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 And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)

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rirat bien qui rirat le dernier

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↳ Opinion Politique : l'argent n'a pas d'allégeance, l'argent n'a pas de provenance ; il n'y a que l'argent qu'il reçoit, ceux qu'il tue et ceux qui veulent le tuer
↳ Niveau de Compétences : Nv. 1 - 2 en occultation des sens, guérison et en manipulation des ombres - Max en exhibitionnisme
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↳ Citation : « Difficile de trouver quoi que ce soit d'ordonné dans la mort. »
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MessageSujet: And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)   Ven 13 Avr - 10:25

And my scars remind me that the past is real

Angie & Andreï

Je grogne. Quand j’ouvre les yeux, je grogne. Parce que je ne sais plus où je suis. Sûrement dans un de mes squats habituels. Ceux où je vais quand j’en ai assez de dormir sous mon pont. Sauf que je ne reconnais pas le canapé de Sigrid, et pour cause je suis dans un lit. Sauf que je ne suis pas chez Anya, et pour cause, je suis aussi dans un lit, et plus encore, je suis… un bâillement m’interrompt au milieu de mes pensées, j’abandonne l’énumération des endroits où je ne suis pas pour m’intéresser à celui où je suis, ce sera plus rapide. Je m’extrais des draps, me frotte les yeux. N’a-t-on jamais vu assassin aussi lent à se mettre en marche au réveil ? Peut-être parce que l’assassin vieilli. Bonne question. Dans tous les cas, j’essaye de percer l’obscurité de la pièce et de mes souvenirs, et c’est là que je la vois, que je vois sa silhouette du moins, que je devine sa silhouette. Que je sens son odeur et sa présence. Ah, je suis chez elle alors. D’accord. D’habitude je ne reste pas jusqu’au petit jour, mais soit, il y a bien un début à tout. Pieds nus sur le sol, je tâtonne à la recherche de mes fringues, baille encore un grand coup, caresse comme trop souvent l’idée de me nourrir directement sur elle, avant de rejeter cette idée au loin. Déjà, je sais ou je crois savoir qu’elle est humaine et qu’elle n’a donc la valeur énergétique que d’un demi-kebab - et encore, un demi-kebab assez chiche en viande - et ensuite, pour l’avoir déjà vécu avec Seraphina, et une autre dont j’ai oublié le nom, généralement les gens refusent de payer après qu’on s’est nourri sur eux. J’ai du mal à comprendre pourquoi, mais… mais bon, il faut bien faire avec.

Je m’étire, je me lève prudemment. Fais quelques pas dans l’obscurité de la pièce, une obscurité absolue, aux volets fermés, aux rideaux tirés jusqu’à asphyxier le moindre rayon de lumière qui pourrait – misère – percer ces remparts. Fais quelques pas, bute sur un vêtement, que je glane et relâche sitôt l’avoir identifié comme n’étant pas l’un des miens. Avance encore un peu, en trouve un second – mon jean. J’en suis à l’enfiler et à en ausculter les poches tout en tentant de continuer de marcher vers ce que j’espère être la sortie de la chambre, quand je bute sur autre chose, de bien moins amical qu’un simple pantalon. Un premier juron franchit mes lèvres, le russe le plus primaire et instinctif, je sautille tout en essayant de garder l’équilibre, pour masser mon pied endolori par le pied d’un… meuble ? quand je heurte naturellement le reste du meuble en question : le coin de la table s’enfonce dans mon côté. Et me raccroche dans ce qui commence à ressembler à un vacarme incroyable additionné d’une vaste blague à… une chaise, qui bascule, que je rattrape in extremis tout en pestant – l’allemand a fini par remplacer le russe, plus agressif et assassin dans son élocution, dans son rapport avec moi. Mon russe a la saveur des racines, l’allemand a la senteur de la haine, d’une haine franche et gratuite, et c’est tout ce que je ressens, là tout de suite, pour cette chambre et son mobilier qui semblent s’être ligués contre moi. Dans un soupir, je finis par contourner le bureau - à moins que ce soit juste une simple commode ? Mais qu’est-ce que j’en sais ? - pour ouvrir la porte et… « Fuck » de retour à l’anglais. Le russe s’ancre dans mes racines, l’allemand dans ma haine, l’anglais dans la résignation. La résignation quant au fait que non, je ne vais pas réussir à m’éclipser discrètement. Parce que la porte que j’ai ouverte, loin de s’ouvrir sur un couloir, une salle de bain ou un salon, m’offre un choix dense et fourni de vêtements. Penderie.

C’est moi qu’on va finir par pendre, tiens. Je lève les yeux au ciel dans un soupir, avant de fermer le placard, et de tenter un nouveau repérage de la configuration des lieux. Pas nécessairement la première fois que je reste dormir chez elle, mais ça doit être la première fois qu’elle n’est pas réveillée avant moi. Et que je me retrouve dans l’obscurité poisseuse qu’elle nous impose sitôt qu’on commence à aller plus loin qu’un simple rapport employeuse, employé. Dans un haussement d’épaule, je retrace mon chemin jusqu’au lit, jusqu’à la fenêtre emmurée, tire les rideaux d’un geste brusque. Gagne en nervosité au fur et à mesure que le fantôme-du-rat se rend compte des barrières qui se dressent entre lui et la liberté. Je récupérerai le reste de mes fringues plus tard, je boufferai plus tard, je récupèrerai mon fric plus tard : quand j’ouvre la fenêtre pour atteindre les volets, je mets tout de côté : la seule chose à laquelle j’arrive à penser, c’est qu’il faut que je me trace une voie vers l’extérieur, une issue de secours. C’est pas juste l’assassin qui parle, c’est même pas uniquement l’ancien rat pris au piège, c’est le môme qui cherchait constamment un moyen de fuir quand on s’approchait de lui avec une ceinture dénouée et des reproches plein le regard. C’est le môme qui a besoin de sa liberté. L’air frais me frappe dès la fenêtre et les volets ouverts, en même temps que les rayons d’un soleil tout juste émergeant d’une aube particulièrement flemmarde. Bien plus serein, je me tourne vers le lit pour vérifier mes suppositions, un lit à présent éclairé. C’est bien mieux. Et au moins, je ne me suis pas trompé sur l’identité de mon squat du moment - peut-on vraiment parler d’un squat vu que je suis venu, à la base, chercher du boulot hier soir ? - ce qui est encore mieux, j’aurais détesté m’être trompé là-dessus. Même si l’idée d’avoir fini dans le même lit qu’Anya ne m’aurait pas vraiment déplu, je crois. Bon pour le coup, ne pas avoir reconnu Anastasia aurait été un scandale sans nom, mais… je me rassois sur le lit, vais pour tirer les couvertures sur son corps histoire qu’elle n’attrape pas froid et… je fronce les sourcils. Tends la main vers son corps, tends la main vers ces marques que je distingue clairement, maintenant, quand elles n’étaient qu’ombres et intuitions la veille. J’effleure sa peau, incertain. La réveille, très certainement : son mouvement vif est éloquent, je rétracte ma main comme brûlé à vif. Des marques comme ça, j’ai les mêmes. Sur le dos, principalement, les plus tenaces, puisque le reste des bleus et des coupures ont disparu depuis le temps.

Drôle comme quelques cicatrices peuvent me rendre sérieux, durcir mon regard et me laisser muet. Même quand je croise son regard, parce que oui, c’est évident maintenant, je l’ai bel et bien réveillée ; même quand je croise son regard, je garde les yeux fixés sur elle et la bouche close.  Exceptionnel. Je me reste juste assis sur le bord du lit, songeur. Un temps. Avant de rompre le silence avant qu’il ne prenne un peu trop ses aises, accompagné d’un malaise ou d’une réaction de sa part. « T’as pas quelque chose à bouffer ? » Ca me semble être la bonne chose à dire. « J’ai faim. » Un presque mensonge : ce n’est pas la bouffe qu’elle me fournira qui me rassasiera, mais ça, elle n’a pas intérêt à le savoir. « T’avais quel âge ? » Ca, j’aurais pu m’en passer. Mais… j’hausse les épaules. Tant pis, c’est dit, c’est dit.

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MessageSujet: Re: And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)   Ven 13 Avr - 13:31


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And my scars remind me that the past is real

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.
(c) Baudelaire - icons (c) DΛNDELION





Tu y crois, toi ?
La magie des rencontres,
Et la peur de mourir ?
Doit y avoir autre chose.

Il a cessé de sourire, Tristan ; s’est accoudé sur le rebord de mon bureau en se penchant légèrement, suffisamment pour que je sente son haleine mentholée. La menthe pour dissimuler son addiction nocive à la nicotine.  Et il baragouine un nom, susurre l’endroit, assure que tous mes problèmes peuvent se régler à partir du moment où il y a de la monnaie. Son visage se déforme, ses babines se retroussent dans un sourire étrange. Et peut-être qu’elle est là, la solution. Foutre des coups de pied dans la fourmilière et découper des têtes. Faire couler le carmin, éradiquer les menaces, faire taire les bavards et briser les ailes des anges.
Alors il s’est barré, Tristan, me plantant là avec des délires plein la psyché. Et j’ai imaginé, ouais, marcher sur un magnifique tapis à la couleur du sang de mes ennemis. Parce qu’il n’y a pas plus fort que la mort. Cette grande salope qui attend patiemment le faux pas, là, au détour d’un virage. Mais si c’était moi, la faucheuse ? Celle qui balance des noms sur une liste funèbre, ouais, si c’était moi, la mort ? Je me fous d’être respectée, admirée, moi, tout ce que je veux, c’est que l’on me craigne. On n'a jamais vu quelqu’un faire l’unanimité.



Traîner les petons dans les quartiers pourraves, faire tache avec le décor comme trop souvent.
L’appâter avec une liasse de billets, lui dire que c’est important, lui larguer un nom juste comme ça, pour voir s’il est capable de faire le travail. Lui promettre qu’il y en aura bien plus la prochaine fois. Et attendre. Attendre que le nom de l’indésirable s’affiche dans un encart ridicule sur un journal à la con. La rubrique nécrologique inspectée, détaillée, on pourrait me prendre pour une passionnée. Et le revoir une autre fois, juste comme ça, pour s’amuser, lui filer une autre tête à abattre et profiter de quelques verres, de quelques cigarettes. Et le ramener dans mes draps, juste pour ne pas passer la soirée seule. S’abandonner, oublier les pourquoi et les comment dans le noir absolu. Deviner la musculature sous la pulpe des doigts, s’imprégner de son odeur juste pour une nuit. Se lever, toujours la première pour cacher la chair, cette chair qu’il a palpée et embrassée, cette chair qu’il ne doit jamais voir. Et se quitter sans mot doux, sans toutes ces conneries qu’on se sent obligé de larguer au premier rendez-vous. Pas dire au revoir, ni à ce soir ou à demain. Et verrouiller la lourde derrière son odeur de mâle. Ouvrir les fenêtres, se noyer dans le fond de la baignoire avec pour seule et unique idée, annihiler sa flagrance.

Tu sais bien quoi !
L'ivresse et les vertiges.
Tu la connais toi,
La caresse et la guerre.

Et remettre ça, quelques semaines plus tard.
Le retrouver dans ce vieil endroit qui suinte. Sourire enjôleur qui n’offre aucune ristourne. Commanditer la mort d’autrui n’a jamais été aussi facile et distrayant. Et peut-être que tu devras buter le monde entier si j’ai l’assurance de te retrouver dans mes draps. Pas parce que je t’aime toi mais parce que j’apprécie la compagnie dans ce lit trop vide. Et exister dans la chaleur d’une étreinte, dans un soupir, un feulement. Prendre vie et danser telle une feuille prise au vent. Se consumer et se laisser apprivoiser l’espace d’un instant, de quelques heures volées au temps.
Les corps emmêlés et la satisfaction accrochée aux lippes rougies de trop se bouffer, les paupières se ferment dans la pleine obscurité.
Et l’oublier lui, oublier que demain il faudra recommencer, se lever, juger, appliquer des sentences et regarder les minois désespérés et désespérants se fendre. N’éprouver aucun remords, aucune empathie. Oublier que la vie est une garce et que pour survivre il faut être aussi cruel qu’elle. Dans ce monde où plus rien ne tourne rond. Dans ce monde où la cruauté règne en maîtresse. Dans ce monde de corruption où chaque pavé est imbibé d’hémoglobine. Et que je l’aime, ce monde. Avec ses atrocités et ses injustices. Engeance maudite qui n’aurait jamais dû survivre. Cette engeance qui aujourd’hui domine. Mais lorsque la nuit tombe, lorsque le silence se fait roi, je ne suis que cette gamine apeurée qui a froid.
Il souffle son fog à mon visage, demande ce que je fous là, s’agace de me voir traîner dans ses quilles. Il tire une mèche de cheveux, papa. S’esclaffe avant de claquer ma trogne enfantine. Il déverse son ire dans des cris et des coups qui me font penser à la pluie. Cette flotte qui martèle le corps en de trop nombreuses gouttelettes à vous rendre cinglé. La paire de ciseaux rejoint sa paluche et il coupe les mèches brunes qui dévalent les épaules, qui s’écrasent sur le sol poussiéreux de notre appartement miteux. Il dit que je ne suis pas jolie. Que je suis aussi laide en dedans qu’au-dehors. Il dit, ouais, il dit des trucs qui blessent et que j’écoute plus. C’est comme des lames de rasoirs, une balle s’enfonçant dans mes entrailles. C’est comme vouloir arrêter de respirer, vouloir crever et ouvrir les yeux à nouveau pour constater que rien n’a changé. Qu’il est toujours là, le paternel, avec sa clope pincée entre les lèvres, sa bière reposant sur la bidoche. Je tremble, parce que j’ai peur et parce que j’ai froid. Je tremble, parce qu’il m’enferme dans le noir. C’est pour remettre les idées en place, qu’il dit. C’est pour que j’apprenne à devenir sage et polie. Mais je suis toujours sage et toujours polie. Bonjour, s’il vous plaît, merci. Recroquevillée sur moi-même, je l’entends glousser avec ma mère. Ils parlent du match à la télévision, de Jo et son abominable rejeton. Et je n’existe pas, ne suis qu’une ombre, qu’une boite de conserve sagement rangée sur une étagère. Je ne suis rien. Rien du tout. Les yeux clos, la fraicheur grignote le derme. Tout se met en branle et les étagères se cassent la gueule dans un bruit sourd. Le réveil.

Et l’envie de se perdre
Dans les nuits l’un dans l’autre
Peut-être que j’y ai cru.
Je sais plus. Je sais plus
.

Mirettes écarquillées qui se froissent sous les rayons de l’astre rieur. Corps dévoilé au regard de l’autre et aussitôt la main balaye l’insolente qui glissait sur la peau tendre. Le cœur rate un battement ou deux ou trois. Je le mire sans savoir ce que je dois ressentir. Pourquoi ? Qui t’a donné l’autorisation, le droit de faire comme si tu étais chez toi ? J’ai envie de hurler, de lui gueuler qu’il doit se barrer, de le menacer aussi. Lui dire que s’il parle, s’il révèle ce qu’il a vu, je ferai de sa vie un enfer brûlant. Ajouter que je me fous de sa facilité à buter, qu’il peut bien me tuer si ça lui chante et qu’il n’aura plus jamais de monnaie en échange.
Je pousse un léger grognement d’inconfort, soupir lorsqu’il tente de briser le silence dégueulasse et pesant qui nous gobe. Et la question de trop, celle qui me raidit plus encore.
Les prunelles vissées aux siennes, la mâchoire se serre et se serre, réprime les injures qui ne cherchent qu’à passer la barrière de mes lèvres.

« Cela ne te regarde pas. » dis-je dans un claquement de langue, après ce qui m’a paru être une éternité.

Emmitouflée dans cette couverture, seul rempart à sa vue ; je me dresse sur mes guibolles, chancèle et accroche la commode. Mimine tremblante, le palpitant tambourine dans la cage thoracique. C’est comme si le monde tout entier se mettait à vaciller sous mes pieds.
Et il est toujours là, à traîner dans mes pattes, me foutant dans une rage folle.

« Sors de là ! Ouvre le frigo et sers-toi. Et putain surtout, ferme-la. »



Le corps parfaitement planqué sous des fringues, je débarque dans la cuisine et balance sur la table l’enveloppe contenant le pognon.
Ton professionnel emprunté pour couvrir la gêne qu’il provoque dès qu’il rentre dans mon champ de vision.

« La moitié, l’autre quand t’auras terminé le boulot. »

Les bras se croisent et le minois se ferme, lui indiquant clairement que sa présence n’est plus requise ici. Et peut-être que j’aurais pu vouloir un rab de sexe après le petit déj, ouais, pour se quitter avec un joli sourire accroché aux babines. Au lieu de ça, il a tout gâché et j’ai qu’une hâte, c’est qu’il s’en aille. Je rajoute des conditions à notre affaire, juste pour l’emmerder, juste pour lui spécifier que je détiens le blé.

« Cela doit être réglé demain. Ramène-toi dans la soirée chez moi si tu veux être payé. Arrête de bouffer et casse-toi maintenant. »


L’idiome cingle le mâle qui n’aura jamais connu ce visage là auparavant. Les petons nus foulent le parquet ciré, traversent le salon et l’entrée pour en ouvrir la porte.
Bouge de chez moi avant que je ne me mette en tête que te cogner peut-être une solution sympa.

Tu y crois toi ? Les enfants de l'amour ?
Moi putain j'ai du mal,
Doit y avoir autre chose.


(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Saez


Dernière édition par Angie Carlsson le Lun 23 Avr - 0:31, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)   Mar 17 Avr - 0:29

And my scars remind me that the past is real

Angie & Andreï

J’ai quatre ans. Et je ne comprends pas beaucoup de choses. En fait, je ne comprends qu’une seule chose : on ne m’aime pas. Je ne mérite même pas d’être aimé. J’ai de la chance d’être en vie, c’est ce que l’on me dit. J’ai de la chance qu’on me donne à manger, c’est ce qu’on me crache, quand on me jette un bout de pain dans la soupe incolore. J’ai cinq ans, et personne ne m’aime, personne ne veut être mon ami, parce que je ne mérite pas d’être aimé, et parce que je ne mérite pas d’avoir d’amis. La dame, là-bas, de l’autre côté de la rue, je sais que c’est elle. Elle a de longs cheveux blonds, elle a de grands yeux marrons, elle a même un faux sourire sur les lèvres. Je la regarde tous les jours, quand elle vient chercher un sac de farine chez Monsieur Grassier. Tous les jours, je me cache, je grimpe par-là, et ensuite, je rampe un peu derrière les poutres, puis je grimpe là, et là, je la vois. Je la regarde. Sans qu’on me voie, parce qu’il ne faut pas qu’on me voie. Surtout pas elle. Quand elle vient voir les gens, on me frappe, on me pousse, on me jette dans la cave parce qu’il ne faut pas qu’elle me voie. Je lui fais du mal, qu’on m’a dit. C’est sa mère, qu’on a chuchoté, aussi. C’est la mère du p’tit boche, qu’ils ont dit. C’est ma mère, à ce qu’ils disent, mais c’est pas ma mère, parce qu’elle ne veut pas que je sois son fils, et ça, je l’ai vite compris. Je me dresse sur la pointe des pieds pour la regarder. « CONSTANT ! » Je sursaute, je trébuche, je tombe, je hurle sous le craquement de ma cheville, sous la douleur de l’éclat de bois qui s’est enfoncé dans ma cuisse. On me prend par le poignet, on me traîne, on me tire, on me pousse : elle s’est tournée dans ma direction et il ne faut pas qu’elle me voie, il ne faut pas qu’elle se souvienne que j’existe, qu’ils ont dit. J’ai six ans, et l’autre gros Grassier me tient par l’épaule, avec ses mains qui font mal, et qui marquent ma peau. Il s’en fiche, de toute façon, parce qu’il m’a déjà giflé, si fort que j’ai la lèvre qui saigne. Et tout le monde s’en fiche. Sauf Suzanne, mais Suzanne, elle n’ose pas me défendre. « Espèce ce petit voleur, on devrait te couper la main gauche ! » J’ai envie de disparaître, je rentre ma tête entre mes épaules pour ça. Mais je me rends bien compte que ça ne sert à rien. Parce qu’ils me voient, ils me voient toujours lorsqu’il y a quelque chose qui ne va pas. Quand quelque chose disparaît, c’est moi le voleur. Quand une vache tombe malade, c’est de ma faute. Et elle, qui s’est cassée le bras, c’est de ma faute aussi. Et les impôts qui ont augmenté, c’est de ma faute encore. Que je veuille être invisible ou pas, c’est du pareil au même : je redresse le menton. « Et insolent avec ça ! » Je me mords la lèvre. « C’est pas moi, m’sieur. » Une rouste, une deuxième. Et ses mains qui viennent défaire sa ceinture. Même quand c’est pas moi, c’est toujours pareil. Même quand j’ai rien fait, c’est toujours moi le coupable. Alors quitte à être puni, pourquoi est-ce que ce ne serait pas justifié, pour une fois ? J’ai sept ans. Je sers le poing. Je refuse de trembler, même lorsque je dois enlever mon tee-shirt, parce que si je le tâche, je n’en aurai pas d’autre avant septembre, c’est ce qu’ils ont dit. M’en fiche. J’ai sept ans, et je les hais, je les hais comme jamais et même elle, je la hais comme jamais. Et lui, plus que tout encore, parce que c’est à cause de lui que j’ai pas le droit, que j’ai même pas le droit d’être aimé, je ne mérite pas d’être aimé, c’est à cause de lui que j’suis qu’un monstre. Je sers le poing, et je me crispe. M’en fiche. Il ne le retrouvera pas, son fric, parce qu’avec son fric, j’vais me casser d’là. Et j’reviendrai plus jamais. Avec son fric, j’vais m’casser d’là pour le retrouver et avec son couteau, j’vais le tuer et me libérer de lui. Je sers les poings, je sers les dents. Et je tiens deux coups avant de commencer à gémir. M’en fiche. La prochaine fois, je tiendrai quatre.

Je sers le poing. M’assois sur le bord du lit, le visage grave, fermé. Songeur. Marrant comme de simples traces, laissées sur une peau enfantine, vieillies, tirées par l’âge et les formes, agrandies, blanchies, peuvent être reconnaissables entre mille. J’en ai d’autres. Sur les bras, des cicatrices. Sur le visage, des cicatrices. Sur le torse, des cicatrices, et sacrément mauvaises, de celles que ne peuvent laisser que les assassins sur d’autres assassins. Mais aux milieux d’elles, discrètes, elles sont toujours là. Tout comme elles se sont attardées sur elle. Elles sont inscrites dans sa chair, corps dévoilé, sourires et rires sadiques qui sont dessinés sous mes doigts, sous cette main insolente qui cherche à comprendre, les sourires et les rires sadiques de tous ceux qui m’ont appris à haïr avec intensité. Je croise son regard, je le croise le temps de ne strictement rien y lire de ce que je cherche. Et je n’y cherche rien. Je n’y trouve rien. Je ne sens qu’un battement de cœur, raté. Je n’entends qu’un soupir, écœuré. Je ne romps qu’un silence, pesant, avec la seule question que je parviens à formuler, détaché, distant, hors-sujet. Complétée par une remarque, une faim que rien de ce qu’elle ne pourra me proposer ne saura satisfaire. Une curiosité asphyxiante. Qui bat à mes tempes. Qui me pousse à céder : deuxième question. Dont j’aurais pu me passer, ouais, mais qui a pressé tant et tant sur mes lèvres que je n’ai pu que la cracher. « Cela ne te regarde pas. » Qu’elle me répond. « Ah. », que je réponds, avec insolence. Avec une insolence pendante à mes lèvres, quand je me relève, pour mieux suivre son mouvement, son corps caché derrière une couverture qui ne fait que voiler ce que j’ai déjà vu. « Sors de là ! Ouvre le frigo et sers-toi. Et putain surtout, ferme-la. » Je lève les yeux au ciel, me pare d’un énième regard inquisiteur, avant de m’exécuter parce qu’obéir, obéir à celui qui a le pouvoir, et l’argent est un pouvoir, c’est ce qu’on m’a inculqué. Je sors dans un haussement d’épaule. Ramasse au passage ma chemise. Ma veste.

Mon fric. J’ai foutu tout ce que j’ai pu trouver de conservable dans mes poches, dans mon sac, pas du trop visible mais du pratique, histoire de le refourguer à Mikkel quand je le verrai. J’ai les poches alourdis de conserves, peuplées de barres de céréales, et une pomme perdue dans ma gueule, cendre laissée sur ma langue, illusion offerte à mon employeuse dont je détaille maintenant chacun de ses membres en cherchant derrière le tissu ces rires et ces sourires sadiques laissés sur sa peau. Ceux qu’elle cache. Je récupère le fric. Compte les billets dans l’enveloppe. « La moitié, l’autre quand t’auras terminé le boulot. » Ignore ses bras croisés, son visage fermé, ignore même l’invitation à déguerpir. « Cela doit être réglé demain. Ramène-toi dans la soirée chez moi si tu veux être payé. Arrête de bouffer et casse-toi maintenant. » J’ai la bouche pleine d’une pomme à moitié avalée, dégueulasse, la pomme. Produit de luxe, maintenant, c’est pour ça que je l’ai prise, hein, mais dégueulasse quand même pour un mec comme moi. Je crache ce que je mâchais sur la table, pose à côté la pomme à moitié bouffée. Glisse définitivement l’enveloppe dans ma poche. « Comme tu veux. Je reviens ce soir. » Je détaille sa nuque, ses courbes, ses jambes – interminables – et ses pieds nus. Remonte jusqu’à son visage : dommage, je serais bien resté. M’enfin. Demain ça doit être réglé ? Si j’ai l’autre moitié du paquet de fric qu’elle m’a filé après, elle peut s’attendre à me voir ce soir. Je suis du genre plus que ponctuel quand on me parle de fric. Dans tous les cas, après un dernier regard inquisiteur – bordel, y’a vraiment rien qui dépasse, quand moi, on peut même voir un dérapage dans ma nuque – je me dirige vers la porte. Soupire. Me retourne pour lancer dans un demi-sourire. « J’avais quatre ans. » Et me barrer, parce que j’ai aucune raison de rester. Et que de toute manière, je reviens ce soir.

Ce soir. Ça n’a pas été trop compliqué. Rien n’est jamais trop compliqué pour moi, en même temps, à partir du moment où je m’en sors indemne. Je sais même pas ce qu’elle a fait, la meuf, mais maintenant j’ai plus faim, et les crocos du Bayou ont eu leur repas du soir. Ont même failli avoir double ration, elle était bien, bien plus coriace qu’attendu, j’ai même été à deux doigts de regretter de ne pas lui avoir foutu une balle dans le crâne à distance, histoire de, hein, voilà. Quoiqu’il en soit, j’ai encore l’épaule douloureuse, et une plaie qui se résorbe vite sous un pansement fait avec les moyens du bord, quand je suis à nouveau à sa porte et que la nuit tombe. Quand j’envisage de sonner, que je préfère me fondre parmi les ombres pour trouver la fenêtre de sa chambre, ouais, celle que j’ai ouverte ce matin. Que j’ai repérée, aussi : mécanisme, emplacement, fonctionnement, faiblesse. J’ai connu plus compliqué, là encore, mais bon, je ne vais pas me plaindre. Ma veste tombe sur le lit. Et moi, je trouve plus facilement que ce matin le chemin de sa cuisine. Disons que j’arrive juste dans le mauvais sens. Je balance le portefeuille de ma cible, portefeuille ensanglanté dans la direction de mon employeuse. « Tiens, ta preuve. Y’aura pas de corps. » D’autorité j’avise le frigo. Vois plutôt la panière de fruits, hésite entre la pomme et l’orange. « J’ai une pomme inachevée. Et une conversation inachevée aussi. » Ouais. Et si avec ça elle n’a pas compris que je compte rester ce soir, je ne peux plus rien pour elle.

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MessageSujet: Re: And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)   Mar 17 Avr - 16:17


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And my scars remind me that the past is real

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.
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Et le tueur se fait voleur, poches pleines qu’il pense peut-être que je ne vois pas. C’est que ça n’a jamais été facile de dissimuler des boites de conserves. Heureusement que tu t’es tourné dans l’art et la manière de manipuler une arme, de toute évidence, t’aurais été incapable de dérober quoi que ce soit sans te faire repérer.
Je lâche un soupir las, regarde la pomme s’échouer sur le plan de travail quand les morceaux à peine mâchés sont recrachés. Les bras restent solidement croisés alors qu’il passe juste à côté. Son regard inspecte la chair, je le sens, je le sais. Braquée, emmurée derrière ce silence atroce et pesant, mes billes émeraude le mirent avec un dédain glacial. La paume encercle la poignée de la porte, le congédiant sur-le-champ. Et je voudrais lui dire qu’il n’a pas besoin de revenir ce soir. Que j’ai parlé de demain justement pour prendre le temps de souffler de m’apaiser. Qu’est-ce que tu crois ? T’as rouvert les plaies qui suintent et qui suppurent. Tu t’attendais à ce que je te parle d’un passé que j’ai mis des années à mettre de côté ?
L’âge balancé derrière un demi-sourire. Mais la porte claque sur sa compassion. J’en ai pas besoin, j’en ai jamais eu besoin.
Tu penses être cet homme qui, d’un sourire et d’une caresse sur la joue peut effacer les marques ? Celles invisibles à l’œil, celles qui écorchent à l’intérieur, celles qui brisent et anéantissent. Sois pas ridicule. Personne n’a ce pouvoir-là. C’est des conneries tout ça.
Les verrous s’actionnent les uns après les autres. Le dos glisse le long des boiseries et je me recroqueville. Cul sur le sol, les mimines massent les tempes comme pour écarter la migraine. Celle qui se réveille à cause des images qui m’assaillent et me crèvent.

Y a la tune et la gloire
Et l'odeur des charniers
Le devoir de mémoire
Les prénoms oubliés

L’âge négligé comme toutes ces années qui ont défilé. Je ne sais même plus très bien quand ça a commencé parce qu’il criait tout le temps. Parce que j’étais habituée à ce qu’on ne s’occupe pas de moi, à me faire toute petite, à sourire sur commande. Après tout, c’était de ma faute si j’existais, ma faute si je respirais. Et quand je voyais les autres, je pensais qu’ils faisaient semblant, eux aussi. Pour pas que la méchante dame des services sociaux m’emmène, me retire à ce père et à cette mère qui pourtant n’en avaient rien à faire.
Maman coiffe mes cheveux trop courts, elle dit que si on me demande ce qui est arrivé, je dois expliquer que j’ai joué avec les ciseaux. Elle dit qu’il faut mentir, dissimuler la vérité si je veux pas qu’on m’emmène. Et elle répète qu’ailleurs ce sera pire, ce sera horrible et qu’ici j’ai au moins la chance d’être nourrie. Maman me demande de sourire, comprend pas comment une gosse comme moi peut faire la gueule à longueur de temps. « Fais semblant, fais comme si t’étais heureuse, t’es bien ici, pas vrai chérie ? » Les mots doux offerts que le temps d’une visite, que pour amadouer ma petite gueule enfantine. Et j’y ai cru, un nombre incalculable de fois. J’y ai cru, ouais, aux ma chérie, mon ange, ma poupée. J’ai pensé qu’ils m’aimaient. Et peut-être que c’est vrai, qu’ils y arrivaient quand ils n’étaient pas bourrés ou shootés. Qu’est-ce que j’en sais.
Y a le bruit de la ceinture qui claque. Le cuir contre la chair. Un claquement sinistre. Y a le bruit de la peau qui se consume sous le bâton incandescent et l’odeur, ouais, l’odeur de barbaque grillée.
La flagrance dégueulasse emplit mon air, je suffoque l’espace de quelques instants. Les délires ancrés à la psyché, je rampe et rampe dans la salle de bains, me fous sous la flotte qui dégueule du pommeau de douche. Le froid me mord le derme et la tête cogne, cogne et cogne la faïence. Jusqu’à ce que ça résonne fort dans ma caboche.
L’incarnat tache la faïence trop blanche et si la flotte a cessé de couler, je reste recroquevillée dans le carré douche, incapable de bouger. Là, sous le coton, les traces de leurs méfaits. Là, sous le coton, les traces de celle que je suis en réalité. La môme abusée et maltraitée. Et je frotte et frotte, frénétique, les stigmates qu’ils ont imprimés. Je frotte et frotte dans l’idée stupide de les éradiquer. Notion du temps absente ; les minutes ou les heures s’étirent et s’étirent avant que les cauchemars qui peuplent mon encéphale retournent dans leur cage.



À quatre pattes dans ma cuisine, les phalanges repoussent les produits ménagers qui sont sous l’évier jusqu’à trouver l’illégale, l’irremplaçable. Bouteille de whisky vidée de moitié, le genre bien planqué pour ne pas se faire choper. Une fine couche de poussière recouvre le bouchon et ses rondeurs. Je ne prends pas le temps de m’extasier sur la conservation que j’enquille plusieurs gorgées qui viennent me brûler le gosier. L’alcool pour abrutir les sens, l’alcool pour ne plus penser aux atrocités, l’alcool en seul et unique allié dans l’adversité.
Boire, boire, boire encore et encore jusqu’à ne plus se souvenir du pourquoi et du comment qui m’a conduit à picoler, seule, sur le canapé. Penser l’espace d’une seconde ou deux que je ne vaux pas mieux que ceux qui m’ont engendré. Puis se mettre à rigoler, ouais, à rire à gorge déployée avant de gerber dans les chiottes étriquées.
Décuver et oublier ce putain de sablier ; s’aliéner devant les conneries de propagande diffusée à la télé. La solitude en horreur et pourtant en compagne éternelle.
Dans la cuisine, le verre de jus de tomate va servir à neutraliser les nausées. Je sursaute lorsque des pas suivis d’une voix emplissent mon espace. C’est lui.
Un portefeuille en cuir laisse une trainée de carmin sur ma table avant de se stopper devant mes mirettes. Y a toujours le même dédain dans les prunelles lorsque le regard se pose sur sa silhouette. Les phalanges récupèrent le précieux, l’ouvrent pour m’assurer de l’identité du nuisible qui repose désormais… dans des poubelles ou dans l’estomac d’une quelconque bestiole affamée. Le mâle fait comme s’il était chez lui, se permet de poser ses pattes dégueulasses sur la panière de fruits.

La colère enfle sous les côtes et les mots crèvent sur le bout de ma langue, incapable de formuler le moindre mot. Il continue, le bougre, parle de pomme et de conversation inachevée. Et qu’est-ce que tu veux que ça me foute ? Il me semble que je n’ai pas laissé planer de doute sur le fait que je n’ai pas envie de discuter.
Je me plante entre lui et mes fruits, claque sa main comme on le ferait avec un gamin.

« T’as les mains sales. » sifflé-je.

Le geste embrase l’ire et ouvre les vannes. Les paumes se plaquent sur les épaules masculines et repoussent avec force. Ça gronde à l’intérieur de ma cage thoracique.

« Tu t’attendais à quoi ? Que je me mette à chialer dans tes bras en te racontant mon histoire, sérieusement ? Oh laisse-moi deviner, t’étais un petit garçon maltraité, le genre qu’on a élevé avec des coups de pied au cul ? Mais va te faire foutre. »


Mots crachés avec aigreur. Et mon incapacité à lire dans son regard me bute, me fait dérailler. Je me jette sur lui sans réfléchir, frappe, frappe tout ce qui se trouve à portée de main. La violence en poison qui dégueule par tous les pores de ma peau. La violence qui lui éclate en pleine poire. Ils disent qu’il ne faut pas reproduire le même schéma, qu’il faut s’en éloigner le plus possible pour retrouver un semblant d’équilibre… Mais je m’en fous, ouais, je m’en fous d’être comme lui, comme eux. C’est ce que je suis, c’est ce qui est inscrit dans mes gènes bâtards.

« C’est ça ! C’est ça que tu veux !? » feulé-je, ivre de rage.

C’est ça que tu veux ; les coups dans la gueule, la soumission dans les cris et la droiture dans le poing. C’est ça que tu veux ; courber l’échine et compter les ecchymoses à la fin du combat lorsqu’il fait noir et qu’ils ne veulent plus te voir. C’est ça que tu veux ; te souvenir de la chaleur des flammes de l’enfer et du goût de la terre. C’est ça que tu veux ; qu’on se bute, qu’on se déchire, qu’on s’embrase, qu’on se massacre, qu’on se souvienne de tout ce qu’on était et de ce qu’on est devenus. Putain. Putain qu’est-ce que t’es con quand tu t’y mets.
Le minois se déforme et les gouttes salines le salopent. Parce qu’il y a toujours la môme qui vit à l’intérieur de l’organe défoncé. Cette môme qui se demande ce qu’elle a fait et pourquoi ses mains tremblent de trop le frapper.
T’avais juste à venir demain. T’avais juste à oublier ce que t’avais vu. Mais fallait que tu la ramènes, que tu cherches à comprendre les pourquoi quand les comment sont encore ancrés à ma mémoire. Comment tu fais, toi, pour respirer, pour vivre, pour en parler ?  Comment tu fais, toi, pour te regarder dans le miroir chaque matin, pour sourire, pour avancer ?

Le mâle me maîtrise trop vite pendant que je râle et que je chiale. J’ai autant envie de le cogner que de poser mon crâne sur son torse et laisser ses battements me calmer.
Je me débats avant d’abdiquer. Et dans le vert de mes yeux il n’y a plus qu’un vaste champ de bataille où tout est mort, où tout est gris. Y a pas de pardon qui vient franchir la barrière de mes lippes. Pas de désolée qui vient se frayer un chemin. Y a rien. Rien que mon regard ancré dans le sien.

Parce qu'on est égoïste
Qu'il suffirait d'aimer
Et de se consumer
Mais qu'aimer de travers
Peut mener en enfer.


(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Saez

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Si tu cherches la sympathie,
tu la trouveras dans le dictionnaire
entre salaud et syphilis


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MessageSujet: Re: And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)   Dim 22 Avr - 21:50

And my scars remind me that the past is real

Angie & Andreï

Alors du coup, c’est ça, une douleur fantôme ? Une douleur qui revient, lancinante, qui explose dans ton dos sans raison, qui marbre ta chair d’une longue traînée écarlate et disparaît aussitôt ? Alors c’est ça, une douleur fantôme, un souvenir un peu trop vivace d’avoir été réveillé, alors qu’il était sagement enseveli sous un tas de déchet depuis plus de vingt, soixante-dix ans ? Alors c’est ça, une douleur fantôme ? Une courbature, une gêne qui s’amplifie, une marque immatérielle ? Je serre le poing, épaule encore douloureuse du mauvais coup que je me suis pris, épaule encore meurtrie, seule blessure réelle dans ces courbatures qui n’en finissent pas. Sur tout mon dos. Je rêve où c’est juste un môme ? Voix arrachée du passé, j’ai besoin d’un verre pour l’y remettre et l’y enfermer à nouveau, je crois. Tu viens d’où, gamin ? Je jette ma veste sur le lit, retrace le même chemin que ce matin pour atteindre sa cuisine. Son salon. Un endroit où je peux dénicher quelque chose, n’importe qui, mais au moins un truc à besoin, à bouffer, pour me changer les idées. Elle est là. Et détailler son corps, ses habits, chercher ce qu’il y a de caché, dessous. Vaurien, t’aurais jamais dû naître. Dégage. Dégagez, putain de souvenirs. Je balance le portefeuille, elle voulait une preuve c’est ça ?, sans me soucier des gouttes de sang qu’il laisse et qu’il porte, sans me soucier de rien de tout ça. Son dédain, je le reçois avec un sourire crispé, forcé, insolent. Mauvais graine, tu ne vaux pas mieux que ton père. Qu’est ce que je lui ai dit ce matin ? J’avais quatre ans, ouais. Quatre ans gravés au fer rouge, comme les coups, comme la haine et le mépris. Je suis blindé contre le dédain, je crois. Et j’ai faim, par réflexe. Je vois de la bouffe, j’ai faim, même si ça ne va pas me nourrir, même si ça va se contenter de descendre dans mon estomac comme une traînée de poudre, collée aux parois de ma trachée, collée aux muqueuses de mon œsophage. Parce que je vois de la bouffe, je mange, j’suis pas mieux qu’un rat. La seule question, c’est orange ou pomme ? La seule question, c’est est-ce qu’elle va répondre ou pas ? Claque sur la main, je lui lance un regard outré. « Quoi ?! » Elle s’interpose entre moi et la bouffe. Ça va pas dans son crâne ? « T’as les mains sales. » Ah ? Je regarde mes mains, pas les plus propres du monde, ouais, mais peut-être qu’elle ne parle pas uniquement de ce que mes mains d’assassin ont pu faire en soixante dix ans ni des endroits où elles ont pu traîner aussi, à commencer par sa propre chair, tiens. J’imagine qu’elle ne parle pas non plus que de la poussière qui les maculent, et du carmin qui s’y écaille. Ni que… Mains contre mes épaules, « Wow ! » Je n’ai intérêt à la buter, je sais, on ne bute pas comme ça une employeuse qui paie bien, mais je dois mobiliser par mal de concentration pour ne par surréagir à une agression.

Parce que c’est une agression. Mains sur mes épaules, mains qui me repoussent : mes mains à moi se lèvent par réflexe, haut-les-mains-peau-d’lapin, prêtes à aller à la rencontrer de son visage, de sa carotide, de sa pomme d’adam, s’il le faut. Pas de ma faute, ordre de mon créateur. Je n’ai pas le droit de me tuer, ni de me faire tuer. Je dois tout faire pour rester en vie. Mains levées, prêtes à riposter. Mais je me défile pas. Qu’est-ce qu’elle a ? De la colère dans le regard. La même que dans le mien. J’suis pas profiler, j’suis pas psy, mais avant qu’elle commence à cracher, je comprends qu’elle va me répondre. J’avais quatre ans. « Tu t’attendais à quoi ? Que je me mette à chialer dans tes bras en te racontant mon histoire, sérieusement ? Oh laisse-moi deviner, t’étais un petit garçon maltraité, le genre qu’on a élevé avec des coups de pied au cul ? Mais va te faire foutre. » J’hausse les épaules, nonchalance. Vermine. A quoi j’m’attendais ? A rien. J’ai jamais rencontré d’gosse comme moi. Pas à ma connaissance. On m’a jamais foutu dans un club de rencontre pour enfants maltraités anonymes. Je m’suis même jamais considéré comme tel. Ça devait pas exister dans mon monde, les assistantes sociales. Les conneries dans le genre. Sois reconnaissant d’être en vie. Elle me frappe, elle ne peut rien me faire de mal, à force alors qu’elle me frappe. Je la laisse faire, j’essaye même pas de me défiler. Je me prends sa colère en pleine poire, ouais, parce qu’elle ne m’atteint pas. Elle glisse sur moi, ne m’écorche pas. Même pas. Je crois pas. Je ne pense pas. Je ne veux pas l’admettre. Sa colère, elle fait pas écho à la mienne, non. Elle me frappe, avec ce qui passe à portée, j’esquive juste tout ce qui peut toucher autre chose que mon torse, je bloque juste ce qui peut frapper mon visage. Et je recule, un peu. « C’est ça ! C’est ça que tu veux !? » Sa colère, elle m’atteint pas. Je ne veux pas qu’elle m’atteigne. Je ne veux pas voir que je commence à avoir du mal à respirer, et qu’à sa colère, je ne peux même pas répondre avec la mienne. Voleur, tel père tel fils faut croire. J’ai le cœur qui bat à tout rompre dans ma poitrine, et je finis par attraper ses mains, par attraper ses poignets. Pour l’immobiliser. « Arrête » J’ai une voix rauque. Tel père, tel fils, qu’ils disaient. Je verrouille ses bras, elle peut pas contrer l’assassin qui étrangle, le meurtrier qui abat, l’ancien militaire, la créature que je suis devenue, celle que j’étais. Je verrouille ses bras. « T’es ridicule » Qu’elle murmure, ma voix cassée, ma voix qui ne sait plus quoi faire. C’est Constant, m’dame, c’toujours Constant qui fait des bêtises. Toujours ce pauvre môme, hein, toujours un môme de quatre, de cinq, de six ans qui n’avait rien demandé à personne, hein. On aurait dû t’noyer à la naissance. Toujours ce môme, verrouillé dans ma gorge, qui hurle et se débat, qui vient de me frapper, de cogner ma poitrine, de cogner avec ces poings fermés d’une employeuse poussée à bout, d’une femme dont j’ai réveillé le dragon des souvenirs, d’une enfant comme moi, qui se cache quand moi je me suis contenté de fuir. Je me cache pas, j’en parle pas ; elle se cache. Est-ce qu’elle en a parlé ? Est-ce que ça vaut le coup d’en parler ?

Elle se débat, je l’immobilise. C’est ça que tu veux ? « J’en sais foutre rien de c’que je veux. » Et ça, c’est une foutue certitude. Je la repousse. J’suis pas du genre sentimental. Et le tactile, je le garde pour les parties de jambe en l’air. Je la repousse, je m’éloigne, pour prendre de la distance, reprendre un peu d’air aussi. Aviser un verre sur la table, rouge, lui aussi. Jus de quoi ? De tomate ? J’en sais rien, mais je le prends, parce qu’il n’y a rien de plus corsé. Et que mes mains tremblent, nerveusement. Je pose le verre dans un bruit sourd, sans l’avoir touché, me retourne vers elle, brutalement. « J’en sais rien de ce que je veux, Carlsson. J’veux pas de tes larmes, j’veux pas de tes confessions, j’veux pas ton histoire. Je veux juste… » J’en sais rien. « C’est juste que… t’es la première, okay ? » Et Anya ne compte pas, parce qu’Anya… ce n’est pas la même chose. « T’es la première que j’croise qui soit comme... qui puisse..., et… ce matin, ça a secoué la merde que j’avais foutue d’ssus pour tout cacher. » Elle est où, elle est passée où, ma foutue colère ? Celle qui a toujours été à mes côtés, celle qui s’est nourrie de la haine des gens, celle qui m’a blindé contre tout ? Elle est où, putain, quand j’ai besoin d’elle ? Parce que je tremble, parce que je sens dans ma poitrine mon cœur battre à toute vitesse, parce que les larmes qui sont sur ses joues, et bien je sens leurs sœurs sur les miennes. « Je sais pas c’que j’veux. J’vais pas t’dire que j’suis désolé, parce que c’pas d’ma faute. C’était pas de ma faute. » Ouais, c’est pas de ma faute, pourquoi est-ce que tout le monde a toujours cru que c’était de ma faute, hein ?

Est-ce que c’était de ma faute, quand mon père s’en est pris à une petite française ? Est-ce que c’était de ma faute, d’être né et de ne même pas avoir succombé à la mortalité infantile de l’époque ? Est-ce que c’était de ma faute, quand on s’est aperçu que j’avais ses cheveux blonds, ses yeux bleus, quand on s’est aperçu que j’avais tout d’un parfait aryen ? Est-ce que c’était de ma faute, quand je suis tombé amoureux de Lara, et pas d’Anya ? Quand j’ai pas su m’occuper correctement de Roman ? Quand Georg m’a arraché à mon fils pour me balancer dans une mission suicide ? Quand je suis arrivé trop tard pour retrouver Lara ? Est-ce qu’à un seul de ces moments-là, ça a été de ma faute ? Hein ? Alors pourquoi c’est moi qu’on blâme ? Pourquoi est-ce qu’on m’a toujours blâmé pour ces conneries ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à hurler, pourquoi est-ce que face à elle, je n’arrive pas à être colère, pourquoi est-ce que je pleure, bordel ? « J’veux pas être seul. J’avais quatre ans. J’comprenais pas pourquoi. Pourquoi ils me détestaient comme ça. » Et à parler d’eux, je la sens revenir. La colère. Colère dans mon poing. L’envie de la frapper. « Je veux savoir pourquoi. C’est ce que je veux savoir, c'que j'veux tout court. Je veux comprendre pourquoi. Tu sais pourquoi, toi ? » Qu'est-ce que ça peut me faire, qu'elle sache ? Je viens de lui dire que j'en avais rien à faire de son histoire. Je viens de mentir. C'est un poids dans la poitrine, exacerbé par Roman, par mon fils. Tel père tel fils, j'suis comme mon père. J'suis comme ceux qui m'ont nourri, vaguement, à défaut de m'avoir élevé. « J'sais pas c'que j'attends de cette discussion. Mais je veux pas être seul. J'me dis que... tu peux comprendre. Me comprendre. Y'a personne qui puisse. » Et Anya, elle peut pas ?

Anastasia, c'est différent.

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MessageSujet: Re: And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)   Mer 25 Avr - 23:18


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] & Angie Carlsson

And my scars remind me that the past is real

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.
(c) Baudelaire - icons (c) DΛNDELION





Allons ensemble
C'est un joli soir pour mourir
Et si ta main tremble
Dis-toi qu'il faut juste partir

Les bras sont emmêlés alors qu’il souffle d’arrêter. Je grogne juste un peu pour la forme, me repais de sa chaleur pendant une seconde ou deux. Je scille tout juste lorsqu’il ajoute que je suis ridicule. Pupilles ancrées à leurs opposées, son murmure prend écho dans ma poitrine et m’empêche de lui dire que c’est lui, lui l’imbécile. Lui qui a provoqué ce chaos en mon sein, lui qui a engendré la colère, qui a continué de la nourrir malgré les signes. Ces putains de signes que tu dois reconnaître d’un seul coup d’œil, ceux qui te font dire si ta victime sera coriace ou trop facile. Fais pas comme si tu ne savais pas que tu allais provoquer tout ça, qu’on allait se heurter l’un à l’autre à se blesser. De ces marques invisibles à l’œil qui pourtant égratignent à l’intérieur. Alors non, ne fais pas comme si t’étais un putain d’innocent alors que le gamin est là, au fond de toi, à gratter tes entrailles.
Les souffles sont trop proches, la proximité comme porte ouverte sur toute la merde qu’on dissimule. Et il me repousse, s’éloigne, prend de la distance. Cette distance salvatrice qui permet au palpitant de ne plus s’acharner à péter la cage thoracique. Les guibolles vacillent, je me retiens à un meuble, peine à retrouver mon air alors qu’il s’attarde, reste dos à moi comme s’il ne voulait plus me voir. Qu’est-ce que ça fait, de se contempler dans un miroir, Andreï ? Qu’est-ce que ça fait de ramasser les morceaux de verres et se les planter dans le bide en souvenir du bon vieux temps ?
Il prend ses aises et je m’en fous, ne lorgne que sur la largeur de son dos, dessine machinalement le creux de ses reins. Et il me fait face, balance toutes ces choses que je sais déjà. Qui aurait envie d’écouter l’histoire d’une enfant brisée, à part pour en comparer les détails sordides ? Personne. Et c’est pas parce qu’on se ressemble au fond, qu’on est obligés de faire ça. C’est pas parce que ça fait mal, qu’il faut mettre le doigt sur les blessures de l’autre. Ça soulage pas. Ça soulage jamais d’appuyer.

Les traits s’adoucissent lorsqu’il cause, de cette voix dénuée de tout. De toutes ces choses qu’on nous a volées. Je la sens rouler sur ma joue, cette perle saline qui représente à elle seule la rage et la douleur. Les mots en résonance à l’intime, l’ire disparaît pour ne laisser que les vestiges, les ruines de ce qu’elle détruit et bousille. Et je voudrais lui dire quelque chose, un truc intelligent, de détaché, de profondément mesquin juste pour qu’il finisse par se barrer. Mais je n’y arrive pas. Y a rien qui veut sortir d’entre mes lippes abîmées de trop se mordiller. L’envie ridicule de se nicher entre ses bras, de coller l’oreille sur sa poitrine et l’entendre dire et dire toutes ces choses que je ne sais pas formuler, que je n’ai jamais essayé de formuler. Le cœur rate un battement ou deux parce que c’est plus lui qui cause, c’est plus l’assassin, le tueur sanguinaire qui empoche le fric même s’il est sale. C’est rien que le môme abusé qui ne fait que jeter des petits cailloux à ma gosse apeurée. Et pourtant elle est là, ouais. Elle le regarde les lèvres pincées et les doigts se tortillent parce qu’elle ne sait pas quoi faire ou quoi dire pour pas paraître débile.
Personne ne peut comprendre sauf nous. Un nous que je voudrais flinguer rien que pour l’avoir utilisé. Ce nous. Ce lui et moi. Ce moi et lui. Ces deux gamins paumés qui s’entrouvrent la poitrine dans l’espoir de comprendre ce qui cloche, ce qui ne bat plus correctement. On est comme deux horloges pas à la bonne heure et y a rien à faire. La clé pour nous remonter, on l’a égarée avec le temps, en la recouvrant de crasse ou en fuyant.

Les hanches s’animent, le bassin se balance en rythme avec les pas qui viennent écraser la distance qui nous sépare. La gamine le dévisage de ses grands yeux verts et voudrait lui dire qu’elle comprend, qu’elle sait ce que ça fait, le rejet. Mais je la ravale, l’engloutie sous une tonne de chiasse, je la noie de mes propres mains. Le couteau posé sur le plan de travail est trouvé et serré entre mes phalanges avant que la lame ne vienne se poser sur son derme. J’oscille entre larmes et serrages de dents. Je voudrais qu’elle s’éteigne, la tristesse. Je voudrais qu’elle se foute en l’air, la garce qui me blesse et me fout plus bas que terre. La main tremble et l’arme est lâchée, retombe sur le sol dans un bruit qui me paraît assourdissant. Et ma plaie est là, devant lui, béante et suintante. [i]Mais t’as dit que tu voulais pas savoir, que tu voulais pas connaître l’histoire.


« Je ne me souviens pas. Je sais pas quel âge j’avais. Je crois que j’ai toujours su qu’ils ne m’aimeraient jamais. »

La confession larguée du bout des lèvres, le regard dans le vide. Ce vide que je fixe pour ne pas le voir lui, pour ne pas que ma souffrance se multiplie.
La violence des souvenirs me fait tanguer et perdre pied. À genoux sur le sol froid de ma cuisine, les mirettes s’égarent sur les aspérités du parquet, quelques éclats dissimulés sous les pieds de la table. Je sanglote comme une enfant. Je me souviens, tu sais. De tout, des mots qu’ils ont utilisés, des coups qu’ils ont donnés. Je me souviens de tout quand je voudrais tellement oublier. Et planquer ne suffit pas, faire comme si ça n’était jamais arrivé, non plus. Alors tu vois, mon truc à moi, c’est de faire mal aux autres, autant que moi j’ai mal. Et toi ? Toi pourquoi tu tues les gens si ce n’est pas une forme de vengeance douteuse contre tes parents ?
Je renifle bruyamment, essuie la morve d’un revers de main et l’étale sur ma manche. Je peux déjà l’entendre, ma mère. Piailler qu’il ne faut pas faire ça, que c’est dégueulasse tout en fermant les yeux sur mon père qui crache par terre. Les doigts pianotent sur ses cuisses et puis son ventre. Parce qu’il est là, face à moi, s’attend peut-être à ce que je donne des réponses à toutes les questions que je me pose aussi. Et je la repère, la marque qui sort de l’encolure de sa fringue. La phalange glisse dessus avant de se retirer comme si elle venait de se brûler.

Moi j'irai tuer mon père
Non je ne suis pas un ange
S'il faut toucher la lumière
En ces jours étranges

« T’es pas tout seul. »

Voix enfantine, engluée dans les sanglots. Les mains saisissent les pans du tee-shirt, l’inspiration est longue avant que je ne me décide à lui dévoiler l’impensable. À lui foutre sous le nez ce que je m’évertue à cacher. Parce que mon histoire, je pourrais jamais te la raconter, parce que ça vaut pas le coup de se remémorer toutes ces choses qui m’ont estropié.
Sa paluche immense dans la mienne, trop petite, est posée sur l’intérieur de mon bras. Je me saisis de son index, et lui fait caresser les brûlures de cigarettes. Celles qui laissent une cicatrice profonde et un peu ronde. Je regarde pas ce que je fais, me contente de tracer un parcours que je connais par cœur. Je peux sentir ses prunelles caresser ma peau et ça me dérange. Alors je me tourne, lui offre ce dos qu’il a aperçu plus tôt. Boursouflures marquant la chair au plus profond, le ceinturon préféré que mon père utilisait. Un cuir assez épais et noir qui a cédé à force d’être malmené. Il disait, répétait que c’était de ma faute. Alors il est revenu le lendemain, avec une ceinture plus fine. J’ai pensé que ça ferait moins mal mais j’avais tort. C’était incisif et plus piquant, ça saignait souvent. Parce qu’il ne savait plus s’arrêter, trouvait que ce n’était pas assez. C’était jamais assez. Il disait que voir mon dos en sang le remplissait de fierté parce qu’il m’avait châtié à la hauteur de mes méfaits. Alors que j’étais seulement coupable de respirer.
Je frissonne sous la pulpe de ses doigts, de ce frisson désagréable qui mord et qui pince l’échine. Contemplation malsaine, je me retourne et veux le voir.

« Enlève-le. Enlève ton tee-shirt. »


Ça sonne presque comme un ordre. Mais un ordre doucereux. Y a la curiosité dégueulasse qui me pousse à vouloir trouver les jumelles sur son corps comme si ça pouvait me soulager de savoir qu’il a eu mal, lui aussi. La vraie douleur, celle qui ne s’arrête pas, celle qui continue malgré les jours, les semaines, les mois et les années. Ce mal invisible qui gangrène le cœur et l’âme.
Le corps s’approche peut-être trop, vient empiéter son espace vital. Touche-moi, touche-moi encore mais comme si tu ne les voyais pas cette fois. Et laisse-moi, laisse-moi te caresser, oublier ce que je vois et me perdre dans tes bras. À défaut d’amour, unissions-nous dans le désespoir. Celui qui tord le bide à chaque pas, qui nous fait pas marcher droit.

On ira voir au clair de lune
Voir si le diable veut danser
Si dans nos yeux brûle l'écume
De ces océans enflammés



(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Saez

_________________

Si tu cherches la sympathie,
tu la trouveras dans le dictionnaire
entre salaud et syphilis
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And my scars remind me that the past is real (angie&andreï)

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