Regan se trouvait à présent, cela aurait été relancer la boucle, le cercle vicieux. « Raccroche-toi à ce que tu veux si ça peut te faire te sentir mieux. » Mais ils savaient que Regan n’était pas de ceux qui se sentaient mieux un jour. Itzal résista à l’envie de faire un pas vers lui. Il se contenta de le regarder, debout, les yeux baissés vers lui, et tant pis s’il avait l’air méprisant, hiératique, comme un foutu rocher n’ayant rien à foutre d’écraser les autres. « Ne crève pas. » Un ordre.

La nausée, ensuite. Mais il fallait toujours qu’il se nourrisse. Dédoublement du corps et de la nature, l’humain, malade, en rage, blessé comme un animal la patte prise dans un piège à loup, et l’autre, l’affamé, la partie morte en lui, qui crevait toujours la dalle. Il contempla une dernière fois Regan. Longuement. Ne crève pas, connard.

_________________
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You will lie with the rest of your kind in the dirt. Your dreams forgotten, your horrors effaced. Your bones will turn to sand. And upon that sand… a new god will walk. One that will never die. Because this world doesn’t belong to you or the people who came before. It belongs to someone who has yet to come. ©endlesslove
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