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 (Milo) | There was no black staining the walls of my memories

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: (Milo) | There was no black staining the walls of my memories   Lun 30 Avr - 18:35

There was no black staining the walls of my memories

Anastasia & Milo

Gamine, j'étais une véritable pile électrique. Le genre d'enfant qu'on veut bien voir en photo mais qu'on appréhende de devoir gérer tant elle ne tient pas en place. Au grand désespoir de mes parents, j'étais toujours la première à faire des bêtises et à mettre ma vie – et celle des autres, tant qu'à faire – en danger. Pourquoi ? Tout simplement parce que même en ignorant ce que c'était, je recherchais désespérément l'adrénaline inhérente à toute situation périlleuse. C'était mon excitant, ma drogue, le petit plus qui rendait le quotidien un peu morne qu'il ne l'était la plupart du temps.

Ça n'a pas changé. J'aime toujours autant l'excitation de l'attente, la tension du danger et le venin doucereux de l'interdit quand il se glisse dans mes veines. On ne peut pas dire que je sois un exemple de morale exemplaire. Je suis même plutôt l'inverse. Je n'ai jamais défendu la veuve et l'orphelin, j'ai toujours plutôt fait partie du camp de ceux prompt à abréger leurs souffrances. Rien n'a changé, rien ne change jamais vraiment. Mes mains sont maculées de sang et rien ne pourra jamais effacer ça, mon âme est morcelée en un millier de lambeaux qui viennent pudiquement couvrir le cadavre de toutes mes victimes et jamais je ne me suis un seul instant demandé si ce que je faisais était juste ou cruel. Je tue, j'exécute, j'espionne, je fomente, c'est comme ça, point barre. Contrairement aux gens qui me payent pour faire ce que je fais, je n'ai jamais souhaité la mort de personne. À vrai dire, l'existence du reste de l'humanité me laisse de marbre, alors à quoi bon me prendre la tête à souhaiter que machin ou bidule passe sous un train ? Il n'y a bien que Georg que je souhaiterais voir se balancer au bout d'une corde et qui est pourtant inaccessible...

En parlant du loup, j'ai reçu il y a deux jours une petite enveloppe sans nom ni adresse, renfermant un billet sur lequel seul un nom est écrit. Pas besoin d'être devin pour savoir que ça vient de lui, puisqu'il n'a jamais pris la peine de dire bonjour, de parler de la météo et de souhaiter une bonne journée avant de désigner les individus à tuer. Je me souviens de ma réaction, tiens. J'ai ouvert l'enveloppe, lu le nom, ai soupiré et, avec un réflexe affûté par les année, j'ai allumé un briquet et ai fait brûlé le courrier. Ne jamais laisser de traces, voilà ce qu'on m'a appris.

Deux jours, c'est le temps qu'il m'a fallu pour enquêter sur le type, l'espionner, analyser son parcours et le suivre. Je commence à rouiller, c'est ce que va me dire Georg quand il saura que j'ai mis autant de temps mais dans une ville où les rues sont fliquées comme ici, je préfère être prudente. Il est une heure du matin et ça va bientôt faire trois heures que je suis perchée sur un toit, immobile et tapie dans l'ombre, à tel point que je commence à en avoir des crampes. Je jette à nouveau un regard à ma montre, soupire et fixe la porte d'entrée du bar en contrebas. La porte s'ouvre, mes sens sont en alerte, mais c'est un couple qui en sort. Celui que j'attends est seul. En principe. Et il est surtout plus vieux que le gringalet qui vient de refermer la porte derrière lui. J'attends. Encore. Une demi-heure s'écoule et la porte s'ouvre une fois de plus sur un type seul dont la démarche est hésitante. Tiens donc... je croyais que l'alcool était interdit dans cette ville ? C'est du beau, tiens !

Je me penche depuis mon perchoir, plisse les yeux et, aidée par mes sens de métamorphe qui, il faut bien l'avouer, me sauvent régulièrement la mise, j'analyse le physique du type. Il n'a plus rien du petit caïd qu'il était en entrant mais il a tout de l'ivrogne qui boit pour oublier. En revanche, le costume, la barbe de trois jour et la tâche sur la cravate, ça n'a pas changé. Tandis qu'il s'éloigne dans la ruelle d'un pas traînant, je me laisse glisser contre une gouttière et, silencieuse, commence à le suivre. Il chantonne – faux – en marchant, facilitant grandement mes déplacements et, lorsqu'il s'arrête en prenant appui sur le mur, je ne prends pas la peine d'entamer une conversation qui ne mènerait nulle part avec lui.

La lame de mon couteau luit un court instant à la lumière d'un vieux réverbère, ma main vient se plaquer sur sa bouche pour l'empêcher de hurler et, avant même qu'il ne puisse faire le moindre mouvement, la lame glisse et s'enfonce sans sa gorge jusqu'à la jugulaire. On pourrait croire que c'est facile, que ça rentre comme dans du beurre, ce genre de connerie... allez donc ouvrir une trachée sans y mettre un minimum de force et on en reparle ! Aussitôt, je sens un liquide chaud et poisseux couler sur mes doigts et fronce les sourcils. Qu'il soit pris de convulsions, ça c'est normal, qu'il commence à faire un drôle de gargouillis parce qu'il se vide de son sang, pareil. Mais que je me retrouve avec un truc sur les doigts, c'est pas normal. Je retire ma main, fais un bond en arrière et laisse le corps du mourant choir au sol.

« Et putain... », je grogne en levant les yeux au ciel.

Ce n'est pas pour observer la beauté du paysage qu'il s'est arrêté, quelques secondes plus tôt. C'était pour gerber le trop plein d'alcool que ne pouvait gérer son estomac. La merde... je me retrouve avec un mélange non identifiable et non identifié de nourriture à moitié digérée. C'est dégueulasse. Putain de con, je lui foutrais bien un coup de pied inutile dans les côtes si je n'avais pas peur de salir mes pompes, tiens ! Je me penche, essuie mes doigts sur la veste du mort et fouille dans ses poches à la recherche d'un portefeuille ou d'une connerie du genre.

Le bruit d'une semelle sur le pavé humide attire alors mon attention et je me rends compte que ce moment d'égarement a brisé ma concentration. Face à moi se découpe la silhouette d'un type, plongée dans la pénombre. Je resserre la prise sur mon couteau, fais un pas de côté et m'approche du type avant de l'attraper par le col pour le plaquer contre un mur, mon couteau couvert de sang sur la gorge.

« J'te donne dix secondes pour me dire qui t'es, c'que tu fais là et c'que t'as vu. Et t'avise pas de hurler ou j'te fais taire, c'est clair ? »

Un témoin. Bravo Anya. Du beau travail, vraiment ! Quel con, il s'est clairement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment car s'il y a bien une autre chose qu'on m'a toujours apprise, c'est bien à ne jamais laisser de témoin derrière moi.

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MessageSujet: Re: (Milo) | There was no black staining the walls of my memories   Sam 12 Mai - 11:45


There was no black staining the walls of my memories

Il est tard, le soleil est déjà couché. J’erre dans les rue de la Nouvelle-Orléans, ne sachant vraiment que faire. J’ai fini mon service une heure plus tôt et je réfléchis à mes possibilités du moment. Je n’ai pas spécialement envie de rentrer chez moi, j’ai envie de profiter de la soirée, de la fraîcheur de la nuit. Je n’ai pas envie de retrouver quelqu’un car j’ai vu du monde toute la journée. J’ai besoin de recharger mes batteries, seul. J’ai toujours été comme ça, c’est mon petit côté introverti. J’aime bien être avec des gens, je ne dis pas le contraire, j’ai besoin des autres parfois, mais il me faut beaucoup de temps pour récupérer entre deux. Les relations m’épuisent mentalement, à devoir réfléchir que dire, que faire, j’aime être dans ma bulle, seul avec moi-même. Alors ce soir, j’ai envie de me promener. Je pourrais vêtir mes plumes et m’envoler loin de la ville, mais pour une fois, j’ai envie d’être moi-même, pas l’aigle. Je ne veux pas m’oublier, je veux rester au premier rang.

Je piétine donc le bitume, errant au hasard parmi les rues, tournant ça et là. Je reconnais certains endroits, mon cerveau me repassant des souvenirs devant les yeux alors que d’autres rues me sont carrément inconnues. C’est fou comme après tout ce temps, on peut encore ne pas connaître sa ville sur le bout des doigts. Pourtant, le temps apocalyptique nous oblige à rester à l’intérieur des murs, à nous contenter de ce que nous avons ici, nous devrions tous commencer à nous ennuyer de ce que nous possédons, à vouloir plus, ailleurs. Mais ce n’est pas le cas, la ville fonctionne encore comme elle est.

Je soupire un bref instant, prend une ruelle parallèle pour éviter l’entrée d’un bar et le regrette aussitôt. Devant moi se trouve une femme, un couteau à la main avec à ses pieds, un corps inerte. A en juger par sa gorge ensanglantée, je présume qu’il doit être mort.  Alors j’aimerais tourner les talons, fuir avant que l’inconnue me voie, mais c’est trop tard. Elle se retourne, me jauge un court instant et file droit sur moi, son couteau bien en main. Je fais un pas en arrière, mais je n’ai pas le temps de l’éviter. Elle m’attrape le col et l’espace d’un instant, je vois ma vie défiler devant mes yeux.

Violemment propulsé contre le mur sous le poids de la demoiselle, mon dos s’écrase comme une masse et je laisse échapper une grimace. Sa main tient mon col alors que son autre main me glisse son couteau sous la gorge. Putain Milo, tu pouvais pas rester hors des emmerdes pour une fois ? Elle parle, me menace et par réflexe, je lève mes mains en l’air en signe de soumission. « Wow wow wow… J’ai rien vu, j’sais pas qui t’es et ce mec méritait sûrement ce qui lui arrive. J’suis juste au mauvais endroit au mauvais moment comme on dit. » J’ai pas envie de me mêler à ses affaires, ce qu’il s’est passé ici ne me regarde pas, je ne sais pas lequel des deux méritait la vie et franchement, ça m’est égal. J’ai beau sauver des vies à l’hôpital, on est plus dans le même monde qu’autrefois. Aujourd’hui, des mecs se font buter tous les jours, ça fait partie de cette nouvelle évolution. Alors pourquoi celui-là, j’en sais rien mais la jeune femme avait sûrement toutes les raisons du monde de le faire et ce n’est pas à moi de juger ça. Et même si c’était pas le cas, qu’est-ce que ça peut bien me foutre ?

En revanche, c’est moi derrière son couteau à présent et je n’ai pas envie de savoir si elle serait capable de trancher une deuxième gorge immédiatement après la première. « T’as vraiment aucune raison de t’en faire pour ma gueule, c’pas moi qui vais aller balancer les autres. » Mais est-ce qu’elle en a quelque chose à faire ? Pour elle, c’est sûrement plus simple de m’éliminer directement que de me laisser filer et prendre le risque que je parle. Je soupire et lui parle dans un souffle. « Mais pourquoi tu croirais un mec avec un couteau sous la gorge hein ? » Je baisse les yeux quelques secondes avant de les replonger dans ceux de l’inconnue. « Tu veux quoi ? Mon nom ? Mon adresse ? J’te donne ce que tu veux franchement. » Je ne suis pas de ces gens avec un nom important, que le simple fait de le prononcer provoque le respect d’autrui. Non, moi je fais partie de la seconde moitié, celle dont tout le monde se fout, sans importance, des pions neutres. Alors lui donner mon nom ne changerait rien à part un espoir qu’elle me lâche. Pareil pour mon adresse.

Elle ne semble pas vraiment décidée à me lâcher mais puis-je la blâmer ? J’ai l’art de me trouver dans des situations telles que celle-ci, je fais pas exprès. Le karma doit avoir une dent contre moi, c’est pas possible autrement. Alors je tente encore de parler. « T’es clairement pas obligée de faire ça… Vraiment. Et j’le dis pas uniquement parce que c’est moi qui suis en infériorité. » Mais parce qu’une vie, ça reste précieux. J’ai déjà gâché ma première, j’ai pas envie de perdre la deuxième aussi bêtement.


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MessageSujet: Re: (Milo) | There was no black staining the walls of my memories   Mer 16 Mai - 22:21

There was no black staining the walls of my memories

Anastasia & Milo

Je ne sais pas trop ce qui a retenu ma main, quand l'autre con s'est pointé dans la rue. Je ne sais pas non plus pourquoi je continue à le menacer sans pour autant lui planter mon couteau dans la gorge. Le tuer là, maintenant, ça serait plus simple. Au fond, je m'en fous de savoir qui il est, comment il s'appelle, ce qu'il fait dans la vie... j'ai juste une putain de mission à remplir et ça tombe bien, parce qu'elle est accomplie. Il gît au sol, le couillon qui a dû contrarier une fois de trop, il est bien inerte, le cadavre couvert de son propre sang et de la flotte crasseuse de la ruelle mais celui qui me fixe avec ce regard terrifié est pourtant bien vivant, lui. Ça ne m'étonne pas qu'il panique et ses mots me font esquisser un sourire mauvais.

« Tu sais pas c'qui s'est passé et pourtant tu me dis qu'il le méritait ? T'es p'tet en train d'te pisser dessus, mon vieux, mais essayer d'être cohérent si tu veux pas repartir avec une oreille en moins... »

Il a dû le comprendre, je suis un tantinet nerveuse, ce soir, et c'est comme ça depuis qu'Andreï m'a jeté un mur en pleine figure juste après m'avoir tendu des fleurs. La colère ne me quitte plus, la rancœur me bouffe, m'use et la solitude se fait chaque jour plus présente. Est-ce que ce n'est pas pour ça que je n'ai pas encore tué l'idiot qui me supplie du regard ? C'est le premier type à qui je parle depuis deux semaines... c'est pas lui l'idiot, c'est moi. Je suis minable et j'hésite un instant à relâcher ma prise sur sa gorge pour lui rendre sa liberté. Pourtant, je tiens bon, le fixe d'un regard éteint et l'écoute me baver des conneries qui finissent même par me faire rire.

« Ouais, ton nom ça serait pas mal... c'est c'que j't'ai demandé, d'ailleurs. Le reste j'm'en fous, si j'ai besoin de savoir où t'habites, j'trouverai ça comme une grande. »

Elle est logique et naturelle, sa réaction. Il a l'instinct de survie d'un type qui ne veut pas d'ennuis et veut juste s'en sortir vivant. C'est s'il haussait les épaules en montrant qu'il n'en a rien à cirer, que je le prendrais clairement pour un fou et un con ! C'est s'il réagissait comme moi je le ferais à sa place, qu'il serait complètement idiot. Mes yeux rivés dans les siens, je me rends compte que cet inconnu a quelque chose qui brille dans le regard et que je lui envie : la rage de vivre. Il n'a pas envie de crever là, tout seul dans un caniveau, il n'a pas envie qu'une folle furieuse lui tranche la gorge, il a envie de sortir vivant d'ici, d'oublier ce qu'il vient de se passer pour reprendre le cours de son existence. Il a cette lueur dans les yeux qui s'est depuis longtemps éteinte dans les miens et je ne peux que l'envier. Je ne sais pas qui il est ni ce qu'il a pu vivre auparavant, mais il est humain, lui... et je n'arrive pas à faire taire la froide colère qui bouillonne en moi alors qu'il se remet à geindre. Ses mots font exploser la colère, me font perdre mes moyens et lorsque mon poing finit par lâcher son col, c'est pour mieux s'écraser contre le mur, juste à côté de son visage. Ça fait mal, mes os craquent sous l'impact mais je grimace à peine. Elle n'est rien à côté du reste, cette douleur, et si fracture il y a, ça sera ressoudé dans deux minutes. À quoi bon craindre les blessures, hein ?

« Mais qu'est-ce que t'en sais, que j'suis pas obligée d'faire ça, hin ? T'es qui pour me dire ça, du con ? Tu débarques ici et tu t'permets d'juger c'que t'as à peine vu ! Tu crois vraiment que j'avais envie d'le tuer, ce type ? Je sais à peine qui c'est ! »

Pourquoi je m'énerve comme ça ? Pourquoi est-ce que je me sens vidée de mon énergie lorsque je fais trois pas en arrière en titubant ? Ça n'a aucun sens... je n'ai plus rien à défendre, plus d'honneur, plus d'idéaux, même pas un être cher ou une connerie du genre à défendre. Je ne suis même plus assez égoïste pour considérer que ma peau vaut la peine de faire tous ces sacrifices. J'ai simplement obéi sans réfléchir parce que j'ai été conditionnée pour ça, pour être une machine à tuer et rien d'autre. Sans le vouloir, cet inconnu m'a mis face à une réalité que je refuse depuis trop longtemps : je suis paumée et en effet, rien ne me force à faire ce que je fais. Je m'appuie contre le mur, me passe une main dans les cheveux et finis par relever les yeux vers l'autre.

« T'avise pas d'te barrer ou j'te le balance entre les deux omoplates, c'couteau, c'est clair ? »

C'est trop dur de lui demander de rester parce qu'il a le malheur d'être, à cet instant, mon seul remède contre la solitude ? Faut croire... mon pauvre gars, tu aurais mieux fait de ne pas passer par là.

« Tu vas m'dire comme tu t'appelles, alors ? Puis quelle idée t'as de passer par ici à une telle heure ? »

C'est vrai ça... qu'est-ce qu'il fout là au milieu de la nuit ?

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MessageSujet: Re: (Milo) | There was no black staining the walls of my memories   Jeu 17 Mai - 22:34


There was no black staining the walls of my memories

Je déglutis difficilement alors que la poigne de la jeune femme est toujours présente autour de mon cou. Elle n’a pas l’air décidée à me lâcher pour le moment et je me surprends à réfléchir à ce que ça ferait si elle décidait de me trancher la gorge. A qui manquerais-je sérieusement, à par les quelques malheureux qui ont décidé de s’accrocher à moi. Oui j’ai repris goût à la vie, oui je n’ai pas envie de mourir une nouvelle fois, mais dernièrement, je me suis rendu compte que je vivais plus pour les autres que pour moi. J’essaie d’oublier la drogue pour ne décevoir personne, j’essaie de sourire pour ne plus leur faire de peine mais au fond, que fais-je vraiment pour mon propre plaisir ? La vie me manquerait-elle vraiment ?

Un froissement de plumes dans mon crâne me ramène le souvenir du vent dans les ailes, de la vue du soleil couchant en repassant au-dessus des murs et de cette sensation de puissance. Non, je ne vis pas pour moi, je vis pour la liberté. Pour le plaisir de voir que les murailles ne m’arrêtent pas, que leurs pistolets là en bas ne m’atteignent pas, qu’en un coup de bec, leur peau ne me résiste pas. L’aigle m’a apporté la vie et c’est cette vie-là que j’aime. Je vis pour l’aigle.

Elle parle après un sourire mauvais et je ne dis rien sur le coup. A quoi bon lui répondre de toute façon. Je la sens nerveuse et je doute que la contredire la calmerait. Pourtant je finis par parler, pour lui offrir n’importe quoi. Elle attend un instant avant de laisser échapper un léger rire et reprendre la parole. Je déglutis une nouvelle fois, me rendant compte qu’elle m’avait effectivement demandé mon nom et que je ne lui ai même pas donné. Je ne réagis pas au reste, au fait qu’elle me dit qu’elle peut trouver toute seule où j’habite, je ne me méfie pas, parce qu’au fond, je m’en fiche.

Mais ma voix retransperce le silence et je la voix immédiatement bouillir. J’ai dit le mot de trop. Prêt à encaisser ma sentence, j’en viens presque à fermer les yeux lorsque son poing lâche mon col et se lève. Mais au lieu de s’écraser sur mon visage, c’est le mur qu’il vient frapper. Je l’écoute, ne bouge pas, encaisse en silence ce qu’elle tente d’exprimer. Je ne la connais pas effectivement, lui faire la morale ne m’apporterait rien. Elle risquerait en plus de se mettre en colère et définitivement me trancher la gorge. Et qui suis-je pour lui faire la morale sérieusement ? Je n’ai rien d’un saint, les cicatrices au creux de mes bras peuvent en témoigner. J’ai déjà réussi à crever une fois, en quoi aurais-je ne serait-ce qu’une once de droit de lui dire que faire ?

Elle recule et le poids sur mes épaules se libère, sentant la menace rétrécir. Elle est en pleine détresse, je le sens. Ne le sommes-nous pas tous au fond ? On a tous tant perdu. Si ce n’est des pertes dans nos familles, nos amis, nous avons tous perdus un chez-nous, une vraie patrie. Nous vivons dans la peur et la colère depuis si longtemps, le tourbillon du monde s’est inversé et nous vivons tous un cauchemar, certains mieux que d’autres. Alors je la comprends sa détresse et à sa mise en garde, j’en viendrais presque à lui retourner un sourire. Je n’ai bizarrement pas envie de fuir, je ne me sens pas vraiment en danger à ses côtés.

Je reste pourtant sur place, préférant la laisser dans sa bulle un instant. Mais je me permets de répondre à sa première question. « Parce que personne n’est jamais forcé de rien. » C’est tout ce que je lui dis, car je n’ai rien d’autre à ajouter. Je laisse enfin échapper un soupire et me laisse tomber le long du mur en face d’elle, le regard cherchant le sol, mes mains s’entremêlant. Elle m’a redemandé mon nom et la raison de ma présence. Je lève enfin les yeux vers elle. « Milo. J’cherchais à décompresser, j’pense que j’peux dire que c’est raté hein… » Mon regard se rebaisse sur mes mains tout en laissant passer un petit rire face à l’ironie du sort.

Je relève les yeux vers elle après quelques instants. « C’est quoi ton nom à toi ? J’comprendrais que tu veuilles pas m’le dire, vues les circonstances. » Je vois sa main trembler et je me rappelle le coup qu’elle a mis dans le mur. J’ai entendu ses os craquer, ils doivent être cassés. Je tente un geste en sa direction. « J’peux y jeter un oeil si tu veux. J’bosse à l’hôpital »

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MessageSujet: Re: (Milo) | There was no black staining the walls of my memories   Ven 1 Juin - 22:23

There was no black staining the walls of my memories

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Se trouver au mauvais endroit et au mauvais moment est une chose qu'on a tous dû expérimenter au moins une fois dans notre vie. Croiser une personne qu'on aurait préféré oublier, assister à un drame... manquer de se faire tuer. Il ne m'a rien fait, ce type, c'est juste la malchance qui a décidé que ça pouvait être amusant de le placer ici à cet instant. J'ai envie de le frapper, d'effacer à coup de point la peur qui se dessine sur ses traits pour l'empêcher de me fixer ainsi et de faire naître en moi une culpabilité dont je me passerais bien. C'est pour ça, aussi, que j'ai toujours trouvé le meurtre lâche, dans le dos, plus simple. On n'a pas à croiser le regard de la victime, on a pas à entendre ses supplications, on a pas l'écouter pleurer, geindre avec la morve au nez, on a pas à lire la terreur dans ses yeux. Ni à s'imaginer les gens que le type en question peut laisser derrière lui. Là c'est fichu. J'la lis dans ses yeux, la peur ! Elle est là, l'humanité, gravée dans ses iris, dans le brun de ses yeux qui me fixent sans ciller comme pour me supplier de renoncer à ce que j'ai en tête. Fut une époque où je n'aurais pas hésité mais là... y a trop de choses qui se bousculent dans ma tête, trop « d'à quoi bon ? » qui me font hésiter. C'est vrai quoi ? À quoi bon continuer à obéir ? À quoi bon continuer à me battre ? J'ai juste envie de baisser les bras, d'abandonner, de fuir, de laisser tout mon passé derrière moi pour tenter de reconstruire quelque chose qui sera inévitablement bancal. Mais je n'ai plus envie de cette vie. Je ne veux plus être le bras armé d'un fou parce que je ne crois plus en son projet et je ne suis pas certaine d'avoir encore envie de lire une quelconque affection factice dans son regard. J'ai juste envie... en réalité, je ne sais pas ce que je veux. Andreï a tout chamboulé, tout mis à sac dans mon esprit et j'ai l'impression d'être tellement à côté de mes pompes que tout me semble insurmontable.

Ça serait pourtant simple, n'est-ce pas ? Enfoncer le couteau jusqu'à la garde dans la poitrine de cet inconnu, voir la peur se ternir dans ses yeux, son regard s'éteindre et le battement effréné de son cœur s'arrêter... bien sûr que ça serait plus simple ! Plus de questions, plus rien. Au lieu de ça, je le lâche, frappe le mur et me laisse glisser au sol avec la lassitude de celle qui a juste envie de tout envoyer balader. Alors forcément, il me fait marrer avec son discours de merde à base de personne n'est jamais forcé de rien... Je ricane et lui jette un regard las.

« T'es mignon... P'tet que toi, personne ne t'a jamais forcé à quoi que ce soit mais... y a dans c'monde des gens capables d'en contraindre d'autres. Y a des forces contre lequel on ne peut pas lutter. »

Et elle est résignée, lucide et pessimiste, l'Anya qui dit ça. Elle est à des années lumière de celle qui a secoué Andreï en lui disant qu'avec un peu de bonne volonté, on pourrait s'en sortir et se défaire de nos chaînes. Je n'ai plus envie. Le cul vissé sur un sol froid et crasseux, j'ai la main qui tremble et une douleur qui irradie pour me rappeler que j'ai été franchement conne de frapper le mur. Un à un, les os se ressoudent mais ça prend toujours trop de temps à mon goût. L'autre continue, me donne son nom et m'avoue que niveau décompression, on a vu mieux. Je hausse les épaules.

« C'est sûr que si t'espérais passer une soirée tranquille, c'est raté. M'enfin c'est drôle... j'en connais plus d'un qui, malgré la menace, auraient tenté de se barrer... »

Un sourire fini par se dessiner sur mes lèvres. Je dois bien admettre que ça me rassure, qu'il soit toujours là. C'est une compagnie, certes menacée par un couteau, mais une compagnie quand même. Parce qu'on ne peut pas dire que le cadavre à deux mètres de nous soit franchement très bavard. Je le regarde s'asseoir en face de moi, perplexe quant à ce qu'il a l'intention de dire et faire. Je laisse passer un moment avant de lui donner mon nom mais après tout, ça ne peut pas lui apporter grand chose. Surtout s'il n'a pas mon nom complet.

« Anya. »

Je n'ai jamais réussi à me débarrasser de ce foutu accent russe qui ponctue chacun de mes mots et il est particulièrement présent dès lors que j'articule les quelques syllabes qui composent mon prénom. Il n'y a qu'à m'entendre dire bonjour pour savoir que je n'ai rien d'une américaine. Alors nous voici donc, Milo et Anya, deux inconnus paumés dans une rue qui empeste la mort, l'alcool de merde et la crasse, et qui ont décidé que c'était le bon moment pour discuter. Si ça c'est pas du génie... ça pourrait se poursuivre comme ça, dans le calme et la distance induite par l'espace entre les deux murs sur lesquels nous avons pris appui mais il fait alors un geste dans ma direction et, par réflexe, je lève mon poignard dans un mouvement ouvertement menaçant.

« Tu fous quoi, là ? Reste à ta place, tu veux ? »

Mais il veut juste voir mon poignet. Je baisse les yeux vers ma main blessée, où le sang a déjà séché et où la plaie s'est déjà résorbée. Il n'y a que les os qui sont encore en pleine cicatrisation et alors que je tente de bouger les doigts, un gémissement de douleur m'échappe. Au fond, qu'est-ce que ça peut faire s'il regarde ? Je baisse doucement mon arme mon arme et lui tend mon bras blessé avec un regard suspicieux.

« Y a pas grand chose à voir... J'cicatrise plutôt vite. »

Et si jamais il a connaissance des créatures surnaturelles et que ça lui hérisse le poil, il sera toujours temps de lui enfoncer la lame entre les deux yeux. À première vue, j'ai les phalanges de l'index, du majeur et de l'annulaire cassés. Que du bonheur !

« Tu bosses dans quoi, à l'hosto ? T'es plutôt chirurgien ou tu fais l'ménage ? »

Je ne suis vraiment pas sympa ni reconnaissante... faut croire que c'est ma façon de lui dire que ça m'intéresse, de savoir ce qu'il fait à l'hôpital.

« En fait, ça doit même plus t'faire peur de voir des gueules cassés, non ? Vu l'monde dans l'quel on vit... Et pourquoi tu m'aides, en fait ? »

Je le fixe, cherche une once de mensonge, d'agressivité ou de culpabilité sur ses traits mais je ne vois rien d'autre que le visage d'un type qui veut simplement aider une inconnue complètement barj' et démolie par la vie. Pourquoi est-ce qu'il m'aide alors que j'ai tenté de le tuer ? Pourquoi est-ce que ça me semble si surréaliste ? À force de vivre entourée d'opportunistes qui ne font jamais rien sans arrière pensée, faut croire que j'ai fini par perdre foi en l'humanité.

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MessageSujet: Re: (Milo) | There was no black staining the walls of my memories   Ven 8 Juin - 0:48


There was no black staining the walls of my memories

Ma phrase la fait rire et elle retorque immédiatement. C’est à mon tour d’avoir envie de rire face à sa remarque. Elle pense que je ne connais pas la contrainte, que je ne connais pas la lutte ? Elle pense que mon monde est tout rose, plein de paillettes ? On ne m’a peut-être jamais forcé à tuer, mais j’ai quand même été changé en animal, ce qui en soit revient au même. L’aigle aime chasser, il éliminerait d’ailleurs la russe d’un coup de serres. Depuis cette transformation, je suis contraint à subir les changements à chaque pleine lune, je suis parfois aux ordres du rapace. Depuis ce jour, je ne suis plus vraiment moi-même. Mes sens ne sont plus miens, mes réactions sont animales et je me sens parfois m’oublier. Alors qu’elle pense que je ne sais pas ce que c’est me laisse un goût amer. Mais je ne lui réponds pas, à nouveau. A quoi bon. Je ne vais pas jouer les victimes et commencer à chouiner à ses pieds. Je ne sais pas ce qu’elle a vécu, chacun vit sa vie à sa manière, avec plus ou moins de peine. Chacun ses expériences, chacun ses emmerdes. Ce n’est pas parce que l’aigle prend parfois le pouvoir que je n’ai plus de choix pour autant. Je peux prendre le choix de m’entraîner à contrôler son pouvoir, je peux prendre le choix de le laisser de temps en temps prendre le contrôler, apprendre à cohabiter avec lui et ne pas toujours le contrarier, je peux apprendre à ne plus le laisser prendre le dessus lorsque je décide d‘être en avant. Et tout ça, c’est certainement valable pour elle aussi. Personne n’est là en ce moment-même pour lui dire d’appuyer sur la détente, personne ne la regarde de loin. Elle a encore le choix.

Mais elle se calme, me dit qu’elle s’étonne que je sois encore là, que je n’aie pas tenté de me barrer, esquisse même un sourire. Et c’est à mon tour d’hausser les épaules. « Je doute que je respirerais encore si j’avais essayé de partir. Tu m’aurais certainement pas laissé cette chance. Alors j’évite de jouer au con, c’tout. » C’est qu’à force de se foutre incessamment dans la merde, on finit par reconnaître ce qui nous en sortira. Un sourire se dessine à son tour sur mon visage et la demoiselle me confie son prénom. Anya. Même son prénom respire les contrées lointaines. Je doute que ce soit son entièreté, mais j’en suis satisfait. C’est un pas en ma direction, signe qu’elle me fait plus confiance que ce qu’elle s’imagine. Je n’aurais rien à faire avec cette info de toute façon, même si j’en avais l’envie et les moyens, mais c’est tout de même une petite victoire.

Pourtant, cette pseudo confiance semble s’évaporer alors que je fais un geste vers elle pour lui demander si elle aimerait que je jette un œil à sa main. Son poignard se lève, la menace se fait, les paroles m’attaquent. Mais elle semble se rentre compte de son erreur et baisse les yeux vers son poignet avant de finir par le tendre en ma direction. Je m’avance doucement et prudemment vers elle pour m’assoir à ses côtés, tout en réfléchissant à sa phrase. Elle cicatrise plutôt vite. Mais à quel point ? Mon odorat se laisse aller vers son parfum, mélange de tout un tas de choses. Elle ne sent pas l’animal, mais elle ne sent pas l’humain. Fait-elle partie du même règne que le mien ? Ma main attrape doucement la sienne alors qu’elle reprend la parole, chassant mon analyse sensorielle. « J’suis infirmier. Mais avec le bordel que c’est en ce moment, on est tous un peu plus que nos fonctions de base. » Car comme elle le dit, les gueules cassées font partie de notre quotidien, les disparitions, les gens mutilés et tout et n’importe quoi. L’hôpital est plein et le train-train quotidien est devenu une vraie course contre la montre. « On peut dire ça ouais… On voit tellement de tout que des fractures au final, c’est banal. » Je palpe délicatement ses os avant de gentiment lâcher sa main. « T’as bien les os pétés. Mais si tu dis que tu cicatrises vite, tu devrais pas avoir de problème. » Mon regard cherche le sien, cherche un signe de ce qu’elle est, le moindre détail pouvant me donner une information. Mais elle est dure à lire Anya, elle est fermée à triple tours. Alors j’abandonne et finis par répondre à sa dernière question. « Je t’aide parce que c’est mon job, que c’est tout ce qu’on m’a appris toute ma vie. T’as beau m’avoir menacé, j’suis toujours là non ? T’es pas si mauvaise que tu prétends l’être. » Chacun a ses raisons, l’important c’est ce qu’on en fait, à quel niveau on est en accord avec.

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MessageSujet: Re: (Milo) | There was no black staining the walls of my memories   Mar 3 Juil - 23:43

There was no black staining the walls of my memories

Anastasia & Milo

Il est... bizarre. Oui, bizarre. Ce n'est pas qu'il n'a pas peur, mon odorat d'animal me dit qu'il se méfie de moi et me craint, d'une certaine manière. Et c'est normal, je l'ai menacé avec un couteau, je le traiterais d'idiot et d'inconscient si ça ne lui faisait rien. Non, ce qui le rend bizarre, c'est que... cette peur, il arrive à la canaliser pour rester calme et me parler avec un détachement certain. Faut bien l'avouer : ça m'étonne suffisamment pour me calmer. S'il s'était mis à pleurer, à geindre et à se débattre, j'aurais perdu patience. Là, il m'intrigue et me calme suffisamment pour me donner envie de lui laisser une chance de s'en sortir. Je ne sais pas vraiment si je me suis acheté une conscience, mais j'en ai plus qu'assez de trancher des gorges à tour de bras. J'ai envie d'autre chose, une autre chose qui n'implique plus de semer des cadavres à tout va, une autre chose qui ne ressemble pas à l'Apocalypse ambiante, tout simplement.

Milo n'est pas con, loin de là : il a compris que s'il veut survivre, il a tout intérêt à ne pas s'enfuir, à ne pas hurler, à se faire discret et à ne surtout pas m'énerver. Il me fait sourire, quand il hausse les épaules en m'avouant qu'il ne cherche pas à jouer au con. Brave petit, tiens !

« T'as tout compris ! T'es pas con, c'est bien. »

Et j'en viens à me demander si ça lui arrive souvent, de se retrouver dans ce genre de situation, à se dire qu'il aurait eu mieux fait de se casser une jambe que de passer par cette rue-là précisément... parce que si ça fait partie de ses habitudes, j'ai envie de lui serrer la main pour lui dire que je compatis on ne peut plus ! Mais c'est finalement lui qui me tend la main et moi qui me braque, comme toujours. L'animal traqué qui préfère mordre alliés comme ennemis plutôt que de courir le risque d'être blessé. Il ne le sait peut-être pas, mais c'est au prix d'un gros effort de ma part que je lui tends finalement mon poignet blessé. Je grimace en sentant ses doigts glacés sur ma peau bien trop sensible à mon goûte à cause de la blessure. La main tremble, les os des doigts sont fêlés pour certains, fracturés pour d'autres et même si je commence déjà à cicatriser, ça ne veut pas pour autant dire que je suis à l'épreuve de la douleur. Je me concentre sur ce qu'il dit pour ne pas y penser.

« Ça doit être dur, non ? De soigner les gens, j'veux dire... tu dois voir passer des gueules cassées, des types qui n'ont rien demandé à personne, des connards que d'autres voudraient bien voir crever, j'imagine. T'auras pas t'soucier du type derrière toi, en tout cas. Lui, il est mort. C'est p'tet cruel mais il manquera à personne. »

Quand j'ai commencé, j'avais tendance à me rebeller contre l'idée même de tuer. Je m'en foutais déjà pas mal de faire du mal à quelqu'un, c'était plutôt le côté « qui je suis pour décider que machin doit vivre et bidule doit mourir ? » qui me dérangeait. Pendant longtemps, ça m'a travaillé mais aujourd'hui, je suis un peu trop blasée par la situation et ça m'effraie plus que je ne veux bien l'admettre. Ça me fait peur de ne rien éprouver quand je prends la vie d'un autre, de me forcer à éprouver une culpabilité artificielle parce que ça m'aide à mieux dormir... lui, il sauve des vies. Milo, c'est le gars qui œuvre pour remettre les gens sur pieds, moi c'est l'inverse. Alors ouais, si y a un Paradis et un Enfer, il a vachement plus de chance que mois de gagner son ticket d'entrée pour le premier.

« C'est une belle merde, hein ? Le monde dans lequel on vit... Tu l'dis toi-même, vous êtes obligés d'être plus que ce que votre fonction définie à la base. Et toi, tu fais quoi en plus d'être infirmier ? Brancardier, un truc du genre ? »

Faut dire que je n'y connais pas grand-chose en médecine. Je connais le corps humain par cœur dans ses faiblesses, ça c'est certain, mais je suis bien incapable de faire une réelle différence entre tel ou tel spécialiste. Je sais trouver une artère à saigner, une vertèbre à briser, je sais trouver les points douloureux et je sais rafistoler des blessures mais je doute que mon joli point de croix sur chair humaine soit recevable en fac de médecine. Le voilà qui ausculte ma main, avec une douceur qui n'est pourtant pas suffisante pour ne pas me faire grogner de douleur. Quelle idée j'ai eu de frapper ce mur... Lorsque je relève les yeux vers Milo, je remarque que lui aussi m'observe. Qu'est-ce qu'il veut ? Sa réponse se tient mais je ne suis pas vraiment en mesure de la comprendre. Je crois que je suis bien trop égoïste pour comprendre l'intérêt qu'il y a à aider tout le monde sans rien attendre en retour. C'est bien trop enraciné en moi, cette conception du « tu me donnes, je te rends », tant et si bien que les bonnes intentions sans arrière-pensées, j'ai tendance à m'en méfier comme la peste. Si c'est pas triste de ne plus savoir prendre l'aide comme elle vient, sans se faire des idées derrière...

« Tu vois, c'est ça que j'comprends pas. Je t'ai menacé, j'aurais pu te planter mon couteau dans la gorge et tu dis que j'suis pas aussi mauvaise que je le prétends mais... qu'est-ce que tu en sais ? Je veux dire... comment t'en arrives à cette conclusion ? »

Est-ce que ça se voit à ce point sur mon visage, que je n'ai pas du tout envie de le tuer ? Est-ce que la lassitude, la colère et le chagrin ont fini par prendre le pas sur la provocation ? Par moments, je me dis que je devrais me regarder un peu plus souvent dans une glace, si je suis aussi transparente que ça.

« À moins que tu ne sois certain que je ne suis pas en mesure de te tuer. Tu serais pas un métamorphe ? Ou alors un de ces types croisés avec des zombies qu'on croise depuis quelques temps ? Paraît qu'ils sont mal vus mais qu'ils survivent très facilement aux attaques les plus féroces... tu peux y aller, j'sais à peine qui tu es alors je répéterai pas ton secret. »

Intérieurement, j'espère qu'il est comme Andreï. J'espère surtout qu'il en sait davantage et qu'il saura répondre au milliard de questions qui me titille les neurones depuis deux mois.

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