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 Current Affairs [Noah]

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Ljubi Valdès
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MessageSujet: Current Affairs [Noah]   Jeu 10 Mai - 2:27


« Electricity is just organized lightning »



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] & Ljubi Valdès
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Où que j’intervienne, c’est comme essayer de colmater une fissure dans un barrage avec du ruban adhésif. Du rafistolage, au mieux. Et où que j’intervienne, je sais que je vais devoir revenir dans un mois. Ou deux semaines. Parce que la vérité, c’est qu’on est dans la merde. Malgré les coupures quotidiennes, malgré les pénuries de matériel et toutes les restrictions de ces dernières années, on prend encore l’électricité pour acquise. Un truc qu’il suffit de rebrancher, un interrupteur qu’il suffit d’enclencher. Un fusible à changer. Dommage qu’on n’ait pas envisagé une apocalypse avant d’inventer l’obsolescence programmée. Dommage qu’une grande partie des pièces essentielles au fonctionnement d’un réseau urbain nécessite des métaux et autres matières premières qu’on minait en Afrique.

Tout ce que je peux faire, à ce stade, c’est de la récup et du bricolage sommaire. Mais si on veut éviter de revenir à l’ère de la chandelle et du poêle à bois, va falloir envisager une refonte totale du réseau. Plus simple, plus rustique, qui ne dépende pas en grande partie de systèmes informatiques au bord du crash et de pièces irremplaçables. Un boulot titanesque, nécessitant de retrouver des connaissances perdues et de mettre à contribution une bonne centaine de métiers a priori sans rapport. Comment peut-on produire de simples ampoules durables sans souffleurs de verre et sans tungstène, dont les mines les plus proches se trouvent dans le Colorado ? Ouais, j’ai déjà commencé à me renseigner.

Mais ce projet demeurera toujours à l’état d’illusion sans l’approbation des têtes pensantes. Qui ne sont clairement pas prêtes. À chaque fois que je mentionne cette idée, j’obtiens la même réponse : impossible. Pas la priorité. Et peut-être bien qu’ils ont raison. Peut-être bien qu’on doit se contenter de retaper ce qu’on arrive à sauver, et se faire à l’idée de voir les lumières s’éteindre pour de bon, quand la préoccupation immédiate reste encore de savoir comment on va nourrir tout ce monde.

En attendant, je mets du scotch sur la fosse des Mariannes, donc. Aujourd’hui, rien de moins que le saint des saints, j’ai nommé le 46ème étage de la tour ouest du palais présidentiel. Autant dire que je fais chier toute une tripotée de ministres et d’assistants. Le néon du couloir est mort depuis longtemps et je ne peux rien pour lui, mais dernièrement ce sont les bureaux individuels qui ont commencé à déconner sur les quatre étages du dessous, signe d’une couille dans le système et non d’une simple ampoule grillée.

Après enquête, je me suis rendu compte qu’une partie du câblage a été endommagée par des rongeurs. Rien d’irréparable, mais ça me prend quand même quelques heures et exige de percer le placo en divers endroits pour accéder aux fils. En résumé, je fais du bruit, je gêne le passage avec mon escabeau, je fous de la poussière partout et je suis obligée de rentrer plusieurs fois dans les bureaux des ministres pour voir si ça fonctionne.

Au passage, je me ramasse des coups d’œil agacés, bon nombre de soupirs de frustration et un « euh excusez-moi mais vous en avez encore pour longtemps, là ? ». De la part d’une assistante, en plus. Pour qui elle se prend ? Comme je peux me le permettre, je la gratifie d’un sourire engageant et enclenche une tactique éprouvée par des générations d’ouvriers.

« Oh ben ça dépend, parce qu’en fait c’est le [jargon incompréhensible pour son esprit de bureaucrate qui n’a jamais touché un tournevis de sa vie] qui a cassé, donc faut que je change le [terminologie obscure], et comme la [nouvelle couche de jargon] dans le [nouvelle couche de terminologie], ben mmmh… je dirais encore deux ou trois heures. »

Elle me renvoie une expression hagarde et vaguement désespérée, certainement en train de penser à la pile de dossiers qu’elle va devoir terminer à la bougie, acquiesce puis tourne les talons. Chacun sa merde, hein. En vrai j’ai menti, il me reste plus qu’à faire deux petites soudures et à rebrancher le bazar. J’enverrai quelqu’un reboucher les trous et passer un coup de balai ce soir.

Un quart d’heure plus tard, je suis en train de remballer le matos quand je manque d’éborgner un type qui sort sans prévenir d’un des bureaux. Mon escabeau lui passe à un micron de l’orbite et je fais un violent écart pour l’éviter.

« Oh merde, j’vous avais pas vu… »

À mieux y regarder, je le reconnais. C’est le mec qui se trouvait dans le bureau de Wiggins les deux fois où j’y suis entrée pour tester l’alimentation. De ce que je sais, c’est ni un ministre ni un assistant, mais vu ses fringues et sa tête bien peignée, il doit bosser pour le gouvernement. Ou au moins être quelqu’un d’important. Je suis pas du genre à faire des courbettes à tous les costards-cravate du coin, mais un minimum de politesse est de mise. Je repose donc mon escabeau et m’approche d’un air contrit.

« Ça va ? Vous êtes passé à un cheveu de l’œil au beurre noir… Désolée pour ça. Et pour euh… » J’étends les bras pour embrasser la scène du crime. « Tout le dérangement et les interruptions. Mais c’est réparé. Pour un moment, en tout cas… On fait ce qu’on peut dans les circonstances, hein ? » J’essuie rapidement mes mains sur mon jean et lui en tends une en guise de drapeau blanc. « Ljubi Valdès, chargée de m’assurer que la ville soit pas plongée dans le noir plus de quelques heures par semaine, et croyez-moi c’est pas une sinécure. Vous travaillez ici ? »



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Noah D. Meadow
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MessageSujet: Re: Current Affairs [Noah]   Dim 3 Juin - 23:33

Le Gouvernement était en pleine effervescence depuis quelques mois. La dernière attaque terroriste, un hack de grande ampleur suivi d'une ribambelle d'attentats disséminés au travers de la ville, avait semé le chaos du côté des instances supérieures. Certaines des petites mains et d'autres grattes-papier avaient été eux mêmes touchés par les événements. Chantage, corruption, dossiers bien juteux qui avaient fini sur les ordinateurs des supérieurs hiérarchiques, Hide avait bien fait son boulot. Tout du moins c'était ce qui se disait à chaque angle de couloir. Car, pour un être pluri-centenaire ayant été élevé au Moyen-Âge, cet amas d'informations n'était bien que ça. Un amas informe de sons et de syllabes qui devaient probablement constituer des phrases d'une importance capitale, mais auxquelles Noah ne comprenait rien du tout. Appréciant son rôle éternel d'observateur silencieux, le sorcier n'avait rien manqué de la panique qui se lisait sur les visages, des pas de course dans les immenses couloirs du bâtiment gouvernemental ou des quelques rides supplémentaires qui creusaient les fronts de certains élus. Mais il n'en avait cure. Pour se sentir concerné, il faut être touché. Et Noah profitait parfaitement tant de ses contacts que de ses privilèges pour naviguer les vagues malgré l'orage.
Il n'avait pas été mouillé une seule fois dans cette affaire, et comptait à ce que les choses en restent là pendant encore longtemps.

Liam Wiggins avait la mine défaite, lorsqu'il avait franchi le seuil de son bureau. Une visite de courtoisie comme habituellement, une coupure dans l'emploi du temps de chacun, une de ces ellipses nécessaires qu'ils affectionnaient depuis leurs premiers arrangements. Mais si le plus jeune semblait particulièrement affecté, ce n'était pas à cause de l'attaque terroriste. Ses pensées étaient toutes accaparées par la situation avec son frère jumeau, et s'il essayait de l'en tirer ou tout du moins de le guider, Noah n'était pas bien efficace. L'étau s'était resserré autour de son apprenti. Et ce dernier courait à toutes jambes vers une décision qui allait inéluctablement s'achever sur une immense déception. Le problème étant, la compréhension de Liam pour les arguments de son ami était similaire à celle qu'affectionnait l'ancien pour la technologie : proche du zéro. Alors Noah en avait pris son parti. Si Liam décidait d'emprunter ce chemin, il serait à ses côtés. A défaut de le convaincre, il l'aiderait. C'était ça que faisaient les amis, non ?
Peut-être. Ou tout simplement le sorcier considérait-il qu'il aurait été dommage de gâcher tout le potentiel de son apprenti sur des querelles familiales. Mais il n'était pas là pour juger.

L'effervescence. Le bâtiment bourdonnait comme une ruche, chacune de ses petites abeilles s'affairant à sa tâche avec autant d'application que possible. Une question de vie ou de mort pour beaucoup, une fraction pour lesquels le professionnalisme était important, quant aux autres... Noah esquiva un escabeau solitaire alors qu'il traversait le corridor pour rejoindre le bureau de Liam. Quant aux autres, on se demandait bien ce qu'ils foutaient là. La secrétaire personnelle du Ministre l'escorta jusqu'à son ami, et la porte se referma finalement derrière le psychiatre. Ce qu'il se disait entre ces murs devait rester secret, et le resterait jusqu'à la fin des temps.
Une heure et quelques éclats de rire plus tard, Noah reprenait la route en sens inverse. Fourragea dans la poche de son veston pour attraper l'un de ces objets futuristes appelés téléphones portables, ayant entendu la boite de plastique et de verre sonner pendant son entretient. Cassidy avait réussi à passer outre sa phobie pour lui envoyer un message. Et tira un sourire amusé au sorcier qui, tout aussi peu à l'aise que son ami avec la technologie, attacha toute sa concentration à répondre à leur échange. Le palpitant dansant doucement dans sa poitrine, le sorcier s'arracha à la réalité pour s'offrir un temps mort d'avec toute la difficulté latente. Un bol d'air. Un soupçon de lumière, qui adoucissait l'âme, qui réchauffait le cœur. Leur bulle de quiétude était toujours là, prompte à revenir à chaque fois qu'ils parvenaient à communiquer. Elle l'entourait en ce moment précis, agitant une foule de papillons au creux de son estomac, alors que son attention toute entière était focalisée sur sa réponse.

Si bien focalisée qu'il ne remarqua pas l'escabeau en mouvement, ni sa propriétaire. Une forme épaisse déchira brutalement son champ de vision, s'imposant à quelques centimètres à peine de son visage alors que le sorcier levait tout juste les yeux de son téléphone. Téléphone qui tomba lourdement contre la moquette, lâché sous le coup de la surprise. L'odeur du métal envahit ses narines alors que tout son corps se figeait. Un pas de plus, et il était borgne.

-Porco diavolo !

C'était donc ça, les papillons dans son estomac. Pas la joie d'avoir des nouvelles de Cassidy, tout du moins pas seulement, mais surtout l'annonce d'un danger imminent. Le blasphème était sorti tout seul sous le coup de la surprise, mais l'Italien tenta de se reprendre. Tenta. Le choc avait cédé la place à une fureur sourde qui commençait à gronder, qui aurait été prompte à éclater s'il n'était pas déjà en train de maugréer en cherchant à rattraper son téléphone. Recouvrant sa possession, heureusement intacte, il la fourra dans la poche de son veston. Une voix féminine s'excusait, au-dessus de lui. Probablement la gourde qui avait failli l'éborgner. Gourde vers laquelle il leva un regard noir en se redressant, qui continuait de tergiverser et qui risquait de passer un très mauvais quart d'heure pour peu qu'elle se tourne vers lui plutôt que vers les vestiges du chantier.

-Vous auriez été bien plus désolée s'il m'était arrivé quoi que ce soit...

Un marmonnement, mâchoires serrées, lourd de reproches. Il rouvrit la bouche pour continuer de lui dévoiler le fond de sa pensée, mais la jeune femme se retourna finalement pour lui faire face. Sous d'épaisses boucles brunes, un visage sec, taillé au couteau, et des yeux charbonneux étrangement familiers. Connaissait-il cette maraude ? Probablement pas. Ou alors elle faisait partie de la multitude de petites mains qui oeuvraient chaque jour pour le Gouvernement, et il l'avait déjà croisée plusieurs fois dans les couloirs. Sa mémoire lui jouait des tours.
Toujours était-il qu'elle tendit une main vers lui en gage de bonne foi. Son regard glissa sur les tâches de poussière et de crasse qui imprégnaient sa peau hâlée. Et il croisa posément les bras contre sa poitrine en guise de réponse. La diplomatie ce n'était pas dans ses...
Valdès ? Les iris verts cillèrent le temps de digérer l'information. Car il y avait quelque chose d'atrocement familier, dans cette jeune femme. Des expressions qu'il avait déjà vues. Des yeux charbonneux qu'il connaissait bien, pour les avoir retenus tant ils étaient importants pour un autre Valdès qu'il affectionnait particulièrement. S'agissait-il d'une coïncidence ou d'une mauvaise blague ? Noah n'en était pas certain. Alors il fit ce qu'il savait faire de mieux. Il la gratifia d'un masque de sociabilité irritée en quête de conciliation. Le même que probablement toute la foule d'employés du Gouvernement qu'elle avait dû croiser d'ici là.

-Veuillez excuser mon irritation, je ne suis pas habitué à risquer ma vie dans ces couloirs. Vous faites toutefois un travail admirable.

Je suppose. En réalité, il n'y connaissait rien, mais si la brunette était chargée de l'électricité en ville, elle devait probablement être efficace. Tout du moins le pensait-il. Les espaces publics du French Quarter n'avait jamais manqué de la moindre ampoule, d'expérience. Bien que de ça aussi il ne souciait guère. Quant on a connu le Moyen-Âge, quelques lampadaires mal entretenus étaient un détail parmi tant d'autres.

-Si être conseiller personnel d'un membre du Gouvernement est considéré comme un emploi en ces lieux, oui, on peut dire que je travaille ici. Mais je n'ai pas eu l'impression d'avoir eu le plaisir de vous croiser ici avant votre intervention de ce jour, vous vous occupez souvent du bâtiment ?

A mesure qu'il la dévisageait, il repérait certains détails perturbants. Ce regard droit, fixe, d'un noir d'encre, il avait l'impression de le connaître. De très bien le connaître. Mais ses expressions, elles, étaient les plus troublantes. La façon dont ses joues se creusaient quand elle parlait, la forme de sa mâchoire. Si Valdès n'était pas un nom d'emprunt, comme pour nombreux de ceux qui avaient migré suite à l'Apocalypse, elle ressemblait beaucoup à son illustre homonyme.
Ce n'était probablement pas judicieux mais....

-Ljubi, un bien agréable prénom avec une sonorité particulière. Veuillez pardonner l'indiscrétion, mais de quelle origine est-il ?

En temps normal, il n'aurait pas insisté. Serait probablement retourné dans le bureau de Liam, pour lui demander de faire une recherche sur l'identité de la jeune femme. Mais le nom Valdès lui posait problème. Pour peu qu'il demande ce service à son apprenti, ce dernier lui poserait certainement des questions. Et Noah serait contraint de révéler l'identité de Cassidy, et leur relation, à Liam. Certes, il avait une entière confiance en son apprenti. Mais le sorcier appréciait aussi garder son jardin secret... Secret, en l'occurrence.
Restait à voir ce que la jeune femme allait lui offrir comme réponse. Après tout, ce n'était pas comme s'ils étaient aussi familiers que Noah en avait l'impression.




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Ljubi Valdès
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MessageSujet: Re: Current Affairs [Noah]   Ven 8 Juin - 2:13


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Le type laisse échapper une exclamation — un juron, de toute évidence — dans une langue étrangère. Si ça risquait pas de me rendre encore plus antipathique, j’en aurais souri. Ça m’arrive aussi souvent, de blasphémer dans ma langue maternelle. Un réflexe, car les mots ont toujours plus de force lorsqu’ils viennent directement des tripes, ou de je ne sais quelle zone archaïque du cerveau dont ils sont expulsés. Son interjection ressemble un peu à de l’espagnol, mais ça n’en est pas. Je l’ai parlé que jusqu’à mes cinq ans, et j’ai presque tout oublié désormais, mais j’aurais quand même reconnu. Portugais, italien ? Qu’est-ce que j’en sais…

Lorsqu’il retrouve son anglais, ses premiers mots sont tout ce à quoi on pourrait s’attendre, venant d’un mec tout gonflé de sa propre importance. Des menaces bourrelées de présomption, supposant aussitôt que je lui suis inférieure parce que je porte des bleus de travail. Mais je lui en tiens pas vraiment rigueur. C’est dans l’ordre des choses. Moi-même, en le découvrant dans son costume bien coupé, je l’ai tout de suite pris pour ce qu’il est. Je hausse donc les épaules, pas vraiment impressionnée. Ce genre de mises en garde, je les ai entendues toute ma vie.

« Vous seriez surpris. J’ai un genre d’immunité diplomatique. »

Pas tout à fait vrai… Pas tout à fait faux non plus. Personne n’est irremplaçable, il paraît. Mais ils auraient quand même bien du mal à trouver quelqu’un avec mes qualifications, et surtout, ma connaissance du réseau. Ce qui est certain, c’est que ça leur prendrait du temps, un temps précieux durant lequel les coupures s’enchaîneraient et le peuple gronderait. Ils ne peuvent pas se le permettre en ce moment, et je suis donc à peu près certaine qu’ils y réfléchiraient à deux fois avant de me virer.

En dépit de ma petite démonstration de courtoisie, ma victime refuse de me serrer la pince, son attitude presque dégoûtée vaut mille mots. Je baisse le regard sur ma main toujours tendue, constate sa propreté toute relative et hausse à nouveau les épaules en la fourrant dans une poche, sa compagne dans l’autre. J’ai peut-être le sang chaud, mais il en faut plus pour me vexer. J’ai pour moi la satisfaction d’avoir tenté de régler les choses à l’amiable. S’il a envie de faire sa mauvaise tête ou de me taper un scandale, c’est plus mon problème.

Je m’apprête donc à tourner les talons — en faisant gaffe cette fois à la façon dont j’attraperai mon escabeau — lorsqu’il semble finalement changer d’avis et se reprendre. À la bonne heure. Je lui décoche un sourire goguenard.

« Ravie d’avoir pimenté votre journée, mais vous sentez pas obligé de me flatter pour autant. »

Une impertinence à demi compensée par mon attitude ouverte et chaleureuse, en dépit de la présence manifeste d’un balai dans le fondement de mon interlocuteur. Je hausse les sourcils et expulse un petit sifflement amusé à la mention de son titre.

« Conseiller personnel, rien que ça… J’vous avouerais, je sais même pas en quoi ça consiste. Vous lui conseillez quoi, de boire deux litres d’eau par jour et de faire de l’exercice ? Si c’est ça j’vais songer à me reconvertir, vu comment vous êtes vachement mieux fringué que moi… »

Un truc me dérange dans son regard. Il me dévisage. Avec une insistance discrète, un effleurement persistant dès que mes yeux quittent les siens. Mais c’est pas le regard avide du mec en chien, plutôt un genre de… sonde, menée par les forets perçants de ses pupilles. Il me décortique sans en avoir l’air, et j’aime pas ça. Parce que je ne sais pas ce qu’il cherche.

Sa question ne fait qu’exacerber mon malaise. Est-il possible qu’on se soit déjà croisés dans un lieu moins fréquentable ? Un bar, par exemple… J’imagine que si c’était le cas, il serait aussi coupable que moi et je ne risquerais donc pas grand chose à être reconnue. Mais il a pas la gueule à traîner dans mes rades. Je hausse les épaules, soudain tentée de me montrer plus évasive. Je rejette ce réflexe : j’ai rien à me reprocher. Rien qui le concerne.

« On intervient ici dès qu’il y a un problème, mais d’habitude j’envoie quelqu’un d’autre. Mon bureau se trouve dans la tour mais j’suis prête à parier que vous êtes jamais descendu jusque là ! »

Le regard s’attarde toujours, scrutant, fouillant, comme s’il voulait me traverser les os. Je le soutiens, curieuse sous une gêne grandissante. Sa dernière question avance à mots couverts, nimbée d’innocence. Elle est pourtant chargée, lourde d’un poids qu’il ne mesure pas totalement quelles que soient ses intentions. Je me rétracte instinctivement, quelque part à l’intérieur de moi. Combien de réponses existe-t-il à cette indiscrétion, comme il l’appelle ? Et toutes ou presque sont des mensonges, des demi-vérités.

Il paraît que le monde a changé. Il paraît que maintenant que nous ne sommes plus qu’une poignée, les origines ne comptent plus pour personne, dans un beau melting-pot comme l’Amérique a toujours fait semblant d’en rêver. Mais j’en doute. Et les vieux réflexes ont la vie dure. Mon hésitation est à peine perceptible, le temps de me gratter l’arrière du crâne d’un air songeur, avant de reprendre de plus belle, tout sourire et verbe facile.

« Ljubica en fait, mais personne m’a jamais appelée comme ça. Ma famille maternelle est.. originaire de Roumanie. »

Un bel euphémisme pour ne pas dire Rom. J’ai assez entendu de noms d’oiseaux dans mon enfance pour pas me risquer à dévoiler cette info à la légère. Les préjugés aussi ont la peau dure... Et puis la vraie réponse à sa question est plus complexe que ça. Ljubica est un nom slave, pas roumain. Selon le récit familial, tel qu’il m’a été raconté par ma Baba, mes parents l’ont choisi à ma naissance en l’honneur d’une des premières victimes connues du Grand Dévorement.

Je suis née juste après la fin de la guerre, personne ne connaissait encore réellement l’ampleur, l’horreur, de ce qui s’était passé. Mais la communauté avait reçu une lettre, envoyée par un cousin d’une une branche éloignée de la famille établie en Croatie. Il y parlait d’Oustachis, d’exécutions massives, de fosses communes, de trains. De Jasenovac. Et mentionnait sa sœur, Ljubica, emportée et jamais revenue. Cette femme, mes parents ne la connaissaient même pas. Mais ils m’ont offert son nom, pour qu’elle ne soit jamais oubliée. Il faut savoir que c’était un truc tabou, cette décision. On ne donne pas le nom d’un mort. Dans certaines communautés, on ne le prononce même pas : après le décès, toutes les possessions du défunt sont brûlées et c’est presque comme s’il n’avait jamais existé. Ça n’a donc pas plu à tout le monde… Sûrement pour ça que le diminutif a été adopté dès le premier jour.

Je chasse ces réflexions mélancoliques qui me ramènent inévitablement à ceux que j’ai perdus. À ceux à qui je n’ai jamais pu dire au revoir. J’aime pas penser à tout ça, et j’en veux à ce type, injustement, d’avoir fait remonter les souvenirs. Je n’en montre rien. Mon sourire est toujours là, peut-être juste une nuance plus terne.

« Et vous, j’ai même pas le droit à votre nom, vous trouvez ça poli ? C’était quoi la jolie langue dans laquelle vous m’avez insultée ? Croyez pas que j’ai rien entendu… »

Je marque à peine une pause avant de reprendre, sur une impulsion. J’ai besoin d’une pause. Et le regard du type, qui s’accroche toujours à moi comme si je détenais la réponse au sens de la vie, commence sérieusement à m’intriguer. Je veux en avoir le cœur net : soit on se connaît de quelque part et j’en ai aucun souvenir, soit il me prend pour une autre, soit c’est un shadowhunter bien déguisé qui me soupçonne d’avoir planté une bombe dans le plafond au prétexte de réparer le câblage. Dans tous les cas, ça m’intéresse.

« Écoutez, vous avez cinq minutes ? J’peux vous offrir une visite gratuite des sous-sols de la tour et un café dans mon bureau pour m’excuser de cette tentative d’assassinat… Et puis comme ça j’arrêterai enfin d’encombrer le couloir. »



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