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 Fate is on its way (.Myles)

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Fate is on its way (.Myles)   Sam 28 Avr - 15:35



❝ fate is on its way
Be aware now mind your steps. We are uninvited guests. They may find and catch us. Don't forget everything's at highest stake. Come take a look, but don't forget. It isn't real. It isn't true. An illusion. Nothing more. You're part of the game. You're slave to the grind. You're cursed. You're damned. By now you understand. You've crossed the line. You've reached the end.

Relents de poudre et hurlements dans les tympans. Coupures sur les doigts en témoins des heures passées à les torturer au contact de fils acérés. Senteur âcre de fumée et relents de sang dans les narines. Les illusions d’un autre monde, d’un autre temps. Elles l’assaillent maintenant qu’il est seul, prisonnier du grand-air. A chaque pas, chaque battement de cœur, son présent et son passé se cherchent et s’entremêlent. Mélange doux amer laissant une sensation étrange dans sa poitrine. Dans toute sa carcasse engourdie d’être restée trop longtemps repliée. Le français a encore accrochées à sa rétine, les images scandaleuses crachées par le poste de télévision. Dans ce salon qui n’est pas le sien, cette maison qui n’est pas la sienne mais qui le devient. En solitaire pour assister au massacre, il a eu peur pour cet autre qui partage son monde. De voir une éventuelle déviance mal assumée crever l’écran, et faire s’effondrer un peu plus une existence déjà fracassée. Le débauché a ensuite craint pour son propre compte. Panique d’un instant de se voir en acteur de sa propre déchéance. Mais rien. Seulement des inconnus qui se suivent et se ressemblent à ses yeux. Punition juste, ils le savaient et non rien fait pour l’empêcher. Celui qui mène l’opposition a montré sa valeur et pendant quelques pauvres jours, le résistant en a été convaincu. Prompt à abandonner sa solitude pour rejoindre des rangs jusqu’à lors jugé trop fragiles.

Il a cru mourir quand à nouveau les écrans se sont emballés. Pas seul cette fois, avec d’autres pour contempler de nouvelles chutes. Une en particulier, celle qui lui a détruit la rétine et arraché le cœur. Fait germer la peur dans son ventre jusqu'au point de le rendre inutile. Il tremble depuis, redoute le pire et se retrouve à espérer L’apercevoir à chaque fois qu’il s’aventure au-dehors. Son cerveau comme figé sur une unique pensée, surhumains efforts pour maintenir le navire branlant de sa vie à flot. La résistance bafouée et trahie a besoin de ses talents, Regan abdique et s’exécute. Joue de ses doigts pour enfanter un nouvel écrin de barbarie explosive. Réduire à feu et à sang dans un nuage de cendres le cœur corrompu du monde. Attaquer pour faire sortir l’apostat de sa retraite et pousser le masque à tomber. Trahison qui ne surprend pas vraiment celui qui a vu souffrir toute une nation par les idéaux de quelques fous. Le mensonge est le propre de l’homme, qui aurait-été assez fou pour croire qu’un être suffisamment lâche pour ne pas se montrer tiendrait parole ? Lui, fatigué d’être seul, sans fil pour se raccrocher lorsque la chute menace. Il l’admire, ce visage figé. Le déteste pour mettre en danger un être qu’il chérit bien plus que sa propre existence.

Ses pas l’ont mené sur des sentiers escarpés, éloignés de son chemin initial. Lorsqu’une énième coupure a changé son espace de travail en océan écarlate, Regan a bandonné l’idée de faire quelque chose de constructif de cette maudite journée. Mains tremblantes d’appréhension, du mal qui frappe celui en manque. L’alcoolique en pleine descente qui se laisse ronger par ses tourments. Il a erré près des hautes tours du Gouvernement. Ravalant sa haine et ses envies suicidaires, ses délires de destruction. Il a lorgné chaque visage, chaque silhouette. Mais rien. Comme s’il n’avait jamais existé, ou juste évaporé. Disparu, encore une fois. Mort dans l’âme, le français s’est alors vu contraint de rejoindre son antre pour noyer sa peine dans les ambres d’un alcool prohibé. L’avantage de vivre avec un serviteur de la tyrannie qui triche allégrement, il ne jurera pas. Se laissera peut-être même entraîner dans les flots d’une addiction qu’ils partagent. Esquisse d’un sourire fragile sur les lèvres, il disparaît aussitôt lorsque les mâchoires se serrent à nouveau. Les yeux rivés sur le trottoir pour ne pas voir, s’enliser dans son carcan de solitude, il accélère machinalement le pas, redoutant de croiser un de ces voisins qu’il exècre de tout son être.

Alors que la distance se fait poussière et qu’il pose déjà un pied sur la pelouse trônant devant la maison, Regan lève la tête. Comme contraint d’agir sous la volonté d’une force invisible, le regard qui erre et se pose alors sur la silhouette diablement familière. Tous les questionnements qui devraient jaillir dans son esprit restent muets. Il se moque bien de savoir comment Il a su où le trouver. Comment Il est arrivé ici. Son cadet est bien là, à quelques mètres de lui. De l’autre côté de la route divisant le quartier. Sur le trottoir menant à cette maison qu’il a abandonné depuis des mois. S’élève alors le vent de la lutte entre le cœur et la raison. Cette querelle insolente qui l’enlise dans son immobilisme assassin. L’ignorer et rentrer. Il y pense, une fraction de seconde. Et s’insurge, hurle sur sa propre bêtise. Il a de l’hésitation dans le geste, dans le premier pas qui se fait, le pied qui se pose fébrilement sur la chaussée. Traverser la rue revient à franchir le seuil de leurs deux mondes séparés de la plus violente façon qui soit. Regan sait, qu’il est indésirable et inexistant pour son cadet. Il est pourtant incapable de rester à distance, d’empêcher cet instinct étrange qui le dévore depuis qu’il a pris conscience de son rôle d’aîné. Seulement s’assurer que tout va bien, et Le laisser. Dans la poche de sa veste, les doigts se resserrent contre les clés. Les siennes. Celles qu’il garde, par habitude, en se disant qu’un jour peut-être, il finira par y revenir. Dans cette maison du bonheur partagé avec Rose. Dans cette maison du malheur qui l’effraie encore et peuple ses rares heures de sommeil de cauchemars et de violence.

Cœur battant à tout rompre dans la poitrine, il dépasse la façade vide. Ralentit l’allure lorsque la distance se fait chagrine entre eux. Puis s’arrête, s’abîme les pupilles contre la vision qui s’offre à lui. Et il tend le bras, en un geste maintes fois exécuté, ses doigts se posent avec douceur sur l’épaule fraternelle. « - Myles, tout va bien ? » Une simple pression contre la chair, aussi légère que ses mots et le contact se défait. Myles, il abhorre ce nom. Pour cette distance qu’il appose entre eux comme s’ils étaient véritablement devenus étrangers l’un pour l’autre.


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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Lun 30 Avr - 23:25



❝ fate is on its way
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”Non.”

Et que pouvait-il dire de plus, ombre d'un homme, trou béant plutôt que coeur? De longs moments, il avait attendu Emile, de longs moments il avait espéré un peu, juste un peu. Ce n'était pas Emile, c'était Regan, alors même que Etienne-qui-était-aussi-Myles ne savait ce qui le différenciait de son frère.
Peu importe ce que l'on espérait ou non, il ne restait toujours que la déception.
Fatigué, Myles en portait les stigmates sur son visage : le teint pâle, les traits tirés. Ses cheveux en revanche, ainsi que le début de barbe qui lui mangeait les joues, tout cela gardait un roux flamboyant, comme brûlant du feu qui consumait le reste du jeune homme.
Comme si en lui, il ne pouvait rester plus que cela de vivant....

C'était dur, rester debout, ne pas flancher, c'était dur mais ça changeait pas de d'habitude. Devant lui, Regan semblait fatigué, épuisé, peu-être bien que Myles comprenait.
Ils erraient sous la même lune, sous le même soleil, les deux frères, et ni l'un ni l'autre ne goûtait de repos. Oui, cela était logique alors, presque assez pour en pleurer, seulement Myles n'avait plus assez de larmes pour cela.
A peine le temps d'une main sur son épaule, à peine le temps pour lui de se rappeler ce qu'est un contact fraternel, chaleureux, que déjà, ça n'existe plus. Alors Myles ne peut pas se souvenir, c'est tout, c'est comme ça et c'est tout, oui...

”Ca ne sert jamais à rien, tout ce qu'on fait, tout ce qu'on choisit. Parfois, notre seul droit c'est de souffrir, je ne connais rien d'autre, je ne sais rien faire d'autre et quand je choisis de ne plus avoir mal alors je fais de mauvaises actions...”

Comme boire pour ne plus sentir ses jambes, les muscles douloureux qui n'avaient pas été fait pour le porter, pour marcher, qui le faisaient quand même pourtant, depuis la magie de son frère. Quelque chose s'était brisé chez le jeune homme. Une fois de plus, une voix de trop, il avait le regard droit bien sûr, les yeux rouges aussi, des larmes avaient coulé, des larmes couleraient encore, et après?
Il venait comme un soldat perdant une bataille qui accepte enfin de se rendre à l'ennemi. Il venait en vaincu, plus bas que terre jusqu'à son frère, mais n'espérait rien pourtant, n'y parvenait pas.
Des brûlures dans sa gorge, le fantôme d'un mauvais goût, l'ombre de Darkness Falls aussi....

'J'ai besoin de mon frère, je suis fatigué, Emile, beaucoup trop....”

Un aveu, les choses auraient été plus simple avec la main sur son épaule, mais la main n'y était plus. Alors il abandonna, simplement, les armes à terre, le coeur aussi, et l'âme lointaine. Il ouvrit ses bras, enlaça son aîné, maladroit, désespéré. De la même manière qu'enfant il réclamait une affection féroce quand bien même Emile tentait de lui échapper....

”Il m'a envoyé un message, Hide, je devais obéir.... c'était comme avant, tu te rappelles? Les pavés et la boue, la foule comme un monstre vivant qui grandit, qui grandit, et nos idéaux qu'on porte sans savoir que ce sont des mensonges... J'ai joué mon rôle, ça faisait MAL, Emile, ça faisait tellement mal... mes jambes, le reste, c'était beaucoup trop de choses à faire trop vite, mais ça Hide devait s'en foutre. S'il savait mon secret il devait aussi savoir pour mes jambes, non? Il a tout révélé, Emile, il a tout dit.... Sauf pourquoi je devais vivre avec ce secret. C'est inhumain... c'est quelqu'un comme ça que tu as envie de suivre, dis moi? “

Il tremblait, Myles, Etienne, vaincu et sans force aucune. Il n'avait pas mangé depuis un moment, cela se voyait, cela se sentait, dévoré par sa propre amertume, par l'incompréhension aussi, les sanctions tombées contre lui, trop de choses, toujours trop de choses....

”Oh seigneur....”

Pour la première fois depuis longtemps, Myles pleura dans les bras de son frère.

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Lun 7 Mai - 19:48


Les paroles l’abîment. L’aveu brise les deniers morceaux de lui qui tentaient de survivre et les éclats s’accrochent à ses traits. A la tristesse dans ses pupilles, ce souffle qui se coupe sous l’effet de la surprise lorsque les bras s’écartent pour mieux venir l’emprisonner. Son cœur s’affole, le corps tremble sous la force d’un soulagement qui le terrasse. Il ne bouge pas pourtant, incapable de le faire par peur de voir son frère disparaître. Et réaliser que tout ceci n’est qu’un odieux fantasme, le mirage de sa détresse et de sa solitude. Maladresse et désespoir, un nœud dans sa gorge pour ce qu’ils lui renvoient. Ces années passées, perdues. Ce temps dément où il n’était qu’ignorance et rejet. Les mots continuent, l’ancrent à la réalité et les tremblements de son cadet se répercutent contre sa propre chair. Il n’a jamais été un frère exemplaire, à peine présent dans son rôle d’aîné. Il a tout fait pour essayer de Le protéger. Son unique rôle dans sa piteuse vie, veiller sur Etienne et Rose, pour mieux échouer en fin de compte. Regan pensait avoir suffisamment souffert, s’être enfermé dans un carcan de vide. C’est certainement cette prison pour ses sentiments qui rend l’instant encore plus douloureux. Les pleurs de son cadet sont un supplice pour lui. L’oblige à battre des cils pour ravaler sa propre peine et le sel de ses larmes.

Alors il agit. Sort de son immobilisme et agrippe le corps fragile en retour. De toutes ses forces, pour Le soutenir, étouffer ses craintes et ses tourments dans l’étau de ses bras. Devenir le réceptacle de Ses douleurs pour qu’enfin il puisse vivre comme il le mériterait. « - Je ne suis jamais partit Etienne… » Murmure contre les mèches de feu, il y glisse ses doigts et s’y accroche avec une tendresse bienveillante. Il n’est jamais partit, mais n’a jamais été vraiment présent. Fautif et bourreau. « - Mon seul droit, tu vois, est d’échouer à chaque fois qu’il est nécessaire de te protéger. » Et il s’en veut, avec toute la fureur qui se rue dans son sang. Renforce son étreinte le temps de mieux s’y perdre, se laisser enivrer par la proximité retrouvée. Pour finalement se résoudre à le lâcher sans pour autant trouver le courage de s’éloigner. « Ne restons pas là. » D’une main sur l’épaule, l’aîné enjoint son cadet à le suivre. Son cœur bat à tout rompre lorsqu’il monte les marches du perron, glisse la clé dans la serrure et ouvre la porte. Peur de voir ses cauchemars lui sauter à la gorge une fois la demeure à nouveau ouverte. Rien ne vient, juste le silence et l’odeur familière régnant dans la bâtisse. Parfum de Rose et relents de renfermé, le palpitant qui se serre, et Regan referme la porte une fois son frère à l’intérieur.

« - Il semblait être quelqu’un de juste, quelqu’un digne de confiance. J’étais prêt à le suivre,  maintenant je ne sais plus. » Il avoue dans un murmure tout en se laissant tomber avec lassitude dans le sofa installé dans la pièce jouxtant l’entrée. Souvenirs et peur au ventre, aller plus loin lui semble une épreuve insurmontable.  « - Il devait le savoir mais il a choisi de l’ignorer pour tester la volonté de tous. Il a craché sur ta vie, comme beaucoup l’ont fait et continueront de le faire. Comme il crachera sur tous les autres pour un peu qu'ils n'iront pas dans son sens. » Son regard durcit par les paroles se perd contre le plancher. Ces nuages lourds de poussière qui s’y amoncèlent dans les coins. Ce chez lui qui ne l’est plus vraiment, il se sent presque étranger dans sa propre demeure, et ce constat fait s’enrouler les doigts d’une peine douloureuse autour de sa gorge.

« - Il sait aussi que tu n’es pas le seul à avoir un tel secret, ce n’est qu’une question de temps avant que les vices de tous ne soient révélés. Gratuitement ou non, il n’y aura d’absolution pour personne… » Un ricanement lui échappe, glisse sur les lippes l’ombre d’un sourire morne. Il n’y en a jamais. Qu’importe l’époque, les instances en place. Les vices sont ancrés en l’homme comme le plus indispensable des organes.

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Jeu 10 Mai - 17:37



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”Non.”

Cruellement vulnérable, il semblait à Myles attendre qu'une autre baïonnette le déchire. Mais la douleur ne vint pas, seulement les bras de son frère...
Des bras qui pouvaient le porter, l'avaient déjà fait. Elle était là leur dernière étreinte, dans le souvenir du sang et de la poussière, dans la douleur qui tuait et n'apaisait pas, jamais. Dans le souvenir d'Emile, qu'Etienne ne savait plus appeler avec tout ce sang pour l'étouffer....
Avait-il su prononcer le nom de son frère une dernière fois, était-ce cela qui lui brûlait la gorge et le coeur depuis?
Il voulait oublier ou il craignait oublier, peut-être les deux. Et Regan était là, oui, il ne mentait pas. Il était là, à sa manière, Myles l'avait sentit, l'avait accepté. Il fallait au moins cela pour qu'il baisse sa garde, pleure enfin.
Les larmes sur son visage, l'étreinte de son frère.
De son grand frère.
Et rien n'était plus comme avant: le pays, leurs vies, tout.... Quelque chose s'était perdu, ne reviendrait jamais quand pourtant Myles espérait encore.
Espérait quoi?
Regan l'invita à entrer, il le suivit donc, ne regarda pas les murs, ne regarda pas la maison. Certaines invitations ne s'étendaient pas aussi loin.

”A chaque époque son Robespierre, hein?”

Lui aussi avait manipulé, trahi,lui aussi s'était posé au dessus de tout dans sa perfection, avant Hide, tellement avant. Et le sourire de Myles était triste, car il avait aimé Robespierre, voyant en lui comme un père divin, quelqu'un qu'il fallait suivre plus que tout. Dans un livre d'Histoire, il avait lu sa chute, se demanda si Regan l'avait vécu sans pour autant poser sa question.
Regan, affalé dans le canapé, et cela était étrange car la position était miroir à celle que Myles adoptait en rentrant dans son propre logement. Il bougeait comme son frère, comprit-il, lui que personne à part Emile n'avait appris à marcher.
Pourquoi apprendre à un handicapé, hein?
Il frissonna, debout. Les mots de Regan étaient la continuation de son étreinte aussi, une triste amertume et un coeur battant sur ce qu'ils vivaient tous, sur chacune de leurs souffrances, et pourquoi en avaient-ils tant, hein?

”Je me vengerai, Emile. De lui... Ce n'est pas ce que tu m'as appris en tant qu'aîné, mais il a été le crachat de trop et peut-être que j'ai besoin de cette noirceur, de la laisser un instant prendre tou de moi pour enfin rebondir et revoir la lumière?”
Tout en parlant, Myles s'était agenouillé, un poids tellement énorme l'écrasait.... Il baissa la tête, le front contre le bord du canapé, près, si près de la main de Regan. Il baissa la tête, ferma les yeux, et Myles attendit.
La bénédiction de son frère.
Espéra.

”Et je te vengerai aussi, car j'ai peur pour tes secrets....”
Il ne mentait pas, Ce que Regan était n'appartenait qu'à lui, mais il existait des choses bien plus troubles en ce monde.
Et Regan était quelque chose quand Myles, rien du tout, ça aussi le cadet le comprenait. Il fallait protéger ce qui existait....

”Alors si tu as la moindre information à me donner, fais le je t'en prie. Je ne resterai plus les bras croisés...Je ne regrette aucun de mes choix car chacun était de moi, et ne me justifierai pas plus devant cet homme. Mais je veux voir son visage, chacune des imperfections de son âme aussi, et lui cracher dessus ainsi qu'il l'a fait de main, ainsi qu'il le fera pour d'autres aussi.... J'avais peur en venant ici, Emile, je n'ai plus peur maintenant. Donne-moi ta bénédiction, mon frère, car je ne peux cependant rien faire sans elle....”

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Lun 14 Mai - 19:57


Son sourire est le reflet de celui de son cadet. Empli d’une chaleur triste. Des bris de verre teintés de sang toujours là, accrochés entre eux. Regan, trop fautif dans ses échecs pour faire preuve de ce naturel qui était sien du temps où Paris les couvait des yeux. « - Il semblerait. Lui aussi se réincarne et prend le risque de perdre encore une fois la tête. » Il était là ce prétendu grand homme le jour de sa mort. Le français a appris la sienne dans les pages d’un livre. Un pincement au cœur en lisant les mots, à se faire le témoin de ce qui a bien pu arriver à sa patrie. Tant de pertes pour si peu de choses, c’est là ce que son esprit abîmé n’a de cesse de se répéter. Incapable de voir la beauté dans les horreurs qu’il a connu. Les mots du cadet l’arrachent du fil décousu de ses pensées noires. Oblige le regard à se poser sur la silhouette qui s’agenouille près de lui. Dans cette odieuse illusion de ce rapport de force qui a forgé le début de leur existence.

« - Je mutile tant des choses que j’ai pu t’apprendre ou te montrer. Ma vengeance me dévore depuis tellement longtemps maintenant que parfois elle me semble inutile. » Il le souffle avec douceur, un tressaillement dans la voix. Celui de la douleur et de la peine. D’une peur sourde qui s’enroule autour de sa gorge et comprime ses entrailles. Le fantôme d’erreurs déjà commise revient se glisser entre eux. Dans cette promesse que Myles vient de proférer, cette expectative silencieuse qui offre tout le pouvoir à l’aîné. Il n’en veut pas, le réfute et le refuse. Pas encore. Dans un soupir fragile, Regan se laisse glisser à bas du sofa. Ce geste qu’il a tant de fois exécuté dans leur vie passée pour faire pleurer leur différence de taille et ne plus se tenir sur ses jambes quand son propre frère en était alors incapable. « - C’est le feu de la haine qui consomme tes mots, Etienne. Nous ne sommes pas des créatures de lumière toi et moi, nous ne l’avons jamais été. » Délicatement, ses doigts viennent se poser contre le menton du rouquin, l’oblige à relever la tête pour que les nuances d’émeraudes communes se retrouvent. La dernière fois qu’ils s’étaient tenus aussi proches l’un de l’autre, il s’en souvient encore et ne peut réprimer les frissons qui le dévorent. La dernière fois que leurs regards se sont accrochés l’un à l’autre, il n’a lu que de la douleur et de la détresse dans celui de son frère. Juste avant que les pupilles ne se voilent. Abandonné pour contempler son plus bel échec.

« - J’ai vu mourir Rose. Je t’ai vu mourir, dans mes bras sans pouvoir te sauver. Je refuse encore une fois de t’envoyer à l’abattoir par la faute de mes mots ou de mes convictions. » Fermeté dans un timbre pourtant fracassé. Des éclats de verre dans la trachée, respirer lui est un supplice. « - Mes secrets sont miens, je suis le seul à en supporter le poids, et à devoir les protéger. Tu me détesterais plus encore si tu les connaissais... » Un sourire fébrile sur les lippes, tristesse d’un instant dans l’esquisse. Les doigts abandonnent le menton et viennent se poser sur la jambe fragilisée du cadet. « - Je ne peux t’offrir ma bénédiction, seulement te dire que tu ne seras pas seul dans ton entreprise si telle est ta volonté. Te perdre une nouvelle fois, je ne le supporterais pas Etienne, tu es tout ce qui me reste. » La véhémence de son cadet le touche, imprime sa marque dans les remous de sa propre fougue. Emile aurait sauté sur l’occasion, pris ce besoin de sang et de justice pour une déclaration, un nouveau souffle qui les pousserait en avant, tous les deux. Regan, lui, est bien trop prisonnier de ses craintes et ses doutes pour s’engager sur cette voie. Pas avec Myles. Il ne peut se résoudre à le voir agir seul, prendre des risques insensés et que ses oreilles captent le récit de la mise à mort d’un rouquin trop téméraire.

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Jeu 17 Mai - 15:34



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Quelque chose en lui hurlait, grondait, et son coeur portait toutes les révoltes et imperfections du monde. Il ne tremblait pas, Myles, peu importe l'incendie qu'il portait, qui le consumait.
Que Regan ne partageait pas.
Un instant, un simple instant, la souffrance se perdit sur son visage. Car ce frère à qui il avait demandé sa bénédiction pour exister et se défendre, lui, tout ce qu'il avait un jour été et pourrait être à nouveau, la lui refusait.
Son chemin était donc celui de l'apostat, il y avait de la douleur, il y avait de la souffrance. Quant à l'amour, celui d'un frère pour un autre, encore une fois ce lien portait l'échec.
Il trembla, juste un frisson, et son visage redevint neutre, pareil à celui d'une statue. Il y en avait eu plein au Louvre, avait-il lu, Myles regrettait de n'avoir jamais pu les voir. Les photos des livres, ça ne lui suffisait pas...
Statue de chair à l'instar des marbres qu'il aurait voulu contempler, quelque chose de patricien se sculptait sur ses traits alors. L'appel de la lutte et du combat, l'appel de l'honneur surtout, ces choses que l'on pensait réservé à la noblesse la plus pure.
Elles ne l'étaient pas.

”Tu es égoïste, Emile... Comment peux-tu être mon frère si tu ne peux tenir tes responsabilités d'aîné? Sans ta bénédiction, je ne peux rien faire, car je suis ton cadet. Ce sont les règles d'un tout autre siècle peut être, mais elles sont également le souvenir de nos vies, de notre patrie.... Libre à toi de te battre à mes côtés ou non, mais je ne compte pas mourir. J'ai cependant des comptes à rendre pour me sentir à nouveau humain....”

Il secoua la tête, cassant alors le peu de noblesse qu'il avait porté pour ne plus être qu'un jeune homme étrange, comme à son habitude. L'étreinte de Regan ne signifiait plus rien à présent....

”Je connais déjà un de tes secrets, je peux en déduire d'autres. Parfois tu deviens une femme, cela est ton choix. Est-ce que cela veut dire quelque chose quant à ton rapport aux hommes? Je ne sais pas, je sais que tu as été marié un jour, que ta femme représentait toute la beauté du monde et tout l'amour aussi, divin ou non, et que ta femme est morte. Je continue de la pleurer moi aussi, elle comptait pour moi également. Des amours de ce type, je ne sais où l'on peut en trouver, mais on peut en posséder plusieurs dans une vie. Leurs visages changent pour que nous puissions continuer à aimer, sinon ce ne seraient que des fantômes.... Si tu choisis d'avoir honte de tes secrets, alors je plains ta faiblesse.”

Orgueilleux, Myles l'avait toujours été à sa manière, fou et désespéré aussi. Il ne parvenait toujours à comprendre toute la douleur du monde, avait trop de haine et trop de fougue pour cela.

”Je ne compte pas mourir.... Quand bien même, peu de personnes pleureraient le salaud que je suis. J'ai besoin d'exister cependant, et toi aussi. Il n'y a plus de Bastille, il n'y a plus de barricades.... Mais faire face à un homme, on le peut encore. Un homme, pas une armée, c'est cela mon but. “

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Mer 23 Mai - 20:36


L’injustice dans les mots du cadet, il se sent faillir. Détruit par ce nouveau rejet qui s’inscrit dans les silences de ces déclarations lui coupant le souffle. Violent malaise dans la chair, Regan se redresse malgré lui comme pour se protéger de la détresse et de la fougue ravageuses de son frère. Ils se ressemblent, affreusement. Dans cet entêtement qui est le leur dès qu’une cause leur semble juste. Dans les entrailles de cette déraison qui n’a de sens que pour eux. « - Je le suis, certainement… » Il le murmure avec un l’ombre d’un sourire triste. Oui, il est égoïste. L’a toujours été, depuis l’origine de son existence. En faisant entrer Rose dans sa vie et sa maison, et en la gardant secrète, juste pour lui. A se sentir soulager lorsque les pas du monstre violant son innocence résonnaient dans sa chambre plutôt que dans celle de son cadet. Egoïste jusque dans les abus qu’il préférait subir lui, plutôt que de voir une âme déjà bien plus tourmentée que la sienne souffrir encore. Etienne qui ne l’a jamais su, à s’en douter peut-être, il n’en sait rien et ne veut pas savoir.

« - Tu n’aurais pas eu besoin de mon assentiment pour agir si nos routes ne s’étaient pas croisées à nouveau. Ces règles se sont dressées entre nous parce que tu as toujours été enchaîné à cette sensation de m’être inférieur, d’avoir besoin de moi pour exister. As-tu vraiment envie de te souvenir de cette vie qui fut la nôtre ? De toutes ces douleurs qu’elle nous a apportées ? » L’offense s’inscrit dans son timbre, vibrant de vie, des échos lointains de sa douleur se changeant en colère alors qu’elle afflue à la surface. Et il juge, le petit frère. Dans son orgueil et le ton qu’il utilise. C’est ainsi qu’il le perçoit, et tout son corps se raidit malgré lui. Sa main s’enlève de sur la jambe de Myles, brûlée par cette distance qu’il peut percevoir dans la pupille fraternelle. « - Elles sont belles tes paroles mon frère. Ce ne sont pas des faiblesses mais des blessures qui me détruisent. Différentes des tiennes, et pourtant semblables. Tu ne peux pas comprendre, tu n’as jamais voulu le faire. A te morfondre quand mère t’a laissé de côté alors que tu aurais pu te battre. » La bile se déverse, flot insatiable dépassant sa pensée mais Regan ne peut rien faire pour l’arrêter. Lancé sur une pente affreusement glissante, le français se relève brusquement et toise son cadet de toute sa hauteur. Et ça lui fait mal, d’imposer ce nouveau rapport de force, poignarde son cœur d’un millier de lames ardentes.

« - Plus de Bastille, ni barricades ? Tu es devenu aveugle ma parole. Ce n’est plus Paris mais ça y ressemble. Ce n’est plus un Roi qui nous fait souffrir mais c’est tout comme. Bon sang, il ne s’agit pas que d’un homme, et tu le sais. Lui, ou un autre, ce n’est que la surface. Pour l’atteindre, il faudra à nouveau en franchir, des barricades et des amoncèlements de cadavres. » Faire la morale quand l’attitude est similaire. Lui le suicidaire. L’apostat. L’abîmé qui ne se range dans aucune case parce qu’il est né entre deux univers supposés bien départagés. Il en soupire, expire la tension rongeant ses membres dans quelque chose qui se rapproche d’un feulement. Rage au ventre, compressions douloureuses dans la poitrine, il s’en veut de s’être laissé emporter de la sorte. « - Pardonne moi Etienne, je ne voulais pas… » Peut-être ne le voulait-il pas, peut-être le voulait-il vraiment, il ne parvient pas à se décider. Paupières lourdes, elles se referment un instant puis s’ouvrent pour que son regard se repose contre celui de son frère. « - Tu ne comptais pas mourir non plus ce jour-là. Ces mots, je les ai déjà entendus et ils étaient porteurs de mensonge. Ma bénédiction serait une condamnation, et tu le sais. Je suis égoïste, mais tu l’es aussi dans ce que tu me demandes aujourd’hui. »

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Mer 30 Mai - 14:57



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C'était trop facile, l'accuser de ne pas s'être battu. Trop simple, trop caricatural, et ça faisait mal au coeur, qu'on en possède un ou non.
Que devait faire Myles, se justifier, avait-il seulement les mots pour cela? Seigneur, il ne pouvait même pas raconter ce qu'avait été son statut aux premières années de sa vie, simplement parce qu'il n'avait rien connu d'autres.
Du mieux qu'il avait pu, le garçonnet s'était battu, d'abord en essayant de parler et réfléchir ainsi qu'on l'attendait d'une personne capable de marcher sur deux jambes quand les croyances de l'époque voulaient que les difformités physiques soient aussi le signe d'un esprit animal, idiot. Pour cela, Etienne n'avait eu aucune autre aide que la sienne propre... Et les règles étaient claires pour quelqu'un comme lui hélas: savoir parler peut-être, mais simplement pour inspirer une pitié toute chrétienne.
Une pitié qui, il l'apprendrait, n'existait pas réellement.
L'enfant aurait voulu des mots pour discourir, lui, charmer les femmes, faire de la poésie, avoir un choix. Un choix, il n'en avait pas, il devait juste attendre, espérer peut-être pour peu que cela ne soit pas trop fort. Espérer qu'on ne perde pas patience avec lui, qu'on ne le vende pas à un cirque quelconque ou n'importe qui voulant faire usage d'une personne dans sa condition.
Il ne s'était pas morfondu, Etienne, il s'était battu, faisant tous les efforts que son pauvre corps pouvait supporter pour que l'intellect s'éveille et s'envole, qu'on puisse le considérer du coin de l'oeil et accepter, même du bout des lèvres, de lui donner une humanité lui appartenant pourtant de droit.
Et comment l'expliquer?
Quand leur mère s'était détournée de lui, Etienne y avait vu le spectre d'une mort possible, probable, s'il ne trouvait pas une autre protection pour pallier ce que ses jambes ne pouvaient lui donner.
Etait-ce cela, se morfondre? Et parce que quelque chose de profondément naïf et enfantin continuait de vivre en lui, le jeune homme se questionna.
Il n'avait pas de réponse, juste une douleur qui le définissait depuis toujours.

”Bien sûr que si, Emile, tu voulais dire tout ça. Très bien....”

Pouvait-on vivre sans affection? Myles tâchait de s'en convaincre, trop épuisé pour se battre. Encore une question d'efforts, de trop d'efforts, pourtant il continuait quand même. Il avait déjà trop donné, trop sacrifié, mais ce “trop”, ce n'était jamais assez.
Ca ne le serait jamais.
Qu'importe....

Où étaient les rêves qu'il portait parfois? Car Myles en avait besoin là, maintenant, pour ne pas s'écrouler. Rester debout, rester droit, et que dire de plus à ce frère....ce frère qui ne voulait pas l'être? Oh la solitude encore, et pourquoi s'en plaindre? Myles était autonome maintenant, alors ça ne devait pas faire mal d'être seul, non?
Un gamin toujours dans l'ombre au fond, qui savait pas avoir des amis, qui savait même pas exister.
Il se battait toujours, c'était cela ou mourir, et mourir, Myles ne le voulait jamais plus.
Ce démon, cette chose qu'il portait en lui sans le savoir, une bien étrange condamnation à vrai dire. Il ne pouvait s'en rendre compte mais non, Myles n'était plus humain finalement, alors qu'on le traite comme un paria, cela était normal non?

De nouveau la fatigue lui étira le visage. Il se soutint au mur d'une main, ferma les yeux un peu, juste un peu, refusant de tomber. Cela aussi était un combat sans fin, marcher avec un corps qui n'avait jamais été fait pour cela, peu importe la magie, peu importe les efforts. Il le faisait quand même, et parfois sa démarche état étrange, bizarre.
Parfois on se moquait, pour ne pas dire souvent.
Et ça non plus, ça ne se racontait pas.

”Il ne nous reste plus qu'à nous quitter....”

Regan lui avait arraché le coeur, de cette blessure là on ne pouvait pas survivre, encore moins s'en remettre.

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Jeu 7 Juin - 16:35


Peut-être le voulait-il. Des mots accumulés au fond du cœur qui se crachent dans l’espoir d’alléger la douleur. Faire taire les remords et accabler quelqu’un d’autre de ses propres erreurs. Il n’y a pourtant qu’un profond malaise qui le ronge maintenant que les pensées sont devenues paroles. Maintenant qu’il domine à nouveau, le temps de plusieurs battements de cœur effrénés. Jusqu’à ce que la distance se brise lorsque le cadet se relève à son tour. Et signe dans une simple phrase, la fin de la rencontre. « - Comment peux-tu… » Arrachés de sa trachée, les sourcils se froncent et Regan s’insurge. Serre le poing devant la facilité choisie par son frère. Ce n’est pas comme ça qu’il s’en sortira. A éviter les confrontations, abandonner dès lors que les choses lui échappent. « - Arrête de fuir à la moindre contrariété. De te fermer dès que les choses ne vont pas dans la direction que tu souhaitais. Pourquoi es-tu venu dans ce cas ? Dis-moi Etienne. Si c’est pour me repousser dès l’instant où nos points de vus s’écorchent l’un l’autre ? » Au fond de lui, le français espère entendre que cette présence soudaine dans son univers est la résultante d’une envie. D’un besoin et non d’une nécessité. Que cette douleur qui le terrasse est partagée et qu’il n’est pas le seul à souffrir de l’absence de l’autre.

« - Je n’ai jamais été un frère modèle, mais j’ai fait au mieux pour te protéger, te soutenir quand tout le monde se fichait bien de ce qui aurait pu nous arriver. Tu me condamnes, encore et encore, pour ce qui t’es arrivé ce jour-là. Je ne t’en blâme pas. Seulement, si ta haine à mon égard est si forte, à quoi bon venir me chercher quand ton monde semble s’écrouler ? » Sa voix tremble, piquée d’une tension déroutante. Un amoncèlement de remords, de rage face à l’injustice à laquelle il se heurte une nouvelle. A cette peine assassine qui n’a de cesse de retourner la lame chauffée à blanc dans sa poitrine. Plaie béante sans cesse ré-ouverte, inapte à cicatriser tant que la rancœur perdurera. Premier à se fustiger pour toutes les erreurs qu’il a pu commettre, de son propre chef ou indirectement, si tout était à refaire, la Révolution il la vivrait seul. Ne chercherait pas à entraîner son cadet dans son sillage, le laisserait maître de sa destinée. Une nouvelle chance leur a été offerte et l’aîné refuse de vivre cette vie-là à se déchirer comme ils ont pu le faire. Mémoire vacillante, il ne se souvient plus vraiment des raisons qui les ont poussés à se blesser cruellement avant le drame. Scission douloureuse qui n’a pas eu l’occasion d’être réparée. Peut-être est-il là le problème. Ces silences qui perdurent, le ressentiment accroché aux tripes.

« - Je t’aiderais si cela peut me racheter à tes yeux. » Mais ne compte pas sur moi pour te regarder te tuer sans rien faire. Parce qu’il le connait, suffisamment pour savoir qu’ils se ressemblent. Que le sang s’échauffe et pousse à se ruer face à l’opprobre sans réfléchir. Chevaleresque ridicule et suicidaire. Un soupire lui brise la langue, les paupières se ferment doucement et les doigts fébriles viennent s’y presser comme pour faire disparaître l’instant. Ce moment prenant des airs de déjà-vu, et apposant une nouvelle couche de regrets sur celles tapissant déjà ses entrailles.

« - Mais cesse de me rejeter pour ce qui s’est passé dans cette autre vie et pour nos différences présentes. Tu es tout ce qu’il me reste, ne t’enfuis pas. » La fragilité se devine dans son timbre, dans l’éclat morne du regard qu’il pose sur Myles.

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Lun 11 Juin - 15:12



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Encore une fois, Myles secoua la tête. Au fond de lui, le jeune homme voyait bien plus de peur que de haine,e t si Regan ne savait pourquoi son frère s'en était venu à lui soudain, alors qui était-il pour expliquer?
Par amour, voilà pourquoi, l'amour qui ne se dit pas d'un cadet pour son aîné. Rien de sexuel, l'amour était aussi un sentiment entre frères, un sentiment de respect et d'appartenance. Si leurs chemins s'étaient séparés, Emile et Etienne continuaient d'avoir énormément de choses en commun.
Alors, Myles fuyait-il? Non. Déjà au bar clandestin, il avait accepté de rester aux côtés de Regan sans rien rejeter de son apparence. Aujourd'hui il s'en venait, nu de ses secrets, prêt à se battre pour ceux de son aîné.
Regan avait dit non.
Se rendait-il compte qu'il rejetait tout autant?

”Je t'ai toujours attendu, je suis toujours venu à toi, je me suis toujours accroché à toi, y compris aux dernières secondes. Je me suis accroché tellement fort que j'en ai déchiré le col de ta chemise, et que j'ai eu peur que tu m'en veuilles pour cela, crois tu que j'ai oublié? Je n'oublie rien, grand frère, je n'oublie rien et la seule chose que je rejette, c'est l'apathie.”

Alors oui, Myles qui était beaucoup trop maladroit à aimer, s'autorisait la haine, car celle-ci tout autant que l'amour, savait vous faire retenir jusqu'au moindre petit détail. Ca pour ne pas oublier, pour ne jamais oublier, même à Darkness Falls où les souffrances n'ont pas de noms.
Pouvait-il se débarrasser du manteau de sa haine, le moment venu? Oui, mais nu, Myles n'en était que plus vulnérable.
Le jeune homme ne possédait rien, pas même un coeur à donner, rien si ce n'est un frère. Un frère étrange qu'il ne comprenait pas et ne comprendrait jamais, alors les distances se creusaient, et Regan lui-même ne parvenait pas à comprendre Myles à son tour.
Etait-ce cela que Myles demandait? D'être compris? Finalement, non, le rouquin savait que sa solitude lui était propre, qu'il serait difficile pour un autre de se mettre à sa place.

”Cesse d'avoir peur de moi, tu vivras alors bien mieux le fait que je sois l'une des seules choses qu'il te reste, tu verras.”

Un conseil, non une menace. Que Regan ne craigne plus ce que Myles pouvait penser ou non, car peu importe ses pensées, le plus jeune n'attaquerait jamais son frère.
Il y avait des limites à la folie, à sa folie. Il y avait des limites à la haine aussi, pour peu que cela soit exprimable.
Non, cela ne s'exprimait pas. Toujours épuisé, Myles haussa les épaules.
Il avait faim.

”Tant de choses auraient pu se passer, tant de choses se passeront encore, qu'on les maîtrise ou non. Je sais ce que sont mes haines et mes colères, je sais à quoi elles me servent, moi qui suis plus fragile que d'autres peut-être, mais je sais aussi quand les arrêter avant qu'elles ne me consument. C'est ainsi que je marche et c'est ainsi que je vis....”

Il voulait manger, l'état de l'endroit ne lui laissait pourtant pas à croire que quelque chose pouvant être ingéré, se trouvait ici. Comme un gamin, Myles grimaça.

”Pas d'alcool, pas de nourritures, tout pour l'apathie, Regan, et l'apathie empêche la libre-pensée. Tu vois, je me rappelle de chacune de tes leçons, je les ai fait mienne. Je ne me révolte pas pour des jours meilleurs cependant, je me révolte pour moi, ma propre personne. J'ai décidé que seul cela comptait désormais. Tu fais partie de ma personne, de mes souvenirs et de ce que je suis. Le nom que je porte n'a aucune histoire, aucune vie et je ne le fais pas vivre également au fil des rencontres.... Mon nom n'est pas un rejet de toi, juste un costume de plus...”

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Lun 18 Juin - 19:45


A son tour de secouer la tête, un soupir aux notes de rire nerveux franchissant le seuil de ses lèvres dans une expiration forcée. Leurs erreurs, à l’un comme à l’autre, qui se jettent à tour de rôle pour accabler et blesser. En un éternel recommencement. Il ne sait plus vraiment comment s’y prendre avec son cadet, n’a jamais du savoir comment faire à bien y regarder. « - Comment pouvais-tu seulement craindre que je t’en veuille pour un maudit col de chemise ? C’est absurde enfin… » Regan a peur pourtant, le temps de plusieurs battements de cœur affolés, d’avoir donné ce genre d’image à son frère. Cet être trop froid au point de s’inquiéter d’un veston plutôt que du sang bouillonnant au coin des lèvres fraternelles. Qu’il n’ait eu de cesse de le considérer comme un calculateur prêt à tout pour parvenir à ses fins. Nouvelle blessure sur toutes celles striant déjà sa chair, Regan vacille. Serre le poing, enfonce ses ongles dans sa paume pour que l’éclair de douleur lui traversant la main l’ancre à la réalité. A cet instant éprouvant qui est en train de le faire s’étioler. Si tomber à tes pieds et te supplier de me pardonner pouvait te faire comprendre à quel point je m’en veux, pour tout.

« - C’est mon rôle, d’avoir peur de ce que tu peux penser de moi. Peur de te faillir, de te décevoir, qu’il t’arrive quelque chose et que je ne puisse rien faire pour l’empêcher. Même en le voulant, je n’y arriverais pas. » Mauvaise, ou bonne habitude, ancrée en lui depuis bien trop longtemps pour qu’il ne puisse s’en défaire. Une part de lui est fière de l’homme qu’est devenu le petit infirme. De cette force qu’il sent émaner de lui au fil de ses paroles vibrantes de convictions. L’autre en revanche, craint le pire. Se revoit dans l’éclat de ces pupilles émeraudes, la tension dans les membres semblables à celle qui l’anime lorsque hurle à ses oreilles la voix de la justice. « - Tu devrais donc savoir que la voie sur laquelle tu t’engages, sous le coup de la colère, te consumera avant même que tu ne puisses l’arrêter. Les conséquences sont trop importantes pour se laisser emporter de la sorte. » Prêcheur pécheur, lui qui a la vengeance dans les veines, son esprit ne parvient pas à se montrer rationnel lorsqu’il s’agit de son cadet.

« - Nos noms ne sont que des moyens de mettre derrière nous ce qui a pu se passer. J’y ai cru, au tout début, qu’en laissant Emile dans sa tombe les choses se passeraient autrement. » Soupire de désespoir alourdi de lassitude dans le timbre, le regard s’écrase un instant contre le plancher. Et enfin le corps s’active, se rapproche doucement de celui du frère déchu. « - Ce n’est pas de l’apathie, Myles, seulement de la peur. Et peut-être as-tu raison, peut-être qu’elle entrave mes pensées maintenant qu’elle me consume sans que je ne parvienne à l’arrêter. Je ne vis plus ici, depuis des mois. Cette maison n’est plus qu’un cimetière où s’entremêlent mes joies et les horreurs qui les ont ternies... » Sourire triste sur les lippes, Regan relève les yeux pour les laisser revenir se heurter à ceux de Myles. S’autorise un nouveau contact, une main contre l’épaule, qui la serre comme pour se persuader qu’il est toujours là. Plus fort encore, pour la lâcher et s’accrocher à la nuque avec cette ferveur qui était la leur lorsque le monde semblait se plier à leurs envies et n’être rien de plus que leur terrain de jeu.

« - Je ne peux rien t’offrir pour apaiser la révolte qui te dévore, mais si tu as faim, il nous suffit de traverser à nouveau la route. Celui qui m’héberge ne dira rien et c’est le moins que je puisse faire. » Les doigts se perdent machinalement dans les mèches rousses. Pétris de tendresse, un s’il te plait inscrit dans leur caresse. « - Je suis désolé, pour tout. Pour cette vie, comme pour l’autre. Sincèrement. » Ses excuses sont vaines, il le sait et elles ne parviennent pas à alléger le poids qui pèse dans sa poitrine. Arrache-le cœur et voit qu’il bat encore, pour toi.

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Ven 22 Juin - 19:40


Des rêves de son frère, Myles ne savait rien. Au fond, ils n'en avaient jamais vraiment parler, même avant... Aujourd'hui ils étaient là, face à face, dans une maison fantôme, deux spectres l'un pour l'autre, l'un comme l'autre. La violence qu'il portait au coeur, Myles savait quoi lui chuchoter, comment lui parler.
Un peu.
Aussi étrange que cela puisse paraître, le jeune homme parvenait à vivre en paix avec lui-même. Une paix difficile, précaire, que la révélation de son penchant pour l'alcool menaçait de faire vaciller. Et Myles voulait simplement comprendre pourquoi.
Pourquoi lui?
Il était faible, avait plus de valeurs en homme de réflexion qu'en homme d'action. On l'avait poussé dans l'action pourtant, et le jeune homme ne comptait pas vraiment ce travail d'équipe comme une expérience enrichissante.
On l'avait poussé dans l'action pour mieux le trahir.
Non, pas le trahir, on trahissait des gens avec une importance, pas comme lui.
On l'avait sacrifié.
Un instant, Myles eut l'impression de toucher quelque chose du bout du doigt, mais bien vite la sensation s'effaça. Peut-être reviendrait-elle un jour, peut-être serait-il alors en mesure de comprendre?
Il y avait un équilibre à trouver entre les ombres et l'action, malheureusement l'équilibre avait toujours été une chose sommaire pour Myles, au propre comme au figuré. Se dépasser soi-même mais d'une manière autre que le handicap le lui demandait dans la vie de tous les jours.

Il regarda Regan, ses excuses, avec dans les yeux et dans le corps quelque chose de terriblement félin non pas en raison 'une quelconque grâce, mais par ce qui semblait émaner même du jeune homme. Il tolérait en cet instant qu'on le touche, qu'on lui parle.
Que Regan fasse cela.
Il le tolérait mais restait prêt à combattre malgré tout. Pour Myles, il en serait toujours ainsi, une nature non pas innée mais nécessaire pour quiconque portait une faiblesse apparente. Savoir être dangereux, mais surtout savoir quand être dangereux. De cela, il se vantait parfois.
Pauvre fou....

Avait-il faim alors? Myles se rendit compte qu'il était incapable de le savoir. Trop de choses à porter déjà, trop de choses pour écouter des envies insignifiantes. Pour Myles, toutes semblaient l'être. Regan se raccrochait-il à ce rôle de protecteur capable de le nourrir?
La carrure des deux frères restait proche : une grande silhouette longiligne, une certaine douceur dans les gestes aussi, leur économie parfois. Pour Regan, cela était de la grâce, pour Myles quelque chose de rêveur dans la démarche, à la manière d'un poulain nouveau-né.
Ils devaient peser le même poids également, si Regan avait faim alors cela devait être le cas de Myles aussi, conclut-il.
Mais les remords, ceux de prendre la nourriture de son frère? Un instant, le plus jeune faillit reculer, devenir agressif pour s'enfuir, pour ne pas chercher une réponse adéquate.
Lui condamné à une solitude bien trop étrange....
Et puis il se rappela. Regan -Emile- l'avait élevé après tout, jusqu'à lui inculquer nombre de ses valeurs.
Peut-être Myles était-il un méchant homme, car il ne pouvait se juger lui-même, cependant pour quiconque lui rendait visite, il n'interdisait le contenu de ses placards à personne. Pas même à la voleuse venue lui rendre son livre....

Peut-être avait-il le droit d'accepter?

”Cette vie ci, j'en suis le seul artisan et de cela je suis fier. L'homme, celui qui t'héberge, il te traite bien?”

Une question presque innocente,

”T'as pas peur de me montrer à lui? On sait très bien que je suis le plus beau des deux

Et brusquement, Myles et Etienne faisaient de nouveau une seule et même personne...

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Sam 30 Juin - 15:14


Sous les doigts qui effleurent, touchent, apprennent à connaître à nouveau un corps qu’il a pourtant connu par cœur dans ce fut leur première existence, Regan sent la tension. Celle qui agite le corps et tend les muscles, celle qu’ils partagent, chacun avec raison. A contre cœur, il déloge ses phalanges des mèches écarlates. S’éloigne même d’un pas qui lui semble n’être rien de plus qu’un gouffre revenant engloutir la terre qu’il pensait avoir réussi à remettre sous leurs pieds. Douce illusion, l’aîné sait que le chemin vers le pardon est sans fin. Semé d’embuches et d’illusions. Un sourire triste pourtant irradié de fierté ourle les lèvres. « - C’est une revanche sur celle que tu as subi. » Il le mérite, le petit infirme si souvent oublié, rejeté et malmené. Il espérait parfois, du temps où il n’était qu’un môme à l’esprit gangréné par le dégoût de la différence, que son cadet finirait par s’éteindre. Pour de bon. La délivrance pour ne pas avoir à souffrir des ignominies qui l’attendaient dans l’ombre. Sombre fou alors incapable d’imaginer à quel point il allait en avoir besoin, de ce frère et de cette différence qui l’a certainement rendu bien plus qu’il ne le sera jamais.

L’innocence dans la question fait perler sur les lèvres les notes éphémères d’un rire. Une crispation du corps et du cœur, relâché dans un souffle trahissant la nervosité. Drôle de voir à quel point cette simple question revient voleter à ses oreilles. Comme s’il était la victime, le fragile dans cette étrange histoire. Peut-être l’est-il, une part de lui le sait, mais Regan préfère se borner à se croire à l’abri. Protégé par ce lien étrange qui pend entre lui et le milicien. « - Il a ses travers, j’ai les miens. Parfois ce n’est pas évident, mais je n’ai rien à dire de mauvais le concernant. » Mensonge. Sa raison et ses douleurs préfèrent garder sous silence l’offense. La froide exécution de Rose et l’identité de son assassin. Myles ne le supporterait pas, tournerait sa haine vers une autre âme et le rejetterait plus fort encore. Egoïste, Regan, encore une fois. Comme toujours. Pour le protéger, ce cadet, se convaincre qu’il en a encore besoin, de sa protection. Sans ça, il n’est plus rien, n’a plus sa place dans son monde nouveau. Emile sans Etienne n’existe pas, mais l’inverse semble bien moins sûr. La douleur lui fait serrer les mâchoires, assombrit des nuages de la peine les pupilles du résistant. L’humour surprend, fait vaciller la conscience. Eclat de surprise dans le regard qui se repose sur le rouquin, recraché de leur jeunesse. Des morceaux d’Etienne injectés dans une simple phrase. A lui en bouffer le cœur d’une allégresse fragile.

« - C'est vrai, la génétique n'a pas joué en ma faveur de ce côté là... Je vais prendre le risque, avec un peu de chance, il ne sera pas là. » Une légèreté amusée s’invite dans la réplique, dans le sourire aux airs de nouveauté ancienne revenu parer les lippes. Tactile à nouveau, la main de l’ainé qui s’arrimer à l’épaule du cadet le temps d’une pression tendre pour finalement se mettre en mouvement. Quitter la demeure fantôme et les murmures qui l’habitent à présent et traverser la rue pour ouvrir une nouvelle porte. L’accueil est bien différent cette fois, Flop en émissaire, le roquet monté sur ressort faisant la fête à son maître avant de faire subir le même sort au nouvel arrivant. « - Laisse-le, Flop. Il est intenable, je suis désolé… » En vieillissant, il espérait que l’animal se calmerait, il a parfois l’impression que c’est pire. Le rouquin attrape l’animal par le collier et le tire hors du chemin, referme la porte une fois Myles à l’intérieur. Silence de plomb, le véritable maître des lieux est absent. Tant mieux. Comme un malaise sous la peau du résistant, il a l’impression de faire entrer encore un autre morceau de sa vie dans celle de Rhys, de s’y imposer plus qu’il ne le fait déjà en entraînant son frère jusqu’à la cuisine.
« - Fais comme chez toi. » Souffle-t-il tout en tirant deux verres d’un placard, pour ensuite extirper d’un recoin sombre une bouteille poussiéreuse et déjà bien amochée. Précieux butin qu’il pose sur la table, repoussant une chaise pour s’y assoir sans la moindre élégance, la fatigue pesant sur ses épaules et pousser du pied celle à côté de lui pour inviter son hôte à s’y installer.

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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Mer 4 Juil - 17:31




Il y a un chien, là où vit Regan. Un truc de chair et de poils, langue pendante, langue baveuse, sûrement capable de se coller à vous pour ne donner que de l'affection. Myles n'avait jamais eu d'animaux, lui, peur de ne pas savoir s'en occuper, peur de faire du mal, de ne pas pouvoir donner. Donner quoi? Des choses tendres et des caresses, de la protection aussi. Il ne savait déjà pas se protéger lui-même...
Et puis le chien disparaît, emporté par son frère, la pièce n'en paraît que plus vide, Myles a peur de tomber, de vaciller, comme si quelque chose chez le chien l'avait porté.
Idiotie...
Regan lui tire une chaise, il s'y assoit avec gratitude. La fatigue clignote sur son visage, il essaye de la cacher et puis soudain, pour une seconde à peine, elle réapparaît...
Elle s'efface et le marque, jusqu'à la prochaine fois, comme des lettres sur son front, comme un mot.
Faible.
Une bouteille de posée, deux verres. Myles en perd toute couleur, il sent quelque chose se tordre au fond de lui, ses mains tremblent un peu, mais elles n'agrippent que ses propres doigts cependant.
Inspirer, expirer, ne pas penser, ne pas...
Le secret qui n'en est plus un, la promesse, le chantage, le secret dévoilé.
Il a la gorge sèche, Myles, et les mots bloqués dedans. Qie faire, se mettre en colère? Prier, pleurer?
A côté de lui, Regan ne semble se rendre compte de rien.
Comme un enfant au vœu incohérent, Myles se dit qu'il aimerait bien avec le petit chien avec lui, là, sur ses genoux.  
Un chien simplement heureux qui lui bloquerait assez le corps pour ne pas que le roux fasse de bêtise.
Inspirer, expirer....
”Je...ne bois plus, Emile.”

Il força la flamme dans ses yeux à ne pas s'éteindre, un effort surhumain comme un autre pour ne pas retourner aux ténèbres. Myles comprit que la bataille fut gagnée quand ses mains cessèrent de trembler. Alors seulement, un soupir le secoua comme un cataclysme. Il résisterait, bien sûr qu'il résisterait, qu'importe ce que l'on pensait de lui. Epuisé, il releva la tête, osa sourire un peu à son frère. Son ventre choisit ce moment alors pour grogner, cataclysmique lui aussi. La douleur de la faim était cependant plus rassurante que celle du manque ou, pire, celle de ses jambes.

”Alors, je peux manger ton chien?” Un ton pince sans rire, un humour un peu triste et les épaules pour se tendre comme dans l'attente d'un coup.
Une mèche lui glissa un peu plus sur le visage. Jeune, Myles était beaucoup trop jeune quand il ne pouvait se cacher derrière une apparence guindée.
”Enfin si tu me donnes un verre d'eau, on peut trinquer quand même. Tu vois, je fais tout pour être fort, comme un homme normal.... “

Et que l'homme au masque aille se faire foutre, peu importe ses idéaux à lui. Myles essaya de sourire, timide, désolé que tout ce qu'il puisse faire ne soit jamais assez.
Désolé de beaucoup trop de choses, mais Regan ne semblait pas encore l'avoir viré alors il y avait un espoir, non?


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MessageSujet: Re: Fate is on its way (.Myles)   Mar 10 Juil - 16:55


Il ne réalise pas l’erreur, ne perçoit même pas le corps qui se tend et le malaise qui s’installe. Epuisé par ses nuits d’insomnie, tendu par l’appréhension légère de voir rentrer le propriétaire des lieux. Agacé par le retour de Flop, truffe au sol à tourner autour du nouvel arrivant comme pour s’assurer qu’il ne représente pas une menace mais plus un nouveau jouet à tourmenter. Mots et sursaut, les cils papillonnent et le regard se pose sur le cadet. Bêtement dans les premiers instants, comme s’il ne comprenait pas vraiment. Mémoire fracassée assemblant les morceaux pour lui rappeler l’opprobre. Les images dévoilées, le vice affiché aux yeux de tous. « - Merde… Navré, je pensais que, malgré tout tu… » Bien sûr que non, petite main du gouvernement qui se plie à ses exigences sans broncher pour éviter le pire. Le teint pâle semble retrouver des couleurs, rouge sur les pommettes saillantes d’une honte qui lui broie le cœur. Nouvelle erreur, ses doigts hésitants, presque gauches se saisissent d’un verre et il se lève une nouvelle fois pour aller le remplir. Juste de l’eau, c’est tellement triste. Lui qui a dans les veines un mélange d’alcool et de caféine la plupart du temps.

« - Je doute qu’il soit bon à manger, trop nerveux pour que ce soit tendre. » Souffle-t-il moqueur, jetant un bref regard tendre à l’animal tout en fouillant une nouvelle fois dans les placards de la cuisine. Déniche des morceaux de ration à peu près apte à calmer le vide dévorant le ventre de son frère. Nourriture et verre posés sur la table, le résistant retrouve le confort sommaire de sa chaise. « - Ce n’est pas grand-chose mais tu sais, avec leur rationnement. » S’excuse dans un murmure face au piteux repas qu’il lui offre. Il aurait pu puiser dans les réserves de son colocataire, a plutôt préféré réduire ses rations. L’appétit lui fait défaut, encore un composant d’un mode de vie sain qui semble avoir trouvé plus judicieux de l’abandonner. Sa main se tend, les doigts s’enroulent autour de la bouteille qu’il approche de son verre, arrêtant son geste au moment de se servir. « - Tu permets ? Quitte à vivre dans l’illégal autant le faire jusqu’au bout. » Résistant, putain, terroriste, alcoolique, entre toutes autres choses, déprimant tableau d’une créature des bas-fonds. Il n’attend pas vraiment la réponse, trop soumis à l’appel du corps et de l’addiction. Verre rempli et vidé dans l’instant, la trachée hurle son plaisir, les doigts restent figés autour du contenant.

« - Rose voulait un chien. C’est elle qui l’a pris. Pour combler le vide dans son cœur, j’imagine. » Souffle-t-il pensif, le regard perdu sur la silhouette agitée du roquet. « - Malheureuse, c’est ce qu’elle est devenue à rester à mes côtés. Je doute qu’elle trouverait encore quelque chose à aimer chez celui que je suis devenu aujourd’hui… » Fragile à fleur de peau, la peine se devine dans le coin des lèvres qui s’affaisse, brisé. Elle le détesterait, très certainement, pour la vie qu’il mène. Pour ce penchant qu’il a envers celui qui l’a assassiné. Destruction de l’être qu’il annule dans un reniflement, toute la carcasse tremble et se redresse comme pour chasser le malaise. Et les émeraudes bousillées viennent se poser sur la silhouette face à lui. S’accrochent aux pupilles fraternelles. « - Dis-moi que tu es bien Myles, que cette vie qu’ils t’offrent te convient vraiment. Que ce côté de la barricade que tu as choisi est le meilleur des deux. » Il n’y croira pas, ne peut pas se résoudre à considérer le Gouvernement comme une bonne chose. Mais si son frère le pense et qu’il est sauf, il tentera alors de se bercer de cette illusion. Un temps du moins.

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