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 Seek and Destroy - Angie

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Opinion Politique : Contre le gouvernement, vit de la transgression des règles.
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MessageSujet: Seek and Destroy - Angie   Dim 15 Avr - 20:38




Seek and Destroy

Angie & Joseph


« C'est à son tour. » Les mirettes rivées sur l'écran, la poitrine se gonfle lentement d'un souffle profond. L'atmosphère tendue donne à l'air inspiré un goût acide. L'amertume dégouline dans ma gorge, serrée depuis quelques minutes. La boule enfle, gonfle comme un ballon entre mes chairs et je regarde ailleurs, le temps d'une seconde. Le fait de fixer l'écran de télévision me met mal à l'aise et répond à un voyeurisme imposé.
L'audience vient à peine de débuter et pourtant la boule est déjà handicapante dans ma gorge. Il n'y a, assurément, aucune forme de surprise à espérer de ce procès. Les prunelles voilées d'une impassibilité lasse, je les reporte sur l'écran, où notre compagnon d'infortune à tous monte à l'échafaud. Fourbe, l'espoir que le juge prononce, cette fois-ci, l'expulsion hors de la ville s'immisce sournoisement dans mon esprit. Autour de moi, les individus que je côtoie presque tous les jours doivent ressentir la même chose. Contempler l'écran, c'est attendre ce que nous redoutons tous bêtement. Dan s'est fait prendre, me dis-je néanmoins. Il connaissait le risque d'une telle vie, une vie à laquelle il ne se raccrochait finalement qu'avec bien peu de ténacité. Poussant cette fois-ci un soupir, je me laisse aller à, déjà, relativiser sur la disparition d'un collègue. Plus je m'y prends tôt, plus j'oublierai rapidement son existence. Une cigarette rejoint la chaleur de mes lèvres, aussitôt embrasée, et je fume silencieusement. « Putain, c'est encore cette connasse ! » Le juge Carlsson. Les injures fusent dans la pièce, j'y vais même de mon marmonnement spontané – salope. D'autres expriment la fatalité qu'elle détient dans ses paroles, cette juge – il est cuit, putain.

Le procès est expéditif, plié en quelques minutes. M'évertuant à ne pas m'abandonner à la colère, je tire profondément sur la clope. Il faut être las. Peut-être un peu agacé, naturellement, mais empreint d'une désillusion amère. Le souffle se raccourcit et je reprends la cigarette entre mes doigts. Il ne faut pas céder – le bourdonnement dans mes oreilles est pénible, bientôt douloureux lorsqu'il résonne dans mes tempes. Autour de moi, tous ou presque expriment leur colère. Elle attise la mienne, ravive le feu qui crépite inlassablement dans mes tripes et fait naître ce brouillard dans mon esprit. Écrasant la cigarette gâchée contre un mur, je me redresse rapidement, les membres parcourus de courants électriques. Salope. Il aurait simplement suffit de l'envoyer hors des murs pour ne plus qu'il agisse. Comme elle aurait pu le faire pour le troisième, cinquième, sixième de la liste. Et comme elle s'est contentée de les condamner sans plus de considération – ils n'en méritent pas aux yeux du gouvernement, je peux même le concevoir, me dis-je cependant.
La déglutition est difficile et je rôde dans la pièce, tourne en rond dans ma cage. Mais elle ne désemplit pas, pas encore. Parce que tous craignent que ce ne soit leur tour – le manège de la juge fonctionne, vraisemblablement. Elle parvient à effrayer. À mon tour, je me surprends à imaginer que si la mort ne m'inquiète pas, j'ai malgré tout une poignée de proches. Ne sachant plus comment penser, je traîne ici et là entre les quatre murs, pas vraiment prêt à retourner à mes petites habitudes illégales, la nonchalance dans les gestes et, surtout, dans les songes.

« Joseph, viens là. Faut la stopper, cette garce. Elle nous élimine un par un, putain ! Bientôt y aura plus personne dans cette putain d'mafia. » J'acquiesce, la poitrine à nouveau gonflée de cet air répugnant. Et les ordres fusent – Tue-la. Bute-la, mais fais la souffrir. Faut qu'elle paie pour ce qu'elle a fait. Faut qu'elle souffre, qu'elle souffre, tu comprends ? J'acquiesce silencieusement, faisant mine de n'avoir même pas à réfléchir à l'ordre qui m'est donné. De toute façon, on ne peut pas marchander un ordre. On perd tellement de membres qu'ils n'oseraient pas m'abattre pour avoir désobéi, du moins je l'espère, mais il en va d'une réputation forgée depuis des années. Comme d'habitude, il ne faut ni flancher ni exprimer la moindre faiblesse. Alors je me contente de hocher la tête, imprimant ce qu'on me dit de faire sans mot.
Refermant la porte sur mes pairs, je descends les escaliers rapidement. Au bourdonnement se mêle un mélange indistinct et sourd de pensées en tout genre. Faisant le compte de tous ceux qui sont morts, disparus d'une parole prononcée de cette garce, la colère revient rapidement. Il n'y a plus de lassitude ni même d'impassibilité qui tienne. Il n'y a que l'objectif, rayonnant au milieu de la masse informe et sombre de cadavres de ceux que je fréquentais depuis des années. Et puisque toutes les occasions sont bonnes, je rejoins ceux qui boivent à la santé des anciens.

*****

« Là, regarde. C'est tout c'qu'on a pu recueillir sur elle. » Observant les quelques papiers griffonnés qui me sont présentés, j'y jette un coup d’œil furtif. « J'm'en fous. J'ai juste besoin d'savoir où j'pourrais la trouver, le plus vite possible. » On m'explique alors qu'elle achète régulièrement sa came à Solveig. Relevant des prunelles gorgées de confusion sur mon interlocuteur, la surprise se mue rapidement en dégoût. Le flot de jurons s'écoule hors de mes lèvres et, loin de me soulager, ne fait qu'attiser la haine ressentie pour cette femme.
Mais il faut agir. Il faut garder cette rage pour son joli minois, il faut conserver ces sentiments pour les lui cracher à la gueule, à cette salope.
Me dirigeant vers le lieu de rendez-vous des deux femmes, je ne compte certainement pas notifier Solveig de ma présence. Je compte même attendre la fin du deal, pour cueillir la garce une fois son méfait accompli. Ces rues maintes fois foulées accueillent à nouveau ma carcasse, toujours pour ces occupations malsaines. Et si la rage bat dans mes tempes, une saloperie d'interrogation s'impose malgré tout à moi – c'est une femme, une femme d'un pauvre gabarit, aussi souillée soit son esprit. Tuer des femmes, s'il le faut absolument, m'est possible. Ici, elle le mérite, je le sais pertinemment et ne m'embarrasse pas vraiment d'états d'âme. Fais la souffrir. Le doute plane. J'ai bu quelques verres avant de partir, désinhibant cette âme torturée que je détruis inlassablement, mais je ne sais pas si ce sera suffisant.

N'ayant jamais été très fort en matière d'escorte discrète, je doute de mes compétences lorsque j'approche du lieu de rendez-vous. M'arrêtant simplement au niveau d'un carrefour, par lequel elle devra forcément repasser, je camoufle ma silhouette dans l'obscurité. Et patiente.
Durant ces quelques minutes, j'attise consciemment l'incendie qui me bouffe. Reporte un peu de cette rage sur Solveig, qui ose vendre à cette garce ; l'idée qu'elle le fait pour une bonne raison m'effleure mais je m'efforce de ne pas m'adoucir, ne trouvant de toute manière pas d'excuse à ma boss. Et surtout, je me souviens de tous nos collègues, pense à leurs proches, à ce que nous partagions. C'est encore le moyen le plus pratique pour que la colère ne dégonfle pas.

Mes tentatives étaient malgré tout vaines. Lorsque la juge surgit dans mon champ de vision, c'est une rage sourde et aveugle qui m'envahit. Les membres parcourus de frissons douloureux, mon corps se tend à son approche. Les muscles se bandent et l'estomac se retourne. Peu friand d'armes en tout genre, je n'ai en ma possession qu'un flingue dans la poche de ma veste.
Flanquée d'un type, la juge se dirige vers une rue, que j'emprunte à mon tour. Le quartier n'est pas vide, loin de là, et je me mêle facilement à ceux qui marchent tranquillement sur la route. Me concentrant sur l'homme qui l'accompagne, je juge de sa stature en quelques secondes, ne quittant pas le couple des yeux. Caressant l'espoir vain qu'elle tient, ne serait-ce que vaguement, à cette personne, je continue de les suivre. Ces rues me sont toutes connues et je sais approximativement à quel moment je vais intervenir. Certaines sont souvent vides, d'autres naturellement peuplées. Alors je bifurque à un moment donné, m'enfonçant entre les immeubles où règne une odeur d'urine sèche et de poubelles atteintes par la chaleur étouffante de la journée, perdant les cibles de vue. Te trompe pas, Joseph. Te plante pas maintenant. Pressant le pas, je dois arriver avant eux, surgir d'entre les immeubles pour les intercepter. Espérer qu'il n'y aura que très peu de témoins, et que ceux présents seront complètement shootés.

Me glissant entre les deux immeubles, je patiente et retire la sécurité de mon arme. La rue est silencieuse ; le type qui l'accompagne sera sûrement sur le qui-vive. Il me suffit d'être rapide et précis. Très vite, quelques bruits significatifs m'assurent de leur arrivée. Tendant l'oreille, les prunelles glissant près de la route pour observer les ombres qui s'y dessinent, il ne reste plus que quelques secondes.
Les silhouettes apparaissent à peine dans mon champ de vision et je surgis près d'eux, l'arme tenue à bout portant. Réduisant l'espace qui nous sépare de quelques enjambées, je tire. Et touche.

L'homme s'effondre et je me précipite vers la juge, l'arme désormais pointée sur elle. « Ta gueule. Si tu fais un bruit, j't'en tire une dans la rotule. » Sifflé-je, abaissant le bras vers son genou. M'approchant dangereusement de la cible, le palpitant battant douloureusement dans ma poitrine, j'empoigne sa tignasse de ma main libre et la garde près de moi. Maintenant, il faut improviser. Nous dirigeant vers le premier immeuble paraissant complètement abandonné que je trouve, je m'engouffre à l'intérieur du bâtiment obscur et monte spontanément les escaliers. Il ne faut pas qu'elle s'échappe, il ne faut pas qu'elle se tire. Surtout pas. Au deuxième étage, je m'enfonce dans les couloirs d'habitation et teste toutes les portes d'entrée. Je nous précipite dans l'appartement de la première qui s'ouvre. Refermant derrière moi, j'envoie le corps de la juge contre un mur. L'appartement est sombre mais ses prunelles brillent dans l'obscurité. « On y est. Va falloir payer pour toutes ces putain d'sentences, Carlsson. » Tendant la main libre vers elle, je vise ce joli minois du revolver. « File-moi c'que tu viens d'acheter, t'as dix secondes avant que j'te foute à poil moi-même. »
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MessageSujet: Re: Seek and Destroy - Angie   Dim 15 Avr - 23:22


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] & Angie Carlsson

Seek and Destroy

Let's cause a little trouble. Oh, you make me feel so weak. I bet you kiss your knuckles right before they touch my cheek. And I've got my mind made up this time. Go on and light a cigarette, set a fire in my head. Set a fire in my head, tonight.
(c) Halsey - icons (c) DΛNDELION





My demons are begging me to open up my mouth
I need them mechanically make the words come out
They fight me, vigorous and angry, watch them pounce
Ignite me, licking up the flames they bring about

« Affaire suivante. »

La langue claque sur le palais et l’agacement est presque palpable. Ils ne sont que des noms et des visages qui s’effaceront aussitôt qu’ils auront disparu de ma vue. Ils ne sont que des numéros, des connards qui ont enfreint le règlement. Ce même règlement que j’envoie chier quand tombe la nuit. Ce règlement avec lequel je me torche chaque fois que je chie. Ils ne sont que des hommes et des femmes lambda. Pas des pères, des mères, des frères, des sœurs ou des gamins. Et le marteau frappe et frappe le socle en bois qui tremble sous les sentences. La mort en seule et unique échappatoire. Et c’est presque leur rendre service. Au-delà des murs la fin est plus dramatique, plus triste. Voyez ça comme un cadeau. Je vous épargne le pire en vous offrant l’échafaud. Il y a les cris, les visages accablés, les pleurs et les menaces de mort. Il y a ces gens qui s’effondrent, les genoux claquant le sol dans un bruit sourd. Il y a ceux qui restent droits et fiers même lorsqu’on les emmène.

BLAM, jugement prononcé en défaveur de l’accusé.

Et la journée s’achève, Maddy me dévisage et s’amène en pointant du doigt l’un des dossiers.
« Avez-vous vu la petite note que je vous ai laissé, madame ? »
Post-it jaune trônant sur la plupart de mes dossiers, Maddy s’occupe de régler les détails qui me font chier. Je la mire avec la furieuse envie de la gifler, récupère le dit papier et le lis avec une lenteur calculée. Évidemment qu’il aurait dû partir en exil, Dan.
Je le froisse entre mes doigts et le balance à poubelle devant son regard peiné.

« Cesse de t’apitoyer comme ça Maddy. Cela fait ressortir ton double menton et c’est pas franchement folichon. Tu apprendras qu’il y a des décisions prises en guise d’exemple pour la population. »

Les hanches se balancent, s’approchent de sa trogne désabusée quand mes phalanges pressent sa mâchoire.

« Je ne te permets pas de revenir sur mon jugement, est-ce que c’est clair, Maddy ? Et puis… Si tu n’es pas d’accord avec ça, je peux toujours te faire changer de services… »


En t’envoyant là-bas, au-dehors, à casser tes ongles et à arracher tes fringues de bourgeoise.

Elle sanglote, mon assistante. Les gouttes salines dévalent son visage terrorisé avant qu’elle ne se mette à renifler et à s’excuser. J’acquiesce et la libère, l’expulse de mon bureau sans y mettre les formes ni même lui souhaiter une agréable soirée.
La porte se referme doucement, comme si elle avait peur d’en abimer le mécanisme. Je m’échoue dans mon fauteuil, pousse un profond soupir d’ennui. La journée a été rude, perchée sur des talons aiguilles, à porter une robe épaisse et à réduire des vies en miettes.
Paupières closes, le bâtiment se vide à mesure que les heures filent. Et je devrais rentrer, prendre une douche et m’allonger. Je devrais bouffer, me reposer et planifier demain. Mais entre les murs blancs, il y a le vide. Ce vide qui vous ronge l’âme et qui laisse place aux cris de l’enfance. Réminiscences qui hantent et hantent la psyché déglinguée. Je voudrais oublier. Oublier les hurlements et les violences. Oublier la paume qui heurte le minois enfantin qui valdingue sous l’impact. Oublier la ceinture et son claquement rêche sur la chair. Oublier les sanglots et les suppliques. Oublier les mots et les maux. Oublier les clopes qu’ils écrasaient entre mes côtes. Oublier, ouais, oublier, ne plus penser, ne plus chialer, ne plus flipper.

Selfish, taking what I want and call it mine
I'm helpless, clinging to a little bit of spine
They rush me, telling me I'm running out of time
They shush me, walking me across a fragile line

J’avance dans ces couloirs qui le jour, grouillent de monde. Mais à cette heure il n’y a que l’écho de mes pas en unique réponse.
Et au-dehors, Zach. Paluches enfoncées dans les poches de sa veste en jean. Il attend dans un silence religieux que je me dirige vers lui et enlace le petit corps fragile entre ses bras épais. Le front posé sur le torse du mâle, j’écoute son palpitant qui bat calmement. Il apaise, Zach. Quand tout semble s’échapper et trembler sous mes pieds. Le silence nous avale et nous avale avant de nous recracher quelques minutes plus loin. Parce qu’il faut y aller rappelle-t-il dans un murmure, pour ne pas être en retard au rendez-vous.
Ce rendez-vous dont j’aimerais me foutre mais devant lequel je suis incapable de reculer. Parce qu’elle détient la marchandise, la chienne. La drogue que j'avale ou que j’injecte dans mes veines dans l’espoir vain qu’un jour je pourrais oublier celle que j’étais. Et peut-être que je veux me détruire de l’intérieur, un petit suicide parfaitement organisé et millimétré. Peut-être, ouais, que j’aimerais ne pas me réveiller, que le poison ronge tout jusqu’à ma raison. Fermer les yeux sur un monde qui ne comprend pas, qui n’a jamais rien fait pour moi. Fermer les yeux sur tous ces incapables qui ont vu et qui ont laissé faire. Ceux-là même qui aujourd’hui me dévisagent d’un regard noir lorsque je condamne à mort tous leurs espoirs. Mais c’est vous, vous tous qui m’avez condamné à crever alors n’espérez pas que je sois clémente et aimante. N’espérez pas que je vous tende la main quand vous avez craché dans la mienne si souvent. J’étais qu’une gosse et malgré les pleurs et les hurlements vous êtes restés sourd à ma souffrance. Alors vous pouvez bien implorer, prier, chialer ; vous n’avez qu’à cesser de respirer comme toutes ces fois où j’ai voulu m’asphyxier dans mon oreiller.

L’organe en charpie, j’avance ou j’erre. Je me fie à son odeur à lui que je suis. Flagrance qui se déplace dans l’atmosphère tel un courant d’air. Les petons claquent le bitume du nord de la Nouvelle-Orléans. Ce putain de Nord et sa crasse en merveille. Les escarpins bousillés par la merde, je me pointe devant Solveig. Échange sous le manteau. Des biftons contre des cachets ronds. On ne s’éternise pas en courbette et je me barre avec mon vice plein la poche. La capuche dissimule les traits aux plus curieux avant que Zach n’emprunte les artères ; celles qui sont les plus peuplées pour éviter de tomber dans un coupe-gorge qui nous mènerait tout droit en enfer ou quelque part plus au sud. Les yeux rivés sur l’asphalte défoncé pour ne pas me tordre une cheville, je ne réagis que trop tardivement aux bruits et à la détonation qui annonce un drame. Les épaules s’affaissent et dans un réflexe pur, je me protège le visage à l’aide de mes bras, comme si ces derniers étaient capables d’arrêter les balles. Mais la menace gronde, s’approche en quelques enjambées quand l’idiome du mâle retentit. Ordres balancés, les cris qui ne doivent pas s’échapper de mon gosier quand j’ai qu’une envie, c’est de hurler, appeler à l’aide. Cette aide qui ne viendra pas. J’aperçois la masse sombre sur le sol et le carmin qui déjà s’échappe de sa silhouette et encrasse le trottoir d’une mare épaisse et gluante.
Je ne réalise pas encore. Ne percute pas qu’il vise mon genou dans l’idée de me le déglinguer et m’empêcher de bouger. Sa paluche s’enfonce dans mon cuir chevelu, s’agrippe aux mèches dans un mouvement brusque qui me tire un couinement étriqué.

Hold me down, hold me down
Throw me in the deep end, watch me drown
Knock me out, knock me out
Saying that I want more, this is what I live for

Le palpitant se démène dans sa cage et entre mes tempes, un boum-boum incessant qui me martèle la boite crânienne et me file la gerbe. Les guibolles trébuchent, les talons se perdent dans la mêlée et lui, lui qui toujours tire sur ma tignasse. Mes phalanges sont enroulées autour de son poignet comme pour éviter qu’il arrache un peu plus mes cheveux.
Le présent se déforme et s’emmêle avec des morceaux du passé. Les beuglements du paternel qui malmène les mèches brunes. Claquement. Le corps heurte un pan de mur et le front cogne la tapisserie démodée depuis des années. J’entends rien de ce qu’il feule, ce connard. Il n’y a que cette note désagréable qui résonne dans ma caboche et me fait dire que j’ai été trop secoué.
Il me faut quelques secondes pour stabiliser mes mirettes et le regarder. Les prunelles inspectent et jugent, la morphologie, la barbe et les traits de sa sale gueule. Le minois se relève et je lui balance les cachetons dans un mouvement lent. Et ça turbine là-haut. Comment s’en sortir, quelle porte ouvrir, où se cacher ? Ne pas monter mais descendre pour ne pas être piégé. Il récupère ma came, l’enfoiré. J’ai envie de lui demander, s’il pense qu’avec ça il pourra racheter la vie de ceux que j’ai fait exécuter. Ça me paraît être un bien maigre lot de consolation, ces petits cachets. Sauf s’il rêve d’évasion et de papillons dans le bide. Sous ma paume, de la poussière et quelques débris de verre que je ramasse et lui balance au visage. La détente est pressée et la balle se niche dans la viande. La douleur à l’épaule est vive et m’arrache un cri. Il ne me faut pas longtemps pour me redresser sur mes quilles et à repousser l’agresseur qui frotte et frotte ses yeux. Autre balle chambrée alors que je passe la porte. Les escaliers qui mènent aux étages inférieurs sont beaucoup plus loin que ceux qui grimpent. Alors je monte, m’esquinte les pieds sur les marches abimées.

Il fait un boucan d’enfer, beugle des conneries quand la seule chose qui m’importe est de me mettre à l’abri. Je lui balance ce que je trouve – bouteilles vides, planches - quand il possède un angle de vue dégagé pour tirer. La balle effleure la chair et l’entaille. L’hémoglobine coule le long de ce bras que j’ai de plus en plus de mal à bouger.
Et j’enrage de le voir progresser quand je peine à continuer. Des points blancs se mettent à danser devant mes mirettes.

« Putain mais qu’est-ce que tu veux !? Dégage ! DEGAGE ! LAISSE-MOI ! »

Et c’est presque la gamine qui cause, le timbre trop enfantin qui éclate tout autour de nous.
Je profite de ma petite avance et m’engouffre à l’intérieur d’un appart' dont la porte était restée ouverte. Je la claque, la verrouille et tente de la coincer à l’aide d’une commode que je galère à faire glisser. Mes grognements doivent l’alerter alors que je cherche un endroit où me planquer. Pas le lit, putain pas le lit, ni le placard. Les peurs enfantines ressurgissent, le confinement impossible sans paniquer, alors je pousse la porte de la salle de bains, fouille et trouve une lame de rasoir. Planquée derrière le battant, j’attends.
La poitrine se soulève dans un rythme frénétique et la respiration reste totalement anarchique. A cause de l’effort physique, de la plaie qui suinte et de la peur insidieuse.

Knock me out, knock me out
Saying that I want more, this is what I live for

Et la poignée dorée se tourne après ce qui m’a paru être une éternité. Dans la pénombre, je le vois s’avancer, attends juste un peu avant de lui sauter dessus. Son flingue tombe autant que ma lame de rasoir que je suis incapable de retrouver. Et l’adulte se gifle et crève quand la gosse se recroqueville dans un coin, se protégeant de ses mains.

« Arrête ! Arrête ! Me fais pas d’mal ! »




(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Halsey

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Si tu cherches la sympathie,
tu la trouveras dans le dictionnaire
entre salaud et syphilis
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MessageSujet: Re: Seek and Destroy - Angie   Dim 27 Mai - 19:15




Seek and Destroy

Angie & Joseph


Je n'ai jamais été fait pour ça. Jamais créé pour avoir l'acide dans les veines et la cruauté dans les gestes. Il n'y a que l'adrénaline qui se mêle au sang et qu'une violence brute pour animer mes membres. Dans mon crâne, un bourdonnement sourd prend place et s'y abandonne, heureux de pouvoir enfin me tourmenter. Les cils battant, comme pour éclaircir la scène, comme pour aérer mon esprit, je fixe la silhouette qui se dessine dans l'obscurité. L'arme à bout de bras, je récupère les cachets de l'autre main et les fourre dans ma veste.
Il aurait été vain, même un peu candide, de croire qu'elle ne riposterait pas. Avec les femmes, dans ces circonstances, je n'ai pas l'instinct du chasseur. Je n'aime pas la révolte, je n'aime pas la fuite ; j'aurais voulu qu'elle reste immobile, silencieuse comme une enfant punie, face au mur. Une action du doigt sur la gâchette et tout aurait été terminé en moins d'une dizaine de minutes. Ce serait nier l'instinct de survie et la fameuse adrénaline, celle que je chéris tant, parcourant ces veines dans un sursaut de vie. Ce sursaut qui la pousse à balancer une poignée de saloperies en ma direction ; et moi, je n'ai pas de patience, sûrement pas de calme, encore moins de sang-froid. Au contraire, le mien est bouillant et il ne fait qu'un tour lorsque la juge me vise et m'atteint – l'arme crache son projectile avec empressement, touchant visiblement sa cible. Un beuglement se fraie un chemin dans ma gorge, expulsé avec force – salope, salope.

La colère grimpe à vive allure. Plus vite que la poussière, elle m'aveugle complètement. Frottant les mains sur mon visage, je deviens plus lent lorsque quelques fins morceaux de verre se nichent dans la chair, insidieux. Pas de temps à perdre, elle se tire. À nouveau, le sang ne fait qu'un tour et j'actionne l'arme dans sa direction ; crève, crève sans bruit, sans mot. Lâche, j'espère avoir touché un point vital de son anatomie, puis prie pour qu'elle aille mourir dans un coin comme un animal blessé. Il ne me faut qu'une seconde pour réaliser qu'il n'en est rien et qu'elle détale à toute allure dans l'immeuble. Les jurons s'extirpent du gosier à mesure que je progresse, la suivant de près – bientôt, ils ne sont plus prononcés que pour cette situation, pas même en sa direction. Cette situation de merde, cette mission catastrophique. J'ai envie de lui gueuler d'arrêter, de cesser sa fuite – laisse-toi buter sans rechigner, bordel. Alors je grimpe, évite les projectiles qui me ralentissent. D'abord, rien ne m'arrête et j'aurais préféré recevoir la bouteille sur la face que de ralentir la poursuite – mais pas une putain de femme, pas seule, pas...
Une porte claque à l'étage et je m'immobilise immédiatement dans le couloir. Le cœur battant dans les tempes, une chaleur insoutenable rugissant sous mon épiderme, les doigts parcourus de frémissements, j'écoute. Il n'y a cependant aucun silence dans lequel se plonger et je m'enfonce dans un brouhaha innommable, le palpitant à mille à l'heure. Le monstre est là, le bourdonnement dans mon crâne aussi, le battement de l'organe résonne dans tout mon corps et ma respiration saccadée est difficile à suivre.

Pourtant, un bruit derrière une porte est perceptible. Lentement, j'avance dans le couloir sombre. La sueur perle sur mon front et près de mes cils – c'est ici. Derrière cette porte. Je n'ai qu'à imaginer qu'elle est n'importe qui, qu'elle n'a pas cette stature, ni cette voix. Cette intonation ne venait pas d'elle. Les ordres sont les ordres et il va falloir agir. Pourtant, au lieu de m'avancer en direction de la fameuse porte, je vais m'appuyer contre le mur qui lui fait face. Si je vise bien, il ne s'agira que d'un tir, une balle bien placée et une flopée d'injustices en moins dans ce monde, me dis-je.
J'ai beau me remémorer tous ceux qui sont morts à cause d'elle, j'ai beau m'efforcer de me dire qu'elle pourrait en faire autant de moi, rien n'y fait. Un soupir douloureux gonfle dans ma poitrine lorsque je me redresse, main tendue vers la poignée dorée. Il n'y a qu'à tirer une fois. Lorgnant sur l'arme entre mes doigts, il me reste deux balles. J'ai même droit à l'erreur, si jamais je devais foirer mon premier tir – ce qui n'arrivera pas, me dis-je avec une faible conviction.

Pénétrant dans la pièce plongée dans l'obscurité, j'ai à peine le loisir de scruter les lieux qu'elle me saute dessus ; vacillant, je lâche l'arme, certainement tenue du bout des doigts, et cherche sa silhouette. Le cœur désormais dans la gorge, les prunelles ne s'adaptent toujours pas à l'obscurité et, impatient, je me contente d'appuyer mon corps contre la porte, la refermant sur nous. C'est le moment, me dis-je. C'est maintenant, si j'arrive à retrouver mon arme – merde. Accroupi au sol, les yeux dirigés vers la femme que je distingue difficilement, je passe les mains du bout des doigts sur le sol jonché de saloperies. Un petit morceau de métal m'entaille la chair et je grimace, parcourant toujours le sol du toucher. Il me faut du temps pour trouver l'arme, et elle en profite pour geindre. « Ta gueule, ta gueule bordel ! Ferme-la, prends pas c'ton avec moi, ça marchera pas. » Au contraire, cela fonctionne très bien. J'ai même le sentiment qu'elle ne feint pas, ou qu'à moitié, l'intonation plaintive de ses paroles. Cette réflexion m'arrache un frisson – elle n'est déjà plus comme je l'imaginais. Je fantasmais une femme froide comme la glace, d'une insensibilité dérangeante, mais si facile à affronter. Elle ne s'exprime plus de la même façon qu'elle a pu le faire lorsqu'il était temps de prononcer ses sentences, et je m'en veux terriblement de me laisser aller à des songes pareils. C'est une garce, me dis-je, une garce sans cœur. Sans cœur, répété-je, alors qu'elle m'apparaît plus clairement dans le noir, recroquevillée comme une gamine sans défense.

Bien sûr, les associations malsaines sont immédiates – ma sœur, prostrée dans un coin de la pièce, chouinant comme la gamine qu'elle était alors lorsqu'elle avait trop peur, lorsque l'atmosphère était insoutenable. Notre génitrice, couinant à chaque salve qu'elle recevait, explosant d'une fragilité douloureuse à observer.
« Merde, merde, merde. » Soufflé-je, juste avant de poser le doigt sur l'arme. Je l'attrape avec empressement et le serre contre ma paume. C'est maintenant, oublie tes souvenirs viciés et rappelle-toi des faits. Accroupi au sol, je me redresse lentement et puise dans ce que je sais d'elle pour raviver la haine. « J't'ai déjà vue moins candide, alors fais pas la gamine. » Craché-je, l'index flirtant à nouveau avec la gâchette, comme pour n'avoir à faire qu'un bref mouvement le moment venu. « J'ai jamais cru en la justice, mais quand même. T'es la pire connasse que j'ai vue à c'poste, je dois l'dire. Tu sais, toutes tes mises à mort, tes décisions de merde ? C'est terminé, putain. » À mesure que je m'exprime, la colère revient brûler mes membres, parcourus de courants électriques désagréables mais vivifiants. C'est la bonne chose à faire, il n'y a pas de doute là-dessus. Le bras tendu, l'arme s'élève dans l'air et fixe la juge de son œil unique. Il est temps. « T'as d'la chance que j'sois pas plus cruel que ça. Tu mérites une putain de mort douloureuse. » Sifflé-je. L'index frémit mais ne s'écrase pas comme il devrait le faire.

C'est maintenant. Maintenant. Maintenant. Rien ne vient et j'ai même l'impression que le bras s'affaisse, alors je le redresse et lui rends de la vigueur. Ne faiblis pas, pas à cet instant. Tire. Dans mon esprit, le bourdonnement s'accompagne de pensées bordéliques, de mots jetés à la va-vite, de critiques, de souvenirs. La main libre vient se coller à sa jumelle, pour plus de stabilité, plus de... quoique ce soit. N'importe quoi.
J'essaie de me remémorer les saloperies commises par cette femme, et tout ce que j'ai en tête, c'est sa silhouette recroquevillée au sol, ses plaintes, ses gémissements. Une putain de femme sans défense, voilà tout ce à quoi je pense. Et le bruit dans mon crâne qui me rend complètement fou.

Alors j'écrase la gâchette et je tire une fois, deux, puis cinq, sept, dix, quinze. Un mètre au-dessus de la cible, deux balles se sont nichées dans le mur. Un beuglement de rage fait état de ma frustration et je gueule à m'en arracher la gorge. Cette faiblesse constante est déroutante, insupportable. Balançant l'arme par terre, comme si j'en avais à revendre, je laisse ma poitrine s'élever puis s'abaisser avec force, douloureusement. « Connasse, j'suis trop con d'hésiter alors que t'as jamais cillé, putain ! Lève-toi, allez, debout ! Viens là putain, si tu résiste j'te jure que j'aurai moins de scrupules. »

Main tendue, j'attends qu'elle se redresse. Je vais l'emmener au-dehors des murs, je ne vois plus que cette solution. Ici, je ne ferai rien. Il va falloir la balancer aux saloperies qui rôdent, ceux qui ne sont ni vraiment vivants et pas vraiment crevés. Il n'y a que cette solution.
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MessageSujet: Re: Seek and Destroy - Angie   Jeu 31 Mai - 16:58


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Seek and Destroy

Let's cause a little trouble. Oh, you make me feel so weak. I bet you kiss your knuckles right before they touch my cheek. And I've got my mind made up this time. Go on and light a cigarette, set a fire in my head. Set a fire in my head, tonight.
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Hold me down, hold me down
Throw me in the deep end, watch me drown
Knock me out, knock me out
Saying that I want more, this is what I live for

Détresse enfantine. Angélina qui ne veut plus qu’on la retienne, qu’on lui fasse du mal. Angélina qui cache son visage, se cache du mâle dans l’espoir vain qu’il ne puisse pas la voir. Et si je ne le vois plus alors peut-être, oui peut-être que lui non plus. Elle s’accroche à des mensonges, la môme. Il beugle, feule et les paumes se plaquent aux oreilles. Je n’aime pas quand tu hurles, je ne veux pas que tu cries, que t’engueules. Les mots déchirent les plaies, celles planquées sous la tonne de fringues et la crasse en baume. Souvenirs infâmes, le timbre du paternel qui gronde, traite de menteuse. Et je me défends, assure que je n’ai rien fait, rien dit, que je suis restée la gentille petite fille sage et polie comme il me l’a appris. Idiome déchirant dont il se fout. « Prends pas c’ton là avec moi Angélina ! » Et la gifle. Caboche qui s’abîme sous l’impact de sa paluche. Réalité qui se fendille et la trogne qui dévie dans l’obscurité, claque invisible, mentale.
Carcasse rachitique qui se replie plus encore, veut échapper à ses mains et ses paroles. Elle suffoque la petite gosse, c’est qu’elle veut pas crever, veut pas qu’on lui arrache ses rêves et ses espoirs crades. Il a réveillé l’enfant, Constant, cette enfant qui ne veut plus sagement rester rangée, repliée comme un torchon dans le fond du placard. Elle surgit tout le temps, faiblesse qui se dévoile à mesure que le temps s’étire et qu’il récupère son arme.
La ferraille racle sur le sol de la salle de bains, les membres tremblent de trop comprendre. Alors tu vas me buter dans un recoin de la manière la plus impersonnelle qui soit, d’une balle dans le crâne ? Et à quoi ça sert alors, si personne ne peut voir l’acte commis, s’il n’y a personne pour applaudir ou pour chialer. Ouais, dis-moi, à quoi ça sert de me crever si t’as rien à en tirer, pas même la satisfaction de pouvoir lire les détails sordides de l’histoire dans un torchon quotidien ?

Le canon brille, bref lueur qui me fait baisser les yeux. Et je connais, je sais. Abdiquer, courber l’échine, faire le dos rond et attendre. Attendre sans un mot, sans une parole acerbe à lui balancer au visage. Et t’es tellement con que tu ne vois rien, en vérité. Tu vois que les condamnations, tu vois que les innocents, tu ne vois pas combien on demande pour que certains se retrouvent à crever plutôt que de l’autre côté. Les rumeurs enflent dans les couloirs du gouvernement. Ces gens que l’on largue en pâture aux dévoreurs et qui se regroupent. Ces gens qui s’en sortent, qui se montent contre les têtes pensantes de ce pays ou de ce qu’il en reste. J’ai pas bousillé tout ce que j’avais pour vous laisser tout me voler. J’en ai chié putain pour tous ces privilèges et toi, toi qu’est-ce que t’as fait hein ? A part braquer une arme sur la tempe de quelqu’un avec l’espoir incertain qu’il ploiera. Je mérite d’être là où je suis, je mérite de vivre et ceux qui veulent me faire tomber mérites de crever. C’est comme ça que ça marche dans la vie, connard. J’y peux rien si t’as pas choisi la bonne équipe.
Et le flingue crache ses balles. Sifflement qui résonne aux oreilles et poussières de plâtre qui me tombe sur le crâne. Dans ma tête, tout se déconnecte. Mains tremblantes qui cachent le minois et les larmes salopent les joues. Pourquoi, pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu me butes pas, pourquoi tu fais s’éterniser le supplice ? Petite trogne qui se relève et le regarde alors qu’il gueule et beugle. Vue brouillée par les larmes et cette main qu’il tend et que je n’ose pas prendre.
Poignet qu’il agrippe et qu’il tire le mâle alors que je me fais point mort au bout de son bras.

« Non ! Non ! S’il te plaît ! Arrête ! Fais pas ça, j’ferais c’que tu voudras, s’il te plaît, s’il te plaît. »


Et je pourrais devenir celle que tu veux que je sois, pour un temps ou pour plus longtemps. Demande-moi de les gracier, demande-moi de ne plus les condamner. Me tuer ne résoudra rien, un autre accèdera à ma place, un autre mettra en place le carnage. C’est vraiment ce que tu veux ?
La mimine libre s’accroche à la rambarde de l’escalier et je chiale et chiale. Suppliques enfantines qui résonnent entre les murs couverts de moisissure. L’air ambiant est moite, la sueur dégouline dans le dos et sur le front. Il tire encore et je lâche tout. Perte d’équilibre que j’accentue en le percutant. Les corps dégringolent et les têtes se cognent. Mélange de bras et de jambes qui se heurtent et qui se choquent sur les marches. Un étage plus bas, la douleur se diffuse dans les côtes. Bourdonnement dans les oreilles, je peine à me redresser, tente seulement de me hisser. Jusqu’à lui. Ouais, lui. Tête qui dodeline et mimines qui achoppent le col pour le secouer. Bruits de pas qui se font entendre en dessous. Fuite impossible.

« Lève-toi, lève-toi, y a quelqu’un. »

Murmures larguées, penchée tout au-dessus de lui. Et quand il ouvre les yeux, ce n’est sans doute pas mon visage qu’il rêvait de voir apparaître. La paume se plaque sur sa bouche pour faire taire les remontrances à venir. Si petite main apposée sur sa gueule de fauve prêt à mordre. Index posé sur les lippes, le shhhht mimé sans qu’aucun son ne sorte de mes lèvres. Et dans le silence imposé, le bruit d’une arme que l’on charge, cliquetis qui résonne.
Un pilleur. Sac à dos vissé à l’épaule, il cherche de quoi ramener quelques bricoles dans son habitat de fortune. Ici, il n’y a plus rien que la misère et la poussière. Bâtiment cent fois visités ou mille ou plus encore.

« Faut qu’on s’en aille… »
soufflé-je.

« BOUGE ! » Mais le jeune est déjà là, nous mire de son canon et menace de nous faire sauter la cervelle si on a le malheur de bouger un orteil.

« Filez-moi tout ce que vous avez sur vous. Allez, on se dépêche et toi l’grand machin tu bouges pas ! »
ordonne-t-il, menaçant l’andouille à côté de moi.

Il presse, fais signe de me lever et de retirer le peu de bijoux que je porte et de lui balancer. Et je m’exécute, tente de causer avant qu’il ne s’énerve, frôle la crise d’hystérie.

« Ferme ta gueule putain ferme ta gueule !!! J’veux pas vous entendre, fais c’que jte dis ! »

Et il demande de retirer les fringues, veut autant s’assurer que je ne dissimule rien que se rincer l’œil. Je ne bouge pas et l’arme s’agite encore, vise le gars à mes pieds comme si c’était mon amant ou mon conjoint ou quelqu’un à qui je tiens. La menace dictée m’étire les babines. Vas-y, tue-le, tu me rendrais un grand service. Et je tarde, n’ai pas envie de dévoiler des bouts de moi ni à lui ni à l’autre. Alors il tire, il tire en fermant les yeux, semble mal assuré en tenant son pistolet. La balle s’enfonce dans le mur juste à côté et je ne sais pas si c’était voulu ou s’il n’a pas fait exprès de le rater.

Les fringues sont retirées et la peau abîmée se dévoile aux mirettes du mâle et du jeune qui n’en a rien à foutre, simplement déçu de ne rien trouver de plus.
Je me rhabille alors qu’il s’intéresse au grand con.

« Et toi, à ton tour, file-moi tout c’que t’as. Clopes, frics bijoux, tout. Fais pas comme ta gonzesse, j’vais pas m’emmerder avec vous deux. »


Willy, il ne connaît que ça. Le vol puis la fuite. Il n’a jamais tué personne, se contente de piller les zones non habitées pour plus de sécurité. Frêle petit homme qui voudrait avoir la carrure des grands de son quartier déglingué. Il veut prouver qu’il est comme eux, se prouver à lui-même qu’il est capable de mieux. Mais Willy à la main qui tremble légèrement, des tics nerveux qui lui font cligner des yeux et se gratter les cheveux. Il danse sur ses petons, ne semble pas du tout à l’aise avec l’idée de les braquer, de les tuer.



(C) MR. CHAOTIK - Paroles (c) Halsey

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Si tu cherches la sympathie,
tu la trouveras dans le dictionnaire
entre salaud et syphilis
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