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 shut up and drive • (esperanza)

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: shut up and drive • (esperanza)   Lun 23 Avr - 21:42


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Comme tout individu autour de lui, le regard de William s'était laissé happer par les images tremblantes déversées des étranges boites noires et grises occupant les foyers et commerces de la Nouvelle-Orléans. Lorsque les écrans s'étaient mis à crépiter, l'anglais était attablé à la terrasse d'un antique bar-restaurant situé à l'angle de vieux carré, dans le quartier français. Comme tous les vendredis, il venait y jouer sa partie d'échecs en compagnie du vieux Jermaine, un homme de quatre-vingt ans passés aux yeux rieurs. Parmi les habitués des lieux, William était le seul blanc à passer régulièrement la porte pour échanger autour d'un verre. Dans ce coin de la ville, on vivait avec modestie et simplicité, loin des grandes baraques luxueuses du Gouvernement et de ses partisans. Un cadre de vie appréciable pour l'anglais, bien que son arrivée dans le quartier n'ait pas été du goût de tout le voisinage. Nombre d'habitants de la Nouvelle-Orléans possédaient un ou plusieurs ancêtres esclaves. Si l'ancien Commodore s'était bien gardé de raconter sa propre histoire, son langage et ses manières le trahissaient sur ses origines. Alors, on l'avait au départ moqué, ignoré, dénigré ; malgré tout avec la plus grande politesse qui soit. Puis un jour, William s'était introduit dans une conversation en parlant créole et français. Depuis, il jouait aux échecs avec le vieux Jermaine et parlait navigation avec Toussaint, le propriétaire du bar-restaurant. Ce dernier avait d'ailleurs laissé échapper un chapelet de juron lorsque l'adresse de William était apparue sur l'écran du téléviseur. La mine de l'anglais s'était déconfite devant cette révélation inattendue. Il avait blêmi d'un coup, manquant de faire tomber le verre qu'il tenait entre ses doigts. A la terrasse et dans la salle du bar, les têtes familières s'étaient retournées une à une vers lui, la confusion régnant sur leurs traits. Après un grand instant de silence, Toussaint s'était avancé vers lui avec lourdeur. « Je ne sais pas ce que tu as fait l'anglais, mais tu devrais t'en aller » lui avait-il dit avec gravité. Sa voix n'avait été ni agressive, ni menaçante. Au contraire, William avait même perçu une certaine compassion dans ses yeux bistre, comme si le barman lui laissait le bénéfice du doute. Comme si celui-ci lui donnait une longueur d'avance.

Il avait alors quitté les lieux chancelant d'angoisse avant de se mettre à courir le long de Congo Square, rejoignant rapidement l'édifice à la façade blanchie au coin de la rue. Avec empressement, il poussa la porte de bois ornée d'un gouvernail – détail qui avait déterminé son choix lors de ses recherches – pour se rendre à l'étage où il logeait depuis maintenant presque un an. Les gestes furent incertains, l'organisation sommaire. William ne voyait que partiellement de ce qu'il faisait. Il rassemblait machinalement des affaires, les transportant d'une pièce à l'autre, sans vraiment réfléchir avec clarté. Son esprit était bien trop en proie aux interrogations. Comment ce Hide avait-il eu connaissance de son adresse ? Le nom sur le contrat de location était un faux : Jacob Bispham. Son deuxième prénom et son village de naissance. Était-ce quelqu'un qui le connaissait ? De près ou de loin, dans le présent comme dans le passé, William faisait la liste des personnes susceptibles de vouloir lui nuire dans cette ville au point d'exposer son lieu de vie à l'ensemble des habitants. Qu'avait-il fait pour être la cible de ce mystérieux homme masqué ? Les raisons étaient bien trop nombreuses pour se fustiger d'être à l'abri de tout ennui. William était loin d'être un enfant de cœur malgré sa dévotion religieuse. Il priait autant de fois qu'il péchait, c'est-à-dire plusieurs fois par jour. Entre le Bones et la Communauté, le nombre d'individu susceptible de vouloir lui rendre une visite de courtoisie était trop important pour qu'il reste davantage dans les parages. De ce fait, il vida son appartement avec hâte, groupant ses possessions et dissimulant ce qu'il ne pouvait emporter.

Il déposa une partie au Bones, qu'il rejoignit avec appréhension. Dans le wagon du tramway, son regard sonda l'assemblée. Connaissait-on le visage du locataire habitant au fameux 836 N Rampart St ? Ses collègues au club eux l'ignoraient jusqu'à présent. Moïra l'autorisa à utiliser son coffre pour conserver ses biens les plus précieux et s'enquit de lui offrir un abri dans l'arrière boutique le temps qu'il se retourne. Un geste bien aimable de sa part, même si dorénavant l'un et l'autre savaient que leur collaboration pourrait prendre fin à tout moment. L'anglais devait trouver un autre endroit où dormir, là où personne n'irait le chercher. Là où il serait en sécurité. Instantanément le visage d'Esperanza apparu dans son esprit. Était-ce son inconscient qui lui parlait ? Était-il inconscient de se rendre à son bar pour l'attendre à la sortie ? Sans aucun doute. Pourtant, après les combats du soir, William s'éclipsa des entrailles du Bones pour rejoindre l'enseigne du Mary-Rose et y attendre sa patronne dans la foule des fumeurs sur le trottoir. Il préférait ne pas entrer, ni s'annoncer vu les révélations de la soirée. Au milieu de la nuit, l'anglais la vit finalement sortir par la porte de frontale pour regagner sa voiture garée à quelques pas. William prit une profonde inspiration avant de la suivre d'un pas décidé. La dernière fois qu'ils s'étaient vus, ils s'étaient quittés dans de meilleures conditions que précédemment. Ce n'était pas pour autant que leur chemin s'était à nouveau croisé. Beaucoup de temps avait passé entre eux. Trois siècles, une éternité. Plus rien ne les unissait à présent. Et pourtant, William ouvrit la portière passager de la voiture d'Esperanza et s'installa à côté de la jeune femme, un sac sur les genoux. Lorsqu'il croisa le regard de la métisse, il vînt poser un doigt contre ses lèvres pour l'empêcher de hurler. « Je sais » lui dit-il en hochant la tête. Je sais. Je ne manque pas de toupet de venir te surprendre de la sorte, mais cela a toujours été une qualité que tu as apprécié chez moi. Celle de pouvoir te surprendre à tout instant, pensa William un brin nostalgique. Son regard se posa sur le sac de voyage appuyé contre son torse, puis revint au visage brillant de son ex-femme qui le fusillait du regard. Elle devait déjà savoir ce qu'il allait lui demander. Les écrans du Gouvernement étaient multiples dans le Mary-Rose. « J'ai besoin de ton aide » lui avoua-t-il, la bouche crispée par l'orgueil.


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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Mer 25 Avr - 9:51


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Cela faisait des semaines qu’Esperanza n’était plus la même. Elle commençait à peine à apprivoiser sa nouvelle nature, à accepter ce qu’elle était qu’un déferlement événements perturbateurs s’invitait dans son existence. D’abord il y avait eut le retour de William qui l’avait perturbée plus qu’elle ne l’aurait pensé. Ce fut ensuite au tour de ce Hide, un clown masqué, de venir faire du grabuge parmi ses affaires. Lorsque c’était arrivé, Esperanza n’avait pu détacher ses yeux des écrans qui parsemaient son club. Elle avait ordonné qu’on fasse silence, histoire de ne rien rater. Qui était ce guignol qui osait défier les dirigeants ? Esperanza avait craint pour sa vie. Elle avait craint que sa nature ne soit révélée au grand jour, qu’on vienne l’arracher à son club pour la jeter dans l’arène ou pire, qu’on la force à l’exil, ou au nettoyage des alentours de la ville. La métisse avait retenu son souffle jusqu’à ce qu’une des révélations attire son attention. L’adresse d’un certain William Addington. Une drôle de sensation l’avait envahie mais en grande professionnelle, Esperanza était restée de marbre et était retournée à ses affaires.

Au Mary Rose, le sujet principal des conversations ne tournait qu’autour de ce Hide, si bien qu’Esperanza commença à en avoir marre. Elle fuyait quiconque se risquant à lui demander son avis. Son travail la pesait, elle était de plus en plus tendue ce qui, au vu de sa condition, ne présageait rien de bon. Il fallait qu’elle se repose si elle ne voulait pas franchir la ligne, agresser quelqu’un qui la pousserait à bout. Elle soupçonnait certains de ses clients de se réjouir de ce qui arrivait aux autres. La métisse quant à elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour William. Elle ignorait en quoi la révélation de son adresse était compromettante mais un mauvais pré-sentiment la taraudait. Elle aurait voulu aller le voir, s’assurer que tout allait bien pour lui, un vieux reflex qu’elle dût contenir. Elle était bien trop dangereuse, bien trop imprévisible pour prendre un tel risque. Pour leur sécurité, il leur fallait rester éloigné. Esperanza avait dû digérer la vérité, la trahison qui avait ruiné sa vie, celle de ses enfants et de son ex-mari. Il fallait du temps pour que la plaie cicatrise de nouveau. Alors elle se contenta de reprendre ses activités, de se plonger dans le travail, redoublant d’efforts pour que son entreprise ne coule pas. De plus, Hide avait envoyé certains de ses sbires piller sa cargaison de nourriture. Le club en prenait un sacré coup. La nourriture était une denrée précieuse, indispensable au fonctionnement de l’entreprise. La métisse avait passé sa journée à courir partout dans l’espoir de pouvoir remplir ses réserves. Dieu qu’elle maudissait ce Hide, ce rebelle de misère qui lui faisait vivre un enfer au travers de ses actes puérils. Autrefois sûrement qu’elle aurait été de son côté, ne supportant pas l’autorité, ces prétentieux qui dirigeaient le monde et pourtant… Trois siècles avait passé, transformant à jamais celle qui avait vécu l’enfer et ce, à travers toutes ses formes.

La soirée passa rapidement. Les clients affluaient, avides d’en apprendre plus sur celui qui semait la terreur en ville. Beaucoup s’en moquait, prétendant qu’ils n’avaient pas peur de lui, prétendant que ce n’était qu’un clown qu’on empêcherait bientôt de nuire. Esperanza passa sa soirée à gérer le flux des arrivants et veilla à ce que ces derniers ne manquent de rien malgré l’incident qui avait touché son affaire. Elle se jura d’étriper ce Hide s’il en venait de nouveau à la prendre pour cible. Les minutes puis les heures défilèrent à une allure folle, si bien que la nuit était déjà entamée de moitié lorsqu’Esperanza quitta le club. Elle était épuisée mais renonça à arpenter les rues pour trouver de quoi se rassasier. La seule chose qu’elle alla retrouver fut sa voiture. Une merveille qu’elle devait à Fergus. Privilège réservé à la haute société, privilège auquel Esperanza ne comptait pas renoncer. Quelle merveilleuse invention que cette machine à moteur. Le monde moderne l’émerveillait. Distraite, la métisse ne remarqua pas la silhouette qui approchait. Elle s’apprêtait à mettre le contact lorsqu’on s’introduit dans l’habitacle. A peine eut-elle le temps de réagir qu’on lui posa un doigt contre les lèvres. La jeune femme bouillonna lorsqu’elle reconnut William dans la pénombre. « ¡Madre mía! Tu as perdu l’esprit ou quoi ? » s’indigna-t-elle alors que son ex-mari quémandait son aide. Les sourcils de la jeune femme se froncèrent. Quelques temps plus tôt, William n’avait qu’une idée en tête : la tuer. Voilà maintenant qu’il venait lui réclamer son aide. « De l’aide de quoi ? Et puis, tu vas quelque part avec ton sac ? » Questionna l’ancienne pirate en s’attardant sur le bagage que tenait l’Anglais. Elle soupira et alluma le contact. « J’ai compris, tu vas me raconter, mais ce n’est vraiment pas le moment William. J'ai beaucoup de choses à penser. Ce Hide a mis une sacré pagaille dans mes affaires. » lança-t-elle alors que le véhicule s’élançait dans la nuit, les phares éclairant l’asphalte désert.



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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Dim 29 Avr - 22:48


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Cette soirée n'avait décidément aucun sens. Pris dans un étau, l'anglais prenait de nombreuses décisions qu'il savait inconsidérées. Mais que pouvait-il faire d'autre ? Il ne pouvait se permettre d'attendre sagement dans son appartement que la milice vienne l'arrêter pour l'interroger ou que des parieurs mécontents du Bones se rameutent pour le passer à tabac. Comme lui avait si habilement suggéré Toussaint, il devait s'en aller. Quitter les abords de Congo Square et l'atmosphère conviviale du French Quarter. Mais pour aller où ? Il ne pouvait pas quitter la ville. S'il avait pu, il se serait réfugié hors de l'enceinte, près du camp de la Communauté, mais cette option était inenvisageable. A l'intérieur, comme à l'extérieur, William avait trop d'ennemis. Trop de gens pouvant potentiellement chercher à lui nuire. Ce Hide semblait être le premier de la longue liste, bien que son identité restait encore un mystère à éclaircir pour l'anglais. En attendant de possibles investigations, William se mit en tête d'aller chercher de l'aide auprès de la seule personne n'ayant jamais cherché à lui vouloir lui faire du mal : Esperanza. Bien sûr, la situation était risible. Ironique même, quant on savait qu'il y a encore quelques semaines de cela, l'anglais était venu la menacer de mort dans son propre établissement. Elle était pourtant la première personne à laquelle il avait pensé en prenant la fuite. Notamment, parce que la métisse habitait en retrait du centre-ville et que peu de personnes connaissaient leurs affinités. William savait que Esperanza avait renié son existence. Pour tous, elle était la veuve de Fergus O'Connell et rien ne la reliait avec le nouvellement célèbre William Addington. Il y avait donc peu de chance que quiconque ait l'idée de venir le chercher chez la jeune femme, s'il y trouvait refuge. Encore fallait-il qu'il réussisse à la convaincre.

Lorsqu'il s'introduit dans sa voiture, la métisse ne manqua pas de manifester sa surprise par quelques remontrances. Il n'en attendait pas moins d'elle. Néanmoins, il décrocha un rictus nerveux en l'entendant se plaindre de Hide de manière inattendue. « Tes affaires ? » lui demanda-t-il, un sourcil levé. Comment pouvait-elle être à ce point énervée par les révélations de ce soir, alors qu'aucunes d'entre elles ne la concernaient ? Dans un coup de volant, la jeune femme déboîta la voiture pour fendre les rues obscures de la Nouvelle-Orléans. William ne manqua pas de pester à l'accélération, en s'accrochant à la poignée de la portière. Jusqu'ici, il n'était monté que deux fois dans une voiture, l'une d'elle était un fourgon de la milice et l'autre une ambulance. Autant dire, que l'ancien marin était loin d'être à l'aise dans ce genre d'engin. Il préférait cent fois chevaucher le dos d'un étalon ou de combattre les vagues à bord d'un navire. Du coin de l’œil, il observa la jeune femme visiblement irritée d'apparence. L'espace d'un instant, il se demanda les raisons de son inquiétude, avant que son regard ne retombe sur le sac posé sur ses genoux. Il ne l'avait pas rejointe par pur désintérêt, juste histoire de faire la causette ou de jouir de sa présence. Non. William était trop égoïste pour cela. « J'ai besoin d'un abri » lui dit-il sans détour. Il laissa un blanc dans la conversation pour donner à la jeune femme le temps de digérer la requête, puis il continua avec précaution. « Tu l'as vu par toi-même, mon lieu de résidence n'est plus secret pour personne dans cette ville » reprit-il, les dents serrées. L'anglais enrageait de la situation. Il aurait donné n'importe quoi pour connaître l'identité de ce maudit de Hide ou bien de la personne qui lui avait procuré son adresse. William avait commencé à dresser une liste des individus ayant connaissance de cette information dans son esprit, mais elle était bien trop restreinte et aléatoire pour qu'il n'arrive à y déceler un réel coupable. Ses soupçons principaux se plaçaient sur les employés du Bones. L'un d'eux l'avait peut-être suivi. L'un d'eux avait peut-être à gagner qu'il disparaisse du bar clandestin. « J'ignore comment ce pirate masqué a pu savoir où je vivais. J'ignore si j'ai été vendu par quelqu'un et si oui, pour quelles raisons... » lui dit-il, le ton profondément mesquin. Une fois de plus, il n'y comprenait rien. Une fois de plus, il avait été trahi. A cette pensée, il se mit à sourire, amer. A croire que Dieu devait être derrière tout cela, pour savoir où le trouver chaque fois qu'il se pensait en sécurité, oublié de tous. « Ô Seigneur, j'ai l'impression de revivre la même situation qu'il y a trois cent ans... » soupira-t-il, en prenant sa tête entre ses mains. Il ressentait cette même peur lui ayant pris le ventre, lorsqu'il avait reconnu les uniformes anglais sur les plages de Grenade. L'effroi de voir la fin du voyage. De tout perdre à nouveau. Au moins aujourd'hui, il pouvait compter Esperanza à ses côtés. « Je te demande cela comme une faveur » finit-il par lui dire en posant enfin son regard sur elle.


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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Mer 2 Mai - 11:50


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Un vague regard, voilà tout ce qu’accorda Esperanza à William lorsque ce dernier parut choqué par son annonce. Comme s’il avait été le seul concerné par les manigances du clown. La métisse finit par hausser les épaules, elle n’avait pas vraiment envie de s’étendre sur le sujet au risque de s’agacer. « Oui mes affaires. Ce pantin a volé ma marchandise. » se contenta-t-elle de dire tandis que ses doigts se resserraient autour du volant. Son irritation se fit ressentir lorsque la voiture fila à toute allure. Elle pouffa en voyant la réaction de William. Si un jour elle avait pensé se retrouver dans un engin pareil en sa compagnie… Pour l’instant la seule chose qui l’intéressait était la présence de l’Anglais. Pourquoi est-ce que son ex-mari se glissait-il en pleine nuit dans sa voiture ? Avec un sac de voyage en plus de ça. Esperanza avait sa petite idée mais celle-ci sembla tellement saugrenue qu’elle préféra ne pas l’envisager sérieusement. Jusqu’à ce qu’enfin la langue de William se délie. La requête tomba comme un coup de massue. Esperanza soupira, elle ne parut pas surprise du tout. Ce qu’elle redoutait venait d’arriver. « Impossible. » dit-elle après quelques secondes de silence. Elle n’osa pas le regarder, elle avait peur qu’il puisse distinguer son trouble à travers ses prunelles. Décidément, chaque entrevue avec William tournait forcément au compliqué. Bien sûr qu’elle avait vu l’adresse de l’Anglais défiler, bien sûr qu’elle s’en était inquiétée, mais elle ne pouvait pas accéder à sa requête sans le mettre en danger. Pourtant elle savait que son ex-mari ne la lâcherait pas tant qu’il n’aurait pas eu d’explications et la métisse était bien trop épuisée pour se lancer dans un débat interminable. « Cet homme n’a rien d’un pirate, surveille ton langage. C’est un clown, rien d’autre. » lança-t-elle en secouant la tête d’agacement.

La conversation prit une tournure étrange lorsque William se mit à s’apitoyer sur son sort. Esperanza eut un petit rire moqueur. Elle n’avait que rarement vu son ancien époux dans un état pareil. « Et ben, il est loin le militaire courageux que j’ai épousé. » dit-elle en daignant enfin regarder son passager. William devait avoir de sérieux ennuis pour réagir de la sorte, ce qui n’arrangeait rien aux affaires de l’ancienne pirate. Elle sembla préoccupée puis soupira après quelques secondes de silence. « Tu vas rester cette nuit mais tu devras partir. Tu ne seras pas en sécurité avec moi. J’ai changé William, je… je suis dangereuse. » finit-elle par lâcher sans en dévoiler d’avantage. Gagner du temps, voilà ce qu’elle faisait. Elle savait bien que l’Anglais creuserait et qu’il ne se laisserait pas mettre dehors de sitôt. S’il avait pu tenir une rancœur tenace durant trois siècles, Esperanza ne doutait pas que le faire fuir serait laborieux. Après quelques minutes à fendre les rues vides du quartier ouest de la Nola, la voiture vint bientôt se garer près de la luxueuse habitation O’Connell. La jeune femme coupa le contact et se tourna vers William, l’air plus sérieux que jamais. « Tu vas me raconter, mais je suis fatiguée, il faudra faire vite. » annonça la métisse en quittant l’habitacle. Elle se dirigea vers la porte d’entrée, s’assurant que l’Anglais suivait bien puis entra chez elle, refermant derrière son invité.

Esperanza sentait la fatigue lui tirer les muscles, elle devinait son teint pâle. C’était toujours ainsi lorsqu’elle devait se nourrir. Lasse, elle s’avança jusque dans son salon. Une vaste pièce décorée avec goût. Les rayons argentés de la lune illuminaient les lieux d'une drôle de lueur. Une lueur mystique qu’Esperanza anéantit en allumant la lumière. Elle se laissa tomber sur le canapé lorsqu’elle arriva près de celui-ci et se tourna vers son ex-mari. « Alors, je t’écoute. » lança-t-elle, attentive. William devrait faire preuve d’arguments solides s’il voulait faire flancher son ex-femme. Elle ne se laisserait pas démonter. D’ailleurs elle eut un moment de doute, était-ce un piège ? Cela n’en avait pas l’air et pourtant… Même si l’Anglais avait semblé la croire lors de leur dernière rencontre, une partie de l’ancienne pirate restait en alerte. Durant sa longue existence elle avait tout vu, et ça n’aurait pas été la première fois que William bernait son monde après tout…




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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Dim 6 Mai - 10:19


« shut up and drive »

William & Esperanza
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La flagrante hostilité manifestée par Esperanza à son entrée dans l’habitacle, contraria immédiatement William, pourtant venu chercher son aide dénué d'animosité. Il savait que l'affaire était délicate et la faveur qu'il quémandait à la pirate prêtait à rire, compte tenu des événements passés. D'un côté, Esperanza possédait parfaitement le droit de rejeter sa requête, car plus rien ne les unissait l'un à l'autre aujourd'hui. Ils n'étaient plus mari et femme, ni parents, ni même métamorphe et sorcière. Au fil des siècles, tous liens s'étaient brisés entre eux, faisant d'eux des étrangers. D'un autre côté, de nombreux souvenirs communs avaient laissé dans leur esprit et sur leur corps des marques indélébiles, impossible à dissoudre. Malgré leur disparition, William et Esperanza restaient les parents de deux enfants, qu'ils avaient chacun aimé et chéri du plus profond de leur être. Cet amour pour eux, ils ne pourraient pas jamais le dissiper. Dès lors, la réponse sans équivoque de la jeune femme cloua l'anglais sur place. Il était certainement venu la trouver le cœur bercé de trop d'illusions ou d'espérances. A vrai dire, il ne s'était pas figuré une seule seconde que son ex-femme puisse refuser de l'aider. William était convaincu que la pirate lui devait cette faveur. Si elle ne l'avait pas vendu à l'amiral Anderson, elle lui avait néanmoins tourné le dos lors de l'Apocalypse. Elle l'avait rayé de son existence, renié leurs années de vie commune, pour se marier avec un autre. Elle avait pris la décision de l'oublier définitivement, tout en sachant qu'il était en vie. Pour William, c'était une trahison. Certainement la véritable de leur histoire et surtout un moyen de pression que l'anglais n'aurait aucun scrupule à utiliser contre Esperanza, si son refus persistait. « Peu importe » siffla-t-il, agacé par la réprimande de la pirate. Il était inutile de jouer avec les mots, les méthodes de cet homme masqué n'en faisait qu'un criminel, à l'attitude aussi lâche que la sienne. Une fois de plus, le commentaire cinglant d'Esperanza laissa William dans la plus grande stupeur. Il s'était attendu à davantage de compassion à son égard. Mais visiblement, le temps de l'admiration et du soutien était révolu. « Que devrais-je dire de la femme aimante prête à tout sacrifier pour protéger sa famille ? » lui répondit-il, avec le même mépris. L'anglais avait également son ego, très étrillé par trois cents ans de haine insidieuse. Il ne reconnaissait plus la femme adorée qu'il avait épousé, ni la mère dévouée de ses enfants. C'était comme s'il la rencontrait pour la première fois. Elle était redevenue la pirate insolente de leurs premiers entretiens. « Ce n'est pas vraiment, ce que j'appelle avoir changé » lui dit-il, en levant un sourcil. Il savait de quoi elle était capable. Il connaissait sa nature furieuse et sanguinaire. Trouer le poitrail d'un ou deux officiers ne l'avaient jamais dérangé par le passé. Son tempérament ne lui avait jamais inspiré de la peur. Quant à sa magie, il avait fini par l'accepter lorsque celle-ci lui avait sauvé la vie.

Esperanza gara son véhicule non loin de la riche propriété dans laquelle William s'était introduit quelques temps plus tôt de façon inopinée. Cette nuit-là avait synonyme de confession et de réconfort pour le couple d'autrefois. Un moment d'accalmie déjà presque oublié. « Est-ce bien nécessaire, si je ne reste qu'une seule nuit ? » lui répondit-il avec lassitude. A quoi bon se fatiguer à lui raconter le récit de ses dernières années, si elle souhait qu'il reparte dès le petit matin, sans demander son reste. Jusqu'ici, elle ne s'était pas inquiété de son sort. Elle avait même tout fait pour l'ignorer, agissant d'abord en son intérêt et protégeant sa petite personne. William ne comprenait pas que la femme qu'il avait connu et épousé ait pu se réduire à épouser un homme aussi répugnant, dans le simple but de se mettre à l'abri du besoin. Il ne lui connaissait pas cette bassesse, ni ce comportement proche de la prostitution. Imaginer Esperanza dans les bras du vieillard qu'on lui avait décrit, lui donnait la nausée. Lorsqu'il suivit la jeune femme à l'intérieur de la luxueuse maison, William pût presque ressentir le fantôme de cet homme en ces lieux qu'il voyait pour la première fois éclairés. Déambulant dans l'espace, il inspecta le mobilier qui lui paraissait toujours aussi étrange comparé à celui-ci qu'il avait connu au XVIIème siècle. Des angles affûtés comme des lames à chaque coin de meubles et des surfaces faites de matières dont il ignorait aussi bien la composition que la dénomination. Installée sur un canapé, Esperanza le pressa de s'expliquer, visiblement prise par la fatigue. Dans un soupir renfrogné, William consentit à lui répondre en venant prendre place face à elle dans un fauteuil. Il n'était pas certain que l'histoire lui plaise, ni qu'elle ne le mette à la porte lorsqu'elle l'aurait entendu. Tant pis. Elle ne pourrait pas lui reprocher sa franchise. « Je suppose que tu connais l'existence de la Communauté installée hors de la ville ? Il y a cinq ans, lorsque j'ai repris ma forme humaine, je me trouvais en Californie...là où résidait mon propriétaire à l'époque » lui confia-t-il avec une certaine difficulté. Il ne voulait pas s'attarder sur cet épisode de sa vie moderne. Être l'esclave d'un homme n'était pas une chose plaisante, Esperanza pouvait en témoigner. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était pourtant ce que William avait vécu pendant presque un siècle, après avoir été capturé par un riche propriétaire terrien, amateur de braconnage. « Il vivait dans un ranch, près de la vallée de la Mort, d'où je me suis enfuis à la première occasion. Pendant des semaines, j'ai chevauché sur les routes nationales, avant de finir par croiser celle de la Communauté et de ses membres. J'ai passé presque cinq années avec eux à traverser tout le pays, du Colorado jusqu'aux bords du Mississippi... » lui raconta-t-il, de façon résumé. Entre temps, il avait connu des galères et des frayeurs. Il avait découvert le vingt-et-unième siècle en grande partie seul, ce qui n'avait pas été de tout repos. « Puis, il y a un an j'ai pris la décision de quitter le camp pour m'installer en ville et...commencer une nouvelle vie... » mentit-il avec précaution. Il ne voulait pas lui révéler que le projet l'ayant décidé à partir était celui de la retrouver pour lui faire payer sa trahison. Même si la jeune femme devait s'en douter, le lui confirmer ne jouerait pas en sa faveur pour la convaincre de l’accueillir chez elle à bras ouverts. « …mais, pour les membres de la Communauté, la quitter est un crime. Un crime absolu » avoua William, d'un ton soudainement devenu grave. Il détourna son regard d'Esperanza, probablement en train de juger sa pathétique couardise. Le courage ne lui manquait guère, mais en faire preuve ne signifiait pas faire fi du danger le guettant à présent. Dès demain, il deviendrait une proie à chasser dans la jungle urbaine. Citoyens, miliciens, communautaires. Tous se lanceraient sur ses traces pour le faire répondre de ses actes. « Voilà pourquoi, j'ai besoin d'un abri » conclut-il, en croisant à nouveau le regard d'Esperanza.


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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Lun 14 Mai - 10:08


« shut up and drive »

William & Esperanza
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L’atmosphère dans l’habitacle devint rapidement pesante. Esperanza n’était pas disposée à être aimable, elle était à cran. La fatigue devenait un véritable ennemi. Un challenge. Elle n’était pas d’humeur à supporter qui que ce soit. Ce n’était pas de la faute de William, mais ses remarques avaient tendances à agacer la métisse un peu plus. Vint celle de trop, celle qui poussa Esperanza à le fusiller du regard. Où était donc passée la femme qui était prête à tout sacrifier pour sa famille ? Elle était morte, c’était pourtant clair. On l’avait tuée, elle avait déjà donné sa vie pour sauver ceux qu’elle avait jadis aimés. Pourtant cela n’avait pas suffi à la garder auprès de ses enfants, auprès de son mari. William était d’une injustice sans nom. « Cette femme là est morte, elle a donné sa vie pour une famille qui n’existe plus. » avait-elle répondu en haussant les épaules. Elle s’était rapidement calmée, il fallait qu’elle reste dans le contrôle, qu’elle ne perde pas les pédales. Esperanza préféra balayer la seconde remarque d’un rire sans joie. William, en plus d’être injuste, était visiblement inconscient. Il ne savait rien du danger, rien. Voilà peut-être ce qui le conduisait ici au milieu de la nuit.

Le trajet fut avalé rapidement, la métisse s’extirpa de sa voiture avec une rapidité fulgurante. Sa maison était l’un des seuls endroits dans lequel elle se sentait encore en sécurité. Le Mary Rose, bien que cher à son cœur, ne lui procurait que stress et angoisse. L’ancienne pirate craignait de déraper à chaque instant, à chaque client qui mettait ses nerfs à rude épreuve. Cela était pire lorsqu’elle était fatiguée, comme ce soir. Son teint pâle ne laissait aucun doute sur son état de santé douteux. Pourtant son salut devrait attendre, attendre que William dévoile la raison qui l’avait poussé sous son toit. Assise sur son canapé avec nonchalance, la métisse attendait la révélation, celle qui scellerait le destin de son ex-mari. La langue de l’Anglais se délia, Esperanza cligna doucement des paupières, attentive en dépit sa fatigue. Malgré les tensions, la voleuse d’énergie avait compris que le père de ses enfants était dans une situation délicate. Autrement il ne serait jamais venu la chercher elle, il avait sa fierté, elle le savait. Au vu de leur situation plutôt bancale, sa présence ici l’intriguait et au fur et à mesure du récit, le visage d’Esperanza s’anima sous la réflexion. La Communauté, ces gens étranges qui préféraient vivre comme des sauvages, exclus de ce qu’il restait du nouveau monde… La métisse avait toujours éprouvé une grande méfiance à leur égard, autant dire que cela ne s’était pas arrangé avec les derniers événements. Elle hocha doucement la tête pour faire comprendre qu’elle suivait. Elle ne s’était jamais demandé ce qu’était advenu de William lorsqu’il arpentait la Terre sous sa forme animale, elle l’avait toujours pensé libre. Visiblement elle en avait presque oublié la nature perfide de l’Homme qui se croyait supérieur en toutes circonstances, capable de s’attribuer le droit sur tous les êtres qu’il jugeait « inférieurs ». Esperanza ne fit aucun commentaire, elle se contenta de se redresser un peu pour mieux entendre.

Une fois le récit terminé, l’ancienne pirate soupira longuement. « Ah William, dans quelle situation tu t’es encore fourré. » dit-elle, désemparée. Elle se redressa et se mit à déambuler dans son salon, passant devant ses grandes fenêtres. Elle se posta devant l’une d’elle et fixa la lune durant quelques secondes silencieuses. La lune, l’une des rares choses qui n’avaient pas changé. Sans se tourner vers son ex-mari, Esperanza finit par reprendre. « Tu peux rester ici plusieurs nuits le temps de trouver une solution. Tu devras partir ensuite, tu es en danger avec moi. Viens je vais te montrer ta chambre. » sur ces mots elle s’approcha du fauteuil dans lequel William avait pris place. Ses yeux s’attardèrent sur son sac, puis enfin sur les traits de son visage. Lui aussi ne semblait pas en grande forme, sur ce point ils se rejoignaient. « Si tu pouvais éviter de venir dans la mienne, ou au moins essaie de t’habiller cette fois. » lança-t-elle avec un sourire au coin des lèvres. Sur ces mots elle prit la direction de l’escalier, faisant signe à l’Anglais de la suivre. Elle le conduisit à ce qui faisait office de chambre d’ami. Un grand lit occupait la majorité de l’espace, une armoire se terrait dans un coin, recouvrant un large tapis qui habillait le sol en parquet. Une porte donnait sur une salle d’eau parfaitement aménagée. En dévoilant la chambre, Esperanza reteint un bâillement. « Voilà où tu dormiras. Si tu as besoin de quelque chose tu sais où me trouver. » elle se tourna vers lui et planta son regard dans le sien. « On parlera plus tard, comme tu peux le voir je suis épuisée. » En effet, depuis qu’ils étaient arrivé, les cernes de la métisses semblaient s’être intensifiés, elle clignait des paupières comme si elle était prête à tomber de fatigue d’un moment à l’autre. Décidément le destin avait une drôle de façon de les réunir, encore et encore dans des instants critiques.




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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Ven 18 Mai - 23:36


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Esperanza resta étonnement silencieuse et passive durant le récit de William. Parler était compliqué pour lui. En se livrant à la jeune femme, il faisait ressurgir des souvenirs peu plaisants de son passé. Sa captivité, son errance, sa fuite. Le chemin jusqu'à la Nouvelle-Orléans avait été semé d’embûches, de rencontres impromptues et de séparations brutales. William ne gardait guère de fierté des trois siècles passés. Les joies avaient été minces, les doutes omniprésents. Ce périple interminable en terres américaines l'avait plongé dans une profonde mélancolie. Rongé par la haine et la tristesse d'avoir perdu tout ce à quoi il tenait, il s'était raccroché au futile espoir de trouver des réponses en gagnant la Louisiane. A croire que le Saint-Père avait écouté ses prières, car celui-ci avait fini par être exaucé. Alléluia. La satisfaction qu'il en récoltait était aussi morne que le voyage pour y parvenir. Naïvement, il avait cru que la vengeance adoucirait l'aigreur de son être et que son existence maudite prendrait à nouveau sens, une fois ce dessein accompli. Il avait été sot de croire que retrouver Esperanza le libérerait de sa souffrance perpétuelle. Il n'en était rien. William continuait d'être un vagabond perdu dans une époque à l'avenir aussi incertain que le sien.

Le soupir de la pirate ne fit que confirmer le guêpier dans lequel il s'était empêtré et dont il devrait se sortir lui-même. Il était seul dans cette histoire. Son aide bienheureuse n'était qu'éphémère et superficielle. William s'en contenterait volontiers, le temps de trouver de quoi se retourner. La jeune femme lui fit d'ailleurs comprendre qu'il ne pourrait abuser de son hospitalité indéfiniment. Il n'osa la contredire. Lui aussi se sentait mal-à-l'aise dans cette demeure qui n'était pas la sienne et devant cette femme, qui ne l'était plus non plus. D'une démarche apathique, Esperanza le conduisit jusqu'à une chambre sobrement décorée au regard du reste de la maison. Après que la jeune femme lui ait énoncé les règles de bienséance pour la nuit (à savoir respecter son sommeil et sa pudeur), William alla déposer son sac sur le lit trônant au milieu de la pièce. Celle-ci n'avait pas dû accueillir beaucoup d'invités, elle semblait figée depuis des années. Son regard croisa celui d'Esperanza qui semblait frapper par la fatigue. Bien qu'il n'ait plus l'habitude de la contempler, elle avait les traits tirés et le teint pâle. Sans même lui souhaiter bonne nuit, la jeune femme s'éclipsa aussi rapidement que William avait fait irruption dans sa voiture. Avant que la porte ne se referme, l'anglais entrouvrit les lèvres pour en laisser échapper un "merci", des plus sincères.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Contre toutes attentes, le sommeil du métamorphe avait été singulièrement calme et tardif. Ce fût le chant d'un tyran huppé gazouillant près de la fenêtre, qui le tira des bras de Morphée. Le soleil indiquait neuf dans le ciel, mais la propriété d'Esperanza était encore plongée dans le silence, bien loin du brouhaha du cœur de la ville. Tout en se tirant des draps, William tendit l'oreille pour percevoir la présence de la maîtresse des lieux dans l'habitation. Mais étrangement, les sens accrus du métamorphe ne détectèrent que le son d'une horloge ou le remoud des conduits d'eau. Perplexe, il se lava et s'habilla avant de sortir de la chambre, pour s’engouffrer dans le dédale de couloirs, à la recherche d'un signe de vie. Ses pas le firent passer devant la porte entrouverte de la chambre d'Esperanza. Celle-ci était vide et semblait encore plus spacieuse vue pour la première fois à la lumière du jour. L'odeur de son ex-femme embaumait chaque recoin de la pièce, comme un parfum de fleur entêtant. William referma avec précaution la porte de cette chambre interdite, se sentant soudain fébrile aux souvenirs brûlants que lui remémorait cette fragrance. Il se dirigea alors vers le salon irradié de lumière, puis il gagna la cuisine dans laquelle il commença à chercher de quoi combler la faim le tiraillant. Soudain, un bruit de porte se fit entendre derrière lui et la silhouette d'Esperanza apparue. « Tu sembles aller mieux qu'hier » tonna William, en tranchant le silence de sa voix grave. Elle sursauta presque à ses paroles. Peut-être avait-elle oublié qu'elle l'avait accueilli chez elle, la veille au soir. « Pardonne-moi, ta chambre était vide, alors je me suis permis de faire le tour du propriétaire » lui dit-il en pinçant les lèvres, d'un air confus. Pour arriver jusqu'ici, il avait traversé un certain nombre de pièces desquelles, il avait pu admirer l'architecture, la décoration et l'agencement. Au mobilier moderne se mariait de nombreux objets d'un autre temps, que William reconnaissait avec émoi. Un globe terrestre, un compas magnétique, un tableau illustrant un bateau prit dans une tempête et signé de la main d'un peintre hollandais. « C'est...différent de la Guadeloupe » avoua-t-il dans un soupir, en faisant référence à la maison dans laquelle ils avaient habité avec leurs enfants. Certes, une maison de style colonial à étages, mais bien plus modeste et plus épurée que celle-ci, dont le faste frappait la vue à chaque œillade. « Tu as dû être une femme comblée » se raya-t-il, un poil amer. L'argent avait toujours été un vice impardonnable de la pirate. Voler et piller avaient toujours fait partis de ses plaisirs favoris. La preuve en demeurait aujourd'hui, tout ce qu'elle possédait, elle l'avait dérobé à un vieillard naïf ayant fait l'erreur de tomber sous son charme. S'il n'en avait que faire de l'honneur de l'homme qu'elle avait envoyé six pieds sous terre, l'amour propre de William n'arrivait pas à comprendre comment Esperanza avait pu se donner à une personne comme lui. Ils n'avaient rien en commun. elle était la belle et lui, la bête. « On dirait que Hide est également venu piller tes stocks de nourriture... » fit-il remarquer en ouvrant ses placards de cuisine un à un. La plupart d'entre eux étaient vides ou au contenu inintéressant. S'il avait su, William serait allé chasser sous sa forme animal, au lieu d'attendre que la maîtresse de maison revienne les mains vides.



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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Ven 25 Mai - 12:36


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Il n’avait pas été difficile pour Esperanza de trouver le sommeil. Aussitôt avait-elle pris place dans son lit qu’elle s’était laissée emporter dans les bras de Morphée. A défaut de pouvoir trouver de quoi la rassasier, la voleuse d’énergie s’était rapatriée sur le sommeil. L’apport n’était clairement pas le même, mais au moins cela lui permettait de tenir un peu plus. Son sommeil fut agité, pollué par des songes désagréables mêlant William et Hide. Sa nuit s’avéra plus courte qu’elle ne l’aurait espéré. A l’aube, tandis que le soleil blanchissait à peine l’horizon, la jeune femme s’extirpa de son lit en sachant pertinemment qu’elle ne pouvait repousser l’échéance. En d’autres circonstances peut-être qu’elle n’aurait eu aucuns scrupules à vider son invité de son énergie vitale pourtant elle ne pouvait céder à cette solution. Car l’homme qui dormait dans les draps de la chambre d’ami n’était pas n’importe qui. Esperanza aurait voulu voir si elle n’avait pas rêvé, si William était bien là. Si tout ceci n’avait pas été qu’un mauvais tour joué par son esprit épuisé. Pourtant lorsqu’Esperanza arriva près de la porte de la chambre d’ami, elle fut incapable d’y pénétrer. Voir son ex-mari dormir, aussi simple que cela pouvait paraître, lui rappellerait des choses douloureuses. Alors que quelques siècles plutôt cette image était celle qui la rassurait lors de nuits difficiles, aujourd’hui elle n’était que peine et douleur. Alors dans un soupir la jeune femme s’éloigna pour aller trouver une victime en ville.

Lorsqu’elle revint presque deux heures plus tard, la métisse n’était plus la même. Son teint étincelait, ses cernes avaient disparu. Elle passa la porte de sa demeure, prit une grande inspiration et se dirigea vers la cuisine. Elle fit attention à ne pas faire trop de bruit, ne sachant pas si son invité était réveillé ou non. Bientôt, tandis qu’elle arrivait à destination, elle fut surprise d’y trouver quelqu’un : William. Elle ne retint pas un sursaut, sa main droite portée contre sa poitrine. « William ! Bonjour… Oui ça va mieux. » dit-elle en reprenant ses esprits. La métisse s’avança et vint s’asseoir sur l’un des hauts tabourets qui bordaient le plan de travail. Elle haussa les épaules comme réponse aux excuses de l’Anglais. Après tout, elle se doutait bien que le pauvre n’allait pas rester cloîtré dans sa chambre d’ami jusqu’à ce qu’elle lui donne signe de vie. Ce n’était pas comme si William était un homme malhonnête, bien qu’une certaine méfiance reste de mise. Lorsqu’il évoqua la Guadeloupe, Esperanza sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, elle leva sa main droite, intimant à son invité de ne pas aborder ce sujet. « Rien ne sera jamais pareil. » se contenta-t-elle de dire en accrochant les pupilles de son ex-mari. Hélas non… Esperanza savait bien qu’aucun enfant ne gambaderait jamais dans cette immense demeure, qu'aucun cri de joie ne résonnerait entre ces murs. Plus jamais William et elle ne seraient ce couple heureux et aimant. La remarque de l’Anglais vint anéantir toute nostalgie. Esperanza leva les yeux au ciel avant de soupirer. Décidément William n’acceptait pas les choix qu’elle avait fait pour survivre dans le Nouveau Monde. « Combien de remarques as-tu encore en stock ? Peut-être que tu pourrais les partager histoire qu’on passe à autre chose… J’ai fait ce que j’ai pu pour survivre dans ce nouveau monde. J’ai pillé l’argent là où je l’ai trouvé. » finit-elle par lâcher en haussant les épaules.

Passer du temps en enfer n’était en rien quelque chose d’aisé. Esperanza s’était vue mourir dans d’atroces souffrances, restant à l’agonie durant l’éternité. Pourtant les limbes l’avait recrachée et elle avait su qu’elle n’aurait plus droit à l’erreur. Que le temps était précieux et qu’il fallait qu’elle en profite par n’importe quel moyen. Elle avait toujours su que sa vie ne serait jamais aussi heureuse que celle qu’elle avait perdue et que cette existence n’était que de la survie. Alors elle avait survécu. Esperanza se leva, incapable de rester en place. L’attitude de William la mettait mal à l’aise, encore plus lorsque ce dernier se mit à fouiller ses placards. Esperanza parut inquiète, elle n’avait pas pensé à ce genre de détail. Elle prit de grandes inspirations pour ne pas céder à la panique. S’il y avait bien une chose qui lui faisait perdre pied c’était bien sa nature. Elle était terrorisée à l’idée qu’on la découvre. Elle se demanda soudain si William avait entendu parler des voleurs d’énergie comme elle. Elle se mordit nerveusement la lèvre, il fallait détourner l’attention. « Euh non… tu sais quand on vit seule, en plus je ne passe pas beaucoup de temps ici. Il doit rester des choses dans le garde manger. » dit-elle en priant pour que cela s’avère vrai. Elle s’approcha de la porte du cagibi, ferma les yeux en murmurant une prière en espagnol et tourna la poignée, hésitante. Finalement elle se retourna vers William l’air soudainement grave. « Et toi ? Tu as cédé à la tentation ? Tu as commis le pêché de chair depuis que tu es dans le Nouveau Monde ? » demanda-t-elle en arquant un sourcil.  La question avait été posée pour créer une diversion pourtant Esperanza se surprit à attendre la réponse avec plus d’attention qu’elle n’aurait cru. Etait-ce par fierté qu’elle tenait à savoir si William s’était abandonné dans les bras d’autres ou était-ce pour une autre raison ? Finalement elle préféra se risquer à ouvrir la porte plutôt que de laisser paraître son impatience. Le cagibi était étroit, ses murs habillés d’étagères qui restaient vides pour la plupart. Heureusement pour la jeune femme, quelques boîtes de conserves, de confitures et de biscuits secs y trônaient encore. Rien de quoi nourrir une armée mais de quoi la rendre moins suspecte, elle l’espérait.



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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Dim 27 Mai - 0:04


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Tout dans cette bâtisse indisposait William. Son faste, sa grandeur, sa modernité, son propriétaire passé et la marque fantôme qu'il avait laissé en ces lieux. L'ancien commodore ne pouvait s'empêcher d'imaginer le vieux Fergus se pavaner à travers le dédale de pièces luxueuses, la silhouette d'Esperanza accrocher à son bras comme lors d'une cérémonie. Cette fantaisie horrifique le consumait de l'intérieur. La penser pleine de joie – même par intérêt – en compagnie d'un homme de la sorte le faisait frissonner et l'imaginer partager sa couche lui donnait carrément la nausée. Alors par dépit et jalousie, l'esprit de William se raccrocha au souvenir béni de la Guadeloupe. De la chaleur de leur foyer et des moments de félicité passés avec son ex-femme et ses enfants. L'anglais n'avait jamais été aussi heureux que durant ces cinq années d'insouciance aux milieux des Antilles françaises. Libre, amoureux et responsable. Il avait sombré le jour où l'Amiral Anderson lui avait passé les fers aux poignets, perdant sa liberté, son honneur et sa famille. Trois cents ans plus tard, il n'avait rien retrouvé de cela, même si la femme qui avait autrefois porté ses enfants se tenait de nouveau devant lui. Lorsque la main de celle-ci se leva à l'évocation de leur vie commune, William se sentit profondément offensé. Depuis leurs retrouvailles, elle s'obstinait à renier tout ce qu'ils avaient été l'un pour l'autre. Leur vie de couple, leur maison, leurs enfants. Elle ne cessait de lui répéter qu'elle n'était plus la femme qu'il avait connu autrefois, devenue bien trop cupide et insensible pour se laisser aller à un quelconque sentimentalisme. Aujourd'hui, il ne restait rien d'autre que la criminelle insolente et égoïste, celle qu'il avait capturé avec l'équipage de Cook. « Pillé » répéta William, comme pour se rappeler intimement que son ex-femme ne resterait jamais qu'une vulgaire pirate.

Sans ajouter un mot de plus sur le sujet, il rabattit son attention sur les placards de la cuisine aménagées, à la recherche de nourriture. Il les ouvrit un par un, avec une totale absence de gêne de la part d'un invité et fût surprit de les découvrir vide pour la plupart. Pas un instant, il ne se serait douté que la disette ne touche également Esperanza. Comparé au foisonnement matériels du reste de la demeure, le contenu de la cuisine était bien pauvre. La propriétaire justifia ce vide inhérent à sa condition de femme d'affaire, trop souvent absente pour remplir son garde-manger. Il faut dire qu'Esperanza avait eu l'habitude de se faire servir ou bien de voler pour se sustenter par le passé. Cuisiner ne faisait pas partie de ses talents, malgré ce que sa condition de femme suggérerait. William arqua un sourcil désabusé, tout en la suivant vers une pièce annexe. La question qu'elle lui adressa alors le laissa quelques secondes interdit. Parler de sa vie sexuelle à son ex-femme était extrêmement dérangeant. S'il s'était sentit légitime de lui demander des comptes, sachant qu'elle s'était unie à un autre homme à son retour sur terre, il ne s'était pas attendu à devoir faire de même avec Esperanza. Pour lui, la trahison n'était qu'à sens unique. Elle avait rompu leurs vœux en épousant Fergus O'Connell et l'avait trompé en consumant le mariage. « Je ne me suis unie à aucune autre femme, non » lui dit-il, en prenant le soin de laisser planer le doute quant à l'union en question. Le fait était que William avait effectivement cédé au plaisir de la chair depuis qu'il était à nouveau humain. Au cours des quatre années passées au sein de la Communauté, il avait eu une brève histoire avec la douce Lucia, mère célibataire de dix ans sa cadette. Il n'avait jamais été un couple et l'anglais n'avait jamais éprouvé à son égard qu'un vif respect. Elle et sa fille Catalina l'avaient aidé à s'intégrer au sein de la Communauté et surtout à comprendre les retords du monde moderne.

Esperanza ne pouvait lui en vouloir de s'être abandonnée de façon anecdotique dans les bras d'une autre femme. Elle avait fait bien pire et bien que l'amant en question ne soit plus de ce monde, ce mariage lui restait en travers de la gorge. William ne ressentait aucune jalousie véritable envers le cadavre de Fergus, mais son ego masculin ne comprenait pas le choix d'Esperanza. « L'as-tu aimé ? » lui demanda-t-il soudain, en entrant à sa suite dans le garde-manger. Ce dernier n'était pas plus rempli que les placards de la cuisine. A croire que la jeune femme ne recevait personne depuis la mort de son vieux. « Cet homme, l'as-tu au moins aimé, pour t'unir à lui sachant que j'étais toujours en vie ? » lui demanda-t-il, en fronçant les sourcils. Attendant sa réponse, William se rapprocha d'elle pour venir la toiser de haut. Il voulait la regarder en face. Il souhaitait pouvoir lire dans ses yeux hazel les regrets ou les aveux de son adultère. « Ne me ment pas, s'il te plaît. Ce lien (il pointa son coeur, puis celui d'Esperanza pour symboliser le lien magique de sorcier à métamorphe) était toujours là après l'Apocalypse... » lui dit-il avec intensité. Il garda son index contre la poitrine de la jeune femme, tout en la fixant du regard. Le sien était devenu terriblement triste. La raison pour laquelle il n'avait jamais perdu espoir de retrouver un jour Esperanza, c'était parce que ce lien enchanté entre eux avaient survécu à l'Apocalypse. En redevenant humain, William avait à nouveau sentit la présence d'Esperanza en lui, sachant alors qu'elle était toujours en vie. « ...jusqu'à ce que tu le brises » reprit-il, sur un ton amer avant de détourner ses yeux de la jeune femme. Il ne savait pas comment elle avait réussi ce prodige. Il pensait leur corps liés à jamais par le sortilège d'Esperanza. Puis, il y a environ un an, William avait cru mourir lors d'une nuit effroyable où une fièvre intense et des souffrances atroces avaient pris possession de son corps. Cela avait duré des heures, sans que personne – lui le premier – ne comprenne ce qui lui arrivait. Finalement, à l'aube, la douleur avait cessé et lorsqu'il s'était réveillé, la présence d'Esperanza dans son for intérieur avait disparu. Depuis, il ne l'avait plus jamais ressenti en lui.


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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Mar 29 Mai - 12:31


« shut up and drive »

William & Esperanza
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L’idée d’héberger l’homme qui avait jadis été son mari lui sembla de moins en moins bonne. William, même sans faire usage de la parole, rendait l’atmosphère pesante. Il ne semblait ressentir que de l’hostilité envers Esperanza qui, lasse, n’en rajouta pas sur le sujet sensible qu’était sa vie avec Fergus. Et puis ce fut au tour de l’Anglais de piller la jeune femme, malheureusement pour lui il n’en récolta aucun butin. La cuisine était désespérément vide, Esperanza ne s’y rendait quasiment plus depuis sa transformation. Tous ses espoirs se portèrent alors vers le garde-manger. Alors qu’elle l’ouvrait, William répondit à son interrogation, faisant lever les yeux de la jeune femme. Elle se contenta d’un « Mh. » sonore pour toute réponse. Elle ne voulut pas poser de questions pour ne rien laisser paraître de sa curiosité soudaine. Son attention se reporta bien vite sur les maigres vivres qui subsistaient sur les étagères de la minuscule pièce. Elle fut surprise en constatant que William l’avait suivie, elle cligna plusieurs fois des paupières, surprise par une telle question. La cohabitation allait être problématique si les situations du genre s’enchaînaient. Lorsqu’il s’approcha, Esperanza voulut reculer mais l’endroit n’étant pas large, elle dut se résoudre à rester face à son ex-mari. Elle releva quelque peu le menton, montrant qu’elle ne se démontait pas.

Lorsque l’enfer l’avait recrachée, Esperanza avait bien sûr ressenti la présence de William. Pour autant, elle décida de ne pas se lancer à sa recherche. Tout d’abord l’éternité passé en enfer l’avait écorchée vive, mais la manière dont on lui avait arraché son existence avait fait bien pire. On avait tué la femme qu’elle était. La mère aimante, l’épouse amoureuse. N’avaient subsisté que ses côtés les plus sombres, ceux dont elle avait dû faire usage pour survivre dans les limbes. Une fois de retour sur Terre, elle avait voulu se protéger, renier ce qu’elle avait été. Retrouver William n’aurait été que déchirement, un rappel constant de ce qu’elle avait perdu. Naïvement elle avait voulu croire au bonheur, un bonheur qu’elle avait connu durant cinq longues années, et puis la mort était venue lui rappeler que rien n’était jamais acquis. Égoïstement elle n’avait pas voulu reprendre le risque de perdre à nouveau ce bonheur, et pour cela il avait fallu y renoncer en abandonnant l’homme de sa vie. Jamais elle n’aurait envisagé que ce dernier la retrouve.

Un soupir las passa la barrière de ses lèvres, Esperanza accrocha ses pupilles émeraude à celles de William. Elle poussa le doigt qu’il avait posé contre son cœur, pile où se trouvait sa cicatrice. Cela la fit frissonner. « Bien sûr que non je ne l’ai pas aimé. Pour qui tu me prends William ? J’ai fait ce que j’ai pu pour survivre. » lança-t-elle en soutenant le regard de l’ancien commodore. Comment pouvait-il posé une question aussi absurde ? Esperanza n’avait guère aimé beaucoup d’hommes durant sa courte existence et son choix ne se serait jamais porté sur un vieillard ennuyeux à mourir. « Fergus était ennuyeux à mourir, mais riche, c’est tout. L’histoire est beaucoup plus complexe que ce que tu imagines. Je n’ai pas brisé notre lien je… j’ai été infectée par un parasite qui m’a changée à jamais. » murmura-t-elle, visiblement perturbée par ce qu’elle venait de dire. Ses yeux se baissèrent pour fixer la poitrine de William. Bien qu’elle n’ait jamais cherché à retrouver son métamorphe, Esperanza avait été terriblement affectée par la perte de sa condition de sorcière et par tout ce que cela avait engendré. Une fois transformée elle avait cru tirer un trait définitif sur l’Anglais. « Je ne t’ai pas cherché par égoïsme. Je t’avais déjà perdu une fois, je ne voulais pas te retrouver pour que la vie nous sépare à nouveau. Je sais que tu aurais voulu que j’agisse différemment, et tu sais très bien que je ne fais jamais ce qu’on attend de moi. Désolée William. » finit-elle par dire en lui adressant un regard perçant. La métisse agita la main, comme pour chasser ses paroles avant d’être prise d’un rire nerveux. Elle avait fait tant d’efforts pour ignorer ce lien et pourtant, ce n’était qu’une fois ce dernier brisé que le destin était venu la rapprocher de celui qu’elle pensait perdu à jamais. « Peut-être que tu devrais t’unir à une autre femme finalement. » conclut-elle d’un ton sec avant de se faufiler hors du garde-manger. Elle prit une grande inspiration. Lorsqu’elle était soumise à des situations émotionnelles compliquées, Esperanza savait que les personnes autour d’elle étaient en danger. Sa condition de voleuse d’énergie était quelque chose d’incontrôlable soumise à ses propres pertes de contrôles, qu’elles soient provoquées par la fatigue ou par l’émotion. La proximité avec William avait fait battre son cœur à mille à l’heure. Elle se retint au plan de travail, secouant doucement la tête sans pour autant se retourner pour faire face à l’Anglais. « Tu ne devrais pas t’approcher comme ça. » prévint-elle en espérant que son ex-mari ne joue pas les têtes de mule, chose qui avec lui était loin d’être gagnée.





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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Sam 2 Juin - 18:08


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Être sous le même toit qu'Esperanza, d'autant plus dans une maison qui n'était pas la sienne, était bien plus difficile à supporter pour William, qu'il ne l'aurait cru. Sa présence le perturbait profondément. Il ne reconnaissait plus la femme qu'il avait épousé. Elle avait tant changé et certainement pas pour le meilleur. Tout dans son attitude, ses paroles, jusqu'à ses regards lui faisaient comprendre que trois cents et quelques tristes années avaient passé. Rien n'était plus possible entre eux, le destin les avait séparé il y a bien longtemps de cela. Une idée à laquelle l'anglais s'était fait au fil des années, ayant vécu dans le mensonge jusqu'alors. Cependant, aujourd'hui la donne avait changé. William connaissait la vérité sur sa prétendue trahison. Esperanza l'avait protégé jusqu'à son dernier souffle. Elle avait donné sa propre vie pour lui et de cette souffrance provenait peut-être son aigreur flagrante. Il avait trop exigé d'elle pour que la jeune femme ne se soumette à un sacrifice de plus. Pourtant, elle lui offrait à nouveau son aide sans attendre de retour et ses contradictions constantes dans son attitude déstabilisaient l'ancien Commodore, qui n'en finissait plus de provoquer la jeune femme pour obtenir des réponses à ses interrogations. Finalement, Esperanza se réduit à la confession. Elle avait changé, contre son gré. « Tu...tu as été mordu ? » bafouilla William, en accusant un mouvement de recul. Son cœur s'accéléra malgré lui. Il repensa à sa précédente réaction de panique, lorsque son ami Oswald lui avait fait la même révélation sur sa nature. Il avait été tout aussi effrayé de découvrir une créature inhumaine de plus peuplant cet enfer terrien. Il avait flanché, puis avait prié, avant d'accepter. Au pays des monstres, il en était un aussi. « Alors, j'ai vraiment tout perdu de la femme que j'aimais ? » demanda-t-il à Esperanza dans un soupir las. Peu à peu, les choses commençaient à prendre leur sens dans son esprit. Les interrogations laissaient place aux révélations, douloureuses et inattendues, mais totalement salvatrices. Son amertume s'étiolait. Tous les choix que la jeune femme avait dû faire s'étaient déroulés sous la contrainte. Les anciens amants partageaient un instinct de survie inégalable. Ils avaient choisi de renier ce qu'ils avaient été pour mieux avancer. William l'avait fait la plupart de son existence. Esperanza n'était qu'une imitatrice et comme toujours, les conséquences s'étaient révélées tragiques.

Il sembla recevoir une gifle en pleine face, lorsque la métisse lui conseilla soudainement de s'unir à une autre femme. Le regard qu'il releva vers elle à cet instant était empli de surprise. Cette idée lui faisait mal à l'intérieur de la poitrine. Sans savoir réellement pourquoi, cela lui paraissait tout bonnement impensable. Ses vœux, il ne les avait donné qu'à elle et s'il les avait plusieurs fois regretté, en formuler de nouveaux l'offusquait au plus haut point. « Je n'ai pas peur de toi. Tu n'es pas la première de cette nature que je rencontre, figure-toi... » lui dit-il, en revenant dans la cuisine à sa suite. Il ne voulait pas de sa bénédiction, de sa permission d'aimer une autre femme. Il n'en avait pas eu le besoin d'ailleurs. Ce qu'il voulait, c'est qu'elle reconnaisse ce qu'ils avaient partagé. Qu'elle cesse de renier leur mariage, leur bonheur, leurs années de félicité. De les balayer, de les enfouir au plus profond de son être, comme si tout cela n'avait été qu'une illusion, qu'un moment onirique à oublier telle une erreur de jeunesse. Ils s'étaient aimés. Ils avaient enfanté. Ils ne pouvaient enterrer ses souvenirs de la sorte. Quelque chose devait demeurer en eux, même une simple tendresse d'autrefois. « ...et si tu avais voulu me faire du mal, je pense que tu l'aurais déjà fait » ajouta William en s'approchant doucement du corps courbé de la jeune femme. C'était trop tard pour lui dire de ne pas l'approcher. Il y a quelques semaines de cela, il l'avait tenu dans ses bras et serré contre son cœur. Elle avait posé ses mains sur son corps, sans pour autant aspirer son souffle de vie. Elle s'était simplement laissée aller dans les bras de l'homme qu'elle avait un jour épousé. De même, William s'était laissé faire, sans aucune crainte. Pourquoi son comportement devrait-il changer, alors ? D'un geste, il jeta sur le plan de travail le paquet de gâteaux secs qu'il avait attrapé au passage dans le garde-manger. « Je ne resterai pas longtemps, si c'est ce que tu souhaites. En attendant, aurais-tu du thé ? » lui demanda-t-il d'une voix presque chaleureuse, en venant s'asseoir en face d'elle.


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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Mar 5 Juin - 10:10


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Ce fut pire que tout. William recula, contenant visiblement sa surprise. Esperanza ne s’était pas rendue compte de ses mots. Avant d’avoir été mordue par un être revenu d’outre-tombe, elle avait été la victime d’un sort raté, d’un parasite qui l’avait privée de sa condition de sorcière. C’était en tout cas ce qu’on lui avait dit. Cette période avait été invivable pour l’ancienne pirate. Elle avait été contrainte de recouvrir tous les miroirs de sa demeure, incapable d’affronter le reflet immonde et monstrueux que ces derniers lui renvoyaient. Elle avait dû accepter que le lien entre elle et son métamorphe soit perdu à jamais, accepter que plus jamais elle ne serait la même. Et enfin, lorsqu’elle avait commencé à se faire à cette idée, le destin –visiblement taquin- en décida autrement. Se faire mordre par un corps décharné ne fut qu’une épreuve de plus. Heureusement elle s’en était sortie, d’ailleurs elle ne remercierait jamais assez Itzal d’être resté à son chevet durant son agonie. William ne savait rien de ce qu’elle avait vécu, son mouvement de recul était si prévisible qu’Esperanza ne dit rien. Elle n’avait pas voulu se dévoiler si vite… mais les remarques faussées de William l’avaient poussée à bout, anéantissant toute précaution. « J’ai d’abord été infectée par autre chose, un parasite, un démon. C’est là que notre lien s’est brisé. Et puis c’est arrivé et je suis devenue ce que je suis aujourd’hui… » dit-elle sans la moindre émotion. La question rhétorique qui suivit exaspéra la métisse qui quitta la cagibi à ce moment là. « Tu ne peux pas t’en empêcher William ? Quand est-ce que tu comprendras qu’elle est morte cette femme là ? Et que tu ne la reverras plus jamais ? Tout comme nos enfants. Tu crois que j’ai choisi d’aller traverser les enfers en essayant de survivre comme je pouvais ? Tu crois que j’ai choisi de devenir un monstre ? Je suis désolé my lord, de ne plus correspondre à vos standards. » lança-t-elle pleine d’amertume. Pour sa dernière phrase, Esperanza avait imité l’accent anglais de son ex-mari. Qu’est-ce qu’il pouvait être borné. La jeune femme ne comprenait pas pourquoi il s’obstinait à s’accrocher au passé comme un perdu, comme si sa vie en dépendait. Comme si ces trois siècles ne s’étaient jamais écoulés et que William s’empêchait de vivre depuis.

Toute cette histoire poussa la maîtresse des lieux à inviter William à se trouver une autre femme. Peut-être qu’elle serait capable de ne pas le décevoir. De ne pas changer et de répondre à toutes ses attentes. Esperanza se sentait écrasée par les souvenirs fantômes qui semblaient accrochés aux chevilles de William. Appuyée contre le plan de travail, elle tenta tout d’abord de se calmer. Elle ne voulait pas risquer une perte de contrôle qui aurait des conséquences terribles. La situation était déjà assez dramatique pour qu’une catastrophe de plus se produise.  Finalement après de longues secondes de silence, l’Anglais reprit la parole. Esperanza se tourna face à lui, plutôt septique face à cette annonce. Elle sembla dubitative. Trois siècles plus tôt, elle ne doutait pas que l’ancien Commodore serait allé trouver le prêtre du village pour tenter de la faire exorciser et pourtant, William affirma connaître un  autre être du genre. Malgré son mouvement de recule précédent, il semblait sûr de ce qu’il venait d’affirmer. L’Anglais s’approcha même, surprenant Esperanza qui se décala légèrement par reflex. Elle sentait toujours la colère bouillonner en son fort intérieur bien que cette dernière sembla perdre en intensité. C’était toute la contradiction que lui faisait éprouver William. Parfois ses paroles lui donnaient envie de le gifler, de le secouer dans tous les sens pour qu’il cesse de parler. Mais d’autres fois, il fallait bien avouer que son ex-mari savait trouver les mots justes. Pour l’instant Esperanza restait septique face à toute cette situation. Finalement elle finit par s’éloigner dans un haussement d’épaules las « Si tu continues avec tes remarques accablantes je vais avoir du mal à me retenir. » dit-elle en se dirigeant vers un placard.

La métisse mit de l’eau à bouillir sur le feu et sortit le nécessaire pour préparer du thé. Il y avait des habitudes qui avaient la peau dure, tout comme ces deux là d’ailleurs. Après avoir disposé la tasse, sa cuillère et du sucre devant William, Esperanza retourna s’installer sur l’un des hauts tabourets qui bordait le plan de travail. Un fin panache de fumée s’échappait de la bouilloire posée au dessus du gaz, Esperanza ne serait bientôt plus la seule à bouillir. « C’est aussi pour ça que je ne voulais pas te retrouver. J’ai changé William, je te l’ai dis. Tu t’accroches à un fantôme. Après ce que j’ai vécu je ne serais plus jamais pareil. Tu ne peux pas savoir ce qui se terre en enfer… » finit-elle par dire, la mort dans l’âme. Bien des choses avaient changé, Esperanza n’avait fait que s’adapter.  « Une autre femme t’aiderait peut-être à avancer. Je le pense sincèrement. » insista-t-elle. Bien sûr, imaginer William dans les bras d’une autre était loin de lui faire plaisir, pour autant, Esperanza savait bien qu’elle ne correspondait plus à celle qu’elle avait jadis été, à celle que William avait jadis aimé. Il semblait avoir été parfaitement clair à ce sujet, la voleuse d’énergie l’acceptait après tout, elle était bien consciente d’être devenue un monstre quoiqu’en dise l’Anglais. « Tu pourras rester autant que tu veux mais tu sais les risques que tu prends. » conclut-elle.



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MessageSujet: Re: shut up and drive • (esperanza)   Ven 8 Juin - 16:28


« shut up and drive »

William & Esperanza
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Alors, elle avait bel et bien disparu la femme qu'il avait tant aimé. Celle qu'il avait tant haï n'était plus non plus, ou plutôt n'avait jamais vraiment existé. William était perdu dans cette réalité faite de vérités qu'il n'était pas certain de vouloir accepter. Où devait-il se placer dans ce maillage d'histoires tordues et d’événements tous plus tragiques les uns que les autres ? Les circonstances de leur séparation étaient aussi nébuleuses et vides de sens que celles de leurs retrouvailles. Le destin les avait réuni à nouveau et pourtant leur existence respective n'avait pas plus de sens à présent. Que faire de la haine passée ? Que faire de l'amour oublié ? William se sentait désœuvré, désarmé, désabusé. Retrouver Esperanza ne lui avait guère apporté le salut espéré par son âme meurtrie. Elle était et n'était plus, tout à la fois. Son visage, ses courbes, l'odeur de son corps n'avaient pas changé et pourtant sa simple respiration lui faisait comprendre qu'elle était différente. Derrière son regard pénétrant se cachait un esprit fuyant. De mots et de ricanements, elle se moquait de sa naïveté probablement touchante venant d'un homme à la rancœur aussi tenace, mais pourtant si fragile face à l’ennemie. Comment pouvait-elle encore avoir le pouvoir de lui faire aussi mal, alors qu'il avait conditionné jusqu'au plus profond de ses entrailles pour la mépriser ? L'ancien Commodore ne savait plus si l'amour blessé était bien le sien ou celui qu'il avait ressenti envers elle. Son ego souffrait plus que voulu de l'avoir su avec un autre homme que lui. D'une main, il aurait presque préféré qu'elle ait pris l'or pour s'échapper avec leurs enfants, plutôt que de la savoir ressuscité dans les bras d'un vieillard. De l'autre, il exultait d'admiration en pensant à son soutien manifesté jusqu'à son dernier souffle. Où se trouvait donc la femme digne d'un tel engagement ? Le mari en William se refusait à croire qu'elle avait tourné la page aussi facilement. Même dans la haine, lui n'avait jamais pu l'oublier.

Contre toutes attentes, la jeune femme se mit machinalement à préparer du thé. Entre deux remarques cinglantes et des œillades meurtrières, elle commença à faire bouillir de l'eau pour l'homme qui avait un jour été son mari. Cette attitude rendait William encore plus perplexe qu'il ne l'était déjà. Il les revoyait dans son bureau à Port-Royal, faisait de même avec une facilité déconcertante, tandis qu'il interrogeait la sauvage Esperanza avec ses fers aux poignées. Il se revit à l'heure du souper, dans leur demeure de Guadeloupe, à s'échanger des mots d'amour et d'oiseaux, pour ne pas choquer leurs enfants. Ils étaient passés maîtres dans l'art de se quereller, tout en continuant à vivre. Comme s'ils savaient qu'aucun ne gagnerait la bataille et que celle-ci n'était que partie remise. « Soit. Tu as probablement raison » confessa soudain William, le regard fuyant. La jeune femme avait souvent eu raison sur lui par le passé et surtout de lui. Cependant, pour la première fois de sa vie, la jeune femme se trompait sincèrement – ce qui prouvait peut-être à quel point elle avait changé. Être avec une autre femme ne l'aiderait pas à avancer. Il avait pourtant déjà essayé, mais cela n'avait pas fonctionné. La douce Lucia, aussi charmante et caractérielle soit-elle, n'avait pas réussi à lui faire oublier Esperanza et son obsession pour elle. « J'oublie parfois que trois cent ans ont passé depuis notre dernière rencontre et non simplement cinq » reprit le métamorphe, en joignant ses mains d'un air songeur. Plusieurs époques s'étaient succédé entre leur séparation et leurs retrouvailles. Des siècles, des années, une vie entière pour eux deux. Pour William, il semblait que c'était hier encore qu'il lui avait dit au revoir sur le port de Saint-François. « Je te laisserai en paix, dès que j'aurai trouvé un autre endroit où loger, comme cela tu n'auras plus à souffrir de ma présence » ricana-t-il doucement. Cette remarque lui rappela leur premier interrogatoire. Elle n'avait pas cessé de lui répéter combien sa vue la rebutait. Il s'en était vite amusé. Il en avait joué pour la faire craquer. Avant de comprendre que c'était lui qui était devenu accro à la sienne. « Accorde-moi une semaine, c'est tout ce que je te demande, puis je partirai » lui dit William, d'un ton résigné. Compte tenu des circonstances, ils ne s'étaient jamais vraiment dit adieu. A chaque fois, le destin les en avait empêché. Il était peut-être temps que ceux-ci arrivent enfin. Ainsi, il pourrait peut-être passer à autre chose. « Tu ne me reverras plus » affirma-t-il, tout en étant certain que cela ne se ferait pas aussi facilement.

FIN


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shut up and drive • (esperanza)

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