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 When darkness falls and surrounds you [Orfeo]

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MessageSujet: When darkness falls and surrounds you [Orfeo]   Mar 17 Avr 2018 - 21:15

Katharina n'était pas femme à décider quoi que ce soit sur un coup de tête. Du moins, en théorie. Et force était de constater combien la théorie s'était affranchie du réel, en l'espace de quelques mois à peine. Parfois, il lui semblait que son esprit malade n'exerçait plus le moindre contrôle sur son corps, comme si ce dernier avait désormais sa volonté propre - à moins qu'il ne soit devenu l'esclave de celle d'un autre, comme elle se plaisait désormais à le penser. Toujours est-il que son cerveau, qui d'ordinaire lui soufflait la prudence, ne pouvait avoir accouché seul d'une idée aussi stupide. Depuis le temps, l'instrument était probablement perdu, pour ne pas dire détruit. Qui sait combien de rôdeurs et autres pilleurs de tombe - car c'est à cela que faisait penser la grosse pomme, désormais, une sorte de caveau à ciel ouvert ! - étaient venus fureter en ces rues, après son départ précipité de la capitale ? Non, vraiment, cette quête était vaine, et ce depuis son commencement. Quant aux sentiments qui l'avaient motivés, ils n'étaient rien d'autre qu'un savant mélange d'orgueil et de déni, s'il ne s'agissait pas de l'expression d'une sorte de complexe de supériorité. Pendant des décennies, elle s'était crue l'élue d'un Dieu qu'elle voulait mélomane, une sorte de muse dont le talent serait, à tout jamais, inscrit dans le marbre. Seulement voilà, un petit grain de sable s'était sournoisement glissé dans la machine, et l'harmonie qui régnait autrefois, s'était soudain muée en une terrible dissonance. Katharina était désormais contrainte de l'admettre : sa musique sonnait faux. Oh, il n'était pas tant question de fausses notes, dans le sens où l'entendent généralement les néophytes. Après tout, sa technique était suffisante pour lui permettre d'exécuter les partitions les plus complexes. Non, il s'agissait ici d'autre chose. Sa musique était comme... dépourvue d'âme. Effrayée par la perspective de perdre ce qui comptait le plus au monde à ses yeux, la demoiselle avait fini par s'auto-persuader de ce que son instrument était responsable de tout cela. Le tout nouveau violon dont elle avait fait l'acquisition à son arrivée à la Nouvelle Orléans n'était pas à la hauteur de ses espérances. Elle était prête à tout risquer pour retrouver le Stradivarius qui ne l'avait jamais quittée, en l'espace de trois siècles. Tout, jusqu'à sa propre vie. Tout, plutôt que d'admettre que les racines du mal étaient bien plus profondes.

Emmitouflée dans un manteau d'hiver et coiffée d'une chapka, Katharina progressait difficilement le long des ruelles encore recouvertes d'une fine pellicule de neige sanguinolente. Le danger pouvait être partout, elle ne le savait que trop bien. Pourtant, rien ne paraissait pouvoir ébranler sa détermination furieuse. Quelque chose s'écoulait dans ses veines, une sorte de poison qui la faisait se sentir d'une humeur inégale, tantôt agitée, tantôt complètement apathique. Entendons-nous bien : la demoiselle avait toujours été considérée par ses proches comme une forte personnalité. Cela étant, son caractère était devenu franchement erratique, de quoi déboussoler n'importe qui - à commencer par elle-même.  Que dire, par exemple, de cette décision de s'enfoncer dans Central Park, dans l'espoir - vain, cela va sans dire ! - d'éviter la foule de rôdeurs qu'elle avait cru voir se masser du côté de Hell's Kitchen - un quartier qui n'avait jamais aussi bien porté son nom ? La voilà qui s'approchait dangereusement des bords du lac gelé. Sous la fine pellicule de la glace, elle pouvait deviner, non sans effroi, les contours de visages tuméfiés, scarifiés par endroit. De quoi vous glacer le sang. Le cœur au bord des lèvres, la jeune femme détourna le regard, pour mieux se concentrer sur les buildings qui se découpaient à l'horizon, du côté de l'Upper East Side. Plus que quelques minutes de marche. Ce n'était sûrement pas le moment de flancher.

Comme elle reprenait lentement sa route, une sorte de bruissement vint attirer son attention. Le cœur battant, elle s'immobilisa, jeta avec un appréhension un bref coup d’œil par-dessus son épaule. Rien à l'horizon, si ce n'est cette immense étendue d'arbres morts, sanctuaire d'une nature déchue. Elle était sur le point de tourner les talons lorsque le bruit résonna de nouveau dans le silence assourdissant. L'espace d'une fraction de seconde, elle crut voir quelque chose bouger dans les buissons. La gorge nouée, elle s'avança silencieusement le long du petit sentier boueux pour venir s'agenouiller à bonne distance de l'arbuste. Elle ne put réprimer un petit rire nerveux lorsqu'elle réalisa qu'il ne s'agissait que d'un écureuil. Amusée, elle s'autorisa quelques secondes de pause, le temps de suivre du regard les soubresauts de l'animal. Pour attirer son attention, elle entreprit de siffloter une petite mélodie de son invention. Aussitôt, la minuscule créature braqua sur elle deux grands yeux gris, comme injectés de sang. Prise de court, Katharina laissa échapper un cri horrifié. L'instant d'après, elle se levait d'un bond pour rebrousser chemin. C'est alors qu'elle les vit. Dieu sait comment ils s'étaient aventurés jusqu'ici sans qu'elle ne s'en aperçoive. Toujours est-il qu'ils étaient désormais une bonne dizaine à lui faire face. Pétrifiée par la peur, Kate était incapable d'esquisser le moindre geste. Tout à coup, l'absurdité de cette expédition lui sauta violemment au visage.
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MessageSujet: Re: When darkness falls and surrounds you [Orfeo]   Jeu 3 Mai 2018 - 22:51



Run devil run
When darkness falls and surrounds you



Que foutait-il là ? Tout était parti d’un coup de tête. Et si Rafael l’apprenait, il aurait le droit à une remontrance dans les règles de l’art. Cependant, il s’y était habitué Orfeo, et il s’en moquait bien maintenant. S’il lui avait promis de survivre, vivre, pour redorer le blason des Renzacci, il ne le ferait pas en restant les bras croisés. Il continuerait d’être aussi casse-cou, aussi borderline dans son comportement. Finalement, qu’importait le danger, l’italien s’y plongerait. Avec une certaine prudence, évidemment. Chaque pas était aussi réfléchi que spontané. Il calculait dans quelques détails, et pour le reste… Autant voir sur le terrain. C’était ce qui l’avait maintenu en vie à Darkness Falls. C’était aussi ce qui l’avait poussé à faire les plus grandes erreurs de son existence. Spontanément, son esprit se glissa vers Katharina. Au début, il avait abandonné sa prudence pour l’aider, l’accueillir, quand elle avait atterri dans cet endroit loin de tout, cet enfer pour lequel elle n’était pas préparée. Pourtant, après un siècle, le passé l’avait rattrapé lui. Tant de fois il avait empêché les groupuscules de Darkness Falls de torturer les nouveaux venus. Il avait soustrait plusieurs êtres à leurs horreurs, et était recherché pour ses actes. Et là était le souci. Ils avaient eu connaissance de Katharina. Et il n’était pas con Orfeo, il savait qu’ils tenteraient de s’en prendre à elle s’il restait trop proche. Alors, pour la protéger, pour se protéger, il l’avait abandonnée. Sans un mot, puisque leur langue n’était pas la même, il était parti. A son grand regret. Mais ce devait être de famille, de ne pas savoir les exprimer…

L’air froid qui s’engouffra par la portière coupa court à ses pensées, ce qui n’était pas plus mal. Il paya l’homme l’ayant mené jusqu’ici, bravant les intempéries et les zombies pour quelques dollars et tickets de rationnement en plus. Ce genre de taxis n’était pas au goût du Gouvernement certainement, qui aurait préféré se garder l’accès à la ville perdue, pour en retirer le plus de bénéfices. Il devait bien y avoir encore quelques maisons ou villas qui n’avaient pas été pillées, car trop éloignées du centre, et surtout trop dangereuses d’accès. Et là-dedans, les dirigeants auraient de quoi trouver argenterie et autres trésors. Plein de pièces à ramener, une fois revendus sur le marché noir. Ah comme quoi, ils le traquaient ce marché, et finalement, ils s’en servaient peut-être bien plus que des citoyens lambdas, qui n’avaient pas l’argent pour.

Le manteau fut resserré autour de lui, pour couper le vent glacial qui l’entourait. Heureusement qu’aucune tempête de neige n’était à prévoir. Déjà qu’il avait du mal à avancer dans la fine pellicule blanche… Un bruit sourd lui fit tourner la tête, et pourtant, il n’avait personne en vue. Un long soupir quitta alors ses lèvres, formant un petit nuage de vapeur froide devant lui. Il était sur les nerfs, ici. Ses doigts sortirent son biper de sa poche, dans lequel était écrit une adresse. En réalité, sa présence en ces lieux coïncidait avec un signal de secours émis. Il n’avait toujours pas bien compris comment celui-ci était arrivé, ou si ce n’était pas une blague, mais il avait fini par s’y rendre. C’était stupide. C’était un geste à la fois altruiste et particulièrement égoïste. Parce qu’il était déjà venu ici. Et il était tombé sur une femme qu’il n’avait jamais revu après. Une certaine inquiétude, un besoin de savoir si elle était morte ou encore en vie. Elle recherchait quelque chose, et s’ils s’en étaient sortis, rien n’empêchait qu’elle soit revenue dans la foulée. Bref, il avait besoin d’être certain. Peut-être pour s’assurer qu’elle n’était plus en état de parler…. Les cheveux se secouèrent. Non, ce n’était pas le moment de laisser les pensées sombres revenir…

Puis un cri. Humain. Y’eut l’instinct qui se réveilla soudainement, et les pieds qui firent demi-tour. Aucun regard pour le lac qu’il croisa. Ce n’était pas le moment, il profiterait de la vue plus tard. Bien qu’il n’en ait pas spécialement envie à vrai dire… Ca devait être glauque. Et il faisait déjà suffisamment de cauchemars avec Darkness Falls pour ne pas se rajouter des raisons supplémentaires. Il ne perçut pas le danger de suite, en revanche, la silhouette, les cheveux et le visage ne lui étaient pas inconnus. Katharina. Il ralentit un instant, ne put s’empêcher d’hésiter. Non pas de la sauver, mais de se rapprocher. Elle lui en voulait certainement encore, et Orfeo, il était trop secret pour dévoiler les raisons de cet abandon. Comme son frère. Comme cet aîné envers qui il reprochait tant. Comme quoi…

Les doigts se posèrent sur l’épaule de la jeune femme, et la voix siffla entre ses lèvres : « Que fais-tu ici ? C’est dangereux… » Il n’avait pas dit pour une femme. En fait, c’était juste dangereux pour elle en tant qu’être humain. Lui ne l’était plus vraiment. Soudainement, il lui semblait percevoir la menace, les formes qui se rapprochaient. Un léger « oh » lui échappa, alors que machinalement, il l’aidait à se redresser. « Il faut qu’on se bouge. Ils n’ont pas l’air bien rapide et avec un peu de chance, ils ne se repèrent pas à la vue. » Certes, ce n’était pas mieux qu’ils se repèrent aux bruits ou à l’odeur, mais les deux humains pourront peut-être plus facilement fuir.

Course-poursuite et souffle court, il l’éloigna de la zone menaçante sans lui demander son avis. Et comme il s’en était souvenu, les zombies n’étaient pas des sprinteurs exceptionnels. C’était déjà ça pour eux. Quand il s’estima suffisamment à distance, il ralentit, tourna dans une ruelle, et refit face à Katharina, bras croisés : « Que cherches-tu par ici bon sang ? » Il avait eu peur. Mais elle était encore en vie. Après tout ce temps, elle avait survécu… Et était prête à se jeter dans la gueule du loup. Putain.


_________________
+Danse Macabre+
Look at what he can do. Let him show the world how powerful we can be. Because those with the greatest power protect those without. 



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