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 la cabra. avec riley

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: la cabra. avec riley   Dim 13 Mai - 0:22


la cabra, Riley

La décoration chargée du Old Absinthe House était étouffante. Ou chaleureuse, à choix. Il faisait beau aujourd'hui, comme souvent. Les clients étaient rares pourtant. Cristóbal sifflotait tranquillement en nettoyant le bar. Les mouvements répétitifs et méthodiques lui permettaient de penser. A tout, à rien. Mais surtout à Riley. Sa patronne, qui ne lui arrivait pas au menton, se montrait avenante et compréhensive avec tous ou presque. Evidemment, les milices qui osaient s'aventurer ici n'étaient pas les bienvenu et on s'arrangeait pour le leur faire sentir suffisamment afin qu'ils ne reviennent pas. Malgré ça, le cubain avait remarqué un étrange manège. Il avait remarqué les visites, trop régulières pour être anodines, d'un gringo affublé d'un uniforme du Gouvernement. Puis, la patronne avait décrété faire seule l'approvisionnement et la gestion du stock des spiritueux. D'un naturel sceptique et observateur, Cristóbal avait analysé sans rien dire ni intervenir. Mais il remarquait bien qu'à chaque entretien qu'elle avait avec ce milicien à l'air dur, elle en revenait voûtée et soucieuse. Le cubain avait suffisamment côtoyé la jeune femme pour remarquer ses changements d'humeur. Et ces temps, le barman ne voyait que rarement un sourire et plus souvent des sourcils froncés. Même les quelques blagues douteuses que Cristóbal lançait ne trouvaient que rarement écho auprès de sa patronne. Quelque chose n'allait pas et malgré les incessantes questions du cubain, Riley ne pipait mot.

Le bar nettoyé, Cristóbal s'attela à astiquer les bouteilles en verre étalées sur les étagères derrière lui. Sirops étranges, Coca-Cola myrtille et d'autres, le Old Absinthe possédait une étonnante collection de variétés. Bien obligés de palier l'interdiction de vente et de consommation d'alcool, les commerçants avaient trouvé d'autres choses à commercialiser. Soit, le Old Absinthe ne se cantonnait pas à suivre les directives et règlements. C'était d'ailleurs pour cela que Cristóbal était ici : Riley avait fini par attirer l'attention des mauvaises personnes. Le cubain ne devait pas sa présence au hasard, mais ça, la jeune femme ne le savait pas. Et Cristóbal redoutait le jour où il devrait le lui avouer. C'est avec la culpabilité lui tordant les tripes qu'il continua son nettoyage avec le sol. Il n'aimait pas passer le balai, c'est une tâche qu'il exécrait. Néanmoins, son sens du détail le poussait à y passer encore plus de temps. Une forme nouvelle de sadomasochisme peut-être.

Ceci finit, il eut droit à la visite d'une charmante habituée dont il ne connaissait le nom. Pas qu'elle n'arrive à la cheville de Riley, mais.. C'est dingue. Il était constamment en train de tout ramener à elle. Préparant le café de la seule cliente à la ronde, Cristóbal se demanda d'ailleurs où était passé sa tronche de patronne. Elle si impliquée dans son commerce, il ne l'avait pas vue de l'après-midi. Il revint avec la boisson de l'inconnue et encaissa directement avec un large sourire dont il avait le secret. Il n'avait pas osé se l'avouer, mais les visites du milice lui hérissaient le poil. Il avait tendance à voir tout ce qui portait de la barbe et un attirail masculin passant la porte du bar en quémandant 'la patronne' comme un rival. Sauf que la compétition, Cristóbal se l'était inventée tout seul. A peine flippant, le cubain regardait de loin mais écoutait de très près. Au début, il s'était bêtement surpris à expliquer son attitude comme étant bénéfique pour sa mission d'infiltration. Mais l'évidence lui martelait le crâne : il était jaloux. Et ça, il avait de la peine à l'accepter. Il avait tenté vainement d'ignorer ses propres ressentis mais c'était vain. Cette femme serait sa perte, c'en était certain.

Le barman fantasmait doucement sur sa patronne en astiquant la vaisselle lorsqu'il entendit un grand fracas remonter de la réserve. Située derrière le bar, on en entendait pas grand-chose d'ordinaire. Alors lorsqu'on pouvait percevoir le bruit du verre cassé, c'était plutôt mauvais signe. Sa supposition s'avéra vraie lorsqu'il perçu le juron tonitruant d'une voix qu'il ne connaissait que trop bien. Avec un petit sourire charmeur pour la cliente qui le regardait, surprise de tout ce remue-ménage, Cristóbal délaissa sa tâche et son torchon pour emprunter les escaliers menant à la réserve. « Alors patronne, vous voulez peut-être chasser la seule cliente qu’il nous reste, à beugler pareillement ? » Cristóbal avait toujours mis un point d'honneur à vouvoyer sa supérieure. Il ne savait pas encore si c'était par respect ou si c'était parce que cela l'excitait, en fait.

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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Dim 13 Mai - 23:41


« echar agua al mar »



Cristóbal Villanueva & Riley Nott
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Un, deux, trois, quatre... Quatre ? Riley recompta à plusieurs reprises le nombre pourtant dérisoire de bouteilles, cherchant même dans des endroits improbables de la réserve, dans l'espoir de s'être trompée. Elle y voyait pourtant clair. Il n'y avait que quatre bouteilles d'alcool dissimulées sous les vieilles dalles déchaussées du carrelage de la réserve. La jeune femme les avait caché là-dessous pour que personne ne mettent la main dessus, pas même ses employés. Cette réserve de bouteilles était destinée à cette enflure de Hunters. Si dans une autre vie, elle aurait pu le trouver mignon, la sorcière frissonnait à la simple pensée de sa tête blonde et de son uniforme gris. La dernière fois, le milicien était reparti sans son butin, mais Riley savait que ce soir, il n'en serait pas de même. Elle lui devait six bouteilles de sa dernière livraison, sans quoi il dénoncerait immédiatement son trafic. Il l'avait même menacé de brûler son établissement. Bien que l'envie de remplir ces satanées bouteilles d'arsenic la titillait fortement, la jeune femme n'avait d'autre choix que d'obéir. Elle détestait se retrouver piéger de la sorte. Cela faisait des années qu'elle s'évertuait méticuleusement à renverser le Gouvernement en place, par des exactions et autres missions silencieuses en compagnie de la Résistance. Se faire tenir à la gorge par un vulgaire milicien la rendait folle de rage, sans pourtant qu'elle puisse y faire grand chose à elle toute seule. Riley refusait de demander de l'aide à quelqu'un pour se débarrasser de lui. Elle le savait dangereux et vicieux. En aucun cas, elle ne souhaitait mettre dans la confidence l'un de ses employés, ni même ses camarades résistants qui avaient d'autres chats à fouetter qu'un simple milicien.

« Putain de merde ! » jura la jeune femme, lorsque l'une des bouteilles lui glissa des mains. Elle l'avait posé un instant sur une caisse de jus de fruit, le temps de desceller d'autres dalles, au cas où elle serait trompée d'emplacement. Au début de la Prohibition, ces trous sous le carrelage avaient été les premières cachettes de fortune pour Riley et Martin. Le sol était une vraie ruche. « Cristóbal ! » sursauta-t-elle, en entendant brusquement la voix de son barman derrière elle. Les dalles de carrelage étaient toujours déchaussées, bien en vue à côté du cadavre d'une bouteille de rhum ambré. Elle lui avait pourtant bien dit qu'elle remontait dans cinq minutes. « C'est pas le moment » lui dit-elle sur un ton sec qui ne lui ressemblait pas à son égard. Elle s'empara à la va-vite d'un chiffon usagé à portée de main et tenta d'éponger le cadavre de la bouteille qui, de toutes façons, n'avait jamais existé. Elle s'efforça de dissimuler derrière son maigre corps, la cachette qu'elle avait jusqu'ici gardé secrète. Il ne fallait pas qu'il voit cela, car elle ne voulait pas répondre à ses questions. Dans son empressement, ces doigts fins rencontrèrent malencontreusement des casseaux de verre et Riley poussa un nouveau juron. Elle saignait. Il ne manquait plus que cela. De colère et de frustration, elle jeta le torchon sur le sol et sortit de la réserve en grommelant. Sans même le regarder, elle sentit Cristóbal la suivre à la trace jusqu'à l'évier situé derrière le bar. Qu'allait-elle faire maintenant avec seulement trois bouteilles ? Cela n'était pas assez. La sorcière ouvrit le robinet d'eau froide pour y présenter sa main ruisselante de sang. D'un veste vif, elle retira le casseau de verre qui s'était logé sous son épiderme. Son index lui piquait, il était tout engourdit. « Où sont les deux bouteilles de rhum que Justin a apporté l'autre jour ? » demanda-t-elle soudain à Cristóbal, à voix basse. La salle était presque vide à cette heure-ci et les clients présents étaient des habitués. Riley interrogea son employé du regard, tandis que l'eau coulait toujours dans l'évier. C'était lui qui les avait réceptionné et rangé. Elle lui faisait confiance là-dessus, mais aujourd'hui elle en avait besoin. « Où est-ce que tu les as mises ? Dis-le moi, c'est important ! » le pressa-t-elle avec insistante. Elle semblait au bord de la crise de nerfs. Il lui fallait ces bouteilles, sinon elle était fichue. Cette enflure de Hunters débarquait ce soir et malgré sa magnanimité de la dernière fois, il n'allait certainement pas repartir sans son due. Il en valait de la survie du Old Absinthe House. De sa survie à elle et même celle de son barman. Ce risque, elle le prenait seule.



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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Lun 14 Mai - 22:07


la cabra, Riley

Cristóbal ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement en arrivant dans la réserve. Il avait cette réaction à chaque fois qu'il allait la voir, même lorsqu'elle lui passait devant le nez à toute vitesse. Toujours pressée, une vraie pile électrique. Il en fallait de l'énergie pour entretenir un endroit comme le Old Absinthe House. C'était également ce qui faisait partie de son charme. Il la sentit tressaillir lorsqu'il débarqua. Il aurait pu frissonner lorsqu'il l'entendit lâcher un 'Cristóbal', malheureusement ce pseudo n'était pas son vrai prénom. Arrivé auprès de sa patronne, le cubain perdit un peu de son air enjoué. Qu'est-ce qu'elle avait fait, encore ? C'était pas comme si Cristóbal venait de passer ce début d'après-midi même à réarranger les stocks et passer un coup de panosse sur le sol de la réserve. Et voilà qu'elle souillait le sol avec du rhum, le barman ne savait ce qui était le plus triste : le sol maculé ou le gaspillage d'une telle bouteille. Il retint un soupir et une remarque légère sur le fait que si elle ne voulait pas s'afficher avec du rhum face aux clients, elle aurait au moins pu lui proposer de venir la rejoindre. Mais l'enthousiasme du cubain fut soufflé par le spectacle qu'offrait le carrelage éventré. Il haussa un sourcil, en attente d'explications qu'il savait qu'il n'aurait pas. En tous cas pas avant d'avoir tiré les vers du nez de Riley. La jolie brune lui tournait le dos, faisant mine d'être absorbée par le nettoyage du rhum déversé par terre. Cristóbal se surprit à imaginer passer sa main dans les mèches de cheveux, qu'il imaginait douces, de sa patronne. Le barman se reprit et allait la couper dans son nettoyage, lui dire qu'il s'occuperait de tout ce bazar, qu'il avait astiqué cet endroit une fois aujourd'hui, qu'il pouvait bien le refaire, quand un 'merde' tonitruant le fit tirer une grimace. Ce n'était pas tant la vulgarité de Miss Nott qui tordait sa bouche en une fine grimace, mais plutôt qu'elle se soit faite mal. Semblant furieuse, elle se leva et tourna les talons pour sortir de la pièce sans jeter un regard à son employé. Cristóbal prit un moment pour observer d'un sourcil haussé l'état de la réserve suite au passage de l'ouragan Riley Judith Nott. Décidant qu'il n'apprendrait rien de plus s'il ne cuisinait pas sa patronne malgré son humeur massacrante - il mit de côté l’éventualité de lui envoyer une vanne sur les femmes et leurs 'périodes' -, il emboîta le pas à Riley et ils se retrouvèrent tous les deux en salle.

Arrivé près d'elle, Cristóbal regarda en arrière et osa lâcher cette fois une discrète plainte : il pouvait bel et bien repasser la panosse également derrière le bar, des gouttes s'étalaient à peu près partout. Il tourna la tête lorsque sa patronne s'adressa à lui. D'un ton tout aussi avenant que celui dont elle avait usé dans la réserve, deux minutes plus tôt. Ne faisant pas mine de lui répondre, il préféra examiner le doigt ensanglanté de Riley. A aucun moment elle n'avait pleurniché en retirant l'éclat de verre, décidément, cette femme était faite pour le séduire. Le cubain réalisa qu'il avait minimisé l'état dans lequel était sa patronne lorsqu'elle le reprit en insistant un peu plus pour ces foutues bouteilles. Il fronça les sourcils pour la première fois depuis longtemps. Le comportement de la brune n'était pas anodin, il se passait quelque chose. Jetant un discret coup d’œil à la salle, Cristóbal nota qu'un habitué avait terminé son café et qu'il attendait le second. Se saisissant d'une trousse de secours disposée sous le comptoir, il l'ouvrit rapidement et prit un paquet de tissu. Riley n'avait toujours pas bougé de devant l'évier et c'était mieux pour elle : la patience du barman avait des limites. « Je vais aller servir cet idiot d'Edward, vous ne bougez pas d'ici. Voilà des pansements pour votre doigt. » Il n'avait pas voulu se montrer plus dur que nécessaire mais la vérité c'est qu'il était soucieux. Non pas pour sa blessure, elle allait s'en remettre il le savait. Mais plus de la raison pour laquelle Riley était dans cet état. Il fit comprendre à la jeune femme qu'il la surveillait d'un subtil 'je-prends-mon-index-et-mon-majeur-les-écarte-un-peu-et-les-pointe-une-fois-sur-mes-yeux-et-une-fois-sur-toi'.(comme ça)

Edward le remercia pour le deuxième café - que la maison, soit Riley, lui offrait généreusement - et lui demanda encore le Weekly Unit, ce que Cristóbal lui apporta avec un grand sourire. C'est vrai que le cubain,  dans sa grande bonté d'emmerder Riley, aimait bien se permettre d'offrir un verre de temps à autre. Juste pour la faire un peu fulminer et revenir vers elle en haussant les épaules d'un air innocent avec un mais quoi? à la bouche. Aujourd'hui c'était peut-être pour se venger de l'attitude de la jeune femme, il n'en savait rien. Il devait la trouver belle lorsqu'elle enrageait.

Enfin, il put revenir vers sa patronne en s'essuyant les mains sur un chiffon qui traînait sur le comptoir. Gardant le silence un instant, il voulait savoir si elle se décidait à parler d'elle-même. L'eau du robinet avait été coupée et son doigt blessé enrubanné grossièrement. Cristóbal commença par lui expliquer que les bouteilles de rhum venant de Justin étaient dans deux paquets de farine, au fond à droite de la réserve. Il enchaîna rapidement que la farine qu'il avait du ôter pour pouvoir y cacher les spiritueux avait été utilisée à bon escient : un gâteau qu'il avait servi aux habitués le soir-même. Les temps étaient durs, aucun gaspillage ne pouvait être toléré. « Maintenant que vous le savez, vous allez me dire ce qu'il s'est passé dans votre tête ? Je veux bien que vous ne puissiez plus voir ces carreaux dans la réserve, ils sont pas terribles, mais fallait me demander un coup de main.. » Son sourire sincère le trahissait tellement. S'il s'était vu, Cristóbal aurait certainement souhaité se gifler. Il avait quand même trente-sept années derrière lui, il ne pouvait décidément pas se trouver devant Riley, d'une dizaine d'années sa cadette, comme un puceau de lycéen. Et pourtant. Il reprit d'une voix plus basse, à l'affût d'oreilles indiscrètes : « Tout cela pour dire qu'on se connaît. Vous pouvez me faire confiance. Pourquoi tout ce cirque ? » Il montra d'un mouvement de bras la direction de la réserve puis le doigt de la jeune femme. Rarement, le barman faisait de si longues tirades. Il se contentait de balancer en trois mots son ressenti et de tourner les talons si personne ne voyait là où il voulait en venir. Il ne prenait pas non plus la peine d'écouter les autres. Pas insensible, on pouvait nettement attester cependant qu'il n'appréciait pas étaler ses états d'âmes et encore moins écouter ceux des autres. Il avait été flic, espion, il avait aidé à gérer la sécurité civile au sein des murs. Il avait été, durant ses missions d'infiltration, un homme de main, un bras droit important de cartels russe, sicilien, catalan. Ou encore participant à la planification de plans terroristes, tout en les démantelant avant que la tragédie n'arrive. Mais jamais il n'avait du jouer le psychologue. Il avait enfilé assez de rôles qui n'étaient pas lui, en fait. Et celui de Cristóbal Villanueva serait le dernier. Il s'en était fait la promesse.

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Dernière édition par Cristóbal Villanueva le Mer 6 Juin - 8:18, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Mer 16 Mai - 22:46


« echar agua al mar »



Cristóbal Villanueva & Riley Nott
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Elle savait que son petit manège ne tiendrait pas longtemps. Un jour où l'autre, elle verrait débarquer devant son bar, un camion de la milice avec en chef de fil, le visage de playboy de Hunters. Il savait pour son trafic. D'autres devaient savoir. Une incartade et le blondinet la balancerait sans aucune hésitation. Riley en était pleinement conscience. C'était d'ailleurs cette certitude qui lui compressait la poitrine depuis le début de la journée. Elle n'avait aucune confiance en la parole du milicien et d'un autre côté, elle n'avait d'autre choix que de se réduire à son chantage. L'avenir du Old Absinthe House en dépendait. Le sien, elle l'avait déjà accepté depuis longtemps, mais elle avait surtout peur pour ses employés, Eliott et Cristóbal qui – malgré leur bon coeur et leur bonne volonté – seraient accusés de complicité. Eliott avait de la famille. Cristóbal était peut-être devenu un peu de la sienne en lui rappelant son frère Ashley. Riley ne tolérerait jamais de les voir payer pour elle si tout dérapait. Plus que tout, elle refusait que le Old Absinthe House tombe entre les mains du Gouvernement. Elle y laisserait son corps sans vie, s'il le fallait.

Pour éviter le pire, elle devait s'en tenir au marché conclu ou plutôt imposé, par le milicien. Six bouteilles sur chaque livraison, soit environ un tiers de l'approvisionnement mensuel du Old Absinthe House en alcool de contrebande. Celui-ci provenait principalement de deux frères d'origine italienne, anciens taulards et reconvertis dans la culture de diverses céréales : blé, seigle, orge et houblon. Officiellement, ils fournissaient la ville en farine et sacs de grains. Ils cultivaient leurs champs, comme de bons vieux agriculteurs, tout en produisant whisky, vodka et autres spiritueux dans un ancien abri atomique, planqué six pieds sous terre. Leurs alcools n'étaient pas brassés dans la plus pure des traditions, mais il était de bonne facture. Les clients de Riley s'en contentaient et la patronne aussi. Elle remplissait ses stocks et sa caisse sans trop de difficultés. Parfois, elle arrivait à récupérer de véritables bouteilles labellisées, que des camarades résistants subtilisaient dans de vieux entrepôts saisis par le Gouvernement. Malgré la Prohibition mise en place, il semblait que quelques privilégiés ne puissent se passer de bourbon ou de rhum vieilli. Autant dire que briser l'une de ces précieuses bouteilles par accident sur le sol de la réserve, fit perdre à Riley toute sa contenance. C'était un vrai gâchis. La visite proche de Hunters la rendait plus maladroite que jamais. Si bien qu'avec ses bêtises, elle avait fini par attirer l'attention de son barman. Comme à son habitude, Cristóbal surgit de nul part, la blague toujours bienvenue, s'inquiétant du fracas entendu. La jeune femme le soupçonnait de la surveiller constamment du coin de l’œil. Il était toujours là lorsqu'elle avait besoin d'aide, mais aussi lorsqu'elle s'en passerait bien. Fébrile, Riley tenta de dissimuler avec peine la curieuse entreprise à laquelle elle s'adonnait. Dans sa hâte, ses doigts rencontrèrent un morceau de verre jonchant le sol. Elle quitta alors la réserve à toute vitesse pour aller se passer la main sous l'eau. Comme un chien suivant sa maîtresse ou une fouine à l’affût d'une proie, la silhouette de Cristóbal la talonna de près. Ignorant ses questions, il se contenta de lui sortir la trousse de secours pour qu'elle s'occupe de son doigt, tandis qu'il alla servir à un café à l'un des habitués. La sorcière n'aimait pas se faire materner de la sorte. Elle n'était plus une gamine et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de voir son intérêt comme une marque de bienveillance. Riley passait la moitié de son temps à soigner les gens. Si Cristóbal s'était coupé le doigt, elle lui aurait ordonné de s’asseoir sur une chaise le temps de le soigner grâce à sa magie et ce, peu importe sa fierté masculine. Alors, la jeune femme s'exécuta, non sans pousser un long soupir d'irritation et banda son doigt.

Lorsque qu'il revînt près d'elle, Riley croisa les bras devant sa poitrine, dans l'attente d'une réponse. Le brun lui expliqua alors que les bouteilles qu'il avait réceptionné de Justin étaient habilement cachées dans la réserve dans des sacs de farine. Le visage de Riley se détendit en entendant son explication et se mordit la lèvre intérieure pour cacher le sentiment qu'il l'envahissait. Elle soupira. La jeune femme se sentait confuse d'avoir employé ce ton froid, alors que son barman était exemplaire. Honteuse, elle baissa la tête pour la cacher entre ses doigts. Trouver le sommeil avait été difficile la nuit précédente. Le simple fait de penser à la visite du milicien lui avait fait garder les grands yeux ouverts. Son état de nervosité était exceptionnel et n'avait pas échappé à son employé. Il fallait qu'elle se contrôle, qu'elle respire un bon coup avant de se trahir davantage. Pour toutes réponses, Riley agrippa le bras de Cristóbal pour l'emmener avec elle dans la réserve. Là-bas, elle se dirigea directement vers les sacs de farine où le brun lui avait assuré avoir caché les deux bouteilles. Elle les trouva comme convenu, les déballa et les cacha sous les carreaux de faïence, jusqu'à côté des trois autres. Cinq pour six. Le compte n'était pas encore juste, mais l'éloignait déjà de la catastrophe. Après avoir remis le dernier carreau à sa place, Riley se retourna vers son barman en affichant un air sérieux. « Personne ne touche à ces bouteilles, c'est bien clair ? » lui dit-elle, l'index et les sourcils levés. Elle n'aimait pas jouer les patronnes autoritaires, mais l'enjeu était trop important pour qu'elle ne hausse pas le ton et ce, même si Cristóbal avait un physique de rugbyman. « Un...gros client doit passer ce soir à la fermeture » commença-t-elle à expliquer en fuyant totalement le regard du brun. Ses lèvres tremblaient rien que de penser aux traits de Hunters s'asseyant sur un tabouret de son bar. L'espace d'un instant, elle se dit qu'elle se sentirait certainement plus en sécurité en présence de son barman, mais elle chassa rapidement cette pensée de son esprit. Il prenait déjà trop de risque pour qu'elle ne l'implique dans cette histoire. C'était à elle que Hunters en voulait. Il l'avait menacé personnellement, elle et la mémoire de son fiancé. « Alors, ce n'est pas la peine de rester jusqu'au couvre-feu. Tu pourras partir avant et je m'occuperai de compter la caisse » lui dit-elle, en faussant un sourire. Cela sonnait presque comme une faveur qu'elle lui faisait. Il pourrait rentrer dormir plus tôt chez lui. Riley s'occuperait de fermer le bar, de monter les chaises sur les tables et de vider la caisse enregistreuse. Il valait mieux qu'elle compte elle-même, car Hunters me payerait pas pour les six ou cinq bouteilles qu'il emporterait le soir venu. Six bouteilles qui pourraient lui rapporter de l'argent pour au moins une semaine vu le prix auquel elle cédait ses précieux verres de spiritueux. Le manque à gagner pour Riley était énorme.



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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Mer 30 Mai - 14:51


la cabra, Riley

La patronne était définitivement bizarre, aujourd'hui. Pas que les autres jours Riley n'entre dans la normalité, simplement que le stress qu'elle dégageait allait jusqu'à pénétrer les pores du cubain. Ce dernier sentait bien que quelque chose n'allait pas et il s'était permis d'intervenir. Il avait eu le besoin d'intervenir, plus exactement. Se mêler de ce qui ne le regardait pas était son boulot, pourquoi ne pas pousser le vice plus loin en exerçant à plein temps. De plus, le fait qu'on lui mette des bâtons dans les roues comme le faisait Riley le stimulait d'autant plus. Son côté fouille-merde conjugué à son instinct protecteur le rendaient parfois difficile à supporter. Cristóbal le savait et le pire, c'est qu'il n'avait même pas besoin de se forcer. Cela lui était venu naturellement lorsqu'il avait commencé à fréquenter la jeune brune. Elle n'avait rien fait et pourtant il n'avait pu s'empêcher de s'en enticher. Pour un type âgé de trente-sept ans c'était un peu 'cucu', voire ridicule. Alors il dissimulait son attirance par un besoin protecteur qui pouvait se justifier. Il n'aimait pas tellement quitter le bâtiment, mais se promener loin du Old Absinthe House lui était salvateur. Cela lui remettait les idées en place, lui rappelait qui il était et pour quelle raison il avait été mis sur le chemin de Riley. Une histoire entre eux était condamnée, perdue d'avance. Pas tant que Nuño jouait ce double-jeu. Et, même si son allégeance envers le gouvernement avait pris un sacré coup, il ne pouvait disparaître de la ville ainsi pour espérer couler une vie autre que celle qu'il avait maintenant. Il serait immédiatement jeté dans l'arène si ses supérieurs apprenaient quel duel se jouait dans sa tête.

Cristóbal avait apprécié que Riley ne pipe mot lorsqu'il lui avait ordonné de ne pas bouger et donné du bandage pour son doigt. Lui savait qu'elle aurait pu s'en charger bien plus simplement, mais elle avait abdiqué. Le cubain osa même penser un instant que sa patronne allait se détendre. C'était sans compter son caractère bien trempé et apparemment l'angoisse qui donnait à sa voix une note aigüe inhabituelle. Effectivement, quelque chose n'allait pas. Lorsqu'il sentit les doigts chauds de Riley sur son bras, il hésita à lancer une remarque que lui seul trouverait hilarante. Il n'en eut, Dieu merci, pas le temps qu'elle le traînait déjà jusqu'à la réserve. Lorsqu'elle le lâcha pour inspecter les sacs de farine, Cristóbal du retenir un triste soupir. Elle les déballa énergiquement et les plaça dans le sol éventré avant de les dissimuler sous le carrelage. Comme si de rien, on pourrait jurer que le sol de la pièce n'avait jamais bougé depuis cent ans et plus. Cristóbal ne dut pas attendre longtemps pour ravoir Riley face à lui, le regard dur mais inquiet. Son ordre fusa, auquel le cubain répondit d'un hochement de tête. Il n'attendait pas vraiment d'explications, il savait qu'il n'en aurait pas s'il ne cuisinait pas un minimum sa patronne. Mais, lorsqu'elle parla de fermer la caisse elle-même, Cristóbal ne put s'empêcher de l'astiquer un peu plus. « Comment ça fermer la caisse ? Vous pensez que je vais vous laisser mes pourboires comme ça ? Surtout après le passage d'un client si important que ça. Je resterai vous aider à tout boucler. » Cristóbal avait une confiance aveugle en sa patronne et il savait qu'elle laisserait, comme à son habitude lorsqu'elle fermait elle-même le bar, les quelques pièces de bonne-main dans un verre sous la caisse. C'était plutôt envers ce fameux client important que le brun se méfiait. Le sourire assuré de Riley aurait pu le tromper, c'est vrai. Peut-être se faisait-il des idées ? Mais vérifier les faits de ses propres yeux était ce qui faisait de lui un excellent agent infiltré. Sans trop se vanter, un des meilleurs puisqu’ils n’étaient plus beaucoup finalement. Est-ce que Nuño savait au moins qu’il n’y avait pas uniquement des espions chez la résistance mais également au sein du gouvernement ? Oui, certainement. Mais savait-il qu’un de ceux-là était si proche de lui que jamais il ne s’en serait douté une seconde. Le fait que le courant passe plutôt bien entre Xavier et lui ne l’avait pas étonné... Même si cela aurait dû. L’espion devenait bien dissipé lorsqu’il se trouvait au Old Absinthe. Laissant ses barrières tomber, mis à nu.

Le cubain jaugea un instant sa patronne, se demandant s’il allait la laisser refuser définitivement sa présence ou s’il ne lui laissait pas le choix. Il décida la deuxième option et reparti en salle, plantant là Riley et leur discussion qui allait sans doute s’envenimer. Il regagna son poste derrière le bar, sifflotant un vieux TNT de ACDC tout en astiquant les verres posés à côté de l’évier. Cristóbal n’avait pas envie de se prendre le chou avec sa patronne. Mais cela semblait inévitable, il savait que la jeune femme n’aimait pas mêler ses employés à ses histoires et serait prête à le mettre dehors si besoin. Bon, il savait comment entrer sans passer par la grande porte, escalader la façade et casser un carreau au second étage ne lui faisait pas peur. Il saurait coûte que coûte ce qu’il se passerait ce soir. Cristóbal posa les yeux sur le cadran de la grosse horloge au-dessus de la porte d’entrée : dix-sept heures. Déjà ? Il lui semblait avoir commencé son service il y a à peine deux heures. Il se plongea dans le travail, finissant la vaisselle qui n’allait pas se faire toute seule. Où était son insupportable sous-fifre d’ailleurs ? Cristóbal avait tendance à prendre son collègue feignant pour son homme à tout faire. Pourtant plus ancien que le cubain entre ces murs, il avait cependant fallu peu de temps à Cristóbal pour s’établir la place de responsable. Un véritable détecteur à tâches, il prenait un malin plaisir à jouer au bourreau lorsqu’il voyait son ‘assistant’ se tourner les pouces. Cristóbal, tout comme Nuño, n’aimait pas les branleurs. Relativement de bonne humeur, même s’il appréhendait la soirée qui arrivait, le cubain faisait de l’ordre dans les armoires avec son air concentré habituel. Ce n’était pas son bras cassé de collègue qui allait se donner la peine de faire du rangement.
« C’est dingue ça, comment faisait Riley avant que je ne sois dans les parages.. »

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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Dim 3 Juin - 20:48


« echar agua al mar »



Cristóbal Villanueva & Riley Nott
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La sorcière aurait souhaité que son barman ne fasse pas des histoires pour une fois, mais c'était trop demander au plaisantin de Cristóbal, qui ne pouvait s'empêcher d'épiloguer à chacune de ses nouvelles répliques. Habituellement, elle se laissait embobiner par ses blagues contentieuses et son charme latin. Avec son accent venu d'Amérique du Sud, il avait ramené un peu de chaleur dans le Old Absinthe House, depuis le décès de son propriétaire. Si Riley avait tout fait pour ne pas perdre la face à la mort de Martin, elle en avait tout de même perdu son sourire pétillant d'autrefois. Celui qu'elle arborait toujours enfant dans les bras de son grand-frère et que son fiancé avait réussi à lui faire retrouver durant deux années oniriques. Cristóbal avait également réussi cet exploit, peut-être bien malgré lui. Elle adorait tout ce qu'il représentait pour elle. Tout ce qu'il lui rappelait de son enfance et de son grand-frère. Avec le temps, elle avait fini par apprendre à connaître l'homme qu'il était devenu aujourd'hui, à défaut de se rappeler clairement l'enfant qu'il avait été à l'époque où Ashley l'avait connu. La sorcière avait fini par comprendre ce qui avait pu séduire son frère, car elle aussi s'était laissée apprivoiser de la même manière. C'était à croire que le ténébreux Villeneuve savait comment s'y prendre avec les Nott pour les rendre dingues. Dans le bon, comme dans le mauvais sens du terme. « Non, je n'ai pas besoin de toi ! » lâcha tout à coup Riley, profondément énervée. Il ne pouvait pas rester ce soir avec la venue de Carter dans son bar. C'était beaucoup trop dangereux et trop risqué. Le milicien ne verrait certainement pas d'un bon œil, le fait de voir une ombre masculine flotter derrière la jolie propriétaire des lieux. Oui, la sorcière savait qu'elle plaisait au milicien. Elle n'était pas aveugle, même si elle aurait préféré que ce soit le cas, pour ne pas voir son visage apparaître dans ses cauchemars. De plus, Cristóbal ne pourrait s'empêcher de jouer les trouble-fêtes. La situation pourrait très vite s'envenimer si les deux hommes cherchaient à jouer les coqs.

Riley regretta presque instantanément ce qu'elle avait dit. C'était un mensonge. Bien sûr qu'elle avait besoin de lui, même plus que ne se l'avouerait jamais. Sans plus un mot, le barman quitta la place pour retourner à ses corvées, en bon employé qu'il était. Une fois de plus, la jeune femme se sentit honteuse de s'être laissée emporter de la sorte. Elle s'en prenait injustement à Cristóbal lorsqu'elle était incapable de dire non aux caprices de Carter. Pourtant, lui seul la soutenait quotidiennement. Physiquement et moralement. A chaque fois qu'il était de service, Riley savait que tout allait bien se passer. Qu'elle allait pouvoir souffler, discuter avec les habitués, sans avoir à repasser trois fois derrière lui pour rattraper ses bêtises, comme cela arrivait encore pour Eliott. Elle lui pardonnait, il était encore jeune et insouciant. Cristóbal avait les épaules et la maturité attendus d'un barman. Il savait tenir le rythme lorsque le bar était rempli (même si cela se faisait de plus en plus rare ces derniers temps). Il savait toujours quoi faire et quand le faire. Parfois, c'était même lui qui la reprenait dans son comptage, lorsque les méninges de Riley n'arrivaient plus à fonctionner par manque de sommeil. « Encore plus de conneries... » répliqua la jeune femme, en revenant donner un coup de main à Cristóbal. Depuis un bon quart d'heure, elle avait pris le temps de se calmer dans la réserve. Se mettre dans des états pareils ne résoudrait rien. De plus, blâmer son employé n'était non plus la meilleure des stratégies pour se sortir de cette galère.

Les traits de nouveau engageants, Riley déposa des torchons propres à côté de l'évier où Cristóbal avait laissé les sets à café s’égoutter. Il faisait du tri dans les armoires, certainement pour ruminer dans son coin. « Excuse-moi, je n'aurais pas dû te parler comme cela, ce n'était pas professionnel de ma part » lui dit-elle, en relevant les yeux pour lui adresser un sourire confus. Ni professionnel, ni délicat de sa part. A aucun moment il ne l'avait attaqué. La jeune femme s'était braquée toute seule, bouleversée par la panique. Jusqu'ici, elle avait réussi à passer outre la Prohibition sans éveiller les soupçons. Il faut dire que ses illusions magiques étaient d'un grand secours en cas de contrôle et qu'en quatre ans de boulot au Old Absinthe House, elle avait trouvé des recoins infinis où cacher sa marchandise. « Écoute Cristóbal, ce n'est pas simplement une histoire de pourboire, ce que...ce n'est pas un client comme les autres » commença-t-elle avec une extrême difficulté. Comment lui faire comprendre l'enjeu en question, sans lui dévoiler tous les détails de l'histoire ? Le cœur de la jeune femme s'accéléra. Elle baissa à nouveau les yeux pour éviter de le regarder. Devait-elle lui dire pour toute la vérité ou garder le secret pour le protéger ? Riley avait peur des conséquences que cela pourrait engendrer. « Ce n'est pas un client du tout » avoua-t-elle finalement, fatiguée de mentir. Elle soupira longtemps, presque soulagée d'avoir ôté ce poids de sa conscience, même si cela était provisoire. Au moins, Cristóbal ne pourrait plus lui reprocher son comportement. « Si je veux que cet endroit continue à tourner malgré la Prohibition, je dois le recevoir. Tu comprends ? » reprit-elle, à demi-mots. Elle osa se retourner franchement vers lui, levant le nez pour plonger son regard dans le sien. « Et je dois le faire seule, car c'est moi la patronne de ce bar. C'est mon problème, pas le tien » lui dit-elle finalement, le ton redevenu assuré. Personne d'autre ne devait prendre la responsabilité de ce chantage honteux, sinon elle. C'était Riley que l'on avait menacé, c'était donc à elle de trouver une solution pour se sortir de ce traquenard infernal.



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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Mar 5 Juin - 14:51


la cabra, Riley

Cristóbal avait failli laisser échapper le bocal à sucre qu'il avait entre ses mains. Riley s'excusait. Des mois qu'il la côtoyait presque chaque jour que la Terre leur offrait encore et pas une seule fois il ne l'avait entendu murmurer qu'un simple 'pardon'. Le cubain fut tenté de lui faire répéter son mea culpa mais il sentait qu'il ne fallait pas trop tirer sur la corde aujourd'hui. La patronne était quelqu'un à ne pas contredire trop souvent et Cristóbal avait usé aujourd'hui de son joker pour plusieurs mois. Évidemment qu'elle n'aimait pas que ses prises de décision soient discutées, mais le barman n'entendait pas plier sur ce point : il fermerait le Old Absinthe lui-même comme cela était écrit au planning. Même si le sourire diaboliquement gêné de Riley pouvait lui faire accepter l'Apocalypse, il ne changerait pas d'avis. Pensant qu'elle en avait terminé, il nettoya l'étagère à l'aide d'un chiffon et remit le sucre en place. Il n'était ni énervé ni exaspéré par les réactions de la tenancière. Malgré une langue bien pendue, le cubain était quelqu'un de posé et même son côté pessimiste peinait à immerger lorsque Riley était dans les parages. Je pense que si elle avait voulu lui faire avaler que le ciel était rose et la neige verte, Cristóbal - tout comme Nuño - l'aurait cru sans se poser de question. Lui si suspicieux sentait ses appréhensions fondre lorsque la jeune femme mettait les pieds dans la même pièce que lui. Le barman savait pourtant qu'il ne pouvait pas être derrière elle h24 et se félicitait de pouvoir tout de même prendre ses distances. Heureusement qu'il n'avait pas été convenu qu'il dorme dans le second étage de la bâtisse, il n'aurait pu se retenir de passer ses nuits à tenter l'impossible pour observer Riley dormir. Il se gifla intérieurement pour cette pensée qui le faisait passer dans la catégorie 'voyeurs et psychopathes' et se mit à essuyer les sets à café avant de les empiler, observant à la dérobée sa patronne se confondre en explications.

Il faisait mine de ne pas être tellement intéressé par ce que la belle brune lui expliquait mais tout le monde aurait pu apercevoir ses larges épaules se raidir lorsque Riley eut le malheur de lui parler d'un client important, qui en fait n'en était pas un, mais qui apparemment possédait le don de pouvoir faire 'tourner' le Old Absinthe House. Et le cubain qui pensait naïvement que lui-même y pouvait un petit quelque chose dans la pérennité de l'établissement.. A quoi pensait-il ? Il n'était là que depuis si peu de temps. Le bar était sur pieds depuis si longtemps, qu'est-ce que onze pauvres mois de dévouement de sa part pouvaient y changer ? La mâchoire crispée, Cristóbal avait, sans le savoir, bien mal interprété les explications de Riley. Qui était donc cet homme que Riley insistait pour recevoir seule ? Avait-elle compris le petit jeu de son employé, avait-elle remarqué l’irrémédiable attirance qu'il éprouvait pour elle et ses mimiques attachantes ? Recevait-elle cet hombre1 à titre professionnel ou personnel ? De toute façon, que cela soit dans les deux cas, Cristóbal y voyait un problème. Sur le moment, il ne pensait pas sa réaction démesurée et pourtant ce sentiment de jalousie le reprenait sévèrement. Ils restèrent un instant à se dévisager, Cristóbal pouvant inspirer à grande bouffée le parfum volatile de Riley qui était pourtant si encré dans les murs du bar qu’on le sentait partout. Le barman se saisit vivement d’un linge afin de s’essuyer les mains et garder le peu de contenance qu’il lui restait. Peut-être un peu brusquement car il sentit la surprise de la jeune femme. Il n’avait pas pour habitude de garder la bouche fermée si longtemps et l’atmosphère pesante faisait écho à son regard plus orageux que jamais. Pourquoi s’obstinait-elle à garder tant de secrets pour elle ? N’avait-il pas prouvé, tout au long de ces mois, qu’il était digne de confiance ? Ce qui est un peu ironique de penser ça, puisque qu’elle aurait toutes les raisons du monde de ne pas lui accorder sa confiance. Une sérieuse bataille intérieure faisait rage dans les tripes de l’agent double. Il aurait pu faire passer son insistance à vouloir boucler en personne la caisse ce soir pour les besoins de sa mission initiale : récupérer le maximum d’informations concernant le Old Absinthe, sa tenancière et le réseau qui s’en étendait autour. Mais la raison était qu’il avait besoin de rester auprès de Riley par pur égoïsme. C’était si improbable que ça en était ridicule. Le prédateur tourné en bourrique par sa proie, c’était dans les livres de comte qu’on voyait des histoires pareilles, pas ici.

D’un ton plus sec qu’il ne l’aurait voulu, Cristóbal osa enfin s’adresser à la jolie brune qui lui faisait face en déballant tout ce qu’il avait déduit à la suite des événements de l’après-midi. Sans fioritures, purement cash, tout le contraire de la façon dont il s’adressait habituellement à elle. « Alors c’est pour lui, ces bouteilles que vous cachez dans la réserve ? Sachez que vous jouez à un jeu dangereux et si vous souhaitez continuer seule sur cette voie, je ne vois pas en quoi ma présence peut encore être utile au Old Absinthe House. J’imagine que vous comprenez ce que je veux dire par là, Señorita. » Même le vouvoiement tintait différemment qu’à l’accoutumée. Cristóbal l’utilisait comme marque de respect, mais cette fois cela sonnait froid, comme s’il souhaitait mettre de la distance entre eux deux. Même le ‘madame’ habituel avait disparu pour laisser place à un señorita presque vulgaire. Il voulait qu’elle comprenne qu’elle ne pouvait pas le mettre à l’écart quand elle le souhaitait. Et le chantage enfantin qu’il lui imposait était simplement la preuve de l’égoïsme dont le cubain était prêt à user pour rester auprès d’elle. Non pas vraiment par peur de la voir avec un autre, mais surtout par besoin de la protéger. Il ne fallait pas être devin pour supposer que Riley faisait un marché avec quelqu’un d’influent et donc dangereux. Evidemment elle ne le savait pas, mais Cristóbal pouvait se révéler fort utile s’il retournait définitivement sa veste. Mais le cubain se doutait que le jour où il lui révélait sa véritable identité, il partirait avec du plomb dans les fesses. S’il avait la chance de partir de son propre chef, cela dit.

Le regard dur, il n’avait pas quitté les yeux de la jeune femme et attendait la sentence avec un rythme cardiaque proche de la tachycardie. Il se permit un instant de se perdre dans la contemplation discrète des traits de son visage, se disant que même si elle le foutait à la porte maintenant, il reviendrait. Il se débrouillerait pour toujours être dans les parages, quoiqu’elle en dise. Sans le vouloir, Cristóbal s’était rapproché de Riley et leur proximité d’abord agréable, finit par lui donner la sensation d’être brûlé au fer chaud. S’écartant d’un pas en arrière, il pria pour qu’elle n’ait pas remarqué et attendit encore la réponse de sa patronne qui semblait poser le pour et le contre. Le cubain savait bien Riley n’avait pas pour habitude de se laisser marcher sur les pieds et sa réaction promettait d’être à la hauteur de la provocation du barman.

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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Mer 6 Juin - 22:20


« echar agua al mar »



Cristóbal Villanueva & Riley Nott
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« Qu'est-ce qui te prend ? » tonna-t-elle, comme un éclair frappant le sol. Elle se redressa de tout son long, presque sur la pointe des pieds pour étirer son corps, jusqu'à donner à son employé l'impression de faire la même taille que lui, malgré de significatifs centimètres en moins. Elle leva lentement le menton vers lui, accompagné d'un regard noir empli de dédain. Ses bras vinrent se croiser devant sa poitrine, liés comme des chaînes, fermant la discussion à toutes négociations. Cristóbal venait d'outrepasser ses droits envers Riley qui – jusqu'à nouvel ordre – restait encore sa patronne. « Tu as quelque chose à m'avouer Cristóbal ? » lui demanda-t-elle, en levant un sourcil interrogateur. Sa voix perchée se voulue aussi incisive que possible. Ce n'était pas une menace, plutôt un avertissement. Un défi qu'elle lui lançait, comme un gant de d'acier jeté à terre. La jeune femme voulait être certaine de bien comprendre sa petite insinuation lourde de conséquences. Qu'il ose répéter ses mots, s'il en avait l'aplomb. Il avait encore une chance de se rattraper, de s'excuser comme elle s'était soustraite à le faire quelques instants plus tôt à son égard. Elle le regrettait presque à présent. « Vas-y, je t'écoute. Explique-toi » le somma-t-elle à nouveau, le ton toujours aussi tranchant. La sorcière restait interdite. Toute expression de sympathie avait disparu de son visage pour se morceler en une mosaïque faite de tristesse, de dégoût et de colère. Son teint sablé avait dû passer par toutes les couleurs possibles du spectre émotionnel au cours des dernières secondes. A présent, seul le charbon de ses yeux devait ressortir sur sa face contrite. En l'absence de réponse de la part de la part de son employé, Riley reprit la parole. D'ailleurs, elle n'avait aucune envie qu'il parle à nouveau. Ces mots avaient été de trop. « Si tu as décidé de partir, je ne vois pas pourquoi tu aurais besoin de pourboires... » lui dit-elle, en avançant d'un pas menaçant vers lui. Elle attrapa soudain la jar remplie de pièces, étiquetée "Cristóbal" située sous la caisse enregistreuse. Elle plongea sa main à l'intérieur et balança une poignée à la figure de son barman. « ...ou de salaires... » reprit-elle, en faisant un nouveau pas dans sa direction. Second pas, seconde poignée de pièces au visage. « ...ou quoi que ce soit venant de moi ! » s'exclama-t-elle à haute voix, sans faire attention aux deux habitués sirotant leur café dans la salle. Elle accompagna sa dernière réplique d'un ultime jet de pièces, avant de reposer violemment la jar sur la surface lisse du bar.

Riley était furieuse. Elle se sentait profondément attaquée et son amour propre en prenait un coup. Cristóbal n'avait aucun de droit de lui parler de cette manière. De lui mettre le couteau sous la gorge à son tour, sous couvert d'une nouvelle familiarité vulgaire à son égard. Certes, Riley s'entêtait à refuser son aide. Elle l'avait probablement blessé en voulant le mettre à l'écart de cette affaire, mais elle ne l'avait fait que dans le but de le protéger. Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre cela ? Pourquoi se retournait-il contre elle dans un moment pareil ? Était-ce vraiment de cette façon qu'il voulait la remercier pour lui avoir offert un job et une place dans la Résistance ? La jeune femme n'en revenait pas. « Tu crois que je l'ai le choix ? » lui demanda-t-elle, d'un ton désabusé. Non, Riley ne l'avait pas. Elle avait bien tenté de résister, de proférer quelques menaces ciblées, de bluffer comme au poker, mais le milicien l'avait coincé. Un mot de lui suffisait à l'envoyer au Colosseum et voir son précieux Old Absinthe House tomber entre les mains du Gouvernement qu'elle détestait tant. Elle avait bien pensé à l'empoigner ou lui loger une balle dans la tête avec le fusil de chasse de Martin, mais Riley n'était pas comme cela. La sorcière ne faisait pas partie de ceux qui appuyait sur la détente. Elle soignait les blessés et tentait vainement de survivre. « A moins que tu ais une meilleure idée que le chantage pour répondre au chantage, je t'interdis de me juger » reprit-elle, les lèvres tremblantes. Sa voix s'était brisée à la fin de ses mots. Son cœur était blessé que Cristóbal puisse l'avoir jugé aussi sévèrement, alors qu'elle était pieds et poings liés. Elle lui faisait confiance, elle pensait que cela était réciproque. Pourtant, il venait de la menacer de quitter son service si elle continuait ses affaires. Quel choix cruel pour Riley. Perdre son bar ou perdre son barman. Cristóbal n'avait pas le droit de lui demander cela. La situation était déjà assez sensible pour qu'il ne vienne pas l'empirer, l'enfoncer encore plus dans l’abîme creusé au fil des années de galères et de combats. Riley ne comprenait pas ce retournement de situation. Il ne pouvait pas lui imposer sa présence, puis menacer de débarrasser le plancher, si elle ne s'y accommodait pas. La jeune femme commençait à se dire qu'elle lui avait accordé trop de crédit, trop de place dans sa vie, au point de se rendre totalement indispensable. Et voilà, que Cristóbal en profitait. Riley était en colère contre elle-même, car elle passait tellement de temps au service des autres, qu'elle en oubliait de prendre soin d'elle. Elle avait oublié de regarder par-dessus son épaule. De maintenir les bases d'une relation cordiale entre patron et employé. Elle avait négligé la méfiance que lui incombait son engagement au sein de la Résistance, avec pour seule excuse, l'amour lointain d'un grand-frère disparu. Si Ashley avait été là, tout aurait été sensiblement différent. Riley se serait certainement effacé derrière son aîné, sans s'attacher autant au caractère si lumineux de Cristóbal. « Si tu restes ce soir, c'est ton dernier soir. ¿Entendido, Señor? » annonça-t-elle avec un soupçon d'amertume dans la voix. Non, elle n'était pas sa señorita. Elle était sa patronne.



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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Jeu 7 Juin - 14:39

la cabra, Riley

S'il avait quelque chose à lui avouer ? Oh ça oui. Mais par où commencer ? Ses sentiments croissants, le désir, qui le prenait parfois, de plaquer ses lèvres durement contre les siennes, le besoin incessant de devoir la protéger, former une barrière de son propre corps si cela pouvait épargner la jeune femme des soucis du quotidien. L'emmener loin de tout ça, de son bar centenaire et du deuil - qu'il savait difficile - de son époux. Il aimerait lui dire aussi qu'à chaque fois qu'il passait derrière le comptoir et qu'il apercevait le cliché où Martin et elle souriaient - comme jamais il n’avait su, lui, la faire dérider - il souhaitait l'arracher et le brûler. Il voudrait lui confier qu'il comprenait sa peine pour son amour disparu, mais que ce dernier ne reviendrait jamais, qu'il fallait se concentrer sur le présent. Mais par-dessus tout, il souhaiterait pouvoir lui dire que son prénom n'était pas Cristóbal mais bien Nuño. Qu'il voudrait simplement pouvoir oublier ses responsabilités, son travail, sa culpabilité de ne pouvoir tout lui avouer pour partir les deux, ailleurs. Mais quel ailleurs à offrir à une femme comme elle ? Le monde était éteint et ne restait comme bastion de l'humanité que cette Nouvelle-Orléans qui se déchirait. Il failli ouvrir la bouche, il failli céder à la pression et se saisir des épaules de Riley pour l'étreindre passionnément ici-même, derrière le bar entre bouteilles de sirop de sureau et tasses à café, avec pour spectateurs deux clients si habitués aux lieux qu'ils s'y fondaient sans bruit. Mais il n'en fit rien. Il tenait trop à ses dents pour se lancer à corps perdu sur sa patronne. Bientôt une année qu'il attendait pour faire le premier pas, il pouvait patienter encore.

La jolie brune avait comblé leur différence de taille en se hissant sur la pointe des pieds, ce qui aurait pu rendre la situation comique. Mais le barman n'avait pas envie de rire. Il ne regrettait pas ses mots, il avait eu besoin de les prononcer, mais l'expression qu'affichait la jolie brune après les avoir entendus ne le ravissait pas. C'était une sorte de patchwork teinté de douleur, de tristesse, de crainte. Et le cubain mesurait trop tard l'ampleur de sa tentative de chantage. Il ne trouvait pas les mots pour lui répondre : si pour une fois quelqu'un pouvait l'empêcher de parler, c'était bien Riley Judith Nott. Alors, il ne bougea ni ne pipa mot lorsque sa patronne fit mine de saisir le récipient personnel du barman chargé de monnaie, ni lorsqu'elle lui lança rageusement une première poignée de pièces à la figure, ni lors du second et du dernier jet de graille qu’il reçut en plein visage. Tout ce joli spectacle accompagné de remarques amères saccadées, qui transpiraient de colère. La patronne du Old Absinthe House s'était transformée en furie et les deux clients présents ne savaient plus où se mettre. L'agent double, qui avait pourtant eu l'habitude du sang et de la violence, se trouvait démuni face à une crise d'hystérie d'une jeune femme. Comprenons-le, il n'avait jamais encore provoqué la colère d'une sorcière et se demandait s'il ne risquait pas d'y laisser un membre en tentant de la raisonner. Alors il restait immobile, impuissant, ne sachant trop comment réparer ce que ses mots avaient brisé. Il avait toujours été attentionné et prévenant envers Riley : d’abord pour sa mission, mais cela devint très vite naturel. Il ne pouvait la laisser s’enfoncer plus loin dans la peur de demain et dans l’angoisse que la veille ne la rattrape. Cristóbal n’abandonnerait jamais son poste auprès de Riley. Il était cependant surpris que sa menace la mette dans un pareil état : du monde pour le remplacer, il y en avait. Personne n’était indispensable. Cette réaction pouvait-elle signifier que sa patronne tenait plus à lui qu’elle ne voulait bien le faire croire ? Ou était-ce dû au surmenage et au stress de tenir un si grand établissement ? Y avait-il une chance pour que les sentiments qu’il éprouvait à l’égard de la jolie brune soient réciproques ? Le cubain en avait mal au crâne à force d’y penser et d'espérer.

Cristóbal se demandait comment s’y prendre pour faire cesser les exclamations de sa patronne lorsqu’elle se calma d’elle-même. Elle était redescendue sur son mètre soixante-cinq habituel, le cubain la surplombait de nouveau d’une quinzaine de centimètres. Le barman n’osait pas faire un pas vers elle, non pas par peur mais plutôt par méfiance. Il n’arrivait pas à s’excuser pour ses propos qu’il trouvait justifiés et ne pensait pas que tenter de plaider sa cause était pour l’instant une bonne idée. Autant la laisser respirer et revenir plus tard : il avait l’habitude de faire ça quand il osait placer une blague plus lourde que les précédentes et qui avait le don d’exaspérer sa patronne. Il allait tenter de se faufiler entre Riley et les étagères du comptoir lorsqu’elle reprit son monologue d’une voix qui lui fendit le cœur. Ça y est, cela recommençait. Même étant sûr et certain d’être dans son bon droit, d’avoir réagi comme il le devait, l’air tourmenté de la brune lui comprimait la poitrine plus que jamais. Tout le monde avait le choix. La preuve : Nuño aurait pu choisir de se dévoiler, délaisser son rôle et dire la vérité pour une fois. Mais il ne le fit pas. La culpabilité revint au galop se loger au creux de ses entrailles, lui coupant le souffle. Alors le cubain aurait voulu s’excuser, la prendre dans ses bras et lui dire que oui, il avait une solution concernant son problème. Qu’il n’avait pas de réponse à son souci maintenant dans la minute, mais qu’il en trouverait. Qu’il irait de lui-même régler cette affaire et qu’elle n’aurait plus à s’en soucier. Qu’elle pouvait - devait - lui faire confiance. Il ne doutait plus à présent : le gringo à l'air patibulaire qu'il remarquait du coin de l’œil depuis quelques fois n'était pas là pour la déco du Old Absinthe. Il se chargerait personnellement de lui, dès que Riley lui en aurait appris plus à son sujet. Mais la suite des paroles de la jeune tenancière le coupa dans son élan. Sans qu’il ne le remarque, Riley, l’impitoyable patronne du Old Absinthe House, avait refait surface. L’air dur presque hautain, ses mots lui firent l’effet d’une claque. Elle n’avait jamais usé de l’espagnol avec lui et il fut une demi seconde amusé de son bon accent. Il admettrait peut-être plus tard qu’il l’avait bien mérité, mais sur le moment il eu presque envie de planter sa patronne là et ne plus jamais revenir.

Elle ne pouvait pas comprendre les enjeux qui se jouaient dans le crâne de Cristóbal. Comment le pouvait-elle si elle ne le connaissait pas ? Le barman chaleureux à l’accent hispanique n’existait pas vraiment. Fruit du travail de Rafael Morienval et son équipe de supervision, il disparaissait dès que Nuño franchissait la porte de son petit chalet. Comment pouvait-on attendre d’une personne qu’elle développe des sentiments pour vous si elle ne vous connaissait même pas ? Le gouvernement ne l’avait pas briefé sur cette mission pour qu’il rencontre l’âme-sœur, mais bien pour coincer Madame Nott. Et pourtant, même si Riley le rejetait comme elle venait de le faire, il ne pouvait se résoudre à la livrer à la milice et, de ce fait, accomplir sa tâche. C’était trop lui demander, c’était trop tard. Riley n’en avait même pas conscience mais deux mois après avoir engagé Cristóbal, elle avait attrapé le cubain dans ses filets. Et ce, peut-être pour toujours. L’agent double avait bien eu l’idée lumineuse de se faire virer du bar pour faute grave - attouchement sur clientèle, vol, il aurait bien trouvé comment - et ainsi pouvoir être remplacé. Mais le problème aurait été encore plus épineux. Ils l’auraient remplacé par un autre espion, plus assidu et moins scrupuleux, et la jeune femme se serait pour sûr retrouvée au Colosseum. Une image de la sorcière, les pieds nus dans le sable souillé de sang, entravée, s’imposa subitement et le cubain dut secouer la tête pour la chasser. Le brun, s’avouant à demi vaincu, lâcha d’un ton qui se voulut brut mais qui se termina en supplique. « Je ne peux pas te laisser assumer ça seule Riley, s’il te plaît laisse-moi t’aider. Je lui parlerai, moi, au gringo. » Il ne comptait pas seulement lui parler mais bien faire cesser ce petit manège. Il ne s'en était pas rendu compte lui-même, mais c’était la première fois qu’il usait du tutoiement avec sa patronne. Nuño avait bien compris que la jeune femme n’était pas à affronter de front. Il avait plus de chance en essayant de l’amadouer, un peu comme ces lézards que l’on trouvait uniquement sur le bord de mer à Cuba. Si on essayait d’être trop brusque, l’animal se débattait et y perdait souvent un bout de sa queue. Il fallait être confiant et délicat pour en attraper un et le garder quelques secondes.

Le barman se permit même de capturer les deux mains de Riley pour les mettre dans les siennes, larges et chaudes. Geste qui vint si naturellement que Cristóbal ne réalisa que trop tard ce qu’il pouvait signifier aux yeux de sa supérieure. Il effectua une légère pression sur les doigts de porcelaine de la jolie brune et les relâcha, peinant à cacher sa déception. S’il se montrait trop pressant dans sa démarche, elle se braquerait c’était certain. Le cubain songea vaguement que s’il l’avait intéressée, elle serait déjà venue d’elle-même. Ça aussi, ça le travaillait. Plus de onze mois qu’il était là et mise à part la sympathie et la confiance, il ne semblait pas inspirer autre chose à sa patronne. Loin de douter de son charme - Nuño avait eu l’occasion de le tester -, l’idée qu’elle ne partage jamais ses sentiments lui fendait l’âme. Désabusé, le cubain se passa la main sur le visage, brisant un instant leur échange visuel. Il se perdait, il devenait inconscient. Quel agent qui se respecte se permettait une telle incartade ? C’était même plus une incartade à ce niveau, c’était un suicide professionnel sciemment pensé. Mais que voulez-vous, de nos jours on peut contrôler un pays, une nation, une machine, on saurait même contrôler les marées, mais on ne peut contrôler un cœur. Elle allait le rendre chèvre.

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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Ven 8 Juin - 19:27


« echar agua al mar »



Cristóbal Villanueva & Riley Nott
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Son cœur rata un battement, lorsqu'elle l'entendit s'adresser à elle, par le "tu". C'était si inattendu, si intime et pourtant cela semblait tellement sincère, que la jeune femme en fût profondément troublée. Elle le fût d'autant plus quand Cristóbal s'empara de ses mains pour les serrer entre les siennes avec délicatesse. Le contact de sa peau la fit trembler. Riley se demanda alors si les battements infernaux dans sa poitrine étaient encore dû à sa colère passée ou à un autre sentiment qu'elle ne saurait avouer. Le feu piqua son visage éberlue. Elle espérait que Cristóbal ne le remarquerait pas. Perdre le contrôle était sa plus grande hantise. Comment pouvait-elle prétendre garder une autorité face à son barman, si elle changeait de couleur d'un effleurement ? La jeune femme avait l'impression de s'être faite avoir. Son propre corps la trahissait avant même que son cerveau ne comprenne de quoi il en retournait. Sa surprise dût pourtant se lire rapidement sur ses traits, car le grand brun s'écarta aussi vite qu'il s'était approché. Probablement par peur de se prendre quelque chose au visage de bien plus franc et de moins volatile qu'une poignée de pièces. Dans son inconfort et son trouble, Riley n'en oublia pourtant pas le sentiment furieux qui l'avait envahi. Ses neurones étaient encore pollués par le trop plein de cortisol produit par son cerveau. Elle n'en avait pas fini avec Cristóbal, ou plutôt si. Enfin...elle ne savait plus vraiment. Elle hésitait encore entre le fouetter de rage avec un chiffon propre ou s’effondrer en larmes contre sa poitrine. La chaleur d'un être humain lui aurait probablement fait du bien à ce moment-là. Cela faisait longtemps que Riley n'avait pas eu une épaule sur laquelle se reposer. Elle était à bout de forces.

Finalement, la jeune femme soupira – soupira longtemps – tout en s'accroupissant au sol pour ramasser les pièces qu'elle avait jeté. L'argent était trop précieux pour traîner dans la poussière et malgré sa colère encore présente, la patronne savait que Cristóbal méritait ces pourboires. Elle rampa sur le sol pour rassembler les morceaux de métal un à un, tout en repensant à la proposition de son barman. Il voulait l'aider, encore et encore. Cela en était presque ridicule. Il ne pourrait jamais régler tous les problèmes de Riley Nott. La sorcière s'était bien trop enfoncée dans les abîmes de la révolte pour que quiconque puisse l'en sortir. Lorsque le Gouvernement viendrait la chercher – et elle savait que ce jour fatidique allait finir par arriver – les charges contre elle seraient si pesantes qu'aucune défense ne serait possible. Vente d'alcool, association de malfaiteurs, appartenance à un groupe terroriste. Un dossier de kraft avec son minois épinglé dessus devait trôner quelque part dans les bureaux des hautes sphères. Il y a bien longtemps que Riley était une cause perdue. Cristóbal ne pourrait pas lui porter secours éternellement. « Et qu'est-ce que tu comptes lui dire, exactement ? » lui demanda-t-elle, en se relevant. Elle avait cessé de hurler et s'était mise à murmurer. Puisqu'il voulait parler, elle allait s'évertuer à le faire. Mais si sa scène de fureur pouvait passer pour une jolie engueulade de couple, la suite était plus sensible. Cristóbal semblait avoir compris de lui-même l'identité du dit-client. Le "gringo", qu'il l'avait appelé. Tendre surnom donnés aux américains du Nord, par ceux du Sud et venant d'Espagne et du Portugal. Surnom négatif, par ailleurs. Il faut dire que Carter avait tout d'un bon sudiste comme on en faisait plus. Un accent nasillard, une suffisance sans vergogne et la tête aussi blonde que les champs de blé du Texas.

« Le numéro de charme, ça ne fonctionne pas avec lui. J'ai déjà essayé » lui avoua-t-elle, sans pudeur. Si Cristóbal avait été du goût de son frère par le passé, elle doutait que le charme latin de son barman ait quelque effet sur le milicien. Il n'avait même pas répondu au sien, non pas que la jeune femme s'en plaignait. Riley avait toujours aimé jouer avec le feu. En pénétrant dans son bar, le premier soir, Carter lui avait bien fait comprendre ce qu'il attendait d'elle en retour de son silence. Comme tout homme, il s'était permis d'asseoir son pouvoir sur sa personne, par des menaces et des gestes déplacés. La sorcière avait cru pouvoir user des mêmes armes que lui pour le faire plier. Cela avait marché, partiellement. Un soir, elle s'était faite enjôleuse, tentant le diable en armure, en le charmant de sa voix de sirène. L'espace d'un instant, elle avait réussi à prendre le pas sur lui, en lui faisant miroiter une attraction aussi imaginaire que révoltante. Dès lors, il avait quitté son bar sans emporté son dû, laissant la patronne du Old Absinthe House vivre en paix pour quelques semaines de plus. Après cette soirée, Riley avait presque cru pouvoir respirer à nouveau, mais il était revenu. Un mois plus tard, il avait à nouveau passé la porte de son établissement avec ses grands airs de cow-boys et fait réapparaître une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Elle avait pourtant bien essayé de se montrer à nouveau intéressée, douce et conciliante avec lui, mais après deux mois de clémence, le milicien avait revu ses exigences à la hausse. Pétrifiée par la peur et la mort dans l'âme, Riley avait donc dû lui fournir trois bouteilles de plus, dont une qu'il avait pratiquement vidé le soir-même face à elle. « La seule chose qui l'intéresse, c'est l'alcool » reprit-elle, les mains pleines de pièces. Elle les replaça sagement dans la jar de Cristóbal à côté de la caisse enregistreuse, comme si rien ne s'était passé. Par ce geste, elle lui signifiait sans véritablement le dire, qu'elle voulait encore de lui comme barman. Même s'il avait pris ses affaires et claqué la porte de son bar, Riley savait qu'elle l'aurait probablement rattrapé. Elle aurait hurlé un bon coup, se serrait traiter de "conne" à trois reprises, avant de courir derrière lui, comme l'imbécile heureuse qu'elle était. « On ne peut pas le dénoncer aux autorités, sans nous dénoncer nous-même ! Si tu t'emmêles, tu ne feras qu'aggraver ton cas. Tu prends déjà assez de risque comme ça en travaillant ici... » lui dit-elle, le ton toujours irrité. Elle avait déjà retourné le problème cent fois dans sa tête. Le dénoncer, le menacer, le tuer... Aucune de ses issues ne pouvaient lui être salutaires. La Résistance laissait bien trop de cadavres derrière elle pour que Riley emploie les grands moyens pour se débarrasser d'un milicien. Elle n'avait pas la ressource nécessaire pour se sortir de cette situation sans éveiller les soupçons auprès du Gouvernement. Alors, elle ne voyait en quoi Cristóbal allait pouvoir lui être plus utile. Elle ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose.



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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Lun 11 Juin - 14:47

la cabra, Riley

Il la regardait sans rien faire, se disant qu'elle méritait bien de ramasser toutes ces pièces si elle avait tant pris plaisir à les lui envoyer à la face. En fait, Cristóbal ne bougeait pas car le spectacle était trop plaisant. Ce n'était pas que Riley s'était excusé - bien à sa manière - pour la seconde fois aujourd'hui qu'aimait tant le barman, mais plutôt l'impression que la jeune femme cachait son trouble. L'avait-il simplement gênée en lui prenant les mains ou était-ce ce signe qu'il attendait depuis si longtemps. A quoi voyait-on qu'on plaisait à quelqu'un que l'on côtoyait depuis presque une année ? Est-ce que le fait que ses joues se réchauffent à votre contact en était une preuve ? Ou était-elle simplement embarrassée à l'idée de le remettre à sa place ? Non, ce n'était pas le genre de Riley de se gêner. Appuyé près de la caisse enregistreuse, le cubain laissa un fin sourire fleurir sur ses lèvres avant de passer une main sur sa moustache. Il se pensait discret, mais vu les fouines que le Old Absinthe House avait pour clients, Cristóbal ne souhaitait prendre aucun risque. Il jeta un bref regard aux deux compères qui s'étaient installés à la même table afin de pouvoir discuter et fut soulagé de voir qu'ils ne semblaient pas intéressés par la scène qui venait de se jouer.

La question que lui posa sa patronne le fit revenir à l'instant présent. Il la trouvait si menue et pourtant elle compensait cela avec une force de caractère que lui ne posséderait probablement jamais. Avant d'accéder à sa mission, Nuño avait dû lire et relire l'histoire de la cadette Nott et, sans l'avoir vue une seule fois, avait développé une sorte d'admiration étrange. Elle n'avait pas vécu des épreuves faciles et, lui qui avait vécu une douloureuse séparation avec sa famille, se disait que son frère devait lui manquer terriblement. Le croyait-elle disparu ou mort ? Au début tempérée, c'est une fois qu'il avait pris ses marques au bar, qu'il commença à sentir une réelle attirance poindre d'abord dans le creux de ses hanches. Puis cette dernière remonta se loger dans sa cage thoracique, que le cubain avait longtemps cru imperméable à ce type de ressentis. C'est à ce moment-là que l'agent double commença à douter. Quelques mois après, probablement quand Riley l'avait jugé digne de confiance, elle l'avait embarqué dans quelques actes rebelles. C'est en discutant avec ces gens, ces marginaux qui ne se rangeaient à l'avis du gouvernement qu'en apparence, que Nuño comprit que ce qu'on lui faisait miroiter n'était pas ce que le monde vivait. Lui aurait dû le savoir mieux que tout autre : il avait servi les États-Unis pendant une décennie et riait de l'ignorance du peuple, non sans se sentir un poil supérieur. Qu'est-ce qu'il avait pu être idiot. Sa rencontre avec la résistance avait tout remis en question, jusqu'à même son travail comme aide à la sécurité civile qu'il faisait avant d'être infiltré en tant que barman. Mais c'est surtout de côtoyer la petite furie tenancière du Old Absinthe qui l'avait changé. Moins impliqué dans sa mission, il commença par redouter le jour où son supérieur serrerait la vis et où le cubain devrait rendre des comptes. Et il sentait ce jour irrémédiablement proche, maintenant.

Cristóbal n'eut pas le temps de répondre à sa patronne que déjà elle poursuivait. Qu'est-ce que ça voulait dire ça, qu'un numéro de charme, ça ne fonctionnait pas avec lui ? Riley ne se doutait pas d'avoir lâché une bombe et continuait à faire de l'ordre sur le comptoir, comme si elle n'avait pas été prête à tout faire péter quelques minutes auparavant. A nouveau les épaules raidies, le barman se demanda s'il ferait bien de faire comprendre à la jeune femme ses sentiments. Il ne manquerait plus que le blond, archétype de la race aryenne, ne lui passe devant. L'agent double allait proposer simplement de lui faire goûter à la chevrotine, qu'il était sûr que le milicien apprécierait lorsqu'il se fit couper - décidément - par Riley. Elle se souciait de son cas, mais si elle savait.. Elle aurait moins de scrupules à l’envoyer ‘affronter’ Carter et il ne pourrait pas lui en vouloir. Quoiqu'il en soit, tout le monde avait un petit secret qu'il ne souhaitait pas voir dévoilé au grand jour. Suffisait de le trouver. Cristóbal n'avait pas la science infuse et ne pouvait pas encore lire dans les pensées, aussi à part l'air morose du milicien et apparemment son addiction à l'alcool, il ne possédait rien pour détourner son chantage. Faisant mine de réfléchir, relayant le fait agaçant que Riley avait tenté de charmer le gringo dans un coin de sa tête, il ouvrit la bouche pour adopter un ton convaincu « Tout le monde a ses petits secrets et je ne doute pas que la résistance en sache quelque chose concernant ce type. Vu les écussons, il doit être gradé et même posséder un bureau. Suffit de trouver et je vous promets de m’en occuper, Madame. » Sans vraiment le vouloir, le vouvoiement était à nouveau de rigueur. Comme si le cubain cherchait à effacer son désir de proximité qu'il avait laisser éclater les minutes d'avant. Même si il souhaitait à tout prix pouvoir se révéler entièrement à Riley : son statut au sein du gouvernement, sa mission, son arrivée au Old Absinthe House, le changement qu'elle avait opéré en lui sans le deviner. Ses sentiments pour elle, cette jalousie qui devenait maladive lorsqu'elle venait à parler d'un autre, cette euphorie qui le traversait lorsqu'il allait l'apercevoir, cette légèreté avec laquelle il souriait lorsqu'elle était dans les parages. Mais pas maintenant, pas aujourd'hui. Peut-être demain.

Les yeux posés sur la petite tête brune de la sorcière, il patienta en se lissant la moustache d'un air songeur. Il allait réussir à coincer le maître chanteur et à libérer le bar et sa tenancière de ce marché grotesque. La civilisation était au bord du gouffre et l'humanité semblait se déchirer encore un peu plus. Nuño se demanda où il se sentirait plus à l'aise : à l'intérieur des murs ou au-dehors ? Sachant que les peacekeeper regorgeaient de types comme Carter, il se demandait si la Communauté ne cherchait pas encore du monde pour faire gonfler leurs rangs. Ce serait une foutrement bonne alternative, tout planter ici, fuir tous ces engagements qu'il finirait pas trahir, fuir ceux qui lui avaient injustement accordé leur confiance. C'était peut-être ça, la bonne solution ? Il ne se sentait pas d'abandonner son petit chalet dans l'Elevenpath, ni même délaisser Riley. Peut-être le ferait-il si elle le repoussait.

« Vous vous dites si active dans la résistance, il y a bien quelque chose de compromettant que vous savez sur ce milicien, non ? » C'était ce soir qu'ils devaient contre-attaquer. Et avec l'artillerie lourde. Ce soir, Carter repartirait les mains vides et la queue entre les jambes, le barman en était convaincu.

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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Mer 13 Juin - 21:04


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Cristóbal Villanueva & Riley Nott
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La sorcière aurait bien aimé que la chose soit si facile à régler. Dans la bouche de Cristóbal, le problème semblait presque solvable à la seule chaleur de son accent chantant. Lorsqu'il lui avait pris les mains, il lui avait même semblé que la peur était partie, que cela n'avait guère d'importance sur l'instant. Un sentiment de quiétude s'était éveillé en elle, tel que son frère ou Martin avaient pu le faire auparavant, par leur simple étreinte ou des mots bien choisis. Pourtant, l'illusion d'apaisement s'était vite évaporée, tant la réalité était plus forte que ses espoirs. Le sourire de Cristóbal ne ferait pas tout cette fois-ci. « Arrête de m’appeler "Madame", s’il-te-plaît » lui dit-elle en tordant le nez, comme si cela l’irritait. Ce n’était pas la première fois qu’elle lui faisait cette remarque. Après tout, Riley n’en avait jamais vraiment été une, puisque Martin avait été tué avant qu’ils passent devant le prêtre. Pendant longtemps, la jeune femme avait pris le parti d’en parler comme de son époux, se faisant veuve sans véritablement en avoir le titre, juste le chagrin l’accompagnant. Se faire arracher l’homme qu’elle aimait si proche du mariage lui avait laissé un goût d’inachevé. Comme une injustice que la sorcière avait voulu réparer par la modification officieuse de son statut. Martin avait été l’homme de sa vie. Celui qui l’avait aidé à se construire en tant que femme. Celui qui avait nourri son désir de résistance et l'avait soutenu dans sa pratique de la magie. Lorsqu’elle avait découvert une bague de fiançailles à côté de son oreiller un beau matin en se levant, elle venait à peine d’avoir vingt-cinq ans. Autant dire que Riley n’avait pas prévu que sa vie s’accélérait si vite, pour le meilleur et pour le pire, en définitif. Ironiquement, la mort les avait séparé Martin et elle, avant même qu’ils ne puissent s’échanger leurs vœux. Une chose que la jeune femme avait eu du mal à accepter, ce pour quoi elle s’était longtemps accrochée à la promesse d’union de son fiancé, en se laissant appelé "Madame". Ainsi, elle avait retardé le moment des adieux, celui où Martin deviendrait un être du passé. Aujourd’hui, il lui semblait ridicule que l'on continue à s'adresser à elle de la sorte après deux ans de célibat. Son deuil devait prendre fin et cet hommage macabre avec lui. Riley devait aller de l’avant.

« Si je le savais, je n’en serais pas à compter mes bouteilles » lui dit-elle d’un ton sec, en le fusillant du regard. Pour qui la prenait-il au juste ? Quelque chose ne tournait pas rond chez lui aujourd'hui. Si elle avait eu de quoi faire tomber Carter, elle l’aurait déjà utilisé contre lui, s’évitant par là même de finir avec un ulcère à l’estomac à l'approche de chacune de ses visites. Riley leva brièvement les yeux aux ciel et secoua la tête, face à la naïveté de son barman. Elle ne savait rien du dit milicien, excepté ce que Cristóbal avait déjà pu déduire de son propre chef. « Je ne sais rien. Cassidy n’a pas donné de nouvelles depuis des semaines. Murphy a ses propres affaires à s'occuper sans que j’en rajoute avec les miennes, quant à Xavier... » soupira-t-elle avant de s’arrêter brusquement. Il y a bien longtemps que le métamorphe avait décidé de mettre de côté son engagement, ce que l’enragée de Riley ne supportait pas. Elle lui en voulait profondément d'avoir choisi la passivité. Elle voyait cette dernière comme un signe de trahison envers la Résistance. En refusant d'agir, il cautionnait implicitement les actions du Gouvernement. C'était peut-être devenu le cas, d'ailleurs. A force de traîner dans les bureaux de ce dernier et d'animer de sa douce voix l'antenne propagandiste, le métamorphe avait peut-être fini par se faire au discours de celui-ci. Riley ne savait plus quoi penser de cette absence de révolte de la part de son camarade. Ou plutôt si, la sorcière commençait à se méfier. Elle avait peur que le temps passé en infiltration n'est altéré le jugement de son ami. Il en savait trop sur la Résistance pour ne pas craindre qu'une trahison pourrait leur être fatale à tous. « Si tu restes ce soir, tu me promets de ne pas faire de vague, d'accord ? » demanda-t-elle soudain à Cristóbal, en relevant vers lui un regard implorant. Non, son barman ne rêvait pas. La jeune femme venait bel et bien d'accepter son aide, après lui avoir expressément fait comprendre qu'elle n'en voulait pas. Elle avait beau avoir son caractère, Riley savait écouter et abdiquer lorsqu'elle se savait vaincue. Comme aujourd'hui. Si Cristóbal ne pouvait trouver de solution à son problème, le savoir à ses côtés lui rendrait la présence de Carter moins pénible à supporter.



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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Mar 19 Juin - 11:44

la cabra, Riley

Cristóbal ne pu s'empêcher d’acquiescer à la demande de sa patronne. Évidemment qu'il ne ferait pas de vagues si elle ne le souhaitait pas : il n'allait presque jamais contre les intérêts de la jeune brune, trop soucieux des ennuis qu'il pourrait lui apporter ou de la décevoir. C'était clairement l'hôpital qui se foutait de la charité quand même. Le barman ne pouvait rien refuser non plus à une si jolie frimousse, Riley avait clairement trop d'atouts à jouer et Cristóbal si peu de résistance. Il ne promettait pas de garder son calme tout du long lors de la vistie du milicien, mais il essayerait. En attendant il devait se défaire du regard implorant de sa patronne et ça commençait par aller prendre sa pause. En général, il restait au Old Absinthe, tenant compagnie à certains habitués que le cubain affectionnait - oui oui, il y en avait trois ou quatre. Mais aujourd'hui, il avait mieux à faire. Sortant de derrière le comptoir, Cristóbal jeta un coup d’œil dehors pour vérifier s'il pleuvait. Le temps changeait tellement vite à présent qu'on pouvait sortir de chez soi en tongs et lunettes de soleil le matin et avoir besoin d'une doudoune et d'une écharpe avant midi. Jouant la sécurité, l'agent double alla au porte-manteau se saisir de sa veste noire et s'en vêtit. « Je vais dehors un moment, à toute à l'heure Madame. » Et le barman planta sa patronne là. Il était pressé, il n'avait pas le temps de a) changer ses habitudes et ne plus l'appeler 'madame' comme elle le lui avait demandé il y a cinq petites minutes et b) sortir de l'établissement un moment ne lui ferait aucun mal. Il posa le pied dehors, quelques gouttes commençaient déjà à tomber. Il pressa le pas, direction French Quarter. Si il avait un peu de chance - en fait le cubain se savait le cul bordé de nouilles mais il ne fallait jamais rien prendre pour acquis - Xavier serait chez lui. Leur dernière entrevue datait et l'agent double ne savait toujours pas quel comportement adopter avec l'animateur radio, mais il tentait le tout pour le tout. Heureusement qu'il n'habitait pas loin, au-dessus d'un petit café typique. Le brun poussa la porte de l'immeuble, emprunta les escaliers d'un pas décidé. L'asiatique se demanderait peut-être comment Cristóbal a trouvé son adresse, à juste titre. Il ne l'avait jamais mentionné dans leurs conversations. C'était Nuño qui s'était chargé d'enquêter, peu après leur première rencontre, sur le jeune homme aux cheveux de jais. Il n'avait rien trouvé qui sortait de l'ordinaire, c'était quelqu'un de discret : il le fallait quand on était u  infiltré. Nuño en savait quelque chose. Arrivé sur le pas de la porte, il toqua vigoureusement. Il était pressé.

La grosse porte du Old Absinthe House s'ouvrit, les caterpillar noires du barman détrempées vinrent crisser sur le parquet du bar. Il chercha brièvement Riley du regard en posant sa veste imbibée d'eau sur le porte-manteau. Cristóbal la trouva à nettoyer une table, dos à lui. Il se permit de scruter son cou, descendre la ligne de ses omoplates pour finir sur la chute de reins qu'il devinait irrésistible. Le brun détourna les yeux avant de penser à continuer l'examen qu'il aimait faire depuis des mois : il savait ce qu'il trouverait, il connaissait ce corps presque par cœur. Il fit deux pas et toussota pour lui signifier sa présence, bien qu'il ne doutait pas qu'elle ne l'ai entendu et senti entrer. Riley devait s'amuser à l'ignorer encore une fois. Il attendit qu'elle daigne se tourner pour commencer : « J'ai trouvé ce qu'il nous fallait, je pense qu'on peut s'en sortir. »

Il paraissait plus confiant qu'il ne l'était vraiment, il se voulait rassurant. Sa patronne n'avait pas besoin de tension en plus, il était prêt à prendre sur lui. Cristóbal ne se faisait pourtant pas d'illusion : elle savait qu'il embellissait la vérité, elle devait aussi sentir le raidissement des muscles de son employé. Mais il espérait pouvoir au moins apporter un peu de répit à celle qu'il admire de bien des façons. Il ne comptait pas lui en dire plus que nécessaire de peur qu'elle s'oppose à son plan. Il la savait intègre et se demandait si répondre au chantage par le chantage lui plairait.. Ce que Xavier lui avait appris pouvait changer la donne et il ne prendrait pas le risque qu'elle reste dans les parages. Carter venait à la fermeture ou juste avant. Déjà, ce genre de personnes avait le don d'irriter tout bon personnel de restaurant, bar ou café qui se respecte. Les gens qui viennent demander un verre alors que tout est nettoyé ont cette suffisance commune de ceux qui pensent tout mériter. Ce genre de personnes vient généralement avec une phrase type qui est : 'ouais, mais je connais le patron/la patronne'. Ah c'est dingue, moi aussi je la connais. paco culiao1. Cristóbal savait qu'il lui faudrait beaucoup de calme. Ce qu'il ne savait pas par contre c'était à qui il aurait à faire exactement et c'était ça le plus dangereux. Que pouvait-il se permettre de dire, comment le dire. L'agent double était réputé pour son aisance à l'oral, sa façon de pouvoir toujours s'extirper de la pire des situations sans devoir ne dégainer une seule arme : à se demander pourquoi il avait appris à en manier. Il broderait, il improviserait, il ferait avec les moyens du bord quoi.

Riley toujours face à lui, il passa une main dans ses cheveux trempes et les secoua. Cela devenait insoutenable de l'avoir en face chaque jour sans pouvoir lui avouer ce qu'il ressentait, sans pouvoir assouvir le besoin de sentir sa peau contre la sienne. Cristóbal rongeait son frein, priant pour que ce dernier ne lâche pas trop tôt. Ou trop tard.

« Je m'occupe de la salle, si vous voulez aller vous reposer ça me dérange pas. Le gringo n'arrivera pas avant trois longues heures. » Il se doutait qu'elle ne voudrait rien savoir mais moins il la croiserait, mieux il se porterait. Le barman pourrait tranquillement appréhender la rencontre avec le milicien sans avoir ses yeux qui louchent sur le décolleté discret de la jeune femme. Cristóbal se sentait parfois comme un vieux pervers. Après tout, la quarantaine approchait et ses charmes s'envoleraient peut-être. Dix ans de différence ça n'a l'air de rien, mais ça fait beaucoup. N'avait-il qu'une seule chance de se retrouver dans les bras de Riley, un jour ? Il en doutait de plus en plus. La peine de cette constatation lui arracha un léger sourire que sa patronne pouvait prendre comme une tentative d'encouragement pour cette dure soirée. Il n'avait pas envie d'être lui, pas envie d'être là. Il souhaitait parfois recommencer à zéro, débarquer ici en tant que simple client et charmer comme jamais la patronne du bar lorsqu'elle lui apporterait un café. Il lui aurait fait esquisser un sourire, d'abord poli. Puis il serait revenu au Old Absinthe House quelques jours plus tard, se montrant moins entreprenant mais tout de même bon-vivant. Elle l'aurait trouvé intéressant, elle se serait assise à ses côtés. Il lui aurait demandé comment cela se faisait qu'elle tienne un établissement pareil. Elle lui aurait vaguement comté son histoire avec Martin. Il lui aurait présenté ses condoléances, elle l'aurait trouvé étrange. Il serait reparti et elle aurait pensé à lui. Ils se seraient revus plusieurs fois, elle se serait rendu compte du genre d'homme qu'il était. Il aurait amené le sujet de sa profession comme aide à la sécurité civile doucement, sans passer pour le pro-gouvernemental qu'il aurait pu devenir. Elle se serait refroidie mais elle aurait compris. Non, la vraie Riley n'aurait pas compris et l'aurait envoyé paître. Et c'en se serait terminé là. Cristóbal se détourna de sa patronne pour laisser échapper un sourire. Il se posta derrière le comptoir et continua le rangement commencé en début d'après-midi. Peut-être n'était-il pas si mal placé en fait. La situation était catastrophique, oui, mais il trouverait un moyen pour faire passer la pilule. Il trouvait toujours. Ce soir ça allait être plus sport que d'habitude mais c'en était terminé du petit jeu de Carter, le barman était certain de pouvoir y mettre un terme.
fin



1 dans ce cas : enculé de flic, là par exemple, enculé de milicien ehe

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la cabra. avec riley

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