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 la cabra. avec riley

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: la cabra. avec riley   Sam 12 Mai - 19:22


Echar agua al mar
featuring riley judith nott

La décoration chargée du Old Absinthe House était étouffante. Ou chaleureuse, à choix. Il faisait beau aujourd'hui, comme souvent. Les clients étaient rares pourtant. Cristóbal sifflotait tranquillement en nettoyant le bar. Les mouvements répétitifs et méthodiques lui permettaient de penser. A tout, à rien. Mais surtout à Riley. Sa patronne, qui ne lui arrivait pas au menton, se montrait avenante et compréhensive avec tous ou presque. Evidemment, les milices qui osaient s'aventurer ici n'étaient pas les bienvenu et on s'arrangeait pour le leur faire sentir suffisamment afin qu'ils ne reviennent pas. Malgré ça, le cubain avait remarqué un étrange manège. Il avait remarqué les visites, trop régulières pour être anodines, d'un gringo affublé d'un uniforme du Gouvernement. Puis, la patronne avait décrété faire seule l'approvisionnement et la gestion du stock des spiritueux. D'un naturel sceptique et observateur, Cristóbal avait observé sans rien dire ni intervenir. Mais il remarquait bien qu'à chaque entretien qu'elle avait avec ce milicien à l'air dur, elle en revenait voûtée et soucieuse. Le cubain avait suffisamment côtoyé la jeune femme pour remarquer ses changements d'humeur. Et ces temps, le barman ne voyait que rarement un sourire et plus souvent des sourcils froncés. Même les quelques blagues douteuses que Cristóbal lançait ne trouvaient que rarement écho auprès de sa patronne. Quelque chose n'allait pas et malgré les incessantes questions du cubain, Riley ne pipait mot.

Le bar nettoyé, Cristóbal s'attela à astiquer les bouteilles en verre étalées sur les étagères derrière lui. Sirops étranges, Coca-Cola myrtille et d'autres, le Old Absinthe possédait une étonnante collection de variétés. Bien obligés de palier l'interdiction de vente et de consommation d'alcool, les commerçants avaient trouvé d'autres choses à commercialiser. Soit, le Old Absinthe ne se cantonnait pas à suivre les directives et règlements. C'était d'ailleurs pour cela que Cristóbal était ici : Riley avait fini par attirer l'attention des mauvaises personnes. Le cubain ne devait pas sa présence au hasard, mais ça, la jeune femme ne le savait pas. Et Cristóbal redoutait le jour où il devrait le lui avouer. C'est avec la culpabilité lui tordant les tripes qu'il continua son nettoyage avec le sol. Il n'aimait pas passer le balai, c'est une tâche qu'il exécrait. Néanmoins, son sens du détail le poussait à y passer encore plus de temps. Une forme nouvelle de sadomasochisme peut-être.

Ceci finit, il eut droit à la visite d'une charmante habituée dont il ne connaissait le nom. Pas qu'elle n'arrive à la cheville de Riley, mais.. C'est dingue. Il était constamment en train de tout ramener à elle. Préparant le café de la seule cliente à la ronde, Cristóbal se demanda d'ailleurs où était passé sa tronche de patronne. Elle si impliquée dans son commerce, il ne l'avait pas vue de l'après-midi. Il revint avec la boisson de l'inconnue et encaissa directement avec un large sourire dont il avait le secret. Il n'avait pas osé se l'avouer, mais les visites du milice lui hérissaient le poil. Il avait tendance à voir tout ce qui portait de la barbe et un attirail masculin passant la porte du bar en quémandant 'la patronne' comme un rival. Sauf que la compétition, Cristóbal se l'était inventée tout seul. A peine flippant, le cubain regardait de loin mais écoutait de très près. Au début, il s'était bêtement surpris à expliquer son attitude comme étant bénéfique pour sa mission d'infiltration. Mais l'évidence lui martelait le crâne : il était jaloux. Et ça, il avait de la peine à l'accepter. Il avait tenté vainement d'ignorer ses propres ressentis mais c'était vain. Cette femme serait sa perte, c'en était certain.

Le barman fantasmait doucement sur sa patronne en astiquant la vaisselle lorsqu'il entendit un grand fracas remonter de la réserve. Située derrière le bar, on en entendait pas grand-chose d'ordinaire. Alors lorsqu'on pouvait percevoir le bruit du verre cassé, c'était plutôt mauvais signe. Sa supposition s'avéra vraie lorsqu'il perçu le juron tonitruant d'une voix qu'il ne connaissait que trop bien. Avec un petit sourire charmeur pour la cliente qui le regardait, surprise de tout ce remue-ménage, Cristóbal délaissa sa tâche et son torchon pour emprunter les escaliers menant à la réserve. « Alors patronne, vous voulez peut-être chasser la seule cliente qu’il nous reste, à beugler pareillement ? » Cristóbal avait toujours mis un point d'honneur à vouvoyer sa supérieure. Il ne savait pas encore si c'était par respect ou si c'était parce que cela l'excitait, en fait.

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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Dim 13 Mai - 18:41


« echar agua al mar »



Cristóbal Villanueva & Riley Nott
featuring

Un, deux, trois, quatre... Quatre ? Riley recompta à plusieurs reprises le nombre pourtant dérisoire de bouteilles, cherchant même dans des endroits improbables de la réserve, dans l'espoir de s'être trompée. Elle y voyait pourtant clair. Il n'y avait que quatre bouteilles d'alcool dissimulées sous les vieilles dalles déchaussées du carrelage de la réserve. La jeune femme les avait caché là-dessous pour que personne ne mettent la main dessus, pas même ses employés. Cette réserve de bouteilles était destinée à cette enflure de Hunters. Si dans une autre vie, elle aurait pu le trouver mignon, la sorcière frissonnait à la simple pensée de sa tête blonde et de son uniforme gris. La dernière fois, le milicien était reparti sans son butin, mais Riley savait que ce soir, il n'en serait pas de même. Elle lui devait six bouteilles de sa dernière livraison, sans quoi il dénoncerait immédiatement son trafic. Il l'avait même menacé de brûler son établissement. Bien que l'envie de remplir ces satanées bouteilles d'arsenic la titillait fortement, la jeune femme n'avait d'autre choix que d'obéir. Elle détestait se retrouver piéger de la sorte. Cela faisait des années qu'elle s'évertuait méticuleusement à renverser le Gouvernement en place, par des exactions et autres missions silencieuses en compagnie de la Résistance. Se faire tenir à la gorge par un vulgaire milicien la rendait folle de rage, sans pourtant qu'elle puisse y faire grand chose à elle toute seule. Riley refusait de demander de l'aide à quelqu'un pour se débarrasser de lui. Elle le savait dangereux et vicieux. En aucun cas, elle ne souhaitait mettre dans la confidence l'un de ses employés, ni même ses camarades résistants qui avaient d'autres chats à fouetter qu'un simple milicien.

« Putain de merde ! » jura la jeune femme, lorsque l'une des bouteilles lui glissa des mains. Elle l'avait posé un instant sur une caisse de jus de fruit, le temps de desceller d'autres dalles, au cas où elle serait trompée d'emplacement. Au début de la Prohibition, ces trous sous le carrelage avaient été les premières cachettes de fortune pour Riley et Martin. Le sol était une vraie ruche. « Cristóbal ! » sursauta-t-elle, en entendant brusquement la voix de son barman derrière elle. Les dalles de carrelage étaient toujours déchaussées, bien en vue à côté du cadavre d'une bouteille de rhum ambré. Elle lui avait pourtant bien dit qu'elle remontait dans cinq minutes. « C'est pas le moment » lui dit-elle sur un ton sec qui ne lui ressemblait pas à son égard. Elle s'empara à la va-vite d'un chiffon usagé à portée de main et tenta d'éponger le cadavre de la bouteille qui, de toutes façons, n'avait jamais existé. Elle s'efforça de dissimuler derrière son maigre corps, la cachette qu'elle avait jusqu'ici gardé secrète. Il ne fallait pas qu'il voit cela, car elle ne voulait pas répondre à ses questions. Dans son empressement, ces doigts fins rencontrèrent malencontreusement des casseaux de verre et Riley poussa un nouveau juron. Elle saignait. Il ne manquait plus que cela. De colère et de frustration, elle jeta le torchon sur le sol et sortit de la réserve en grommelant. Sans même le regarder, elle sentit Cristóbal la suivre à la trace jusqu'à l'évier situé derrière le bar. Qu'allait-elle faire maintenant avec seulement trois bouteilles ? Cela n'était pas assez. La sorcière ouvrit le robinet d'eau froide pour y présenter sa main ruisselante de sang. D'un veste vif, elle retira le casseau de verre qui s'était logé sous son épiderme. Son index lui piquait, il était tout engourdit. « Où sont les deux bouteilles de rhum que Justin a apporté l'autre jour ? » demanda-t-elle soudain à Cristóbal, à voix basse. La salle était presque vide à cette heure-ci et les clients présents étaient des habitués. Riley interrogea son employé du regard, tandis que l'eau coulait toujours dans l'évier. C'était lui qui les avait réceptionné et rangé. Elle lui faisait confiance là-dessus, mais aujourd'hui elle en avait besoin. « Où est-ce que tu les as mises ? Dis-le moi, c'est important ! » le pressa-t-elle avec insistante. Elle semblait au bord de la crise de nerfs. Il lui fallait ces bouteilles, sinon elle était fichue. Cette enflure de Hunters débarquait ce soir et malgré sa magnanimité de la dernière fois, il n'allait certainement pas repartir sans son due. Il en valait de la survie du Old Absinthe House. De sa survie à elle et même celle de son barman. Ce risque, elle le prenait seule.



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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Lun 14 Mai - 17:07


   
Echar agua al mar
featuring rileychou

   
Cristóbal ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement en arrivant dans la réserve. Il avait cette réaction à chaque fois qu'il allait la voir, même lorsqu'elle lui passait devant le nez à toute vitesse. Toujours pressée, une vraie pile électrique. Il en fallait de l'énergie pour entretenir un endroit comme le Old Absinthe House. C'était également ce qui faisait partie de son charme. Il la sentit tressaillir lorsqu'il débarqua. Il aurait pu frissonner lorsqu'il l'entendit lâcher un 'Cristóbal', malheureusement ce pseudo n'était pas son vrai prénom. Arrivé auprès de sa patronne, le cubain perdit un peu de son air enjoué. Qu'est-ce qu'elle avait fait, encore ? C'était pas comme si Cristóbal venait de passer ce début d'après-midi même à réarranger les stocks et passer un coup de panosse sur le sol de la réserve. Et voilà qu'elle souillait le sol avec du rhum, le barman ne savait ce qui était le plus triste : le sol maculé ou le gaspillage d'une telle bouteille. Il retint un soupir et une remarque légère sur le fait que si elle ne voulait pas s'afficher avec du rhum face aux clients, elle aurait au moins pu lui proposer de venir la rejoindre. Mais l'enthousiasme du cubain fut soufflé par le spectacle qu'offrait le carrelage éventré. Il haussa un sourcil, en attente d'explications qu'il savait qu'il n'aurait pas. En tous cas pas avant d'avoir tiré les vers du nez de Riley. La jolie brune lui tournait le dos, faisant mine d'être absorbée par le nettoyage du rhum déversé par terre. Cristóbal se surprit à imaginer passer sa main dans les mèches de cheveux, qu'il imaginait douces, de sa patronne. Le barman se reprit et allait la couper dans son nettoyage, lui dire qu'il s'occuperait de tout ce bazar, qu'il avait astiqué cet endroit une fois aujourd'hui, qu'il pouvait bien le refaire, quand un 'merde' tonitruant le fit tirer une grimace. Ce n'était pas tant la vulgarité de Miss Nott qui tordait sa bouche en une fine grimace, mais plutôt qu'elle se soit faite mal. Semblant furieuse, elle se leva et tourna les talons pour sortir de la pièce sans jeter un regard à son employé. Cristóbal prit un moment pour observer d'un sourcil haussé l'état de la réserve suite au passage de l'ouragan Riley Judith Nott. Décidant qu'il n'apprendrait rien de plus s'il ne cuisinait pas sa patronne malgré son humeur massacrante - il mit de côté l’éventualité de lui envoyer une vanne sur les femmes et leurs 'périodes' -, il emboîta le pas à Riley et ils se retrouvèrent tous les deux en salle.

Arrivé près d'elle, Cristóbal regarda en arrière et osa lâcher cette fois une discrète plainte : il pouvait bel et bien repasser la panosse également derrière le bar, des gouttes s'étalaient à peu près partout. Il tourna la tête lorsque sa patronne s'adressa à lui. D'un ton tout aussi avenant que celui dont elle avait usé dans la réserve, deux minutes plus tôt. Ne faisant pas mine de lui répondre, il préféra examiner le doigt ensanglanté de Riley. A aucun moment elle n'avait pleurniché en retirant l'éclat de verre, décidément, cette femme était faite pour le séduire. Le cubain réalisa qu'il avait minimisé l'état dans lequel était sa patronne lorsqu'elle le reprit en insistant un peu plus pour ces foutues bouteilles. Il fronça les sourcils pour la première fois depuis longtemps. Le comportement de la brune n'était pas anodin, il se passait quelque chose. Jetant un discret coup d’œil à la salle, Cristóbal nota qu'un habitué avait terminé son café et qu'il attendait le second. Se saisissant d'une trousse de secours disposée sous le comptoir, il l'ouvrit rapidement et prit un paquet de tissu. Riley n'avait toujours pas bougé de devant l'évier et c'était mieux pour elle : la patience du barman avait des limites. « Je vais aller servir cet idiot d'Edward, vous ne bougez pas d'ici. Voilà des pansements pour votre doigt. » Il n'avait pas voulu se montrer plus dur que nécessaire mais la vérité c'est qu'il était soucieux. Non pas pour sa blessure, elle allait s'en remettre il le savait. Mais plus de la raison pour laquelle Riley était dans cet état. Il fit comprendre à la jeune femme qu'il la surveillait d'un subtil 'je-prends-mon-index-et-mon-majeur-les-écarte-un-peu-et-les-pointe-une-fois-sur-mes-yeux-et-une-fois-sur-toi'.([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien])

Edward le remercia pour le deuxième café - que la maison, soit Riley, lui offrait généreusement - et lui demanda encore le Weekly Unit, ce que Cristóbal lui apporta avec un grand sourire. C'est vrai que le cubain,  dans sa grande bonté d'emmerder Riley, aimait bien se permettre d'offrir un verre de temps à autre. Juste pour la faire un peu fulminer et revenir vers elle en haussant les épaules d'un air innocent avec un mais quoi? à la bouche. Aujourd'hui c'était peut-être pour se venger de l'attitude de la jeune femme, il n'en savait rien. Il devait la trouver belle lorsqu'elle enrageait.

Enfin, il put revenir vers sa patronne en s'essuyant les mains sur un chiffon qui traînait sur le comptoir. Gardant le silence un instant, il voulait savoir si elle se décidait à parler d'elle-même. L'eau du robinet avait été coupée et son doigt blessé enrubanné grossièrement. Cristóbal commença par lui expliquer que les bouteilles de rhum venant de Justin étaient dans deux paquets de farine, au fond à droite de la réserve. Il enchaîna rapidement que la farine qu'il avait du ôter pour pouvoir y cacher les spiritueux avait été utilisée à bon escient : un gâteau qu'il avait servi aux habitués le soir-même. Les temps étaient durs, aucun gaspillage ne pouvait être toléré. « Maintenant que vous le savez, vous allez me dire ce qu'il s'est passé dans votre tête ? Je veux bien que vous ne puissiez plus voir ces carreaux dans la réserve, ils sont pas terribles, mais fallait me demander un coup de main.. » Son sourire sincère le trahissait tellement. S'il s'était vu, Cristóbal aurait certainement souhaité se gifler. Il avait quand même trente-sept années derrière lui, il ne pouvait décidément pas se trouver devant Riley, d'une dizaine d'années sa cadette, comme un puceau de lycéen. Et pourtant. Il reprit d'une voix plus basse, à l'affût d'oreilles indiscrètes : « Tout cela pour dire qu'on se connaît. Vous pouvez me faire confiance. Pourquoi tout ce cirque ? » Il montra d'un mouvement de bras la direction de la réserve puis le doigt de la jeune femme. Rarement, le barman faisait de si longues tirades. Il se contentait de balancer en trois mots son ressenti et de tourner les talons si personne ne voyait là où il voulait en venir. Il ne prenait pas non plus la peine d'écouter les autres. Pas insensible, on pouvait nettement attester cependant qu'il n'appréciait pas étaler ses états d'âmes et encore moins écouter ceux des autres. Il avait été flic, espion, il avait aidé à gérer la sécurité civile au sein des murs. Il avait été, durant ses missions d'infiltration, un homme de main, un bras droit important de cartels russe, sicilien, catalan. Ou encore participant à la planification de plans terroristes, tout en les démantelant avant que la tragédie n'arrive. Mais jamais il n'avait du jouer le psychologue. Il avait enfilé assez de rôles qui n'étaient pas lui, en fait. Et celui de Cristóbal Villanueva serait le dernier. Il s'en était fait la promesse.

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MessageSujet: Re: la cabra. avec riley   Mer 16 Mai - 17:46


« echar agua al mar »



Cristóbal Villanueva & Riley Nott
featuring

Elle savait que son petit manège ne tiendrait pas longtemps. Un jour où l'autre, elle verrait débarquer devant son bar, un camion de la milice avec en chef de fil, le visage de playboy de Hunters. Il savait pour son trafic. D'autres devaient savoir. Une incartade et le blondinet la balancerait sans aucune hésitation. Riley en était pleinement conscience. C'était d'ailleurs cette certitude qui lui compressait la poitrine depuis le début de la journée. Elle n'avait aucune confiance en la parole du milicien et d'un autre côté, elle n'avait d'autre choix que de se réduire à son chantage. L'avenir du Old Absinthe House en dépendait. Le sien, elle l'avait déjà accepté depuis longtemps, mais elle avait surtout peur pour ses employés, Eliott et Cristóbal qui – malgré leur bon coeur et leur bonne volonté – seraient accusés de complicité. Eliott avait de la famille. Cristóbal était peut-être devenu un peu de la sienne en lui rappelant son frère Ashley. Riley ne tolérerait jamais de les voir payer pour elle si tout dérapait. Plus que tout, elle refusait que le Old Absinthe House tombe entre les mains du Gouvernement. Elle y laisserait son corps sans vie, s'il le fallait.

Pour éviter le pire, elle devait s'en tenir au marché conclu ou plutôt imposé, par le milicien. Six bouteilles sur chaque livraison, soit environ un tiers de l'approvisionnement mensuel du Old Absinthe House en alcool de contrebande. Celui-ci provenait principalement de deux frères d'origine italienne, anciens taulards et reconvertis dans la culture de diverses céréales : blé, seigle, orge et houblon. Officiellement, ils fournissaient la ville en farine et sacs de grains. Ils cultivaient leurs champs, comme de bons vieux agriculteurs, tout en produisant whisky, vodka et autres spiritueux dans un ancien abri atomique, planqué six pieds sous terre. Leurs alcools n'étaient pas brassés dans la plus pure des traditions, mais il était de bonne facture. Les clients de Riley s'en contentaient et la patronne aussi. Elle remplissait ses stocks et sa caisse sans trop de difficultés. Parfois, elle arrivait à récupérer de véritables bouteilles labellisées, que des camarades résistants subtilisaient dans de vieux entrepôts saisis par le Gouvernement. Malgré la Prohibition mise en place, il semblait que quelques privilégiés ne puissent se passer de bourbon ou de rhum vieilli. Autant dire que briser l'une de ces précieuses bouteilles par accident sur le sol de la réserve, fit perdre à Riley toute sa contenance. C'était un vrai gâchis. La visite proche de Hunters la rendait plus maladroite que jamais. Si bien qu'avec ses bêtises, elle avait fini par attirer l'attention de son barman. Comme à son habitude, Cristóbal surgit de nul part, la blague toujours bienvenue, s'inquiétant du fracas entendu. La jeune femme le soupçonnait de la surveiller constamment du coin de l’œil. Il était toujours là lorsqu'elle avait besoin d'aide, mais aussi lorsqu'elle s'en passerait bien. Fébrile, Riley tenta de dissimuler avec peine la curieuse entreprise à laquelle elle s'adonnait. Dans sa hâte, ses doigts rencontrèrent un morceau de verre jonchant le sol. Elle quitta alors la réserve à toute vitesse pour aller se passer la main sous l'eau. Comme un chien suivant sa maîtresse ou une fouine à l’affût d'une proie, la silhouette de Cristóbal la talonna de près. Ignorant ses questions, il se contenta de lui sortir la trousse de secours pour qu'elle s'occupe de son doigt, tandis qu'il alla servir à un café à l'un des habitués. La sorcière n'aimait pas se faire materner de la sorte. Elle n'était plus une gamine et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de voir son intérêt comme une marque de bienveillance. Riley passait la moitié de son temps à soigner les gens. Si Cristóbal s'était coupé le doigt, elle lui aurait ordonné de s’asseoir sur une chaise le temps de le soigner grâce à sa magie et ce, peu importe sa fierté masculine. Alors, la jeune femme s'exécuta, non sans pousser un long soupir d'irritation et banda son doigt.

Lorsque qu'il revînt près d'elle, Riley croisa les bras devant sa poitrine, dans l'attente d'une réponse. Le brun lui expliqua alors que les bouteilles qu'il avait réceptionné de Justin étaient habilement cachées dans la réserve dans des sacs de farine. Le visage de Riley se détendit en entendant son explication et se mordit la lèvre intérieure pour cacher le sentiment qu'il l'envahissait. Elle soupira. La jeune femme se sentait confuse d'avoir employé ce ton froid, alors que son barman était exemplaire. Honteuse, elle baissa la tête pour la cacher entre ses doigts. Trouver le sommeil avait été difficile la nuit précédente. Le simple fait de penser à la visite du milicien lui avait fait garder les grands yeux ouverts. Son état de nervosité était exceptionnel et n'avait pas échappé à son employé. Il fallait qu'elle se contrôle, qu'elle respire un bon coup avant de se trahir davantage. Pour toutes réponses, Riley agrippa le bras de Cristóbal pour l'emmener avec elle dans la réserve. Là-bas, elle se dirigea directement vers les sacs de farine où le brun lui avait assuré avoir caché les deux bouteilles. Elle les trouva comme convenu, les déballa et les cacha sous les carreaux de faïence, jusqu'à côté des trois autres. Cinq pour six. Le compte n'était pas encore juste, mais l'éloignait déjà de la catastrophe. Après avoir remis le dernier carreau à sa place, Riley se retourna vers son barman en affichant un air sérieux. « Personne ne touche à ces bouteilles, c'est bien clair ? » lui dit-elle, l'index et les sourcils levés. Elle n'aimait pas jouer les patronnes autoritaires, mais l'enjeu était trop important pour qu'elle ne hausse pas le ton et ce, même si Cristóbal avait un physique de rugbyman. « Un...gros client doit passer ce soir à la fermeture » commença-t-elle à expliquer en fuyant totalement le regard du brun. Ses lèvres tremblaient rien que de penser aux traits de Hunters s'asseyant sur un tabouret de son bar. L'espace d'un instant, elle se dit qu'elle se sentirait certainement plus en sécurité en présence de son barman, mais elle chassa rapidement cette pensée de son esprit. Il prenait déjà trop de risque pour qu'elle ne l'implique dans cette histoire. C'était à elle que Hunters en voulait. Il l'avait menacé personnellement, elle et la mémoire de son fiancé. « Alors, ce n'est pas la peine de rester jusqu'au couvre-feu. Tu pourras partir avant et je m'occuperai de compter la caisse » lui dit-elle, en faussant un sourire. Cela sonnait presque comme une faveur qu'elle lui faisait. Il pourrait rentrer dormir plus tôt chez lui. Riley s'occuperait de fermer le bar, de monter les chaises sur les tables et de vider la caisse enregistreuse. Il valait mieux qu'elle compte elle-même, car Hunters me payerait pas pour les six ou cinq bouteilles qu'il emporterait le soir venu. Six bouteilles qui pourraient lui rapporter de l'argent pour au moins une semaine vu le prix auquel elle cédait ses précieux verres de spiritueux. Le manque à gagner pour Riley était énorme.



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