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 Inside the demon | Yekaterina

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ANIMAL I HAVE BECOME

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MessageSujet: Inside the demon | Yekaterina   Mer 9 Mai - 0:33


Inside the demon
Yekaterina & Marcus



Attablé de manière nonchalante, le regard absent, il ne bouge pas. Une truffe humide vient chercher le contact de sa main tombant mollement vers le bas, le tirant alors des méandres de son esprit. Machinalement, ses doigts répondent, cherchent la tête de l’animal pour y glisser une caresse. Petite à petit, le bras reprend lui aussi de sa vivacité, lui arrache un râle de mécontentement alors qu’un fourmillement se manifeste, l’inconforte. Son corps tout entier se met alors à bouger, signant la fin de son errance. Se tournant enfin vers son compagnon, il fixe ces grands yeux à demi-étonnés de son comportement. Incline légèrement la tête sur le côté, reproduisant la mimique du canidé. Qu’y a-t-il, Nero? Une moue se glisse sur ses traits, alors qu’ils communiquent sans dire un mot. Finalement, le noiraud semble gagner la partie. Les orbes de l’italien effectuent quelques va-et-vient entre l’assiette et le malinois, avant de laisser à ce dernier le loisir de manger à sa place.

Arrête de te faire passer pour un martyr. Arrête de croire que le monde est injuste et de te consoler dans ta propre culpabilité. Les mots du ministre n’ont toujours pas quitté ses pensées, surgissant dès lors qu’il pense retrouver de sa stabilité, ne lui laissant aucun instant de relâchement. Et il s’enlise dans son malaise, ne cesse de s’oublier. Il n’en a pas mangé cette fois-ci, à complètement laissé refroidir son plat, trop préoccupé. Le tatoué a beau tenter d’échapper à ses réflexions, il n’y parvient, perd à chaque fois, se retrouve contraint de tourner en boucle, comme si souvent. Il ne saisit pas encore tout, pense à son père, dont il a suivi les traces, croyant pouvoir servir une noble cause, avant de comprendre qu’il n’y a rien de moins sûr. Se rappelle comment il a fini, le paternel, comment il s’est volontairement fait renverser, alcoolique au bout du rouleau. Il pourrait, lui aussi, noyer ses tourments, se risquer à se laisser tenter par le vice, à abandonner sa conscience aux bras des démons. Yeux qui se révulsent pourtant à cette simple pensée, Marcus est encore trop attaché à ses principes pour accepter de perdre tout son fragile équilibre.

Crainte qui s’éveille alors au creux de son âme, lui prend les tripes, le pousse à se lever pour faire les cent pas. Il ne sait plus. Ni ce qu’il veut, ni qui il est. Ne comprend pas tout, s’agace de plus belle. Cherche à éclairer ces mots qui ont semé la tempête dans son esprit, ces mots qui l’ont frappé de plein fouet, ces vérités qu’il se refusait de voir. Machinalement, ses doigts se portent à ses dents, avant qu’il puisse se rappeler avoir déjà beaucoup trop manifesté sa frustration sur ses pauvres ongles. Sans réfléchir, comme il en a tant et si bien pris l’habitude, décide d’aller prendre l’air, de profiter de la tombée de la nuit pour tenter de trouver des réponses là où il a probablement commencé à saturer véritablement, et à enchaîner les grosses bavures, encouragé par son innocence. Ne traînant plus, il se prépare à sortir, délaisse enfin son uniforme gris pour se fondre parmi les civils, passer pour un type comme n’importe quel autre, tout de noir vêtu. Soupire un bon coup, décidé, fait signe au chien qu’il ne l’accompagnera pas cette fois, alors qu’il glisse dans sa ceinture son arme personnelle, que son haut suffisamment long cachera.

On ne sait jamais ce que Treme réserve. On ne sait jamais ce que Joseph réserve. Joseph. Oui, l’italien a bel et bien jugé bon de chercher des réponses en sa compagnie. Leur distance ne leur fait pas de bien, ne lui fait pas de bien, il le sait, dans le fond. Inutile de le nier, sans le souteneur pour lui faire passer des nuits dans les recoins les plus sombres de la Nouvelle-Orléans, ce n’est pas pareil. Il a besoin de retrouver sa présence, de s’offusquer tant et encore d’avoir à user de son flingue pour réveiller le bon sens de certains, pour les sortir d’un mauvais pas, de s’offenser d’avoir à écouter les occupations de ses filles et de leurs clients, sous son regard presque amusé qui l’agace tant. De retrouver l’équilibre qu’il lui avait fait trouver, au point de râler de se faire traîner dehors plus que pour la forme. Parce qu’il se laisse croire qu’il trouvera de quoi rebondir en se confrontant à cette réalité face à laquelle il ferme les yeux depuis si longtemps, préférant de loin se berner d’illusions.

La route n’est pas bien longue jusqu’au Little Darlings, mais assez pour lui laisser le temps de se torturer les neurones un peu plus longtemps. Et s’il ne faisait qu’empirer les choses en agissant ainsi ? Et s’il ne cherchait pas à fuir plutôt que d’assumer ? Et s’il se trompait, encore ? Les doutes se poussent et se trémoussent, alors qu’il tente de les chasser en ronchonnant contre lui-même. Quelle idée de sortir sans Nero. Lui, au moins, l’aurait diverti de sa simple présence. Une fois de plus, se retrouve à foncer tête baissée dans le cercle vicieux du mécontentement. Il n’en est, hélas, pas encore sorti. Sa mine se referme de plus belle alors qu’il détourne le regard, apercevant un lointain collègue, à peine vient-il d’entrer dans l’établissement. Ne lui manque plus que ça, se faire catégorie de ceux qui font respecter la loi le jour et la salissent une fois la nuit tombée. Blessé, reprend son entrée, cet air plus dédaigneux reprenant possession de ses traits. Du regard, il balaye les lieux, cherche le souteneur. Ses sourcils se froncent, alors qu’il ne le reconnaît nulle part. « Et merde, c’était perdu d’avance. » marmonne-t-il pour lui-même, dans sa langue natale.

Il n’y a nulle trace de Joseph, sans grande surprise. Il en est certain, reconnaîtrait sa silhouette sans la moindre difficulté, le localiserait au simple son de sa voix, à la simple aura qu’il dégage. Mais il n’est pas là, probablement déjà en course. Alors, se met à chercher Ivy, sans la trouver non plus. Dommage, la prostituée l’aurait certainement bien aidé à le trouver, bien qu’il en aurait essuyé ses bavardages incessants. Sa marche se stoppe bien vite, tandis qu’une des employées ne se trouve pas bien loin. « Je cherche Joseph, il est parti pour un moment ? » l’apostrophe-t-il sans la moindre gène, continuant de scruter son environnement, pressé de savoir s’il se tire maintenant ou va faire l’effort de l’attendre un peu. Parce qu’après tout, il est là pour ça, côtoyer ce milieu qu’il déprécie.

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MessageSujet: Re: Inside the demon | Yekaterina   Mer 30 Mai - 16:12


Inside the demon
Yekaterina & Marcus

La métamorphose était époustouflante. Arrivée avec sa queue de cheval sage, son chemisier si mignon et son jean qui aurait pu penser que Yekaterina était employée au Little Darlings ? La russe avait assuré son service de sage-femme comme à son habitude, riant avec ses collègues, rassurant les futures mères, s’occupant des nouveaux nés. Elle paraissait si naïve, si gentille, altruiste…

Pourtant ses mauvaises pensées ne partaient jamais. Même lorsqu’elle tenait un petit être si fragile dans ses bras, des idées noires lui traversaient l’esprit, ses mystérieux dons pouvaient faire pleurer les nourrissons. Ses collègues mettaient cela sur le fait que Yekaterina était fatiguée, qu’elle était orpheline aussi après tout, cela pouvait lui faire du mal d’être constamment si près des futurs parents, des nouveaux, des nourrissons venus au monde depuis quelques heures à peine. Il n’en était rien. Yekaterina ne ressentait rien envers ses patients, elle ne pensait qu’à ce qu’elle devait laisser paraître. Qu’elle allait bien. Qu’elle n’était pas folle.

La fin de son service lui enlève un poids, fait naître cette excitation en elle. Elle va aller travailler, encore. Mais ce n’était pas le même genre de travail. Elle n’avait pas besoin de faire semblant, oh non. La russe était elle-même au Little Darlings. Danser sur cette scène, en privée sur les genoux d’un client, abaisser la bretelle de sa lingerie. Tout un travail qui enivrait l’orpheline. C’était ça qui la maintenait en vie, qui la faisait vivre au quotidien. Ses vices, ses pulsions assouvies autant qu’elle le veut, que le veut le client. Elle prenait le contrôle de ses différences, de ses côtés sombres, tordus. Qui pouvait en dire autant ? Yekaterina s’admirait elle-même. Dans une ville bridée par un gouvernement sainte-nitouche et intrusif, elle se fondait à merveille dans la masse, cachait ses plus sombres secrets et abusait de la luxure, de la gourmande à outrance.

La Vasara quitte rapidement l’hôpital pour se rendre dans le nord de la Nouvelle-Orléans, là où se trouvait le Little Darlings. Le métro peu sûr n’effraie pas la jeune femme bien qu’elle se sait entourée de pervers, de déviants et de quelques personnes apeurées en se sachant en danger constant dans le moyen de transport. Yekaterina, cette petite poupée faussement innocente, préfère s’enivrer de cette ambiance avant de se rendre dans son antre favori.

Elle ne voit pas le temps passer, Yekaterina. Alors qu’à chaque arrêt des femmes crispées et respirant à peine sortaient presque en courant accompagnées parfois d’hommes peureux, elle s’imprégnait tellement de l’ambiance du métro de la ville, au point de se lancer dans un nouveau délire peu recommandable. La blonde se met à marcher en direction de son lieu de travail secret. Sa queue de cheval et son petit haut pastel détrônaient avec ce coin lugubre de la Nouvelle-Orléans.

La strip-teaseuse arrive enfin au Little Darlings. Elle salue rapidement ses collègues, lancent des œillades suggestives aux clients. Au fond d’elle, la catin déplore l’absence d’un de ses rares amis, Joseph. Mais elle comprenait pourquoi il était absent. Il n’avait pas forte bonne réputation en ce moment.

Yekaterina arrive dans les coulisses de la dépravation. Posant son sac avant de l’ouvrir pour en sortir ce tissu fin en dentelle noir qu’elle aime tant porter. Ses vêtements candides quittent son corps dégageant une luxure évidente alors que le porte-jarretelle ne fait plus qu’un avec celui-ci. La russe attrape l’élastique à l’arrière de son crâne, le faisant glisser le long de sa chevelure blonde, libérant celle-ci et ses déviances par la même occasion. Quelques ondulations s’étaient faites au cours de la journée ce qui fit sourire la Vasara, elle préférait ses cheveux comme cela. La danseuse finit par mettre ses talons hauts et sortir des coulisses pour aller à la chasse aux clients, aux pécheurs comme elle.

La strip-teaseuse balaye la salle du regard en marchant avec assurance. La majorité des clients étaient déjà occupés avec une des filles. Yekaterina ne se décourage pas, pensant à l’éventualité de voler un client à une de ses collègues. Mais finalement cette idée s’évanouit dans la poussière lorsqu’un homme l’accoste. Il est familier, elle l’a déjà vu avec Joseph maintes fois. C’est d’ailleurs bien le Townsend que le tatoué recherche. Il a l’air de ne pas se sentir à l’aise ici, de ne pas aimer l’endroit et pourtant il l’aborde sans la moindre politesse, la moindre once de gêne comme la majorité des clients ici. Elle aime ça, la Vasara. « Joseph ne délaisse jamais ses filles bien longtemps. » Yekaterina prend un air bien plus sympathique, posant sa main sur le bras de cet homme comme pour essayer de le mettre à l’aise. Elle ne voulait pas se dévoiler tout de suite. De toute manière, sa réponse n’était point un tissu de mensonge. « Je vais t’emmener dans un endroit plus calme, tu n’as pas l’air de te sentir à ta place. Suis moi. » Son visage reste compréhensif, sympathique. Yekaterina le guide dans ces petites pièces intimistes où les clients s’adonnent aux plaisirs charnels avec les filles. La Vasara l’invite à s’installer dans une des pièces vides, lui souriant gentiment comme son masque de sage-femme sait si bien le faire avant de s’absenter un instant. De quoi prendre quelques jouets de base qu’aiment utiliser ses clients. Elle sait bien que cet homme n’est pas venu pour cela et qu’il s’attend sûrement à ce qu’elle le laisse tranquille jusqu’au retour de Joseph qui mettra sûrement des jours. Lorsqu’elle retourne après de cette connaissance de son ami, son regard a changé. Elle apparait telle une féline, cet inconnu est sa proie. Elle pose ce qu’elle amené à proximité avant de se glisser sur les genoux de ce qu’elle considère comme une friandise. « Joseph aime aussi que ses amis soient satisfaits. Alors en attendant son retour, prends du bon temps. » Yekaterina se redresse, commence à onduler ses hanches, préparant seulement le début de sa danse lascive, sensuelle, la strip-teaseuse ayant enfin trouvé son client. Et elle ne le lâchera pas.

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MessageSujet: Re: Inside the demon | Yekaterina   Mer 6 Juin - 1:46

Il devait s’en douter, que le souteneur serait absent. C’était écrit d’avance, il ne sait même pas comment il a pu croire débarquer à l’improviste et le trouver ici, l’attendant alors qu’ils n’ont rien prévu. Il n’est pas déçu, mais une part de lui espérait tout de même échapper à la forte possibilité de se retrouver seul au Little Darlings. La prochaine fois, il réfléchira par deux fois, avant de se lancer, avant de se penser capable d’affronter cette atmosphère. Les souvenirs remontent, leur dernière nuit refait surface. Cela fait un moment, qu’il évite Joseph, ou plutôt, qu’ils ont jugé bon d’instaurer une distance entre eux. Parce qu’il n’est pas encore perdu, Marcus, parce qu’il marche encore à peu près dans le droit chemin. Parce qu’il n’était pas capable de côtoyer les abysses du vice sans en éprouver du dégoût, sans s’en agacer. Les camés, ce n’est pas sa tasse de thé. Il en a assez eu, assez vu. L’impuissance. Il n’a ressenti que cela, à tuer des types pour récupérer une inconnue déjà condamnée, pour la voir mourir dans les bras de l’autre, dont le manque d’enthousiasme n’avait pas suffit à le convaincre. Il ne le peut pas, l’italien. Il ne peut pas voir combien la drogue et l’alcool peuvent saccager une vie. Il ne peut pas se risquer à s’enliser, à finir comme son père.

Et pourtant, il est bien là. Il est bien là, comme un oiseau au plumage rémigé. Il est bien là, il lui manque quelque chose pour pouvoir repartir. Il ne sait trop quoi, scrute le bar sans envie. S’il ne boit que peu en temps normal, il est nettement moins tenté lorsque ses côtés sont dénués d’une personne connue et suffisamment appréciée pour se laisser aller un minimum. Dans le fond, la Prohibition l’arrange. Sans elle, il ne se fondrait pas dans la masse, serait juste ce type à part, qui peine à se laisser aller. Et pourtant, il ne l’aime pas, cette même Prohibition. Esprit d’opposition, ou simplement cette conviction que chacun doit pouvoir faire ses choix, profiter de sa vie de la manière qu’il l’entend, quitte à le payer cher sur le long terme. Mais il y a une autre forme encore de l’interdit. Une forme qu’il ne comprend toujours pas, pas même en se forçant d’y trouver des explications. La prostitution, ou le commerce des plaisirs de la chaire. Voici bien quelque chose qu’il ne parvient à cerner, même avec le temps. S’il sait apprécier les belles courbes charnelles, son cœur le porte tout autant à rechercher à être comblé. De vieux fragments fissurés, jamais véritablement ressoudés. Et il en est convaincu, ce n’est pas ici qu’il trouvera ce qu’il lui faut.

Pourtant, les beaux morceaux, ce n’est pas ce qu’il manque. Les filles de Joseph ont généralement toutes un minois plutôt sympathique à regarder, même ce moulin à parole d’Ivy. Son absence à elle aussi l’empêche de voir ses questions trouver des réponses. Il en pioche une au hasard, la plus proche et surtout, la plus disponible, la seule qui ne soit pas déjà en train de se trémousser pitoyablement sur des genoux, les mains glissant vers des cuisses dont le brasier n’attend que d’être réveillé. L’italien ne se risquerait pas à contrarier un de leurs clients. Ces singes pourraient vite s’énerver s’il leur piquait quelques secondes l’attention de leur Muse. Il ignore tout de celle qu’il interpelle, l’a peut-être déjà rencontrée, aperçue, sans pour autant chercher à son souvenir. Elle aussi, elle n’a pas été mal choisie, il en convient. Mais il n’est pas là pour ça, et le lui fait savoir, elle peut remballer sa petite tenue ou aller en chatouiller un autre.
En guise de réponse, il n’a droit qu’à paroles vagues, elle ne lui apprend rien. Il le sait, que le souteneur ne tarde jamais à se ramener avec sa grosse voix. Et il soupire, alors qu’elle lui prend le bras, ferme sa porte de sortie. Il ne fera pas marche arrière, n’abandonnera pas son idée. Il sent pourtant que ça ne va pas lui plaire, de la suivre, bien que quitter cette partie du bar l’arrange. Il n’en a pas besoin, de tous ces types qui ne lui inspirent que de sombres pensées.

Elle a bien raison, il préfère se trouver loin de l’agitation. Mais cette pièce ne parvient pas à le persuader qu’il s’agisse de la meilleure solution, non. Ses orbes vertes roulent dans leurs orbites, fatiguées. Il n’a que le sentiment de s’être fait coincer, qu’elle se fiche royalement de sa gueule. Il ne dit pourtant rien, se désespère de lui-même, de cette ignorance qu’on lui a reproché si ouvertement. Il n’a pas oublié, les mots qui l’ont éveillé. Se laisse avoir par ce sourire innocent qui pourrait lui en apprendre plus qu’il ne le pense, mais qui disparaît pourtant quelques instants, le laissant seul. Ça ne le dérange pas, la solitude lui convient amplement pour attendre le retour du souteneur. Mais elle revient pourtant, changée. Son regard n’est plus celui que la sympathique fille prise d’une compassion passagère pour celui qui n’est pas comme un poisson dans l’eau.

Le tatoué s’accoude à son fauteuil, porte par réflexe ses doigts à ses lèvres, avant de se raviser. Non, cela suffit, de leur faire subir son agacement. Elle est bien à son aise, la démone, s’installe comme si elle était chez elle. Mais il ne lui semble pourtant pas l’avoir invitée à le faire, l’arrête un instant, posant fermement une main sur une de ses cuisses, n’ayant pas connaissance de lui avoir donné le feu vert. « Tous les amis de Joseph ne sont pas comme lui. » se contente-t-il de soupirer. Les chiens ne font pas des chats et pourtant, ça ne l’empêche pas de le côtoyer. Peu à peu, l’un finira par influencer véritablement l’autre. Marcus n’est pas dupe, il sait qu’il sera celui sur lequel déteindront les coutumes de l’autre. Il est plus facile d’écarter un homme du droit chemin que de l’y faire retourner. « Mais vas-y, je t’en prie, montre-moi que j’ai tord, puisque t’es à ton aise. » déclare-t-il, la lâchant alors. Qu’elle se dandine sur ses jambes, puisqu’elle sait si bien le faire.  « Je suppose que tu ne me laisses pas le choix, de toute manière ? » ajoute-t-il, d’un soupir. Elle pourrait bien le tenter de s’approcher des limbes, elle pourrait bien le tenter de franchir ses limites, d’envoyer en l’air ses prétendus principes à deux balles. D’ordinaire, il n’est pas joueur, l’italien, mais il n’a pas totalement oublié sa curiosité.

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