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 All Shades of Madness — Aimee

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: All Shades of Madness — Aimee   Ven 11 Mai - 22:53



All shades of madness

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They're all around me, circling like vultures. They wanna break me and wash away my colors. I cannot stop this sickness taking over. It takes control and drags me into nowhere. I need your help, i can't fight this forever. I know you're watching, i can feel you out there. Take me high and i'll sing, you make everything okay. We are one in the same. You take all of the pain away.

La routine se ravinait comme une vieille peau échinée, et pourtant, plus rien ne semblait similaire au temps passé. Même le bruit de ses pas sur le bitume lui paraissait déficient, sombre écho bondissant contre les murets détériorés pour en éveiller de sordides chimères qu'il croyait léthargiques. Mais il s'était leurré, Nicholas. Jamais il ne frôlerait de ses paluches la normalité. Cette sanité, si belle et immaculée, celle qu'il enviait à tous ces anonymes qui bourdonnaient dans son sillage. Il y avait cru, bêtement. Il espérait toujours qu'elle se dérobe à jamais. Même si c'était futile. Impossible. Pourtant, la journée s'était étalée sans fioriture, sans bavure abstraite au tableau. Des heures et des heures à broyer la mort putrescente au-dehors, sans jamais qu'il n'y ait ombrage entre lui et la réalité. Il avait discuté, avait même fait de l'humour avec ses comparses de galère, là, dans la saloperie de zone grise tapissée de charognes. Et subitement, tout s'était effondré et ses espoirs de normalité, réduits à néant. En seulement quelques navrantes secondes, son esprit s'était égaré, donnant naissance au cauchemar éveillé.

Y a plus d'couleur. Plus d'saveur. Plus d'espoir. Plus rien.
Seulement des parasites. Partout. Dans ma tête.


La conscience avait flairé la démence sur le point d'émerger et le blond avait su que le temps pressait avant qu'il ne perde définitivement la raison. Se réfugier dans son nid et se barricader à double tour lui semblait l'option la plus avisée. Se couper du reste du monde, se recroqueviller dans un coin et attendre que les délires cessent... puisqu'un homme sous l'emprise d'une sinueuse paranoïa changeait, devenait imprévisible, parfois destructeur. J'veux faire de mal à personne. Le chemin lui semble long, beaucoup trop long. L'artère qui traçait le chemin jusqu'à son logis s'éternisait sous ses pas précipités, s'élongeant tortueusement devant lui comme une membrane élastique qui détirait à perpétuité sans jamais se rompre. Tout s'affaisse, s'emmêle et s'entortille, là-dedans. Les turbines s'embrouillent et s'imaginent des démons sans forme, ni visage. Les tympans grésillent, entendent des sons grinçants, des paroles sardoniques d'invisibles malveillants. La démence implose et explose. Elle dévaste et arrache. Bientôt, il ne restera plus rien. Que des cendres, des larmes, et des regrets.

J'sais qu'il est là. J'entends ses sabots piocher.
J'entends ses rires et ses menaces.
J'ai vu ses cornes et ses foutues griffes.
Il est là, le diable, et il me traque comme un salaud.
Mais il m'aura pas, non, il m'aura pas.





Aimee ?! Aimee, ouvre !

Son poing serré tambourine la porte, s'acharne sur elle comme si sa vie en dépendait. Le cœur tressaute dans le poitrail, la sueur roule sur les tempes, c'est à peine s'il inspire l'oxygène, le précieux que ses poumons réclament pour apaiser le feu qui les consume.

Aimee, ouvre la putain d'porte ! Fais-moi entrer !

Il beugle, Nicholas, gueule et fracasse si fort que tout l'immeuble s'ébranle et gronde d'agacement. Pourtant, personne n'ose poser un pied hors de sa tanière pour lui dire de la boucler, de cesser le tapage assourdissant au risque de les rendre tous azimutés. Non, puisqu'ils le connaissaient bien, Nicholas. Nicholas, le frère de l'adorable et candide Aimee. Nicholas qu'ils aimaient bien... et qu'ils aimaient un peu moins lorsqu'il n'avait plus toute sa tête. Ce n'était pas la première fois qu'il déboulait ici, l'animal sauvage, complètement déboussolé, parfois hystérique. Les voisins de palier s'étaient accoutumé à ses crises et n'en faisaient plus de cas. Ils patientaient la fin de la tempête, puisqu'elle finissait toujours par passer, tôt ou tard.

Aimee !!!

Il entend remuer derrière la porte et enfin, elle s'ouvre, laissant apparaître une fine silhouette sur son seuil, une Aimee au minois soucieux. Sans lui laisser le temps de souffler quelques bribes, le blond la pousse à l'intérieur, se presse à refermer la porte et la verrouiller. Les prunelles exorbitées par la panique, il cherche ses mots, une main ferrée à l'imposant morceau de verre épointé qu'il avait déniché en chemin, arme de fortune destinée à la défense contre la bête infernale qui le poursuivait sans relâche. Le blond était persuadé qu'il était pourchassé par le diable et que l'infâme cherchait à s'emparer de son âme. Son esprit détraqué le croyait et était même certain que l'âme de sa cadette était aussi en péril, raison pour laquelle il avait changé de destination ; pour s'assurer qu'il ne lui arrive rien. J'vais t'protéger. Personne te touchera, pas même le diable. J'te jure. Personne fera d'mal à ma Luciole.

Y a un truc dehors et j'suis pas trop certain de c'que c'est. Mais j'crois que c'est mauvais et qu'ça vient de l'enfer. J'ai l'ai vu cette saleté et il avait des cornes, putain ! Et il m'a dit des choses, des choses horribles sur toi. Il veut t'faire du mal, alors moi j'suis venu, le plus vite que j'ai pu ! Mais t'inquiète pas Aimee - t'inquiète pas ! J'vais tout arranger, j'vais l'buter c'fils de pute !

Un débit rapide, désordonné, pêle-mêle, reflet de sa cervelle qui s'éparpille et s'enlise. Son bras se lève afin de lui démontrer la lame de verre vissée au creux de sa patoche, fragment incisif qui lui cisaille le derme et fait serpenter de fines charmilles d'hémoglobine d'entre ses doigts contracturés, cette sève visqueuse aussi noirâtre que de l'encre de chine.

J'vais lui darder la gueule et son sang va pisser, crois-moi. J'arriverai peut-être pas à l'tuer, mais il va chialer sa mère, l'enfoiré !... T'inquiète pas, j'suis là, Luciole. Il te touchera jamais. J'vais lui faire la peau et ce sera terminé. T'as confiance en moi ? J'te promet que j'vais trouver un moyen d'le tuer. Il te chopera pas ton âme, pas tant que j'vais être là.

Le blond hoche frénétiquement la tête, tentant de se convaincre lui-même qu'il parviendrait à démanteler le diable personnifié. Même s'il ignorait comment il fallait s'y prendre pour y arriver.

Comment décimer un vil démon... s'il n'était que du vide ?
Qu'une aberration fomentée par une cervelle malade ?


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MessageSujet: Re: All Shades of Madness — Aimee   Jeu 31 Mai - 0:48



All Shades of Madness
Aimee & Nicholas


« In the madness, you have to find calm »

Elle fermait les yeux.
Là, dans la vapeur et l’humidité, le réconfort d’une douche brûlante après le service à l’Etalon Blanc. Elle fermait les yeux pour mieux sentir l’eau ruisseler sur son corps, frappant le haut de son crâne pour venir parcourir les courbes de son anatomie et s’insinuer sur chaque centimètre de peau. C’était une délivrance, un rituel quotidien. L’eau emportait avec elle tous les faux semblants et les sourires illusoires qu’elle s’échinait à offrir à la clientèle. Evacué dans les canalisations à la destination incertaine, ce parfait masque de jolie poupée heureuse. Le retour au quotidien de son petit foyer à la limite de l’insalubrité appelait avec lui la mélancolie dans laquelle elle se laissait volontiers bercer. C’était un poison, une mauvaise herbe enracinée jusque dans les recoins de son cœur. Elle pouvait l’arracher le temps de quelques heures, le temps d’un contact avec le monde extérieur. Mais la vivace repoussait à chaque fois, ne la quittant jamais tout à fait même lorsqu’elle feignait la normalité. C’était un mal qui semblait n’avoir ni fin, ni de commencement précis. Un mal qui l’emmenait parfois sur des terres lointaines et la rendait étrangère à l’instant présent. Seule dans sa cabine de douche étriquée, elle en oubliait l’écoulement du temps. Celui-ci glissait sur elle et s’évacuait tout comme l’eau ruisselant sur son corps.

Mais elle entendit la clameur scandant son prénom dans un écho lointain, la ramenant brutalement à la réalité. La respiration devint lourde sous le choc du réel, l’eau qui parcourait son corps lui sembla trop chaude. Elle coupa net le débit du pommeau, ouvrant la porte de la cabine avec empressement. A nouveau, elle l’entendit beugler de l’autre côté de son petit appartement et sa porte trembler sous les assauts. De qui ? De son frère bien sûr, qui d’autre que lui pour venir martyriser ainsi sa porte. Avec hâte, elle attrapa la serviette trônant sur le radiateur pour absorber le plus gros de l’humidité sans faire dans le détail. Si Nicholas hurlait et s’acharnait ainsi, c’est qu’il allait mal. Et elle le pensait bien capable d’enfoncer sa porte si elle le faisait trop patienter. Elle ne prit même pas la peine d’essorer ses cheveux et lâcha négligemment la serviette au sol. Puis elle s’engouffrait dans sa chambre pour saisir les premiers vêtements qui lui passaient sous la main : ceux qu’elle avait ôté et laissé sur son lit avant d’entrer dans la salle de bain, et qui avaient fait la journée avec elle au restaurant.

A peine enfilée, elle sentit sa chemise s’imprégner d’eau sur le haut de ses épaules et du dos. Mais c’était là un détail sans importance face à la détresse de Nicholas. Passé le choc du retour à la réalité, l’inquiétude noua ses entrailles alors qu’elle s’approcha de la porte et fouilla à la hâte dans son sac à main pour y dénicher ses clefs. Ses mains tremblaient de l’appréhension et de la volonté d’ouvrir rapidement la porte, si bien qu’elle dû s’y reprendre à trois reprises avant d’insérer correctement la clef dans la serrure. Elle eut à peine le temps de capter le trouble de Nicholas dans ses yeux qu’il la repoussa aussitôt à l’intérieur pour mieux verrouiller la porte. Elle sut dès l’instant où il eut ce geste et commença à étaler sa paranoïa que la soirée allait être longue.

Elle l’écouta sans le quitter des yeux ni l’interrompre – seulement un bref instant lorsque ses perles inquiètent captèrent le reflet du verre et le filet de sang qui s’échappait de la main de son frère. Elle avait beau s’être renseignée autant que possible sur la manière de gérer les crises de Nicholas, elle se sentait tout autant désemparée à chaque fois qu’elles survenaient. Il y avait un fond de similitude entre elles, mais aucune ne se ressemblait véritablement. A chaque fois il lui fallait évoluer à tâtons et avec toutes les précautions du monde pour l’apaiser sans faire de faux pas. Un seul, et cela suffirait à le rendre encore plus agité qu’il ne l’était déjà. « Nicholas. Regarde-moi. J’ai confiance en toi. » Elle s’approcha doucement de quelques pas, les mains tendues vers lui. Mais tout à coup son corps se figea sur place. Les mots apaisants restèrent bloqués dans sa gorge et elle les oublia instantanément alors que ses prunelles revinrent sur la main ensanglantée de son frère. Non, c’est juste du sang sec. C’est pour ça qu’il paraît sombre, pas vrai ? Mais le malaise et l’incertitude tordaient déjà ses entrailles. « Nicholas. Calme-toi. Je vais bien. Tu veux bien lâcher ce morceau de verre, s’il te plaît ? » D’une voix douce, elle énonça distinctement ces mots pour tenter de les imprégner dans l’esprit dérangé de son frère. Elle tendit la main vers sa grande paluche qui s’imprégnait de plus en plus de ce liquide qui aurait dû être carmin, et une part d’effroi se disputa le calme qu’elle s’efforçait de faire régner sur son visage pour ne pas l’alarmer. « On est chez nous. Personne ne va venir nous faire du mal. Personne, d’accord ? Donne-moi ta main s’il te plaît. Qu’est-ce que tu… » Les mots se meurent dans sa gorge. Son regard s’est totalement figé sur ce sang poisseux et noirâtre, et elle sent la panique l’envahir.

Bon sang Nicholas, qu’as-tu fais ?

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MessageSujet: Re: All Shades of Madness — Aimee   Lun 18 Juin - 2:40



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Le cœur scande l'insanité, pulsant sa frayeur en une cadence déchaînée. Crainte diabolique de perdre, qu'on lui dérobe la sœur chérie, qu'elle se retrouve dépossédée de son âme, de sa bonté, de cette vulnérabilité qu'il affectionne autant qu'il déteste. Instant où le rationnel valse avec l'abstrait, puisque sa folie n'était qu'une extension déformée et exacerbée de ses craintes réelles. La protéger contre le diable et sa vilenie, les monstres hideux et sanguinaires, les hommes barbares et leurs mensonges, le monde sale et impitoyable, menaces différentes, mais inéluctablement similaires. J'veux pas que tu souffres, Aimee. J'veux pas qu'on t'fasse du mal. Tu mérites de garder ton âme. Parce qu'elle est belle et noble. Il est trop tard pour moi. Mais pas toi. Toi, t'as encore une chance d'éviter d'cramer en enfer. Et j'vais tout faire pour te préserver, quitte à m'sacrifier pour y arriver. Parce qu'il était son ainé et son rôle était de la protéger, de veiller sur elle, quel qu'en soit le prix à payer. Mais en vérité, Nicholas était lui-même une nuisance à l'existence de sa frangine, un écueil se dressant involontairement sur son chemin. Lorsque l'insanité parasitait le caisson, il en devenait aussi redoutable que ses sombres chimères. La démence ne se contrôlait pas, on ne pouvait l'enfermer dans un coffre, ni la modeler à notre convenance. C'était elle qui manipulait les rouages, salope avilissante qui déformait la réalité, la rendait différente de ce qu'elle était vraiment. Et c'était bien ce point, très précisément, qui le rendait aussi dangereux qu'un arracheur de vie. Cette factice réalité lui semblait si authentique qu'il ne parvenait plus à faire la différence entre le vrai et le faux. Jamais il ne lui était arrivé de heurter Aimee lors de ces moments égarés et peut-être qu'il était un brin trop naïf à croire qu'il ne le ferait jamais. Puisqu'un jour arriverait où il commettrait l'impensable, le jour où sa folie gravirait jusqu'au summum de la déraison. Et ce jour... pouvait être aujourd'hui.

« Nicholas. Regarde-moi. J’ai confiance en toi. »

Yeux hagards se rivant sur la bouille de sa cadette et bien qu'il perçoit ses paroles, sa cervelle poursuit à se disperser, à envenimer la paranoïa déjà en ébullition. Aimee, c'est pas l'moment d'causer. Il faut réfléchir, trouver un moyen d'se débarrasser d'lui. Elle tente de l'apaiser, Aimee, comme elle l'avait fait d'innombrables fois depuis plusieurs années, et même si elle démontre de l'inquiétude, une certaine crainte lorsque ses prunelles décèlent l'hémoglobine atypique, le fou n'y voit rien, trop déphasé pour remarquer le phénomène inhabituel. Elle tente de le rassurer, lui demande de délaisser son arme improvisée, et semble soudainement tétanisée à la vue de sa main blessée.

Hey, t'inquiète pas, c'est juste une p'tite coupure, Aimee, j'vais pas en crever.

Nicholas ne réalise pas. Il ne saisit pas que cette lacération n'était en rien la source de l'angoisse. Il semble oublier ce détail, ce flagrant détail opaque et abyssal qui ne cesse de rouler sur sa peau. Le blond hoche frénétiquement la tête, tentant de calmer son souffle anarchique, essuyant les perles salines sur son front d'un mouvement vif du bras.

T'as raison, c'est pas suffisant ! Ça m'prend une arme plus massive, c'est d'la merde ce truc !

Et il balance le fragment de verre par-dessus son épaule et d'une démarche rapide se dirige vers le placard du couloir, qu'il ouvre à la volée, sans perdre de temps. Il cherche, le blond, fait un boucan d'enfer, retourne tout à l'envers, éjecte vestes, godasses et autres des entrailles de la penderie, ces divers qui terminent écrasés sur le sol derrière lui. Où est-ce que tu l'as mis ? Putain ! Il cherche et cherche sans trouver, s'agace et s'énerve. Il se redresse vivement et se tourne vers elle, gesticulant tout en aboyant.

Où est-ce qu'il est l'flingue que j't'ai donné y a pas long ? Je t'avais dit d'le garder près d'toi ! Tu sais jamais c'qui peut arriver dans un quartier aussi bordélique ! Pourquoi tu m'écoutes jamais ?! C'est pour ton bien que j'te l'ai donné, pour que tu puisses te défendre en cas d'pépin ! Tu t'souviens pas de l'année dernière, la voisine qu'ils ont retrouvé crevée chez elle, juste à côté d'ici ? Tu veux finir comme elle ?! Eh bien, moi, j'ai pas envie qu'ma soeur finisse comme elle !

Il pivote sur ses échasses et sans un mot de plus, s'enlise dans la chambre de sa cadette, déterminé à trouver l'arme qu'il lui avait légué. Faut s'dépêcher. Pas de temps à perdre. J'veux être prêt quand il arrivera c'fumier. Si Aimee lui parle, il écoute à peine, trop anxieux, trop confus, trop obsédé à l'idée de dénicher le revolver, seule arme qu'il croit susceptible de les protéger un peu contre l'infâme cornu. Alors, il se presse, ouvre les tiroirs, les vide sans précaution, dispersant un foutoir aussi chaotique que ses neurones détraqués. Et enfin, il le trouve, ce coffret. Un rire un peu dément s'extirpe hors de son clapet tandis qu'il le dépose sur le lit, se pressant d'en ouvrir le couvercle. Les sourcils se froissent lorsqu'il réalise que l'arme n'est pas chargée et prête à être utilisé, les munitions toujours disposées dans une boîte à côté. Sa paluche agrippe l'arme et il dévisage la frangine immobile non loin de la porte.

Tu t'fous d'moi ? Il est même pas chargé. Putain, Aimee ! J'sais que t'aimes pas les armes, mais c'est important pour... quoi ? Pourquoi tu m'regardes comme ça ? Qu'est-ce qui va pas ?

Pour la première fois depuis qu'il s'est engouffré dans le logis, il voit. Ce regard inaccoutumé qui le toise, mirettes voilées par la crainte et le tourment. Quoi ? T'as entendu quelque chose ? Tu crois qu'il est entré à l'intérieur ? Pourquoi tu sembles aussi effrayée tout d'un coup ? Il s'agite, Nicholas, n'aime pas ce regard différent qu'elle pose sur lui, comme si le diable se dissimulait à l'intérieur de sa carcasse. Dis quelque chose, tu vas m'rendre cinglé ! Non, aucune chance. Il l'était déjà.


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