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 Get out alive (Marcus)

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Get out alive (Marcus)   Lun 16 Avr - 23:11



Get out alive
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Dans les vapes, elle titubait, cherchait son chemin dans les ruelles crasseuses de la Nouvelle-Orléans. Jamais elle n’aurait cru un jour fuir, courir pour sa survie. Jamais son corps et son esprit n’avaient été aussi éprouvés, ébranlés. Toutes les convictions se faisaient la malle, tout ce qu’elle estimait statique avait disparu. Et elle était là, seule, perdue dans cette réalité bien trop violente, trop crue pour elle… Il n’y avait pas eu beaucoup de personnes auxquelles elle s’était accrochée, au fil des années. Parce qu’elle l’avait appris dès son plus jeune âge : On n’était jamais mieux trahi que par ceux qu’on aimait. Elle en découvrait avec amertume le goût.

Quelques secondes de pause, quelques inspirations pour calmer la nausée qui l’envahissait. Elle était au bord du gouffre Ambre, cherchant à faire face aux événements, mais incapable dans le même temps de comprendre tout ce qui venait de se passer. Sous le choc, engourdie par la douleur, elle ne pouvait que subir la mémoire totale de son esprit, et les éclats qu’il ramenait dans sa conscience, ceux de cette terrible soirée.

**

Dire qu’elle ne s’attendait pas à de la colère venant de Niklas Ivanov serait faux. Elle connaissait le porte-parole, pour l’avoir côtoyé pendant presque huit ans. Et la gamine, elle était passée outre un ordre formel : celui de ne pas s’approcher d’Isak Eriksson. A peu de choses près, elle y laissait la vie, même si la vérité était qu’elle y avait déjà laissé quelques plumes. Une mafia sur le dos, sa relation avec Dante écornée à jamais, et finalement, les conneries qui s’enchaînaient. Itzal, Kenneth, Lucrezia… La shadowhunter avait fini avec une main en sang lors de sa dernière confrontation, douleur physique tant en phase avec l’épreuve psychologique qu’elle subissait… Ses repères ne se résumaient qu’à un seul être, un dernier fil toujours entier : Ivanov.

Alors, les premières remarques, les premières insultes, bien à l’abri derrière les grands murs de la villa, au milieu du Garden District, elle les avait encaissées, tête basse. C’était mérité après tout. Elle avait désobéi, pour sauver et rétablir définitivement l’honneur de quelqu’un qu’elle estimait important pour elle… Et elle pensait le contraire vrai aussi. Que lui la considérait un peu comme sa fille, comme un être humain à protéger. C’était cette pensée, ce ressenti qui la faisait tenir, alors que les éléments s’acharnaient contre elle. Le phare tiendrait, qu’importait les remous, les vagues…

Mais il ne pouvait faire face à l’Apocalypse.

A la violence verbale s’ajouta un geste. Coup porté au visage, lèvre inférieure fendue sous le choc. Elle recula sous la force de l’impact, regard groggy. Venait-il de la frapper, sans se retenir ? Jamais elle n’aurait imaginé qu’il soit capable d’une telle force. Alors, elle restait sonnée, interdite, de longues secondes. Trop longues. Si seulement elle avait réagi, si seulement elle avait pris la courte fenêtre de battement pour prendre la fuite…. Mais la sidération l’avait clouée sur place, elle, la mercenaire, la tueuse sans émotion. De psychopathe, elle n’avait que le masque. Y’avait une larme qui s’échappait, de ses grands yeux écarquillés.

Les doigts se serrèrent autour de son poignet, décomposant la peau de la gamine. Toucher mortel, décomposition rapide. Et elle paniqua. Le cœur s’emballa, le corps chercha à se débattre, se détacher, briser le contact si brûlant… Mais la main était inflexible, changea de place. La gorge était un lieu de choix, mais l’instinct de survie lui permit certainement d’éviter la mort par décapitation nécrosée… Mouvement de recul, pour échapper la douleur, pieds pris dans la table basse, chute sur un vase, dizaines d’éclats de verre plantés dans la chair de sa cuisse. Souffrance minime, même si se redresser était une véritable torture. L’odeur métallique du sang emplissait désormais l’espace, s’accrochait à son palais. C’était le sien. Premières nausées, alors qu’une chaise explosait en mille morceaux non loin d’elle. Ses bras se levèrent devant son visage, pour se protéger de cette nouvelle potentielle attaque. Et finalement, quelque chose pénétra dans sa chair. Poignard susurra sa mémoire, habituée aux objets tranchants, aux armes. Filaments de sang sur la peau blanchâtre, alors qu’elle se dégageait une énième fois. Cette fois-ci, sa course se fit vers la sortie.

Trop agile, rapide pour son âge, il la rattrapa. Enième coup, corps brisé, lame portée en direction de son visage. Simple égratignure sur la joue, à quelques millimètres de l’œil. Et elle réagit, l’entrainement rattrapant les années. Quelques secondes pour le sonner, et prendre la suite.

Cours. Cours pour ta vie.

Y’avait rien eu d’autre que cet instinct, cette voix, cette peur dans les entrailles, qui lui ordonnaient tous de fuir. Car au-delà des blessures physiques, il y avait tout son mental qui s’brisait, s’cassait la gueule. Tout ce qu’elle avait construit, tout ce en quoi elle avait cru… Les failles explosaient, les portes si solides s’arrachaient de leurs gongs. Que devait-elle croire ? Qui devait-elle croire ? Pourquoi elle ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi tous ces mensonges ?

Elle courrait juste pour mettre de la distance, sans savoir où elle allait, sans savoir où elle s’arrêterait.

**

Et son cerveau complétait le vide, le mal-être, en rappelant sans cesse à sa mémoire les événements. Bon dieu qu’elle haïssait cet esprit. Bon dieu qu’elle se détestait… Les nécroses avaient disparu dans leur grande majorité, mais la souffrance, la sensation, la brûlure… Tout restait ancré. Tout, dans les moindres détails, ressentis. Et la nausée revenait, plus forte que jamais. Elle fut obligée de ralentir, à cause du sang qu’elle perdait, de la cuisse dans un état pitoyable, des perles transparentes qui roulaient sur ses joues, brouillaient sa vision. Le peu qui lui restait. Elle tenta de s’appuyer sur un mur qu’elle pensait percevoir non loin, mais s’écroula lamentablement au sol. Avec des bouts de vêtements arrachés, une partie de pantalon en lambeaux, elle passerait certainement pour une sans-abri aux yeux des rares qui seront encore de sortie à cette heure-là.

Elle était perdue, si perdue….


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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Mer 25 Avr - 1:46

« Hé Di Lorenzo ! On s’arrête un coup ? » Brusquement, il se retourne, remarquant enfin que ses deux collègues ont calé quelques mètres en arrière. Regard dardé en leur direction, il hésite un instant avant de laisser glisser ses méprisants iris vers la devanture devant laquelle ils se trouvent. Désapprobateur, il laisse échapper un soupir, devinant bien aisément les pensées des deux hommes qui l’accompagnent. « Me faites pas croire que c’est pour des arrestations. » Il ne connaît pas suffisamment ces types pour se positionner facilement dans leurs esprits, mais a déjà eu l’occasion de patrouiller plusieurs fois de nuit en leur compagnie. Les bars aux allures de bordels, ils ne lui ont jamais semblé les observer d’un mauvais œil, bien au contraire de l’italien, qui a encore du mal à y entrer. « Allez, à cette heure personne ne viendra nous reprocher de prendre un peu de bon temps ! » Et il s’agace, ses yeux roulant dans leurs orbites avant de chercher un autre comparse, posté plus loin. Nero l’observe, intrigué de l’échange, surpris également de cet arrêt soudain. Et le brun se décide, rapidement. « Sans moi, mais allez-y, j’dirai rien. » Les talons sont tournés, et la marche peut reprendre.

Les quartiers douteux du nord ne sont pas quittés de suite, à son grand regret. Arpentant les rues en silence, il suit le malinois, qui lui montre la route, longeant les murs dans l’ombre des faibles lampadaires d’une allure vagabonde. De temps à autres, Marcus le perd de vue, est tenté de s’inquiéter avant qu’il ne réapparaisse finalement et qu’ils continuent leur route. Selon les pavés qu’ils arpentent, leur route croise celle de plus ou moins de fantômes. S’entame alors un long échange de regards plus ou moins noirs avant qu’ils ne soient plus à portée de le faire. Et leur solitude reprend, jusqu’à croiser une nouvelle âme portant plus ou moins de poids sur sa conscience à la distinction de son uniforme gris. Épaules qui s’abaissent généralement de soulagement, une fois le peacekeeper croisé sans se faire embêter. Ce dernier n’en a cure, ne s’intéresse pas aux rares passants. Il ne compte pas se compliquer la nuit à interpeller quiconque le croisera sous simple prétexte de ne pas se fier à sa tronche, il ne serait pas couché autrement. Du moment qu’il n’y a rien de bien relevable qui se présente devant lui, il se contente de faire de cette sortie une simple balade délestée de deux bavards.

Une soirée somme toute banale, passée à errer dans les rues en préventif. Progressivement, il quitte le nord afin d’entamer la seconde partie de sa ronde. Les rues évoluent tout autant que l’allure des rares citoyens qu’il y rencontre. Le nord devient est, doux quartier qu’il habite. L’air y est meilleur, tout autant que son humeur. Le sommeil pesant sur les paupières se voit contraint de céder de sa place à un peu plus d’enthousiasme. Le contentement d’être près de chez soi, de savoir qu’il n’y a pas grande vermine dans ce coin, que le plus dur est passé avec brio. La route est encore longue, il lui reste bien plusieurs petites heures avant de retrouver son appartement. Il est supposé terminer dans la zone ouest, avant d’être libéré de son service, de ne plus chercher à démasquer la moindre activité susceptible de s’élever contre le sacro-saint Gouvernement. De toute manière, il compte fermer les yeux, sachant que les deux hommes laissés en arrière feront au moins une interpellation pour la forme, afin de feindre l’implication de la prétendue patrouille et de s’éviter des soupçons.

À mesure que les minutes filent, les habitations défilent et il ne tarde pas à se situer parfaitement. Il se trouve seulement à une dizaine de minutes de chez lui et la tentation de rentrer plus tôt le titille un instant, avant qu’il se décide à continuer sa ronde. Tant que le calme est là, et qu’il n’a pas grand-chose à faire que d’en être satisfait. Pourtant, Nero disparaît une nouvelle fois, lui qui semblait pourtant avoir commencé à se calmer, à s’être suffisamment défoulé pour lui tenir sagement compagnie. L’italien le somme de revenir dans sa langue natale, d’abord d’un sifflement entre les dents, avant de hausser légèrement le ton, voulant conserver sa discrétion. L’animal tarde à refaire surface et affiche alors un air qui pousse l’italien à froncer les sourcils. Qu’a-t-il détecté ? « Mostra. » ordonne-t-il pour que le noiraud le guide jusqu’à sa trouvaille. Le chien glisse à nouveau au coin d’un carrefour, et l’italien est contraint de se presser pour le garder en vue. Ils ne marchent pas bien longtemps avant que Nero s’arrête, lançant de légers aboiements.

Ne cachant sa surprise, le tatoué marque un temps d’arrêt, pensant un instant halluciner. Devant lui gît un corps en piètre état dont la figure, malgré la luminosité plus faible, n’échappe pas à Marcus. « Ambre ? » interroge-t-il bêtement, stupéfait, avant de se dépêcher de s’agenouiller à côté d’elle. « ‘tain mais dans quel état tu t’es mise ? » Rapidement, il s’agenouille à ses côtés, constate l’ampleur des dégâts, marmonne quelques jurons dans sa langue natale, alors qu’il ne peut que constater qu’il n’aura pas de réponse de si tôt. Inquiet, il fouille ses poches, trouve son bipper, s’apprête à l’utiliser, avant de se stopper aussitôt dans son élan. Non, il ne peut pas lui faire ça. Il a largement assez connaissance de l’aversion de la shadowhunter pour l’hôpital et le personnel médical. Elle le tuerait, si elle reprenait conscience en un tel lieu, en particulier avec tout ce temps de rétablissement qui risque de l’attendre. Aversion qu’il comprend parfaitement, puisqu’il la partage. Un soupir, avant de planter son regard vers les traits de son visage, hésitant. Soit, il va prendre le risque d’avoir sa vie entre ses mains. Sans plus traîner, il retire son tee-shirt, le noue autour de la cuisse labourée afin de luter tant bien que mal contre l’écoulement de sang et la soulève, l’amène dans le seul lieu qui lui semble sûr et proche : son chez-lui.

La route lui semble terriblement longue, non pas du fait de la porter, mais plutôt des émotions qui se bousculent dans son esprit alors qu’il n’est en mesure de rien faire de plus hormis de se presser. Il ne sait pas ce qu’il lui a pris, regrette un instant son choix trop impulsif. Mais il y a cette surprise, principalement, qui sème la confusion en son être. Jamais il n’aurait cru en venir un jour à lui venir en aide, à elle, l’inébranlable machine à tuer. Depuis la mine, l’hésitation ne l’a jamais quitté, et elle revient à la charge, alors que la crainte d’être arrivé trop tard le traverse. Tentant le tout pour le tout, il pénètre dans son appartement en cherchant son souffle, l’installe rapidement sur son lit, qui lui semble plus confortable que son canapé. Court jusqu’à sa salle de bain, attrape tout ce qui pourrait l’aider et qui lui passe sous la main. S’occupe de stopper le sang, de bander de son mieux toutes les plaies qu’il voit, d’appliquer un baume cicatrisant sur les plus petites. Ce ne sera pas assez, il faudra repasser, il le sait, mais préfère la couvrir d’abord, sommer Nero de se coucher près d’elle pour lui apporter un peu de chaleur, pendant qu’il file trouver un autre haut avant de s’installer sur le canapé et d’attendre, toute fatigue l’ayant quitté.

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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Dim 29 Avr - 23:50



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Elle n’avait pas perçu la présence qui se rapprochait pourtant sans la moindre discrétion, d’un pas lourd, régulier. Si la gamine avait pu porter attention au rythme, elle aurait reconnu celui d’une patrouille, de miliciens. Ils étaient tous si similaires. Pourtant, elle aurait aussi pu souligner à quel point c’était léger. Comme s’il était seul. Ce genre d’informations, Ambre ne l’aurait pas raté, elle qui désirait un contrôle parfait sur son environnement, une anticipation totale. La loque qu’elle était aujourd’hui s’en contrefoutait. Elle était vulnérable, terriblement vulnérable, depuis que sa carapace et ses croyances s’étaient brisées. Elle qui avait tant d’ennemis, ce soir, elle pouvait signer son arrêt de mort par son comportement. Avait-elle peur ? Non. Elle en avait fait une overdose après tout. La panique dans les veines, les palpitations de son cœur explosant, elle n’avait jamais connu cela jusqu’à aujourd’hui. Ou plutôt, la dernière fois, elle n’était encore qu’une gamine, qu’un être influençable réclamant un peu d’amour. Tout avait été si vite fauché. Et tout recommençait une nouvelle fois. Elle aurait dû écouter Dante, quand il évoquait le danger que représentait Niklas. Elle aurait juste dû l’écouter, lui qui avait si souvent eu raison grâce à son instinct, là où elle n’était que justice aveugle et bornée.

Elle se recroquevilla, à peine consciente quand une masse s’approcha d’elle. Trop proche de terre pour être un humain, le cerveau ralenti mis de nombreuses secondes à associer la forme à un animal. Chien certainement. Chien errant. Les paupières lourdes entravèrent la vision, et seule resta l’ouïe. Nouvelle approche, pas en décalé. Plusieurs personnes… Non. C’était autre chose. Mais l’italienne, elle était trop fatiguée pour comprendre ou réfléchir. Elle entendait à peine l’homme prononcer son prénom. Il devait être suffisamment proche pour le connaître en tout cas, sans qu’il lui inspire de la haine. Parce que c’était un fait, la milicienne, elle était détestée par nombre de personnes dans son environnement. Déjà pour l’autorité qu’elle représentait. Et ensuite, pour sa personnalité, cette tueuse sans scrupule que tous avaient à voir. Ou presque. Y’avait l’Italien qui se frayait un chemin jusqu’à son cerveau, une tirette d’alarme tenta de sonner dans la foulée. Mais elle s’en moquait. Elle tenait à peine éveillée. D’ailleurs, le tissu autour de sa jambe ne provoqua aucune réaction chez elle, de même que les bras la soulevant. Sa joue se posa contre le torse de l’homme. Et il ne fallut que quelques secondes pour que l’inconscient réclame son dû.

**

Elle ne savait pas, combien de temps elle était restée évanouie. Elle n’avait même pas conscience de tout ce qui s’était passé. C’était une sensation étrange, d’avoir ce sommeil de plomb, instigué par un cerveau cherchant à se protéger. Tout avait été trop vite, tout avait été trop fort. De temps à autre, il y avait ses souvenirs qu’elle qualifierait de rêves. Ces images floues, pourtant si intenses… Y’avait la petite voix qui se voulait rassurante, à tout renfermer au fond de son cœur, à tout ignorer. C’était la solution de facilité. Et elle se heurta à la conscience, la morale. Cette partie méconnue qui refaisait surface, et qui se disait que même si c’était dur, c’était à garder. Et qu’il faudrait changer, pour s’adapter. Qu’il faudrait arrêter d’être conne, d’être aveugle. Qu’il faudrait tirer un trait sur vingt-cinq ans d’existence. Qu’il faudrait accepter la trahison. Qu’il faudrait s’y faire, et pourtant arriver à vivre. Et non plus survivre.

Et y’eut la souffrance physique. Si réelle. Le choc du réveil. Les paupières s’écarquillèrent, le souffle se coupa. Où était-elle ? Que faisait-elle ici ? Certaines blessures lui apparaissaient comme engourdies, comme si quelqu’un avait tenté de les soigner un minimum. Qui… Une masse noire. Un animal. Et l’italienne, elle avait une peur bleue des bêtes qui n’étaient pas humaines. Ce n’était pas logique, donc c’était potentiellement dangereux. Et dans son état… Ses doigts se glissèrent sous l’oreiller, là où normalement une arme était située. Foutu instinct. Elle recula trop, malgré la douleur, et le corps quitta la chaleur des draps. Et elle se cassa la gueule oui. Le bruit soudain lui agressa les oreilles, bousillant un peu plus l’esprit perdu. Sa vision fut rapidement brouillée par les larmes, les fines perles transparentes coulant sur ses joues. La cicatrice sous son œil se réveilla, procurant une première vague de douleur, à laquelle répondirent les différentes blessures. Elle déglutit difficilement, parvint à se redresser. Le chien ne s’était pas rapproché, bien qu’un aboiement quittât sa gueule. Comme si le boucan n’avait été suffisant pour attirer l’attention.

Elle ne put voir avec précision la silhouette se rapprocher d’elle. Pourtant, son instinct lui disait qu’elle le connaissait. « Où suis-je ? » Même la voix se brisait. Elle tremblotait, sans savoir si c’était lié au froid, à la douleur, ou à sa vulnérabilité. La main essuya les perles diamantées, reconnut la silhouette. « Marcus ? » Voix chevrotante, à peine capable d’y croire. Nombre de questions se bousculait sur le pas de ses lèvres, mais aucune ne les franchit. Elle ne savait pas bien par où commencer la gamine…


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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Lun 30 Avr - 21:16

Jamais il n’aurait pensé un jour se trouver dans une telle situation. Du moins, dans une telle configuration. Qu’il perde la face, ce ne serait pas impossible, bien au contraire. À force de le chercher, il ne s’étonnerait pas d’y parvenir, il l’aurait mérité. Mais que ce soit elle, qui se trouve en difficulté au point de finir inconsciente dans ses bras, il ne l’aurait pas cru. Pourtant, c’est bel et bien ce qui vient de se passer. Ambre est là, encore inanimée, sur son lit, Nero la gardant tandis qu’il se pose un instant. Les questions se bousculent dans son esprit, sans qu’il ne puisse y donner de réponse. Celle qui les détient n’est pas en état de l’éclairer, ainsi doit-il se contenter d’attendre. Et malgré l’heure, il peine à s’endormir de suite, bien que son canapé ne soit pas des mois confortables. Dans le fond, il y a cette inquiétude, ce et si j’avais mieux fait de la livrer tout de même à des professionnels ? Cette que question qui l’occupe tant et si bien.

Abandonnant quelques temps l’idée de tenter de se reposer, il erre dans son appartement, fait les quatre cent pas, avant de décider de se planter à sa fenêtre. Balaye du coin de l’œil chaque partie de la rue qu’il est en capacité de détailler à l’aide de l’éclairage publique. S’assure qu’il n’y ait personne qui les aurait suivi de loin, que celui ou celle qui a infligé tant de mal à la shadowhunter n’est plus dans le coin. Cherche des réponses dans l’ombre, continue de s’interroger à défaut d’en trouver. Et il retourne se plonger chez lui, se servir un verre d’eau, son regard glisse vers le malinois, bien installé auprès de la jeune femme. Ses flancs se soulèvent à intervalles réguliers sans qu’aucune autre partie de son corps ne bouge. Il dort, tout comme celle qu’il garde. Face à cette attitude détendue de l’animal pourtant doté d’assez de sensibilité pour sentir la gravité ou non de chaque situation, Marcus se décide enfin à se laisser assoupir lui aussi. Si Nero ne semble pas angoissé, il n’y a nulle raison qu’il le soit.

Pourtant, alors qu’il ne dort que d’une oreille, un bruit sourd le tire de son repos, puis un aboiement. D’un bond, il se redresse, se tourne vers son lit, sur lequel le noirot l’observe de ses yeux emplis d’interrogations. Lui faisant signe de ne pas bouger, l’italien se précipite voir Ambre, qui semble avoir retrouvé assez de bougeotte pour en tomber par terre, littéralement. Inquiet, il s’accroupit à ses côtés, s’apprête par réflexe à lui demander si elle ne s’est pas fait trop mal, avant d’avoir un léger mouvement de recul. Embarrassé de la voir à bout, de distinguer ces larmes perlant au coin de ses yeux, il attend quelques instants, la laisse tenter de reprendre ses esprits. Elle le reconnaît, finalement, et il lui répond, doucement. « Oui c’est moi. » Qui t’ai trouvée. Qui t’ai ramenée en lieu sûr. Qui t’ai soignée si sommairement. « T’es chez moi Ambre, c’est fini. » Pour le moment. Parce qu’il ignore quel fantôme a pu la mettre dans cet état, qu’il se contente de se vouloir un minimum rassurant, bien que ce ne soit pas vraiment chose qu’il maîtrise.

Attend un semblant de réaction de sa part, qu’elle lui montre d’une manière ou d’une autre qu’elle l’a bien entendu, avant de reprendre, lui évitant de poser des questions. Plus elle en saura, moins elle s’inquiétera. « J’étais en patrouille quand mon chien t’a trouvée. » Fait une courte pause, s’assure qu’elle le suive bien. « Tu devrais bien t’entendre avec lui, il s’appelle comme toi. Pas Ambre hein, Nero. » Et l’animal dresse les oreilles, incline la tête sur le côté, intrigué à l’entente de son nom. « C’est lui qui t’a tenu chaud pendant que t’étais pas là. » Inconsciente, dans un état trop léthargique, où elle aurait pu partir. Mais elle est là, heureusement. Ça aussi, jamais il n’aurait cru se réjouir un jour de la voir éveillée. Et il attend un peu, avant de reprendre une nouvelle fois. « J’sais à quel point t’aimes les blouses blanches aussi, c’pour ça que je t’ai conduite chez moi. » Elle lui en voudra pas pour ça, il l’espère. Et il se relève, ne la quitte pas encore des yeux. « Bouge pas, j’vais t’aider à remonter. » marmonne-t-il, avant de lui offrir un appui, de la soutenir le temps qu’elle parvienne à s’installer à nouveau sur son lit.

Un bref regard est échangé avec le malinois, avant de l’appeler à en descendre. Il se contentera de rester un peu par terre, puisqu’il semble plutôt incommodant pour la jeune femme. Sans dire mot, Marcus s’éclipse quelques instants, s’éloigne pour attraper quelques biscuits dans ses placards, déposés ensuite dans une assiette, qu’il rapporte à l’italienne avec un verre d’eau. « Si tu t’en sens, ce serait bien que tu reprennes un peu de forces. T’as perdu pas mal de sang. » Mais de ça, elle doit tout de même s’en douter. « J’tai pas très bien rafistolée non plus, j’attendais que tu te réveilles surtout, avant de faire quoi que ce soit. » Il désigne rapidement les quelques bandages qu’il lui a posé dans le seul but de stopper l’afflux sanguin vers l’extérieur. Il a préféré attendre qu’elle reprenne un peu de poil de la bête avant de faire quoi que ce soit de plus poussé. Un temps de silence se fait entendre, avant qu’il ne se décide à l’ouvrir une dernière fois. « Tu sais qui t’a fait ça ? » demande-t-il enfin, pour tenter de comprendre les blessures si profondes de l’italienne pourtant si habile au combat. Il ignore si elle pourra lui répondre de suite, ni même si elle le souhaitera, mais il se soulage au moins d’une interrogation.

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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Mar 1 Mai - 2:52



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Il avait fallu un temps pour qu’elle se calme, pour que les battements effrénés de son cœur ralentissent. Jamais elle n’avait été dans cette situation, si déphasée par rapport aux événements l’entourant. Jamais elle n’avait si peur non plus. Tant de nouveautés à la seconde, et ses sens comme son esprit en étaient fort éprouvés. Parfois, elle avait envie de trouver le bouton qui arrêterait tout. Définitivement. Celui qui ferait taire les petites voix dans son crâne, et les pulsations de son cœur. Etonnamment, Ambre n’avait jamais pensé au suicide. Pourtant, le comportement était souvent en désaccord avec sa conscience. Contrairement à la majorité des êtres humains, transformés ou non, elle n’était aucunement effrayée face à la mort, même pas la sienne. Surtout pas la sienne. Toujours tout sacrifier, pour enfin être libérée de ses chaînes. Et peut-être qu’aujourd’hui elle s’en rendait compte. C’était le meilleur moyen pour y faire face, et aller chercher de l’aide. Sa fierté habituelle l’en empêchait, mais désormais, même sa dignité avait pris ses jambes à son cou. Elle pleurait devant Marcus. Elle avait abaissé toutes ses gardes, avait laissé toutes ses failles transparaître. Parce que finalement, lorsqu’une âme était blessée, plus rien de tout cela n’avait de sens.

Il lui laissa le temps, comme s’il avait deviné qu’elle n’était pas en pleine possession de son cerveau. Bon, en soi, elle ne le serait jamais vraiment pendant quelque temps. Oui c’est moi. Une voix calme, connue. Les tremblements semblaient être à nouveau sous contrôle. Un peu. Elle ne parvenait pas à les arrêter entièrement, même si elle était à l’abri pour l’instant. Certes, elle avait laissé Niklas sonné chez lui. Cependant, peut-être était-il déjà à sa poursuite ? Et s’il pénétrait chez elle ? Détruirait-il tout ? Instinctivement, la tête se secoua. Un « non » physique. Rien n’était fini. Tout ne faisait que commencer.

Les explications tombaient, au compte-goutte. Pourtant, chaque mot prononcé la rassurait, d’une manière totalement stupide. Ils donnaient de la crédibilité aux dernières heures, aussi vagues soient-elles. Et son esprit, il appréciait cela. Il se souvenait juste de la course effrénée lui, cette recherche de la survie. Comment elle s’était déplacée, comment elle avait survécu à la rue, c’était autre chose. Maintenant, elle comprenait, à défaut d’avoir un quelconque contrôle sur les événements. C’était déjà mieux que rien. Nero. Le nom du chien. En effet, ils avaient au moins ça en commun. Cependant, cela ne rassurait pas forcément Ambre sur la présence de l’animal. Pas dans son état actuel. S’il attaquait, elle n’aurait pas le temps de réagir. Pourtant, Marcus était son maître, il n’y avait aucune raison qu’il s’en prenne à elle… Mais cette soirée lui avait beaucoup coûté, à l’italienne, sur sa confiance, et à qui l’accordait.

Il ne l’avait pas emmenée à l’hôpital. Un soupir de soulagement passa la barrière de ses lèvres. Elle aurait fait une crise. Et surtout, elle aurait dû leur donner des explications. Sauf qu’elle ne pouvait rien dire. Accuser un éminent membre du Gouvernement d’agression, c’était signer son propre arrêt de mort. De toute façon, sa parole à elle ne valait rien. Parce qu’elle n’était qu’un humain parmi tant d’autres. Un humanoïde dont on se servait, mais avec sa date de péremption écrite en minuscules sur le corps. Un être remplaçable, quand il devenait trop ennuyant. Ce serait elle, sous peu. « Merci. » C’était tout ce qu’elle trouvait à dire, jusqu’à ce qu’il l’aide à se relever. Quitter le sol dur pour retrouver le matelas sous son corps. C’était plus agréable, avec les courbatures et les blessures. Soupir d’aise malgré tout ce qui arrivait.

Son regard suivit Marcus quand il s’éloigna, puis elle laissa s’échapper un murmure quand il revint : « Je suis désolée que ton chien doive s’écarter, j’ai… J’ai du mal avec les animaux, ils ne sont pas aussi prévisibles que les humains… » Et pourtant, elle s’était fait avoir par l’un de ces derniers. Il y avait un goût amer dans sa gorge, mais qui disparut bien vite. Elle n’était pas de taille. Elle ne l’avait jamais été.

Elle attrapa le verre d’eau, se rappelant soudainement à quel point sa gorge était sèche. Quelques gorgées pour se désaltérer, se calmer grâce à la fraîcheur de l’eau. Pourtant, ses doigts continuaient de trembler. Elle s’était déjà blessée à la main quelques semaines plus tôt, à cause de Kenneth. Un instant, elle lia les frissonnements à cela. Mais ce n’était pas le cas. La longue balafre qu’elle devinait le long du bras, et les différentes blessures qui diffusaient une souffrance continue dans son corps devaient y être pour quelque chose. Bordel… Elle écouta Marcus, grignotant un des biscuits qu’il avait ramenés. Elle n’avait pas spécialement faim, mais si elle voulait s’en sortir, compenser les pertes de sang et de nutriments essentiels à sa survie, il lui faudrait manger. Alors… Elle essaya au moins. « Je te remercie une nouvelle fois, notamment pour ne pas m’avoir emmenée à l’hôpital… »

Puis il y eut une question. Cette fameuse question, si logique. Qui ? Avait-elle envie de répondre ? Pouvait-elle seulement répondre ? Ses doigts effleurèrent sa gorge, là où Ivanov avait tenté de la toucher, de la décomposer. Son regard se posa sur le poignet, sur lequel les traces avaient disparu. Pourtant, dans ses souvenirs, dans son corps, tout était encore présent, si présent… Pourtant… Marcus avait le droit de savoir. Les épaules s’affaissèrent, les yeux refusèrent de s’accrocher aux iris de l’homme, se plongèrent dans la contemplation de l’eau. Et les mots se formèrent, lentement. « Ivanov. Niklas Ivanov. » Le couperet était tombé. La voilà qu’elle accusait le porte-parole. Heureusement qu’elle savait que l’italien n’était pas le plus fervent admirateur du Gouvernement. Et elle déballa tout, d’une traite. « Ca faisait plus de huit ans que je travaillais pour lui. C’était une connaissance de mon géniteur à l’époque. » Pause. « Je le considérais comme un père. » Aveu. C’était le père qu’elle n’avait jamais eu, l’affection qui avait terriblement manqué dans sa vie. Et elle s’en voulait d’avoir été si faible. « Il a voulu me tuer parce que je suis devenue un parasite. J’en sais trop sur ses activités, et il n’est plus capable de me contrôler… » Un simple objet défectueux dont on voulait se débarrasser. Et la tuer, c’était le meilleur moyen de s’assurer qu’elle ne parlerait pas.

Les doigts se serraient autour du verre. Heureusement qu’elle n’avait plus assez de force pour le briser de sa poigne. « J’aurais dû le tuer… Mais je n’ai pas pu. » La tueuse battue dans son propre domaine. La tueuse hébétée puisque ses propres émotions l’avaient tétanisée. Elle ne valait rien. « Je ne sais plus où j’en suis Marcus. » Perdue, elle l’était. Elle ne put s’empêcher de penser à Dante. Lui l’avait prévenue. Et elle, elle n’avait pas été foutue de l’écouter. Elle accordait toujours sa confiance au pire mécréant plutôt qu’à une personne loyale et aimante. L’éducation restait tant ancrée. Mais plus maintenant. Plus jamais.


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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Jeu 3 Mai - 23:19

Paroles qui s’enchaînent, s’accumulent peu à peu, le poussant finalement à remarquer qu’il se fait plus bavard que d’ordinaire. Abandonnés les propos de sa mauvaise humeur défensive. Il ne râle pas, ne cherche pas à s’opposer. Se contente d’expliquer, de se vouloir rassurant. Différent de toutes ces missions pendant lesquelles ils ont eu à être amenés à collaborer, sans pour autant ne jamais vraiment faire un binôme. Ya toujours eu Ambre qui faisait son boulot, et Marcus qui cherchait à ne pas le faire. S’est toujours contenté de la ranger dans une case à part, où tout sentiment semble absent, où les réflexes machinaux dominent. Machine entraînée à tuer, et ne sachant faire que ça, jusqu’à ce qu’il commence à se rendre compte qu’elle n’est peut-être pas si différente qu’il peut le croire. Doute qui ne manque pas de refaire surface, la voyant dans un état qui ne lui ressemble pas, pas selon lui. Il fait alors ce qui lui semble le plus approprié, laisse tomber son bouclier. D’ordinaire, il n’est pas du genre à ramener n’importe qui chez lui. Mais les circonstances l’ont poussé à laisser tomber ses habitudes. Le voici qui fait de son mieux pour l’aider, le voici qui n’est plus le coéquipier râleur mais un semblant de connaissance amicale qui s’esquisse.

Les remerciements ne tardent pas à être prononcés, alors qu’il n’attend rien, pensait plutôt qu’elle ne lui répondrait pas de suite, qu’il lui faudrait plus de temps. Lui accorde seulement un regard, ne répondant rien. De toute manière, il n’y a pas grand-chose à dire. Il l’a trouvée en sale état, a décidé de ne pas la laisser plantée ainsi. Il l’aurait fait pour n’importe quel inconnu, bien qu’il se serait contenté de faire venir les blouses blanches pour leur porter secours, n’aurait pas autant tenu compte de leurs préférences. S’éclipse heureusement quelques instants, évitant ainsi d’avoir à formuler quoi que ce soit, se contente d’un bref silence, avant de passer à autre chose. Parce qu’après tout, il a encore tant à dire. La laisse s’alimenter un minimum, plutôt satisfait qu’elle ne préfère pas se laisser crever de faim alors que ses blessures ne sont pas venues à bout d’elle, avant que reprenne leur échange.

Haussement de sourcil à demi étonné à l’entente des aveux, avant qu’un léger sourire viennent se glisser au coin de ses lèvres, entre bienveillance et ironie. Ne rebondit pas immédiatement dessus, préfère aller au bout de son idée. Mais une nouvelle fois, la gratitude refait surface, le titille d’un embarras qu’il n’apprécie pas. « Tu m’diras merci quand tu seras vraiment sur pied. » la coupe-t-il. Il n’est pas sorcier, non. L’italien ne criera pas victoire de suite, préfère d’abord savoir toutes ses plaies cicatrisées pour vraiment accepter une quelconque reconnaissance. Ne préfère pas non plus s’imaginer combien cela pourra être long et désagréable, bien que la douleur ait certainement déjà fait surface, ne serait-ce qu’au moment de lui infliger tant de blessures. Et il y a sa question, la question. Qui ? Il ne tardera pas à le savoir, le devine à l’attitude de Ambre. Elle sait, qui s’en est pris à elle.

Et il écoute, attentivement. Comme il ne l’a jamais écoutée, même. Épaules qui se crispent légèrement, menton qui se redresse, à l’entente de ce nom donné sans la moindre hésitation. Curiosité du tatoué piquée à vif. Ivanov. Pour sûr, que ce non ne lui est pas inconnu. S’il a beau pester sur le Gouvernement dès qu’il lui est possible de le faire, Marcus n’est pas totalement désintéressé de ce qu’il s’y passe. S’efforce malgré tout de connaître des noms, des grades, d’en savoir assez pour savoir qui ne pas offenser, pouvoir se sauver la peau d’une courbette lorsque nécessaire. Mais la tueuse, elle, se faire acculer de la foudre du porte-parole ? Son attention en est dédoublée, il ne la quitte pas des yeux, s’assure de bien entendre tout ce qu’elle en a à dire. Frisson qui le parcourt à l’entente des mots fatals. Comme un père. Aveu stupéfiant auquel il ne se serait pas attendu. La fixe, cherchant tout signe de tromperie, voulant bien y croire mais y peinant tout de même. Sa sincérité ne lui semble pourtant pas chancelante.

Alors, à présent, il comprend mieux. Son état, ses plaies profondes. N’est pas surpris, dans le fond, qu’il n’y soit pas allé de main morte. Écoute un peu plus distrait la suite des paroles, puisqu’il a obtenu sa réponse. Se laisse plonger doucement dans ses réflexions, en quête d’une solution. N’est pas très convaincu, peine à trouver de quoi lui offrir de quelconques encouragements, se décide néanmoins à couper le silence. « Pour l’instant tu devrais te faire oublier un peu, ce sera pas mal. » Parce qu’il n’y a rien de plus à faire en cette heure. Si le porte-parole a décidé de l’éliminer, mieux vaut qu’elle disparaisse quelques temps, juste assez pour qu’il la pense morte, et qu’elle se remette de ses blessures. Physiques tout autant que morales. Pour le reste, il ne peut pas se mettre à sa place, il ne peut pas savoir tout ce qu’elle ressent, seulement voir ce qu’elle veut bien lui montrer.

Et il laisse le silence s’établir quelques instants, touché à sa manière de ce qu’il vient d’entendre, pendant qu’il s’égare une nouvelle fois dans ses pensées, glissant ses yeux vers le malinois, tranquillement assoupi plus loin, avant d’en émerger. « Tu vois, c’est pas l’genre de choses qui arriverait avec une bête. » lâche-t-il finalement. « Ya pas plus sincère que ça si on sait écouter. Regarde Nero. Il a p’têtre des crocs, il pense p’têtre ni ne s’exprime comme nous, mais je préférerai lui confier ma vie plutôt qu’à n’importe qui. Ils ne mentent pas, eux. » Ils ne blessent pas, eux. Du moins, pas là où ça fait vraiment mal. Il est désolé pour elle, même s'il ne parvient pas à le dire. « Tu devrais rester chez moi le temps que ça aille mieux. » Le temps qu’elle puisse retrouver assez de forces pour ne pas risquer de s’écraser comme une mouche s’il en vient à lui retomber dessus. Qu'au moins, il y aura toujours quelqu'un pour la garder à l’œil. « Et si tu t’en sens, faudrait surtout qu’on finisse de s’occuper de tes blessures. » Parce que ça reste le plus inquiétant pour le moment. Que malgré tout, même si elle a de quoi se sentir trahie, perdue, elle pourra s’en remettre, il s’en fait moins pour ça que pour ces bandages qu’il a posé pour la rafistoler temporairement.

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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Mer 16 Mai - 2:00



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Dire merci quand elle sera remise sur pied… Si cela arrivait un jour. Ambre, elle n’avait jamais été particulièrement optimiste ou pessimiste. Cependant, elle était capable de percevoir quand ça n’allait pas, quand elle mettrait du temps à s’en remettre. Parce que y’avait pas que les blessures, cette douleur cuisante qui la brûlait de l’intérieur. Y’avait les pensées, les émotions tranchées, plongées encore vivantes dans ce foutu volcan. Tout cramait, et y’avait rien qui en ressortirait. Rien d’autre que des cendres, un magma noirâtre qu’elle dégueulerait à la première occasion. Elle n’avait rien pu faire pour les sauver. Tout avait été embarqué, de gré comme de force. Elle avait juste observé tout se faire détruire. Ses espoirs, ses sentiments, son futur, et surtout son passé. Finalement, ça s’était engourdi, quand la souffrance avait dépassé ce qu’elle pouvait endurer. Alors, elle n’avait pas pleuré, pas tremblé. Elle avait juste serré ce foutu verre, avec comme seule envie pouvoir l’exploser par la force de son esprit. Ou de ses doigts. Mais ni l’un, ni l’autre n’était assez puissant. La pression avait été relâchée, en même temps que la soupape qui maintenait ses lèvres closes. Elle avait parlé comme jamais elle ne l’avait fait avant. Elle avait mis des mots sur une relation qui avait volé en éclats, sur sa propre incapacité à se battre contre une personne qu’elle estimait importante. Elle s’était rendue compte que finalement, y’avait plus rien dans sa vie. Parce que Dante, il n’avait que du dégoût pour elle, et ne lui parlait que par pure obligation, elle en était certaine, se l’était mis en tête. Y’avait tant de silence radio, à cause d’elle. Parce que Niklas, il ne voulait qu’une arme à utiliser. Comme son géniteur. Y’avait personne qu’était vraiment capable de la connaître. Parce qu’elle-même n’en savait rien.

Elle n’avait jamais su qui elle était vraiment.

Cachée entre deux ordres donnés, deux entrainements, deux missions, deux masques, deux rôles. Entre deux chaises, perdue au sujet-même de sa propre existence. Et face à ce gouffre, cet abysse, ce noir sans fond, elle était démunie. Et désespérément seule.

Il n’avait pas pipé mot Marcus. Et peut-être qu’au fond, il s’en moquait, comme tout le monde. Il l’avait toujours prise pour une machine à tuer, un robot obéissant aveuglément aux ordres d’un gouvernement tyrannique. Et il avait raison. Elle était tout cela. C’était tout ce qu’elle savait… Parce que y’avait jamais eu personne pour la sauver. A part Dante, elle était entourée de connards voulant plaire soit à son paternel, soit à ses supérieurs. Alors, on s’en foutait. Qu’elle crève, qu’elle se fasse blessée, qu’importait… Marcus devait être pareil. Non. Lui, il n’aimait pas le gouvernement, tout en bossant pour lui. Lui, il avait quelque chose que d’autres n’avaient pas : une putain de volonté d’aller contre les ordres donnés. Et ça lui avait fait péter un câble à Ambre dans le passé. Maintenant, elle comprenait cette facette. Elle comprenait, parce qu’un voile s’était levé, parce que y’avait plus rien qui la retenait parmi les bourreaux. A part le boulet de ses erreurs et meurtres…

Se faire oublier… « Il serait capable d’envoyer des mercenaires. » Comme si ça l’inquiétait. Aucun n’arrivait à sa cheville en temps normal. Mais là était toute la différence : en temps normal. « Et j’suis pas sûre que la milice accepte une absence sans raison… » Pourtant, aucune ne serait donnée. Ambre le savait, qu’elle ne dirait rien. Seulement le silence répondrait à leurs supérieurs. Marcus ne parlerait pas, elle en était certaine. C’était trop dangereux… Et il se désignerait comme complice. Qui irait tenter une telle chose ? Cependant, faudrait qu’elle prenne la fuite sous peu. Sinon, elle allait emmerder l’italien. Et elle ne voulait pas qu’une personne meure par sa faute, par son incapacité à tuer… Propos portés sur le chien. Lui ne mentait pas. Lui ne blessait pas. Lui ne détruisait pas si tenu en laisse. Ce n’était pas humain. Il n’avait pas cette perversion si caractéristique de la nature humaine. Manipuler, jouer, puis laisser tomber. « Ouais, t’as raison. » C’était comme un couperet qui tombait. Il avait entièrement raison, jamais un animal ne ferait cela. « La loyauté… Ils ont ce qu’un humain n’aura jamais. » Elle, elle était comme ce chien. D’une loyauté à crever. D’une loyauté à tout déplacer, tout faire, pour sauver son maître. D’une loyauté étreignant, étouffante. Avec les pensées d’un homo-sapiens. Avec l’intelligence surdéveloppée, et la mémoire qui ne fléchissait jamais.  Un combo malheureux. De quoi la mener à sa perte, si ce n’était pas déjà le cas.

« C’est dangereux pour toi si je reste ici. » Trop dangereux… Une gorgée d’eau, pour récupérer. Une gorgée d’eau, pour noyer les nausées qui remontaient. Elle était mal en point la gamine. Elle était au fond du trou. « Tu ne sais pas de quoi il serait capable, s’il apprenait que tu m’as récupérée… » Normalement, elle aurait la tueuse dépêchée, pour s’en prendre aux proches, à la famille d’un mauvais payeur ou d’une tierce crapule ou citoyen. Se retrouver dans la situation de la traquée lui balançait en pleine gueule ce qu’elle avait fait pendant longtemps. Un bon petit chien, qui s’était retrouvé presqu’euthanasiée par le maître qu’elle avait loyalement suivi pendant huit ans… « Mais j’peux pas aller bien loin. » Sourire contrit, mais réalité de la chose. Le verre se posa sur une table basse, pour éviter d’en renverser partout. Même plus foutue de tenir correctement un objet, quelle piètre milicienne elle faisait…

« Oui… Tu peux t’en occuper maintenant. J’ai vécu pire, j’devrais supporter la douleur. » Certains auraient mis dans la fin de la phrase un trait d’humour, mais la réalité était bien plus noire. Tout simplement parce que c’était la vérité.


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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Mar 29 Mai - 0:18

Cette situation le met dans une position qu’il n’aurait jamais cru côtoyer un jour. Il n’est pas fichu de savoir ce qui le surprend le plus dans toute cette histoire. L’état de l’italienne, qu’il a toujours plus ou moins pensé solide comme un roc, ou peut-être plutôt sa propre réaction. Cette inquiétude à l’idée de la laisser partir de si tôt, alors que celui qui souhaite l’éliminer n’est pas encore calmé. Cette indifférence d’autrefois devenue absente, cet intérêt qu’il lui accorde malgré lui depuis qu’il a commencé à douter, à ne pas la considérer comme tant inhumaine qu’il le pensait initialement. Aujourd’hui encore, elle ne cesse de l’intriguer, de le faire douter. Il aurait mieux fait de l’abandonner au personnel qualifié, plutôt que de se risquer à la planquer. Prendre la responsabilité de sa survie, il s’en serait bien passé. Mais à présent que le pire est éloigné, il est plutôt convaincu de n’avoir pas pris la mauvaise décision, à en juger par ces informations qui lui sont données. Il lui est pourtant curieux de l’entendre accuser un membre du gouvernement en place. Néanmoins, il la croit sur parole, ne voyant pas quel intérêt elle pourrait avoir à mentir en un tel instant. L’aveu est curieux, sonne bien plus profond que la désillusion d’avoir vu en lui un père. Elle ne semble plus croire en grand-chose, dans son état.

En ce sens, pour la première fois depuis qu’ils se connaissent, Marcus éprouve de l’empathie à son égard. Pour cela même, il en oublie le dégoût qu’il pouvait avoir auparavant, face à ces remontrances qu’elle lui faisait, tandis qu’il montrait ouvertement son désaccord, signalait combien il n’était de la partie qu’à contrecœur, n’approuvant ni le fond ni les méthodes. Ce lointain sentiment de révolte alors qu’il se retrouvait seul à tâcher d’éviter d’exécuter aveuglément les ordres donnés, à saisir la moindre occasion de se défiler, quitte à passer pour un incapable. Le statut d’Ambre à ses yeux a bien changé, au point de ne plus trop savoir quoi en penser. Il n’est certain de rien, hormis du fait qu’il lui faudra du temps pour panser toutes ses plaies, particulièrement celles qu’il ne peut pas soigner à sa place, celles qui font de son cœur une porcelaine en mille morceaux. Et il n’est pas doué pour cela, lui, montrer sa compassion, encourager à aller de l’avant en dépit de la difficulté que cela représente. Il préfère de loin éviter d’avoir à le faire, plutôt que de se retrouver dans l’embarras.

Et il est bien sérieux, lorsqu’il lui recommande de se faire oublier un certain temps, au moins le temps de se rétablir. Il le conçoit, l’affaire ne sera peut-être pas oubliée avant longtemps, mais un peu d’absence semble nécessaire. « Au diable la milice. » la coupe-t-il, sentant qu’elle ne partage pas son avis. La milice, le Gouvernement, que les emporte le vent, il ne veut pas entendre parler d’eux. Il n’y a plus d’allégeance, lorsqu’il s’agit de sauver sa peau, lorsqu’eux seraient prêts à la sacrifier comme un vulgaire morceau de viande, comme si elle ne valait rien de plus que lui ou quiconque de leurs collègues. Question de bon sens, il ne la laissera pas partir de si tôt risquer sa peau à nouveau dans les rues de la ville. Penser à son boulot dans ce genre de moment est, à ses yeux, la dernière chose à faire. Pourtant, la dévotion de la blonde ne semble pas tant efflanquée. Oh, elle pourrait bien faire ces manières simplement pour se débrouiller seule, il le conçoit parfaitement, mais il n’en a cure. Il est trop tard, les choses sont faites. La divertit un instant en revenant sur Nero, manière comme une autre de lui faire comprendre ses pensées.

Un soupir lui échappe, alors qu’elle en rajoute une couche, le tartine de raisons de regretter de l’avoir ramassée inconsciente, laissée pour morte. Elle n’a pas tord, dans le fond. Mais il est autant têtu qu’elle, on ne pourra pas les départager sur ce point. « C’est trop tard de toute manière, je suis déjà impliqué. » Il ne changera pas d’avis. « Il est p’t’être déjà au courant même, suffit qu’on m’ait vu te récupérer. » Rien ne l’assure de ne pas avoir été vu, il n’y a pas vraiment prêté attention, non. Il le sait, s’ils sont grillés ce n’est pas bon pour son propre derrière, mais le reconnaître n’y changera pas grand-chose. Elle l’avoue elle-même, il lui serait compliqué de se débrouiller seule. Enfin un peu de lucidité, ce n’était pas trop tôt. Marcus ne s’étale plus davantage sur le sujet, à présent qu’ils sont du même avis, du moins à peu près.

« J’arrive. » marmonne-t-il, une fois l’autorisation obtenue, se levant pour récupérer tout ce dont il pourra avoir besoin dans sa pharmacie, se laver les mains pour éviter d’accroître les risques d’infection. Ignore cet air résigné, préfère ne pas tout savoir, ne pas poser de questions, se contenter de dépanner sur l’instant présent. Et du dépannage, il va y en avoir bien besoin. Attrape une chaise, pour s’installer au bord du lit, se mettre dans de bonnes conditions pour ne pas empirer son état. Le moment est venu de défaire son pseudo-rafistolage, en premier lieu sur cette cuisse salement amochée. « Bon tu m’excuseras mais je suis pas couturier. » déclare-t-il, alors qu’il dégage la plaie de tout tissu proche à l’aide d’une paire de ciseaux. De toute manière, ses fringues semblent déjà fichues. S’emploie ensuite à désinfecter de son mieux, avant de prendre une inspiration, de s’atteler à lui faire des points de suture corrects. Ce ne sera pas du grand art, mais pour s’être déjà dépanné lui-même plusieurs fois, il a appris à se débrouiller sur le tas. « Il t’a pas loupée. » observe-t-il, peut motivé à voir durer le silence. « T’auras quelqu’un à prévenir, si tu fais profil bas pendant quelques temps ? » Simple question, bien qu’il ne compte pas faire de son appartement un véritable moulin, il pourra bien faire une ou deux exceptions, tant qu’elle ne pourra pas retourner chez elle sans trop risquer de finir en plusieurs morceaux.

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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Dim 10 Juin - 18:50



Get out alive
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Elle n’arrivait pas à contrôler les tremblements de son corps. Pourtant, il n’y avait pas particulièrement de douleur, physique tout du moins. C’était juste… Instinctif. C’était un mélange de peur, et de dégoût. Un mélange incontrôlable… Les ongles s’attaquèrent à la peau de son bras, alors que Marcus semblait lui refuser tout accès à l’extérieur. Il avait raison pourtant, elle était mille fois plus à l’abri en restant ici, pour récupérer ses forces et sa conscience, plutôt à se promener dehors. Néanmoins, elle ne voulait pas que certains s’inquiètent, notamment Dante. Elle avait toujours en tête la soirée de Noël, et les mots qu’elle n’avait pas forcément dits. Et elle ne voulait pas qu’il pense qu’elle recommençait ses conneries, même si ce n’était pas loin. Elle n’irait plus vendre son corps pour un autre, parce que finalement, il lui avait fait comprendre que ce n’était pas une chose à faire. Que ses envies, et son consentement, étaient à prendre en compte. Le dégoût envers elle-même était présent… Mais il ne fallait pas y penser maintenant. Elle avait d’autres soucis, pour ne pas que sa conscience nouvellement débarquée ne foute encore plus le bordel. De plus, la gamine pouvait finir par déconner… Elle ne savait pas bien comment elle réagirait désormais, puisqu’elle avait juste l’impression que tout partait en couilles.

« Tu ne peux pas dire ça sur la Milice… » Mais sa protestation n’était qu’un murmure. Déjà, elle ne croyait plus en celle lui ayant offert un cadre, mais surtout des boulets à s’accrocher à ses chevilles. C’était ce qu’on essayait de lui dire depuis des années, ce sur quoi son cerveau avait longtemps cogité… Et maintenant, l’italienne savait qu’il n’avait jamais eu tort. Elle ne pouvait pas accorder sa confiance à cette entité. Elle ne pouvait pas mourir pour eux alors qu’il y avait au moins une personne qui tenait à elle, malgré tout ce qu’elle avait fait. Alors, l’impitoyable se rebellerait. Le monstre détruirait de l’intérieur ceux qui l’avaient conditionné, ou qui avaient perpétué cette horreur. Peut-être que se prendre leurs propres méthodes dans la gueule les rendrait plus prudent… S’ils survivaient. Elle se doutait Ambre, que les résistants attraperaient l’opportunité qu’ils leur étaient donnés en plein vol. Ils façonneraient le monde à leur manière si le gouvernement venait à montrer la moindre faiblesse. Cependant, l’être humain était condamné à refaire les mêmes erreurs, et le nouveau pouvoir ne se montrerait pas si différent du précédent, elle en était certaine… Un cercle vicieux, jusqu’à ce que l’Humanité se tue d’elle-même.

Elle déglutit, maintenant qu’elle comprenait à quel point il était impliqué dans cette histoire. Finalement, il avait beaucoup risqué en la récupérant, et elle le mettait en danger. Elle était vraiment une humaine inutile, à part pour attirer les emmerdes… « Je suis désolée pour tout cela. Tu vas vraiment te faire un tas d’ennemis par ma faute. » Elle s’excusait encore, comme si cela pouvait changer quelque chose. Finalement, la milicienne ne pourrait qu’essayer de le protéger à l’avenir, à défaut d’avoir pu empêcher tout ce bordel d’entrer dans sa vie. Puis il s’esquiva, elle lui avait donné l’autorisation de la soigner. Tout ça parce qu’elle n’était pas foutue de mettre un pied dans un hôpital sans exploser, sans qu’une panique incontrôlable ne la pousse à vouloir juste fuir. Ca et le fait qu’un lieu dirigé par le gouvernement n’était pas une bonne planque lorsqu’on avait un porte-parole au cul. Ce serait du suicide d’y aller. Donc, rester entre les mains de Marcus était la seule solution potable, même si ça foutait la merde.

Elle resta impassible lorsque le tissu déjà en lambeaux fut dégagé. Pourtant, elle devait retenir chaque fibre de son corps pour éviter que son poing finisse dans le visage de l’italienne. Il n’avait rien mérité pour, mais Ambre n’avait jamais été capable d’accepter qu’on la touche, encore moins dans ses moments de faiblesse. Les doigts se serrèrent autour du drap, alors que l’aiguille entrait et sortait de sa chair. Quelques secondes à tenir, jusqu’à ce que le contact cesse. Et elle sembla se détendre, légèrement. Un pâle sourire se dessina sur ses lèvres, et elle répondit amèrement : « Il sait se battre ce salaud. Il est loin d’être aussi faible qu’il m’était apparu, au moment de m’embrigader. Et c’est un monstre. » Venant de la bouche d’une tueuse, d’une meurtrière, d’une assassin sans foi, voilà une remarque intéressante. Et il ne s’agissait que de la vérité. Il était un monstre, dans le premier sens du terme. Il n’était qu’un monstre…

Y’avait une nouvelle question, et l’instinct qui répondait le premier, dans un murmure : « Dante… » Puis elle secoua la tête. Ce n’était plus son nom désormais. Il lui fallut quelques secondes pour faire le tour de son cerveau, et retrouver l’identité masquée. « Travis. Travis Hurst. » Pause. « Il ne faudra juste pas évoquer les raisons qui m’ont rendue dans cet état, il serait assez fou pour se pointer chez Ivanov et essayer de le tuer… » Et seulement se faire massacrer en retour. Elle ne voulait pas de sa mort sur sa conscience. Elle ne voulait pas le perdre…


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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Lun 11 Juin - 22:06

Ils n’ont jamais été parfaitement d’accord, tous les deux. Pendant longtemps, il n’a pas pu la piffer, la parfaite shadowhunter. Ils étaient aux antipodes l’un de l’autre. Il n’a pas choisi la branche assassine. Elle, si, elle l’a fait. Elle obéissait aux ordres, peut importait de leur moralité. Lui, annonçait clairement qu’il ne comptait pas les appliquer au pied de la lettre. S’ils étaient bien du même avis sur une chose, c’est qu’être amenés à collaborer était une plaie. Il lui mettait des bâtons dans les roues, la retardait dans ce que, de toute façon, elle ferait tout de même. Elle le sermonnait, l’encombrait de ses remontrances qui ne faisaient que lui faire perdre davantage de son temps. Il n’est pas capable de compter les fois où elle lui a sérieusement pompé l’air, avant qu’elle n’éveille sa curiosité. Avant que se retrouver seul avec elle, dans la Mine grouillant de résistants, ne l’incite à penser qu’il l’avait peut-être jugée trop vite.

Mais il n’en a pas cessé pour autant de s’agacer à son sujet. Parce que malgré tout, elle lui a toujours semblé autant attachée au Gouvernement, peu disposée à revoir sa position. Ces mots qui sortent à peine de sa bouche, mais qui en sortent tout de même, suscitent un regard noir. « N’essaie pas de prendre sa défense. Pas chez moi, et encore moins après ce qui t’est arrivé. » Parce qu’elle est là, la preuve que la Milice ne fera jamais rien pour eux. Qu’ils ne sont bons qu’à jeter une fois qu’ils ne satisfont plus les critères, en particulier ceux des plus hauts. Ce n’est pas sa faute, à Ambre, si elle a cru pouvoir se fier au porte-parole. Marcus a eu plus de chance, lui. Plutôt que de l’envoyer une bonne fois pour toutes dans l’Arène, on a préféré le recycler, utiliser son talent d’aboyeur pour l’assigner à la protection de Liam. Et il ne va pas s’en plaindre, il pourrait être bien moins considéré aux côtés d’un autre. Quand bien même il trouve satisfaction aux côtés du ministre, il ne suffirait que d’un mot de la part de celui-ci pour qu’il ne soit plus rien qu’un souvenir, il le sait.

Et elle en remet une couche, l’italienne, malgré l’insistance dont il fait preuve. Plutôt que d’accepter, elle s’excuse. Mais elle ne peut en rien changer les choses. « Ambre, j’ai pris tout seul la décision de ne pas te laisser crever où tu étais. C’est pas la première fois que je fais un truc qui ne m’attirera pas que des amis, j’y survivrai. » Comme toujours, parce qu’il ne peut pas s’empêcher. S’il peut foutre son grain de sel tout en étant utile à la milicienne, tant mieux. Il ne viendra pas pleurer dans ses jupes si ça en vient à lui tomber dessus un jour, qu’elle en soit assurée. « J’les laisserai pas te crever comme ça, si te voir vivre peut les emmerder, ça m’arrange d’autant plus de te savoir sur pieds. » lance-t-il en disparaissant chercher du matériel. Qu’elle soit tranquille, il y tire un peu de satisfaction. Tout ce qui peut emmerder le Gouvernement de près ou de loin lui convient. Aider au passage une amie, tant mieux. Car oui, peu à peu, elle commence à se faire sa place, prendre un peu d’importance et de considération.

Il y en a, du boulot, pour la rafistoler. Il en a mal pour elle, sait combien c’est douloureux au début. Il n’a nulle morphine pour atténuer la douleur, ne peut que se contenter d’essayer de ne pas trop s’éterniser. Une fois la plus grosse plaie recousue, le pire sera passé. Il ne peut pas s’empêcher de la faire parler, ne serait-ce que pour l’aider à se concentrer lui-même. Et puis, il n’est pas compliqué de sentir combien elle est tendue, il n’a pas besoin de chercher son regard pour le deviner. Lui faire de brèves pauses de conversation n’est pas plus mal. L’entendre insulter un membre du Gouvernement lui donnerait bien un léger rictus, si c’était seulement dans des conditions différentes. « Ils cachent tous bien leur jeu, au moins t’es au courant de la vérité maintenant. » Même si son prix n’est pas minime. Elle le sait, à présent, qu’il faut se méfier des membres du pouvoir comme de la peste. Qu’ils seraient prêts à tout pour arriver à leurs fins, en particulier à tuer.

Il a repris sa couture, alors qu’une autre question lui traverse l’esprit. Ses doigts cessent leur travail dès lors que la réponse commence à être formulée. Surpris, il fronce les sourcils, se tourne vers elle pour la questionner du regard. Mais elle termine toute seule de lui répondre. « Dante ça me suffit pour le trouver. » Parce qu’il le connaît, l’autre italien. Depuis quelques années déjà. Parce qu’il l’a beaucoup aidé à s’intégrer à la Nouvelle-Orléans, a pris peu à peu la place d’un grand frère, d’une présence de confiance, qui parvient à le traîner dehors, à prendre un peu de bon temps plutôt que de pouvoir continuer de se la jouer solitaire. « Je lui dirai simplement de passer te voir chez moi. » Il connaît le chemin, sait suffisamment que Marcus n’est pas assez bavard pour lui donner toutes les réponses à ses questions. « Reste tranquille encore un peu, j’te retire tes derniers éclats de verre et ce sera bon. » déclare-t-il, alors qu’il coupe le fil, en termine avec sa blessure. Troque l’aiguille contre une pince à épiler, fait la moue avant de s’y mettre. « Ça fait longtemps que tu le connais? » Pure curiosité, nulle distraction.

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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Ven 15 Juin - 0:16



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Elle baissa le regard. Il n’y avait rien à répondre aux propos de Marcus, parce qu’il avait entièrement raison. Pourquoi défendre une entité qui s’efforçait à la briser, qui l’avait considérée comme trop dangereuse pour continuer à vivre, à la servir ? Pourquoi croire que celle-ci se serait dressée à ses côtés le jour où familles des tués et résistants se seraient retrouvés face à elle ? Le gouvernement s’en foutait, la milice s’en moquait. Elle n’était qu’un élément remplaçable, et aujourd’hui, la gamine se rendait compte qu’elle avait envie d’être estimée. Elle avait été un objet pendant des décennies, juste bonne à exécuter les ordres et les missions, qu’importait l’impact sur son corps ou sur son esprit. Mais elle avait trop accumulé. Y’avait eu la fois de trop, la limite explosée, le tout mêlé à cette conscience naissante, renaissante, et les souvenirs toujours ancrés. Y’avait rien qu’elle pourrait passer sous silence, et y’avait tout qui allait être analysé. Cependant, elle ne savait pas si elle aurait le mental pour supporter le poids de ses actions, des morts. Elle respirait encore, elle était en vie, mais tiendrait-elle le coup ? Pour l’instant, elle ne réalisait pas encore le chemin qu’elle s’apprêtait à emprunter. La rédemption, la rébellion. Du sang coulerait. Mais cette fois-ci, les dirigeants seront ceux qui se prendront la lame en plein cœur…

Elle avait déjà un aller simple pour les enfers la gamine, alors, autant continuer de rajouter des morts à sa liste. Un de plus ou un de moins ne ferait aucune différence. « N’oublies pas qui seront tes ennemis cette fois-ci. Même s’il faudrait qu’ils me tuent pour t’atteindre. » Et désormais, elle les attendait. La machine de guerre récupérerait, l’arme s’affûterait à nouveau, avant de se retourner contre ses propriétaires. Marcus y avait gagné quelques ennemis dans cette histoire, mais aussi une alliée, une amie, quoi que ce mot veuille. C’était compliqué pour elle de raisonner ainsi, puisqu’elle n’avait jamais eu personne. A part Dante, sa vie était vide de relation. Personne voulait d’une psychopathe dans son entourage, personne n’avait le temps pour creuser et passer tous les murs qu’elle avait mis autour d’elle, simplement pour se protéger. Y’avait pas l’envie non plus souvent, et elle pouvait comprendre. Puis bon, l’italienne était une solitaire. On ne lui avait pas enseigné à faire confiance, à discuter avec les gens, à prendre de leurs nouvelles… A part pour manipuler, ou soutirer des informations. A vrai dire, jusque dans les contacts physiques, tout n’avait été là que pour arriver à un but, le désir et le consentement là-dedans…

« Il en faudra plus que cela pour me foutre à terre. » Maintenant que les blessures étaient soignées, elle se relèverait. Certes, faudrait du temps, pour que tout cicatrise, pour qu’elle retrouve confiance. Cependant, elle ne s’arrêterait pas pour si peu. Dès demain, Ambre reprendrait son entrainement. Evidemment, une adaptation sera nécessaire, puisque de nombreux équipements ne seront pas accessibles, mais il en faudrait plus pour la stopper. Un nouvel objectif se dessinait, dans l’esprit brumeux, dans le corps tendu.

Marcus ne mit que peu de temps pour refermer la plaie, et elle put à nouveau se décrisper. Il avait dû mettre le tout sur le compte de la douleur lui. En réalité, y’en avait eu aucune. Peut-être qu’elle était tout simplement immunisée ce soir, en ayant trop ressenti pour son corps. Ou alors était-ce simplement le choc, l’habitude… Elle ferma quelques secondes les paupières, hésita, et murmura : « Pourquoi tous les hommes de pouvoir sont-ils ainsi ? Quelle utilité à considérer quelqu’un comme une arme, à le manipuler pour mieux s’en servir, avec le risque qu’elle se retourne contre son propriétaire, alors qu’ils peuvent le faire eux-mêmes ? Les intermédiaires ne sont que des risques… » Elle raisonnait en nombres, en statistiques, en données… Pour elle, ce n’était pas logique, et la prise de risque n’en valait pas la peine. Trop dangereux, trop de perte… Mais eux jouaient. Ils aimaient cela, se dire que tout pouvait basculer le lendemain s’ils ne gardaient pas le contrôle… L’humain était un connard, et l’humain était fait pour être mauvais. Tout comme elle, pour ce qui lui restait d’humanité.

Dante suffisait donc. Il lui connaissait. L’ombre d’un sourire naquit sur ses lèvres. Le pauvre, il devait vraiment se taper les deux personnes les plus associables de la ville dans son carnet d’adresses. Elle se demandait Ambre, s’il essayait aussi de traîner Marcus dans des bars même quand il ne voulait pas. Il était expert de ce genre de conneries. Mais elle l’aimait. « Merci. » C’était tout ce qui sortait de ses lèvres, alors qu’il lui annonçait qu’il avait encore des éclats de verre à retirer. Plus que quelques secondes, quelques minutes à subir les soins. Elle pouvait supporter un contact supplémentaire. Elle se concentra sur la question, se remémora certains moments de son passé. Les rares heureux à vrai dire… « Ca doit bien faire neuf ou dix ans qu’on se connaît vraiment… Mais je l’ai vu la première y’a dix-huit ans. » Ca n’avait été qu’un regard à l’hôpital, alors que son géniteur rencontrait les parents du garçon dans le coma, bien avant qu’il ne devienne son professeur. « Et toi ? J’imagine que si Dante te suffit pour le trouver, tu dois être proche de lui. » Elle savait qu’il ne donnait pas ce nom à la légère. Il était une preuve de ce passé révolu, effacé. Le moment où l’italien avait laissé place à l’américain, ou quand les origines avaient été effacés pour le bon vouloir d’un ambassadeur…


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MessageSujet: Re: Get out alive (Marcus)   Ven 15 Juin - 21:17

La détermination de l’italienne le rassure quelque peu. Elle ne va pas si mal, si elle peut dors et déjà recommencer à lui tenir tête moins faiblement, à ne pas lui donner finalement raison de quelques mots baragouinés sans trop de conviction. Si elle est pour l’heure aussi inoffensive d’un chaton, elle reprend déjà du poil de la bête, paye moins mine qu’à son réveil. Qu’elle soit déjà sur pieds dans quelques heures, à commencer à chercher à se dégourdir, tournant comme un lion en cage, ne le surprendrait pas vraiment. Ce ne sera pas simple, de la maintenir tranquille. Et il peut la comprendre. Même s’il n’est pas autant surentraîné qu’elle, le brun n’accepte jamais totalement ses périodes de repos, qui le contrarient presque davantage qu’une virée nuptiale avec la Milice, lorsque cette dernière juge avoir besoin de ses services alors qu’il est déjà occupé toute la journée par sa mission de garde rapprochée. Il crache volontiers sur ses employeurs, mais sans eux il s’ennuie bien, l’inactivité n’est pas aisément supportable. Il ne pourra pas forcer Ambre à l’écouter, à suivre ses conseils au pied de la lettre, parce qu’il n’en ferait pas autant à sa place. Il n’est pas médecin non plus, et ne peut lui prescrire d’arrêt forcé, est seulement en capacité de s’adresser à elle en tant qu’égal, pour être déjà passé par là il y a quelques mois, avec cette balle logée dans son bras, et qui l’a mis sur la touche quelques temps.

Et elle insiste, tout autant que lui. S’ils se ressemblent bien sur une chose, c’est celle-ci, ça n’en fait aucun doute. Cet entêtement à se soucier d’abord de l’autre, plutôt que de se contenter d’assurer sa propre survie. Cette manie de s’inquiéter lorsque d’autres se retrouvent impliqués dans ses affaires. Marcus ignore s’il s’agit d’un trait typiquement italien ou si ce n’est qu’une manifestation de cette humanité qu’il leur reste, qu’il ne pensait pas attribuer un jour à Ambre. À présent que la tueuse a perdu son masque de noir, il y a tant à apprendre, tout un être à découvrir. « Qu’ils te tuent ? Ils ont presque déjà réussi. » Le tatoué cherche, comme bien souvent. Comment pourrait-elle le défendre alors qu’elle est dans cet état, qu’un seul être a pu lui infliger de telles blessures ? Il suffirait qu’ils soient deux à la coincer pour ne pas lui permettre un nouveau coup de chance. De plus, il ne pense pas avoir de grandes chances de s’en sortir si un élément comme elle ne parvient à les arrêter. « On a pas le temps de mourir l’un pour l’autre, j’préfèrerais que tu te barres en courant plutôt qu’on soit deux à crever comme des rats. » Même s’il n’est pas insensible à la réaction de l’italienne, il ne peut pas approuver ses paroles. Il s’en voudrait, si ça devait arriver.

Il ne met pas longtemps, à enchaîner les soins, à en finir pour pouvoir passer au cas des bouts de verre logés dans sa chaire. Armé d’une pince à épiler, il ne tarde pas à froncer les sourcils, se concentrant davantage pour ne pas manquer son coup, réussir à attraper les débris. Découpe un peu plus le tissu dans un premier temps, pour s’assurer de ne pas en laisser un seul, ne s’empêche pas d’exprimer au passage son manque d’affection envers tous ces hauts placés, sans la moindre hésitation, sachant qu’elle ne pourra plus faire mine de vouloir le sermonner. Il s’interrompt pourtant temporairement dans son activité alors que la jeune femme ne s’empêche pas de réfléchir à haute voix, l’interpelle par tant de questionnement. Pourquoi? Les mots de Liam lui reviennent en mémoire, inévitablement. Elle a raison, Ambre, de s’interroger. « Parce qu’ils ne sont plus humains. Tout ce qu’il leur restait d’humanité, ils s’en sont débarrassés pour servir leur but. » Des monstres, rien de plus. « S’ils se salissaient les mains eux-mêmes, ce seraient leurs têtes qui tomberaient à la moindre erreur. » Alors qu’il est tellement plus simple de passer par un tiers, de s’en débarrasser d’un revers de main une fois celui-ci passé à expiration.

Sans s’égarer plus longtemps, il reprend, commence enfin à retirer un à un les morceaux, qu’il dépose près de lui, pour aller s’en débarrasser ensuite. Il ne l’a pas cachée, sa surprise, alors que le nom du troisième italien est parvenu à ses oreilles. Naturellement, il ne peut s’empêcher de la questionner, de chercher à en savoir plus. Il est curieux, Marcus, en particulier lorsqu’une de ses connaissances entre dans une discussion, d’autant plus lorsqu’il s’agit de quelqu’un comme Dante, auquel il doit bien avoué s’être attaché avec le temps. Même s’ils sont bien différents, tous les deux.  Le hasard fait bien les choses, il n’a jamais regretté de l’avoir regretté, même si son amitié implique de se faire traîner dehors de temps à autres, à fréquenter des bars dont il se tient loin d’ordinaire. Il s’interrompt, ne cache pas l’étonnement, alors qu’elle lui répond. Ça en fait, des années, qu’ils se côtoient, décidément, il ne peut pas en dire autant, même si ça commence à faire également de son côté. « Je le connais depuis que je suis arrivé ici, à peu près. Il m’a pas mal aidé à m’intégrer. » À cette nouvelle ville. À cet anglais qu’il peinait encore à maîtriser. À cet accent italien qui l’a longtemps embêté dans sa prononciation. Et de sa simple présence, aussi, lui a permis de retrouver comme un air d’Italie perdue.

Il ne lui faut pas une éternité pour s’en sortir avec les fragments. Son petit tas est plus important qu’il ne l’aurait pensé, mais reste raisonnable. « Ça devrait être bon. J’te désinfecte un coup et ce sera fini. » Du moins, il pourra poser des pansements sur les plus grosses plaies, et la laisser se reposer à nouveau, si elle le veut. Il se lève un instant, les éclats dans une main pour les jeter. Ses pas l’amènent à croiser son malinois, tranquillement roulé en boule dans un coin. Leurs regards se croisent, et il ne manque pas de laisser quelques pensées traverser son esprit, avant de retourner auprès de l’italienne, terminer ses soins. « J’aimerais que tu me gardes Nero pendant ta convalescence. Je ne suis plus beaucoup à la Milice en ce moment, et je peux pas le prendre où je suis. » Enfin, si, il le peut. Mais imposer des heures d’attente dans un couloir, avant que le ministre n’ait envie de se dégourdir les pattes, ce n’est pas dans son éthique. Alors s’il peut profiter de la présence d’Ambre à son domicile d’une quelconque manière, il ne se prive pas de tenter, bien qu’il connaisse son amour pour les bêtes.

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