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 Mirror Of My Soul - Leslie

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Métier : Elle a le droit de vie ou de mort, Angie. Là, sur le bout de sa langue, une sentence irrévocable.
↳ Opinion Politique : La corruption est la base de toute société. Elle s'en fout, Angie. Elle s'en fout du moment qu'elle est à l'abri.
↳ Playlist : Bishop Briggs - White Flag / Woodkid - Iron / Ciara - Paint It, Black / Thirty Seconds To Mars - Rescue Me / Kodaline - The One
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MessageSujet: Mirror Of My Soul - Leslie   Ven 13 Avr - 17:22


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Mirror Of My Soul

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Je serai l’accident sur le bord de ta route.
La larme du poison cachée entre les gouttes.

La solitude en manteau et le désespoir en écharpe. Les guibolles mènent la danse infernale, celle qui conduit tout droit au précipice et aux vices.
Les mômes ont braillé et les femmes ont hurlé toute la sainte journée. Accusations formulées et sentences énoncées. Et j’ai toujours voulu savoir à quoi ils pensent juste avant la potence. Où vont leurs pensées. Est-ce qu’ils prient pour eux et leurs âmes ? Est-ce qu’ils pensent à des choses terre à terre comme « est-ce qu’il va pleuvoir demain ? Est-ce que j’ai rentré le linge qui séchait sur la corde ? » Peut-être cherchent-ils un dernier regard, celui nourri d’espoir qui veut dire que tout ira bien. Peut-être, ouais, qu’ils s’accrochent aux mensonges qu’on veut bien leur servir, la vie après la mort et toutes ces foutues conneries. Mais trop souvent ils beuglent leur innocence, finissent sans doute même par y croire réellement. C’est fou ce que le cerveau est capable de faire quand on y pense. Martelez-le d’une histoire invraisemblable, d’anecdotes ridicules et vous finirez par croire que tout ça vous est réellement arrivé.
Qu’importe ce qu’ils en disent, qu’importe qu’ils aboient et qu’ils mordent. Je brise des vies et des familles avec une facilité déconcertante. On me demande parfois si une raclure comme moi arrive à dormir la nuit. Alors je souris. Ouais, juste je souris, sans rien dire.
Mes nuits ne sont que cauchemars, des réminiscences qui me mordent l’âme. Je ne pleure pas vos morts. Je me fous de vos enfants, de votre femme, de votre mari, de votre père ou de votre mère. Je me fous de vos liens de parenté, de vos affiliations directes ou indirectes. Ouais, je m’en fous. Je ne vois jamais leurs visages derrière mes paupières. Je ne vois que Lui, que le père. Que son bras qui s’élève et sa paluche qui s’écrase et brûle mon derme. Mes nuits ne sont que les horreurs de mon enfance pendant que l’adulte pleure en silence.



Traverser les artères, s’engouffrer dans les venelles obscures et mollarder sur le trottoir défoncé. Croiser des hommes et des femmes. Ceux qui commandent tout et celles qui acceptent tout. Yeux de biche et corps débraillés, les cuisseaux se succèdent tout autant que les nibards compressés dans des brassières étriquées. Je peux les sentir peser sur moi, les regards de traviole. À se demander qui je suis, ce que je fous ici. Un peu trop propre, un peu trop chic, je réalise que sans Zach tout se complique. On me laisse passer à l’entrée, moyennant quelques billets que je n’aurais jamais eu à débourser avec mon comparse.
Les biftons sont fourrés dans sa pogne.

« Tu peux garder la monnaie. » craché-je, amère.

Il étire ses babines, dévoile une rangée de dents pourries qui me fait hoqueter et reculer d’instinct. Et derrière la porte en ferraille se trouve un monde. Des tables de poker, aux danseuses qui se dandinent au rythme d’une musique lascive qui me donne envie de fuir. Les dessous affriolants recueillent quelques billets, certaines quittent même l’endroit avec des clients. J’arrive à en sourire. Parce que ce monde est l’ensemble de mes addictions. Dégénérescences coulant dans les veines avant même que je ne naisse.
La carcasse s’échoue sur une table, à l’abri des regards - qui de toute évidence préfèrent le spectacle qu’offrent les allumeuses. La bulle de chewing-gum éclate et me fait redresser le minois. Elle semble jeune, trop jeune. La blondinette veut savoir ce que je veux boire et le verre d’ambre est commandé la laissant repartir, elle et ses couettes qui lui donnent un air de collégienne.
Et dans l’ombre je les regarde vivre, rire et sourire. Je les vois s’amuser d’un déhanché, baver sur les formes aguicheuses, quémander dans le creux de l’oreille une danse privative, loin des regards indiscrets. Je vois ces filles se trémousser, y prendre plaisir ou être parfaitement blasées. Y a les soupirs, des oui, des non, des peut-être. Un clampin se radine à ma table, s’installe sans même que je ne l’y autorise. Prunelles fixées à sa gueule, il renifle bruyamment à m’en filer la nausée.

« - On peut savoir c’qu’une nana dans ton genre vient foutre ici ? Pas trop peur d’abîmer tes fringues, la bourgeoise ? A moins qu’tu sois en mal de sensations fortes…
- Peut-être quelque chose dans ce genre-là.
- T’es du quoi du genre, merde, comment qu’on dit d’jà. Géfride … Freezée…
- Frigide.
- Ouais, ça.
- Non, j’ouvre très bien les cuisses.
- C’est qu’tu deviens intéressante quand tu t’y mets la bourgeoise. T’as p’tetre envie d’te faire sauter dans un recoin pour t’filer l’grand frisson, t’en dis quoi ?
- Que t’as une sale gueule et que tu schlingues la pisse. »

Son rire gras semble emplir la pièce. Quelques œillades nous sont lancées comme pour lui demander de la fermer. Sa paluche agrippe mon poignet qui parait ridicule entre ses doigts. Je retiens mais il tire d’un coup sec me faisant me demander s’il ne vient pas de me le démettre. Son front percute le mien dans une caresse qui se veut tendre. Son haleine alcoolisée me rappelle étrangement celle de mon paternel, me force à me détacher et à retrouver mon air.
Ses phalanges enserrent ma mâchoire et il hèle les gens comme un putain de taré.

« Hey r’gardez qui ont a là, ouais ouais ouais. Une p’tite sainte nitouche des beaux quartiers. P’tetre bien qu’on devrait lui montrer qu’c’est pas prudent de s’promener par ici. Nan ? »

Il s’esclaffe avant de prendre à pleine paume l’un de mes seins. La caboche turbine pour s’imprégner des détails. Les traits de son visage, son nez cassé, ses pupilles dilatées cerclées d’un océan profond. La pigmentation de sa peau et ses imperfections. Un grain de beauté sous l’œil droit et une cicatrice à la tempe. Un autre gars s’amène, vêtu de noir et la boule à Z. Sa voix trop douce dénote avec le personnage baraqué.

« Laisse-la. Un coup à s’attirer des emmerdes. »

Il peste et rechigne, le débile. Se persuade que je lui ai fait des avances et que j’ai envie de ça, moi aussi.

« Je vais partir. » largué-je avec des sanglots feins dans la voix.

Le manège persistera assez longtemps pour que toutes les billes soient tournées vers nous. C’est qu’il en fait du raffut, ce connard. Je m’extirpe de ses pattes, termine mon verre d’un seul trait et me barre fissa avant qu’il ne se mette en tête de me retrouver. Ce n’est pas comme si je n’avais pas enregistré ta face de rat et ton blase. Laisse-moi quelques jours avant de te retrouver et la petite bourgeoise saura te condamner à l’exil. La mort est trop douce pour les merdes dans ton genre. Je préfère que tu crèves la gueule ouverte derrière ces murs.
Je rage et enrage à l’idée de ne pas pouvoir me défendre sans attirer l’attention. Les talons foulent le sol dans un claquement régulier. Un frisson me parcourt l’échine, le genre inhabituel. Je m’arrête net et me retourne, sens une présence dans mon dos et espère qu’il ne s’agit pas de l’idiot du bar.

« Sors de ta cachette et m’emmerde pas, c’est quoi ton putain de problème le dégénéré ? »

Il n’y a qu’une ombre qui se dessine dans la nuit. Une ombre qui n’a pas de visage et qui ne semble pas avoir la stature du débile.
Je fais un pas en arrière puis deux, pense que le mieux est encore la fuite.

Je serai comme une ombre
A chacun de tes pas
Comme une maladie
Qui frappe et qui s'en va.


(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Saez

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Si tu cherches la sympathie,
tu la trouveras dans le dictionnaire
entre salaud et syphilis


Dernière édition par Angie Carlsson le Lun 23 Avr - 0:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mirror Of My Soul - Leslie   Mer 18 Avr - 20:22


Un détour dans le cœur de la civilisation avant de retourner se perdre dans la boue et la solitude. Allez, ça ne prendra pas longtemps. Pour se détendre. Des gamins au sourire presque trop grands pour leurs trognes, refuser aurait été injuste et prompt à balancer des envies de mutinerie dans leurs têtes. Ils sont trop occupés maintenant pour seulement y penser, les envoyés de l’extérieur qui se foutent des règles régissant la ville et qui en profitent. Allégrement au gré des verres qui s’alignent sur la table miteuse, des regards qui ne savent plus où se poser tant il y a de la chair à reluquer. Emmener un ancien addict dans un endroit pareil, charmante blague qui me laisse un goût doux-amer sur la langue. Mes compagnons de route y voient du plaisir et de l’allégresse passagère, pour moi ce n’est qu’un supplice de plus face auquel il est nécessaire de rester de marbre. Paraître tout du moins. Les relents d’alcool me tordent le ventre à chaque souffle chargé de tentations. Il m’est devenu presque vital de me focaliser sur mon pauvre verre. Flotte sans intérêt qui m’a valu moqueries et bravades. Céder serait si facile pourtant, elle tourne autour de nous comme un vautour, la jolie serveuse et ses œillades aguicheuses. Tellement près de le faire la dernière fois, le verre entre les doigts, l’esprit déjà embrumé sans y avoir touché. Peut-être est-ce là l’avantage d’avoir consommé avec excès, nul besoin de boire pour ressentir l’ivresse. J’en ai l’esquisse d’un rictus sombre sur les lèvres, les doigts qui s’enroulent plus fort contre le foutu verre.

Ils m’agacent, à brailler. Compagnons de route devenus aussi puéril que des gamins, avec les instincts d’adolescents en pleine soirée de débauche. La part de moi qui se dit sage les trouve pitoyables. L’autre en revanche regrette ce temps où tout était plus simple. Vieux, ça sonne presque comme une insulte, comme si elle était inscrite dans tous les regards. Ce type qui n’attire plus, hormis la pitié et l’envie de rire une fois son dos tourné. Les rires se mêlent, les leurs et ceux des créatures qui s’invitent à la table, font s’accroître le malaise. La gêne sous la peau et le besoin presque hurlant de casser quelques dents pour faire disparaître la tension dans le corps. A défaut de pouvoir l’apaiser d’une toute autre façon. J’en soupire, expulse un savant mélange de piteuse détresse et de lassitude. Ce détour était une mauvaise idée, dès le départ. Nid à emmerdes pour ceux qui ne font pas gaffe, à l’image d’un simple rire un peu trop gras parvient à s’attirer les foudres de regards noirs. Le mien dérive, pour suivre le mouvement et se pose sur la source de la nuisance. Couple éphémère sans grand intérêt. Une belle et sa bête, banalité d’un trou à rats comme celui-là. Allez Leslie, tiens prend un verre, ça te fera du bien. Certainement pas. Ou peut-être. Et le voilà, le verre tant espéré, tant redouté. Poussé à côté de ma flotte insipide par la main bienveillante d’un Will en pleine perte de contrôle sur lui-même. L’alcool et les jolies filles, les pires ennemis de l’homme. J’en souris, le regarde presque avec tendresse comme un parent peut le faire avec son gosse. Immédiatement, le cœur se pince. Troublé par ce vieux réflexe devenu inutile depuis bien des années et pourtant toujours présent.

Lâcher le premier verre revient à lâcher totalement prise. Embrigadé dans mes propres tourments, l’attention est alors déviée par de nouveaux éclats de voix. Le même bonhomme et sa proie du moment, visiblement peu intéressée par la proposition. Elle se libère de l’emprise, termine son verre et se lève. Je la fixe, sans gêne, me contrefous de ce qu’on pensera. Mais son visage me dit quelque chose. Ancré dans la mémoire d’une autre vie, il me faut racler la couche sale pour plonger plus profond encore dans la crasse dissimulée dans les abysses. Copine de Zilpha, plausible. Gamine éplorée d’un ancien détenu, j’en doute. Les visages passés en revue, deux s’extirpent du lot pour me sauter à la figure. Un ami disparu, ancien dépravé et l’autre, un important à l’attrait avéré pour les jeunettes. Putain de juge qui a donné la sentence, ma sentence. Mon exil, signé de sa bouche ourlée de ce rictus fier et cynique. Le sang ne fait qu’un tour dans les veines, macule ma vision de sa couleur écarlate. Les tripes pleines de haine, la vengeance sur la langue. Le monstre qui regrette presque que l’autre minable ne l’ait pas traînée de force dehors pour lui faire la peau. Monstre qui savoure l’occasion. Je me lève, plus brusque que prévu, l’alcool qui éclabousse sur la table et dont les effluves m’ensorcèlent. Compagnons de raids qui râlent devant le geste. Ils oublieront bien vite ma présence, nez dans les verres et les décolletés.

L’extérieur est presque trop calme après le raffut de l’intérieur. Fraîcheur bienvenue après la chaleur étouffante du bouge, j’en inspire à plein poumons et m’autorise un bref instant de flottement avant de me remettre à la poursuite de ma cible du jour. Les élancements de haine reviennent, bouffent les doigts et les reins, craquent sur la peau pour faire s’élever dans les entrailles les braises d’une délicieuse adrénaline. Ce n’est pas le coupable de mon exil, peu importe, elle était là. Elle fait partie de leur univers ridicule. Elle paiera, très certainement, pour tous ceux de son engeance. Les pas reprennent, s’engouffrent à sa suite. Presque aveugle tant les effluves de son odeur sont forts, me guident comme le ferait un néon en plein dans la rétine. Sa silhouette se devine enfin, fragile au milieu du rien. Gamine qui sait l’ouvrir. Inconsciente peut-être aussi de faire preuve d’autant de verve dans un tel endroit. Les pas en arrière, hors de question qu’elle s’échappe. Alors j’avance dans sa direction, redresse les épaules et toise la môme. « - Après un tel spectacle, il serait plus judicieux de faire profil bas, tu ne crois pas ? » Question rhétorique, je me fiche de sa réponse. Ma voix tressaille presque sur les accents d’une frustration harassante. Un rictus amer sur les lèvres, et la distance s’amenuise un peu plus entre nous. Suffisamment pour pouvoir lire ce qui s’affiche sur son joli visage de poupée. Porcelaine de façade cachant un masque d’acier, et une main de fer sous le velours.

« - Ca fait longtemps, Angie. Ravi de voir que tu te portes bien. » Mes doigts s’agitent dans sa direction, la désigne entièrement. Elle ne s’en souviendra certainement pas, de l’ancien ami de son père. De celui qui gravitait avec elle dans les hautes sphères, ces soirées vomissant le luxe et les discussions de fin du monde.

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† madness is sanity
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MessageSujet: Re: Mirror Of My Soul - Leslie   Jeu 19 Avr - 20:15


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Tu peux faire ta prière
J'ai fini de jouer.
Viens voir dans le désert
Aux mirages éclatés.

Il y a la méprise totale. Épaules larges et démarche assurée. Cette ombre qui se dessine avant d’apparaître devant mes mirettes. Les prunelles se plissent et détaillent la masse tandis que je calcule stupidement le nombre de pas qu’il me reste à faire pour bifurquer dans le vieil immeuble défraichit. Et t’es qui, toi, au juste ? La question qui pend au bout des lèvres quand pourtant les mots crèvent sur le bout de ma langue. Il cingle, le mâle. Mots savamment affutés  pour rappeler qu’ici il vaut mieux la boucler. Et c’est des conneries tout ça. Ne pas parler, ne rien dire et fuir, c’est pour les faibles. C’est signer son arrêt de mort avant même d’avoir fait la première foulée. Les gens qui ont peur, c’est ceux qui crèvent les premiers. La peur n’a jamais évité le danger et ça, moi je le sais. Alors la ramène pas, me fait pas croire qu’aboyer le premier n’est pas la meilleure solution dans les bas-fonds. Haussement d’épaules et pas de réponse. De cette réponse qu’il ne semble pas attendre, de cette réponse de tout le monde se fout, lui le premier.
Y a sa gueule qui s’éclaire dans la lumière d’une torche plantée là. Les flammes dansent dans ses prunelles et je ne saurais dire si c’est la haine ou un simple reflet. Peut-être les deux.
Entre ses lippes mon prénom détonne sans que je ne reconnaisse le moindre trait de sa trogne.
La mémoire est fouillée encore et encore. Les employés, les condamnés et je n’y trouve pas la moindre information à me foutre sous la dent.
Le minois se penche de côté et je l’étudie autant qu’il le fait avec moi.

« Faut croire que je n’ai pas eu besoin de toi pour ça. » largué-je à demi-voix.

Faciès oublié autant que le nom qu’il peut porter. Je fais un pas de côté, balance une œillade en fixant l’entrée de l’immeuble. Un… Deux… Trois… Dix… Quinze. Et la peur s’installe dans la tripaille, fait des nœuds à me tordre en deux. L’encéphale s’emballe et la conclusion me saute aux yeux. Ce mec ne me connaît pas, pas vraiment. C’est peut-être un père, un frère, un mari d’un ou d’une condamnée ou juste un putain de cinglé qui doit assister aux jugements que je peux donner. En direct ou à la télé, qu’importe.

« Je crois qu’on a plus rien se dire. Rien a changé. »

Non rien. Je suis toujours la même fille avec ses peurs et ses délires. Je suis toujours celle qu’on l’on déteste, que l’on envie parfois sans se l’avouer. Dans la Haine, y a personne à décevoir.
J’esquisse un pas puis deux dans l’idée de lui tourner le dos. Mais c’est qu’il s’avance, ce connard. Et je me penche, récupère mes pompes puis l’autre avant de lui balancer en pleine gueule et détaler comme un bon petit lapin. À la première enjambée le bas de la robe se déchire dans un craquement sinistre. Et je compte et compte les pas qui me séparent de cette putain de porte. Le type sur mes talons, j’ai affreusement de mal à le distancer, me faufile dans les interstices qui n’accueillent pas son épaisse carcasse de mâle. Coincé derrière les planches de bois qui lui barrent le passage, je le regarde s’affairer et les arracher une à une dans une réflexion morbide. La psyché frappée par les réminiscences d’un passé pas si lointain. Son visage se dessine et lui redonne vie. Il dénotait parmi les invités et ne riait pas aux blagues vaseuses des supérieurs. L’ennui profond dans le regard et le corps étriqué dans des fringues qui n’ont jamais su lui aller. Je m’en souviens parce que tu es l’un des seuls à qui mes charmes ne font strictement rien. J’ai papillonné des yeux et j’ai tenté de te tenir à l’écart, loin de tous ces odieux. Et t’as dit non. Tu m’as dit non à moi.
Ire palpable qui jaillit comme deux feux ardents de ses orbes. Mes jambes me gueulent qu’il faut courir quand ma tête elle, ne répond plus à rien, trop occupée à recomposer des bribes du passé.
Et je me souviens trop tard du jugement, de la sentence proférée par cet enculé. Il serre trop fort mon bras qui blanchit entre ses phalanges. Je pourrais lui dire qu’il est mort, ce juge qui lui a volé ces années. Je pourrais lui dire que je m’en suis chargée, qu’il n’a même pas à me remercier. Ouais, je pourrais lui dire ça, hautaine alors même qu’il m’envoie à terre.

Carcasse rachitique secouée sous la pogne masculine, je n’entends rien, rien que le sang qui bat mes tempes. Sous les côtes, la haine vicelarde gonfle et gonfle. Y a le souffle brûlant et la douleur cuisante. Les guibolles tremblent et me portent, les ongles s’enfoncent dans la chair et lui griffe le visage. L’envie soudaine de planter mes pouces dans ses orbes fait briller mon regard d’une lueur malsaine.
La violence en habitude. La violence en addiction mortelle.
Et je me glisse dans la pièce d’à côté, m’arme d’une poêle encrassée et le menace.

« Tu veux quoi ? Que j’te dise pardon ? Que j’te dise que j’suis désolée et pourquoi, hein ? Parce que t’as moisi quelque part, enfermé ? Tu veux m’dire qu’on t’a maltraité, que t’as subi des abus ? T’sais quoi, ouais, t’sais quoi, si ça avait été moi, j’t’aurais fait buter comme un putain de clébard. » feulé-je.

Et donner de l’importance aux mots pour toucher et blesser. Pas la chair, pas cette putain d’enveloppe corporelle. Non. Pour blesser au plus profond, pour réveiller les démons.
Et j’espère que t’as subi l’improbable, qu’on t’a fait du mal. J’espère qu’on t’a craché à la gueule et qu’ils ont jubilé lors de ta chute. Viens pas m’faire la morale alors que tu vaux certainement pas mieux que moi.

L’acier percute son avant-bras, rate sa tête alors même que l’on bascule, tous les deux emmêlés dans les toiles d’araignées. Mes phalanges s’enroulent autour de son cou et pressent, pressent et pressent encore. Je voudrais te voir changer de couleur, emprunté ce rouge et ce magnifique violet. Je voudrais te crever et surtout que tu m’arrêtes.

Je serai avec toi
Pour le mal que tu m'as fait
Pour le mal que je te ferai...


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Dernière édition par Angie Carlsson le Mer 25 Avr - 20:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mirror Of My Soul - Leslie   Mer 25 Avr - 19:50


Le rire est amer, cynique à en éclater telle une bulle de venin. Certainement que tu n’as pas eu besoin de moi, ni de personne d’autres d’ailleurs. Hormis peut-être le bonhomme auquel tu t’es accrochée, jolie sangsue pour mieux te hisser sur ces marches glissantes de sang. Pauvre type qui a bien dû lui serrer la main pour éviter qu’elle se casse la gueule. Je me demande s’il avait prévu de lui céder la place dès le début, ou si l’idée lui est venue quand la gosse a décidé d’ouvrir les cuisses pour le faire céder. C’est pathétique, et en même temps affreusement classique. Commun à en crever. A l’image de la plupart de ceux qui peuvent se targuer d’avoir réussi dans cette ville. On méprise et on crache sur le vice, mais les fondations du monde y sont enterrées, et bien profond. Et dire que j’en ai fait partie, cette seule pensée me révulse. Accentue la haine, fait rugir le sang dans les veines. J’ai le murmure de la rage qui souffle contre mes oreilles, les battements du cœur qui résonnent avec force. Elle ne se souvient pas, la gamine. Pas étonnant. Le sourire collé sur les lèvres ne fait que s’accroitre, le rictus tordu du prédateur prompt à attaquer. Je me contrefous qu’elle ne soit pas à l’origine de mon exil. Tous pareils, tous bons à être éliminer pour le bien de tous. Toi ou un autre, peu importe, ce sera toujours un tyran de moins qui respire.

Elle pue la trouille, le besoin de se tirer. Accroché à ses semelles, dans les pas qu’elle esquisse pour mieux s’offrir une chance de s’éloigner. Les miens la suivent, dans un automatisme proche de l’instinct. Les chaussures qui se lancent signent sa fuite. Esquivé de justesse malgré la surprise. Vraiment ? J’en hausse un sourcil, interloqué le temps d’une inspiration, les yeux rivés sur la juge qui détale comme un lapin. Un lapin qui perdrait des morceaux de son pelage au passage. J’ai presque envie de rire tellement c’est risible. Sent bouillir la fureur et l’hilarité. Les fourmillements dans les membres et l’appel du carnage, le corps s’élance. A sa suite, sans réellement presser l’allure, elle ne m’échappera pas, j’en ai la certitude. Les atouts du monstre pour contrer la faiblesse humaine, lui laisser l’occasion de croire qu’elle pourra s’en sortir pour mieux la piéger dans les filets du pire. Ce que son protecteur a engendré, ce qu’elle perpétue avec d’autres. L’avancée bloquée par une piteuse clôture, question de seconde et de poigne avant qu'elle ne cède. L’adrénaline dans les veines, décuple les capacités et ma route se fait plus claire bien rapidement. Ma main qui se tend et attrape le bras de porcelaine. Sans douceur, arrache le corps de chiffon du sol pour mieux l’y envoyer d’un coup contre sa jolie pommette. Pogne revenant s’agripper à sa gorge, l’envie sourde de l’étouffer incendiant le regard. Je la scrute, discerne dans ses pupilles des éclats de haine qui me font presque feuler de satisfaction. Contentement d’un instant, les ongles qui se plantent dans ma chair m’arrachent un râle de douleur, et dans un piteux réflexe, je la lâche. Recule d’un pas en crachant un juron, les doigts qui se portent contre les traînées sanglantes. Foutue garce. Putain de fugueuse, elle s’est déjà tirée.

J’ai le souffle court d’un homme qui est poussé à bout. Harassé par l’attitude, le refus d’abandonner me pousse à la suivre. Et la trouve plantée là, avec sa poêle fermement tenue entre ses petits doigts. Vision sortie de nulle part, j’en ai les notes d’un rire qui perlent sur la langue. Les laissent faire trembler les murs branlants avant qu’elle ne reprenne la parole. « - Pose ça déjà, tu vas te faire mal, ce serait dommage… » Je le susurre avec le miel du bourreau. La douceur assassine d’un menteur alors que je lève légèrement une main dans sa direction comme si j’avais l’intention de me saisir de son arme de fortune pour lui éviter un bleu supplémentaire. Mes dents claquent lorsque je serre les mâchoires. Retiens la haine, celle qui rugie plus fort encore devant les offenses. Mes doigts se replient sur eux-mêmes, prêts à abîmer la chair opaline jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un amas sanglant aux nuances morbides. Provoquer, la seule arme qu’elle possède vraiment, et dont elle use et abuse un peu trop à mon goût. Elle ne me laisse aucun temps pour répliquer, attaque à nouveau. Le choc est brutal, fait vibrer le bras ayant servi de bouclier. Déséquilibre d’un instant suffisant pour la furie de reprendre le dessus. Ses petits doigts autour de ma gorge, insistants et presque menaçants. Le réflexe est bien là, présent lorsque mes mains viennent s’accrocher à ses poignets. Et serrer, à l’instar de sa poigne contre la trachée. Sentir la peau se tordre sous mes doigts, ses veines où le sang pulse, les os qui couinent et craquent doucement. Ce serait presque trop facile de lui casser les poignets. L’une de ses mains me lâche, et l’articulation prend un angle dangereusement anormal. Feulement de rage à nouveau, sifflé par une respiration en déroute.  Les plaies de ses ongles sur mon visage commencent lentement à se refermer.

Je lâche son poignet, l’envoie valser dans le geste et agrippe rudement sa tignasse. Tire avec la force de la rage, en arrière jusqu’à faire ployer sa nuque tandis que je me redresse péniblement. « - Tes excuses auraient un goût de venin. Ne seraient rien de plus qu’un beau mensonge comme tous ceux que tu prononces. » Je le murmure contre sa peau, proche de son joli minois. Accroché au viscéral de sa haine qui fait frémir ses pupilles. « - Ton proxénète aurait dû le faire, maintenant qu’on m’a ouvert à nouveau les portes de ce merdier que vous appelez ville, j’ai bien l’intention de tous vous faire payer votre connerie. » Sourire carnassier ourlant les lèvres, les doigts se font plus fermes dans les mèches sombres. Tirent à nouveau et le geste se fait brutal. Je me redresse et l’entraîne dans le mouvement pour mieux l’envoyer valser contre un pauvre meuble qui se brise sous le choc. « - Ce que vous n’avez toujours pas compris, toi et tes acolytes, c’est que tous ceux que vous pourrez juger sont increvables. Rendus immortels par la haine et la vengeance. » Le pire de ce qu’il reste de l’humanité, ce qui ne pourra jamais être éradiqué, même avec tous les jugements du monde. Les pauvres fous qui ne comprennent pas et qui s’en moquent.

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MessageSujet: Re: Mirror Of My Soul - Leslie   Dim 29 Avr - 17:03


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Le joueur de pipeau
Fait danser les serpents
Je serai le napalm
Qui s'accroche à la peau

Je préfère la lutte à la fuite, chose qui pourrait me faire douter de mes capacités à survivre. Mais derrière le visage dur couvert par les poils drus, il y a ce regard nourri de haine. Les billes pareilles à des étincelles qui dissimulent des poignards avec lesquels il aimerait me darder le cœur et l’âme. Et il y a ce besoin, de palper la chair, de la griffer, de l’en déposséder. Lui faire mal, qu’il geigne, qu’il feule. Je veux tes cris, ton sang, tout ce qui fait que tu es encore en vie.
Sous les phalanges, le pouls palpite, les doigts se resserrent autour de cette gorge que je voudrais entendre craquer signe que je viens de lui briser la trachée. Mais je n’ai pas la force pour le faire et il en profite, le mâle. Claquement rude sur les poignets, angles impossibles donnés et les os menacent de se briser. Je couine comme un petit animal qu’on vient de capturer, me mord les lèvres pour ne pas avoir à lui donner la satisfaction de m’entendre hurler. Ça résonne dans sa poitrine et sa dextre s’emmêle dans ma tignasse. Je grogne et il tire plus fort. Son souffle sur ma nuque devrait me dégoûter, me donner envie de gerber mais au lieu de ça, ça ne fait qu’amplifier les délires qui cavalent à l’intérieur de ma psyché. Il y a cette envie sournoise qui s’immisce au bedon alors que ses lippes frôlent le tendre de la peau. Les prunelles luisent d’un plaisir dégueulasse. Les mensonges, les beaux mensonges, c’est ce qui fait tourner le monde. Et tu t’attendais à quoi d’une vipère si ce n’est à recevoir un peu de son venin, hum ? La remarque du proxénète me fait tout juste lever un sourcil quand tout le reste n’est pas réellement écouté. Je me repais de son timbre et de cette colère sourde qui l’enveloppe.
Il bouge et tire avant d’envoyer valdinguer le corps trop frêle contre un meuble qui cède sous le choc. Les côtes se font douloureuses et mon minois se tord sous la grimace qu’engendre le choc. Et je pourrais bien me foutre à chialer, l’implorer de me laisser mais tout ce que je fais, c’est attiser un peu plus cette colère qui l’anime.

Le rire.
Ce putain de rire moqueur qui siffle entre mes ratiches. Je me redresse péniblement, sens un liquide chaud couler le long de mon flanc. L’hémoglobine tache les fringues et l’odeur du fer est électrisante.

« Tu as peut-être raison, la mort devrait être la seule échappatoire. Mon prédécesseur ne l’avait pas encore bien compris. »

Moi je les crève, les gars dans ton genre. J’applique la peine capitale, ne laisse pas la chance aux crapules de devenir des monstres. Finalement, tu ne fais que me donner raison, je ne sais pas si je dois te remercier ou non.
Je replace une mèche de cheveux volage, la coince derrière l’oreille et humecte mes lèvres du bout de ma langue. Et je la vois, cette chair de nouveau parfaitement fermée malgré les griffures faites. Tu es l’un de ces monstres, ceux que l’on juge pour la forme et qu’on extermine comme de la vermine. Je recule d’un pas, bute contre une planche.

« J’imagine que t’es pas venu jusqu’ici m’offrir un verre ou profiter de la douceur d’une cuisse MacLean. »

Nom lâché après l’avoir fourragé dans la mémoire, les souvenirs ridicules afflux et son prénom perce la caboche. Leslie.

« Je ne suis pas désolée de te dire que j’ai pas dans l’idée de mourir ce soir, ni demain, ni plus tard, Leslie. »


Le poing se serre quand le regard fouille le sol à la recherche d’un quelconque moyen de le repousser lui et son humeur de clébard enragé.
Si tu crois que je tremble, que j’ai peur de tes coups, de tes mots, de ce même venin que le mien, tu te trompes.
Parce qu’il ne me connaît pas, qu’il ne sait pas qui je suis en dedans, que personne ne le sait vraiment. Et peut-être même que j’en doute moi-même. Et si le monstre ça n’avait été toujours que moi ? Moi et mes délires, de ces délires formés par les coups d’un paternel qui s’en foutait de me briser.
Les petons nus s’agitent et la mimine chope une planche avec en son bout, des clous rouillés. Seul rempart entre lui et moi, l’arme de fortune tenue solidement par mes petits doigts.

« Tu me connais pas, tu ne sais même pas qui je suis à part un nom sur une de tes potentielles listes de personnes à abattre j’imagine. Alors te ramènes pas ici en prétendant vouloir me faire une morale quand tu ne vaux pas mieux que moi, tu veux. »

Tu peux me détester pour la forme, pour te persuader que tu as raison, pour tes putains de convictions. Ta haine est plaisante, elle me fait exister dans le fond de tes prunelles, marque ta caboche au fer, jusqu’au plus profond de tes chairs.
Il se meut et je fais un pas de côté, brandis mon arme. Je bouge à chaque pas qu’il fait, c’est comme une danse macabre dont le seul rythme dont on dispose est le palpitant qui bat trop fort dans nos tempes. Et l’excitation est presque plaisante, de cet instant à se haïr, à se détester. Il a le visage de ce père. Froid et dur comme de la pierre. Et si tu savais comme j’ai toujours eu envie de le buter. De le cogner avec autant de force que lui l’a fait. Juste comme ça, pour me venger, pour le plaisir aussi. Tes ridules froissent ta gueule. Cette gueule qui a vécu trop d’années pour qu’elle passe inaperçue.
Le besoin ridicule de le voir saigner encore, d’érafler sa carne, de lui faire tellement de mal. Ça pulse sous le front, ce désir ignoble qui rampe sous le derme à la manière d’un poison. Il me semble qu’il tente de parler mais ne lui laisse pas l’opportunité de répliquer.
Les bras s’élancent et la planche le menace plus d’une fois avant de se planter dans son bras. Il y a l’extase profonde, un sourire en coin s’étire sur les babines. Les mirettes pleines de cette satisfaction crade à le mettre à mal. Et tant pis ce que ça coûte, tant pis si j’en crève.

Au royaume du sombre
De la thune et des rats
Je serai comme une ombre
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MessageSujet: Re: Mirror Of My Soul - Leslie   Ven 11 Mai - 20:31


Craquements et grimaces de douleur. Des relents de sang pour embaumer l’air saturé de poussière et d’humidité. En fermant les yeux, j’aurais presque l’impression d’être à nouveau chez moi, dans les entrailles de ce qui fut ma prison. A asservir un de ces taulards qui me révulsait tant. Même éclat de rire, celui qui se lance pour mieux cracher le sang et la moquerie. Ils ont tous le même instinct, celui de se croire intouchables, protégés derrière un rempart de suffisance noyée dans le cynisme et les notes de ce foutu rire. J’en ai des frissons qui me dévorent la peau, des fourmillements dans les doigts sous l’emprise d’une envie sourde. Qu’elle se taise, juste fracasser pour qu’il ne reste plus rien. Grisé par les effluves du sang qui teinte le tissu, les pupilles s’y accrochent dans une contemplation froide. Mes entrailles se tordent, crispées sous les griffes du monstre. Ce besoin tyrannique de destruction ancré à la chair, l’appel de la faim pour justifier le besoin de carnage. Un sifflement dédaigneux m’échappe en guise de réponse. La mort en seule échappatoire, ma chère Angie c’est là un châtiment bien trop facile pour les rejets du monde pour lequel tu œuvres. Il n’y a rien après la mort, seulement le néant. Le calme et l’esprit qui se libère enfin. Ce n’est que dans les tourments et la souffrance que la vie devient un supplice. Une image plus adéquate à ceux qui se disent maîtres de la ville. Mourir, c’est facile. Exister en revanche…

Le nom arrive enfin. Elle se souvient la mignonne. Mes lèvres s’ourlent d’un sourire noir, dévoilent les crocs du prédateur.  Et un sourcil se lève, entendu envers ses mots. Cynisme gravés à même les traits, je ne me donne pas la peine de le masquer. Elle ne le mérite pas, la sale gosse, l’arriviste finie aux airs de reine du monde maintenant que le pouvoir suinte entre ses doigts. Quel est l’intérêt à revenir se fourrer dans cette maudite ville ? Aucun, ce genre de rencontre en est la parfaite illustration. Me pousse à détester plus encore ce qui fut pendant près de deux décennies un asile et une nouvelle patrie. Ce n’est plus qu’une belle fumisterie tout ça.  « - D’autres ont bien voulus se charger de t’offrir un verre et de profiter de la chaleur de ta cuisse, tu les as gentiment remis à leur place. Loin de moi l’idée de marcher sur ce chemin-là, tu imagines bien. » Même si le brin de mauvaises herbe est une jolie fleur, ce qu’elle peut avoir d’attirant pour les autres n’est pour moi qu’un odieux piège à rat. De la poudre pour dissimuler la pourriture sous la surface. Petite bête prise au piège, la voir se démener à chercher de quoi se défendre est un plaisir. L’odieux régal si semblable à celui que je pouvais éprouvé à mettre à terre mes anciens jouets pour mieux les voir ramper dans de piteuses et bien futiles tentatives d’inverser le rapport de force.

« - Personne n’a dans l’idée de mourir un jour. Il semblerait néanmoins que ce soit inévitable. » Un ricanement mauvais m’échappe. Plus un soupir méprisant envers mes propres paroles. L’aversion du cœur envers cette chose inéluctable qui appose sa marque sur tout ce qui peut respirer. Plus proche de la tombe que du berceau. Mais je lui accorde ça, je partage sa vision des choses. Les sourcils se froncent et un tressaillement me déchire le corps. Main tendue dans la poussière, la juge délaisse ses mots assassins au profit d’une planche et de clous rouillés. Relativement peu orthodoxe comme méthode. « - J’ai connu ton père et la gamine que tu étais à l’époque. Celle que tu es devenue ensuite en te collant aux basques de ton prédécesseur. C’est suffisant pour savoir qui tu es. » Un assemblage de tout et rien, comme n’importe qui. Un pion qui se place sur l’échiquier et qui a choisi la mauvaise couleur à mes yeux. Du mauvais côté de la ligne, comme pour faire reluire le blason d’un père bon à rien et au nez constamment plongé dans ses vices. Les ressemblances ne sont pas fortuites, irritent et agacent la mémoire.

Un soupir m’échappe et un premier pas est fait en direction de la gamine. Danse funeste de deux êtres voués à se détester. Bien rodée dans son exécution malgré des partenaires qui n’ont pourtant jamais répétés ensembles. « - Ce foutu discours… Le même dans toutes les bouches, vous êtes méprisables tous autant que vous êtes. » Fatigué des mots, juste désireux de la faire taire. De sentir le sang contre les doigts, voir la peur dans ses pupilles. Qu’elle cesse de bouger. Elle attaque pourtant, dans une nouvelle tentative de blesser. Y parvient cette fois. La douleur suinte, explose et racle le bras harponné par sa maudite planche. J’en râle, crache la gêne dans un raclement de haine. Le corps vacille sous le choc, prompt à se rompre mais n’y parviens pas. Protéger de la chute par le pont rivé entre nous. Derrière le voile de mes cils, mon regard se pose sur la blessure. Le sang qui goutte à toute allure sur le sol miteux. Trop noir dans la pénombre environnante. Vivant dans l’inconscience et la douleur, j’ai l’adrénaline jouissive sous les doigts. Mes doigts agrippent la planche, tirent en avant le bois et font crisser les clous dans la chair. Réduire l’espace entre nous et rapprocher mon visage du sien.

« - Ta justice et tes sentences puent l’hypocrisie. S’ils te voyaient, tes collègues et ces autres que tu condamnes, à te rouler dans le vice et la violence comme un porc dans sa fange. » Crache ton mépris à la face de la loi, Leslie. La rage au ventre et la haine sur la gueule, jusque dans les tréfonds des pupilles qui s’accrochent aux siennes. Dans cette main qui vient écrouer la gorge fragile, les ongles dans la peau de porcelaine. Et dans une impulsion rude, la contraindre à reculer. Jusqu’à faire s’abimer l’échine contre la pourriture du mur le plus proche. La réprimande qui s’amorce dans les ombres qui dansent. La mienne, déracinant ses pieds de ténèbres des miens pour venir enrouler ses doigts fantomatiques autour des chevilles d’Angie. La bouffer comme un monstre, sans gêne ni pudeur. Son énergie qui file et s’invite dans mes veines. Juste pour goûter. A peine pour l’achever.

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MessageSujet: Re: Mirror Of My Soul - Leslie   Dim 13 Mai - 15:51


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Le vice au bout des doigts. L’ultraviolence qui cogne entre mes tempes, le palpitant qui se défonce dans sa cage. L’envie se mue en besoin. Besoin viscéral de faire mal, de voir le sang couler, ce sang qui a longtemps parcouru ma chair. Maintenant c’est sur la tienne que je veux le voir, sur la tienne et sur toutes les autres mais plus jamais moi. Jamais, moi. Y a du défi dans les regards, on n’est rien que des animaux prêts à se battre pour défendre un bout de territoire illusoire. J’ai trop souvent courbé l’échine, j’ai trop souvent dû fermer ma gueule. Je les ai laissé faire ce qu’ils voulaient. Ouvrir les cuisses, battre des cils, m’inventer une vie. J’ai tout donné jusqu’à ce qu’il ne me reste plus rien, rien que cette haine, cette rage. Ce sont les hommes comme toi qui m’ont créée, Leslie. C’est vous qui m’avez rendu aussi belle qu’une rose en omettant toutes ces putains d’épines sur lesquelles vos doigts se piquent. C’est trop tard pour chialer, trop tard pour vouloir les arracher.
Et il y a les mots qu’ils prononcent, ceux qui viennent fourrager le cœur. Alors le bras s’élance encore et encore et encore, jusqu’à ce que les clous se plantent et répandent la douleur. Le souffle me manque, comme si je venais de courir un foutu marathon. La faute à l’adrénaline et à la rage qui m’épuise. La faute à toute cette bulle de violence qui nous enveloppe. Le temps semble s’être arrêté, ici, maintenant, il n’y a que lui et moi. Moi et lui baignant dans l’hémoglobine et l’amertume.
Leslie tire sur la planche et je bascule tout contre lui. Mon minois trop près du sien, je peux sentir son haleine putréfiée. Tu sens la Mort. Ses phalanges s’enroulent autour de ma gorge comme des serres, petit gibier accroché au bout de ses doigts avant que l’échine ne s’écrase contre le plâtre.

Il les crache, ses ressentiments ; tente de m’enfoncer la gueule dans la merde. Tu crois que je sais pas tout ça, déjà ? Tu crois que le gouvernement est exempt de tous reproches ? Depuis que le monde est monde, les dirigeants se foutent des lois qu’ils pondent. Corrompu pour la plupart d’entre eux, si tu pensais que ça allait changer, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au coude mon pauvre. Dans quel monde tu vis, Leslie ? Ouvre les yeux et regarde la merde et la moisissure s’étaler partout tout autour. C’est ça le monde, c’est ça notre monde. Regarde-toi, toi aussi, t’es moisi en dedans. Le corps s’alourdit, le souffle ralentit. Il me vole, Leslie. Il vole ma vigueur, énergie qui file et file. Et peut-être que je l’entraperçois, la mort. Celle salope qui me terrifie. Je ne veux pas mourir ici, pas maintenant. Je ne veux pas mourir dans un squat merdique avec un type qui me déteste et que j’exècre. Je ne veux pas mourir par ta main. C’est comme si tu étais Lui. Ce père. C’est comme si tu parvenais à faire ce que je ne l’ai jamais laissé faire. Et je me souviens des mots largués plus tôt. Syllabes que je n’ai pas voulues analyser pour ne pas m’esquinter sur une vérité douloureuse à encaisser.
Je me débats, le cogne et le griffe. Je feule et crache.

« Tu savais. Tu savais ce qu’il faisait, pas vrai ? Si tu m’as connu gamine, putain, tu savais et t’as rien dit, t’as rien fait pour l’en empêcher. »


Et la voix se brise quand les larmes s’immiscent dans les prunelles. Réalité dégueulasse qui m’écorche et me condamne. Tu savais et t’as rien fait. Tu faisais partie de ces gens qui ferment les yeux sur la violence faites aux minots et aux femmes. Tu pourras dire tout ce que tu veux, le porc aujourd’hui, c’est toi, rien que toi Leslie. Et que tu es sale et que tu es laid et que tes mains sont crades et que tes yeux sont pleins de merde. Je te hais.
Je suffoque, n’arrive pas à retenir les gouttes salines qui salopent ma bouille. C’est la gamine qu’il tient et retient. C’est la gamine qui chiale et qui a mal. Cette gamine qu’il a condamnée il y a des années à vivre dans la violence, la peur et l’errance.

« T’es un monstre putain, c’est toi le monstre ! »

Le timbre enfantin résonne contre les parois miteuses. La mimine s’avance et chope sa mâchoire, la serre entre ses petits doigts à en déformer les lippes. La peau se froisse et blanchit. Son visage se superpose à un autre. Traits durs qui me tétanisent et me font lâcher prise quelques secondes avant que les poings ne s’abattent sur ce bras qui me retient. Je frappe et frappe et frappe jusqu’à ce qu’il lâche, jusqu’à ce que je tombe, jusqu’à ce que j’étouffe au sol.

« T’avais pas le droit… »
murmuré-je, épuisée.

Et je sais plus très bien à qui je m’adresse au fond. Je sais plus si c’est lui ou si c’est toi. Les prunelles s’égarent sur les aspérités du sol et ses mitons de poussières ; sur les traces qu’ont laissé ses pompes et mes petons. Le tangible se fait la malle, m’enfonce dans les couloirs sombres et sinueux de mon encéphale.
Gueule renfrognée, il s’avance et chope le bras maigre. La carcasse est secouée dans tous les sens et il cri, cri si fort que je comprends pas. J’entends pas les reproches, j’entends rien que mes sanglots. Il assure, ouais, que je vais pourrir dans une de ces putains de cellules. Et il chuchote à l’oreille l’horreur. « Tu sais c’qu’on leur fait ? On les cogne, on les déshabille, on les touche, on leur fait oublier qui ils sont jusqu’à ce qu’ils bouffent leur propre merde. C’est tout c’que tu mérites, sale môme de fuck. » Les mots jamais oubliés, comme gravés au plus profonds de la boîte crânienne. Et je me planque, pour ne pas qu’ils viennent me chercher. Parce qu’il dit qu’il va les appeler, qu’il vont venir et m’emmener. Que ça existe pour les foutus gosses comme moi. Moi j’ai peur et moi je pleure.

« Elle est laide ta justice, Leslie. Elle est aussi laide que tout ce que t’as pu faire. Tu crois que ça va apaiser ta haine, alors vas-y, frappe-moi, t’attends quoi ? Au fond, ce n’est pas la première fois que tu le feras sauf que cette fois, ce sera de ta main. »

La trogne se déforme sous le dégoût qu’il inspire.

« J’espère que t’as jamais engendré un quelconque bâtard ; un gars ou une fille que t’auras souillé de tes gènes, de ta violence. T’es comme lui… »


Et le ton se voudrait piquant, méchant, à hauteur de cette aversion. Mais rien… C’est rien que des mots sans presque violence.


(C) MR. CHAOTIK

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Si tu cherches la sympathie,
tu la trouveras dans le dictionnaire
entre salaud et syphilis


Dernière édition par Angie Carlsson le Lun 21 Mai - 20:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mirror Of My Soul - Leslie   Dim 20 Mai - 13:46


Fracas d’une vie devant la rétine, les images défilent au rythme du cœur qui cogne contre les côtes. C’est viscéral, fauve et vicié, ce besoin de la faire ployer. D’agripper plus fort encore contre la petite gorge toute frêle, sentir sa trouille et son pouls qui s’affole sous mes doigts. J’en feule de plaisir, malsain dans le rictus collé sur les lippes. Dégueule toute ma haine dans la rudesse de l’étreinte, prompt à l’étrangler sans plus d’hésitation. Trop impatient dans l’appel de la mort pour attendre que mes dons agissent et l’achèvent. Elle résiste, lutte pour sa pitoyable existence, comme ils peuvent le faire tous. Se redresse contre l’acharnement d’une mort qui lui tend pourtant les bras. Laisse-toi faire Angie, tu seras un exemple pour tous les autres. La première pierre du monument de ma haine envers les tiens. Visages anonymes dans ses méninges, il y a pourtant celui d’un être que j’ai connu jadis. Que je crois reconnaître au milieu du capharnaüm qu’elle m’offre. La furie qui se réveille dans un sursaut de conscience crade. Lutte et griffe à la manière d’un animal sauvage pris au piège. Elle ne fait qu’attiser la folie qui se rue dans mes veines. Le corps qui se rapproche du sien, écrase de son emprise la fragilité factice.

Ses mots résonnent comme une sentence. Ils m’accablent d’un poids dont l’origine me semble étrangère, inconnue tant je refuse de seulement lui accorder de l’importance. Ce soudain revirement d’attitude irrite et fracasse. J’en râle, un sifflement assassin me glisse d’entre les lèvres et la pression de mes phalanges contre sa gorge se fait hésitante. Le temps d’une saccade dans la poitrine, je refuse de seulement me laisser amadouer par ses larmes. Cette douleur qui éveille quelque chose au fond du corps, dans les recoins les plus noirs de mon âme. L’instinct du père, celui qui est devenu inutile au point de se laisser mourir. Ecrasé par les passions du monstre. Celui qui reste sourd aux mots qui écrasent, celui qui s’acharne et s’enlise dans son rôle du juge et du bourreau.

« - Recraché des entrailles pourries de ton monde, Angie. Et prompt à tout faire pour l'incendier. » Crache entre les dents la réplique qui fait sourire. Efface le temps d’une inspiration le malaise qui s’accroit douloureusement sous la carne. Relents de rage sous la force de ses petits doigts qui s’agrippent et serrent. Première attaque avant la tempête, elle cogne la gosse. Frappe avec toute la force de sa détresse. Je soupire ma douleur contre sa peau livide, résiste, m’acharne un instant avant de lâcher prise. Abandonner la proie pour faire taire les élans de douleur me déchirant le bras. Et la poupée s’effondre quand je recule, fébrile, un goût d’inachevé amer sur la langue. Je m’enfonce dans les limbes d’un passé qui me retourne le ventre rien que d’y penser. Remet un nom sur le visage aperçu dans ses souvenirs. La gamine et son géniteur. Ce bonhomme qui a jalonné mon monde de ses vices et ses sévices, en cohésion avec les miens. Et les mots coulent à nouveau. Ces mots qui heurtent et blessent. Me font serrer les dents et ravivent le besoin affolant de la faire taire. « -  Les gènes se transmettent mais elles ne font pas tout. Je n’ai jamais levé la main sur mes gamines contrairement à d’autres, et elles ne me ressemblent en rien. » Fierté et déception, mes propres filles qui n’ont pas grand-chose en commun avec le géniteur. Un bien pour elles, un mal pour moi.

Les pièces s’assemblent pourtant, durement. Heurtent de plein fouet la conscience qui comprend. Réalise et se souvient. De ces doutes qui me noyait le cœur à chaque fois que le regard pouvait se poser sur la petiote. Sa façon de se tenir, la crainte suintant du moindre de ses pores. Et l’attitude du père, cette violence connue et attisée. Je le savais mais je n’ai rien dit. Rien fait pour l’empêcher. Persuadé que je n’avais pas à m’en mêler. A seulement assister et me taire. Quand pourtant j’avais un vide à la place du cœur, de la rage face à l’injustice et l’opprobre commit. Ces élans d’altruisme qui me prenaient seulement lorsque l’ivresse foutait le camp. Jamais bien longtemps pour que je ne m’en souvienne le lendemain. « - Ma justice… Elle n’est pas la mienne mais celle de tous ceux sur lesquels vous marchez sans gêne. Tu engendres la haine et la violence, déchaîne le chaos avec tes sentences et ces mises à morts arbitraires et injustes. » Mon timbre vibre d’une sécheresse destruction. Je camoufle les tourments sous des couches de froideur et de détachement. Appose un dégoût factice faisant écho au sien sur mes traits. Durcis par la faim, la colère et l’impuissance. Celle de porter secours à une petite fille en pleine tempête. Rester aveugle puisque c’est là la seule chose à faire dans ce genre de cas. L’égoïsme humain porté à son plus haut niveau. « -  Toi-même tu n’y crois pas puisque tu es là, à te perdre dans tout ce qui est interdit. » Dernier assaut pour achever l’ennemi à terre. Enfoncer le clou d’une vérité sale et qui diffère d’un être à l’autre. Elle n’entendra pas, s’en moquera quand tout sera terminé et que je ne serais plus qu’un souvenir. Une mauvaise rencontre dont le nom s’inscrit dans la liste de ceux à éviter. Ou mieux, à éliminer pour apaiser ses peines.

« - Tu crois qu’il me racontait sa vie ? Qu'on s'échangeait nos déboires familiaux entre deux rasades d'alcool? Il était trop défoncé ou ivre pour le faire, et j’étais pareil pour l’écouter. Comment aurais-je seulement pu être certain de ce qu’il te faisait… » Menteur Leslie. Lâché après un silence lourd, mes propres mots me donnent l’impression de les avoir hurlés dans le néant. Je me racle la gorge d’inconfort et remue la poussière au sol du bout de ma semelle. « - Ce n’était pas mon droit de m’interposer sur des suppositions. De m’immiscer plus loin dans son monde, je ne faisais qu’effleurer la surface. » Et à présent je me cherche des excuses pour faire taire cette maudite culpabilité qui est en train de me bouffer. Foutue vermine, et cette gamine qui frappe à grand-coups de paroles déchirantes dans les derniers relents d’âme qui perdurent sous ma peau. « - Je ne suis pas fier de ce que j’ai pu faire à cette période. De ce que je n’ai pas fait pour t’aider, le retenir. » Je me rapproche de la juge, fait craquer les genoux lorsque je m’abaisse à son niveau. Hésite un instant, pour finalement ne rien faire. Seulement rester là, proche sans véritablement l’être. De la douleur dans le bras et la poitrine, mon sang qui goutte sur le sol. En larmes noires pour faire suinter la désolation. Coupable, cette fois je le suis vraiment. Coupable de n’avoir rien fait, rien dit. Monstre, l’apanage n’aura jamais été aussi juste.

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† madness is sanity
he came from the shadow to mollify his suffering. moved by the rage, didn’t forget the sorrow. the endless pain
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Mirror Of My Soul - Leslie

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