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 The demons we're made of [PV Maggie]

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SUCKER FOR PAIN

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↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement pour des raisons qui lui sont propres.
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MessageSujet: The demons we're made of [PV Maggie]   Dim 13 Mai - 0:12

The demons we're made of
Loving and fighting. Accusing, denying I can't imagine a world with you gone. The joy and the chaos, the demons we're made of. I'd be so lost if you left me alone. You locked yourself in the bathroom. Lying on the floor when I break through. I pull you in to feel your heartbeat. Can you hear me screaming, "please don't leave me." Hold on, I still want you. Come back, I still need you.


Ça cogne contre ses tempes, ça peste contre l’enveloppe glacée. Un ressac entêtant qui oblige le sang à fourmiller dans chaque membre à vitesse affolante. Le cœur combat l’apathie, avec une telle véhémence que ça lui fout la nausée, qu’il abandonne le verre qu’il serrait encore. L’alcool danse au fond de l’estomac, se plaque contre les parois, râpe l’organisme infecté. L’acidité remonte l’œsophage, grignote tout sur son passage. Il ne se sent pas bien, Oswald quand il délaisse son siège. Il a la gueule du type qui a avalé de travers et qui suffoque bêtement. La carcasse se faufile parmi les quelques clients restants. Le club va fermer d’ici une poignée de minutes. Il n’y a plus grand monde à surveiller, plus grand monde pour lui interdire l’accès à cette zone privée. L’arnaqueur a suffisamment observé les allers-venues, les gestes des employés pour savoir comment les rejoindre, les macchabées. Il se faufile silencieusement, glisse sous le radar du gardien et franchit la porte où on les entasse. Des chaines claquent, des râles grimpent contre les murs. Les yeux de l’escroc vont et viennent sur chaque visage décharné. La puanteur lui prend au nez, secoue ses tripes. Sa volonté quasi désespérée le force à poursuivre sa petite ascension entre les cages. Le fourbe sait très bien qu’il va la dénicher. Il l’a vue filer du coin de l’œil, droit vers cette salle avec le reste du nouvel arrivage. Pas pu la rater avec sa chevelure cuivrée. Ou ce qu’il en reste en fait. Apparition apocalyptique qu’il n’a pu qu’entrevoir néanmoins. Suffisamment fou pour tester sa théorie. Le quadragénaire évolue calmement, ne croise à aucun moment le regard des prédateurs claquant des dents. Des bras s’avancent, le métal résiste. Et puis, il la trouve. Tout au fond de la pièce, drapée par quelques ombres. Petit être piégé dans cette phase de l’adolescence où l’enfance n’a pas encore tout à fait déserté les traits.

La créature agit comme toutes les autres, elle bondit pour tenter de l’attraper. Lui s’est figé à quelques mètres de là. Sa main tremblante s’est posée sur le couteau qu’il a embarqué, dérobé au comptoir. Les lèvres frémissent quand les palpitations s’accentuent, rendent son souffle plus épars encore, plus bruyant, plus irrégulier. « Tu attends quoi ? » Qu’elle lui murmure, assise tout près de son double. « Que tu me foutes la paix déjà ? » Qu’il lui répond encore à l’hallucination de cette voix instable, bien mal maitrisée. Le manche de la lame glisse légèrement dans sa paume moite. « Tu devrais peut-être avancer, ça va pas se planter tout seul dans mon crâne, hein. » Il déglutit, difficilement, douloureusement et consent à l’ignorer. Les secondes deviennent minutes, le corps s’est métamorphosé en pierre. Statue pétrifiée dans cette allée grouillante de zombies. Depuis leur séparation, elle a inéluctablement débuté sa décomposition. Ses côtes visibles, ses vêtements déchirés et les tendons de sa joue, visibles. Cette transformation le choque au lieu de l’aider à outrepasser les quelques souvenirs qui se calent dans sa caboche. « Ils vont finir par te capter, fais le job et tire-toi. Qu’est-ce que tu me fais le vioque là ? Bouge tes couilles, t’attendais cette occasion, non ?  » Elena, le mirage, se place dans son champ de vision remplace la silhouette écorchée. « Faut en finir, Oz. Tu le sais aussi bien que moi. » Puis elle s’écarte et il s’avance, à pas mesurés jusqu’à atteindre la chose. Une grande inspiration qui lui rappelle l’odeur nauséabonde et il pose sa grande paluche sur l’os bien saillant de l’épaule pour la maintenir en place. Le bras se redresse enfin mais s’arrête en plein élan. Ses prunelles heurtent celles du mort vivant. Les réminiscences s’invitent de plus belle. Cette gosse, elle possédait de beaux yeux bleus avant de devenir ce truc difforme. Elle lui a, un jour, confié que c’était son taré de paternel qui lui avait refilé avant d’aller crever au fond d’un cours d’eau. Problèmes de fric, des dettes de jeu. Un type bien con comme elle lui avait dit.

Et lui alors, il ne l’est pas là ? « Bien sûr que si, t’es totalement débile. Tu parles même tout seul là. » Qu’elle réplique. Une seconde d’inattention qui permet à la bestiole d’enfoncer ses quenottes dans son cou. Un grognement, il la repousse, entend le squelette craquer quand elle rebondit contre la cloison. Un coup de pied, la semelle qui se pose sur le thorax de la saleté. Faut qu’il le fasse. Ce n’est plus elle. Pourquoi ne peut-il l’accepter ? Le couteau revient à la charge, il crie en effectuant le mouvement mais ne parvient pourtant pas plus à le lui foutre dans le crâne, déviant lui-même sa trajectoire avant l’impact. La lame ricoche contre le sol. « Mais tu fous quoi, putain ? » Le spectre continue à le presser. Et lui, il a plus de force. Il comprend, réalise enfin ses propres limites. « Je peux pas. » Qu’il chuchote en relâchant son arme, faisant un pas de côté pour libérer la poitrine du macchabée.  Risible. Combien de victimes a-t-il sur les bras ? Et il n’arrive même pas à achever un rôdeur, il est incapable de reprendre l’objet et de lui foutre dans le crâne. Totalement incapable.

Un sursaut de vulnérabilité qui rejaillit au contact de la rousse. Le pire moment pour s’accorder un peu de sensibilité face à ce qui n’a plus rien d’humain. Foutu dégénéré. « Comment ça tu peux pas ? Bordel, tu vas pas me laisser dans cet état, merde. C’est plus moi, imbécile. Vas-y. Tu me rendras service. » Son implacable impuissance le pousse rageusement à ficher son poing dans le mur derrière sa proie. « J’y arriverai pas, je te dis. Je peux pas. » Qu’il grogne à demi-plaintif. La bête profite de ce dilemme et de sa conversation avec le néant pour enserrer la cheville de ses doigts afin de la mordiller. « Tu vas pas me laisser te bouffer le mollet quand même. T’es vraiment qu’un con. Tu sais que je voudrais que tu me buttes. » Seconde morsure, second coup fichu pour qu’elle s’écarte. Il recule un peu plus, remarque qu’elle porte encore son sac à dos et son bracelet. Ça l’achève. « Tu vas pas me laisser là, bordel de merde, Madsen ! » « Non. » Qu’il lui affirme. « Non, tu vas pas rester là. » Ses paumes remontent les chaines qui lui enserrent la nuque pour trouver leur point d'ancrage. Des griffures lui sont administrées durant la manœuvre, le long de son bras droit. Une troisième morsure survient rapidement, atteint la main. Le coude frappe la tempe, déstabilise la gamine dont la prise se défait. « Fous-moi la paix, merde. » Il ne sait même pas s’il s’adresse à la rouquine trépassée qu’il vient de cogner ou à cette illusion de l’humaine qui lève les yeux au ciel. Les deux sont là, avec lui et lui, il n’arrive plus à se dire qu’il est seul. Qu’elle est partie. Lui, il se raccroche à ces stupidités comme tous les autres idiots qu’il a pu côtoyer et dont il s’est ouvertement moqué.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Lun 21 Mai - 18:02

Un bouton qui lâchait presque. Il dévoilait la naissance d'une poitrine moulée dans un sous-vêtement de jais et les iris les plus vicieuses de la salle s'y plongeaient sans gêne. Les avant-bras posés sur le comptoir, elle scrutait ce visage dans la foule et malgré la rancoeur et la lutte qu'elle menait pour s'en détacher, rien n'y faisait. Même les mots de la collègue rentraient aussi vite par une oreille qu'ils en sortaient par l'autre, et son poing qui frappait trois coups sur le bois qui les séparait ne changeait rien. Il en fallait un quatrième pour que les prunelles lâches enfin ces traits suspects. « J'suis complètement ailleurs, excuse-moi. Elle passait les doigts dans ses cheveux, l'une de ses mains allait se poser sur une hanche et l'autre restait paume contre son front. J'enchaîne les heures en ce moment et je suis censée remplacer une nouvelle au service demain matin. » Échappatoire. Des mots balancés sans conviction et elle repartait dans ses songes, reprenait sa contemplation en prenant le soin de hocher la tête et vaguement répondre à intervalle régulier - sûrement une fois sur deux à côté. La fatigue, sombre chimère qui ternissait l'âme et finissait par creuser le corps. La môme en portait les marques, mais la faim, l'angoisse. Et la mélancolie qui se transformait en cette succube qui l'attirait avec force vers les bas-fonds. La dépression, c'était elle qui empêchait ses paupières de s'enlacer et l'emmener vers Morphée. Une poignée de nuits qu'elle s'était échappée de son joug, mais déjà elle se sentait rattrapée. « Meg, t'es sûre que ça va aller ? Je peux parler à Moïra, elle m'apprécie bien tu sais et... » « Je dois faire la fermeture, ça commence à se vider, mais on en reparle plus tard ok ? » La silhouette se faisait la malle, alors la môme s'arrachait à sa léthargie en même temps qu'à cette conversation aussi redondante qu'insipide. Trois, cinq pas vers là où ses prunelles l'avaient lâché. Et elle le retrouvait s'immisçant vers ce qu'elle aurait dû fuir autrefois. L'antre du trépas, l'endroit où son sang avait coulé vermeille pour la dernière fois. Elle guettait la porte qui s'était refermée sur lui sans ciller, et agitait sa main sur une table déjà vierge de toute saletés.

Les secondes semblaient minutes et la môme était lasse d'attendre. Assez de ce chiffon qui ôtait des mirages, elle s'engouffrait à son tour dans les abysses du Bones et frôlait les murs, fuyait les regards. Galerie seulement garnie de son âme, celle de l'escroc et possiblement du gardien de troupeau. Elle devait tomber sur lui avant l'autre ou il finirait abandonné à la mort, des chaînes autour de la gorge. Exactement comme ces bêtes dont elle suivait les râles. Trop agitée la horde, devant les gueules décharnées devait se pavaner une proie et la frustration les faisaient gueuler. Hawk ou Madsen, derrière la porte l'un des deux se tenait. Et elle osait la pousser pour vérifier. « J'y arriverai pas, je te dis. Je peux pas. » Elle glissait un oeil la môme, puis le corps entier. A temps pour voir l'émacié se prendre un coup de pied. « Non. Non, tu vas pas rester là. » Atterrée, terrassée par la scène qui se déroulait devant ses yeux, elle se forçait à mettre un pied devant l'autre pour avancer. « Fous-moi la paix, merde. » Et lorsqu'elle saisissait une lame abandonnée au sol, des phalanges squelettiques lui encerclaient le coude.

Un coup de couteau net sur le sommet du crâne et la créature s'effondrait sans un soupir. « Je te conseille de lâcher ce cadavre et de retourner d'où tu viens, qu'elle laissait filer sans accent, tout en retournant l'arme blanche vers son propriétaire. avant que j'appelle la sécurité et qu'ils vous crèvent tous les deux. » Regard assassin. Elle fixait le sien, vitreux, fou, avant de détailler toutes ces plaies desquelles un liquide trop sombre s'écoulait.

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ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Sam 26 Mai - 19:39

L’ombre qui grandit dans son dos, il ne la perçoit pas. Aucun pressentiment, aucune attention à accorder à la démarche silencieuse de la gosse qui se joint à cette scène improbable. Il a encore les paumes qui se débattent avec les chaines, encore la gueule collée à l’illusion quand la voix de la petite envahit l’espace, remplace les râles qui le berçaient jusque-là. Le cœur remonte dans la gorge, l’incrédulité ronge les traits tandis que les maillons lui échappent abruptement sous l’effet de la surprise. La tête se tourne pour aviser l’apparition. Le choc l’oblige à garder les yeux grands ouverts avant que les paupières ,e se referment une, deux, trois fois. Il veut être sûr que la présence ne soit pas un énième fruit de son imagination. « Même pas tu captes ce qui est réel, maintenant. Ca s’arrange pas là-dedans. » Elena mime la folie de sa main tout en s’approchant de la môme comme pour la détailler à son tour. Il y a quelque chose d’affreusement dérangeant dans cette combinaison, d’horriblement prenant, ça lui saisit les tripes. Les prunelles tombent sur la lame tâchée de sang. Avec une certaine difficulté, l’escroc déglutit, tente d’humidifier la gorge sèche. « Qu’est-ce que tu fiches ici ? Eloigne ce truc, t'en as pas besoin. » L’index pointe le couteau, la carcasse s’interpose entre le macchabée et l’infectée. Geste instinctif de protection qui renforce sa démence. La bestiole en profite pour venir croquer l’épaule du fou furieux. Un énième grognement qui franchit les lèvres, le bras qui repousse la bête et le regard qui garde bien la visiteuse impromptue en vue.

La honte pèse sur la poitrine et comme le lâche ne peut détourner les yeux, pas sans craindre un acte impulsif de la gamine, il se permet d’utiliser son seul mécanisme de défense. « T’as récupéré ta voix à ce que je vois ! Et t’es déjà bien prête à me coller les emmerdes au cul avec. C’est que la reconnaissance, ça t’étouffe pas. La dernière fois qu’on s’est croisés, me semble que t’avais un mort sur les bras et que t’étais bien contente que je t’embarrasse. » Ça ne lui plait pas de lui balancer ça. Pas de dette qui tienne, pas de culpabilité à lui refoutre sur le dos après qu’il ait cherché à lui faire comprendre qu’elle ne l’avait pas fait exprès. Et que lui, il ne la blâmerait pas pour ça, ne viendrait pas réclamer réparation à ce geste de secours totalement dénué d’arrière-pensée. Sauf que les apparences déjà bien entamées par le spectacle qu’il lui offre et le froid qui s’est jeté sur leur relation, l’obligent à agir dans les extrêmes. Et dans la précipitation, ce sont les mots qu’il ne voulait pas s’entendre prononcer, qui hantent la pièce. « C’est peut-être le moment de payer tes dettes. » La langue claque et à l’intérieur, ça résonne, ça ébranle le squelette. Il se sent mal à l’aise. Le désespoir, il tente de le faire passer pour de la détermination. « Je dois la faire sortir d'ici. Et je vais le faire que tu brailles ou non après la sécurité, j’en ai rien à foutre. » La férocité se transmet par la pupille, les doigts reprennent leur ouvrage pour arriver au bout du lien.

Il tente de le décrocher, en vain, les mains dérapent, rougissent tandis qu’il force en y mettant toute son énergie pour dégager son ancienne protégée. Il devrait tout expliquer à sa potentielle unique alliée mais il ne trouve pas le courage. Surtout pas dans ces conditions où il serait jugé, sans doute même moqué par la danoise. Et la critique de la bouche de sa môme, il ne peut pas l’encaisser. « Elle va peut-être te tuer elle-même avec son couteau vu que t’es le roi des cons. Je prépare le popcorn ? » Que le mirage lui murmure en soupirant. « Ferme-la, toi. Je tente de te sauver les miches. » Qu’il bredouille en oubliant sans doute que la croupière ne partage pas sa psyché dérangée. Le pied frappe le cadenas à trois reprises et sans succès. Il souffle comme un buffle, peste, râle. Rien qui n'arrange la situation, rien qui puisse le sortir de cette merde infâme.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Sam 2 Juin - 16:48

Comme un coup de poing en pleine face, ces mots balancés lui faisaient l'effet d'une bonne grosse baffe. « Me fait pas passer pour une putain de profiteuse, pas quand j'ai un couteau à la main parce que je te jure que je vais te crever moi-même si t'arrêtes pas tes conneries. » Lorsqu'une part de son âme le prenait en pitié, l'autre lui rappelait les moments comme aujourd'hui. Ceux ou il laissait la folie l'habiter, ceux ou il déblatérait des conneries dans le vide et qu'elle le pensait meurtrier. Et elle était trop forte cette part d'âme, alors l'autre se taisait. L'autre s'écroulait sous les suspicions qui sur le moment semblaient fondées. « Tu cherches quoi, hein ? Parce que son histoire n'était pas crédible, parce que rien de ce qui sortait des lèvres de l'aîné n'avait de sens. Des cadavres qui marchaient encore, il y en avait des centaines qui jonchaient les murs de la Nouvelle-Orléans, et combien dedans ? Pas devenu banal d'en croiser et pourtant, la môme s'était habituée à leur râle. Parce qu'elle était déjà transformée peut-être, comme lui, mais surtout parce que tous en ce bas-monde savaient qu'ils existaient, qu'il fallait faire avec. Et qu'il fallait les éviter.

Les éviter ouais, pas les ramener dans les rues et moins encore celles aussi fréquentées que les ruelles du quartier est. Parce qu'il n'y a rien ici, à part des putains de cadavres qui braillent toute la sainte journée, comme cette pute qui te bouffe le bras là. » L'esprit embrouillé, la môme ne réfléchissait plus et l'instinct prenait le dessus alors que l'épiderme de l'escroc se faisait encore lacérer. « Écarte-toi, qu'elle braillait en s'avançant d'un pas, prête à fissurer le crâne de l'assaillante comme elle l'avait fait avec l'autre quelques minutes plus tôt. écarte-toi et lâche ce cadenas putain, t'es sérieux là, t'essayes de faire quoi putain, tu vois bien que t'es déjà couvert de morsures, si c'est pas moi qui t'arrête ce sera elle, parce qu'elle t'aura vidé de ton sang avant que t'atteigne la sortie. » Mais il ne réagissait guère et les paroles de l'homme étaient dénuées de tout sens. Alors la môme, elle n'avançait plus, faisait même machine arrière.

Putain de drogue, tout cela ne pouvait venir que de cette sombre maîtresse. « Casse-toi Oswald, Une once de bienveillance s'infiltrait dans la voix, mais le poing serrait toujours le couteau. Parce qu'elle savait qu'il ne l'écoutait pas. Parce qu'elle savait qu'il était impossible à raisonner, mais elle ne pouvait le laisser là. lâche ça qu'on sorte, y'en a plein des comme ça dehors, pourquoi tu t'emmerdes à venir les chercher ici. » Sur son putain de lieu de travail, avec tous ses collèges à proximité. Qu'est-ce qu'ils diraient, s'ils débarquaient maintenant, alertés par les cris ? Et qu'est-ce qu'ils feraient, s'ils la voyaient aux prises de ce taré qui voulait libérer les macchabées et dérober leur gagne-pain. Parce que c'était ça qu'ils étaient, ces putains de zombis. De la monnaie. Des putains de billets en devenir. Et voilà qu'elle-même voulait les buter à la chaîne, sous prétexte qu'ils attendaient à la vie de ce fumier qui ne voulait pas l'écouter. Ils allaient crever. Ils allaient tous crever et le pire là-dedans, c'est qu'elle ne pouvait toujours pas se résigner à appeler la sécurité.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Lun 4 Juin - 12:40

Les vents contraires la repoussent, l’obligent à se positionner mais elle ne trouve plus sa place, la môme. Elle a le cul entre deux chaises, Maggie, elle ignore s’il faut choisir un siège ou avoir les fesses collées au plancher. La légitimité de ses mots atteste du trouble qui se maintient entre eux, de la confiance qui se craquelle sous l’impulsion de l’arnaqueur, sous son indélicatesse. L’engrenage commence à le faire baliser. Le rejet, Oswald est bien incapable de le supporter. La petite se retranche derrière des avertissements mais son foutu couteau ne déserte pas sa paluche, ça en dit long. Trop long pour qu’il puisse fermer les yeux. L’escroc abandonne son acharnement, passe d’une obsession à une autre en fixant la menaçante. Les lèvres s’entrouvrent mais aucun son ne s’en échappe dans un premier temps. Il a peur de faire un nouveau faux pas, de se retrouver à la supplier de ne pas se barrer.

Vulnérable en cet instant, rendu pathétique par le rappel de la perte subie, par l’absence de détachement. A croire qu’on tente de lui foutre sous le nez, une foutue prophétie, comme s’il fallait qu’il s’occupe de l'orpheline avant que ça ne se termine de la même façon pour elle. Les propos de William résonnent dans sa caboche. Faut lui dire avant qu’il soit trop tard. Ça, il ne peut pas. Mais ça n’empêche pas qu’il peut tenter de rétablir un semblant de dialogue entre eux. Qu'il ne veuille pas qu'elle se retourne définitivement contre lui. L’attitude ambivalente de la croupière ne lui démontre que les possibilités de rattraper la situation.

Il déglutit difficilement et avoue d’une voix rendue rauque. « Je la connais, ok ? »L’énervement reprend le dessus pour masquer la honte, pour tarir la fragilité. « Je la connais, putain. » Qu’il s’égosille alors. La main coulisse contre les traits, cherche à les lisser méthodiquement. Comme s'il voulait y apposer un nouveau masque. A moins qu’il ne retire celui qu’il tente si voracement d’installer par fierté. « Si t’as pas envie de m’aider en trouvant la clé, alors dis que dalle, sors de là et alerte pas tes foutus collègues. » Un haussement d’épaules, les bras qui se croisent sur la poitrine. Le repli et l’affolement qui ne mènent que nulle part. Il soupire, observe la trépassée avant de s’avancer vers la vivante. « Je peux pas la laisser se faire démolir la tronche comme ça. J'en ai rien à branler des autres glandus. » Comme il ne pourrait jamais regarder sa gosse se faire molester sans réagir.  Son ton parait trop suppliant, ça le dérange. Il finit par se placer devant la scandinave. La main saisit le poignet adverse sans y mettre la moindre force, juste pour l'obliger à rester là, pour qu'elle l'écoute, qu'elle tranche enfin. « Je veux juste la sortir de là. L’emmener loin. C’est tout. Je te demande pas de commenter, de me rappeler que je suis qu’un dégénéré. Soit tu t’en vas, soit tu restes et tu lâches ce couteau. » La seule option. Le contact s’éternise sur la mimine de la mafieuse. Y a tout qui déraille pour le danois, tout qui gueule à l’intérieur.  Puis y a les morsures qui lancent, la fatigue physique et psychique qui pèse.

Ça part tout seul sans son accord. Il grappille de l’énergie vitale à son rejeton, il l’emmagasine durant une poignée de secondes. Ça suffit pour collecter quelques flashs, qui viennent renforcer la déficience émotionnelle de l’indifférent. Les souvenirs prennent la forme de nouveaux mystères. Il parvient tout juste à la relâcher sans pour autant parvenir à reculer. Ses prunelles se figent dans celles de son vis-à-vis, expression confuse qui se manifeste, qui témoignent du choc de la surprise. « Je voulais pas…C’était pas mon intention. » Qu’il balbutie un peu désorienté, en tentant de digérer ce qui s’est enchainé et de comprendre sans doute. Il y a quelque chose d’affreusement dérangeant dans le fait d’ouvrir des portes sans le vouloir sur l’intimité de quelqu’un qui n’a rien demandé. Surtout quand il s’agit d’entrapercevoir ce qu’il a tant voulu ignorer, l’existence de sa protégée. La moindre réminiscence le propulse dans les hypothèses émises, l'oblige à atteindre chaque fois un peu plus, le dénouement de cette histoire et il préfère autant continuer comme il a débuté, dans l’ignorance qu’il effrite seulement quand le cœur se sent prêt à encaisser.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Mar 5 Juin - 11:28

« C'est rien. » Que ses lippes articulaient sans le consentement du cerveau. Et parce qu'il fallait bien faire quelque chose, parce qu'il fallait surtout que ses iris s'arrachent à la contemplation de l'autre, elle rebroussait chemin jusqu'à l'entrée et larguait la lame à ses pieds. Pourtant sa main n'effleurait pas tout de suite la poignée, mais la ferraille d'un boîtier dissimulé juste à côté et à ses doigts pendaient bientôt quelques clefs. « Y'a toujours des pass, au cas où faudrait faire le ménage. » Intonation monotone et pupilles fuyantes, le trousseau quittait ses phalanges et volait à l'aveugle jusqu'à l'autre. « Fais ce que t'as à faire et sors par la droite, dernière porte au bout du couloir. » Qu'elle balançait, avant de s'éclipser dans les tunnels du Bones.

Putain de sensation, une armée de frissons lui parcouraient le corps et elle tentait de les chasser en frottant sa peau au travers du semblant d'uniforme. Occasion de vérifier que la couche de vêtements était toujours bien présente, et c'était le cas, alors pourquoi se sentait-elle comme ça ? Nue, complètement nue et plus souillée que par des mois de prostitution. Elle devinait encore la chaleur des doigts qui s'étaient scellés aux avant-bras et remarquait qu'elle tenait ce dernier comme on le ferait pour un membre brisé. « Moïra veut te voir, ça fait dix minutes que je te cherche putain, tu faisais quoi ? » Machinalement les mots s'échappaient, agressaient avant que l'autre, un collègue, est le temps de lui demander ce qu'elle foutait là. Des pourquoi d'abord, des soupirs et quelques banalités. Conversation bâclée pour l'éloigner et la môme suivait ses pas pour vérifier qu'il ne se retournait pas.

Coup d'oeil au tableau de présence lorsqu'elle quittait l'endroit. Hawk s'était barré et elle pointait à son tour pour couvrir ses arrières - quinze minutes trop tôt, mais Moïra serait sûrement ravie de garder un billet. Qu'importe, ça lui sortait vite de la tête, car dehors, il faisait presque nuit et surtout froid, ou peut-être que c'était le malaise qui faisait cet effet-là. Alors ses doigts tremblant attrapaient sa dernière cigarette et s'efforçaient de l'allumer, quand son esprit suppliait pour que l'autre s'en sorte, alors qu'elle pressait le pas pour contourner cette fausse putain de librairie et gagner l'endroit duquel il devait débouler. Putain de macchabée, dans quelle merde ces deux-là s'entraînaient-ils encore, et pourquoi faillait-il que tout tourne toujours autour de la mort ? Ils finiraient par y passer eux-mêmes à trop jouer avec le feu, et peut-être que c'était pour ce soir, vu la connerie qui était en train de se dérouler. Car si Némésis était la plus douce des sauvageonnes de la ville, la voler n'en restait pas moins une très mauvaise idée. Et dès le lendemain, la môme le savait, c'était des crocs acérés qui les attendraient devant la porte si le geôlier se rendait compte de quelque chose et qu'il était d'humeur à causer. Dieu que cette pauvre meuf avait intérêt à compter pour l'aîné, car pour une paire de miches décomposée, il foutait la môme dans un putain de pétrin dont il n'avait même pas idée.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Dim 10 Juin - 2:07

Paroles en italique = Danois

La rétine épingle la gosse, l’esprit reste bloqué quelque part entre leurs deux peaux désormais éloignées. La mémoire rattrape maladroitement les visions perçues, incursion indésirable dans le passé de la môme. Il a le souffle qui dérape, la paluche qui aimerait la récupérer. Il voudrait pouvoir commenter les informations qu’il lui a dérobées mais il doit crever en silence de ces quelques pièces macabres qu’il vient de grappiller. Les cuisses tâchées de sang, les doigts qui serrent ceux d’un mourant. Pire que tout, la gamine qui se prend des torgnoles. La culpabilité le fusille, la détresse s’implante encore plus férocement en lui et le rend plus confus que jamais. Il hoche de la tête vaguement, l’observe déserter la pièce. Et il reste là durant de longues secondes à se demander à quoi il joue en tentant de sauver une morte plutôt qu’à poursuivre la vivante. Il y a tellement de pardons qui se perdent entre la bouche et la porte qu’elle vient de refermer. Le chaos dans lequel la petite s’est retrouvée plongée à un jeune âge apparemment, le père absent l’a provoqué très certainement. Des traumatismes entraperçus, des passages coupés, des scènes tirées d’un contexte plus vaste qui ne fait que renforcer l’imaginaire malade de l’escroc. A combien de dangers l’a t-il exposée en décidant de la déposer sur ce banc ? Combien d’autres coups s’est-elle pris ? Combien de sang versé ?  Et à combien d'autres difficultés, n'a t-il pas été présent pour la réconforter ou l'en préserver ? Les quenottes mordent l’intérieur de la joue furieusement pendant que l’hallucination le presse. Mouvements mécaniques, attraper le passe, délivrer la bestiole et suivre les indications de la croupière. Le macchabée lui mâchonne la nuque, l’épaule à quelques reprises. Des douleurs bien éphémères pour celui qui subit un tout autre mal.

Les guiboles soutiennent à peine le poids du trouble. Les chaines qu’il tire pour forcer la rouquine décharnée à avancer, s’enfoncent et marquent sa chair. Les paumes rougies et la fatigue laminant les traits, il atteint la sortie, aspire l’air frais. Les yeux la traquent, la trouvent. La paume relâche le lien en métal pour attraper le coude de la fumeuse rapidement. La peur irrationnelle que sa sauveuse s’évanouisse, le sentiment de devoir se justifier, s’excuser qui grossit à chaque pas effectué. « Maggie. » Qu’il murmure d’une voix à demi-suppliante. Les iris se plantent dans celles de son vis-à-vis, le malaise contamine l’azur, plus de filtre, plus de masque. Juste un foutu vieux qui aimerait pouvoir effacer ses conneries et épargner d'autres souffrances à celle qu'il s'est juré de protéger. Les paroles se bousculent au coin des lèvres. Tout ce qu’il aimerait lui dire ne trouve pas de sens, pas sans lui expliquer davantage ce qui l'a poussé à se lier à elle dès le départ. Il espère qu’il n’y a rien de plus. Mais sent, sait qu’il y a forcément d'autres choses. D’autres événements compliqués, dramatiques dont il ignore encore tout. Il cherche le cran au fond des entrailles de lui dévoiler ses soupçons sur leur affiliation. Il ne le trouve pas et décide alors de lui relâcher le bras. « Tu pourras te nourrir. Une fois que ça sera fini. Compensation. » Une tentative de se racheter pour tout. Pas suffisante. Il n’aura pas assez de cette vie pour pouvoir expier son plus grand crime.

Le regard fuit, l’enveloppe se met en route, embarque le zombie. Las, l’arnaqueur dérive un bref instant sur l’instant et sur l’action. « Je connais une planque, je vais la foutre là en attendant. » Le silence revient lui briser plusieurs côtes, ralentit sa respiration. Il le brise, habité par son envie de bien faire. « Si je t’ai cassé les pieds l'autre jour, c’est parce que je crois pas que t’aies ta place dans cet endroit. Enfin, c'est que mon opinion quoi. T’es beaucoup trop intelligente pour t’abaisser à faire ce taff. » Sincérité qui émane de sa personne, le fait rentrer la tête dans les épaules. « Traiter avec la raclure du coin… ‘Mérites pas ça. » Un marmonnement qui s’égare dans la nuit, balancée dans sa langue natale. Les râles teintent cette conversation de plus de surréalisme. Et Oswald n’a plus la force de les ignorer. Ni de jouer à lui cacher les faits. « J’ai débarqué ici avec elle mais elle s’est fait bouffer sur le chemin quand on approchait de la ville. » Ça tient sur une ligne et ça ne résume rien, ça n’exprime pas l’attachement réel, ni l’affection antérieure qu’ils ont pu créer. Il pourrait lui filer son prénom mais ça lui écorcherait la gorge de le balancer. Ça remuerait ce qu’il a enterré sous des couches de fausse indifférence. Il a la tête ailleurs de toute manière et n'est pas convaincu que ça serve à la pousser à parler à son tour d'elle. La bobine continue de tourner à l’intérieur. « Je suppose que je peux me foutre mes questions là où je pense ? » Presque innocemment qu’il lui demande ça, incapable de garder pour lui ce qu’il a pu constater. Ce qui va le hanter durant longtemps, si pas à jamais. Ce qui l’attaque elle, ça le touche lui. Toujours trop tard pour réaliser l’ampleur du sentiment paternel en lui. Bien trop tôt pour qu'il se résigne à la laisser filer.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Mar 12 Juin - 20:33

Il se pointait enfin et la môme subissait ses phalanges sur sa peau encore à vif. Ne me touche pas, qu'elle voulait beugler et pourtant la voix suppliante de l'autre la faisait taire, ne lui donnait qu'une putain d'envie de gerber. Alors sa cigarette changeait de main pour pouvoir savamment se libérer de l'étreinte. Lever le coude pour apporter la toxine au bord des lèvres et en un même temps lui faire lâcher prise. La tactique était sombre et des plus lâches, mais elle n'avait pas la force de le faire fuir par son timbre. Fatiguée. C'était le poids d'une journée de tracas qui pesait sur ses épaules et peut-être même celui de ces derniers mois. Heureusement, il ne résistait pas. Alors elle avait l'audace de pousser le vice et de s'éloigner d'un pas, comme pour se fondre davantage dans la nuit tombante et se lover dans une bulle qui ne tardait jamais trop à voler en éclat.

Mais pour l'heure, l'esprit s'éloignait et la môme se perdait dans un espace-temps à mi-chemin entre le réel et son contraire. D'une impolitesse maladroite, mais toujours là. Elle ne relevait pas la proposition de repas, et ça lui arrachait même un haut-le-coeur de penser à ça - putain, c'était bien la première fois. « Et moi je ne crois pas qu'elle est sa place dans les rues, pourtant elle est là. » Qu'elle balançait sans jamais le regarder, quand lui continuait de s'épancher en plaintes teintées de justifications, pour changer. Pourtant voilà qu'elle tiquait la mafieuse, que ses esgourdes percevaient quelque chose de familier qui faisait remonter des souvenirs savamment mis de côté. Répète, qu'elle refrénait, par manque de force, de patience ou de courage. Le cerveau percevait des bribes, mais maintenant trop déconnecté pour se rendre compte de ce qui la foutait mal à l'aise. Comme dans cette ruelle, ce soir de janvier. Alors le sang bouillait quand la mémoire s'agitait dans un vide immense. Putain d'impression de déjà-vu qui semblait âprement vraie, mais la vérité n'était qu'un tas de noeuds que sans vergogne elle balançait. Alors impatience et angoisse s'unissaient aisément et elle ne tenait plus en place la môme. Nerveusement ses membres s'agitaient et elle tirait comme un putain de pompier sur cette cigarette dont il ne restait bientôt plus que le mégot. « Quoi ? Qu'elle braillait dans le vide, alors que les lèvres de l'autre se mouvaient toujours, mais qu'elle ne saisissait aucun des mots. Le philtre lui brûlait enfin les doigts, elle le lâchait, et revenait brutalement dans le vrai. Quelles questions putain ? Faut qu'on bouge, si ma boss décide de se casser en douce par la sortie de secours et me trouve ici avec ce putain de cadavre, c'est moi qui vais prendre sa place dans l'arène. » Le pas incertain et les mains qui passaient et repassaient dans sa chevelure, elle pressait le pas sans vérifier si l'autre la suivait ou pas. L'esprit toujours embué, elle peinait à remettre de l'ordre dans ses songes et son souffle en pâtissait. Alors rapidement ses jambes ne suivaient plus, la démarche devenait hasardeuse et son coeur battait si fort qu'elle le pensait capable de rompre sa cage thoracique. Ainsi le premier tournant devenait havre de paix, et elle collait son dos au mur pour soulager ses muscles et ne plus avoir rien d'autre à contrôler que sa respiration. Elle avait besoin d'air. Elle avait vraiment besoin d'air, et celui tout autour d'elle ne lui suffisait plus. Alors elle se forçait à faire le vide dans sa tête qui elle aussi commençait à tonner, mais songes, râles et voix qui perçaient la nuit se liguaient contre sa bonne volonté.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Sam 23 Juin - 11:11

Elle marque des points, la môme, elle lui renvoie la balle en pleine gueule. Toujours assommé, le troublé ne relève plus rien désormais, reporte à plus tard la discussion houleuse. Les paumes s’écorchent contre les chaines, le cœur se suspend quelque part entre la silhouette de Maggie et celle d’Elena. Il aimerait pouvoir avancer sa main en direction de la gosse, lui attraper la nuque et lui dire que ça ira. Qu’il ne la laissera plus jamais tomber. Impulsivité émotionnelle à laquelle le solitaire se refuse clairement et nettement. Par pudeur comme par peur de l’après, de la fuite toujours bien présente dans leur dynamique. Un seul élément pourrait la déclencher. L’infecté vacille de plus en plus maladroitement dans ses eaux interdites, jongle mal entre le secret, l’appréhension et l’anxiété. Les prunelles se figent sur le bitume qu’ils raclent comme des possédés, en proie au doute de la suspicion. La seule idée que la gamine ait raison sur une entrée dans l’arène, lui file la nausée et lui donne envie de relâcher instantanément la rouquine. « Désolé. » Qu’il marmonne avec sincérité. Bien trop humain ce soir, bien trop poli pour paraitre honnête et pourtant, il ne l’a jamais autant été avec personne. Pas même avec son propre frère. La danoise ne réalise pas l’espace qu’elle a commencé à occuper dans l’existence de l’escroc. « Si elle te cherche des noises, je dirai que je t’ai menacée pour ça, que je t’ai pas laissée le choix. Que c’était marche ou crève. Tu paieras pas pour mes conneries, t’inquiète. » Qu’il lui confesse avec lassitude, déterminé à prendre tous les coups à sa place. Il tire vers l’avant la carcasse décharnée, s’arrête juste pour observer les bruits et prier pour que la milice ne laisse pas ses yeux trainer de ce côté. Ce qu’il peut être le dernier des cons de pousser le vice à préserver le souvenir évanoui d’une adolescente emportée par la mort.

L’épuisement ravage les traits quand l’épaule enfonce la porte de l’immeuble désert. Ensemble de squats, même endroit qu’il fréquente pour les expériences de sa collègue. Les clodos le dévisagent à peine quand il franchit le seuil avec sa cargaison improbable. Direction la cave. La bestiole claque des dents à proximité des côtes quand il force le cadenas d’une pièce isolée pour la projeter à l’intérieur. Bruits de craquement qui le font pâlir. Au lieu de refermer derrière lui, le scandinave se lance dans la salle exigüe. Le souffle devient épars quand l’étroitesse du lieu le renvoie à la cellule qu’il a occupée. Peu de lumière qui plus est dans ce sous-sol, de quoi nourrir davantage sa fébrilité. Et puis, il y a encore les images qui repassent à l’arrière du crâne, la petite aux prises avec ses enfers. Ça lui donne envie de dégobiller. Les paluches effleurent très précautionneusement les membres déchiquetés de la chose qu’il planque, il s’assure qu’il n’a rien déboité dans la manœuvre brutale. Il accroche les liens métalliques au mur comme il peut, s’assure que le tout tienne avant de rebrousser chemin et de boucler le périmètre. Il reste devant la paroi avant de remonter par l’escalier, figé dans le cauchemar avant de se retourner vers la croupière. « La vie t'a pas fait de cadeau, pas vrai. » Qu’il se surprend à lui chuchoter. Une affirmation, pas même une interrogation. « Déjà avant ce merdier. » Bien avant que le monde se mette à dérailler. Dès le premier cri en fait, quand la mère a rejeté le nourrisson. Est-ce qu’elle a cru n’être qu’une erreur ? Qu’un point noir dans un blanc immaculé ? Comment a-t-il pu lui transmettre ce même sentiment de rejet, d’inutilité ? « C’était du baratin ton histoire de tutu et de gamine qui bouffait des paillettes, hein ? » La voix s’estompe jusqu’à se perdre. « Je préfère que tu me dises d’aller me faire foutre plutôt que de me mentir ouvertement en pleine gueule. » Un autre aveu, plutôt ironique d'ailleurs. Parce que la vérité déballée après le mensonge engendre une réaction en chaine qui l'oblige à plier sous les injonctions de ses pulsions. Les doigts attrapent l’épaule de la mafieuse, la compriment. « Si t’étais à nouveau dans la merde, tu viendrais me trouver ? » Question qui le taraude depuis leur dernière entrevue foireuse. Et qui semble avoir toute son importance désormais, au fond de ce cellier qui se partage entre seringues usagées et râles de la créature capturée.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Sam 30 Juin - 11:13

Désolé. Il était désolé le con. Les lèvres de la môme s'entrouvraient une seconde, mais ne laissaient finalement passer aucun son. Faute aux prunelles de l'autre qu'elle croisait brièvement. Les bougres semblaient sincères et c'était bien la première fois qu'elle avait cette impression, celle de vraiment pouvoir leur faire confiance, de savoir lire en elles. Peut-être qu'elle se trompait. Peut-être qu'il feignait aisément les regrets. Qu'importait. La danoise n'avait pas envie de tergiverser et lui laissait le bénéfice du doute ce soir. Fatiguée. Elle se lovait dans ses naïves espérances et décidait de baisser les armes. « Pour ce qu'elle en aurait à foutre de tes explications. Elle verrait seulement qu'un de ses employés préfère sa petite existence à son business de merde et au mieux je me ferais dégager, au pire ça serait les pieds devant. » Mais pas muette bien longtemps. Si elle décidait de fendre la carapace, elle demeurait incapable de se laisser étourdir par tant de charabia. « N'empêche, t'as l'air vachement sûr de toi. J'en déduis que tu la connais un peu plus que ce que tu veux bien laisser entendre, mais entre la Moïra de tous les jours et la dirigeante de mafia, crois-moi c'est un univers qui les sépare, donc évite de me dire de ne pas m'inquiéter quand tu ne sais pas de quoi tu parles. » Tranchante. Si elle se doutait que l'aîné baignait dans le même monde. Si elle savait que son quotidien était aussi obscur que le sien. Mais il ne parlait pas. Il ne disait rien. C'était toujours un inconnu, peu importait depuis combien de mois ils se fréquentaient. Une putain de page blanche avec quelques traces d'encre ça et là. Et elle ne savait même pas ce qui était vrai ou pas.

Le temps de contrer cette bienveillance qu'elle ne consentait pas, ils s'étaient enfuis des ruelles et gagnaient la cave d'un immeuble abandonné où quelques badauds sommeillaient. Pas affolés par la bête enchaînée, la plupart restaient muets quand d'autres se permettaient même de grommeler. C'était quand la môme assistait à ce genre de scène qu'elle réalisait que le monde avait véritablement sombré. « De cadeau ? Elle se mettait à rire la môme, de dépit. L'autre venait de déposer sa décharnée dans un box et ils sortaient de ce repère de clodos - débarrassés. C'est un putain d'euphémisme ouais, mais ça n'empêche qu'elle était vraie cette histoire. T'es juste tombé sur une bonne. Si tu m'avais demandé si je faisais de la course à pied quand j'étais gosse je t'aurais répondu que ouais, quasiment tous les soirs, pour fuir les enfoirés qui me tapaient dessus. » Et toujours cette main sur son épaule qu'elle voulait dégager. Elle ne supportait pas ce besoin qu'avaient les gens de la toucher. « Mais ça craint d'entendre ça hein, t'es mal à l'aise, tu sais pas quoi dire et ouais, voilà, Elle fusillait les prunelles de l'autre, voulait lui cracher à la gueule tant ce qu'elle percevait - ou pensait percevoir - la foutait en rogne. t'as ce putain de regard rempli de pitié. Alors on va s'en tenir au tutu, parce que je déteste ça. » Léger coup d'épaule pour lui faire comprendre qu'il gênait, et elle menait la marche. Incapable de rester immobile quand elle savait ce qui l'attendait. Lui et ses questions. Il les choisissait bien. Comme le moment. « J'sais pas pourquoi tu te la joues Superman avec moi, mais tu sais quoi ? Ouais, je viendrais sûrement. Elle marchait sans vraiment le regarder. Plus d'oeillères. Plus de barrière. Elle tombait le masque, mais fallait pas trop lui en demander. Les confidences autour d'une tasse ce n'était pas sa came. Pas plus que les discours bourrés de larmes. De toute façon dès qu'on se voit c'est pour régler une merde, alors pourquoi je me gênerais, t'es habitué maintenant. En plus, j'ai pas tente-six personnes dans mon carnet d'adresse chez qui aller sonner quand j'ai un macchabée sur les bras, donc tu devrais continuer à me voir régulièrement, vu la propension que j'ai à semer les cadavres dans mon sillage. » Teinté d'un humour aussi malsain que mauvais, le discours ne manquait pour autant de véracité. « Et tant qu'on parle de ça, merci. Elle s'arrêtait. Lui touchait brièvement l'avant-bras, frissonnait. J'étais trop énervée pour te le dire la dernière fois, mais c'est sincère. Tu m'as sauvé la mise sur ce coup-là et contrairement à ce que tu penses, j'suis pas une putain de profiteuse. Alors je te remercie ouais, même si on a failli finir au fond de l'eau à cause de tes phases à la con. » Et le regard devenait noir l'espace d'une demi-seconde, quand le film de cette journée passait à toute vitesse dans son crâne. Quel putain de taré. Mais serviable, l'aliéné.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Dim 1 Juil - 19:43

Les prédictions macabres de Maggie lui filent le vertige. Mais lui, il a d’autres atouts calés dans la manche. Et il compte bien tous les jouer pour que la môme ne soit pas victime d’une punition morbide. En dernier recours, il la cachera. L’aliéné doute que la petite le suive sans rechigner, ni même qu’elle veuille de cette vie de fugitive planquée. Peut-être qu’il devrait arrêter d’anticiper aussi loin les probabilités. Ça ne lui ressemble pas de ne pas conjuguer son existence et ses pensées au présent. C’est à ça que ça ressemble sans doute de devenir un vieux con pourri de responsabilités. On se casse la gueule en songeant au futur plutôt que de se pencher sur l’ici et maintenant. Quoique lui vient de faire l’inverse en enfermant Elena dans un cagibi, il s’est laissé absorber par le passé. Les doigts lissent le front vainement tandis que de nouvelles bribes de mystère s’emboitent. Des parcelles de vérité que la gosse consent à lui fournir. Livide, le potentiel géniteur se tait un peu trop longuement pour digérer les aveux. Le goût poisseux de l’amertume et des remords se liquéfie un peu plus au fond de la cavité buccale. Qu’est-ce que j’ai fait ? Qu’il se demande encore une fois en contractant ces paumes froides qui ont un jour rejeté le corps fragile et sans repère d’un bébé tout juste né. Le mal être le prend à la gorge, il voile une bonne partie de son visage à sa protégée pour qu’elle n’assiste pas à cette énième décomposition. Ils vont trop loin sur ce chemin et pas suffisamment pourtant pour qu’il puisse se débarrasser de ses propres confessions, qu’il justifie ses décisions afin d’alléger la culpabilité. Mais il ne le mérite même pas ça. Et elle, alors ? Ne mérite-t-elle pas d’obtenir la vérité ? Sans doute que si. Il ne sait pas si elle est vraiment en état de la recevoir et de l’accepter néanmoins. A moins qu’il ne se dise ça que pour protéger son propre intérêt.

Peut-être qu’il se serait muré dans son malaise jusqu’à atteindre le Bones si elle n’avait pas outrepassé son propre orgueil pour le remercier. Contact succinct qui vient appuyer le message et perturber davantage le troublé. Cette reconnaissance le lacère comme jamais, c'est déplacé, grossier. Inutile. Ça l’écorche jusqu’à ce qu’il perde la boule. Il exécute deux pas en arrière comme si l’effleurement n’avait été qu’une décharge électrique pour l’organisme. « Ne me remercie plus jamais. » Qu’il grogne abruptement entre ses dents serrées. Il éprouve trop de difficultés à gérer sa conscience d’ordinaire si facile à manier. « C’est compris ? » Un ajout d’une voix toujours plus intransigeante et bien moins laconique que d’habitude. Le temps de camoufler ses démons suspendus aux paupières en détournant l’attention et il articule plus posément une conclusion réelle. « Je crois pas que ça vaille la peine. » Que j’en vaille la peine. La faute pèse deux tonnes sur sa carrure, les cris du marmot abandonné résonnent toujours si fort dans les tréfonds de sa mémoire. Il a du mal à respirer. « J’ai pas besoin de ça. Et de toute façon, on est quittes. J’ai rien d’un mec qui fout son calebar au-dessus de collants pour gonzesse. » Ton bourru, il s’allume une autre clope et a bien conscience qu’il doit gérer le reste de la communication qu’il a si vivement altéré. Son timbre ne reprend pas son indifférence coutumière, ni même sa stabilité maladive.

Tout s’embrouille là-haut, il foire sur toute la ligne en tentant d’enfoncer des portes entrouvertes. Pour sûr qu’elle va les lui claquer au nez s’il continue sur cette lancée. Mais ça le démange d’en apprendre davantage. De se manger d’autres claques et d’agoniser en silence de ses conneries. Autoflagellation gratuite dont il voit soudainement une certaine nécessité. Égoïsme de l’utiliser à cette fin, en omettant qu’elle en crève aussi de le lui raconter. « Moi aussi, j’ai eu des parents de merde. C’était pas de la pitié. Je croyais juste que tes vieux, c’étaient les gars au tutu pas que t’avais fait la chaise musicale avec les pires raclures avant d’en arriver là. T’as été dans le système longtemps ? » Il est terrorisé à l'idée de lui demander si elle a connu plus que quelques coups sur les joues. Tout juste assez lucide pour se raccrocher à ce qu’il croit être les fondations premières de leur relation. Sans plus d’explication, il la tire dans une ruelle plus discrète et déserte pour relever sa manche. « Sers-toi. Dédommagements et intérêts. » Bras qu’il tend comme à chaque fois, un sale rituel qui vise à s’auto-rassurer sur ce qu’il vient encore une fois de saccager. La fièvre liée au morsure commence à s’élever. Il a la peau engourdie aux endroits où le macchabée à enfoncer ses crocs, de sales sillons de sang ébène qui sèchent déjà. Frissons qui massacrent la pelure et la gueule qui reste basse, la rétine qui se colle aux pavés, partout plutôt que sur l'objet de sa honte et de sa fierté. Sur la gosse qui a survécu à tout et qui trouve encore le courage de le remercier lui, le taré de dégénéré. Le père indigne qui a épousé sa lâcheté.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Lun 2 Juil - 14:19

Des aimants ces deux-là. Les mêmes. De ceux qui se repoussaient de toutes leurs forces, mais qui rôdaient quand même dans le sillage de l'autre. Comme s'ils aimaient ces confrontations. Comme s'ils avaient besoin de se repousser pour se sentir exister dans cette relation. Incapable de s'approcher. Incapable de se rapprocher. Pour une main tendue c'était des semaines de silence qui s'en suivaient et pour une parole trop intime qui s'échappait, c'était toujours des insultes qui se pressaient derrière. Ils se fuyaient. Ils se donnaient tant de mal pour s'éloigner, mais tout les ramenait sans cesse à proximité. Et c'était compliqué pour ces âmes trop similaires d'évoluer dans le même périmètre, alors ça devenait difficile de se parler, de s'appréhender, de s'écouter. S'ils se comprenaient sûrement, dans le fond, ils laissaient bien volontiers penser le contraire. Parce que ce n'était pas tâche aisée que de se laisser couver par les mots de l'autre, comme ça devenait de plus en plus compliqué d'accepter ces regards qui en disaient trop. Car s'ils ne se parlaient pas tant que ça finalement, le temps avait fait connaissance pour eux. Ils s'étaient vus trop de fois. Ils se côtoyaient trop. Et ça crevait les yeux qu'ils s'efforçaient de maintenir en place des barrières qui voulaient s'écrouler depuis longtemps. Elles étaient branlantes. Elles ne tenaient plus qu'à peine. Mais ces deux-là, fallait pas trop leur en demander. Se foutre à nue demeurait impensable. Alors comme un pied-de-nez au karma, la môme envoyait paître tous ces signaux qui clignotaient si fort au-dessus du duo et se laissait aveugler par ses propres convictions. Elle était malsaine, cette relation. Elle ne doutait pas de ça une seconde. Et si souvent elle voulait y mettre un terme, elle ne savait pas le faire. Elle ne voulait pas le faire. Elle devrait. Mais elle ferait quoi, sans cette épaule ? « Si c'est pour revenir me faire chier à propos d'un foutu manque de reconnaissance, je préfère prendre les devants et te remercier deux fois même. Pour ça et pour tout le reste tiens, comme ça tu les prends maintenant les remerciements et ont en parle plus. Enfin jusqu'aux prochains, parce que même si on est quittes là, je fous ma main à couper qu'on ne le sera plus dans peu de temps. » Il reculait de deux pas plus tôt et voilà que leur peau s'effleuraient encore. Il la traînait hors des sentiers. Et elle souriait vaguement la môme. Fatiguée. Touchée. Agacée. « Arrête de me tendre le bras à la moindre occasion comme ça. Je vais bien hein, je vais sûrement mieux que toi en fait, mais t'as déjà eu l'occasion de te servir donc je vais m'abstenir de te retourner la proposition. » Pour l'instant du moins. Parce que son épiderme était toujours à vif. Parce qu'à la vision de ce bras tendu vers elle, sa chair semblait la brûler de nouveau. Alors nerveusement elle se frottait discrètement le bras. Comme pour faire partir ces fourmillements, cette sensation dérangeante. « N'empêche que c'est culotté de ta part de ne pas vouloir de mes remerciements, parce que c'est exactement ce que tu fais en me proposant ça à chaque fois. C'est pas désintéressé, j'sais pas si t'en as conscience, mais pas besoin d'être psy pour le remarquer. » Parler pour meubler. Balancer des phrases bateau pour se vider la tête et calmer ses sens. Parade d'escroc. « Tu te rachètes en faisant ça, hein ? Pourtant je croyais qu'on était quittes. » Ses prunelles fuyaient celles de l'autre, mais quand elles avaient le malheur de s'accrocher, la môme luttait de toutes ses forces pour ne laisser paraître qu'humour et détachement.

Assez de ne savoir que faire de ses phalanges. Elle menait une cigarette jusqu'à ses lèvres et les volutes de fumée se mélangeaient. Parler. Parler encore - alors qu'elle pourrait simplement se barrer, mais ça ne lui passait pas par l'esprit sur le moment. « J'ai passé treize ans dans le système ouais, avant de me faire adopter. Ça a mis fin à pas mal de galères, mais ça ne s'est pas forcément bien terminé non plus donc... » Fin de phrase coupée par une inspiration de nicotine, elle ne la terminait pas. Se contentait de fixer le nuage gris qui les entourait déjà. « Après je ne vais pas me plaindre non plus. C'était des gens bien. Ou ce sont, en fait je ne sais pas s'ils sont toujours en vie. Ça fait bien longtemps que je n'ai plus de nouvelles et si j'en crois ce que dit le gouvernement y'a déjà plus grand-chose à quelques centaines de bornes de ces murs alors imagine de l'autre côté de l'océan. » Sûrement rien. Sûrement tous engloutis par ces mêmes flots. « De toute façon je préfère penser qu'ils sont morts. En plus d'être sûrement vrai, c'est plus facile. J'aurai rien à leur dire et j'pense pas qu'ils voudraient m'écouter de toute façon, pour plein de raisons. » Elle avait fait son deuil la môme, avant même que l'univers se déchaîne. Sûrement le jour même où elle était partie, en fait. « Bref, j'sais pas pourquoi je te dis tout ça, c'est que des conneries sans importances maintenant. » Un extrait du passé, bien rangé dans ses souvenirs. Caché par d'autres, enfoui.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Mar 3 Juil - 15:04

Le rapport de force, il bascule sans cesse. Ça tangue tellement, relation faite de tumultes. L’un s’accroche à la barque, l’autre lui saisit l’épaule. Un jour, elle va vouloir le noyer, lui enfoncer le bout de la semelle dans le gosier pour qu’il se la ferme. Pour qu’il disparaisse. Et y a de fortes chances pour qu’il se laisse faire. Il a conscience d’être le poids sur le radeau, d’être la raison qui les pousse à prendre l’eau. Les parents ont ce pouvoir sur leurs enfants. Ils sont des bagages que la progéniture se traine, des valises remplies de cailloux, de poignards et d'autres babioles lourdes, souvent sans importance. Ça pèse, la génétique. Ça pèse au point de vouloir couper les liens. Mais y a rien qui parvient à les sectionner. Ils sont toujours là. Même quand on n’arrive pas à les discerner, qu’on n’a pas connu la source. Oswald, il les perçoit chez elle. Le penchant pour l’autodestruction, les poches vides par l’égoïsme de géniteurs lâches, le désir de jouer l'insensible. Elle les porte, ses ancêtres sans même avoir pu connaitre leurs initiales. Il ne peut pas l’aider à s’en défaire. Lui-même a les poignets liés par l’histoire des siens. Pas de recette miracle. Lui devra apprendre à vivre avec ce pêché, cette naissance involontaire. Et elle, elle devrao surmonter ce qu’elle ne comprend pas. Ou elle en succombera, si ça n’est déjà pas le cas. Le danois observe l’œuvre chaotique à qui il a donné forme et se replie derrière son malaise. « Arrête, merde. Je te demande pas de jouer à la psy, putain. Je m’en branle juste de ces conneries. Je fais pas ça pour me choper des lauriers à la noix. » Sûrement pas. Pas de rédemption, toujours pas, non. Un équilibrage qu’il croit apporter alors que ça continue de vaciller.

Le dos se colle à une façade, la gueule baisse encore de plusieurs degrés, c’est à peine s’il ne part pas vers l’avant à force de fixer le sol. La gravité le rappelle, il lutte vainement. « J’en veux pas de toute façon. J’ai pas fait exprès. » Qu’il marmonne quand ça reparle de l’accident d’énergie plus tôt. Y a de la bienveillance dans la voix de la môme qui vient à nouveau enfoncer le couteau dans la gorge. Il n’arrive plus à parler. L’air passe mal, il commence à crever pour de vrai. Les ongles viennent frénétiquement arracher la peau du bras droit pour se reprendre, il gratte une des morsures reçues avec acharnement, jusqu’à sentir l’hémoglobine peindre les doigts. Réflexe pour qu’une douleur en chasse une autre. Un fonctionnement comme un autre quand le détachement n’existe pas. Les aveux se construisent. Il la pousse à parler et elle en ajoute plus que ce qu’il peut endurer. « C’est à cause de la grossesse foirée que ça s’est mal terminé ? » La question lui échappe. Les détails tout autant à cette vision dérobée. La lividité ne cesse de s’amplifier. « Oublie. J’ai rien dit. » Qu’il enchaine en s’étouffant dans un putain d’embarras, avouant ce qu’il a subtilisé en plus de la vitalité adverse. Le nez pointe toujours vers le bas. « C’est toujours la merde, les histoires de famille. Y a toujours des trucs qui foirent. J’espère que t’as eu la chance d’éviter l’orphelinat catho’ avant l’adoption. Ils sont coincés du cul et cons comme mes pieds là-bas. » Piaillements sans fondement. Son parcours à lui, lui parait risible maintenant. Il s’est plaint d’avoir atterri chez les bonnes sœurs, d’avoir été l’œuvre de charité de quelques religieuses alors qu’il aurait pu vivre bien pire. Alors que Tobias, surtout, aurait pu tomber sur pire. Sa rancœur à l’égard des gens qui lui ont arraché son cadet, diminue à vue d’œil. Tous ces porcs qui ont osé blesser, marquer sa gosse, il veut les détruire, leur percer la trachée, les saigner. Mais il arrive bien trop tard pour ça.

Treize ans qu’il recompte mentalement. Treize foutues années. « Ça craint, putain. » Qu’il expulse entre deux accès de fièvre. « Ils ont branlé quoi les services sociaux pour que ça se passe comme ça ? Bande de cons. » Un peu de colère qu’il devrait ravaler, planquer sous des couches de mensonges. Il n’y arrive pas, ça le démonte de l’intérieur. D’autant plus avec une finalité qui s’est soldée sur le retrait de la famille trouvée. Famille qu’elle a aimé, ça se perçoit. Et ça ne l’aide pas. « Et avant d’être dans le système ? Ils sont morts aussi ceux qui t’ont balancée dans ce monde ? » Dernier indice à grappiller qu’il s’essaie à lui arracher. « T’as jamais eu envie de savoir ce que t’y foutais en premier lieu dans ce système de merde ? » Un murmure, un défi qu’il s’impose. Il tâtonne, veut savoir à quoi s’attendre. La confession lui brûle le bout des lèvres. Tout le corps s’enflamme sous le poison ingéré par les crocs de l’infectée mais c’est le cœur, c’est le cœur qui se consume d’abord.

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Mer 4 Juil - 13:30

Elle tentait de confronter le regard de l'autre, mais les prunelles pointaient vers le bas. Il ne la regardait pas. Comme s'il n'osait pas. « T'en voulais pas mais t'as quand même bien observé, hein. » Sa posture criait au malaise, pourtant la môme ne se formalisait pas. Pourquoi le faire ? Peut-être que si ça c'était passé la veille, elle aurait crachée sa haine, forcée par la blessure de cette intrusion. Et peut-être que si ça se passait demain elle répondrait aux questions. Mais aujourd'hui rien ne s'échappait des lèvres. Assez d'un sujet. Assez d'un chapitre de sa vie qu'elle faisait lire à celui qui n'était pas loin d'être n'importe qui. Elle se livrait à l'inconnu. Elle sautait dans le vide, sans parachute. Mais ça lui faisait du bien de bavasser et puis ce dont elle parlait remontait à si loin que souvent elle l'oubliait. Et tant de marmots comme elle. Lui-même venait de traiter ses parents de merdes. C'était courant, à peine plus intime que de parler du beau temps. Tout le monde se plaignait de ses géniteurs, c'était rentré dans les mœurs et ouais, finalement, ce n'était pas si désagréable de rouvrir ces plaies à voix haute. « Il ne foutent jamais grand-chose les services sociaux. La plupart sont des enfoirés complètement à côté de leurs pompes et les autres, même s'ils veulent faire bouger les choses, ils sont bloqués par les gens au-dessus. Des types en costards qui n'ont jamais foutu un pied dans un foyer et encore moins dans une famille d'accueil. D'ailleurs ils ne vérifient pas vraiment chez qui ils envoient les gosses, ça je l'ai su plus tard. » Bien plus tard, quand elle sortait du système. Une fois qu'elle avait un accès quotidien aux journaux et à internet. Elle voulait savoir. Elle voulait comprendre pourquoi tant de gamins se retrouvaient dans la merde. Mais elle n'avait jamais vraiment trouvé de réponses. Seulement des batailles. Des guerres sans fin. Parce que luter contre le système, c'était se battre en vain. « Ils se contentent de verser l'oseille sur le compte des gens et de leur refiler un gamin, puis ils envoient quelqu'un vérifier si ça se passe bien de temps à autre. Mais si t'as pas de bleu sur la tronche ou que tu n'te mets pas à hurler à la mort quand ils sont là, t'y passes un voir deux mois de plus sans revoir personne. Et même quand ils se pointent, ça ne dure pas plus de vingt minutes. » Et parfois même elle jouait dehors pendant l'entretien. Jamais d'examens, pas vraiment de questions. « Puis ce sont rarement les mêmes alors tu ne tisses aucun lien. T'as pas confiance donc tu n'parles pas et tu n'demandes rien. » Pour preuve, elle se cachait derrière les guibolles de ses bourreaux quand les gens des services sociaux débarquaient. C'était qu'une gosse. Une gamine apeurée qui cherchait désespérément un repère et un brin de stabilité. Alors ces types qui la frappaient et les femmes qui ne disaient rien, ils avaient ce rôle parce qu'elle les côtoyait à longueur de journée. Les autres, ils n'avaient rien de commun. Ils lui faisaient peur, tous, à cette môme désabusée.

Le dos rejoignait le mur et elle fixait celui d'en face. Sa cigarette crevait dans sa main droite quand l'autre allait se réfugier dans la poche de sa veste floquée d'une vieille marque. Les membres lourds. Tout semblait flou autour. Et elle avait presque l'impression d'être seule dans cette allée, tant c'était compliqué de réaliser que tout ça s'échappait bien autrement qu'en pensées. « J'crois que la première fois que j'ai osé demander à voir mon dossier j'avais douze ans. J'sais pas pourquoi je me suis fait chier à faire ça d'ailleurs, parce que nan, j'crois que j'ai jamais vraiment voulu savoir ce qui m'était arrivé. La fumée quittait doucement ses lèvres, et elle se revoyait treize ans en arrière. Une vieille femme qui portait des culs de bouteille lui avait demandé si elle voulait jeter un oeil à son dossier avant de se faire adopter. Elle puait le parfum. Et le souvenir de sa main dans le creux de son cou lui arrachait un frisson chaque fois qu'elle se le rappelait. Pas que je m'en fous, mais on m'a toujours dit que mes géniteurs m'ont abandonné quelques heures après ma naissance donc je n'voyais pas ce que ça pouvait m'apprendre de plus. Et j'avais raison, puisque c'était simplement écrit que la meuf m'a expulsée et dégagée dans la même minute. » Les trois dernières inspirations de nicotine s'enchaînaient, laissant le silence enrober leur sphère. Puis elle jetait le mégot et sa main droite copiait la gauche. « T'sais, t'en as qui abandonnent leurs gamins au bout de quelques semaines ou d'un mois. Ils prennent le temps de la réflexion quoi, ou de se détacher en douceur. Là non, même pas. J'pense qu'elle ne m'a pas regardé en fait, donc je ne vois pas pourquoi j'irais me faire chier à la chercher. » Elle devait être sûre d'elle et la môme l'était tout autant. C'était peut-être dur comme façon de penser, mais pas moins que ce que cette bonne femme avait fait. « Franchement je m'en fiche qu'ils soient toujours en vie ou pas, je ne me pose même pas la question. Et je n'pourrais même pas te dire qu'ils sont morts à mes yeux, parce que pour être honnête, ils sont seulement inexistants. Et si je me tenais en face d'eux là, maintenant, je n'prendrais même pas la peine de leur dire d'aller se faire foutre. Quand tu veux un gosse tu l'assumes. Et si t'en veux pas, tu l'assumes aussi. Tu n'reviens pas le faire chier vingt-cinq ans après. » Elle se taisait là-dessus et tentait de rattraper le regard de l'autre qui devait sommeiller à côté. Fallait avouer que c'était d'un chiant ce qu'elle racontait. Que des sales histoires que personne ne voulait entendre. Des trucs qui ne se disaient pas. Pas à n'importe qui. Pourtant c'est ce qu'il était, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: The demons we're made of [PV Maggie]   Jeu 5 Juil - 2:31

Les paupières basculent, l’esprit s’évade pour ne pas pourrir dans cette horreur qui semble sans fond. Piégé dans cette douleur, l’infecté ne se rappelle plus que de ses paumes glissant sur la peau de Lisa, de ses baisers enfiévrés qui lui faisaient occulter le reste du monde. C’est toute cette douceur qui l’a mise au monde, la petite. Parfois, il l’oublie lui aussi. Le chaos n’a pas façonné la gosse. C’est lui qui a laissé sa propre spirale foutre en l’air cette opportunité de grandir, de se reprendre. Peut-être qu’il aurait dû courir avec le marmot comme la blonde lui a conseillé, pour la garder égoïstement avec lui. Quand les yeux retrouvent le pavé froid sur lequel le regard s’est arrêté un peu plus tôt, les mots le rattrapent dans la chute pour l’accélérer abruptement. Il ne dit rien, à aucun moment. Statue de marbre qui demeure figée, tétanisée par cette porte qu’il a fini par forcer et derrière laquelle, il s’est empressé de s’engouffrer. Dans l’Univers de la môme, la pénombre ne se trouve que rarement rayée de lumière. Pour le phobique, c’en est extrêmement angoissant. Pour le père, c’en est viscéralement révoltant. Il subit la vérité. Les limites des services sociaux qu’il a si souvent idéalisé pour se rassurer, sont posées et avec tellement de réalisme qu’il peut tout à fait concevoir les dérives du système. Les fautes qui ont marqué à jamais l’orpheline délaissée. Ça le rend fou, malade de penser à tout le fric que la famille de la génitrice possédait. S’ils avaient expliqué la situation aux Skovgaard, peut-être que ça se serait passé bien différemment pour Maggie. Si et peut-être, les mots clés par excellence. Ceux qui referaient le monde, ceux qui ne l’arrangent en rien mais appuient sur les plaies, exacerbent les regrets. Et puis, il y a ce si elle savait qui achève toute la pensée.

Le menton touche pratiquement le torse tant la honte le force à se recroqueviller. Ses bras viennent former un cocon autour de la poitrine. La clope se consume au bout des doigts sans que le fumeur n’y prête la moindre attention. Et lui, il s’enfonce toujours dans ces marécages mémoriels, les intonations adverses ouvrant de nouveaux espaces dans le récit. Le volet suivant, il l’aborde avec encore moins de sérénité. Il a provoqué le scrutin. Et il le dépouille lentement, d’une main tremblante. Ça tombe comme un couperet pourtant. La dernière pièce du puzzle. Adoptée, abandonnée immédiatement. Pas besoin d’en apprendre plus sur son pays d’origine. Il sait que c’est elle. Et ça fait un moment qu’il en est convaincu de toute manière, qu’il l’a compris. Ne reste plus qu’à se la représenter, l’adolescente de douze ans qui agrippe un dossier sur lequel rien n’est réellement indiqué. Sur toutes ces feuilles bien imprimées, on ne parle pas vraiment de Lisa. Ni de lui, qui ne voulait que son bien à elle, à elles. On ne parle pas d’eux qui s’aimaient au point d’envisager de tout plaquer. Il a mal quand il conscientise bien l’absence d’intérêt de la danoise pour les lâches qui n’ont pas tenté de la retrouver. Elle mentionne surtout la mère, cette maudite génitrice qui l’a pondue pour mieux l’éjecter. Sait-elle seulement qu’elle a été contre elle le temps que le choc transforme la tétanie en panique ? Qu’elle a articulé ses petits doigts contre sa chair et chercher sa chaleur ? Tout se superpose l’indifférence, le mépris, le jugement. Ca lui file le vertige.

La finalité, quant à elle, lui sectionne une artère. Il pisse le sang au-dedans, une hémorragie interne qui prend la forme d’une incessante sensation de poids sur la poitrine. Cette boule qui loge à hauteur de l’œsophage, qui pèse si fort que la carcasse s’alourdit et que tout parait difficile à endurer, l’air, les sons, les odeurs. Tout l’agresse. Tout entretient sa douce folie. Et ça se répète là-dedans. Tu n'reviens pas le faire chier vingt-cinq ans après. Qu’est-ce qu'il fout là ? Pourquoi il reste là, qu'il s'inflige un truc pareil ? Il en crève tellement de savoir qu’il ne compte pas. Qu’il ne comptera jamais. Qu’il n’est qu’un putain de salaud qui s’octroie une place qu’il n’a jamais possédé, mérité et même réclamé. Il ne se supporte plus, ne peut plus du tout poser son regard dans le sien, pas sans vouloir tout lui balancer ou chercher à se foutre en l’air. Tout ce mal être devient compacte, forme un trou noir qui l’emporte. Il veut l’expulser, le recracher. Ça se contracte tellement qu’il se penche pour dégueuler sur le côté. L’alcool ingéré plutôt termine son ascension sur le bitume, entouré par la bile nauséabonde. Une main s’appuie sur le mur, l’autre sert le flanc. Le bras comprime la perforation fictive. « Désolé. » Qu’il balance de son ténor rauque et brisé. Pas pour ce qu’elle croit. Ces excuses sont faibles. Ces excuses sont inutiles. Désolé de ne pas dire la vérité, désolé de t'avoir foutu en l’air. Désolé d’être aussi faible, incapable de s’imposer plus pour l’obliger à lui pardonner.

Les traits crispés, figés sur le tourment sont voilés par les boucles qui ont basculé. Il doit se tirer. Il doit se tirer avant d’être tenté de tout lui révéler. Il n’a pas le droit de tout lui dire. De la chambouler, de la torturer. Puis comme elle l’a dit, il n’a pas le droit d’être là. De la connaitre. Pas après ce qu’il a fait. « Je vais rentrer. Faut que je pionce, ça passera plus rapidement. » Des justifications qu’il balance pour la forme en s'orientant vers le bout de la rue sans jamais, plus jamais la regarder. La fièvre renforce son état fébrile, il vacille plus qu'il ne marche. « Si Moïra t’ennuie, tu n’auras qu’à me contacter. » Qu’il glisse ultimement avant de se casser sans plus rien ajouter. Il n’y a rien à dire. Rien qui puisse sonner un semblant juste. Il ne veut pas lui mentir, rebondir en prétextant être l’étranger qui reçoit toutes ces confessions. Il a ses limites. Et la sienne porte un nom. Un nom qu’il ne lui a même pas donné. Et qu’il n’est pas prêt d’oublier. Pourtant, il le faudrait. Il le faudrait pour respecter ce qu’elle souhaite. Il la reperd ce soir-là pour la seconde fois entre la ruelle et son maudit appartement. Le même vide qui l’oblige à s’écrouler dans l’entrée, exactement le même néant que quand il l’a déposée sur ce petit banc au fond d’un commissariat. La tête cogne le chambrant, encore et encore jusqu’à lui filer la migraine. Mais ça ne s’arrête pas, ça ne s’arrête jamais. Y a trop d’espace ici pour stocker tout ce trop plein de regrets.

- Sujet terminé -

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