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 The consequence we pay for throwing all away || Rafael

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Lun 14 Mai - 0:22

The consequence we pay for throwing all away
La mort était là, au bout du chemin. Derrière chaque bosquet de mangrove aux racines noires et tordues, par-delà chaque marécage aux vapeurs gluantes et même dans la lumière pâle et maladive qui régnait sur le bayou, la mort était partout. Témoin de la violence du choc que la nature avait encaissé dans le coin, rappel que les hommes n’avaient pas été les seuls à en prendre plein la gueule. Un pas après l’autre, un bruit après l’autre, il fallait l’entendre et la voir, la sentir jusque dans sa gorge, fétide et puissante, comme une promesse. Voilà ce qui les attendait, si… Voilà à quoi ils seraient réduits, si… Et après tout, Itzal voyait mal comment ce qu’ils avaient été, une pseudo « société », pouvait un jour se relever de ces dernières années. Ils n’allaient pas dans le bon sens. Plutôt droit dans le mur, pour le dire clairement. Un peu comme lui en ce moment même. Ce qui le poussait à venir traîner sa carcasse dans cet endroit malsain, c’était uniquement la force par laquelle il avait toujours vécu, qui l’avait maintenu en vie malgré toutes les claques dans la gueule que le hasard avait été assez urbain pour lui envoyer. La rage et le besoin d’évacuer la violence. Cette force qui le faisait se tenir debout gamin malgré la dope, les gangs, les mains griffues sur son cou et ses bras rachitiques, et grâce à laquelle un jour il avait enroulé ses doigts autour d’un couteau tendu par un inconnu et s’était mis à survivre. Qui l’avait fait s’opposer à son père à chaque seconde de leur vie commune, qui l’avait gardé fermement attaché à ses origines et qui lui avait fait refuser cette Amérique qu’on lui offrait sur un plateau d’argent, et il avait même craché dessus. Qui lui avait fait passer les portes du Bones et se battre contre des zombies toutes les nuits, jusqu’à l’ultime connerie, le combat de trop. Ici, bordel, il n’y avait rien qui puisse s’offusquer, rien de vivant qu’il ne puisse tuer sans en ressentir le moindre malaise, et même, bonus, il y aurait peut-être même un truc à bouffer, qui sait ? Un rat de l’espace, une belette créatinée aux produits toxiques qui s’échappaient des usines depuis des années, un alligator dopé à l’uranium de la centrale nucléaire la plus proche…

Pas un souffle de vie, pourtant. Juste ce cauchemar ambulant qui tentait de le faire fuir, de le repousser par sa laideur et sa puanteur, et il ne pouvait qu’être d’accord : ici, ce n’était pas un lieu pour les hommes. Pas même probablement pour les êtres vivants. S’il y avait autre chose d’animé dans le coin, à part lui, ce n’était pas littéralement vivant, ça ne pouvait pas l’être. Il était quasi sûr de croiser des zombies dans cette zone. Et d’autres trucs. Rien qui n’explose pas sous les assauts d’une balle. Et si ce n’était pas le cas, eh bien tant pis. L’œil vif et les joues rondes, enfin, une image : il s’était nourri peu de temps auparavant, s’était débarrassé de ses problèmes, de tous les gens qui avaient des problèmes, des prises de tête, des conneries, pour venir ici, seul, enfin, lui-même, pas trop tôt. Il se percha sur une racine, posa la main sur le tronc tordu de la mangrove et ferma les yeux, étendant ses sens de voleur d’énergie aux alentours. Oh, les bruits que le bayou faisait, crachait, même : gargouillements, claquements de mâchoires inimaginables, grognements dans les ténèbres des marécages, chuintement du cuir d’une créature glissant sur la boue noire… Ambiance. Le Vénézuélien rouvrit les yeux et observa ce qui l’entourait. Le chemin parcouru depuis sa favela poussiéreuse lui filait le tournis parfois. Qu’est-ce qu’il foutait là ? Connasse de vie, tiens. Enfin tant pis. Ou tant mieux. Tout ça importait peu. Il se remit en route, le plus silencieusement possible, mais il n’appartenait pas à ce monde, il était en trop, lui, ne s’y insérait pas comme il fallait, et il y avait toujours de la gadoue pour grincer pour sa semelle ou une branche pour se briser sur son chemin, un lézard pour filer devant ses pas, faisant remuer l’herbe et les feuilles humides. Pas le bienvenu, il était. Pas grave, il avait l’habitude.

Et puis, ses sens la captèrent. Une présence, semblable à la sienne : en trop. Une anomalie de normalité dans ce décor d’horreur absolue. Il l’entendit peut-être, ou vit son ombre entre deux troncs d’arbre, ou peut-être la ressentit-elle seulement, cette présence. Ce type. Attiré par lui comme un papillon par la lumière, comme si d’instinct, il sentait qu’à deux, ce serait mieux que seul, malgré tout, alors que son instinct, contrairement à la raison, lui hurlait de se barrer. Personne de sain d’esprit ne traînerait ici, il en était la preuve. Ce qui se tenait devant lui, c’était juste un gros problème, et lui allait au devant comme un tocard.

Voilà pourquoi cet endroit était un cauchemar : peuplé de fantômes en plus du reste. Ce fantôme-là, Itzal ne s’attendait pas à le revoir, et certainement pas ici. Cette pièce du puzzle moisi qu’était son passé, il pensait l’avoir perdue à tout jamais. Comment ne pas reconnaître immédiatement l’homme qui avait fait l’objet de sa haine la plus pure, la plus absolue, comme rarement il n’avait haï ? Et pourquoi donc s’était-il usé à détester cet homme, il n’en savait encore rien aujourd’hui, si ce n’était que c’était simple, c’était facile, c’était tout ce qu’il détestait fait homme. L’autorité, l’autorité aveugle et absolue, le représentant d’un gouvernement honni et, au-delà de ça, une détestation toute personnelle, parce que Rafael, son boss, à un certain moment, enfin sur le papier, était une ordure. En le voyant, Itzal laissa échapper un rire totalement involontaire, teinté d’incrédulité totale. « Est-ce que je rêve ? Est-ce que mon rêve devient réalité ? » Difficile à dire. Itzal avait souvent rêvé, oui, de l’avoir devant lui, sans barreau de prison pour les séparer. Il s’était tenu là, face à lui, du côté de la loi, du côté de la liberté, glacial, sans pitié, et si plein de rage à son encontre. Et ça avait été encore plus facile que d’habitude pour Itzal de le détester en retour. Mais lui allait mourir. Ils le savaient tous les deux, et le seul regret de Rafael à ce moment-là avait été de ne pas pouvoir le tuer de ses mains, et Itzal en avaient eu mal jusque dans ses os de ne pas pouvoir se saisir de lui et lui briser le cou. « Il a fallu qu’on vienne jusqu’ici pour se retrouver. » Il partait du principe que Rafael se souvenait de lui. Cela ne faisait qu’un an et demi, après tout. Avait-il seulement su, le fier soldat, ce que son fantassin était devenu ?

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Dernière édition par Itzal Macaro le Mer 23 Mai - 21:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Dim 20 Mai - 11:17


 
Itzal
Rafael
« the consequence we pay for throwing all away »


Une première détonation claqua. Puis une seconde. La tranquillité de mes mouvements présentait un contraste saisissant au regard du brasier qui corrompait mes prunelles. La créature s’effondra, à quelques mètres de là, tandis que le bruit de l’arme à feu mourrait dans le bayou, absorbé par la végétation spongieuse et le bourdonnement incessant des insectes, maîtres et rois du domaine. En quelques pas, je ralliai un bras d’eau, à l’atmosphère dense et asphyxiante. En quelques pas à nouveau, je fermai les yeux pour m’imprégner de l’environnement sonore. Laissai le loup agir, prendre les rênes de mon esprit, inspirer pour dissocier les odeurs. Distinguer les sons. Et se laisser glisser, petit à petit, vers une autre proie, vers une autre cible, vers un autre de ces cadavres en perdition, pour l’éliminer. Brutalement, toujours brutalement. C’était ce que j’étais venu chercher, après tout : cette violence sans nom, cette bestialité débridée, ce que je haïssais mais ce dans quoi, également, je me complaisais de plus en plus souvent. Je me retrouvais, aussi. Je me mordis la lèvre en enjambant une racine affleurante, laissant le loup ignorer l’eau et la boue qui colorait le bas de mes vêtements, écartant une branche, m’enfonçant davantage, m’éloignant également de la protection du cœur de ville. M’isolant, à la recherche d’une autre proie. D’une autre cible. D’un autre dégoût à surmonter, à apprécier, pour qu’au soulagement de la mort procurée précède la montée, brutale, d’adrénaline. L’excitation du chasseur. La satisfaction du carnassier. La perte, un peu plus, de l’homme. Et l’embrasement, l’embrassement d’une nature difforme, écœurante et pourtant plus que familière.

Les sens aux aguets, je m’enfonçai davantage dans le bayou, laissant, toujours, le loup tenir les rênes, m’offrir un but, une direction, sans déformer ma chair, sans disloquer mes os. Je voulais tuer de mes mains, de mes mains d’homme, je voulais sentir dans ma paume le recul d’une arme, ne pas amoindrir le sang sous les yeux de l’animal, mais me laisser percuter par l’odeur âcre de l’arme à feu, le bruit sourd de la détonation, le souffle qui disparaît, le soupir chuintant d’un corps qui s’effondre. Je voulais tuer pour tuer, tuer pour retrouver le contrôle, tuer et me laisser porter par la rage carnassière de l’animal, et la froideur inhumaine du monstre que j’étais en train de devenir, que j’étais déjà devenu ; et que le loup ne pouvait pas comprendre. L’animal ne tuait pas par envie, par besoin, par caprice, par vengeance, il ne tuait que par besoin, que par nécessité, ne se mettait pas en danger volontairement. L’animal se préservait : l’homme n’était qu’autodestruction, et malgré mes sens exacerbés, malgré ce grondement croissant dans ma gorge, comme le hurlement contenu d’un loup cherchant sa meute, j’étais homme, pleinement homme. Je me figeai. Immobile, souffle réduit à quelques battements de cœur, yeux fermés pour laisser mon ouïe prendre le pas sur tout le reste, mon odorat surclasser la vue, si futile dans ce genre de situation. Et l’odeur me frappa. Vieille de haine, de colère, de trahison, de meurtrissures pas plus cicatrisées que toutes les autres, pas moins vives que tout le reste. L’odeur charriée par le vent : mes pupilles se pressèrent dans la direction, dans la direction de l’individu qui s’approchait. Venait à moi. Le loup retroussa les babines dans un demi-sourire. L’homme, quant à lui, se contenta de fixer la silhouette.

Je le détaillai. Sitôt qu’il parut complètement dans mon champ de vision, mes prunelles le détaillèrent avec attention. Macaro. Macaque, les syllabes résonnèrent dans mes pensées comme autant de moquerie, tandis que dans mes veines se déversèrent une haine absolue, franche et intacte, préservée par les mois, préservée par la facilité qu’elle camouflait, celle de retrouver son équilibre dans des émotions aussi pures et aussi simples que la haine, le mépris, le dégoût et la condescendance. Mon regard le détailla avec soin, le loup se revêtit de nonchalance et de patience sereine. Un silence se délia entre nous, grapillé de quelques respirations, de quelques craquements, de quelques brises perdues dans les branchages. A combien de temps remontait notre dernier face à face ? Des mois, des mois que précédèrent un ressentiment écœurant de violence, face à ce bon-à-rien protégé, imposé, face à ce parasite dont je ne voulais pas, et qui se complaisait déjà dans sa petite existence fétide de sangsue. Des mois, des mois que suivirent cette colère, cette colère croissante. Personne n’avait le droit d’humilier Rafaele Renzacci, personne n’avait le droit de trahir, de se moquer de Rafael Morienval sans en payer les conséquences, et cet homme, cet homme que mon regard disséqua de violence… des mois, des mois, près de dix-huit, et j’avais encore dans les veines la douleur cuisante d’un interdit, comme un chien tenu en laisse. Le loup contint dans la gorge un grognement menaçant, l’homme se laissa envahir de cette envie brutale de ramener la justice à sa plus simple composante. Chair déchirée, os brisée, organes palpitants tenus dans le creux de ma main, poisseuse d’un sang trop noir, trop dense…

Son rire me laissa de marbre, ne fit qu’accentuer un rictus carnassier sur mes lèvres, le sourire de l’animal. « Est-ce que je rêve ? Est-ce que mon rêve devient réalité ? » Il n’y avait plus de barreaux. Il n’y avait plus de maître pour contenir l’esclave, il n’y avait plus de maton pour contenir l’animal. « Il a fallu qu’on vienne jusqu’ici pour se retrouver. » Et ses mots se heurtèrent à mon silence, le temps de quelques battements de cœur, le temps que je le considère, que je l’enveloppe de tout mon mépris, poisseux d’existence, poisseux de violence, poisseux et asphyxiant. Lové dans ma poitrine comme autant de rancœur et de ressentiment. « Macaro. » Les syllabes claquèrent une à une comme autant de coups de feu tirés sur une cible réelle. Elles percutèrent l’air, dégagèrent le passage pour une voix sifflante, doucereuse. « Ainsi tu rêves de moi. » Et ce tutoiement s’enveloppa de dégoût. « J’ignore si je dois en être horrifié ou flatté. Pour ma part, je me faisais un plaisir d’avoir oublié ton existence, mais j’aurais dû me douter qu’en descendant dans la fange, je courrais le risque de heurter des rats. » Un pas en avant, mes doigts enserrant mon arme se crispèrent le temps d’un soupir. « Quoiqu’il en soit, il n’y a plus geôlier pour te protéger aujourd’hui. » Il serait peut-être de bon ton de reprendre là où nous nous étions arrêtés.

by marelle

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MessageSujet: Re: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Mer 23 Mai - 22:23

The consequence we pay for throwing all away
Tous les deux, ils n’auraient pu que se détester. Dans aucun monde parallèle, dans aucune autre vie, ils n’auraient pu se respecter, ou même s’ignorer. Comme le disait l’adage, la planète était trop petite pour les contenir tous deux, eux et la haine qu’ils se vouaient. Et ce n’était pas leurs valeurs contraires, leurs loyautés opposées, leur vision du monde antinomique, ces choses banales qui pouvaient souffler sur les braises de la haine entre deux personnes lambda. C’était tout cela, et c’était plus que cela. Rafael, pendant quelques minutes, les toutes premières, n’avaient été qu’un objet de vague dédain pour le Vénézuélien. Mais c’était comme s’il avait cristallisé tout ce qu’Itzal détestait dans ce monde, comme s’il s’était trouvé sur cette terre pour être le catalyseur parfait de toutes les haines, toutes les rages, toutes les violences qui l’habitaient depuis toujours, et qui enfin avaient pris corps devant lui, faites homme, en la personne de son patron. Peut-être était-ce un peu trop pratique, un peu trop facile. Mais quelque part, ils y avaient probablement tous les deux trouvé leur compte. En tout cas, Itzal s’était complu dans cette relation exécrable, tant qu’il avait pu se foutre de la gueule du Rafael en toute impunité. Il avait aimé le détester, avait même regretté parfois qu’il soit trop droit, trop coincé pour passer outre la loi, les règles, le cadre professionnel, et lui sauter à la gorge, comme il en avait toujours eu envie, comme Itzal le lisait dans ses yeux dès qu’ils étaient forcés de se parler. Lui, faisant mollement son rapport, sourire en coin, l’air de s’en foutre parce qu’il s’en foutait réellement, parce que sa vie, ce n’était ça, ce n’était pas là, ce n’était pas le gouvernement. Et en face, Rafael, et qui savait ce qui lui passait par la tête ? Itzal n’avait pas cherché à savoir, s’était toujours dit que son patron l’avait dans le nez parce qu’il était un pistonné et qu’il défiait ouvertement l’autorité, mais c’était trop simple. Et la complexité de leur relation avait pris tout son sens le jour où Itzal avait dégringolé de son piédestal.

Comme un miroir, à l’époque, même si les barreaux d’une prison les séparaient. Itzal l’avait tellement haï, ce jour-là, que comme une bête sauvage, il aurait voulu se jeter contre sa cage, le saisir au col et le réduire en bouillie. Et sur le visage de Rafael, il avait lu la même détestation. Aujourd’hui, c’était un sourire qui ornait leurs visages, pareillement tordu. En une fraction de seconde, ils avaient pris conscience de l’espace entre eux : du vide, du rien, seulement de l’air pour les séparer. La façon dont il prononça son nom éveilla tout un tas de souvenirs chez Itzal. Le mépris, et en même temps le total détachement ? Il ne savait pas trop, mais cela avait toujours eu le don de l’énerver, comme s’il n’était rien, ne comptait pas, alors qu’être une plaie pour ce type, ça avait été son bonheur quotidien pendant des années. Heureusement, il pouvait déjà à l’époque la humer dans l’air, électrique, la rage qu’il déclenchait chez Rafael. Et c’était la même chose aujourd’hui. Même s’il y avait quelque chose en plus, Itzal s’en rendit compte en une seconde, sans pouvoir l’identifier. Mais tout le monde changeait, non ? D’un œil, il avisa la posture de son ancien patron, sa main sur son arme, sans même se rendre compte qu’il faisait la même chose. « Me protéger, moi ? » Il éclata d’un rire faux, sans joie. « Je te demanderais bien ce que tu fous là, justement. Dans cette fange que tu méprises tant. Tu as vu la lumière, tu as décidé de rejoindre les rats ? » Il s’était peut-être fait virer. Après tout, ça arrivait même aux meilleurs, Itzal en était la preuve. Il se serait fait rire tout seul, s’il avait été d’humeur.

Au lieu de quoi, il franchit la distance qui les séparait d’un pas et sans plus se perdre en préliminaires, puisqu’ils voulaient tous les deux la même chose. Toute la haine qu’il avait cru avoir mis de côté, toute la rage qu’il lui avait vouée du fond de sa cellule, l’horreur absolue quand il avait pris conscience qu’il allait mourir, alors que Rafael continuerait sa vie, vainqueur par forfait, en quelque sorte, toute la haine qu’il voulait à ce que son ancien boss était et représentait, contenue dans son corps tendu, dans le poing qu’il serra, qu’il balança avec violence dans la mâchoire de son ennemi. Un moment qu’il avait espéré pendant des années, et cette fois il n’y avait plus aucun témoin ni plus aucun lien qui les empêchaient d’en arriver là. Le choc sec de la chair contre la chair, des os contre les os, et la satisfaction intense qui suivit, malgré la douleur immédiate qui remonta le long de son bras. Et après ? Il n’avait jamais songé à un après. Dans ses rêves, puisqu’il avait bien rêvé de lui, du moins de sa mort, il frappait Rafael, encore et encore, le tuait à mains nues, et après, rien, rien d’autre que cela, la violence pure, et la mort. Dans son élan, il repoussa Rafael contre le tronc d’une mangrove, sans mesurer sa force, quand bien même le corps de son ennemi heurta le tronc avec un bruit sourd, quand bien même il pouvait le tuer, là, comme ça. Le tuer, de toute façon, n’était-ce pas là la prochaine étape ?

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MessageSujet: Re: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Jeu 14 Juin - 22:54


 
Itzal
Rafael
« the consequence we pay for throwing all away »


J’étais un homme d’absolu. J’étais un homme incapable de concevoir les nuances de gris, capable uniquement de percevoir le blanc le plus pur, et les surfaces souillées. Souillées d’offenses, souillées de médisances, souillées d’orgueil, d’égoïsme. Souillées de trahison. Et cet homme, cet homme qui me faisait à présent face, cet homme, ce macaque qui ne devait sa survie qu’aux chaînes enserrées autour de ses poignées, cet individu se contentant de singer l’élégance d’un rang, la prestance d’un nom, le charisme d’une position, cette insulte, cette injure à l’humanité, cette créature à l’air expiré irrespirable… mes mains se crispèrent, mes traits se tendirent, tout en lui m’invita à la violence. Le dégoût se mêlait au mépris dans mon regard. La colère et cette joie carnassière d’avoir un véritable adversaire avec un peu plus de répondant que les morts-qui-marchaient s’enlaçaient dans une danse langoureuse, donc la conclusion ne pouvait se trouver qu’en mes mots détachés, mes syllabes claquantes, et le sourire du loup, le sourire du loup retroussant ses babines, le sourire du loup passant la langue sur ses crocs immaculés, se préparant au carnage. Il n’y avait plus de geôlier pour se dresser entre lui et moi, aujourd’hui. Il n’y avait plus de barreaux, plus de distance, plus de protecteurs entre lui et moi. Juste le brasier ardent de ma colère, juste l’océan glacé de mon mépris, juste le souffle raccourci de la bête sauvage face à sa proie, juste le loup face au chien galeux et boiteux. Le géant face au moustique, à la tique parasite. Le Seigneur face au larbin, au paysan criblé de dettes. Il n’y avait plus rien pour nous séparer, plus de témoins, plus de spectateurs, plus de regards scrutateurs. Et je n’en pris conscience qu’à l’aune de la crispation de mes poings, de la chaleur glacée d’une arme encore brûlante des coups déjà tirés. « Me protéger, moi ? » Un rictus répondit à son rire, à son rire sans joie, guère mieux qu’un jappement. Guère plus impressionnant qu’un couinement. « Je te demanderais bien ce que tu fous là, justement. Dans cette fange que tu méprises tant. Tu as vu la lumière, tu as décidé de rejoindre les rats ? » Un haussement d’épaule succéda au rictus, je relevai le menton, mâchoire contractée, pour mieux le mettre au défi de soutenir ses propos. « Ne prends pas ton cas pour une généralité. » Et une fois encore, le tutoiement rendit tangible le dédain trempé d’indifférence affectée que je pouvais avoir pour lui. « J’ai senti l’odeur d’un déchet, je suis venu nettoyer »

Et s’il nettoyait les environs des créatures qui s’y perdaient, j’entendais bien, de mon côté, nettoyer la nature de sa détestable présence et de sa méprisable arrogance. Nettoyer mes pensées des scories de colère qui s’y accumulaient, décharger temporairement mes épaules du poids de la fureur, de la haine et de la frustration, toujours plus lourd, toujours plus pesant, toujours plus pressant. Son pas face à moi m’imposa un maintien : hors de question de lui concéder le moindre recul, bien au contraire, je répondis par un pas en avant. Et un geste trop lent. Son poing s’abattit sur ma mâchoire sans que je ne le visse venir réellement, l’arme glissa entre mes doigts surpris, se perdit dans la boue, les plantes et la puanteur, mon dos heurta un arbre dans un grognement de douleur. Grognement. Grondement. Le loup fit naître dans ma gorge le grognement le plus inhumain, le plus bestial, le plus rabaissant qu’il possédait, l’homme céda le pas, choisit de riposter, trempant la patte dans le sang et la violence, sans la propreté des armes à feu pour tenir à distance l’animalité du métamorphe. La violence du coup résonnait encore dans mes tempes, dans ma mâchoire douloureuse, mes mains cherchèrent aussitôt une solution, mes phalanges virent titiller ses côtes, et mon coude partit cueillir l’angle de sa mandibule pour le rejeter au loin, lui faire cracher ses dents si possible. D’un nouveau coup de coude dans le plexus, je le repoussai, pour trouver du vent. Trouver de l’air. De l’espace. Décoller de l’écorce cette carcasse essoufflée par l’absence de combat humain depuis des décennies. Depuis combien de temps n’avais-je pas combattu au corps à corps ? « Parasite, tu vas me le payer. » Je crachai de dépit, face à des réflexes enraillés de rouilles, rouillées et raillés. Railleries grinçantes, grimaçantes. D’un mouvement brusque, j’arrachai de mes épaules ma veste, pour la laisser se perdre dans les bosquets. D’un mouvement brusque, j’arrachai les boutons de mes manches, les remontai au-dessus de mes coudes. Qu’il oublie le bureaucrate, qu’il oublie l’homme qu’il pensait connaître. « Vermine, tu ne mérites que d’être écrasé, oublié, piétiné par ces créatures mêmes que tu côtoies en te cherchant la moindre once d’intérêt. Mais tu n’es qu’un amas de personnalité fade, insipide, le rejeton d’une hypocrisie pécunière, une épine perdue et négligée, dont on se débarrasse aussitôt qu’on se souvient de son existence aussi inutile qu’amère. » Dans ma voix sifflait la colère, la colère de se sentir visé par mes propres mots, dans le regard d’un gouvernement sans compassion, sans reconnaissance, aveuglé par sa propre suffisance, sans la moindre commisération pour des êtres innocents, récompensant les abjections, protégeant encore et toujours les insectes et les macaques, sans se soucier des dégâts collatéraux. « Tu n’es encore en vie que par ton nom, mais je vais me faire un plaisir de te l’arracher, pour que ton corps ne soit même plus identifiable. »

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MessageSujet: Re: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Ven 22 Juin - 23:17

The consequence we pay for throwing all away
Il savait, Rafael, forcément. Il savait ce qu’Itzal était, l’avait découvert le jour où le Vénézuélien s’était choper et enfermer. En toute honnêteté, Itzal s’était dit, en le voyant débarquer devant sa cellule, que Rafael était venu pour l’exécuter en personne. Parce qu’à l’époque, on exécutait les contaminés comme lui, il n’y avait pas d’autre alternative. Il avait réchappé à ce destin de justesse, transformé à temps pour être l’un des pionniers du programme des nettoyeurs. Et c’était pour ça, Itzal en était persuadé, que Rafael utilisait ce mot. Nettoyeur. Comme un larbin, un clodo, le type qui ramasse les poubelles. Itzal avait été pire que ça dans sa vie. Mais dans la bouche de l’homme qu’il détestait, cela prenait des airs d’insulte, forcément. L’impression, depuis le début, que Rafael savait tout de lui, du moins savait tout ce qu’il avait envie de savoir, ce qu’il voulait qu’Itzal soit, et que ça lui avait suffit dès la première seconde. Comme s’il avait été meilleur que lui. Itzal, lui, ne s’était jamais posé la question de savoir qui était Rafael. Un sombre connard travaillant pour le gouvernement, et un de la pire espèce. Un de ceux qui obéissait aveuglément, capable d’y voir un code d’honneur tordu et respectable. Un de ceux qui à la fin battrait le pavé de sa botte sur les cadavres. Et ça lui avait suffi aussi. Et peut-être que s’il s’était demandé deux minutes si Rafael n’était pas plus que ça, il ne lui aurait pas sauté à la gorge comme il le fit, ne serait-ce que pour des questions basiques d’instinct de survie, mais l’instinct ne faisait plus le poids face à la haine et à la rage. Et le plaisir qu’Itzal ressentit en collant son poing dans la figure de Rafael, pendant une seconde, justifia par avance toutes les conséquences auxquelles il s’était refusé de penser. Un simple petit cadeau qu’il s’offrait, sans y réfléchir, sans anticiper la réponse. L’incarnation physique de tout ce qui traînait entre eux depuis trop longtemps.

Et si ça avait été aussi simple que ça, cela aurait été parfait. Il sentit les coups portés par Rafael comme si ce n’était pas vraiment lui qui les encaissait. Dans sa tête, il se voyait déjà mettre une raclée à son ancien patron, et tout le reste comptait peu. Il n’avait jamais vu Rafael se salir les mains, ne l’avait jamais vu perdre son calme. L’avoir fait sortir de ses gonds était en soi une petite victoire, qu’il célébra d’un sourire carnassier, surtout quand son adversaire sembla enfin vouloir jouer le jeu. Hélas, il fallait qu’il parle, et qu’il lui parle de son père, en plus, autant dire un quasi étranger pour Itzal. Du moins c’était ce qu’il aurait voulu qu’il devienne, puisqu’ils avaient tous deux entamé leur existence commune ainsi, lui, le politicien en pleine ascension, et le gosse crasseux à la peau bronzée qu’il était venu adopter pour faire plaisir à sa dépressive de femme. Ou pour un coup de com’ dans les journaux, histoire de gagner quelques voix, le vote des latinos, Itzal n’en savait rien. Depuis sa transformation, son père l’avait complètement renié, mais il ne pouvait pas prétendre que le vieux ne lui avait pas tendu la main à plus d’une occasion, et c’était bel et bien lui qui lui avait trouvé ce job de garde du corps, à l’époque. Le souvenir le fit ricaner. Il avait détesté ça, être placé par son père qu’il ne supportait pas dans une institution qu’il ne supportait pas, mais puisque cela avait été un des problèmes que Rafael avait eu avec lui, il n'allait certainement pas rétablir la vérité. « Sois pas jaloux. Tu seras jamais plus que ce que t’es aujourd’hui, avec ou sans ton nom. Allez, montre-moi ton vrai visage. Tu n’as pas besoin de lécher le cul de tes patrons, ici. »

Son nom, putain, son nom. Il pouvait toujours prétendre que les mots de Rafael ne le touchaient pas, sa réaction à ses propos parlait pour lui. Il s’était défait du nom de son père aussitôt qu’il avait pu, mais il ne pourrait jamais échapper à son ombre, à son emprise, à tout ce qu’il avait été pour lui pendant ces longues années d’enfermement dans un carcan social, moral et quotidien qui avait rendu fou le Vénézuélien. Et en réponse aux provocations de Rafael, il fit exactement ce qu’on aurait pu attendre de sa part : il lui sauta dessus de plus belle. Usant de ses dons sans hésiter une seconde, puisque c’était ce qu’il était, un « parasite », une « vermine », eh bien il agirait comme tel. Occultant la vue de Rafael, le privant de cette image de lui qui semblait tant le dégoûter, il lui colla de nouveau son poing dans la figure, et encore, et encore. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui valoir, de s’attaquer à un membre du gouvernement ? Il s’en foutait. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’il fasse preuve de cette même violence que Priya détestait chez lui ? Il n’y pensait même plus. Il avait jeté Rafael à terre et se tenait au-dessus de lui, le tenait par le col pour mieux le cogner encore et encore. Il voulait le tuer, mais pas le tuer tout de suite. Il voulait d’abord le démolir, et se défaire enfin de toute cette rage. Au moins pour quelques heures. D’un geste fluide, il se saisit du couteau qu’il portait dans sa rangers, en même temps qu’il sentait son influence sur la vision de Rafael s’évaporer. Eh bien tant pis. Qu’il le regarde en face au moment où il le tuerait. Il vit dans le regard de son adversaire que les coups l’avaient atteint mais qu’il avait encore pleinement conscience de ce qu’il se passait. Il vit sous le sang, dans les prunelles brûlantes, que ça ne faisait que commencer. Et il en fut presque enchanté, alors qu’il abattait sa lame sur son ennemi.

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MessageSujet: Re: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Ven 20 Juil - 1:18


 
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Parasite. A mes yeux, voilà ce que Macaro était : un parasite. Un vulgaire parasite, s’accrochant à une proie, lui extirpant tout ce qu’elle avait à offrir sans la moindre morale, ne la délaissant que pour aller s’agripper aux mamelons d’une autre, aspirer sa vie, la sentir se ratatiner sous ses doigts crasseux et son haleine pestilentielle. Parasite. Couvert de morgue, d’arrogance, couvert de mon mépris et de ma suffisance, couvert de mon dédain et de la violence de mon regard, il m’affligeait à chacune de ses respirations, irriter ma chair et mon orgueil par ses battements bien trop audibles, bien trop persistants, bien trop hâtifs. Parasite. Le qualificatif se cracha, se faufila entre mes lèvres, troqua le grondement du loup par l’humanité et la susceptibilité de l’homme, succéda à la violence la plus pure et la plus primaire de ma carcasse essoufflée, de ce coup encaissé, de ces poings abattus, écorchés, tuméfiés le temps d’une respiration. Parasite. Je le savais, je le savais depuis tant de mois maintenant ; je le lisais dans son regard, je le sentais dans sa posture, je pensais le respirer dans son odeur putréfiée, mais je ne l’écœurais que par le dégoût qu’il m’inspirait, par l’affront qu’il représentait, par tout ce dont il se faisait le héraut et le parangon. Parasite, je crachai de dépit, je crachai de colère, je crachai, tremblai de cette fureur qui remplissait mes veines et qui me poussa à me transformer en bête sans même me couvrir de fourrure. Il ne connaissait que le Seigneur, Macaro, il ne connaissait que le bureaucrate, il ne connaissait que l’homme, il ne connaissait que le chien maté par des hommes peureux, tremblant devant la violence et l’agonie que le loup savait si bien donner, et que j’avais appris à répandre, encore et encore, sans douter, sans hésiter, sans trembler. Il ne connaissait que tout cela mais il ne connaissait pas le bourreau.

Il allait apprendre à le découvrir. Mes doigts agrippèrent mes manches, en arrachèrent les boutons pour les relever, pour dégager mes bras trop pâles, trop fins, trop immaculés de mon invulnérabilité. D’un mouvement brusque, libre de notre solitude, je me défis du reste, je rejetai les chaînes, je rejetai l’humain, j’embrassai l’animal, pour mieux lui répondre. D’une voix sifflante de colère, d’une voix peuplée d’une aversion sans limite, de cette répulsion que m’inspirait ce qu’il était, ce dont il était l’incarnation. Une incarnation que mes yeux promirent de dépecer, d’excarner pour mieux plonger mes mains dans son sang, creuser jusqu’aux os, arracher et démembrer. D’une voix sifflante de colère, je cherchai à m’expliquer, à exprimer à quel point sa pitoyable personnalité avec le don de me laisser révulsé de tant d’insipidité ; comme pour justifier l’aveuglement de mes pensées, de l’animal blessé trop prompt à se jeter sur le moindre agacement pour décharger sa frustration, sa tension et sa douleur. Il était là, devant moi, ne réclamait de moi que le déferlement de colère et de violence, pour mieux m’offrir une expiation. « Sois pas jaloux. Tu seras jamais plus que ce que t’es aujourd’hui, avec ou sans ton nom. Allez, montre-moi ton vrai visage. Tu n’as pas besoin de lécher le cul de tes patrons, ici. »

Rafael laissa place à Impulsivité. Mes mains s’ouvrirent et se fermèrent, comme une invitation. Phalanges pliées, dépliées. Et quand il se jeta sur moi, ce fut pour rencontrer ma résistance, pour aller à la rencontre d’un cri de rage, d’un grondement inhumain qui m’échappa, de ces coups que je rendis sans attendre, de… cette obscurité qui me saisit et me fit hoqueter. Brutalement. Qui me tétanisa, dans une respiration accélérée, une quête d’oxygène perdue d’avance, une course à l’affolement soudain ; un coup au visage, encore, encore, des mains levées, guidées par les sons et la respiration, le sol qui heurta mon dos, se réverbéra dans toute ma colonne, vertébrale, ces doigts agrippés à mon col, cette terre spongieuse qui imbiba le tissu de ma chemise, agressa mon épiderme, aiguisa mes sens d’un froid glacial. Le rayon de lumière capturé par la lame fut le premier à transpercer les ténèbres, me poussa à réagir, une fraction de seconde trop tard, le métal me percuta l’épaule, s’enfonça dans ma chair, glissa sur ma carotide pour venir taillader l’aorte quand dans un même mouvement, j’écrasai ma main sur son visage pour frapper aux yeux et basculai le bassin pour renverser la donne. Hurlement de rage, la lumière se fit violente, parasites volatiles, je tâtonnai pour chercher le poignard, ne trouvai que le contact humide et glacé de mon arme de poing.

D’un bond, je me relevai. Fis feu. A cinq, six, sept reprises, dans autant de claquements que de battements de cœur, autant d’explosions que cette douleur qui cicatrisait, d’un sang poisseux venu couvrir mon torse d’une blessure déjà ancienne. Mes yeux papillonnèrent, incapables d’accepter le retour fuyant des formes, des gestes, des éclats, le cliquetis de la chambre asséchée m’arrêta dans la folie de la colère : nombre de coups dilapidé dans la panique de la cécité. « Mon vrai visage, tu ne veux pas le voir, Macaro. » Et pourtant, il le contemplait, il le contemplait dans mes traits débridés, dans mes rictus d’assassin, dans ma violence de mon regard, de mes gestes, dans la liberté de ma respiration, déchargée du poids des convenances, du poids du contrôle, du poids des attentes, du poids de l’honneur, du poids de tout ce qui pouvait me maintenir ancré dans une gravité dépassée par l’âge. « Mon vrai visage n’a ni maître, ni loi, ni justice. Tu ne me connais pas, macaque, tu ne connais que celui qui a pris la peine de t’épargner, tu ne connais que celui que tu as fait la bêtise de te mettre à dos. » Tout en parlant, je fis un pas en arrière, pas maladroit, pas de vertige, non de la blessure, sanguinolente, effacée par le loup, mais par la peur de l’aveuglement, que l’animal paniquait à voir revenir. Un aveuglement qui tardait à se dissiper totalement, dans un regard fuyant, incapable de se poser, incapable de soutenir la lumière, marqué par des mois d’absences revenues de plein fouet en même temps que l’odeur perdue de Violet. Tout en parlant, je cherchai un chargeur dans mes poches, geste fluide d’une longue pratique qu’un tremblement malvenu brisa de maladresse ; geste fluide ; geste laborieux. « Quand je t’aurai tué, personne ne te pleurera. » Une promesse ? « Personne ne pensera à toi, parce que tu n’existeras plus. » Une angoisse. Celle de l’oubli, jetée en menace pour refléter cette main qui me serrait les tripes et me susurrait qu’on pouvait en dire autant de moi. « Parce que tu n’es rien. »

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