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 one garden and two serpents, eden never stood a chance (regan)

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: one garden and two serpents, eden never stood a chance (regan)   Sam 28 Avr - 12:00


one garden and two serpents, eden never stood a chance

Ce qu'il restait des vitrines de la rue, toutes lui renvoyaient une image maussade. Alors elle ne les regardait plus, comme elle boudait ces miroirs insolant qui déformaient son visage. Pourtant si doux disaient les autres. Pourtant si frais dans leur regard. Tu es belle, combien de fois l'avait-elle entendu cette tirade ?

Mais les autres, elle se fichait de ces autres et de leurs mots. Ils n'étaient qu'une sombre angoisse pour elle, les autres. Parce qu'elle s'efforçait de badiner pour eux, de laisser vivre ces fossettes qui égayaient ses joues. Belle, si elle l'était vraiment pour leurs yeux, alors le décalage était immense. Et même si parfois elle se disait peut-être, bien souvent, quand tout vacillait, quand la môme perdait pied, elle ne supportait plus de les entendre. Parce qu'ils ne savaient pas, ces autres. Ils ne savaient pas ce qu'elle voyait, ce qu'elle devait constamment supporter. Ils ne le voyaient pas ce reflet, celui qui la pourchassait dans l'insomnie et la dépression. Ils ne la voyaient pas tomber et serrer fort ses mains autour de sa tête, non plus désespérément prier pour que tout s'arrête. Belle, elle n'était pas belle. Ses traits faisaient peine à voir et à l'intérieur tout était noir. Voilà pourquoi tant de traces sur sa peau. Voilà pourquoi ces prunelles hagardes, pourquoi toutes ces bouteilles, ce cendrier rempli et toutes ces larmes la nuit. Voilà pourquoi ce visage bouffi. C'était ce qu'elle était, Maggie. Une dépressive, qui tentait de se soigner à coup de cachets dans la gueule. Mais rien n'avait jamais soigné ses crises de dépression. Pas les médicaments, pas l'alcool, pas plus que la drogue qui diluait constamment son sang.

Le mal, le deuil. La mort, omniprésente. Les regrets, le chaos, ces cercueils. Elle semait le trépas la môme, car trop de choses lui crevaient le coeur. C'était comme si depuis sa mort, tout la ramenait à ça, tout tournait constamment autour de ça. Rikke, elle l'avait empêché de se ôter la vie et depuis cette sombre après-midi de juin, la faucheuse la prenait tantôt comme alliée et d'autres en ennemie.

Ainsi tuer, combien de fois avait-elle tué déjà ? Trois, mais combien par procuration. Et aujourd'hui encore, elle s'en allait faire de l'argent sur l'angoisse. Elle s'en allait donner à ces gens bourrés de rancunes de quoi assouvir leurs maux toujours sans leur dire que ça ne marcherait pas. Qu'elle se dégoûtait pour s'accommoder trop souvent de tout ça. Qu'elle s'écoeurait de voir le mal qu'elle répandait seulement lorsque ça n'allait pas. Mais la déprimée n'était qu'une égoïste qui ne s'intéressait qu'à sa maladie, alors qu'importe s'ils devaient être hantés eux aussi, au moins elle ne frôlerait pas seule les bas-fonds de ce monde. Petite conne nombriliste qui se répétait en boucle qu'elle n'avait pas le choix. Elle l'avait, mais préférait garder son confort de vie au détriment d'une poignée d'autres. Alors elle rentrait dans ce putain de parc en arrêtant d'imaginer ce qu'elle allait devenir, cette arme presque blottie contre son palpitant. Et il se faufilait entre les passants l'automate, jusqu'à mourir subitement une fois à hauteur de l'acquéreur. « Alors c'est toi mon client mystère, Sur ses lippes un sourire, un vrai. C'était étrange, de sentir ses lèvres s'étirer sans obligation. si je m'attendais à ça. » Son coeur battait subitement trop fort dans sa poitrine, tonnait contre la crosse du pistolet qu'elle ne sentait plus. Vision irréelle, comme une lumière au fond d'un sinistre tunnel. Le voile par-dessus ses prunelles s'en allait et elle s'éveillait trop vite, vacillait une seconde avant d'ancrer ses pieds dans la terre. Et réaliser, face à qui elle se tenait.


Dernière édition par Margarethe Hansen le Jeu 17 Mai - 19:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: one garden and two serpents, eden never stood a chance (regan)   Mer 2 Mai - 19:56


Il y a l’hésitation comme un bon vin que l’on déguste. Celle qui glisse, fiévreuse, le long de la trachée pour mieux s’infiltrer dans les autres fibres de l’être. La pensée insolente murmurant que tout ceci est ridicule. Sa seule présence ici est une hérésie. Une aberration pour celui qui rechigne et ne peut s’empêcher de trembler devant l’objet du crime. Armes crachant le feu et la poudre qu’il abhorre de tout son être. Celles qui lui ont brutalement ôté la vie, en traitresses assassines dont sa peau est à jamais marquée. Celle qui lui a volé son épouse. Elle aussi suinte la traîtrise, à croire que l’acte n’est jamais sincère. Toujours souillé par la félonie. Agir le plus rapidement possible pour éviter à l’ennemi toute chance de réplique. Il en a horreur et pourtant il a fini par se dire l’odieux pourquoi pas. Résistant blessé, brisé et fatigué. De trembler lorsque hurlent ses propres cauchemars, un sursaut d’angoisse à chaque bruit qu’il juge suspect. Le corps se remet de ses blessures, difficilement mais il y parvient. L’esprit lui se gangrène et ne parvient pas à dissiper les tourments. Ils restent présents, gravés dans sa mémoire, qu’importent les moyens dont il use pour s’en défaire.

Il n’a vu dans la proposition qu’une échappatoire éphémère. Un moyen d’avancer, de quelques pas hésitants pour mieux reculer. Pas vraiment convaincu de l’utilité de l’entreprise, il a préféré laisser un autre se charger de prendre contact et de régler l’affaire. Argent sale passant d’une main à d’autres, dans l’illégal comme tout ce qui peut se passer dans cette maudite ville. Entre les mailles du filet encore une fois quand la Prohibition semble se resserrer un peu plus chaque jours. Question de temps avant que le pire lui tombe dessus, Regan en est conscient et a déjà commencé à se faire un peu plus discret. Peine perdue, une part de lui s’en doute. Si la justice avariée doit lui tomber dessus, elle le fera et il ne donne pas cher de ce qu’il restera de sa peau à ce moment-là. Se défendre sonne alors comme la meilleure solution qui lui reste. S’il avait été capable de le faire, quelques mois plus tôt, peut-être n’aurait-il pas à souffrir de ces terreurs nouvelles. Nul besoin non plus de s’accrocher à la présence d’un autre supposé néfaste.

Personne ne lui prête attention, à l’homme fatigué qui reste planté là. A l’orée d’une allée, les mains enfoncées dans les poches de sa veste. Les pupilles qui vacillent d’un visage à l’autre pour essayer de se faire une idée, appréhender qui pourrait bien être le porteur de sa sentence de mort. Anarchiste aux mains tachées de sang, pour une bonne cause. Jamais vraiment pour des raisons aussi personnelles que celles qui le poussent à écraser sa phobie. Il n’est pas certain de pouvoir le faire vraiment. Trembler et presser la détente ne vont pas ensembles. Alors qu’il s’enlise dans ses élucubrations aux relents de sang et d’acier brûlé, une voix volète jusqu’à lui. Trop souvent entendue pour ne pas seulement la reconnaître et sentir le vide dans sa poitrine se combler d’une étrange chaleur. Maelstrom de plein de choses, toutes plus différentes et sublimes les unes que les autres. Les émeraudes chatoyantes se posent finalement sur la silhouette arrêtée devant la sienne. Ce visage rayonnant des accents d’un autre temps. L’incongru de la situation a presque quelque chose d’amusant. S’il était question d’estimer les chances qu’ils avaient de se retrouver là, elles seraient bien peu nombreuses. Retrouvailles aux airs d’illégal comme la genèse de leur relation, ces fils souillés qui les lient l’un à l’autre.

« - Maggie. » L’évidente surprise s’imprime dans le timbre, sur l’esquisse de ce sourire qui n’appartient qu’à lui qui vient de se poser sur ses lèvres. « - Je ne pensais pas te revoir… Dans un tel contexte. » Loin de leur monde dépravé, leur bulle de tout et de rien qui les protégeait. Sous le regard du monde, tout semble si différent.

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MessageSujet: Re: one garden and two serpents, eden never stood a chance (regan)   Dim 6 Mai - 16:41

La môme frissonnait maintenant. Elle était mal à l'aise, elle ne savait quoi faire de ses bras, s'il fallait bouger les jambes ou laisser filer une autre phrase. A mille lieues des échanges qu'elle avait l'habitude de faire, d'ailleurs l'espace d'un instant - le temps de se plonger dans les prunelles de l'autre - elle l'oubliait la transaction. Bien loin la mafieuse, là ne se tenait qu'une jeune femme intimidée, qu'une môme désarmée face à l'incongru de la situation. Regan. Elle savait que chaque rencontre représentait un risque, si seulement elle s'attendait à celui-ci.

Peut-être que dans une poignée d'années elles pourraient prêter à rire ces retrouvailles, les faire sourire. Mais seulement eux, puisqu'il ne conviendrait jamais de laisser les murs entendre leurs histoires. Car il n'y avait rien de joli à conter à part peut-être le fond. L'attachement, la douceur des moments ensemble et cette quiétude qu'ils s'offraient jadis sans limite aucune. Ces deux-là étaient heureux ensemble. Ils étaient bien, dans leur bulle. Ils ne pensaient qu'au présent et jamais au futur qui devenait passé maintenant. Mais peut-être qu'ils auraient dû. Ces âmes naïves, elles s'étaient peut-être trompées. Ensorcelées l'une par l'autre dès qu'elles se trouvaient à proximité, il n'avait finalement rien d'enfantin ce jeu, pas plus que cette relation n'avait été teintée de légèreté. Elle le comprenait trop tard la môme, elle le comprenait ce jour-ci, alors que ses iris peinaient toujours à se détacher de lui. « Tu veux t'asseoir ? Qu'elle lâchait, hésitante. Elle voyait ce banc à quelques mètres, le désignait du menton, mais ne tardait à regretter son geste. A moins que tu sois pressé ? Excuse-moi, je ne m'attendais vraiment pas à te voir pour le coup, je suis un peu... Tremblante, bouleversée ? Ailleurs. » Elle perdait la notion de tout. Du temps, de l'instant. De ce qu'elle disait, de ce qu'il était venu faire. Et elle, où était passé l'automate qui s'était faufilé jusque-là en fendant le plus opaque des brouillards ? Elle avait subitement ouvert les yeux, trop violemment, mais elle ne voulait pas voir. Ni l'absurde de la situation, ni ressentir les émotions.

Et tout ça, toute cette situation, elle ne semblait être qu'un mirage. Alors la môme se voyait contaminée par la peur. Celle de s'approcher et de le voir s'éloigner. Celle de s'approcher, et de pouvoir vérifier qu'il était bien là, trop réel. C'est le moment que choisissait l'arme pour faire frissonner sa peau, et la froideur du canon qu'elle percevait au travers du tissu de ses vêtements la forçait à faire un pas de plus vers la réalité. « C'est pour toi ? Mais dès que la première syllabe s'envolait, elle comprenait son erreur. Et elle redevenait débutante. Elle ne savait plus ce qu'il fallait dire ni ce qu'elle devait faire. Elle ne voulait pas continuer cette conversation, mais son coeur était trop ancré dans le moment présent. Nan ne répond pas, ça ne me regarde pas. Trop prévenante, trop cordiale. Où était la kamikaze qui gardait le menton bien haut face aux clients et ce quitte à se prendre des coups de couteau. Si sa patronne la voyait. Si elle-même pouvait se voir. C'est juste que toi avec ça dans les mains, elle haussait les épaules, mais ne pouvait se résoudre à le lâcher des yeux. j'sais pas, je ne pensais pas que c'était ton truc. » Mais qu'est-ce qu'elle savait de lui finalement, de lui en dehors de leur bulle. Ils n'étaient plus les mêmes dans ce parc, et elle ne savait plus vraiment qui être non plus.

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MessageSujet: Re: one garden and two serpents, eden never stood a chance (regan)   Dim 13 Mai - 17:01


Touche et tout s’écroule. Elle semble si délicate, la jeune femme debout devant lui. Trop belle pour se salir dans la saleté qu’elle dessert. Beauté de crépuscule au milieu d’aurores éclatantes, il a appris à se perdre contre la chaleur de sa présence. Un rayon de tendresse dans leurs instants volés, des restes d’une vie passée accrochées aux mèches blondes. Sans-cœur s’étant perdu dans les promesses de rien, une poussière que l’on change en sable pour se persuader qu’un jour, l’océan viendra s’y échouer. Il s’est perdu, Regan, dans les silences et les regards qu’il s’est permis de lui offrir. Trop cassé pour connaître les limites d’un jeu auquel il n’a jamais su joué. Rien de beau sous la surface. Le stupre de leur univers pour souiller le pure d’une relation étrange que peu parviendrait à comprendre. Besoin l’un de l’autre pour se sentir vivant. Exister dans les prunelles d’un autre être à défaut de fixer le vide des siennes. Il l’a aimé, de cette façon tordue qui lui est propre, parce qu’elle était cassée comme lui. Défaite et abandonnée là où personne ne prête attention. Usée et jetée ensuite.

Immobile dans le silence, Regan ne parvient pas à se défaire de la vision s’apposant devant ses yeux. Il effleure du bout des cils la silhouette revenue des limbes. Maggie. L’instant lui semble faux, presque une illusion qu’un autre distillerait dans son esprit pour le faire ployer le genou. La voix est la sienne, fait renaître les fourmillements dans la chair. La tiédeur douce dans la poitrine, celle qui fait s’épanouir le cœur, l’apaise. Elle hésite, bouleversée. Appose dans son attitude, ses silences et ses paroles tout ce qui reste encrassé dans les méandres de l’être du rouquin. Gaucherie partagée révélant aux yeux d’un ciel morne tout ce qui n’avait rien d’innocent entre eux. Et contempler l’œuvre en plein jour la rend hideuse. Trop dysfonctionnelle pour être sublimée. Il aimerait pouvoir se fermer comme il sait si bien le faire, que la trafiquante reste hors de son univers. Ne plus la laisser entrer dans ses tourments et ses affects comme il pouvait le faire, mais les failles agissent pour lui. L’invitent malgré la distance, malgré le malaise.

« - Ne t’excuses pas, je ne m’attendais pas non plus à te voir. » Murmure tout aussi hésitant. « - J’ai tout mon temps. » Qu’est-ce que le temps quand plus rien ne nous appartient ? La main se lève, s’avance pour effleurer un bras, une épaule. Mais elle ne le fait pas, se contente dans le geste d’inviter à se déplacer. Se rapprocher du banc comme s’il s’agissait d’un roc dans le chaos de leur rencontre. S’éloigner des sentiers battus et s’isoler. Pour se convaincre que c’était beau, parfait. Retrouver le souvenir perdu des temps passés, et en refaire un présent juste pour quelques instants.

Pupilles qui s’égarent contre les courbes, là où se devine la présence de l’arme. Celle qui lui tend les bras mais qu’il ne se sent pas prêt à saisir. « - Ca ne l’est pas. Et je doute que ça le soit un jour. Et je ne suis pas certain non plus de réellement pouvoir m’en servir, mais on m’a soufflé que ça pouvait avoir quelque chose de… Rassurant. » Il n’y croit pas, encore moins maintenant qu’il est celui prononçant ces mots. Sa souffrance est trop  ancrée en lui encore pour qu’il se sente vierge de toute angoisse. « - Pour éviter les mauvaises rencontres ou se protéger de pire. » Ou en finir d’une balle contre la tempe. Une détresse infinie s’appose sur ses traits. Une fraction de seconde puis elle est soufflée par un écho de rire dont la légèreté semble elle aussi plombée. « - Tu restes dans l'interdit, mais tout doit être bien différent. Tu vas bien ? » Banale d’une conversation qui ne l’est pas. L’improbable duo arrivé à côté du banc, mais il ne sait pas comment s’y assoir. Plus à l’aise lorsqu’il est question de se mettre à nu que d’affronter ses propres chimères.

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MessageSujet: Re: one garden and two serpents, eden never stood a chance (regan)   Jeu 17 Mai - 13:53

Ah, l'Amérique. Malgré l'apocalypse elle ne laissait ses moeurs périr derrière elle. Même le dernier jour du monde, ils le passeraient à prôner leurs bêtises. Les armes, presque en libre service si tant est qu'une poignée de billets trônait au fond des poches. Savoir cela n'avait rien d'apaisant. Rien. Et tout d'inquiétant même. Alors elle fronçait les sourcils la môme, mais le laissait aller au bout de ses dires. Rassurant. Il ne faisait pas bon ménage avec arme l'adjectif. Le mot n'allait avec rien. Rien de bon du moins. Car porter une arme, c'était torturer son âme à l'infini. Obnubilée par la gâchette, elle ne songeait plus normalement et cessait à jamais d'être une aide au jugement. « Ce n'est pas rassurant. Ce sont les instruments du diable et ils le ramènent à ta porte. » Noir. Tout se teintait de jais lorsqu'une arme trônait quelque part dans les vêtements. Il fallait le savoir. Il faudrait le savoir avant de la ramener au sein de son foyer - qui n'aurait plus rien de rassurant justement, dès lors. Rassurant. Quelle ineptie lorsqu'il s'agissait de ces morceaux de ferraille. Elle ne pouvait pas croire qu'il le pensait aussi. Non, impossible. Il n'était pas convainquant. « Les mauvaises rencontres se font dans tous les cas. La nuance c'est que sans tu te sentiras peut-être sans défense oui, mais avec tu penseras en faire à tous les coins de rues. » Lui revenait en tête une conversation, qui datait de quelques semaines avant ce jour. Si le bien n'attirait pas forcément le bien, l'adage contraire lui, se vérifiait chaque fois. « Et avant même de la sortir il faut se préparer à tirer. Les gens n'ont plus peur, Regan. Les méchants étaient vraiment méchants maintenant, salivaient à l'idée de saigner et faire saigner. Et les autres, les petites frappes, elles ne méritaient pas de se faire pointer. Le monde a changé. » Nul besoin de ne faire plus que titiller le mal pour qu'il foudroie au centuple maintenant. Il était présent, constamment et partout. Il n'attendait qu'un semblant de signal pour frapper. Et porter une arme, c'était appeler directement le diable et ses fidèles démons. Et c'était s'engager à tuer, sinon elle ne servait à rien. Elle n'était rien d'autre qu'une cible au milieu du front de ceux qui n'osaient s'en servir.

Mais elle ne devrait pas juger, la môme. Elle devrait saisir l'arme dans le revers de sa veste et la lui tendre, mais elle ne faisait que l'inviter à s'asseoir près d'elle alors qu'ils se tenaient, interdits, trop longtemps debout devant ce banc. « Plutôt bien je crois, oui. Autant que faire se peut. Sa main venait bousculer l'ordre de ses cheveux, et ses prunelles perçaient l'horizon. Rien. Rien d'autre qu'eux, et tous ces gens. Mais seulement eux. Qui peut se venter d'aller très bien ces temps-ci. Toi, peut-être ? C'est tout le mal que je te souhaite, mais je doute que ce soit ta réponse puisque nous nous retrouvons ainsi. » Les lippes se mouvaient, pleines d'empathie. Elles offraient cette chaleur octroyée maintes fois jadis. Les mimiques revenaient donc plus facilement qu'elles n'auraient dû. Et il suffisait de se perdre dans la contemplation des traits de l'autre, et le corps, autonome, agissait en conséquence. Si elle ne savait que faire, les habitudes étaient tenaces et l'instinct prenait si bien le relais.

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