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 When darkness falls and surrounds you [Orfeo]

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: When darkness falls and surrounds you [Orfeo]   Mar 17 Avr - 21:15

Katharina n'était pas femme à décider quoi que ce soit sur un coup de tête. Du moins, en théorie. Et force était de constater combien la théorie s'était affranchie du réel, en l'espace de quelques mois à peine. Parfois, il lui semblait que son esprit malade n'exerçait plus le moindre contrôle sur son corps, comme si ce dernier avait désormais sa volonté propre - à moins qu'il ne soit devenu l'esclave de celle d'un autre, comme elle se plaisait désormais à le penser. Toujours est-il que son cerveau, qui d'ordinaire lui soufflait la prudence, ne pouvait avoir accouché seul d'une idée aussi stupide. Depuis le temps, l'instrument était probablement perdu, pour ne pas dire détruit. Qui sait combien de rôdeurs et autres pilleurs de tombe - car c'est à cela que faisait penser la grosse pomme, désormais, une sorte de caveau à ciel ouvert ! - étaient venus fureter en ces rues, après son départ précipité de la capitale ? Non, vraiment, cette quête était vaine, et ce depuis son commencement. Quant aux sentiments qui l'avaient motivés, ils n'étaient rien d'autre qu'un savant mélange d'orgueil et de déni, s'il ne s'agissait pas de l'expression d'une sorte de complexe de supériorité. Pendant des décennies, elle s'était crue l'élue d'un Dieu qu'elle voulait mélomane, une sorte de muse dont le talent serait, à tout jamais, inscrit dans le marbre. Seulement voilà, un petit grain de sable s'était sournoisement glissé dans la machine, et l'harmonie qui régnait autrefois, s'était soudain muée en une terrible dissonance. Katharina était désormais contrainte de l'admettre : sa musique sonnait faux. Oh, il n'était pas tant question de fausses notes, dans le sens où l'entendent généralement les néophytes. Après tout, sa technique était suffisante pour lui permettre d'exécuter les partitions les plus complexes. Non, il s'agissait ici d'autre chose. Sa musique était comme... dépourvue d'âme. Effrayée par la perspective de perdre ce qui comptait le plus au monde à ses yeux, la demoiselle avait fini par s'auto-persuader de ce que son instrument était responsable de tout cela. Le tout nouveau violon dont elle avait fait l'acquisition à son arrivée à la Nouvelle Orléans n'était pas à la hauteur de ses espérances. Elle était prête à tout risquer pour retrouver le Stradivarius qui ne l'avait jamais quittée, en l'espace de trois siècles. Tout, jusqu'à sa propre vie. Tout, plutôt que d'admettre que les racines du mal étaient bien plus profondes.

Emmitouflée dans un manteau d'hiver et coiffée d'une chapka, Katharina progressait difficilement le long des ruelles encore recouvertes d'une fine pellicule de neige sanguinolente. Le danger pouvait être partout, elle ne le savait que trop bien. Pourtant, rien ne paraissait pouvoir ébranler sa détermination furieuse. Quelque chose s'écoulait dans ses veines, une sorte de poison qui la faisait se sentir d'une humeur inégale, tantôt agitée, tantôt complètement apathique. Entendons-nous bien : la demoiselle avait toujours été considérée par ses proches comme une forte personnalité. Cela étant, son caractère était devenu franchement erratique, de quoi déboussoler n'importe qui - à commencer par elle-même.  Que dire, par exemple, de cette décision de s'enfoncer dans Central Park, dans l'espoir - vain, cela va sans dire ! - d'éviter la foule de rôdeurs qu'elle avait cru voir se masser du côté de Hell's Kitchen - un quartier qui n'avait jamais aussi bien porté son nom ? La voilà qui s'approchait dangereusement des bords du lac gelé. Sous la fine pellicule de la glace, elle pouvait deviner, non sans effroi, les contours de visages tuméfiés, scarifiés par endroit. De quoi vous glacer le sang. Le cœur au bord des lèvres, la jeune femme détourna le regard, pour mieux se concentrer sur les buildings qui se découpaient à l'horizon, du côté de l'Upper East Side. Plus que quelques minutes de marche. Ce n'était sûrement pas le moment de flancher.

Comme elle reprenait lentement sa route, une sorte de bruissement vint attirer son attention. Le cœur battant, elle s'immobilisa, jeta avec un appréhension un bref coup d’œil par-dessus son épaule. Rien à l'horizon, si ce n'est cette immense étendue d'arbres morts, sanctuaire d'une nature déchue. Elle était sur le point de tourner les talons lorsque le bruit résonna de nouveau dans le silence assourdissant. L'espace d'une fraction de seconde, elle crut voir quelque chose bouger dans les buissons. La gorge nouée, elle s'avança silencieusement le long du petit sentier boueux pour venir s'agenouiller à bonne distance de l'arbuste. Elle ne put réprimer un petit rire nerveux lorsqu'elle réalisa qu'il ne s'agissait que d'un écureuil. Amusée, elle s'autorisa quelques secondes de pause, le temps de suivre du regard les soubresauts de l'animal. Pour attirer son attention, elle entreprit de siffloter une petite mélodie de son invention. Aussitôt, la minuscule créature braqua sur elle deux grands yeux gris, comme injectés de sang. Prise de court, Katharina laissa échapper un cri horrifié. L'instant d'après, elle se levait d'un bond pour rebrousser chemin. C'est alors qu'elle les vit. Dieu sait comment ils s'étaient aventurés jusqu'ici sans qu'elle ne s'en aperçoive. Toujours est-il qu'ils étaient désormais une bonne dizaine à lui faire face. Pétrifiée par la peur, Kate était incapable d'esquisser le moindre geste. Tout à coup, l'absurdité de cette expédition lui sauta violemment au visage.
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