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 and the flower was fooled (morienster)

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« Le prodige et le monstre ont les mêmes racines. »

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↳ Opinion Politique : Pro-Gouvernement; il croit en la justice, il croit en la nécessité d'un pouvoir centralisé et totalitaire; il n'a jamais rien connu d'autres et ne conçoit pas qu'autre chose puisse fonctionner
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4 - Niveau -58 en communication verbale - Vue : 0.5 à chaque œil
↳ Playlist : Wolf || Bleeding out || Glitter and Gold || Saltarello || Battle Symphony
↳ Citation : C'est de cela dont j'ai vraiment peur. D'être véritablement un monstre. Je n'ai pas envie d'être un tueur, mais je ne peux pas m'en empêcher.
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MessageSujet: and the flower was fooled (morienster)   Dim 29 Avr - 18:21


 
Violet
Rafael
« and the flower was fooled »


Je me penche sur le bureau, pointe du doigt sans le toucher l’écran qui grésille. Une silhouette, deux silhouettes, autre chose. Et rien de réellement net. Juste des ombres, presque reconnaissables. Je fronce les sourcils. « C’est la rue que je vous ai indiquée, vous êtes sûr ? » Question, sans agressivité. L’informaticienne se crispe, n’ose pas me regarder ; loyauté malmenée. Ses doigts glissent sur le clavier, l’image et les mouvements se recroquevillent dans le temps, pour se déployer une nouvelle fois. Et s’immobiliser. Elle pointe une heure, elle pointe une localisation. « C’est ce que vous m’avez indiqué, monsieur. » J’acquiesce. « Montrez-moi ça à nouveau. » Incapable de m’asseoir, malgré les fauteuils que l’on me propose, je repositionne mes paumes qui se font support. L’image se remet à avancer, les mouvements à se déployer. D’un geste vague, je désigne l’écran. « Pouvez-vous éclaircir le tout ? » Elle hésite, ouvre une nouvelle fenêtre, aligne les chiffres, les lettres et les symboles sans que je ne puisse comprendre ce qu’elle manipule, ce qu’elle renseigne : l’informatique n’a aucun sens à mes yeux et si j’ai appris à ne plus considérer ces boites comme des sources de sorcellerie, je n’en reste pas moins distant. Après une éternité de secondes péniblement consumées, elle finit par me confirmer qu’il faudra quelques heures de traitement pour redonner à l’image malmenée ses contrastes, luminosité, netteté et intégrité originelles. J’acquiesce, me détache finalement du bureau. Recule. « Tenez moi au courant. Faites vite. » Les jours ne se sont que trop égrenés, en semaines même, depuis l’agression de Violet. Les jours ne se sont que trop perdus, tout comme les amitiés, tout comme la confiance, tout comme la loyauté.

-------

Je me penche à nouveau sur le bureau, je pointe à nouveau l’écran qui ne grésille plus. Nette, l’image l’est incontestablement. Lumineuse, contrastée, intègre, les silhouettes qui y évoluent ne sont plus des ombres, en sont plus des inconnues. Violet. Son comportement qui change, brutalement, qui perd l’innocence de sa candeur, la douceur de sa gentillesse, qui devient plus raide, incontestablement. Indéniablement. Imperceptiblement. Violet, armée. Violet, violente. Violet, maculée de sang, un corps qui tombe et qui s’effondre. Toute couleur quitte mon visage, mon cœur s’accélère. Et alors sonne le glas : la réalité se fend, une créature s’extrait, se saisit, disparait. Marionnette qui s’effondre, encore. Et la vidéo se poursuit, dans le silence et l’immobilité, dans une silhouette qui finit par se relever, par paniquer, par partir. Et venir chez moi, je le sais. « Je veux revoir la scène. » Ma voix n’est qu’un souffle, coupé. Je me tourne vers le reste de la pièce, vers les autres regards. Autres employés des renseignements, autres gardes du corps. Nouvelle voix soufflée : « Sortez. », ton péremptoire. Et à nouveau, la silhouette de Violet. Qui se raidit, imperceptiblement. « Stop. Peut-on voir de plus près ? » L’image se rapproche de son visage, devient grossière, marquée de ces multiples fragments qui la compose. Elle ne regarde pas la caméra, mais son visage est trop reconnaissable pour que le moindre doute soit encore permis. « Avancez. Image par image » J’ai besoin de voir. J’ai besoin de voir ses traits changer, se déformer, me donner un indice, quelque chose, pour qu’elle ne soit pas… Ses mouvements sont décomposés, elle reste la même. Regard vide, comportement autre, mais la même. « Manipulation ? » Je murmure, sans attendre de réponse de quiconque. La caméra recule, le meurtre se répète. Encore. La créature vient chercher le corps. Encore. Nouvelle pause, nouveau rapprochement. Pas davantage d’informations. Et une hésitation. « Qui donc a vu ces images ? » L’informaticienne se tourne vers moi, surprise. « Uniquement vous, monsieur. » Je m’humecte les lèvres. « Qui peut avoir accès à ces images ? » Elle fronce les sourcils, incertaine, mon regard ne tolère aucun repli. « Tout le service de surveillance, j’imagine ? Peut-être le département des Peacekeeper ? Un certain nombre de personnes, toutes celles pouvant chercher à maintenir l’ordre et à établir une surveillance poussée de… » D’un mouvement de main vif, je la coupe, m’écarte, fais quelques pas avant de me passer une main sur le visage.

Violet est coupable.
Violet a réellement tué cette personne, la preuve est sous mes yeux.
Violet a réellement tué un homme, salement, brutalement, bestialement, encore et encore.

Mais quelque chose nous dépasse, c’est également une certitude. Mener l’enquête risque de la rendre vulnérable à une justice gouvernementale, étouffer l’enquête va à l’encontre de mes convictions, de tout ce qui me pousse à éradiquer l’inhumain. Je reste silencieux, l’informaticienne semble de plus en plus nerveuse. Les secondes et les minutes se perdent, se dispersent. L’absence de Duncan se fait pesante. Asphyxiante. J’ai besoin de conseils. Immédiatement.

« Supprimez-la. Supprimez toutes traces de cet enregistrement. » « Mais… Monsieur ? » « Maintenant. » Je soutiens son regard le temps qu’elle obéisse.

-------

« N’as-tu jamais pensé à quitter le Gouvernement ? » Raide, devant ce qui me semble être un tribunal de regards, je repense à cette question de mon frère. N’as-tu jamais pensé à quitter le Gouvernement ? Non. Je n’y avais jamais pensé, je n’avais jamais effleuré cette possibilité. La loyauté est dans mon essence, l’absolu de mon engagement fait partie intégrante de mon être, la force de mes convictions est ce qui me maintient droit, sûr, et en un seul éclat. Ai-je donc un jour songé à quitter un gouvernement autoritaire et fort ? Pourquoi donc y aurais-je un jour songé ? J’y ai toujours appartenu, mon rôle et mon devoir est d’assurer la cohérence et la solidité d’une humanité, de préserver la survie d’un pouvoir central et son autorité. Mon devoir transcende les limitations de cette civilisation décadente. Transcende même ma propre volonté, mes propres désirs, cet égoïsme qui m’a coûté un ami, qui m’a coûté bien davantage encore. Et pourtant… Raide, devant ce qui semble être un tribunal de regards, j’y songe. Un instant. Leurs yeux sont fixés sur les miens, les miens glissent inexorablement vers cet écran, le même que quelques jours plus tôt. Supprimer les vidéos, c’est la décision que j’ai prise, c’est une décision qui n’a pas abouti. Et on me demande à présent de rendre des comptes. Ce n’est pas la première fois, c’est la première fois que la demande est exigence. Et que je me sens désagréablement mis dans la position du condamné. « Qui est-elle ? » Je détourne le regard. Aimerais laisser le loup s’exprimer, libérer l’animal, les crocs et le sang, la chaleur du carnage, le froid de la mort dispersée. J’inspire. « Une innocente. » Ils ne sont guère convaincus, je suis suffisamment lucide pour contempler le placement de l’échiquier et il est grandement en ma défaveur. « Violet Chloé Forester. Une ergothérapeute, sans casier judiciaire, sans même l’ombre d’une suspicion pesant sur ses épaules. » L’impression de me justifier comme un vulgaire criminel me colle à la peau. On me rétorque que c’est une meurtrière, que toutes les preuves sont étalées sous nos yeux, j’inspire pour contrôler le loup. Et ma colère. « C’est une innocente. » J’articule toutes les syllabes. Posément. Si c’est une innocente, me fait-on remarquer, il n’y a donc aucun problème pour qu’elle se porte volontaire pour une expérience. « Hors de question, Forester est intouchable. » Ah bon ? Ils font semblant de regarder dans un dossier, leur regard se fait plus froid encore lorsqu’il se repose sur moi : personne n’est intouchable. Pas même vous, Morienval. Un pion s’avance, le cavalier franchit les dernières cases. Ma reine est incapable de se libérer. C’est l’heure de quelques sacrifices. « Si elle se prête à vos expériences, ces vidéos disparaîtront ? Son nom disparaîtra ? » Ils se consultent du regard. Oui. « Je veux une assurance. » La douleur enfle dans mon avant-bras. C’est là votre seule assurance, Morienval. « N’as-tu jamais pensé à quitter le Gouvernement ? » Peut-être.

Peut-être, Orfeo.

-------

C’est l’un de ces jours où des dossiers affluent, des demandes d’autorisation et différents rapports s’accumulent et n’attendent de moi qu’un regard, qu’une signature, qu’un accord. C’est l’un de ces jours où l’absence de Duncan se fait pesante, un rappel de ce que j’ai perdu, de ce que j’ai saccagé, de ce que son ego nous a coûté. C’est l’un de ces jours où mes pensées se dispersent, dans une tourmente chaotique. C’est l’un de ces jours où l’influence d’une lune croissante, presque ronde de son apogée, exerce sur mon âme et sur le loup une pression irrépressible ; Et c’est également l’un de ces jours où le temps s’étire et se languit tant des secondes perdues qu’il choisit de traîner en longueur, de savourer chaque instant sans se soucier de ceux qui espèrent bien au contraire le voir accélérer. C’est l’un de ces jours, enfin, où un sombre pressentiment effleure mon esprit, inquiète l’animal. L’un de ces jours où ce sombre pressentiment n’était que les prémices d’autre chose. Le coup de fil manque de me surprendre, je termine la lecture du dossier de surveillance, appose ma griffe en bas de chaque page imprimée avant de prendre l’appel. C’est une informaticienne du service de surveillance, justement, l’une des ingénieurs chargés d’assurer la sécurité de nos données, les murailles informatiques d’un univers que je ne comprends pas, que je ne maîtrise pas, mais qui est devenu indispensable lorsqu’on prend la menace croissante du nouveau leader rebelle en compte. Et ce n’est pas qu’une informaticienne quelconque. Vous m’aviez demandé de supprimer des vidéos. « Et vous ne l’aviez pas fait. » Le silence répond à mon accusation. Lorsqu’elle reprend, sa voix est moins assurée. Elle a gardé l’œil sur la personne de la vidéo, Violet après cela, elle s’est sentie coupable, elle… « Vous êtes certaine ? » Une patiente du nom de Violet Forester a été admise à l’hôpital il y a deux heures, elle est formelle. Mes mains se font tremblement. La colère afflue. Et un remerciement se perd, je me lève. Lentement. Très lentement. Avant de hurler. Bestial. Mon bras balaye la surface du bureau, feuilles, dossier, écran d’ordinateur, clavier, stylo, broutilles volent dans la pièce, dans un fracas tout d’abord, dans le silence de feuilles tombantes ensuite. La porte s’ouvre sur une secrétaire inquiète, je la renvoie d’un geste de la main. Mes paumes s’appuient à nouveau sur le bureau mis à nu, le temps d’étouffer ces tremblements croissants, le temps de reprendre le contrôle de ma colère, le temps, également, de fermer les yeux et de respirer. Je ramasse mon téléphone portable, sors de la pièce. « Vous rangerez les documents » Mon regard sévère étouffe toute protestation. « Annulez tous mes rendez-vous, je ne suis pas disponible. » Je quitte l’étage, le bâtiment d’un pas que je veux maîtrisé, mais qui se fait de plus en plus pressant, précipité au fur et à mesure que je me rapproche de l’hôpital. Dans une poignée de mots crachés d’une voix pâle, j’envoie l’un des deux gardes du corps assignés à ma protection dégager mon passage et me trouver toutes les informations nécessaires, une autre poignée de mots intime au second de s’assurer que je ne sois pas dérangé, et le charge également de me faire un compte-rendu exhaustif de ce que qu’il s’est passé. Mes pas résonnent bien vite dans les couloirs.

Trouvent sans tarder une porte, me laissent presque essoufflé. Nerveux. Tremblant. Tremblant de culpabilité. La poignée se plie à mon désir, ouvre la porte. Je m’attends à la trouver alitée. Endormie. Je m’attends à la trouver blessée. Ficelée à ces outils bruyants, comme Orfeo quelques semaines – seraient-ce déjà des mois ? – plus tôt. Je la trouve tout au contraire debout. « Violet ? Comment… est-ce que tu vas bien ? J’ai appris… je suis venu aussi vite que possible. »
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MessageSujet: Re: and the flower was fooled (morienster)   Mer 2 Mai - 8:52

And the flower was fooled
Rafael&Violet
Un éclair blanc, aveuglant, éblouissant. Un voile de néant qui perça les pupilles océan puis ce fut la chute. Brutale. Le corps frêle de Violet ne répondit plus, sa poitrine cessa tout mouvement. L’inconscience fit s’arrêter tout signe de vie. Les regards se firent inquiets puis les corps s’agitèrent. Ils étaient allés trop loin, pourtant ce n’était pas faute de les avoir prévenus. Après quelques vaines tentatives pour réanimer la jeune femme, la décision fut prise de la conduire en urgence à l’hôpital. Il fallut trouver un faux prétexte pour ne pas éveiller les soupçons, pour qu’ils ne soient pas pointés du doigt. La jeune femme avait vu venir sa chute, lente et pourtant inévitable. Elle avait deviné à l’instant même où on l’avait emmenée que tout ceci finirait mal. Elle n’avait pu voir d’autres issues. Depuis que le drame était arrivé, et malgré tout le soutien dont Rafael avait fait preuve, Violet s’était sentie sombrer dans l’incertitude. Sa vie n’était devenue qu’un point d’interrogation géant. Elle n’avait eu de cesse de se remettre en question. De se demander pourquoi ? Pourquoi elle ? Le fait de ne se rappeler de rien avait été l’une des choses les plus dures à encaisser. Jusqu’à ce qu’on vienne, jusqu’à ce qu’ils arrivent.

Arrachée à son hôpital, Violet n’avait aperçu que des pièces toutes plus étranges les unes que les autres. On l’avait martelée de questions, harcelée, oppressée. Puis il y avait eu ces tests à n’en plus finir. Il y en avait eu d’autres comme elle. Alors la jeune femme avait fini par comprendre. Malgré les multiples produits injectés, sa mémoire avait continué de lui faire défaut, agaçant ses bourreaux à chaque fois qu’ils se heurtaient au mur qui obstruait ses souvenirs. Les doses s’étaient faites plus fortes, laissant derrières elles des nausées infectes qui tordaient le ventre de la jeune femme. Très vite Violet s’était sentie épuisée. Elle se demandait comment des hommes pouvaient traiter leurs semblables comme ça, comme des monstres, des bêtes de laboratoire. Elle avait fini par les maudire, ces hommes et ces femmes sous leur blouse blanche. Peu à peu ses espoirs de sortir de cet enfer s’étaient évanouis. Elle comprit que s’il ne l’avait pas encore sortie de là, c’était que Rafael n’y pouvait rien. Peut-être que ces expériences lui avait évité bien pire. Jusqu’au jour où tout bascula, la faisant sombrer dans les abysses qu’était l’inconscience. Jusqu’à ce qu’on lui injecte la dose de trop, celle qui fit lâcher son corps et sa conscience. La jeune femme avait littéralement disjoncté et son cerveau avec.

Lorsqu’elle reprit connaissance, Violet ne put apercevoir que des visages derrières des masques verts d’eau. On lui parlait mais les voix qu’elle parvint à percevoir lui parurent toutes lointaines, incompréhensibles, comme si tout ceci n’était qu’un vague écho. Elle cligna des paupières, s’éveilla assez de temps pour qu’on lui fasse inspirer un gaz infâme puis elle replongea. On l’a laissa finalement branchée à des machines. Son rythme cardiaque ponctuant l’électrocardiogramme placé à côté de son lit. Lorsqu’elle ouvrit de nouveau les yeux, la jeune femme fut prise d’une affreuse migraine. Tout son corps était douloureux, ses muscles étaient meurtris pourtant elle parvint à poser sa main droite sur son front brûlant. Son regard tomba sur une infirmière qui lui adressa un sourire rassuré. « Ah Violet tu es réveillée, tu nous as fait tellement peur. » murmura l’employée comme si elle craignait qu’on la surprenne. La blonde fronça les sourcils, elle n’y comprenait plus rien. « Je ne me souviens de rien, que s’est-il passé ? Dans quel hôpital de New-York sommes-nous ? » demanda la jeune femme encore groggy. Elle vit le visage de l’infirmière se froisser, cette dernière s’approcha pour parler encore plus doucement que précédemment. « C’est de leur faute. Tout ira bien, tu vas vite te remettre. C’est normal que ta mémoire flanche, ils n’y ont pas été de main morte ! » s’exclama-t-elle l’air sombre. Puis elle s’éclipsa rapidement lorsqu’un médecin entra dans la chambre. Violet cligna doucement des paupières et se laissa occulter, redemandant dans quel établissement elle se trouvait. Le médecin lui répéta qu’elle n’était pas à New-York mais à la Nouvelle-Orléans. La Mexicaine blêmit un peu plus lorsqu’il lui annonça qu’on était en 2018. Elle ne sembla pas plus rassurée lorsqu’il affirma pourtant que sa mémoire finirait par lui revenir. Personne ne voulait donc lui dire comment et pourquoi elle s’était retrouvée ici. Violet se sentit défaillir, elle était là, seule dans cette chambre d’hôpital à ne plus savoir qui elle était vraiment. Elle se retrouvait avec un trou de 6 années à combler.

Après quelques temps et malgré qu’on lui ait interdit de se lever, la jeune femme en eut assez. Elle s’extirpa de son lit en grimaçant. Ses pas incertains la menèrent vers la fenêtre de sa chambre. Ce paysage lui sembla totalement nouveau. Elle restait cramponnée à son pied à perfusion. Elle avait l’impression d’être arrivée ici il y a des jours pourtant il ne s’était écoulée que quelques heures à peine. Elle sursauta lorsqu’on entra dans sa chambre. La jeune femme observa le nouvel arrivant avec de grands yeux. Elle sembla gênée lorsqu’elle comprit qu’il semblait la connaître. Un léger sourire s’afficha sur ses lèvres avant qu’elle ne hoche positivement la tête. « Ca va, enfin je crois… » commença-t-elle en haussant les épaules. En vérité elle se sentait totalement perdue et terriblement seule. « Je suis désolée, je vais paraître impolie mais…qui êtes-vous ? Est-ce qu’on se connait ? » demanda-t-elle visiblement confuse. Elle remarqua que l’homme semblait affolé et inquiet. Peut-être étaient-ils amis. Elle s’en voulait terriblement de ne pas pouvoir se souvenir. Elle entreprit de s’approcher de son visiteur. « Le médecin a dit que c’était normal que ma mémoire me fasse défaut, qu’elle finirait par revenir. Dites, vous ne sauriez pas ce qui m’est arrivée par hasard ? » l’interrogea-t-elle pleine d’espoirs. Il était évident que cet homme semblait sincèrement concerné par son état de santé. Peut-être qu’il pourrait l’éclairer sur la situation qui devenait de plus en plus confuse dans l’esprit fragilisé de la Mexicaine qui porta de nouveau une main à son front. C’était terrible comme son crâne lui faisait mal.


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MessageSujet: Re: and the flower was fooled (morienster)   Dim 13 Mai - 23:13


 
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« and the flower was fooled »


Mes doigts se posent sur la poignée, hésitent. Nerveux, je me sens nerveux, comme je ne l’ai jamais été. Paniqué, également. Loin, le loup, loin, le Seigneur… encore une fois, ce n’est que l’homme, ce n’est que l’homme qui s’exprime. Dans cette colère délaissée en chemin, dans cette culpabilité latente, qui enfle petit à petit, dans cette inquiétude, omniprésente. Mes doigts se posent sur la poignée, mais tardent à la tourner, tardent à ouvrir cette porte. Tardent à franchir ce pas supplémentaire. Tardent à… je prends mon inspiration, je suis incapable, présentement, de reprendre un contrôle parfait de mon esprit. D’un mouvement crispé, je cherche du regard la jeune femme qui a tout changé. Celle que j’ai vendue à des expériences pour lui éviter pire encore. D’un mouvement crispé, je ne trouve qu’un lit délaissé, remonte la trace de gestes et de soupirs jusqu’à cette silhouette, debout, aux yeux rivés vers l’extérieur. Par le biais de cette fenêtre. Pendant un bref instant, je vois un tableau se dessiner, des jeux d’ombre et de lumière que je capturerai sans difficulté sur une toile. Pendant un bref instant, je me surprends à respirer, et à songer que, peut-être, tout cela n’est qu’une histoire sans suite, qu’un chancèlement déjà passé, déjà classé, une page déjà tournée sans impact sur les heures et les jours à venir. Pas une chute. Pas autre chose. Pas ce qui scellerait ma décision. Pas ce qui fendillerait mes convictions. Pendant un bref instant, je caresse l’illusion d’une normalité, d’une inquiétude qui se dissipe dans des mots soufflés, étranglés, et quelques pas dans sa direction pour la prendre dans mes bras, protéger comme je le peux les pétales nacrés de son âme. Pendant un bref instant, cet instant de poussière qui précède son regard. Son sourire. La distance dans ses yeux. Mes pas s’interrompent, mes lèvres s’assèchent, mon cœur doute dans ma poitrine qui se soulève avec difficulté. « Ca va, enfin je crois… » Je la fixe sans comprendre ce qu’il ne va pas dans ses propos. Mes nerfs sentent une différence, une différence que le loup hume et ressent également. Une différence qui vibre dans ma poitrine, frissonne sur mon épiderme, comme un danger latent, imperceptible et pourtant bien présent. Je la fixe sans comprendre. Mais je comprends quand elle reprend, alors que ses mots ne sont encore qu’en train d’éclore entre ses lèvres.

« Je suis désolée, je vais paraître impolie mais…qui êtes-vous ? Est-ce qu’on se connait ? » J’ai un pas en arrière, que je ne peux contenir. Elle s’approche, je m’empêche d’ne faire un second. Mais mon regard invite, une nouvelle fois, à la distance. « Le médecin a dit que c’était normal que ma mémoire me fasse défaut, qu’elle finirait par revenir. Dites, vous ne sauriez pas ce qui m’est arrivée par hasard ? » Sa question se heurte à mon silence, naufragée sur les falaises d’un visage qui se ferme lentement. D’un esprit qui se cloisonne pour qu’aucun excès de colère ne vienne tout saccager, libérer l’animal qui hurle son incompréhension, qui cherche le sang et la vengeance, seules réponses valables face à ce qu’elle m’annonce. Un animal que je ne peux décemment libérer ici. Que je n’ai pas le droit de libérer devant elle. A sa question répond un silence. Un poing serré qui s’ouvre peu à peu, et dans lequel je canalise cette maîtrise de moi qui me fait tant défaut depuis plusieurs mois. Des battements de cœur, un regard fixe et retranché derrière une impassibilité morbide. Un silence qui traîne et s’étire, douloureusement. Et enfin, je parviens à trouver le mot juste. Ou le mot le plus juste que je puisse trouver en de telles circonstances. « Nous nous connaissons, oui. » Son vouvoiement me hante, me fascine, s’impose dans une situation qui me déstabilise. Et naturellement, il s’impose à nouveau de mon côté. Comme le vestige d’une relation naissante, des mois plus tôt, et brutalement détruite. Annihilée. Perdue semble-t-il dans les limbes de son esprit. Pas un seul instant la possibilité qu’elle se joue de moi ne traverse mon esprit, pas un seul instant un mensonge pervers ne m’est concevable. « Le médecin, auriez-vous son nom ? » Ma voix se contraint à être douce, une voix que j’emploie lorsque je manipule les faibles d’esprit qui possèdent les informations que je veux leur arracher. Une voix qui invite à la confiance, mais qui cache le tortionnaire et le bourreau. « Vous avez eu un accident. » Une voix qui enferme mes inquiétudes derrière mes pupilles, derrière une crispation et une tension que je ne parviens pas, malgré tous mes efforts, à faire disparaître. Est-ce qu’on se connaît ? Non. De toute évidence, nous ne nous connaissons plus. Même si ma mâchoire contractée veut articuler bien d’autres mots, même si ma posture raide et guindée ne demande qu’à se détendre et à la prendre dans mes bras, sentir sa présence contre moi, son odeur et sa respiration dans ma nuque, même si des excuses s’entrechoquent dans ma cage thoracique, même si la haine menace de tourbillonner et de s’emparer du loup pour le rendre prédominant. Et céder à l’envie d’un carnage. Le médecin, en premier. Les autres ensuite. Un par un. Lentement. Mes lèvres se tordent dans un sourire, j’ai sous les yeux les chairs déchiquetées et les veines ouvertes des responsables, des responsables qui sont, cette fois, suffisamment évidents pour que je n’aie à sacrifier aucun de mes proches.

Mais pas tout de suite.

D’un geste de la main, je désigne le lit. « Vous devriez vous asseoir ou vous allonger. » Vous éloigner. Vous écarter de moi. « Depuis quand êtes-vous réveillée, êtes-vous bien traitée ? » Le carnage ne sera pas pour tout de suite. Ma priorité, dans un premier temps, doit être elle, celle pour laquelle j’ai déjà égorgé une amitié. « N’as-tu jamais pensé à quitter le Gouvernement ? » Je n’y songe pas. Je songe désormais à le réduire en cendre, à répandre le sang et les membres de ceux qui le constituent un peu partout dans les terres arides qui entourent la Nouvelle-Orléans, je songe à couvrir mes babines de leur sang et mes crocs de leurs hurlements. Mais pas tout de suite.

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