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 /!\ War Of Hearts - Nicholas

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: /! War Of Hearts - Nicholas   Lun 9 Avr - 19:54


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War Of Hearts

Come to me in the night hours. I will wait for you. And i can’t sleep cause thoughts devour. Thoughts of you consume. I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts. I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts. (c) Ruelle - icons (c) DΛNDELION




Des jours qui ne ressemblent qu'à l'ombre des nuits
Des silences qui résonnent à l'âme comme un cri
Quand les paupières n'ont même plus la force des orages
Quand, porté par les flots, je ne vois plus l'rivage.

Et rentrer, rentrer seule et ne voir que le vide, que l’absence, que le rien devenu tout. Ce rien qui me file la gerbe, qui me donne envie d’ouvrir la fenêtre et de sauter. Et pourquoi pas ? Y a juste un pas ou deux à faire et terminer. Plus de manques, plus besoin de faire semblant.
Plus besoin de les regarder en souriant, de dire bonjour, de demander 'comment ça va' quand j’en ai absolument rien à branler. Regagner mon bureau et ces montagnes de dossiers. Avec des noms, des visages dont je me fous éperdument. Je suis censée les étudier pour comprendre, pour ne pas prendre de décisions trop hâtives et injustes. Mais est-ce que le monde l’est ? Ouais, est-ce qu’il est juste, ce putain de monde ?
Alors je m’enfonce dans ce fauteuil crade chaque jour qui passe et je les regarde sans même les ouvrir. Des noms, des noms et des origines encore, encore et encore. Alors je la siffle, Maddy. La jolie rousse au teint blanchâtre et aux multiples taches de rousseurs. Maddy est une jeune mignonnette qui m’a été refourgué en guise d’assistante. Si elle est aussi intelligente qu’un bulot, on peut pas lui retirer qu’elle tente de me satisfaire. Et elle m’apporte du café. Roussette, c’est un peu ce souffre-douleur. La fille qu’on fait craquer juste pour relâcher la pression, celle à qui on montre les dents alors qu’on devrait plutôt la remercier et lui offrir une augmentation pour le travail presque bien fait. C’est qu’elle y passe des heures. C’est qu’elle lit les dossiers à ma place, Maddy ; note sur un petit post-it jaune les délits. Et qu’est-ce que je m’en fous, putain !
Parce que malgré les gaucheries de Maddy et les remarques acerbes que je peux lui envoyer dans la gueule pour m’amuser ; lorsque je quitte le bureau tard le soir, c’est pour retrouver ce putain de vide et ce désespoir en seconde peau. Et alors rien n’est drôle, amusant, divertissant. C’est triste. Seulement triste.

S’allonger sur un lit que personne ne partage et regarder le plafond. Le plafond et ses nombreuses aspérités, il y a même une tâche que je n’arrive pas à identifier. Compter les secondes, les minutes et les heures. Compter parce que c’est rassurant. Compter pour combler les vides à l’existence. Compter pour oublier et effacer ce passé qui ressurgit à chaque passage devant le miroir. Se regarder, se dévisager et ne pas se connaître. Étrangère dans cette enveloppe de chair qu’ils apprécient. C’est qu’ils en redemandent, des danses lascives ou un peu trop suggestives. C’est qu’ils veulent effleurer, caresser, toucher. Et je suis celle qu’ils veulent que je sois. Pour une nuit ou deux. L’amour est une fantaisie à laquelle il serait complètement fou de croire. Une connerie inventée pour les petites filles. Le prince charmant n’a jamais existé, pas plus que le carrosse et le joli cheval blanc. Et attendre, attendre que les aiguilles de l’horloge tournent plus vite encore.

Vingt-trois heures et j’enfile mon manteau.

Quand on est tellement seul que même la solitude
Vous semble être une amie dont on se passerait
Celle qui fut toujours là depuis le premier souffle
Qui depuis ce jour-là ne veut plus vous quitter
Quand vous ne savez plus qu'un jour vous saviez rire
Quand le mal a choisi votre âme pour empire.

Zach attend sagement en bas de l’immeuble, mains enfoncées dans son futal beaucoup trop grand qu’il remonte sans arrêt en marchant. Les petons enfoncés dans des baskets ridicules comparées à la robe d’excellente qualité, je le mire une seconde avant de me concentrer sur le contenu de mes poches. Son regard navigue et juge ; il émet un bref rire en coinçant son cure-dent entre ses ratiches jaunies par trop de café et de clopes. Et probablement une hygiène dentaire douteuse.
Je lui emboite le pas, il file toujours droit devant pendant que je tente de suivre la cadence. Les précieux billets sont compressés par ma main dans l’enveloppe kraft qui les contient comme pour me rassurer. Les venelles sont étroites et dégueulasses.
Et on marche, marche, emprunte des souterrains infects et je me demande parfois, s’il ne jubilerait pas à l’idée de me voir piétiner la merde de Storyville.
Bar clandestin planqué derrière d’épais murs de briques. Flotte dans l’air une odeur de pisse et de mort. Les talons reprennent place à mes petons quand je prends soin d’emballer mes baskets moisies dans un sac plastique que je refourgue dans la paluche de Zach. Il ne moufte pas, promène le sachet vert bouteille sans la moindre gêne.
Son visage est connu et la porte métallique s’ouvre dans un bruissement qui me fait dire que les gonds manquent sérieusement d’huile. Il faut traverser une partie du hangar, transformé en pseudo sas avant de pousser la porte vers tous les vices. Ou plus précisément, là où les putes se mélangent aux camés et aux assoiffés. Et je ne sais pas encore à quelle catégorie j’appartiens.
Le fric a déjà rejoint la poche de mon partenaire particulier et je patiente sagement sur un vieux tabouret devant ce qui se veut être un comptoir. Le crâne chauve, les bras balaises entièrement tatoués, le gras du bide me demande de sa voix grasse ce que je veux boire. Les prunelles inspectent l’état du fond des verres avant de répondre.

« Un whisky. »

La politesse absente, comme trop souvent. Il hoche du chef et balance son torchon vieux et gris sur son épaule avant de sortir un verre. Le genre de verre qui servait anciennement de pot à moutarde avec des dessins tout autour.
L’ambre dévale lentement le gosier. La brûlure sur la langue est presque salvatrice. L’endroit n’est pas totalement bondé mais j’ai bien du mal à repérer Zach. Il me faut plusieurs minutes avant de comprendre qu’il roucoule dans les bras d’une donzelle dont la poitrine généreuse dégueule de son pseudo soutif. Il sourit et lève son verre quand j’ai juste envie de le gerber lui et sa pouffiasse. Et peut-être que cela s’apparente à de la jalousie ou de la possession maladive ou quelque chose que je ne saisis pas très bien encore. Alors, lorsque le brun s’approche et me propose un verre, je l’accueille avec un sourire si large qu’il en bégaie. Je ris à ses blagues vaseuses, écoute les compliments sans jamais en retourner un seul et je bois, ouais, pour oublier qu’il est moche et con. Pour oublier qu’il me regarde comme si j’étais un jambon de première qualité qu’il aimerait bien goûter. Je n'ai pas retenu son prénom, ni à lui, ni à son pote qui nous a rejoints, voulant se mêler à la conversation.

« Bah alors tu m’présentes même pas mon salaud ! Tu voulais la garder pour toi tout seul et même pas partager avec les potes, c’pas sympa ça ! »

Il glousse et je souris, balance une œillade vers Zach qui ne me quitte pas du regard. Et je pourrais me réjouir, je pourrais abuser de ces deux débiles qui ne veulent que me sauter. Mais j’ai mal à l’âme et j’en ai rien à foutre de ces deux trous de balle, comme j’en ai rien à foutre de toi, au fond, Zach. Mes sourires se crispent et se font plus rares. Ils baragouinent des trucs que je n’écoute pas, percute vaguement lorsqu’ils y vont de leur proposition indécente. Ça susurre à mon oreille, ce plan à trois si bon dans une salle là-bas derrière. Et je les repousse, n’ai pas le cœur à baiser quand j’ai juste besoin de picoler et me droguer pour oublier.
Le minois se ferme et la menotte accroche le verre plein. C’est le combien celui-là, d’ailleurs ? Les jambes se décroisent et se recroisent dans un jeu de jambes quasi érotique. Les lèvres rouges accueillent une clope qu’un autre est venu offrir en s’installant à mes côtés. Il complimente comme tous les autres, prend ce petit air béat et complètement ridicule. Il m’ennuie. Ils m’ennuient tous.
J’ai oublié Zach, contemple les gens autour comme si le temps allait passer plus vite, comme s’il allait se lever et prendre la fuite.
Il y a des regards, amusés, distraits, envieux.
Et il y a Lui. Son regard à lui.

Il a ce quelque chose d’attirant et envoutant. Et je me perds dans la contemplation de ses traits que je distingue à peine. Force mes mirettes à se plisser pour ne rien manquer. Le palpitant s’affole et cogne dans sa cage. C’est comme une tempête à l’intérieur de mon Être, comme un feu de Bengale qui me traverse. Il balbutie quelque chose, l’autre, celui dont le nom est oublié autant que les traits. Parce qu’il n’y a que Lui qui compte, que lui qui absorbe l’attention. Le prétendant, vexé, claque ses doigts devant ma trogne désabusée.

« Hey tu m’écoutes ?
-Non.
-Comment ça non ? Ça t’intéresse pas c’que j’te raconte ?
-Pas vraiment, c’est quoi ton nom déjà ? »

Y a le mépris absolu qui plane dans le fond de ses pupilles dilatées. Il se redresse un peu trop vivement, fait tomber le tabouret qui se pète sans difficulté attirant les œillades voisines.
Le chauve se radine et pose sa main sur l’épaule du type qui semble n’avoir qu’une envie, m’en coller une à m’en péter possiblement la mâchoire.

« Calme toi Teddy, y a pas d’lézard. Laisse-la et viens prendre un p’tit remontant là-bas derrière. »

Il grogne, le mufle, avant d’écouter sagement les conseils de l’aîné.
La pression redescend et je cherche à nouveau le blondin. La table est vide de sa présence et mon cœur rate un battement. Putain, me dis pas que tu t’es barré ?!
La panique me fait me redresser sur mes quilles, à l’affut de cette silhouette dont je connais mal les contours. Et je crois le voir, tire sur un bras quand le visage n’est pas le sien. M’attire des regards salaces et l’un d’eux tente de me retenir par les hanches, manquant de me faire trébucher sur le béton crasseux.

Comment te dire
Quand t'es pas là
Que moi sans toi
Ça ne veut rien dire

(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Saez


Dernière édition par Angie Carlsson le Dim 27 Mai - 11:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Sam 21 Avr - 17:14


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War of hearts

It's bugging me, grating me, and twisting me around.
Yeah i'm endlessly caving in and turning inside out.
'Cause i want it now. Give me your heart and your soul.
And i want you now. I'll feel my heart implode.
And i'm breaking out. Escaping now. Feeling my faith erode.  
(c) Lyrics by Muse



J'veux que tu m'enlaces. Que tu t'agrippes à moi comme si j'étais important pour toi. Comme si j'étais quelqu'un. J'ai besoin d'la chaleur de ton corps contre le mien, que tu m'dises que j'compte pour toi. J'ai besoin d'ce quelque chose que j'ai jamais eu. J'ai besoin d'tendresse... j'ai besoin d'me sentir aimé. C'est tout c'que j'veux. Mais ça n'arrivera pas aujourd'hui. Ni jamais. Parce que toi, t'es une pute, et moi, j'suis personne.

Elle était séduisante, Lovely. De jolies lèvres sybarites, des yeux captivants d'une nuance cendrée, d'un gris cristallin assez rarissime à contempler. Une longue crinière ténébreuse soigneusement nattée, dont l'extrémité allait caresser la chute des reins. Une silhouette gracieuse, exquisément efféminée, revêtant une robe vermeille. Elle avait tout pour elle, la belle catin, et les hommes réclamaient souvent sa compagnie. Sa présence dans ce trou à rats détonnait, jurait avec le décor sordide des bas-fonds clandestins. Et c'est pourquoi ses iris s'accrochaient à elle, puisqu'il n'y avait rien d'autre à admirer dans ce havre de vermines. Tout le reste lui semblait désarticulé, fadasse. Ces hommes et femmes ; des spectres agités qui n'avaient plus rien de tangible à ses yeux. Même toi, Lovely. Tu commences à t'effacer, à n'plus être assez. Jamais il n'avait apprécié ce bar, mais il n'avait pas le choix d'y être, pour affaire. Alors comme coutume, il s'était faufilé jusqu'au fond, avait prit place à la table habituelle, et maintenant, il attendait. Il attendait qu'Andy - le proprio de cette boîte à sous-merdes - se pointe avec l'argent dans une enveloppe. Des heures à supporter les rires éraillés des ivrognes, les échauffourées entre racoleuses qui se disputaient des clients, et cette agitation ambiante, ce bruit, ce tout qui le révulsait jusqu'à la moelle. J'déteste cet endroit. Il ne s'y sentait pas à sa place. J'me sens à ma place nul part.

Lovely, affublée de sa somptueuse lubricité, se déhanche jusqu'à lui, jouant de ses charmes luxurieux en priant qu'il veuille bien d'elle cette nuit, non pas parce qu'il lui plaisait, mais bien pour renfler son maigre pécule. Le temps d'une parcelle de seconde, ses prunelles se laissent ravir par l'échancrure qui borde les monts saillants lorsqu'elle fléchit un peu trop devant lui, mais le blond décline gentiment l'offre, sourire factice flanqué aux babines.

Désolé, j'suis pas ici pour ça.
" Oh, j'étais certaine... c'est dommage, mon cœur. Tu ne sais pas ce que tu manques. Si jamais tu changes d'avis, je ne serai pas loin. "
J'en doute pas...

T'es qu'une menteuse, Lovely. D'ici quelques minutes, tu seras loin, avec un type prêt à payer pour une p'tite dose d'affection fabriquée. J'le ferais bien. Je l'ai déjà fait. Mais j'y crois plus. Ce manque, il est toujours là. Et c'est pas dans un lit avec une pute que ça changera. La belle enjôleuse s'éloigne et Andy... se fait toujours attendre. Le blond s'impatiente, grommelle en silence, fume et fume encore tandis que le temps passe, se moque de lui. Putain, t'arrives ou j'fous l'camp, p'tit con. Il rumine, mais ne bouge pas sa carcasse, sachant qu'un client régulier comme Andy était rentable et qu'il serait stupide de lui faire faux bond. J'voudrais être ailleurs, loin d'ici. Là où plus rien n'existe. Là où c'est l'néant. Là où j'ai ma place. Tous ces gens, tout c'bruit, ça m'fait gerber. J'veux que tout s'arrête. Ses paupières s'abaissent, comme si s'aveugler au reste du monde allait le porter vers un ailleurs sans nom, cet endroit où il n'y avait plus de confusion, ni de perdition. Ce quelque part... qui n'existait pas.

- Regarde-moi ce p'tit bout d'femme, Fletch'. Tu la vois ? C'est une vraie bombe. Cette belle garce, elle est à moi, mon pote. J'vais tellement lui tisonner l'fourreau qu'elle pourra plus tenir debout ensuite.
" T'as raison, elle est pas moche du tout. "

Des obscénités de machistes, des jubilations, des railleries douteuses entre deux hommes à la table à côté de la sienne, le tire de sa cécité. Ils parlent, ces deux abrutis, de cette femme, celle qu'ils allaient pilonner d'ici la fin de la nuit. Ils lancent les enchères entre eux, comme s'ils se disputaient l’acquisition d'une poupée gonflable bon marché. Sales cons. Le Townsend grimace, incommodé par l'échange, par cet insidieux inconfort qui lui tiraille le bide. Ce n'était pas la première fois qu'il entendait ce type de discussion dans ce bar - ou autant le qualifier de bordel - et peu de temps après, on racontait l'histoire de cette femme brutalisée et violée, brisée au plus profond de son intime, délaissée à moitié dénudée sur un bout de bitume déglingué. Cet endroit attirait les pires brutes de la Nouvelle-Orléans. Les malfrats, les dealers, les criminels, et ces raclures sans vergogne qui n'avaient aucune notion de ce que signifiait un refus. Cette planque malpropre était à l'image d'une jungle peuplée de bestiaux indomptables, de sauvages à l'instinct primal. Les plus forts imposaient et les plus faibles s'écrasaient. Et jamais personne n'intervenait. Personne ici n'a une âme. Ils sont tous vides... ou trop pleins d'merde.

Soupirant sèchement, le blond cherche de ses azurs le spécimen tant convoité, cette femme attisant les fantasmes libidineux de ces deux crétins qui n'avaient - selon lui - aucune chance que ce soit réciproque, peu importait le minois de la malheureuse élue. Il s'attendait à une femme banale, le visage trop fardé, au sourire exagéré, outrageusement excessive à sa façon de s'exposer, comme la plupart des catins du coin, mais son regard se bute, s'accroche à une beauté qu'il ne parvient pas à qualifier. Non... puisque seulement la mirer lui perturbe les cervicales au point qu'il ne parvient plus à réfléchir. Une empoisonneuse., songe-t-il vitement. Jamais une femme ne pouvait être aussi belle sans dissimuler une âme venimeuse, fatale aux hommes. Il jugeait puisqu'il n'était pas stupide, il en avait connu, des femmes. Cette femme dévore et laisse rien. Ils tombent tous dans son piège. Personne n'y échappe. Lui-même avait l'impression de perdre pied, comme tous ces autres qui n'avaient de yeux que pour elle. Agacé, le blond s'agite sur son siège, tentant de se convaincre que la brunette n'avait rien d'exceptionnel, sinon qu'une plastique attrayante. Belle... mais j'suis prêt à parier qu'elle n'a pas d'coeur. Il n'en savait rien et préférait ne pas s'en soucier.

" J'tente ma chance en premier, Teddy. Tu verras, il restera plus rien pour toi ! "
- C'est c'que tu crois. Mais moi, qu'elle me veuille ou non, j'en ai rien à branler, mon pote. J'ai toujours tout c'que j'veux, que ça plaise ou non.
" Ah ouais ? Et tu feras comment ? Elle a son gros toutou avec elle. "
- Un gros toutou ? Tu l'as bien regardé ? On dirait un caniche qui écume d'la gueule. Il verra rien, il a l'nez fourré dans l'corset d'une pute.

Nicholas dévisage discrètement l'homme désigné comme étant le toutou de madame, contrarié de réaliser que Teddy disait vrai. Si son véritable mandat était de la protéger, alors il ne risquait pas d'y succéder en ayant les yeux rivés dans le décolleté d'une catin. Qu'est-ce qu'elle fout ici de toute façon ? C'est pas son monde. L'évidence flagrante et irréfutable. Cette femme n'avait rien du nord, elle avait trop la classe pour résider dans un patelin aussi crasse. Le blond ne comprend pas et ne cherche pas à comprendre, il était seulement persuadé qu'elle risquait de regretter amèrement de s'être échouée en plein cœur d'une tanière de rapaces. Et ce fait avait le don de l'irriter puisque maintenant, il avait l'impression qu'il se devait de veiller sur elle, alors qu'il était loin d'en éprouver l'envie. J'te connais pas, pourquoi j'le ferais ? C'qui t'arrive, c'est pas mon problème. T'avais qu'à pas t'ramener ici, beauté. Et t'as vu comment tu t'fringues ? Tu t'attires le mauvais karma. Pourtant, la robe qu'elle portait était sobre et simple, mais ce n'était pas la robe le problème, mais bien la femme qui l'affublait. La sensualité suintait, pulsait dans chaque parcelle de sa peau. L'idée de la mettre en garde lui tourmente l'esprit, mais il se résigne à rester en retrait, croyant fermement qu'il n'avait pas à s'en mêler et qu'elle croirait sans doute qu'il était l'un de ces bourdons à ne chercher qu'à lui planter son dard entre les cuisses. Alors, il ne remue pas, ne bronche pas, laisse les deux lourdauds rôder autour d'elle, dévisageant la scène d'un œil blasé... et un brin envieux. J'sais qu'tu poseras jamais tes yeux sur moi. J'suis pas ton genre d'homme. J'suis pas friqué, j'ai pas d'classe, j'suis un monstre, et j'suis cinglé. Et j'sais pas pourquoi ça m'emmerde autant de pas avoir droit à ton regard.

Ses mirettes errent un instant ailleurs, disséquant la salle afin d'y repérer le chien de garde qui l'avait accompagné, mais il ne le voit plus dans les parages, Zach. Non, puisque Zach s'était tiré avec Lola dans l'une des pièces du fond, là où tous les plaisirs licencieux s'extasiaient sans être bridés. Ses prunelles reviennent à la scène initiale et soudainement, se figent. Putain. Collision de rétines, leurs iris se vrillent, se sondent, et le palpitant manque un battement. Elle le regarde, ne cesse de le fixer, de le dévisager. Le blond déglutit et se recroqueville un peu sur son séant, comme un môme fautif démasqué, tentant de se faire minuscule, invisible, inexistant. Quoi ? Pourquoi tu m'regardes ? Qu'est-ce que tu m'veux ? Ironique. Lui qui avait souhaité un peu plus tôt qu'elle lui accorde ne serait-ce une infime seconde de son attention, espérait maintenant qu'elle cesse de le jauger. La panique l'étreint, un sentiment sournois et hypocrite qui l'incite à vouloir fuir, esquiver son regard inquisiteur le plus rapidement possible. J'ai l'impression qu'tu peux voir mon âme. Elle est sale, mon âme. J'veux pas qu'tu la regardes. Et il refusait qu'elle se joue de lui, de n'être qu'un numéro insignifiant sur une liste interminable de prétendants. Un tabouret claque, Teddy s'énerve, et le blond en profite pour prendre la tangente, désertant la zone à découvert pour se planquer plus loin dans un espace plus obscur et retiré. T'es mieux de rappliquer bientôt, Andy, parce que j'crois pas qu'vais rester encore longtemps.




Teddy méprisait l'indifférence. Les femmes n'étaient pour lui que de petites babioles insignifiantes ne servant qu'à combler ses besoins graveleux. Il les aimait soumises, les cuisses grandes ouvertes à ses assauts. La pimbêche n'allait pas y échapper. Parce qu'il obtenait toujours ce qu'il convoitait, Teddy, de gré ou de force. Et c'est pourquoi il patiente, observe ses déplacements, jusqu'à ce qu'Angie s'égare dans un couloir, à chercher un blondin au mauvais endroit. L'animal la traque, arpente le sillon et ses multiples portes menant à des pièces servant de débauche. Il peut entendre les gémissements des putes, jérémiades lascives qui ne font qu'attiser son appétence à la posséder, la nuit entière s'il le fallait. Alors, il presse le pas, saisissant la lame à sa ceinture, et pose le dentelé contre le derme délicat de sa gorge, froide morsure infligeant le silence à défaut de lui imposer à tout jamais.

- Tu gueules et j'te tranche la gorge., siffle l’infâme au creux d'une oreille.

Et il la traîne, l'oblige à franchir le seuil d'une porte, la pousse à l'intérieur d'une pièce sombre, faiblement éclairée de quelques bougies trônant sur de vieux meubles délabrés. La porte se referme en un claquement sec et l'ignoble Teddy ne tarde pas à fondre sur elle, la faisant chuter sur un matelas aussi usé que crasseux. Son corps écrase le sien, mais elle se débat, ne lui facilite pas la tâche, alors son poing percute une pommette et une gifle tombe rudement à sa suite, lui remémorant qu'il était maître et elle, qu'une futilité sans importance, seulement bonne à forer.

- Tu t'fous peut-être de moi, pétasse, mais crois-moi, tu t'souviendras d'moi l'reste de ta vie.

Si elle pleurniche et geint, Teddy n'entend rien. Le haut de la robe est brutalement déchiré, puisqu'il veut mater les proéminences tandis qu'il la nique. Il se presse, déboucle sa ceinture, avide de souiller celle qui lui avait refuser son attention, trop sotte pour comprendre qu'on ne le rejetait jamais, lui. Il force les jambes à s'écarter, le souffle haletant, et une main invasive tente de retirer le sous-vêtement, seul barrage entre lui et l'exaltation. Mais Teddy manque de temps, interrompu par une porte qui saute sur ses gonds, laissant passer en torpille un grand blond énervé. Il se redresse, l'ordure, mais le Townsend ne lui laisse aucune chance, lui balançant sèchement son pied en pleine bobine. Teddy tombe au sol, beugle, rumine, temps infime où le blond lorgne la brunette d'un œil choqué, presque horrifié. Le visage tuméfié, la robe déchiquetée, le corps tremblant ; souvenir d'une enfance brisée. D'une génitrice brutalisée, que ni lui, ni Joseph, n'étaient parvenus à sauver des foudres du paternel. Les souvenirs déferlent, se superposent au présent, ébouillantent la rage contenue depuis trop longtemps. Le faciès change, se contracture froidement, et il bondit comme un fauve sur le fumier, lui démantelant sa sale gueule à coups de poing, sans parvenir à s'arrêter. Des putes hurlent dans le couloir, tentative d'alerter les hommes d'Andy avant qu'un meurtre ne soit commis.

- Townsend ! Arrête ! Tu vas l'tuer ! STOP !!!, tonne Andy en se précipitant vers lui, accompagné de ses deux molosses.

Nicholas est tiré vers l'arrière, avec peine et misère. Tout se précipite, s'agite, et il se retrouve le dos plaqué contre un mur. Des mots tentent d'apaiser sa furie, mais ses oreilles bourdonnent, son crâne déconne. Teddy, à peine conscient, est traîné à l'extérieur de la pièce, tandis qu'Andy poursuit à le raisonner, à essayer de le calmer.

- T'es calme ? Nick ? J'vais m'occuper d'le sortir d'ici, c'est terminer. Il fera plus d'merde. Faut que t'arrête. Ça va aller, c'est bon maintenant ? Soit pas con, tu veux pas t'retrouver avec un meurtre sur le dos, vieux.
Ouais... ça va. C'est okay...
- J'dois retourner au bar. Si j'te laisse, tu feras pas d'conneries ?
Ça va, j'te dis. Fait c'que t'as à faire... c'est bon, j'suis calme.

Et Andy déserte, les laissant seuls, lui et elle. Le silence s'impose, instant où il ferme les yeux afin de chasser les images qui ne semblaient plus vouloir dégommer. Il ne la regarde pas, non, puisqu'il est furieux. Furieux contre elle, cette femme stupide et naïve. Par sa faute, maintenant, il devait se souvenir de ce qu'il avait tenté d'éradiquer de sa tête.

Tu t'crois où, princesse ? Hmm ? Au palais des merveilles ?

Enfin, il ouvre les yeux et relève son visage afin de la jauger, la colère valsant au fond de ses iris. Elle était dans un état pitoyable, mais il s'en moquait. Oui, il s'en moquait.

Tu penses que tu peux arriver ici, jouer à ton p'tit jeu d'séduction, faire les yeux doux à tous les mecs et t'en sortir indemne ? C'est pas comme ça qu'ça marche ici. Mais là, j'crois bien que t'es au courant, pas vrai ?

Sa voix, brûlante et froide, la pique, la darde. Il secoue lentement la tête, de droite à gauche, esquissant une moue écœurée.

T'es une femme stupide, comme bien d'autres qui croient qu'elles sont inatteignables. Belles, mais aucune putain d'jugeote., siffle-t-il, se redressant, retirant sèchement son veston afin de le balancer en sa direction. Enfile ça et tire-toi. Reviens plus, parce que la prochaine fois, j'vais pas intervenir. T'auras d'quoi chialer.

Le blond en avait assez. Tout ce qu'il souhaitait était de se barrer, bien loin. Sans un mot de plus, il se dérobe, s'extirpe hors de la pièce, s'allumant une clope pour se calmer les nerfs. Si ce n'était pas d'Andy qui ne lui avait pas encore remit l'enveloppe, il serait sans doute déjà bien loin d'ici, à essayer d'oublier cette soirée. D'un pas nonchalant, il se dirige vers le comptoir et prend place à un tabouret, tandis qu'Andy lui demande de patienter quelques minutes. Grouille. J'veux plus la revoir. J'ai pas envie d'regarder le passé dans ses yeux.



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Dernière édition par Nicholas Townsend le Ven 27 Avr - 2:19, édité 4 fois
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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Dim 22 Avr - 0:05


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War Of Hearts

Come to me in the night hours. I will wait for you. And i can’t sleep cause thoughts devour. Thoughts of you consume. I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts. I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts. (c) Ruelle - icons (c) DΛNDELION




Ma bouche en cœur
Ne regarde pas l'heure
Elle avale ta trotteuse
En cavale, baroudeuse

Y a les phalanges qui cavalent sur la hanche, serrent contre le torse mâle quand la morsure du métal froid embrasse la jugulaire. Souffle coupé, les mots résonnent à l’encéphale douloureux. Le regard divague, cherche le blondin comme pour se raccrocher au tangible mais je ne vois rien. Rien que les murs qui suintent à cause de la chaleur environnante qui encrasse les lieux. Les bras ne savent plus où se foutre et les mains voudraient retenir la lame qui pince la chair sans toutefois y parvenir. Il pousse et repousse, force les guibolles à avancer. Petite poupée qu’il guide jusqu’à une piaule miteuse. La lourde grince et sous mes pupilles se dévoile l’horreur. Mobilier rustique, fracassé, le connard me balance sur le matelas pouilleux. Sous la paume, quelque chose d’humide et gluant me tire un haut-le-cœur. Du foutre, putain, c’est dégueulasse ! Je tente de me redresser dans la foulée, écœurée mais Teddy me fait avorter mon geste, m’écrase sous son poids. Et je me débats, griffes les avant-bras et tente vainement de le faire basculer en gesticulant comme un cabri. Le poing assomme et la gifle me fait reprendre mes esprits trop vite. La brûlure me mord la joue et je couine sous lui. Lui qui s’en branle, lui qui ne pense qu’à se frayer un chemin entre mes jambes.
Le palpitant déraille, l’organe cogne et cogne coincé dans sa cage. J’écoute pas ce qu’il dit, j’écoute plus ses conneries. Le tissu est déchiré entre ses doigts pressés tandis qu’il force l’écartement et les cuisses cèdent, incapable de résister à leur assaillant.
Et je le mire fixement comme pour ne rien oublier, pour graver les détails immondes sous le front.
Tu peux voler mon corps, en prendre possession, croire qu’il t’appartient encore un peu. Ce corps-là, je l’ai donné, je l’ai vendu, j’en ai fait un outil de travail, j’en ai fait une ruine. Qu’est-ce que tu crois ? Tu crois que t’arriveras à me détruire de l’intérieur ? Tu crois que j’en ai pas connu, des enculés dans ton genre qui se pensent supérieur ? T’as tort, connard. Ils ont essayé avant toi, ils ont frappé avant toi, ils ont détruit avant toi.

Je compte stupidement, pense que cela ne durera pas plus de quelques minutes. L’excitation poussée à son paroxysme, ce moment où ils forcent et blessent, ça les fait bander trop fort, ça les fait cracher trop vite. Sa paluche sinue entre la dentelle, voudrait l’arracher pour libérer le passage mais le tissu résiste à sa poigne. Il tire une fois puis une autre avant que sa gueule ne disparaisse de mon champ de vision. Je suffoque, la poitrine se soulève dans un rythme frénétique. Il me faut une poignée de secondes pour me redresser et constater que ce connard se fait défoncer. Le visage de mon sauveur apparaît à la lueur d’une bougie dont la flamme danse un peu trop vive. Et ce ne sont pas les traits d’un Zach mais bel et bien de l’autre. Toi.
Et je l’observe d’une façon tout à fait malsaine, me réjouis de le voir frapper encore et encore, espère même qu’il pourrait le battre à mort. Et j’aimerais que tu fractures chacun de ses os, que tes mains baignent dans son sang. J’aimerais que tu me touches, que tu me caresses avec cet incarnat sur tes doigts. Ouais, je voudrais que tu fasses ça pour moi et seulement pour moi comme personne ne l’a fait avant toi. La beauté éclate dans la violence. Cette violence qui tire chacun de ses muscles et déforme ses traits. Il y a de la rage. Quelque chose de profond. Les salopes feulent dans le couloir et pas les noms de tous ces bâtards, non. Elles donnent l’alerte quand je voudrais les faire taire.
Un mec déboule, flanqué de deux enragés à gros bras. Le proprio repousse le blondin qui s’écrase contre le mur poisseux. Il lui baragouine des trucs tandis que mon agresseur est extirpé de la pièce. Y a pas un mot et pas un seul regard vers moi. Et ça me débecte, toutes ces gonzesses qui se pressent et qui n’ont d’yeux que pour le patron et lui. Aucune ne vient à mon chevet pour s’enquérir de mon état. Les poings cognent sur le matelas, les cuisses se referment et je replace une mèche de cheveux derrière l’oreille. La pommette gonflée m’empêche d’ouvrir correctement l’œil et pourtant, ouais, pourtant je ne manque rien du spectacle qui se joue devant moi. Langue pincée entre les ratiches pour ne pas avoir à débiter des conneries, pour ne pas avoir à proférer des menaces. Je voudrais lui dire, à ce gérant inconscient et incapable que les femmes ne sont pas que des objets, que son bordel je vais m’appliquer à le faire fermer. Les rumeurs iront beaucoup trop vites et avant même qu’il ne puisse reprendre son souffle ce lieu sera infesté de membres grouillant du gouvernement. Et j’aurais ta tête et la sienne. La sienne parce qu’il a essayé de me baiser et la tienne parce que tu l’as laissé faire. Tu me fais penser à mon père. La violence au bout des doigts mais incapable de s’attaquer à plus gros que soi. Tu me dégoûtes.

Ma bouche fronce
Ton cuir et t'annonce
Sans cri, sans encombre
Qu'il est temps que tu sombres

Et tout ce beau monde se tait. La porte se referme dans un claquement. Y a le regard enfantin que je lui porte, ce regard qui veut dire merci quand les lèvres sont incapables de se muer. Mais dans ses billes bleues pas d’accalmie, seulement une tempête qui gronde. Mirettes fuyantes que je n’arrive pas à attraper comme pour y lire quelque chose de réconfortant. C’est la dégringolade.
Les lippes s’animent et crachent leur colère. Les sourcils se froncent sous l’incompréhension. Il arrache le voile tendre, pique dans la plaie béante qui suppure en mon sein. Il enrage, le mâle, sans que je n’en comprenne la réelle raison. C’est quoi ton putain de problème ? Tu veux quoi ? Que je m’excuse peut-être ? Mais va te faire foutre, connard. Je t’ai rien demandé moi, c’est toi qui as débarqué et si tu t’attendais à ce que je te dise merci, tu peux te foutre le doigt dans l’œil mon pote. Il me darde de ses orbes et me juge. Un rictus mauvais soulève mes babines tandis qu’il continue de déblatérer ses conneries. Ça gonfle sous les côtes. Cette colère puissante qui ne demande qu’à dégueuler, s’extirper par tous les pores de ma peau.
Et t’es qui pour me juger ? Pour croire que je suis une femme stupide quand j’ai réussi à survivre jusqu’ici sans tes gros bras et tes leçons de vie. Et peut-être que j’aime ça, vivre avec le danger collé à l’arrière-train parce que je suis fatiguée de cette routine infernale qui m’use et m’abuse. Tu connais rien. Tu sais rien.
Et je voudrais lui dire de la fermer, que j’en ai assez entendu et qu’il peut s’épargner le jugement hâtif quand lui était prêt à buter un gars qu’importe ce qu’il en coûtera. Lui rétorquer qu’il n’a pas plus de jugeote que moi s’il pense que se salir les mains le sauvera de la fin. Mais j’ai pas le temps de formuler quoi que ce soit qu’il me balance sa veste dans la tronche. Je serre les dents et les entend grincer. Il se casse le blondin, me traite comme la première débile qu’il vient de rencontrer. Et je peux pas, j’arrive pas à accepter. Comment tu peux me regarder et me balancer ces atrocités. Comment tu peux soutenir mes prunelles et me cracher toute ta merde.
C’est comme une gifle qu’il assène et qui me fait vaciller. Il se tire alors même que je balance son veston avec rage derrière lui.

Ma bouche entière
Pourrait gagner la guerre
Ma bouche fière
Pourrait bien te faire taire

L’ire rampe sous le derme et affole les sens. Les guibolles tremblent et la pommette abimée palpite au même rythme que ce cœur qui pulse et pulse. Je chancèle et bute contre le mur du couloir. Les gens autour qui se pressent les uns contre les autres me donnent le tournis. Les bruits sont amplifiés dans ma caboche défoncée et je peine à avancer. Je balaye l’horizon jusqu’à le trouver, sagement assis sur son tabouret. Claudiquant jusqu’à lui, je lui tire le bras d’un coup sec pour qu’il se retourne.

« C’est quoi ton délire ? Tu te prends pour qui ? Tu crois que m’sauver ça te donne le droit de déblatérer des conneries sur celle que j’suis ?! » crié-je, à bout de souffle.

« Et toi t’es qui, hein ? Un fucker qui étudie ce que j’branle à distance et qui fuit une fois que je l’ai repéré ? Alors avant d’me reprocher mon comportement sans comprendre les pourquoi et les comment, occupes-toi de ce que tu fous toi. »

La veste lui est flanquée contre le torse dans un geste rageur. Les prunelles aiguisées le dissèquent et s’ancrent aux siennes.
Et quand je te regarde j’ai l’impression que l’océan tout entier pourrait bien m’avaler que je m’en ficherais. Tu me fascines, tu me donnes envie de m’accrocher à toi comme une putain de bouée alors que c’est toi qui tentes de me noyer.
La mimine accroche la robe pour refermer les pans déchirés qui dévoilent la poitrine. Je me retourne, suspendue à cette putain de fierté qui m’entoure et j’ai dans l’idée de dégager le plus vite possible pour ne plus le regarder.
Et j’ai oublié Zach. Zach qui déboule et me reluque, les yeux exorbités. Il siffle « qui a fait ça ? » quand je lui réponds « on s’en va. » Mais la réponse ne semble pas lui convenir.



Il n’a rien entendu, Zach, trop occupé à s’enticher des courbes féminines dont il est friand. La belle Lola et sa longue crinière brune sur laquelle il aime tirer. Il s’enivre entre ses cuisses, ne pense qu’à son propre plaisir oubliant Angie. Oubliant qu’il bosse pour elle à force de partager ses délires et son entrecuisse. Elle ondule sur ses hanches, la brune. Elle feule son prénom dans le chaos des chairs qui se choquent. Ouais, Zach il jouit sur le bedon de la femme et s’extasie de la voir salie de sa semence. Il tarde à reprendre conscience, s’émerveille des monts qu’il caresse et des pointes qu’il pince. Ce n’est pas la première fois qu’il la voit, ni la première fois qu’il la tire dans ce sordide endroit. Sa petite voix langoureuse lui intime de rester avant que sa langue ne s’enroule autour du membre luisant de son partenaire. Et il se rappelle, Zach. Il se souvient d’Angie qu’il a laissé trop longtemps et qu’il doit retrouver avant que quelque chose n’arrive. Alors il la repousse la donzelle, replace son matos dans son froc et sort de la pièce non sans lui avoir bouffé les lèvres.
Sa vue perçante fouine les environs pour retrouver cette femme dont il connaît la silhouette par cœur. Et il ne tarde pas à la trouver, écrase la distance de quelques enjambées avant de comprendre que quelque chose cloche. Minois ravagé et robe déchirée, son sang ne fait qu’un tour. Il veut comprendre le mâle, qui a fait ça, quand et pourquoi. Il ne pense pas une seconde à lui dire qu’il est désolé, tout ce qu’il veut, c’est retrouver le bâtard qui a osé la toucher.

Mais elle ne dit rien, la garce, le laisse avec sa rage en travers de la gueule et ses pulsions brimées par le silence qu’elle impose. Et il le voit, le blond avec qui elle discutait. Ce type la reluque malgré la tension palpable. Alors il l’attrape par le collier, le clébard et le secoue vivement.
Andy se radine et soupire de voir encore des problèmes s’agglutiner devant son bar. Il n’a plus la patience de gérer ça, ordonne aux molosses qu’on les balance dehors. Il connaît Zach, sait parfaitement qu’un grand bol d’air frais devrait calmer ses démences et qu’il n’est pas assez timbré pour buter quelqu’un en pleine rue.
Les deux gars roulent sur les pavés dégueulasses.
Zach se relève, essuie le sang qui dégouline de son museau d’un revers de main.

« J’vais t’faire la peau, connard ! Qu’est-ce que t’as foutu avec elle, hein ?! Tu voulais t’la faire et elle t’a recalé, ça t’a pas fait plaisir bouffon ?! Tu croyais qu’elle allait t’dire oui à toi, non mais tu t’es regardé !? »

Et il n’attend pas de réponse, fond sur lui en abattant ses poings dans ses côtes et en lui écrasant le pif d’un coup de boule.
C’est que Zach, il a promis de la protéger et de veiller sur elle, à la juge. C’est ce pour quoi il est payé, c’est sa mission et il déteste y faillir. Aveuglé par son échec, il cogne et cogne sans s’arrêter jusqu’à ce qu’elle débarque, Angie.
Elle beugle des trucs qu’il écoute pas vraiment au début avant de tendre l’oreille et de piger qu’il venait de merder. Encore.
Alors il le lâche, le blondin, recule et titube pour tomber sur le cul quand la petite femelle le repousse avec colère.



Ma bouche folle
Prend le large, t'affole
Elle sait mettre le voile
Sur son chant infernal

Tout va beaucoup trop vite et j’ai pas le temps de comprendre ce qui arrive. Je vois vaguement les mâles se foutre sur la gueule et ce connard derrière son bar, beugler qu’il faut les dégager. Ils se font happer par les molosses et disparaissent en une fraction de seconde. Ça fout le bordel, les soiffards n’ont généralement pas besoin de plus que ça pour se mêler à une foutue bagarre générale. Alors ça dégénère avant qu’un flingue ne quitte son fourreau et que son propriétaire fasse feu. La balle se niche dans le plafond et à présent règne un froid glacial. Plus personne ne parle ni ne bouge. Y a que la musique entêtante qui continue de cracher ses notes. Les filles tremblotent sous les tables et le gérant range son précieux, écarte les bras, paumes vers le ciel. Un sourire forcé se peint sur ses lèvres.

« Du calme, c’est ma tournée ! » clame-t-il tout guilleret.

Ça chuchote dans les rangs et un premier gars pose son cul sur le tabouret et commande un verre qu’on lui sert. Et tout se réanime comme si de rien n’était. Les conversations reprennent et les rires fusent à nouveau comme si l’interlude n’avait jamais eu lieu. Je m’extirpe de mon coin pour sortir de cet endroit cradingue. À l’extérieur, mes mirettes s’écarquillent. Le combat continu sans que j’en mesure les raisons.

« Zach !!! ZACH ARRÊTE ! »

Mais il n’écoute rien, se déchaîne sur le blondin. Alors j’avance et beugle plus fort encore.

« ZACH LAISSE-LE TRANQUILLE PUTAIN ! »

Et les mots semblent enfin se frayer un chemin dans sa boîte crânienne. Il me regarde, chancèle et s’effondre quand je cours en direction de l’autre. Cet autre qu’il dévisage se demandant bien ce qu’il a de plus que lui, après tout. La paume se cale prudemment sur sa joue esquintée. Et devant lui, y a ce sursaut de rancœur qui vient m’empoisonner le cœur. Tu t’crois où, p’tit gars, tu crois qu’ici c’est comme chez toi ? Tu crois qu’ici tu règnes en maître sur la crasse en merveille ? Ça marche pas toujours comme tu veux, faut croire. T’étais stupide de croire que je me baladais sans personne à mes côtés. T’étais ridicule de penser que j’sortais seulement pour le plaisir de me mettre en danger. Je la ravale, cette rancœur et ses épines m’arrachent le gosier. Je la ravale et ne lui crache pas en pleine face toutes ces choses que j’aimerais lui dire pour lui faire mal en dedans. Les pupilles se noient dans leurs opposées et le monde pourrait bien s’arrêter de tourner à cet instant. J’entends plus les bruits autour, les rats qui grouillent dans les poubelles, le connard en plein délire qui parle au mur. J’entends rien. Il n’y a que lui.

« Je crois… je crois qu’il faut te soigner. »

Sans blague captain obvious. Sois pas débile Angie.

« Zach habite pas trop loin, viens je vais m’occuper de tes plaies. »

Forcément qu’il en a pas envie. Aller chez le type qui vient de lui casser la gueule, j’imagine que c’est à mille lieues de ce qu’il souhaite.

« Écoute, je suis désolée. Laisse-moi t’aider…. S’il te plait. »

La phalange effleure la lèvre ouverte. Y a cette attirance inexplicable comme s’il venait de voler mon âme. On se sonde au plus profond et j’ai l’étrange sensation qu’il peut lire en moi. Tu me fais peur autant que tu m’attires. C’est peut-être qu’un simple délire, une envie ridicule qui, une fois assouvie, disparaîtra comme lorsqu’on en a foutrement envie d’une glace. Et si tu pouvais lire vraiment ? Et si tu voyais la couche de crasse à l’intérieur qui recouvre les fêlures, les blessures ; et si tu voyais la môme qui s’agite sous le front, qu’est-ce que tu ferais ?
Zach se relève, penaud et traîne les pieds en s’approchant de nous.

« Mec, j’pensais que tu l’avais agressé, j’savais pas elle t’connaissait. J’ai d’quoi t’refaire une santé chez moi, ramènes-toi, j’vous laisserai tranquille, Angie. »

Il fouille dans mon regard, cherche un pardon que je garde farouchement et ne lui offre pas tout de suite.

« Allez viens, sinon je vais rester derrière toi et tu vas finir par me trouver encore plus chiante. »



L’appartement de Zach est minuscule. Un studio dont il a hérité. En chemin, il nous a filé les clés pour qu’on s’y rende sans lui. Il avait des choses à faire qu’il a dit. J’ai pas discuté et j’ai juste récupéré le trousseau. Ça sent fortement le renfermé et le tabac froid, la faute aux fenêtres coincées qui ne s’ouvrent pas. Un canapé usé en tissu trône au milieu de la pièce. Je crois qu’il devait être beige avant de finir grisonnant et auréolé de taches marron. Je le laisse planté-là et me dirige vers la salle de bains. Dans le renfoncement sous la vasque, de quoi désinfecter et panser.
Je me radine, allume la bougie et déballe tout mon petit attirail sur la table basse.

« Installe-toi et gueule pas, je sais pas si les voisins vont kiffer entendre ce genre de bruits. »

Je tâtonne, agrippe la compresse et me focalise sur les plaies. L’hémoglobine colle aux fibres. Et je ne pense pas tout de suite à sa nature profonde, je pense à la coagulation et à l’infection.

« Je ne suis pas stupide, tu sais. Zach était là et devait me protéger ce genre d’incident n’arrive pratiquement jamais. Et toi, qu’est-ce que tu faisais là-bas ? Les filles j’imagine ? »

Et à l’énonciation mon cœur se serre. Ils viennent tous s’acheter une dose de plaisir et de tendresse. Dans l’idée d’exister, de se sentir mâle, d’oublier la merde tout autour. Et toi, tu venais chercher un peu de douceur entre les cuisses des jolies filles ?

Mes lèvres t'élèvent, t'élèvent, t'élèvent
Mais lèvent, lèvent, lèvent, lèvent
Ta fièvre...

(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) E. Frégé

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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Sam 5 Mai - 18:37


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War of hearts

It's bugging me, grating me, and twisting me around.
Yeah i'm endlessly caving in and turning inside out.
'Cause i want it now. Give me your heart and your soul.
And i want you now. I'll feel my heart implode.
And i'm breaking out. Escaping now. Feeling my faith erode.  
(c) Lyrics by Muse



Le temps s'élonge et se contracte, lui laissant à peine quelques secondes pour calmer la tempête qui agite son éther lorsque la belle furie rugit, feule devant lui. Agacé, le blond grommelle dans sa barbe, mais évite de rétorquer au risque d'embraser la rancœur. J'me donne le droit de déblatérer c'que j'veux. T'avais qu'à pas jouer la femme fatale, j'aurais pas eu besoin d'intervenir., songe-t-il, énervé. Il aurait mieux fait de ne pas s'en mêler, maintenant, il regrettait. Quoiqu'elle dise, il n'allait pas changer d'avis. Une femme le moindrement digne n'avait pas sa place dans ce bordel de rapiats. Peu importaient ses raisons - qui ne devaient pas être très honorables pour traîner dans un endroit aussi salace et corrompu - il poursuivait à croire que c'était idiot de s'y risquer si l'on n'était pas une racoleuse ou un homme suffisamment balèze pour se défendre. Et même les putes devraient pas traîner ici. Aucune femme ne devrait. Visiblement, la '' tentatrice de ces hommes '' ne semblait pas approuver sa perception et l'avait en travers de la gorge. Tu t'attendais à quoi, que j'te plaigne ? T'as tout fait pour te l'attirer. C'est pas la bonne place pour jouer la charmeuse intouchable.

Il fronce les sourcils lorsqu'elle l'accuse de l'épier, comme s'il avait passé sa soirée à la guetter. Irrité - qu'elle ait peut-être raison et aussi contre lui-même, d'avoir été aussi con à lui accorder autant d'attention -, ses zygomatiques se crispent, l'orgueil piqué à vif. Pourtant, ses lèvres restent scellées, faute d'avoir mieux pour réfuter. Ouais, j'ai fui. Parce que j'suis pas un p'tit con qui s'amuse à c'genre de jeu. T'avais pas besoin d'un mec de plus dans ton harem. S'il n'avait pas fui, elle aurait fait quoi ? Il aurait eu droit à sa petite mascarade qu'elle offrait à tous les mâles susceptibles de vénérer sa beauté ? Et quand tu t'es bien amusé avec eux, tu les largues et te fous d'leur gueule avec tes copines ? Le veston lui est remis d'un mouvement haché et le blond s'apprête à lui déballer ses pensées bilieuses, mais s'enlise plutôt dans un lourd silence lorsque ses azurs se fondent à ses émeraudes exaltées. Les iris s'accrochent, s'enlacent, et il semble soudainement inapte à articuler le moindre mot. Ensorceleuse. Nicholas le croyait. Cette femme avait un pouvoir et l'usait sur lui. D'un simple regard, elle parvenait à le pétrifier et le museler, à accélérer les pulsations de l'organe vital. C'est un monstre elle aussi., se borne-t-il, refusant d'admettre la possibilité qu'elle parvenait de façon normalement humaine à faire de lui un idiot muet, seulement à boulonner ses prunelles aux siennes. Pourquoi j'ai autant envie d'te toucher, d'effleurer la douceur de ta peau ? J'aimerais guérir ton mal, faire disparaître d'une caresse la blessure sur ta pommette. Effacer tout c'qui fait mal, tout c'qui marque trop. Parce qu'il connaissait ce regard. Celui qu'il avait si souvent croisé jadis. Le regard d'une femme heurtée, une femme qui avait trop vécu, beaucoup trop tôt. Nicholas n'était pas doué à grand chose, mais il avait toujours eu ce don de déceler, au-delà des apparences. J'ai vu ce regard tellement souvent dans ma vie que j'le reconnais. Il était synonyme de brisures et de fêlures. De regrets et d'espoirs disloqués.

Si j'pouvais, j'effacerais tes yeux...
... et j'les redessinerait moins tristes.


Pensée bienveillante rapidement éclatée, comme la pulpe de sa babine sous le fracas d'un poing serré. Le forcené s'était précipité sur lui, sans lui laisser le temps de réagir. Putain, j'peux pas croire qu'elle baise des mecs aussi cons ! Parce qu'elle devait le baiser, lui, et tous ces autres. Le blond ne réfléchit plus, riposte à l'offense, mais n'en mène pas large bien malgré lui. Il finit par manquer pied, à trébucher puis s'effondrer sous les bombardements de jointures en pleine trogne. Le combat s'était déchaîné si rapidement qu'il avait à peine réalisé qu'ils étaient maintenant à l'extérieur, à castagner sur le bitume crasseux. Le blond tente de le repousser, de lui faire perdre l'équilibre, mais l'autre est si déterminé et aveuglé par sa vengeance qu'il en devient immuable. Coincé entre le sol et le canidé dément, le Townsend se résigne à le laissé triompher, quitte à se retrouver le faciès en morceaux détachés. Vas-y. Démolis-moi. Cogne jusqu'à c'qui reste plus rien. J'crois bien que tu m'rendrais service.




« Je crois… je crois qu’il faut te soigner. Zach habite pas trop loin, viens je vais m’occuper de tes plaies... »
Pas la peine., grommelle-t-il, courroucé, l'orgueil à nouveau malmené.

Non, pas la peine. Depuis que j't'ai croisé, il m'arrive que d'la merde. Il s'était pourtant donné la peine de veiller sur elle, cette inconnue qui l'avait houspiller en guise de remerciement. Et maintenant, son abruti de service s'acharnait sur lui comme s'il était le diable incarné. J'saurai quoi faire la prochaine fois qu'une donzelle est en détresse. J'vais faire semblant de pas remarquer et la laisser à ses emmerdes. Mensonge, mensonge, mensonge. La colère distille des pensées fielleuses en lesquelles il ne croit pas sincèrement. La brutalité envers les femmes le révulsait à tel point qu'il perdait le contrôle lorsqu'il en était témoin, alors l'indifférence ? Impossible. Il n'arriverait jamais à fermer les yeux et passer son chemin. Pourquoi tu t'préoccupes de moi ? T'étais prête à m'cracher à la gueule un peu plus tôt. Il se redresse, se remet sur ses échasses, et replace sèchement son veston, déterminé à quitter les lieux hâtivement, sans demander son reste. Retourne chez toi avec ton cabot et fous-moi la paix. Tu perds ton temps. Elle perdait son temps, que ce soit parce qu'il était résolu à refuser son offre ou parce qu'il n'avait pas besoin de soins. D'ici quelques minutes, son visage redeviendrait ce qu'il était. Les lésions et l'enflure n'étaient qu'un mirage éphémère pour un monstre tel que lui...

« Écoute, je suis désolée. Laisse-moi t’aider…. S’il te plait. »
J'ai pas besoin d'aide, ça va j'te dis...

L'inflexion n'est plus qu'un souffle inaudible, un murmure s'égarant dans l'immensité de la nuit. Le palpitant reprend un rythme affolé tandis qu'elle frôle la lippe écorchée de ses doigts, que leurs pupilles se toisent, encore. Son gosier s'assèche, ses entrailles se resserrent... et les mots ne parviennent plus à franchir la lisière de ses lèvres. Le blond panique puisque jamais il n'avait été aussi malaisé et à court de mots devant une femme. Cet inconfort lui était étranger. Presque effrayant. L'envie de détaler comme un lièvre lui tiraille le crâne. Fuir ce qui le dérange. Fuir ce regard qui le tétanise... et qu'il aimerait pourtant sonder des heures de temps. S'y perdre. S'y noyer et en crever.




La résolution... s'était envolée comme une plume d'oiseau dans un vent agité. Il avait tenté de s'y agripper, de tenir tête, de ne pas se laisser leurrer, de ne pas... mais il avait lamentablement échoué. Crétin. T'as pas tenu trente secondes avant d'la suivre. Imbécile, il l'était, jusqu'à la rognure des ongles, qui plus est. Pourtant, il était conscient que c'était con et inutile. Et qu'est-ce qu'elle allait penser lorsqu'elle réaliserait que c'était une erreur de lui avoir offert son aide ? Parce qu'elle le réaliserait bien assez tôt, la belle venimeuse, qu'il n'était pas un homme comme les autres. Elle verrait la monstruosité, cette tare de l'humanité au sang aussi noir que l'était le goudron, cette anomalie dont le derme meurtri se cicatrisait trop rapidement. Elle croirait qu'il s'était moqué d'elle ou serait persuadée d'une arnaque pour la piéger afin de l'évider de son énergie. Alors qu'en vérité... il n'était seulement pas parvenu à lui refuser. Et qu'est-ce que ça peut bien foutre ? J'la connais pas et j'ai pas l'intention d'la revoir après. Ce qu'elle pense de moi, j'en ai rien à branler. Peut-être... qu'il essayait de s'en convaincre.

Le petit studio n'avait rien d'attrayant. Il schlinguait la vermine, le renfermé, et aussi ce quelque chose de douteux qu'il n'arrivait pas à saisir. J'préfère pas savoir. Il ne parvenait pas à comprendre comment Brutus arrivait à crécher ici. Son nid n'était pas un palace non plus, mais au moins, il ne sentait pas la chiasse et avait l'aspect un peu plus potable. Elle le délaisse un instant et le blond en profite pour tester le plafonnier et aucune lumière ne vient éclairer l'endroit déglingué. Tant mieux. Avec chance, tu remarqueras rien, il fait trop sombre. J'pourrai me tirer d'ici avant que tu m'regardes comme si j'étais la pire saloperie. Il n'avait jamais aimé ces regards chargés de dédain. Même lorsqu'il était gamin, il y avait eu droit souvent. Aujourd'hui, comme autrefois, il avait du mal à le supporter. Il s'y était habitué, mais le mal, au-dedans, persistait, inlassablement.

« Installe-toi et gueule pas, je sais pas si les voisins vont kiffer entendre ce genre de bruits. »

Hésitation de quelques secondes, instant où il songe une fois de plus à prendre la tangente comme un couillon et la planter là. C'est pas l'envie qui me manque, tu sais. D'me barrer loin d'toi. Loin, pour qu'il n'ait plus à éprouver cette... chose... dont il ne comprenait rien. J'veux pas la comprendre. C'trop compliqué pour moi. Tandis qu'elle allume la bougie et qu'elle prépare les compresses, il s'installe sur le fauteuil et attend. Silencieux. Trop, peut-être. Il ignorait quoi lui dire et était loin d'être à ses aises. C'est pas comme si j'te faisais perdre ton temps., songe-t-il, ironique. Nicholas ne bronche pas, ne gueule pas, ne grimace pas. Il reste stoïque, indifférent aux sensations de brûlure qu'elle provoque à le soigner. Les hommes ne démontraient jamais leurs faiblesses, à personne. C'est ce que lui avait répété d'innombrables fois son paternel et à force de lui entrer dans le crâne, c'est ce qu'il était devenu. Un homme qui réglait ses problèmes avec les poings et qui passait son temps à dissimuler, à réprimer tout. Et ces petites taillades n'étaient rien pour lui. La violence et la souffrance, il les connaissait beaucoup plus sanguinaires.

« Je ne suis pas stupide, tu sais. Zach était là et devait me protéger ce genre d’incident n’arrive pratiquement jamais. Et toi, qu’est-ce que tu faisais là-bas ? Les filles j’imagine ? »

Le silence s'impose quelques secondes, temps où il jauge son visage tuméfié et qu'il ressent à nouveau la consternation lui échauder les veinules. Le râtelier se contracte et la carcasse se braque.

J'étais furieux et c'est pas c'que j'voulais dire... pas tout à fait., dit-il, expirant sèchement, pour reprendre, un peu agacé. J'crois pas qu'tu sois stupide... mais j'en dirais pas autant d'tes choix. " Pratiquement '', pour moi, ça veut dire "presque". Et "presque", ça veut dire qu'il y a des chances que ça s'produise. Ça s'est produit, pas plus tard qu'ce soir. Parce que ton grand chevalier préfère reluquer les putes et taper la gueule des mecs qu'il faut pas, plutôt que d'porter attention. J'sais pas c'que tu faisais là-bas, si c'était pour t'acheter d'la dope, trinquer, ou t'offrir une baise d'une nuit. Si c'était pour d'la merde qui détruit les neurones, t'aurais mieux fait de demander à ton toutou d'aller t'la chercher. Et si c'était pour te trouver un Roméo avec qui t'envoyer en l'air, t'aurais mieux fait d'le faire dans un endroit moins pourrit. Tout c'que tu trouveras dans c'merdier, c'est des mecs comme Teddy. J'comprends pas pourquoi tu prends des risques et j'trouve que c'est stupide... mais ça m'regarde pas... tout comme ça t'regarde pas c'que j'faisais là-bas., finit-il par marmonner d'un ton un peu abrupt.

Sa proximité le rendait nerveux, il en devenait déplaisant. Pourtant, elle s'était adressée à lui convenablement, sans être arrogante ou désagréable. Il y avait cette angoisse qui lui taraudait les viscères, ce trouble nébuleux qui lui hérissait l'intérieur à chaque fois qu'elle posait son regard sur lui, qu'elle l'effleurait ou qu'elle lui parlait. Le blond se redresse un peu et la dévisage un instant, songeant qu'il devrait lui dire quelque chose de moins... revêche.

— Puis... une belle femme devrait pas traîner dans un endroit aussi laid. C'est c'que j'pense...

Il hausse les épaules, les mirettes fuyantes, l'inconfort au creux des pores. Et il s'agite, ne tient plus en place, l'impatience et la nervosité lui vrillant les tripes. D'un mouvement vif, il agrippe le poignet afin de la stopper dans son geste, freinant définitivement les soins apportés. Sa poigne n'est pas agressive, ni douloureuse, seulement ferme et déterminée. Ses yeux se vissent au siens, insistants, mais incertains. Ton regard m'fait perdre l'équilibre. J'ai l'impression de tomber dans un putain d'ravin à chaque fois que j'le croise.

— Ça suffit... ça ira pour moi., souffle-t-il, les yeux figés dans les abysses des émeraudes devant lui.

Sa main relâche lentement sa prise, s'avance craintivement vers cette joue abîmée et frôle du bout des doigts la peau offensée. Un geste doux, tendre, intime... déplacé. Putain.

— Faudrait mettre d'la glace., lâche-t-il d'un coup, retirant vivement la main fautive pour ensuite bondir hors du fauteuil. J'peux pas rester. J'dois passer chez ma voisine, j'lui dois de l'argent, elle en a besoin... il est déjà tard. Si j'pars pas maintenant, elle risque de plus être là.

Ce n'était pas tout à fait faux. Il devait aller chez elle pour lui remettre de l'argent... et pour lui dérober un peu d'énergie. Mya lui permettait de se sustenter trois fois par jour en échange de services ou de quelques billets. Et j'ai pas envie d'sauter un repas, j'commence à avoir faim.

— Ma place est à deux rues. Y a l'électricité... d'la glace... et ça sent pas la chiotte comme ici. Tu fais c'que tu veux, moi j'dois y aller.

Une invitation, un brin maladroite et chancelante.

Tu m'as empoisonné.
Maintenant j'fais d'la fièvre...
... mais j'fais surtout n'importe quoi.





L'appartement de Nicholas n'avait rien d'épatant. Il était petit, modeste, à l'image du Nord de la Nouvelle-Orléans. Toutefois, le blond entretenait bien sa planque. Tout était rangé, sauf la table basse au salon où trônaient un cendrier, un paquet de clopes vide, un briquet, un pull fripé... une boîte de fusains et une tablette de dessins, qu'il avait oublié de ranger avant de quitter. La tablette était ouverte sur un croquis inachevé d'Aimee. Par ailleurs, la plupart des ébauches se trouvant à l'intérieur représentaient Aimee, à l'exception de quelques-unes de visages étrangers. Il en collectionnait plusieurs de Joseph également, mais ceux-ci se trouvaient casés dans le placard de sa chambre, parmi les autres tablettes dissimulées derrière un panier de fringues. Il n'avait jamais révélé son talent à personne. Ni même à Aimee, à qui il confiait pourtant bien des choses. Il avait toujours craint qu'on se moque de lui, qu'il soit doué ou non. Du moins, il savait que Joseph et le paternel n'auraient pas hésité à le narguer s'ils avaient su... Il avait remis la clef de son appartement à la brunette pour qu'elle puisse s'y réfugier le temps qu'il rende visite à Mya.

Une dizaine de minutes s'étiolent avant qu'il ne quitte la voisine afin de gagner son nid. Lorsqu'il en franchit le seuil, il la voit calmement assise sur le divan du salon. Immobile, il observe le panorama et remarque que sa tablette n'est plus ouverte, mais fermée. Le blond n'était pas dupe, il savait qu'elle l'avait feuilleté, et ça ne manquait pas de l'embêter. Pourtant, il ne le démontre pas, fait mine de rien.

— J'vais chercher d'la glace... , dit-il, s'empressant de la délaisser pour s'enliser dans la cuisine.

C'était une mauvaise idée. Putain, pourquoi j't'ai ramené ici ? Il s'active à déposer des glaces dans une serviette et retourne au salon. Il hésite quelques secondes avant de prendre place à ses côtés, le palpitant s'embrayant dans le poitrail en un rythme escarpé. Son regard évite le sien, simule être concentré sur le minois blessé. Une main se glisse lentement sous la crinière pour se nicher à la nuque, tandis que l'autre appose délicatement le tissu froid contre le derme tuméfié.

— Tu devrais rester ici cette nuit... c'est pas prudent dehors, surtout la nuit. J'prendrai l'divan, t'auras qu'à prendre la chambre. Tu partiras quand ce sera l'jour... si tu veux. J'veux pas décidé pour toi... mais j'crois que c'est mieux..., dit-il, restant muet quelques secondes avant de reprendre. Nicholas, mon nom... j'ai l'droit de t'demander l'tien ou si j'dois te trouver un surnom ?

La réponse ne vient pas. Silence dérangeant qui le force à relever les azurs pour mirer les iris qui le toisent. Et il comprend... il comprend qu'elle venait d'entrevoir le monstre tapi sous l'homme. Les plaies s'étaient dissipées et l'enflure commençait à s'endiguer. Même sous la faible lueur de la lampe à chevet, il devenait difficile de le cacher. Tu feras quoi maintenant ? Tu m'rejetteras, tu trouveras un prétexte pour te tirer d'ici ?

— J'te l'avais dit que j'avais pas besoin d'ton aide... t'as insisté et t'as menacé d'me suivre partout si j'acceptais pas. Tu m'as pas vraiment laissé l'choix..., qu'il se défend, piteusement.

J'avais l'choix, mais j'suis trop con pour faire le bon. Il prend un peu de distance, anticipant déjà les réactions amères, même hostiles, peut-être. Si certains n'y voyaient rien de dramatique, beaucoup encore jugeaient et méprisaient la différence...

— T'as peur de moi ?, finit-il par demander, le faciès stoïque, le cœur chaotique.

Si t'as peur de moi, ça tombe bien.
Parce que toi... tu m'terrifies.




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Dernière édition par Nicholas Townsend le Mer 6 Juin - 5:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Dim 6 Mai - 16:46


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War Of Hearts

Come to me in the night hours. I will wait for you. And i can’t sleep cause thoughts devour. Thoughts of you consume. I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts. I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts. (c) Ruelle - icons (c) DΛNDELION




What if I said I was just too young
What if I said I was built on bricks of carelessness and crumbs
What if I said I'd be gone before I could come
Would you let me out ?

Les phalanges s’appliquent. La concentration pour ne pas penser aux gestes. Pour ne pas penser qu’il est trop proche et que je ressens ce besoin viscéral de m’approcher plus encore ; jusqu’à ce qu’il n’y ait qu’un souffle qui nous sépare, jusqu’à ce que je me consume et frémis tout contre son derme. Y a le silence qui s’impose et dérange. Ce silence que je ne sais pas analyser ou éluder. Le mâle expire, crache quelques mots avant d’ouvrir les vannes. Le jugement dans chaque foutu terme qu’il prononce. C’est presque risible lorsque l’on sait que c’est moi qui ai cette place d’habitude. Il déblatère ce qu’il pense comme s’il se sentait soudainement responsable de ce comportement ridicule que j’adopte. La vérité, c’est qu’on ne se connaît pas, que tu n’as pas plus de droit sur moi que ce que j’en ai sur toi. La vérité, c’est que tu aimerais croire qu’une fille comme moi devrait rester loin de la crasse pour ne pas salir ses affaires ou se casser un ongle. La vérité, c’est que tu ne vois que l’apparence sans comprendre les fêlures à l’intérieur. Celles qui font de moi une fille sale qui a parfaitement sa place dans les quartiers moisis de la Nouvelle-Orléans. Je pense même que tu me reléguerais au rang de pute, si tu connaissais l’histoire. Cette histoire que personne ne connaît et que le temps n’arrive pas à me faire oublier.
L’idiome revêche me fait cesser mon geste. Les regards se croisent et s’accrochent avec cette intensité étrange. Si la suite se veut plus sympathique, elle ne change rien à ce qui a été dit. Je t’imagine droit et fier, battant des cils, larguant tes jugements à qui veut bien les entendre. Je t’imagine sous les traits de mon père qui pensait que sa voix comptait plus que les autres et que ses jugements étaient les bons. Mais il avait tort. Et toi, tu n’as pas plus raison que lui.
L’application reprend alors qu’il achoppe le poignet. Ses phalanges m’électrisent et paralysent mon membre. Contact brûlant qui me donne envie de le cogner, de glisser dans cette violence dans laquelle je suis née. Berceau qui ne demande qu’à recueillir ma petite carcasse pour mieux la bercer de chimères.

Ses doigts s’avancent avec candeur, touchent le visage abîmé sans que je ne le rejette comme je devrais probablement le faire. Et j’ai l’impression qu’il sait, qu’il voit. L’enfant planqué derrière les jolis traits trop féminins. C’est comme une mise à nu qui m’empêche soudainement de respirer. Les paupières se ferment sur la caresse en signe de confiance absolue. Cette confiance ridicule qu’on ne peut donner à personne et cette confiance aveugle que je lui offre sans même que je ne sache qui il est. Ça déraille à l’intime, le minois se penche en avant, accentue le contact jusqu’à ce qu’il pète la bulle. Lorsque je le regarde, il est déjà debout et semble pressé de se sauver. Les mots se bousculent derrière ses lippes et je ne sais pas si je dois le suivre ou non. Je n’ai aucune envie de rester ici, seule. Irrésistiblement attirée par lui, papillon qui va bientôt se cramer les ailes à trop l’approcher. Égoïstement je voudrais qu’il invite, qu’il dise qu’il en a envie lui aussi. Mais l’invitation est à peine larguée du bout des lèvres alors que je n’ai aucune envie de le quitter. Bouffée d’oxygène dans cet air vicié, il fuit quand tous les autres se seraient pressés entre mes cuisses. Et je suis plus trop certaine de réussir à respirer sans toi à mes côtés.
Je me fous de Zach, oublie même son existence tout entière pour me loger à côté du blondin.

« Je vais te raccompagner. »

Mensonge. Je ne veux pas le raccompagner, je veux seulement lui voler de son temps. Mains dans les poches, je le suis en gardant la distance de deux pas entre nous. La force de l’habitude. Il ne semble n’avoir rien à y redire le blondin, préférant très certainement ne pas être affilié à une nana dans mon genre. Sait-il seulement qui je suis ?
En chemin quelques œillades se font insistantes me forçant à me planquer derrière ma capuche. Il y a cette femme qui ne cesse de me dévisager, marche sur le trottoir opposé et me lorgne d’une façon qui est tout, sauf discrète. J’imagine qu’elle a dû reconnaître mes traits, qu’elle doit vouloir ma peau comme beaucoup d’autres à l’heure actuelle. Prends un ticket et fais la queue. Peut-être qu’un jour ton tour viendra pour que tu puisses toi aussi me jeter la pierre, le jour de ma lapidation. Les doutes semblent se dissiper lorsque j’annihile la distance qui me sépare du blondin pour marcher à côté de lui. Et je me demande s’il est connu dans ces quartiers puants, s’il a un quelconque intérêt pour ses habitants. Est-ce que tu mens ? Est-ce que tu fais tout ça pour que je te suive dans un endroit où personne ne pourra me venir en aide ? Est-ce que tu veux ma peau, toi aussi ? Les questions s’amoncellent à l’encéphale et la peur se fait insidieuse. J’ai pas envie de croire que tu peux me faire mal. J’ai envie de croire en quelque chose, en toi.

Les escaliers sentent la pisse comme la plupart des immeubles à la ronde. Je crois que je m’attends à une piaule minable, avec des fringues sales, des restes de bouffe en décomposition. Des mégots partout, une odeur de tabac et de moisissure qui viendrait déranger mes naseaux. Mais lorsque la clé tourne et que la lourde s’ouvre, ça n’a rien à voir avec  ce que j’imaginais. L’endroit est plutôt bien rangé et tout semble à sa place ou presque. Pas de nourriture putréfiée, ni de tapis de clopes. J’avance et inspecte, le pull est porté au nez pour en respirer la flagrance. Sa flagrance. Les mirettes furètent à la recherche d’indices. Sur la table, un croquis. Je m’avance et contemple les traits au fusain. Un visage féminin qui vient me tordre le bide d’une jalousie excessive, maladive et totalement déplacée. Je continue de feuilleter, comprends qu’il dessine toujours la même femme dans des postures et expressions différentes. Je referme le tout et le claque sur la table dans un mouvement d’humeur. Visage gravé à la psyché, la colère gronde sous la poitrine. Cette colère ridicule et inexplicable qui me fait expirer sèchement. Pourquoi ? Pourquoi me laisser venir ici alors qu’une seule femme semble hanter tes pensées ? C’est un jeu dont j’ai du mal à saisir les règles ?
Je me sens trahie, reste assise sur le canapé sans savoir si je dois hurler, lui lancer à la gueule son putain de cahier ou la fermer. Je me musèle, tente de paraître calme lorsqu’il apparaît dans l’encadrement de la porte. Et je voudrais lui demander qui est cette fille en hurlant et crachant. Je voudrais le pousser, le claquer, l’ébranler, le faire vaciller. Ouais, je voudrais le blesser à hauteur de ce trou béant qui se creuse dans ma poitrine au fur et à mesure qu’il parle et respire.

Le mâle disparaît et ça cogne et cogne dans ma cage thoracique. Les doigts se serrent tout comme la mâchoire pour ne pas avoir à dégueuler une connerie, pour museler cette rage qui palpite dans le fond de ma gorge. Je me fous de cette blessure qui orne mon visage, je me fous de la douleur, elle est salvatrice. Si tu savais. Si tu savais que ce n’est rien, que ce n’est pas grave que j’ai connu pire. J’ai connu les os brisés pour un simple regard de biais ; j’ai connu les brûlures et les coups de ceinture. Ces choses que tu ne peux pas voir, que personne ne connaît. Ces choses planquées sous l’épaisseur du coton bien à l’abri des regards indiscrets. Je pense que je devrais partir, claquer la porte si fort que j’en ferais sauter les gonds. Lui sauter à la gorge et déverser cette haine qui me dévore en le giflant et en le griffant. Ouais, j’imagine tout ce que je pourrais lui faire mais oublie tout la seconde où il réapparaît pour poser la glace sur ma trogne boudeuse. Sa main sur ma nuque en caresse me bute quand l’autre applique le froid. Je grimace sous la douleur qu’il réveille et mon cœur manque un battement ou deux lorsqu’il se met à causer. Les émeraudes voudraient plonger et se noyer dans ses océans mais il fuit. Crispée, incapable de rétorquer comme je le voudrais. Je devrais te parler de cette fille, te balancer qu’elle ne devrait pas être ravie d’apprendre que je reste là pour une nuit. Je voudrais cracher cette rancœur qui ne fait que remonter l’acide dans mon gosier.
Le prénom qu’il quémande et que je ne sais lui donner comme si je venais tout bonnement de l’oublier. C’est que je ne sais pas, je ne sais pas qui tu veux connaître, celle que tu voudrais que je sois. Angie ou Angélina ? Les travers jamais loin, gamine plutôt que femme. Femme qui ne sait pas comment lui plaire, qui voudrait se façonner pour qu’il la désire.
Les orbes glissent sur sa gueule, s’arrêtent sur les marques que Zach a faites. Et quelque chose cloche. Ce quelque chose que je comprends trop tard quand il relève ses mirettes pour les planter dans les miennes. Léger mouvement de recul qui imprègne la silhouette alors qu’il semble s’en défendre, larguant qu’il m’avait prévenu. Prévenu mais de quoi ? Que t’es ce genre de mec que je fais tuer toutes les semaines si ce n’est pas tous les jours ? Ouais, dis-moi de quoi tu m’as prévenu parce que ça m’intéresse !

C’est une vaste blague, c’est ce que je n’arrête pas de me répéter pour ne pas dérailler alors que l’organe s’affole dans sa cage. Les guibolles me portent, me poussent à m’éloigner.
Est-ce que j’ai peur de toi ? Oui, bien sûr que oui, putain !
Ce n’est pas la différence qui m’effraie mais bel et bien ce fossé qui vient de se creuser entre nous. Je peine à croire qu’il ne me connaît pas, me persuade d’emblée qu’il m’a amené ici dans la simple idée de me buter. La mine se disloque, incapable de savoir si je dois écouter mon cœur ou ma raison. Et si tu ne sais vraiment pas qui je suis, alors qu’est-ce qui se passera quand tu l’apprendras ?

« Pourquoi, pourquoi tu m’as amené ici ? T’as l’intention de me faire du mal ? C’était pas assez bien là-bas, pas assez discret, t’avais peur de laisser des témoins ? »
craché-je, amère.

Le conflit recherché, ce besoin incessant de me heurter à l’autre avec plus ou moins de force. Graine de folie plantée dans la caboche qui pousse à défoncer la distance alors qu’il se tient debout, près du canapé.

« C’est quoi ton super-pouvoir, hum ? Tu joues dans mon crâne pour que je devienne docile et te laisse faire peut-être ? »

C’est forcément ça, forcément toi qui fous le bordel dans ma cervelle. Forcément toi qui provoques toute cette tension et qui me donne envie de plus, encore plus, toujours plus.

« C’était quoi le programme, me laisser m’endormir et me pomper toute mon énergie jusqu’à ce que j’en crève ? Dis-moi Nicholas, c’était quoi, ton putain de plan à la noix ! »

Mais je ne lui laisse pas le temps de parler, le repousse pour attiser l’ire, pour le toucher.

« T’attends quoi ! Fais-le ! Touche-moi. Allez putain ! Embrasse-moi. »

Les paumes se plaquent à son visage, l’agrippent pour qu’il me regarde, pour ne pas qu’il s’échappe, pour le pousser peut-être à commettre l’irréparable.
Violence qui rampe jusque sous les ongles. Ces ongles qui s’enfoncent un peu plus sur sa gueule, au blondin. Je sais que je devrais partir, le lâcher et m’enfuir. Je le sais mais j’en suis incapable. Il m’électrise et me submerge, je n’arrive plus à me sortir de ce piège.
Dans le bedon, le désir brûlant danse avec la peur. Cette peur qui devrait me paralyser mais qui me fait commettre seulement des erreurs. Y a les lèvres qui s’écrasent sur les siennes dans un baiser brutal.

« Et toi, toi est-ce que tu as peur de moi ? » murmuré-je, à bout de souffle.

Tu devrais. La folie fait toujours peur parce qu’elle n’a pas de limite. Elle s’exerce sans aucune condition, aucune règle. Moi aussi j’ai peur tu sais. J’ai peur de moi.
Qu’ils sont beaux les mensonges. Les siens et les miens. Ces mensonges qui veulent cacher notre nature profonde. Il s’arrache à ma prise comme si je venais de le brûler et j’écoute rien, ne veut rien entendre, ne pense qu’à ce cœur qui cogne, ne pense qu’à ses lèvres sur les miennes, ne pense qu’à lui et seulement lui. Je te veux. Obsession naissante, ce désir puissant de le posséder comme quelque chose de beau. Comme une putain d’œuvre d’art qu’on foutrait sous scellée de peur que quelqu’un ne vienne la toucher, l’abîmer.
Ça frappe à la porte, deux coups faibles résonnent sur le bois clair alors qu’on se dévisage. Il s’avance et je me trouve sur son passage, glisse mes paumes contre son torse pour l’arrêter. Prunelles plongées dans leurs opposées, la môme le supplie de ne pas y aller.
Je m’en fous de savoir que c’est peut-être important, qu’il attendait quelqu’un ou non. Et si c’était cette fille ? Celle des dessins ? Je fais barrière, l’empêche d’avancer largue un « s’il te plaît. » mais derrière la porte, une voix éreintée gémit.

« Nicholas, c’est Mya. »

Le timbre féminin me percute et me déglingue. Il me dépasse et ouvre sa foutue porte. Je ne peux la voir, aperçois tout juste ses gambettes fines et nues. Ils discutent, elle semble réclamer quelque chose, comme si c’était important à cette heure-là au point qu’elle vienne faire chier les gens. Les bras se croisent sous la poitrine, le minois se fait hautain alors qu’il la congédie enfin. Je n’ai aucun droit quand j’aimerais obtenir les pleins pouvoirs. Je sais que le combat est perdu d’avance, que ça va se solder par un échec total alors j’abandonne avant même de commencer les hostilités. Je pousse un soupir, laisse mes bras tomber le long de mon corps. Démarche lente et féline, je le rejoins sachant pertinemment qu’il ne me fuira pas. Une histoire d’égo et de fierté.

« Montre-moi ce que ça fait, aspire mon énergie. »

Curiosité monstrueuse qui me pousse à vouloir l’alimenter. Les phalanges s’égarent sur les courbes de son visage et le geste meurt à la base de sa nuque. Je veux te toucher encore, encore et encore. Je veux que tu me laisses faire. Je veux que tu en ais envie comme j’ai envie de te sentir. Attirance malsaine pour ce qui ne devrait pas exister. Pour ces Autres que l’on condamne à l’exil ou à la mort. Sa paluche est attrapée et poser contre ma nuque.

« Angélina. »

Parce que la gamine veut exister. Elle veut croire qu’il peut être quelqu’un quand Angie s’en fout, elle. Pour qu’il sache, pour qu’il se souvienne, pour qu’il comprenne. Pour rendre tout ça réel.

What if I said I would break your heart
What if I said I had problems that made me mean
What if I knew I would just rip your mind apart
Would you let me out ?


(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Banks

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SUCKER FOR PAIN

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↳ Citation : It's the battle within the good and the sin. With both sides standing strong. It's the permanent scars. How broken we are. It's the things that hurt us all.
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les petits papiers
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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Sam 19 Mai - 14:01


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] & Nicholas Townsend

War of hearts

It's bugging me, grating me, and twisting me around.
Yeah i'm endlessly caving in and turning inside out.
'Cause i want it now. Give me your heart and your soul.
And i want you now. I'll feel my heart implode.
And i'm breaking out. Escaping now. Feeling my faith erode.  
(c) Lyrics by Muse



La vérité, c'est que j'supporte pas qu'une femme soit brutalisée par un homme. Je l'ai vu tellement d'fois que j'arrive plus à tolérer d'les regarder, les blessures. J'arrive plus à écouter les cris et regarder les larmes sur les visages défaits. La vérité, c'est que j'crois qu'une femme aussi brisée qu'toi devrait pas subir encore, parce que... j'crois qu'on t'a brisé, j'sais seulement pas comment et j'suis pas certain d'avoir envie d'le savoir. La vérité, c'est que je l'ai vu, dans tes yeux, cette gamine perdue. Là, au fond. J'sais qu'elle est là. Et j'sais qu'elle souffre. Au tréfonds de ses émeraudes, il avait décelé l'âme en perdition. Ce fragment mortifié, contrit, celui nécrosé par de saumâtres souvenirs qui ne s'oubliaient jamais. Ces scènes d'un temps révolu qu'il était impossible de raturer ou d'annihiler. De celles qui dévastaient et gravaient de profonds stigmates. Nicholas n'avait rien d'un devin, ni d'un clairvoyant, il était seulement un homme ayant vu et vécu. L'enfance disloquée lui avait légué l'instinct, celui de cerner ces regards saturés de chagrin et d'agonie. Cette teinte singulière qu'il avait si souvent observée dans les mirettes de sa génitrice. Parfois en celles d'Aimee, et d'autres, en celles de Joseph. Cette inconnue, il ignorait tout de son vécu, mais il pressentait que son histoire n'avait rien d'un conte de fées, ni d'une épopée bercée de magie et d'instants de gaieté. Ton histoire, j'suis certain qu'elle est hideuse et sale. Tout ce qu'on voudrait en faire, c'est d'en déchirer les saloperies d'pages et d'les cramer. Comme la sienne. Comme bien d'autres. La vérité, c'est que j'ai l'impression d'la connaître, ton histoire, même si j'te connais pas. Et toi, t'es aveugle. Tu vois que dalle dans mes yeux. T'es comme tous les autres.

Elle prend ses distances, juge et accuse sans scrupule. Le condamne déjà alors qu'il est innocent. La seule chose dont j'suis coupable, c'est d'avoir cru que t'avais besoin d'être sauvé. Ses diffamations n'ont aucun sens. Contre-attaquer lui démange les babines, mais il ravale la bile et la laisse déblatérer ses foutaises. Son visage s'assombrit et se ferme, tout comme son esprit qui revêt sa cuirasse pour éviter d'être heurté par les mots d'une insipide inconnue. T'es rien. T'es personne pour moi. Alors, va t'faire foutre. Le blond s'agite et rumine, alors qu'elle évoque le complot, la machination d'un esprit tordu en quête d'une proie, le blâme même de manipuler sa cervelle pour parvenir à ses fins. Et il ne dit rien, Nicholas, ne fait que fulminer en silence, foncièrement écœuré, furieux... et affligé. Peut-être parce qu'il avait espéré bêtement - et pour une raison hors de sa compréhension - qu'elle n'allait pas le rejeter ou le considérer autrement qu'un fléau à éviter. J'te connais pas, j'devrais m'en foutre. J'devrais même en rire. J'devrais t'dire de partir, de partir loin, et de plus jamais revenir. J'te dois rien. Non. J'te dois rien du tout. Il ne la connaissait pas, Angie. Pourtant, son visage apparaissait fréquemment sur les écrans, partout. Mais Nicholas détestait la télévision, ne l'avait jamais aimé, même lorsqu'il était gamin. Et le blond se moquait du gouvernement, de ces saletés de propagandes qu'il ne cessait de diffuser en boucle, à longueur de temps. Il préférait encore se perdre au-delà des murs, à flinguer des dévoreurs, plutôt que de porter attention à ces merdes en boîte. S'il connaissait Angie Carlsson, ce n'était que de nom, ce nom familier que l'on méprisait, un nom parmi tant d'autres.
Mais son visage ne lui évoquait rien.

Le visage d'un ange, peut-être. Un ange tombé du ciel.
Et la chute a été brutale, elle t'a bousillé les ailes.
Et tout l'reste, sans doute.


Elle le pousse et pousse encore. Les zygomatiques se crispent, la patience s'amenuise. Le palpitant pulse au rythme de l'injustice qui le darde et le blesse. Le blond tente de ne pas invectiver, de conserver son calme malgré le sang qui s'échauffe et crépite, lui brûlant les artères, lui rompant les nerfs. Pourquoi tu m'détestes ? J'ai rien fait pour le mériter !

« T’attends quoi ! Fais-le ! Allez putain ! »
Arrête ça... !

Il siffle et gronde, grimace lorsqu'elle érafle la peau du minois de ses ongles. Les mains agrippent les poignets, s'apprêtent à lui faire lâcher prise, mais la venimeuse attaque, lui dévore rudement les lippes, traître baiser qui ne tarde pas à pousser la cervelle à s'égarer. Le souffle court, le cœur en frénésie, le blond la toise, oscillant entre indignation et effervescence. Effervescence, cette fièvre brûlante irradiant à l'épicentre des organes, embrasant l'intérieur, caressant les sens et provoquant le désir indécent. Ce désir insolent qui ne devrait pas être là. Il devrait pas exister.

« Et toi, toi est-ce que tu as peur de moi ? »

Il s'écarte abruptement, ignorant volontairement l'interrogation, rompant la proximité dérangeante, s'éloignant suffisamment pour qu'il ne puisse plus flairer le parfum envoûtant de sa peau. J'suis certain... j'suis certain qu'tu t'moques de moi. C'est ce qu'il commençait à croire, Nicholas. Qu'elle se jouait de lui pour une raison encore inextricable. Parce que les anges aux ailes abîmées ne sont plus vraiment des anges. Ils arrivent plus à voler. Alors, y a la colère dans les tripes. Et y a la folie dans les veines, souvent. Elle ressemblait à un ange, l'avait peut-être été, mais elle ne l'était plus. Nicholas l'avait vu, dans ce bar miteux, à sa façon de s'amuser des hommes qui la convoitaient. Il avait observé ses sourires mutins et hypocrites. Ruse toxique d'une prédatrice, de celle qui joue et triche. C'est c'que tu fais ? Tu joues avec moi comme avec ces cons ? Tout ça, ça fait parti de ton p'tit manège ? Putain, j'te comprends pas.

Qu'est-ce qui t'prend ?! Tu... Ça suffit les conneries !

Il beugle un peu, un peu n'importe quoi. Contrarié par l'incompréhension qui ne cesse de cogner entre les tempes, par les doutes qui l'assaillent et par le goût de ses lèvres qui se greffe sournoisement à la mémoire. La confusion le rend mutique, il ne fait que la jauger, le malaise au creux du bide et les neurones en panique. Les coups à la porte en échappatoire, l'hésitation est furtive avant qu'il ne se retrouve à ouvrir, ignorant l'imploration de la brunette sur son passage. J'ai besoin d'ouvrir. J'ai besoin d'fuir, juste quelques secondes. J'ai besoin de m'éloigner d'toi. Parce que c'est trop compliqué. Parce que ça devrait pas l'être. Mya parle, demande du fric, de l'argent pour se camer, sans doute. Elle lui demande une avance pour le repas du lendemain, lui jurant qu'elle serait là pour lui, dès le levé du jour. Le blond lui offre quelques billets, le peu qu'il lui reste, même s'il sait ce qu'elle fera avec. Rien change, tout reste pareil. Il aimerait prolonger la conversation afin d'éviter la confrontation. Mais il n'avait jamais su quoi lui dire, à Mya. Quand on sait pas quoi dire, on ferme sa gueule. Et c'est ce qu'il fait, malgré l'angoisse qui renaît de ses cendres à l'idée de se retrouver à nouveau seul avec elle. L'air se coince dans le gosier lorsque la porte est refermée, et c'est l'orgueil qui l'amène à se retourner, à dévisager les abysses qui s'acharnent à sonder les siennes. T'approches pas. Reste loin. Loin. Le plus loin possible. Pour ne plus ressentir les flammes incandescentes dévorer l'intérieur. Pour faire taire l'appétence, l'envie d'elle, de sa peau et de ses lèvres. La distance devient inexistante, puisqu'elle se borne à ne pas la laisser les séparer. Peut-être que j'me trompe sur toi. T'as seulement eu peur. Tu t'es emporté, maintenant, tu regrettes. Tu réalises que j'voulais bien faire. J'aimerais croire que t'es pas mesquine. Que t'es cette personne que j'ai cru voir dans tes yeux. Que t'es seulement un peu étrange, un peu cinglée, mais c'est okay. J'le suis aussi.

« Montre-moi ce que ça fait, aspire mon énergie... Angélina. »  

Angélina... comme un ange.
Coïncidence, lui qui ne cessait de la comparer à un ange. Il aurait pu en rire... si seulement elle n'avait pas tout gâché à lui faire cette demande. Une demande qui éteint rapidement le brasier pour le transformer en givre. Le blond retire sa paluche de la nuque, rompt le contact, et recule. Les sourcils se froncent et le corps se blinde. Tout c'que tu veux, c'est satisfaire ta curiosité, c'est d'avoir droit à un putain d'freak show. La sensation désolante de n'être qu'une déviance, une tare, revient le tourmenter, attise la colère et l'envie de gerber.

À quoi tu joues, hmm ? Une minute, tu m'sautes à la gueule en m'accusant de t'piéger, de vouloir te siphonner ton énergie jusqu'à en crever, et maintenant, tu veux que j'te la prenne ? Quoi, t'as changé d'idée ? Tu trouves ça bien maintenant, tu veux l'essayer, voir si ça t'amuse ? Après, t'iras raconter cette merde à qui veut l'entendre, à dire que t'as survécus une nuit auprès d'une vilaine bestiole ?

Pour qui tu t'prends ?! Qu'est-ce que tu m'veux ?! Pourquoi est-ce que t'arrêtes pas de t'contredire ?! Les paroles acérées, aussi brûlantes qu'une giclée d'acide. Les babines se retroussent hargneusement tandis qu'il avance, fauve sur le point de mordre la chair au sang.

Tu crois que ça m'plaît d'être comme ça ? Tu penses que j'prends mon pied à bouffer l'énergie des autres ? Que ça m'fait marrer ? Tu crois que c'est un jeu ? Tu les vois, ces mains ?, crache-t-il, les brandissant devant son minois. Ces mains, elles ont retirer la vie, sans chercher à l'faire. Alors, tu veux vraiment essayer pour peut-être en crever ?! C'est c'que tu veux ?! Très bien, j'vais t'le donner !

Une main empoigne, agrippe, la tire sèchement à lui. Un bras se fait étau autour de sa taille tandis qu'une paume se niche au visage, dérobe de l'énergie, pompe les forces jusqu'à ce que les pattes flanchent, peinent à se tenir debout. Des souvenirs inondent l'encéphale du voleur, des souvenirs qui ne lui appartiennent pas. Il les repousse, ne s'y cramponne pas, mais mémorise les images abstraites d'une enfance mutilée, et autres scènes imprécises qu'il ne tente pas de comprendre. La prise se resserre pour éviter qu'elle ne s'affaisse au sol, et ses azurs vrillent les prunelles ternes, fatiguées.

Alors, t'as aimé ? Tu trouves ça plaisant, tu veux que j'recommence ?, raille-t-il amèrement, sachant bien qu'il n'y avait rien de plaisant, ni d'excitant, à se faire déposséder de son essence.

Tu serais la première à m'dire que c'est plaisant. Personne n'aime ça. Non, personne n'aime sentir sa vie se barrer. Le corps frêle et affaibli est soulevé, charrié jusqu'à la chambre d'un pas tempétueux. Le blond la largue sur le lit, lui laisse à peine le temps de remuer avant de fondre sur elle. La carcasse imposante la cloue au matelas, prison de chair ne lui laissant aucune chance de s'évader. Les fins poignets sont plaqués contre le moelleux au-dessus de sa tête, entravés d'une main de fer, l'obligeant à se soumettre malgré ses vaines tentatives à s'en déprendre.

Peut-être bien que c'est c'que tu veux. Peut-être que ça t'allumes, les salauds comme Teddy. T'aimerais que j'fasse comme lui ? Ouais, peut-être bien que t'avais raison dès l'début. Peut-être bien que j'suis vraiment un monstre et que j'attendais l'bon moment pour te foutre en morceaux. Alors, c'est c'que j'vais faire. J'vais t'baiser, ensuite, j'vais t'vider jusqu'à c'que tu crèves, puis j'vais larguer ton cadavre sur le trottoir, là dehors, pour montrer mon putain d'chef d'œuvre à la populace !

Une main se saisit de son visage, force la tête à ne plus bouger, et ses lèvres s'écrasent voracement contre les siennes, reprenant le baiser qu'elle lui avait dérobé. Un baiser qui ne perdure que quelques secondes avant qu'il ne se termine aussi abruptement. Et il ne bouge plus, Nicholas, figeant ses pupilles au tréfonds de ses émeraudes, prenant conscience qu'il était peut-être allé un peu trop loin... et qu'il n'aurait jamais dû l'inviter chez lui. C'était une erreur.

Si c'est c'que tu voulais, alors j'vais te décevoir... C'est vrai, j'suis un monstre... mais j'suis pas qu'ça. Et toi, c'est tout c'que tu vois. J'suis encore humain, quelque part, au fond... j'le suis encore un peu... , finit-il par murmurer, d'une voix chétive.

La colère se dissipe, ne laissant que la mélancolie, et même, les regrets. C'est si difficile d'me voir comme quelqu'un d'normal ? Pourquoi est-ce que c'est si compliqué ? C'est tout c'que j'veux, moi, putain. Et il relâche sa prise, s'éclipse hors du lit, évite de croiser son regard, puis se dirige d'un pas mécanique vers le placard. La porte s'ouvre, il en extirpe une couverture, et la referme en un claquement sec. C'est stupide. J'sais pas pourquoi j'perds mon temps. J'sais pas pourquoi ça m'affecte autant, c'que tu penses de moi. J'viens à peine de t'rencontrer. J'aurais seulement aimé que t'oublies que j'suis une saloperie d'bestiole. Que tu m'parles comme tu l'ferais avec les autres. J'ai besoin d'me sentir humain. J'ai besoin d'me sentir normal. Pourquoi fallait qu'tu m'demandes ça ?

Dès qu'le soleil se lève, j'veux qu'tu quittes...

J'veux que tu partes, j'veux t'oublier.
J'veux oublier ton regard, la saveur de tes lèvres, ton parfum.
J'veux oublier c'que j'ai vu dans tes yeux.
J'veux que mon cœur arrête de battre aussi fort quand t'es là, tout près.
Parce que c'est con. Que tout s'précipite, que tout s'complique pour rien.
Parce que c'est pas normal, non. Deux inconnus... c'est pas normal.
J'vais faire semblant que j't'ai jamais rencontré... et tout ira bien.
Tout ira bien, dans l'plus merdique des mondes.


Il quitte la pièce, sans lui adresser un dernier regard, et referme la porte derrière lui. Puisqu'il n'y avait plus rien à dire. L'histoire se terminait avant même qu'elle ne commence... si seulement il y avait les prémices d'un récit à raconter.


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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Mar 22 Mai - 19:14


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War Of Hearts

Come to me in the night hours. I will wait for you. And i can’t sleep cause thoughts devour. Thoughts of you consume. I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts. I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts. (c) Ruelle - icons (c) DΛNDELION




Maybe you can stop before you start
Maybe you can see that I just may be too crazy to love
If I told you solitude fits me like a glove
Would you let me out ?

Le prénom livré en murmure. Ce prénom dans son entièreté avec ses failles, ses trous béants ; ce prénom mutilé par le passé. Angélina qui oscille, qui cherche son équilibre sur le bout de ses petons fracassés. C’est qu’elle le regarde avec de grands yeux, voudrait se blottir dans ses bras pour trouver la chaleur du réconfort, cette chaleur inexistante à son existence. Elle veut qu’il la regarde, la môme, qu’il lui sourit, qu’il lui tende la main, qu’il dise qu’elle est jolie. La gosse veut vivre dans la lueur d’une prunelle, prendre son inspiration dans un de ses souffles, calquer son petit cœur au rythme du sien. Mais il ne veut pas voir, pas rester, pas toucher. Nicholas recule, rompt le contact et c’est tout son corps qui se tend, qui me rejette. Ça me fait l’effet d’une claque, puissante. Un peu sonnée par les phrases qu’il balance comme autant de tartes dans la gueule, je bats des cils sans rien dire. Je le fixe sans comprendre. Je ne sais pas. Je ne sais pas à quoi je joue, ni même si je joue. Est-ce que c’est malsain que de vouloir être ta source ? Probablement, oui. La jalousie dévore, ronge l’intérieur. Et je voudrais être la seule que tu touches, la seule dont tu aspires la vie. La seule et l’unique, toujours. Je voudrais que tu me possèdes autant que tu m’appartiennes.
Danse incertaine, Nicholas recule puis avance. La colère lui déforme le faciès. Ma curiosité n’a fait qu’attiser un feu ardent qui le consume, plus bête qu’homme. Le doigt a appuyé sur la plaie, l’a parsemé de sel. Je voudrais lui demander d’arrêter de crier, qu’il cesse de me prendre pour une demeurée. Parce qu’il ne comprend rien, Nicholas. Tu piges pas que je m’en fous, que j’ai jamais prétendu que tout ça, c’était rien qu’un jeu. Et tes mains, je veux qu’elles ne touchent que moi et seulement moi. Tu ne saisis pas, Nicholas, la folie qui gangrène l’encéphale. Tu ne mesures pas que le monstre, ce n’est pas toi mais moi.

Dans les prunelles, un éclair de lucidité se mêle à la peur. Étreinte qu’il impose et dans laquelle je voudrais me perdre mais le bras enserre la taille. Phalanges qui aspirent l’énergie, pompant à même le minois qui se tord et se décompose. Vie qu’il arrache et je suffoque. Les guibolles flagellent, ne supportent plus le poids de la carcasse. Mes émeraudes prennent l’eau mais ne cessent de le contempler, de s’ancrer à ses océans qui m’engloutissent pourtant. Les paupières s’affaissent et sous le front, les cauchemars. La môme beugle et se débat mais il cogne, cogne et cogne encore jusqu’à ce que le petit corps au sol ne bouge plus vraiment. Le père s’en fout, engeance qu’il dégueule, qu’il voudrait voir crever. Alors il continue, cesse lorsque ses bras lui font mal de trop me frapper. L’hémoglobine partout, parfois jusque sur le mur. Lacérations profondes qui rendent insupportable le moindre tissu. Misérable erreur qu’il ne cesse de punir. Sa voix résonne dans la caboche, se mêle à celle du paternel. Non, non je n’aime pas ça. Je ne veux pas, je ne veux plus. Je ne veux pas de ta colère, de ta rancœur ; je ne veux pas de tes coups, ceux dissimulés derrière tes phalanges. Moi, moi je voulais seulement qu’on m’aime…
Petite silhouette qu’il soulève sans mal et qu’il trimballe. L’échine rebondit sur le matelas, je gesticule paresseusement et geins. Membres comme englués, je peine à bouger alors qu’il s’amène, m’écrase de son poids. Grognements dont il se fout, mimines vissées au-dessus du crâne. J’étouffe, manque d’air, cherche à le repousser d’un mouvement de bassin sans être capable de le faire bouger, tente de me défaire de sa prise pour le gifler et le griffer ; des assauts qu’il contient de sa paluche.
Idiome putréfié qui frappe la boîte crânienne. Syllabes affutées qui écorchent l’âme, qui saignent la gamine. Elle pleure, Angélina. Elle pleure parce qu’elle comprend qu’elle s’est trompée, qu’il n’était pas le bon malgré cet écho persistant au fond de la cage thoracique. Ses mots ne sont que des tremblements de terre qui mettent à mal mes fondements. Ça tangue et ça se pète. Yeux écarquillés sur l’horreur qui se dessine aux mirettes. Nicholas emprunte les traits de ce connard de Teddy, beugle comme ce cafard dont la place est sous la semelle d’une putain de godasse – écrabouillé sans le moindre état d’âme. Organe qu’il piétine de ses pompes crades. Le rouge aux joues à cause de ce désir malsain qu’il fait naître et boursoufler plus fort encore au bedon. Les cuisses s’écartent, instinctives. Envie crasseuse que de le sentir, qu’il se presse un peu plus. Je me répugne, voudrais me foutre la gueule dans un mur. Masse frêle qui gigote tout juste sous le géant. Phalanges du mâle qui saisissent la mâchoire et la pressent. Et ses lèvres avides écrasent les miennes dans une torsion brutale, s’arrachent au contact une poignée de secondes plus tard. La poitrine se soulève à un rythme chaotique. Désir naissant au creux du ventre qui fait se tendre les guiboles et onduler le bassin.

On se jauge alors que nos souffles se mélangent, que l’on respire l’air de l’autre avec frénésie. Les murmures en caresse, les paroles en presque aveu. Humanité paumée par cette saloperie qui le ronge quand la mienne a décidé simplement de s’enterrer. Ce monstre qu’il se persuade être, ce monstre, qu’il répète inlassablement quand je suis persuadée que ce n’est pas lui. Tu sais pas toi, que de monstre tu n’en as que l’air. Tu sais pas toi, que je te veux si fort que ça m’obsède. Elle est encore là, quelque part, ton humanité, enfouie sous les souillures dont il suffirait de gratter la couche de crasse pour l’apercevoir. La mienne, je crois qu’on l’a buté. Parce que ce n’est pas humain de vouloir posséder quelqu’un comme on voudrait posséder un tableau de maître. Ce n’est pas humain, non, cette obsession malsaine, cette envie d’être. Ce n’est pas humain, de vouloir devenir un simple morceau de barbaque sur lequel tu pourrais bouffer à ta convenance juste pour que tu m’appartiennes pleinement.
Je voudrais lui dire que ce n’est pas ce que je vois, que je me fous du monstre qu’il dépeint ; lui expliquer qu’il m’attire, inexorablement, comme une biche fixe les phares de la bagnole qui va la percuter au lieu de détaler. Et par-dessus tout, je voudrais le retenir quand il se relève mais que les doigts glissent le long de ses avant-bras, crèvent sur le moelleux du matelas. La panique prend forme dans les entrailles, l’abandon à venir. Je peine à me redresser, y parviens lorsqu’il largue sa sentence. Un jugement sans appel et je peux l’entendre, le marteau claquer contre son socle. Ça déraille à l’intime, la main se tend dans un geste inutile. Parce que Nicholas s’en va, parce que Nicholas s’en fout.
Un torrent inonde mes yeux puis mes joues. La solitude en aversion. Cette solitude qu’il impose dans un claquement de porte. Et le manque tout aussitôt. De lui, de son odeur, de sa présence. Besoin viscéral que de le retrouver. Caprice de môme qui ne veut plus le quitter. Mais je l’asphyxie, la repousse au plus profond de moi, cette chieuse. Je la musèle, enfonce sa tête dans l’oreiller jusqu’à ce qu’elle étouffe, jusqu’à ce que je m’étouffe.
Douleur insane dans la poitrine, morceau de chair qui se serre. Et je fixe le plafond jauni par le temps, par la crasse et la nicotine, m’arrête sur quelques taches sombres, y imagine des formes qui ne veulent pas prendre vie. Le temps file et les minutes deviennent des heures. Des heures que je fixe le vide dans l’espoir d’oublier qu’il est là, de l’autre côté de la cloison. D’oublier les faiblesses et les trous qu’il fourrage en dedans.

Assise, les petons fouettent l’air en se balançant avant de toucher le sol. Les quilles peinent à me maintenir droite, premier pas bancal et la chute en présage. Les paumes rattrapent, empêchent la trogne de s’écrabouiller. Guibolles tremblantes qui avancent, la main se pose sur la poignée quand les questions m’explosent en pleine tronche, me font vaciller.
Qu’est-ce que tu veux faire ? Le regarder, graver ses traits alors qu’il te hait, alors qu’il veut te voir disparaître à l’aube ? Lui parler ? Pour lui dire quoi, que t’es désolée, que tu ne voulais pas, que t’as pas peur, que t’es une grande fille ? Que t’as besoin de lui sans savoir pourquoi, que tu veux le toucher juste pour apprécier pleinement l’effet qu’il te fait, que t’as envie de l’embrasser et te noyer dans son regard océan ? T’es ridicule, Angie.
L’hésitation perdure une seconde ou deux ou quinze. La lourde s’ouvre avec lenteur, les mirettes explorent, trouvent le canapé où il semble se reposer. Le pas traînant, je me pointe juste au bout du couchage improvisé. Et Angélina voudrait l’étreindre, se coucher sur lui, poser son index sur ses lippes pour ne pas qu’il crie. Mais Angie ne pense qu’à partir, qu’à se sauver avant que tout ne devienne trop compliqué. La vision du cahier de croquis ne fait que renforcer le malaise. Cette femme putain, cette femme c’est qui pour toi, Nicholas ?
La jalousie étreint le bide. L’instabilité pousse à trouver un couteau et à le lorgner. La pogne serre le manche à en faire blanchir les jointures.
Quelle est douce, cette folie qui me berce de ses mots tendres. Tue-le qu’elle dit, tue-le qu’elle répète dans un murmure pareil à une brise légère. Et si tu n’es pas à moi, alors tu ne seras à personne. La pulpe des doigts sinue sur sa joue, le tire de son sommeil. La lame trop proche de ce cœur qu’elle vise. Réveil brutal, le poids plume prend place sur lui, cuisses entourant ses hanches.
L’index se pose sur ses babines « Shhhhhhhht ».
La pointe se presse sur le derme, l’entaille à peine. Jeu sordide et dangereux. L’appel de la chair et du sang, de la violence et des plaintes.
La gamine vogue dans les émeraudes, elle danse et danse, s’esquinte la plante des pieds sur les épines qu’elle a laissées, Angie.

Aliénation des sens, la caboche en défaillance. C’est qu’il a empoisonné le cœur et l’âme, Nicholas. De sa voix, de sa flagrance, de son attention, de son rejet.

« Dis-moi que j’te plais pas, dis-moi que tu préfères baiser ces putes sans saveur plutôt que de te perdre entre mes cuisses. Dis-moi que tu ne veux pas de moi, Nicholas. »

Dis-le pour la faire taire, Angélina. Dis-le pour la blesser plus encore, pour qu’elle ne se relève pas, pour qu’elle se planque de douleur, qu’elle cesse de chialer, quémander, réclamer ta présence. Dis-le pour tuer les espoirs dans l’œuf, pour que tu ne sois rien, rien qu’un mec lambda au joli minois mais qu’on oublie dès le lendemain. Dis-le.
C’est qu’elle ne veut pas le blesser, la petiote quand Angie rêve d’enfoncer le couteau jusqu’à la garde. Parce que t’es une faiblesse ou que tu le deviendras tôt ou tard. Que tu me pousseras à commettre un faux pas qui mettra ma carrière et ma vie tout entière en danger. Parce que quand tu sauras qui je suis, il n’y aura plus jamais aucun désir pour moi, juste de la haine. C’est ce qu’ils font tous, quand ils apprennent. Ils me détestent.

« C’est ça que tu voulais ? Que je devienne le monstre pour que tu puisses sauver le restant de ton humanité ? Mais je le suis. Je le suis maintenant. Ce monstre prêt à t’enfoncer ça dans le cœur pour rien, juste comme ça, par plaisir égoïste. Parce que c’est ce que font les monstres, pas vrai ? Ils se foutent de la proie, de savoir si elle est bonne ou mauvaise, qu’est-ce qu’on s’en branle du moment que le sang est versé n’est-ce pas ? »

Ratiches serrées, les doigts fins viennent écraser la mâchoire comme il l’a fait plus tôt. Et il pourrait me vider de mon énergie, me foutre à terre, me buter d’un simple geste. Mais tu ne le fais pas. Le couteau quitte la cage thoracique, se glisse sur la peau fine du cou, prêt à l’égorger comme un porc au moindre mouvement.

« Je voulais juste que tu me regardes et que tu me vois vraiment, tu sais. »

Un murmure enfantin largué tout contre ses lèvres en aveu que je voudrais déjà ravaler. Haleines viciées, le baiser que je voudrais lui prendre, lui voler et ne jamais lui laisser me retirer. Babine happée entre les dents avant que le baiser ne se fasse plus tendre. Comme ses amants qui se retiennent de se bouffer de peur de s’abîmer l’un à l’autre.
La menace plane toujours, le tranchant esquintant lentement la chair. L’étreinte perdure un peu plus encore et entre les cuisses, la chaleur humide ne cesse d’enfler et d’affoler les perceptions.
Je me penche plus encore, cale ma joue à la sienne pour lui souffler à l’oreille.

« On sait tous les deux que tu pourrais me repousser, me buter si l’envie te prenait mais tu me laisses faire, Nicholas… »

L’arme ridicule tombe au sol alors que je cherche à lire dans ses prunelles. Dans les miennes il n’y a qu’une danse insane, une bataille entre l’enfant et l’adulte qui se déchirent pour exister.
Je te l’ai dit, c’est toi qui devrais avoir peur de moi.

Your soul outweighs my own, my own
But you turn me away from my low blows


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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Sam 16 Juin - 6:18


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] & Nicholas Townsend

War of hearts

It's bugging me, grating me, and twisting me around.
Yeah i'm endlessly caving in and turning inside out.
'Cause i want it now. Give me your heart and your soul.
And i want you now. I'll feel my heart implode.
And i'm breaking out. Escaping now. Feeling my faith erode.  
(c) Lyrics by Muse



Les traits sombres se succèdent, burinent le papier blanc, tracent des contours et des contrastes, forment parfois un visage, parfois un corps efféminé partiellement nu. Peu importaient l'angle, la disposition et le nombre de ratures, le modèle restait toujours le même. Une brunette à l'aspect angélique. Une Angélina au regard énigmatique. Cette femme alambiquée qu'il aimerait ne jamais avoir croisée puisque désormais, il ne parvenait plus à évincer son visage de ses pensées. Elle s'étalait sur le papier, tout comme elle s’imprégnait au cœur de ses songes. Les feuilles de la tablette défilaient tout comme les heures qui s'étiolaient. Ces croquis au fusain la représentaient, encore et encore, comme s'il tentait de l'oblitérer de son esprit en l'exhibant sur un fond blanc. J'sais même pas qui tu es, Angélina. Il l'ignorait, le blond, ne savait pas qui était cette femme, ni pourquoi il en était autant fasciné alors qu'il venait à peine de la rencontrer. Nicholas était un homme compliqué, toujours avide de frôler la normalité, et pourtant, il ne cessait de fureter en quête d'anomalies. Homme inconsciemment affriandé par les différences, ces autres qui, comme lui, étaient mécompris. Peut-être avait-il perçu dans les émeraudes d'Angélina un reflet de lui-même ? L'écho de sa désolation, de sa solitude ? J'en sais rien, mais ça suffit.

Le carnet d'esquisses est refermé abruptement et balancé négligemment sur la table basse. Le fusain est rangé dans un boîtier usé et son gilet barbouillé de charbon sèchement retiré. Il se coince une clope entre les babines tandis que ses azurs toisent la porte fermée, celle qui lui dissimulait cette femme au regard étrangement éthéré. L'envie d'y retourner l'assaille. L'envie de s'excuser, de se faire pardonner, puisqu'il l'avait entendu sangloter lorsqu'il l'avait quitté. Il se disait qu'il l'avait effrayé, peut-être même qu'il lui avait fait du mal sans le réaliser. Bien qu'il détestait la brutalité, il ne pouvait nier qu'elle faisait partie de lui. Elle sillonnait dans ses artères, pourrissait ses membranes et son cœur en colère. Parfois, il ne mesurait plus ses gestes, trop vif et impulsif. Alors peut-être qu'il avait dépassé les limites, celles qu'il ne fallait pas. Le mal est fait, ça changerait quoi ? Un grognement agacé s'éjecte de son clapet tandis qu'il écrase sa cigarette et se vautre sur son lit de fortune. Pourquoi s'angoisser pour elle ? Elle qu'il ne connaissait pas et qu'il ne connaîtrait jamais ? D'ici l'aube, elle n'existerait plus. Ne serait qu'un mirage passé, un souvenir qu'il finirait par oublier.
Paix à ma putain d'âme... ou pas.




Un rêve sans image et sans couleur. Les ténèbres pour seul repos. La noirceur pour apaiser ses tourments trop lumineux et cinglants. Et c'était bien. Trop bien pour perdurer. La fin d'une accalmie en caresse sur sa joue. Des doigts serpentent sur sa peau, chatouillent le derme d'une douceur à la fois apaisante et enquiquinante. Le blond remue et froisse la bouille, soudainement incommodé par les intrus qui s'égarent sur sa mandibule. Un grommellement, un mouvement de tête et les paupières se hissent, réalisant que ce toucher était trop réel pour n'être qu'une chimère d'un rêve insipide. À peine éveillé et déjà elle se hisse sur lui, Angélina, et il tressaute, s'apprête à se redresser, trop confus pour comprendre... jusqu'à ce qu'il discerne cette lame qu'elle tient au creux de sa paume, lame dont la pointe effilée lui pique le poitrail, menaçant de lui darder le cœur.

— Put... !
« Shhhhhhhht »

Un doigt se presse contre ses lippes pour le faire taire et le blond ne cherche pas à la contrarier, voyant bien dans l’œil de l'ange la folie danser. Une folie vipérine, meurtrière, qu'il était persuadé d'avoir provoqué, d'une façon ou d'une autre. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je t'ai fait peur ?... je t'ai fait penser à lui ? Lui, cet enfoiré de paternel, celui qu'il avait vu furtivement dans ce souvenir volatile. Il croyait que c'était son géniteur, sans toutefois en être certain. Peu importe qui il est, c'est un fils de pute. Le palpitant s'enraye, le souffle se coince dans le gosier, et il se demandait si cette nervosité était causée par la crainte... ou si elle était provoquée par sa proximité. Nicholas ne craignait pas la mort et l'avait souvent espéré. Ce qui le retenait à la vie était une stupide promesse qu'il avait faite à sa cadette, sans quoi, il y aurait longtemps qu'il se serait offert à la faucheuse sans le moindre regret. Et il serait si simple de lui faire perdre l'équilibre, de la repousser, de la cogner ou encore de lui dérober suffisamment d'énergie pour l'amortir, l'affaiblir. Alors, s'il craignait autant la mort, il n'hésiterait pas... mais il ne fait rien. Vas-y, fais-le. Détruit-moi si c'est c'que tu veux. Les paroles prononcées sont déconcertantes, dérangeantes, des mots qui parviennent à changer sa perception. Il s'était trompé. J'avais tort. C'est le rejet qui t'a fait perdre la tête. Angélina voulait de l'attention, de son attention. Cet intérêt qu'il avait fini par lui refuser en claquant cette porte, imposant la distance et un avis d'éviction.

Mâchoires écrasées par ses doigts fins tandis que le dentelé érafle sa gorge, menace de la mordre, de le réduire à néant. Le Townsend se braque, mais ne tente pas d'esquiver, même si cette lame lui présageait... peut-être... sa fatalité. Qu'est-ce que tu veux, Angélina ? Pourquoi est-ce que tu t'acharnes, pourquoi tu m'dis ces trucs-là ? Un portrait se trace lentement sous ses yeux, celui d'une femme esseulée et incomprise, avide d'exister, d'être regardé sans être jugé. Une femme morcelée par la vie, par les saletés qu'on lui avait imposées par le passé, tourmentée par sa folie, cette déviance fabriquée par ses propres démons. T'es pas un ange tombé du ciel. T'es l'ange de la mort. Ma mort. Désir insolite irradiant au bas-ventre tandis qu'elle murmure contre ses lèvres, babine qu'elle mordille et dont elle agace la pulpe des siennes. L'effluve de son parfum, son corps si près du sien, et cette sensation d'être frôler par la mort éveillent une soif malsaine de luxure, de celles qui ne détiennent aucun rempart et nous obsèdent. Foutu cinglé. Pourtant, il n'avait jamais été aussi lucide et conscient. Sa folie à lui dormait, hibernait paisiblement au creux de sa carcasse. Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il perdait la tête puisqu'il fallait être foncièrement dérangé pour se laisser embraser par la lubricité et par des pensées salaces dans une situation comme celle-ci. Tu me menaces avec un putain d'couteau et moi, tout c'que j'ressens, c'est mon pantalon qui commence à être salement inconfortable. C'qui m'fait peur, c'est pas la mort. C'est pas d'crever troué par une lame. Non. C'qui m'fout la trouille, c'est toi... et l'emprise que t'as sur moi. J'te connais à peine et déjà, j'sais plus c'que j'fais. Tu pourrais m'saigner, me vider d'mon sang et j'm'en foutrait... en autant que j'puisse te sentir contre moi.

« On sait tous les deux que tu pourrais me repousser, me buter si l’envie te prenait mais tu me laisses faire, Nicholas… »

Des mots soufflés à l'oreille tandis que la lame s'échoue au sol. Toujours sur lui, elle le toise, et le blond ignore quoi lui dire, ne sait pas comment apaiser sa folie. Normalement, c'était lui le cinglé que l'on tentait de calmer, le contraire ne lui était jamais arrivé. J'sais qu'elle est encore là, la démence. Elle brille dans tes yeux et j'sais pas comment la faire partir... si c'est possible de le faire. Silencieux, le blond laisse ses azurs détailler son visage... et un rire morne s'échoue hors de ses lèvres.

— Les catins, elles viennent et repartent. J'les paye pour me satisfaire... mais aucune parvient à m'donner c'que j'veux...

Il se donne un élan, redresse le haut de son corps afin d'être à sa hauteur. Une main se pose doucement sur la taille de guêpe tandis que l'autre s'empare de son minois, sans rudesse, sans animosité, opposé de ce qu'il lui avait offert plus tôt, dans cette chambre.  

— Mais laisse-moi te dire un secret, mon ange..., murmure-t-il, laissant ses lèvres flirter avec les siennes un instant, avant de lui chuchoter chaudement à l'oreille. Jamais une femme n'est parvenue à m'faire bander seulement en s'étalant sur moi... et surtout pas en m'foutant un couteau sous la gorge... jamais une femme n'y est parvenue... sauf toi.

La vérité crûment révélée. Authenticité qu'elle pouvait discerner sous elle, rigide relief renflant le futal devenu trop étroit et embarrassant. Le blond soupir d'envie, souffle chaud se butant contre le soyeux de sa peau, ses lippes ne parvenant plus à éluder la tentation d'y goûter, d'embrasser la carnation d'une épaule, celle de son cou et de son maxille. Un bras étreint la taille, l'attirant davantage à lui, harcelé par ce besoin irrépressible de la sentir plus près. Et ses lèvres dévorent les siennes en un baiser fiévreux et avide, bouche affamée qui ne cherche qu'à apaiser la faim grondante, à étancher cette nouvelle soif tortueuse affolant les sens. J'veux pas d'une pute. C'est toi que j'veux. Une main se faufile sous la robe et s'égare entre les cuisses, doigts furetant sous la dentelle pour caresser l'intimité, offrir du plaisir. Elle se cambre sur lui, cherche le réconfort de sa main, et ses douces lamentations ne cessent d'attiser l'appétence, cette envie de la posséder, jusqu'à en perdre les traces du temps.

— J'ai jamais demandé qu'tu sois un monstre... tout c'que j'veux, c'est qu'tu sois toi-même... un monstre, un ange, les deux, peu importe... soit Angélina, c'est tout.

Aveu exhalé par saccades, souffle trépignant au rythme d'un désir qu'il ne parvient plus à réprimer. Pourtant, Nicholas ne cherche pas à déboucler sa ceinture, ni à lui retirer sa robe. Peut-être qu'il aimerait éviter qu'elle le compare à ses amants trop impatients. Ou qu'elle en arrive à penser qu'il était aussi sauvage que Teddy. Peut-être que j'suis juste con, à penser trop, alors que toi t'as pas hésiter à m'viser l'cœur avec ta lame. Beaucoup de peut-être, pas assez de certitudes. Mais cette rencontre hasardeuse et ce qu'il en résultait, abondaient d'ambiguïtés, de non-sens et d'incompréhensions, il en devenait corsé d'en deviner la suite ou encore, la finalité. Nicholas cesse abruptement ses délicates attentions, se fait tortueux, se défile comme un salaud, scindant la proximité pour s'extirper du divan, délaissant l'insatisfaite qui le jauge sans comprendre. Debout sur ses échasses, ses mirettes la toisent, lueur espiègle au fond des pupilles. J'suis un salaud, mais pas à c'point là. Un bras s'allonge et sa paluche se tend vers elle.

— Viens...

La brunette n'hésite pas longtemps avant de glisser sa main dans la sienne, et le blond l'entraîne dans la chambre du fond. La lumière est allumée, rapidement ajustée, et Nicholas hésite furtivement avant de la tirer doucement à lui, tentant de réfréner ses ardeurs au risque d'attiser la folie ou le rejet. J'sais pas pourquoi j'hésite autant. J'veux pas en faire trop ou pas assez. Ta folie, j'la connais pas. Si j'te déçois, tu vas m'étrangler ? Non, il ne la craignait pas. Il avait plutôt l'impression de se retrouver devant un modèle de femme qu'il n'avait jamais côtoyé auparavant et se demandait comment elle fonctionnait au risque de la briser ou de faire une connerie qui lui ferait court-circuiter une pile. J'sais pas comment agir avec toi. Tu sembles fragile et vorace à la fois. J'sais pas c'qui t'plaît ou c'qui t'plaît pas. Qu'est-ce que tu veux, qu'est-ce que t'aimerais ? Jamais il ne s'était posé autant de questions pour une femme, mais Angélina était... particulière. Elle était étrange, un peu cinglée, imprévisible, elle était différente des autres. Foncièrement agacé, il chasse ses pensées troubles et retrouve le chemin vers le tendre de ses lèvres tandis que lentement, une main sillonne entre les omoplates, cherchant aveuglément la tirette pour dégager la robe, mais quelque chose dérape. La prise lui échappe puisque la belle se recule, le fui comme s'il était un pestiféré, son dos se heurtant sèchement contre un mur opposé. Putain, j'le savais ! J'ai foutu quelque chose qu'il fallait pas ! Elle se renfrogne, se replie sur elle-même, semble presque effrayée.

— Putain, j'suis désolé... j'ai fais quelque chose qui t'plaît pas ? J'croyais que t'avais envie... si t'as changé d'idée, c'est pas grave... j'veux pas te... j'suis désolé.

Les mots s'emmêlent tandis qu'il s'agite sur place, le palpitant affolé, flagrant malaise lui tordant les viscères. Sensation désagréable d'être à nouveau un môme imprudent s'étant égaré sur un lieu interdit. Ses azurs la jaugent, entre panique et confusion, appréhendant une réponse qui risquait de ne pas lui plaire. Les secondes se consument et enfin, Angélina demande, voix frêle qui réclame l'obscurité, qu'il éteigne la lumière. Requête qu'il ne comprend pas, qu'il ne saisit pas, jusqu'à ce que l’œil observe l'anomalie ; ses doigts qui cherchent à rabattre un bout de tissu dilacéré contre une parcelle de peau exposée. Tu veux pas que j'vois c'qui s'trouve en dessous. Tout lui semble soudainement limpide et il se trouvait stupide de ne pas y avoir songé plus tôt. Mais cette femme qu'il avait vu au bar semblait si à l'aise avec les hommes, qu'il s'était fourvoyé. Silence lourd, infime instant où il ne fait que la dévisager, une colère sinueuse lui rongeant les nerfs. Non, il n'était pas furieux contre elle, mais révolté de détailler ce portrait, celui d'une femme profondément complexée par les fêlures que lui avait légué sa sale raclure de paternel.

— Non. J'vais pas fermer la saloperie d'lumière. Pas question. Un peu plus tôt, tu m'as dit qu'tu voulais que j'te vois vraiment. Alors, montre-moi qui t'es. Retire la robe et laisse-moi regarder. J'veux voir les marques, j'veux tout voir, maintenant.

Voix grave et impérieuse, il exige, Nicholas. N'offre pas de choix, ni de dérobade. Il déplace sa carcasse vers la porte, se plante devant, croisant les bras sur son poitrail, servant de muret entre elle et la seule échappatoire.  

— J'sais que ça t'plaît pas... mais t'as plus l'choix. J'te laisserai pas sortir tant qu'tu l'enlèveras pas... j'vais pas t'juger, Angélina. C'est pas c'que j'veux. C'que j'veux, c'est que t'arrête de t'cacher dans l'ombre... t'as l'droit à la lumière toi aussi., ajoute-t-il, d'une inflexion plus douce.

Le blond était suffisamment borné pour tenir parole et il ne songeait pas à la laisser filer. J'refuse que tu t'caches. J'refuse que tu le laisses gagner, c'pourrit. Alors redresse-toi, prouve-toi qu'il n'a pas réussi à t'briser complètement. Il prenait un risque, celui de provoquer à nouveau la démence, qu'elle lui arrache la gueule avec ses griffes ou qu'elle lui balance tout ce qu'elle trouverait sous la main. Mais il s'en fichait.

Fais-moi mal si tu veux... mais j'bougerai pas d'ici.
Parce que j'veux t'regarder.
J'veux voir qui t'es vraiment.
C'est c'que tu voulais toi aussi.
Alors m'empêche pas d'le faire.





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MessageSujet: Re: /!\ War Of Hearts - Nicholas   Mer 20 Juin - 17:14


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War Of Hearts

Come to me in the night hours. I will wait for you. And i can’t sleep cause thoughts devour. Thoughts of you consume. I can’t help but be wrong in the dark cause I’m overcome in this war of hearts. I can’t help but want oceans to part cause I’m overcome in this war of hearts. (c) Ruelle - icons (c) DΛNDELION




Les paumes délivrent leurs caresses absurdes, là, tout contre son torse. Chaleur des corps qui ne veulent que s’étreindre. Et son rire, son putain de rire qui résonne comme une poignée de graviers qu’on viendrait me balancer en pleine gueule. Ce rire qui me blesse, me bute au plus profond quand les mots qui l’accompagnent ne savent plus trouver de sens. Je m’en fous des putes, de ces meufs que tu payes pour qu’elles t’offrent un peu de plaisir. Ces chiennes affamées qui se jettent sur ta queue comme un putain d’os. Et tu veux quoi ? Tu veux qu’elles te regardent, la bouche en cœur, qu’elles te donnent un surnom ridicule qui te fera sentir important ; qu’elles te disent que pour toi ce sera gratuit aujourd’hui ? Ouais, c’est quoi que tu veux, Nicholas ? Parce que moi, c’est toi que je veux. Pas un connard du coin, une pute au masculin. Toi et seulement toi.
Le minois se penche et je le mire, cherche à lire quelque chose pour apaiser le myocarde qui s’ébroue dans sa cage. Je pousse un hoquet lorsqu’il se redresse, m’accroche à ses épaules pour ne pas basculer. Paluche qui se glisse à la hanche et l’autre qui tend la trogne. On se dévisage alors que sa voix se fait murmure. Lippes qui flirtent avec les miennes, la bouche s’ouvre et aspire son air. Cet air que j’avale encore et encore. Et les mots sont dénués d’acide, embrasent le bedon et affolent les sens. Badigoinces qui s’étirent en un mince sourire de satisfaction. Les cuisses glissent et la fente voilée trouve réconfort auprès de cette vérité exposée.
Phalanges qui rampent à sa nuque, trouvent ancrage dans le crin. Baiser vorace, je le goûte, me repais de son essence qui laisse un goût de reviens-y. Haletante, désir crade bordant les pupilles. Je le veux. Et je le veux maintenant. Entre les cuisses, ses doigts titillent la fleur qui déjà pleure son miel. Lèvre pincée entre les ratiches pour retenir les gémissements qu’il procure, Nicholas. Et le bassin accompagne ses mouvements, dos qui se cambre pour accentuer la pression et la myriade de sensations. L’excitation enfle dans le bide, besoin primaire qui ne demande qu’à être comblé.

Tendresse dans les paroles, ces paroles qui résonnent à l’encéphale et Angélina. Angélina qui existe enfin, qui navigue derrière les émeraudes, qui le couve d’un amour sincère et inconditionnel. Cet amour pur et vrai que les mômes peuvent porter à l’autre en une fraction de seconde et pour l’éternité. Cet amour dénué de jugement et de faux-semblant.
Et je suis le monstre plutôt que l’ange. Ange qui vivote dans le fond de la caboche, muselé, piétiné et repoussé. Est-ce que tu sais le genre de monstre que je suis, Nicholas ? Est-ce que tu es vraiment prêt à accepter cela ? J’ai tué, je tue et je tuerai encore. Marteau claquant le bois noble et la sentence en application. Et l’ange n’est qu’une infime partie de moi, morceau du passé qui ne trouve plus sa place dans ce foutu puzzle, qui ne sait plus où est sa place. Alors il se perd, l’ange.
Désir brutal, les phalanges glissent sur son ventre, cherchent à le défaire de son pantalon. Mais il se relève, Nicholas, sans que je n’y comprenne rien.
Pincement à l’intérieur de la poitrine, la cage thoracique se comprime douloureusement. Et je ne comprends pas, ne comprends rien à cette fuite. Je l’interroge, pourrais le buter de mon regard presque assassin. T’es en train de te foutre de moi ? Est-ce que tout ça, c’est rien qu’un putain de jeu pour toi ? Tu penses que tu peux prendre des bouts de moi et balancer le reste dès que t’es lasse ?
Sensation de trahison et d’abandon, la douleur se fait plus forte à l’intime. Mutisme quand je ne rêve que de dégueuler tout un tas d’insanités. Ces insanités qui se taisent à l’instant même où la main se tend dans une invitation lourde de sens. Froncement de sourcils, incompréhension face au revirement de situation. Et j’ai l’impression que tu veux me rendre complètement folle, que tu titilles mes bas instincts. Parce que je te veux, Nicholas et que je me fous du comment lorsque tout ce qui m’importe est le quand.

Les petons le suivent, trouvent le chemin de la chambre. Hésitation et incertitude, toujours. Lumière qu’il allume, me larguant face à mes démons. Halo que je voudrais voir exploser pour nous plonger dans cette pénombre si clémente. J’ai peur que tu juges, que t’imagines tout et n’importe quoi, que tu te demandes si je l’ai mérité ou non que t’en viennes même à croire que c’était de ma faute. J’ai peur que ça t’effraie, de lire l’horreur dans ton regard comme si j’étais une bête de foire. L’assaut des lèvres est repris et j’oublie, j’oublie cette saloperie de lampe et sa lumière qui se diffuse tout autour de nous. Il n’y a que sa langue flirtant avec la mienne, que nos bouches qui se scellent. Main qui se niche entre les omoplates et le rappel violent de la réalité, de ce que recouvre le tissu. Ça déraille et tout part en vrille. Je m’arrache à son contact et à sa prise, recule, recule et bute contre le mur à la peinture écaillée. Terrifiée à l’idée que quelqu’un d’autre puisse voir les cicatrices, que les plaies s’ouvrent à nouveau. Angélina se souvient de Constant. Celui qu’elle croyait être son ami et qui est mort, qui est mort alors qu’elle est vivante, elle. Petite môme qui se fait toute petite, se recroqueville face au mâle. Désirs abandonnés et refoulés, il ne reste que le malaise ambiant. Le visage se tord sous une douleur invisible quand le front se plisse d’inquiétude. Angélina, elle veut pas souffrir, elle veut pas confier ses petits secrets parce qu’elle sait que les adultes savent pas écouter. Pas écouter vraiment. Et il s’excuse le blondin, se confond, voudrait sans doute trouver une solution. Solution que je lui glisse dans un murmure tout juste audible.

« La lumière. Éteins la lumière, s’il te plaît. »

Voix de mioche qui se casse sur les reflets de son opposé. Les mimines tentent de couvrir le corps, ce corps immonde qu’il ne doit pas voir. Sursaut lorsque sa voix retentit, elle me paraît être trop grave et autoritaire. Je me recroqueville un peu plus, envisage la fuite plutôt que la confrontation. Et tant pis, tant pis pour Angie. Et moi, moi je veux que ça s’arrête, je veux plus les marques, je veux plus les sillons, je veux plus être abîmée mais ça se peut pas, Nicholas. C’est gravé dans la chair et tu peux pas exiger, non, t’as pas le droit.
Moue boudeuse, je le regarde se placer devant la porte pour en boucher l’entrée. Le palpitant déconne, entame sa litanie, ses boum-boum qui me fracturent le thorax. Les prunelles fixent un moment la fenêtre, échappatoire merdique qui me précipitera vers la mort. Les gambettes se dressent et s’animent pour venir se heurter au mâle. Ce mâle qui reste stoïque face à cette colère grondante qui rampe sous la peau.

« Je veux partir ! Laisse-moi partir ! »


Complainte de l’enfant brisée qui n’arrive plus à respirer. Les mimines griffent et frappent et les ongles lacèrent les avant-bras. Elle se fracasse, Angélina. Elle s’épuise dans le rejet et dans ses secrets, voudrait qu’il s’en aille et surtout qu’il ne la délaisse pas. Tout et son contraire. Angélina n’est jamais très claire. Le souffle manque et je recule. Cheveux collés sur les joues et le front à cause de la sueur et des larmes. Petite furie qui enrage et qui ne pense qu’à le blesser, qu’à le détruire. La raison se démolit à mesure qu’elle abdique, la gamine. Et c’est avec rage qu’elle reprend le contrôle, Angie. Je me plante devant ses orbes, dédain dans les pupilles fixées à leurs vis-à-vis.

« Laisse-moi passer » dis-je d'une voix rauque qui se veut assurée.

Mais il ne bouge pas, Nicholas, bien déterminé à rester planté là. Les pognes tremblent et les doigts s’étirent pour attraper la fermeture éclair. Grognement. La robe dévale les galbes et s’étale sur le sol. Je peux sentir son regard courir sur les bras et les côtes abîmés. Et la gifle. Cette gifle cuisante qui embrasse sa joue dans une morsure brûlante.

« C’est ça que tu voulais ? Et pourquoi ? Qu’est-ce que ça change putain, qu’est-ce que ça change ?! »

L’exposition me dérange, la paume s’écrase sur l’interrupteur, force l’obscurité. Carcasse qui se choque à la sienne et le repousse et le repousse jusqu’à l’éloigner, jusqu’à ce qu’il se cogne sur la paroi opposée. Des trucs dégringolent et se pètent au sol. Les doigts s’impatientent, retirent la ceinture et déboutonne le futal. Opposition succincte parce qu’il ne dit plus rien, Nicholas, quand sa virilité passe la barrière de mes lèvres. Longueur avalée, le bout de la langue attise et la bouche se veut conquérante. J’embrasse ses cuisses et son membre, veut créer le manque. Je veux que tu t’impatientes, que tu fourrages la crinière pour avoir une emprise sur moi. Je veux que tu feules et t’agaces et que tu te tordes de plaisir lorsque je te cèderai enfin. Saveur suave et salé qui glissent sur la langue, caresses qui s’allongent et s’allongent dans un va-et-vient que je rythme au gré de mes envies. A l’entrecuisse, le manque se fait besoin. Palpitations et soupirs, je le délaisse, me hisse jusqu’à lui, viens mordre l’angle de sa mâchoire. Je l’attire, me laisse retomber sur le moelleux du matelas en l’entraînant dans ma chute. Les jambes deviennent prison, l’enserrent pour ne plus qu’il s’en aille. Lippes qui se dévorent avec passion et déraison. Fringues virées pour qu’il ne reste que les chairs moites de trop se désirer. Et je ne pense plus, ne cherche à lui enfiler aucune protection, trop désireuse de le sentir au plus profond. Fente qu’il torture de ses doigts et de sa virilité comme pour ne pas avoir à me céder trop vite. Et je râle et m’agite, pousse un hoquet lorsqu’il s’enfonce de toute sa longueur après ce qui m’a paru être des heures. Assaut qu’il renouvelle, encore et encore. Claquements de carnes qui se choquent l’une à l’autre et nos souffles extatiques. Je me redresse et le bouscule sans la moindre animosité. Allongé sur le lit, je me fais maîtresse de notre jouissance. Et je joue, l’empêche de se satisfaire préférant mordiller une épaule ou un téton. Déclic merdique qui pousse Angélina à se montrer. A dévoiler les vérités, les secrets. Les phalanges actionnent l’interrupteur de la lampe de chevet. Lumière aveuglante, les yeux se ferment pour s’en protéger tandis que je m’empale sur son membre érigé.
Et je lui offre les confidences gravées dans le cuir de la peau, le chevauche sans le quitter du regard. Cet océan que je ne pouvais pas voir dans le noir et dans lequel je rêve toujours de me noyer.
Je voulais que ce soit différent des autres, je voulais que ça compte.
Toutefois, la peur sinue dans le bide, flirte avec cette vague de lave qui irradie partout dans les reins à en contracter le moindre petit muscle existant. Et il n’y a pas le jugement dans ses prunelles, pas de dégoût, d’envie de fuir. Alors je m’abandonne, extase puissante qui éclate dans le bedon et transcende. Temps distendu, les corps humides se jointent et les pupilles retrouvent l’obscurité derrière les paupières closes.  

****

Allongée tout contre son flanc, ses doigts effleurent, dessinent des arabesques imaginaires, épousent les imperfections de la peau – ses ronds et ses brûlures. Électrochoc. La honte se libère de ses chaines, retrouve ses droits. Je me redresse brusquement, coupe court à cet échange, éclate la bulle paisible. Les bras voudraient tout planquer mais n’arrivent à rien. Je m’emmêle les pieds dans les draps, trébuche presque avant d’atteindre la robe, morceau de tissu délabré que je ne pense qu’à enfiler quand son nectar coule encore entre mes cuisses. Dos et ses zébrures blanches offerts à sa vue. Réalité qui me rattrape et me rappelle qu’il ne sait rien, rien de moi. Tu ne connais que les traces, imagine une vie que j’aurais pu avoir. Tu ne connais pas les vérités, tu n’as aucune idée de la vie que je mène. Qu’est-ce que tu feras, quand tu apprendras ? Tu me sauteras sur un coin de bureau entre deux délibérations ? Tu me détesteras comme ils le font tous après ça ?
Mioche qui panique, qui pense que prendre la tangente est l’unique chance de s’en sortir pour ne pas se briser. Mais je me mens. Je me mens parce que partir me briserait. Attachement incompréhensible et irrépressible. Je voudrais que tu n’existes pas, ne t’avoir jamais rencontré. Je voudrais qu’il ne soit jamais rien arrivé et qu’on ne se soit jamais croisé. Comment je vais faire maintenant, sans toi ?
Les délires que je nourris, ce rejet que j’envisage déjà à coup de fracas, de supplications et de larmes. Cet abandon qui se dessine, immuablement, sans que je n’ai mon mot à dire. Nos différences se choquant les unes contre les autres.
Mimines tremblantes qui empêchent d’enfiler correctement la fringue, me rendent incapable de me planquer. Alors les doigts frictionnent la peau, les ongles griffent l’épiderme à l’en faire rougir, comme si ça pouvait suffire à effet les traces pour ne plus qu’il puisse les voir.

« Regarde pas ! Regarde pas ! Regarde pas ! Éteins, éteins cette foutue lampe Nicholas ! »


Et l’ordre qui claque entre les ratiches. Comment c’est possible ? Comment tu peux me rendre aussi dingue. Pauvre timbrée qui veut te plaire, qui veut t’offrir ses secrets mais les reprendre tout aussitôt après. Je ne voulais pas que tu voies, que tu effleures, que tu touches. Et je veux partir pour qu’il me retienne, me briser pour qu’il répare et recolle chaque pièce.

You oughta know where I'm coming from
I was alone when I burnt my home
And all of the pieces were torn and thrown
You oughta know where I'm coming from


(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Banks

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