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 The consequence we pay for throwing all away || Rafael

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SUCKER FOR PAIN

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MessageSujet: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Lun 14 Mai - 0:22

The consequence we pay for throwing all away
La mort était là, au bout du chemin. Derrière chaque bosquet de mangrove aux racines noires et tordues, par-delà chaque marécage aux vapeurs gluantes et même dans la lumière pâle et maladive qui régnait sur le bayou, la mort était partout. Témoin de la violence du choc que la nature avait encaissé dans le coin, rappel que les hommes n’avaient pas été les seuls à en prendre plein la gueule. Un pas après l’autre, un bruit après l’autre, il fallait l’entendre et la voir, la sentir jusque dans sa gorge, fétide et puissante, comme une promesse. Voilà ce qui les attendait, si…. Voilà à quoi ils seraient réduits, si… Et après tout, Itzal voyait mal comment ce qu’ils avaient été, une pseudo « société », pouvait un jour se relever de ces dernières années. Ils n’allaient pas dans le bon sens, clairement. Plutôt droit dans le mur, pour le dire clairement. Un peu comme lui en ce moment même. Ce qui le poussait à venir traîner sa carcasse dans cet endroit malsain, c’était uniquement la force par laquelle il avait toujours vécu, qui l’avait maintenu en vie malgré toutes les claques dans la gueule que le hasard avait été assez urbain pour lui envoyer. La rage et le besoin d’évacuer la violence. Cette force qui le faisait se tenir debout gamin malgré la dope, les gangs, les mains griffues sur son cou et ses bras rachitiques, et grâce à laquelle un jour il avait enroulé ses doigts autour d’un couteau tendu par un inconnu et s’était mis à survivre. Qui l’avait fait s’opposer à son père à chaque seconde de leur vie commune, qui l’avait gardé fermement attaché à ses origines et qui lui avait fait refuser cette Amérique qu’on lui offrait sur un plateau d’argent, et il avait même craché dessus. Qui lui avait fait passer les portes du Bones et se battre contre des zombies toutes les nuits, jusqu’à l’ultime connerie, le combat de trop. Ici, bordel, il n’y avait rien qui puisse s’offusquer, rien de vivant qu’il ne puisse tuer sans en ressentir le moindre malaise, et même, bonus, il y aurait peut-être même un truc à bouffer, qui sait ? Un rat de l’espace, une belette créatinée aux produits toxiques qui s’échappaient des usines depuis des années, un alligator dopé à l’uranium de la centrale nucléaire la plus proche…

Pas un souffle de vie, pourtant. Juste ce cauchemar ambulant qui tentait de le faire fuir, de le repousser par sa laideur et sa puanteur, et il ne pouvait qu’être d’accord : ici, ce n’était pas un lieu pour les hommes. Pas même probablement pour les êtres vivants. S’il y avait autre chose d’animé dans le coin, à part lui, ce n’était pas littéralement vivant, ça ne pouvait pas l’être. Il était quasi sûr de croiser des zombies dans cette zone. Et d’autres trucs. Rien qui n’explose pas sous les assauts d’une balle. Et si ce n’était pas le cas, eh bien tant pis. L’œil vif et les joues rondes, enfin, une image : il s’était nourri peu de temps auparavant, s’était débarrassé de ses problèmes, de tous les gens qui avaient des problèmes, des prises de tête, des conneries, pour venir ici, seul, enfin, lui-même, pas trop tôt. Il se percha sur une racine, posa la main sur le tronc tordu de la mangrove et ferma les yeux, étendant ses sens de voleur d’énergie aux alentours. Oh, les bruits que le bayou faisait, crachait, même : gargouillements, claquements de mâchoires inimaginables, grognements dans les ténèbres des marécages, chuintement du cuir d’une créature glissant sur la boue noire… Ambiance. Le Vénézuélien rouvrit les yeux et observa ce qui l’entourait. Le chemin parcouru depuis sa favela poussiéreuse lui filait le tournis parfois. Qu’est-ce qu’il foutait là ? Connasse de vie, tiens. Enfin tant pis. Ou tant mieux. Tout ça importait peu. Il se remit en route, le plus silencieusement possible, mais il n’appartenait pas à ce monde, il était en trop, lui, ne s’y insérait pas comme il fallait, et il y avait toujours de la gadoue pour grincer pour sa semelle ou une branche pour se briser sur son chemin, un lézard pour filer devant ses pas, faisant remuer l’herbe et les feuilles humides. Pas le bienvenu, il était. Pas grave, il avait l’habitude.

Et puis, ses sens la captèrent. Une présence, semblable à la sienne : en trop. Une anomalie de normalité dans ce décor d’horreur absolue. Il l’entendit peut-être, ou vit son ombre entre deux troncs d’arbre, ou peut-être la ressentit-elle seulement, cette présence. Ce type. Attiré par lui comme un papillon par la lumière, comme si d’instinct, il sentait qu’à deux, ce serait mieux que seul, malgré tout, alors que son instinct, contrairement à la raison, lui hurlait de se barrer. Personne de sain d’esprit ne traînerait ici, il en était la preuve. Ce qui se tenait devant lui, c’était juste un gros problème, et lui allait au devant comme un tocard.

Voilà pourquoi cet endroit était un cauchemar : peuplé de fantômes en plus du reste. Ce fantôme-là, Itzal ne s’attendait pas à le revoir, et certainement pas ici. Cette pièce du puzzle moisi qu’était son passé, il pensait l’avoir perdue à tout jamais. Comment ne pas reconnaître immédiatement l’homme qui avait fait l’objet de sa haine la plus pure, la plus absolue, comme rarement il n’avait haï ? Et pourquoi donc s’était-il usé à détester cet homme, il n’en savait encore rien aujourd’hui, si ce n’était que c’était simple, c’était facile, c’était tout ce qu’il détestait fait homme. L’autorité, l’autorité aveugle et absolue, le représentant d’un gouvernement honni et, au-delà de ça, une détestation toute personnelle, parce que Rafael, son boss, à un certain moment, enfin sur le papier, était une ordure. En le voyant, Itzal laissa échapper un rire totalement involontaire, teinté d’incrédulité totale. « Est-ce que je rêve ? Est-ce que mon rêve devient réalité ? » Difficile à dire. Itzal avait souvent rêvé, oui, de l’avoir devant lui, sans barreau de prison pour les séparer. Il s’était tenu là, face à lui, du côté de la loi, du côté de la liberté, glacial, sans pitié, et si plein de rage à son encontre. Et ça avait été encore plus facile que d’habitude pour Itzal de le détester en retour. Mais lui allait mourir. Ils le savaient tous les deux, et le seul regret de Rafael à ce moment-là avait été de ne pas pouvoir le tuer de ses mains, et Itzal en avaient eu mal jusque dans ses os de ne pas pouvoir se saisir de lui et lui briser le cou. « Il a fallu qu’on vienne jusqu’ici pour se retrouver. » Il partait du principe que Rafael se souvenait de lui. Cela ne faisait qu’un an et demi, après tout. Avait-il seulement su, le fier soldat, ce que son fantassin était devenu ?

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MessageSujet: Re: The consequence we pay for throwing all away || Rafael   Dim 20 Mai - 11:17


 
Itzal
Rafael
« the consequence we pay for throwing all away »


Une première détonation claqua. Puis une seconde. La tranquillité de mes mouvements présentait un contraste saisissant au regard du brasier qui corrompait mes prunelles. La créature s’effondra, à quelques mètres de là, tandis que le bruit de l’arme à feu mourrait dans le bayou, absorbé par la végétation spongieuse et le bourdonnement incessant des insectes, maîtres et rois du domaine. En quelques pas, je ralliai un bras d’eau, à l’atmosphère dense et asphyxiante. En quelques pas à nouveau, je fermai les yeux pour m’imprégner de l’environnement sonore. Laissai le loup agir, prendre les rênes de mon esprit, inspirer pour dissocier les odeurs. Distinguer les sons. Et se laisser glisser, petit à petit, vers une autre proie, vers une autre cible, vers un autre de ces cadavres en perdition, pour l’éliminer. Brutalement, toujours brutalement. C’était ce que j’étais venu chercher, après tout : cette violence sans nom, cette bestialité débridée, ce que je haïssais mais ce dans quoi, également, je me complaisais de plus en plus souvent. Je me retrouvais, aussi. Je me mordis la lèvre en enjambant une racine affleurante, laissant le loup ignorer l’eau et la boue qui colorait le bas de mes vêtements, écartant une branche, m’enfonçant davantage, m’éloignant également de la protection du cœur de ville. M’isolant, à la recherche d’une autre proie. D’une autre cible. D’un autre dégoût à surmonter, à apprécier, pour qu’au soulagement de la mort procurée précède la montée, brutale, d’adrénaline. L’excitation du chasseur. La satisfaction du carnassier. La perte, un peu plus, de l’homme. Et l’embrasement, l’embrassement d’une nature difforme, écœurante et pourtant plus que familière.

Les sens aux aguets, je m’enfonçai davantage dans le bayou, laissant, toujours, le loup tenir les rênes, m’offrir un but, une direction, sans déformer ma chair, sans disloquer mes os. Je voulais tuer de mes mains, de mes mains d’homme, je voulais sentir dans ma paume le recul d’une arme, ne pas amoindrir le sang sous les yeux de l’animal, mais me laisser percuter par l’odeur âcre de l’arme à feu, le bruit sourd de la détonation, le souffle qui disparaît, le soupir chuintant d’un corps qui s’effondre. Je voulais tuer pour tuer, tuer pour retrouver le contrôle, tuer et me laisser porter par la rage carnassière de l’animal, et la froideur inhumaine du monstre que j’étais en train de devenir, que j’étais déjà devenu ; et que le loup ne pouvait pas comprendre. L’animal ne tuait pas par envie, par besoin, par caprice, par vengeance, il ne tuait que par besoin, que par nécessité, ne se mettait pas en danger volontairement. L’animal se préservait : l’homme n’était qu’autodestruction, et malgré mes sens exacerbés, malgré ce grondement croissant dans ma gorge, comme le hurlement contenu d’un loup cherchant sa meute, j’étais homme, pleinement homme. Je me figeai. Immobile, souffle réduit à quelques battements de cœur, yeux fermés pour laisser mon ouïe prendre le pas sur tout le reste, mon odorat surclasser la vue, si futile dans ce genre de situation. Et l’odeur me frappa. Vieille de haine, de colère, de trahison, de meurtrissures pas plus cicatrisées que toutes les autres, pas moins vives que tout le reste. L’odeur charriée par le vent : mes pupilles se pressèrent dans la direction, dans la direction de l’individu qui s’approchait. Venait à moi. Le loup retroussa les babines dans un demi-sourire. L’homme, quant à lui, se contenta de fixer la silhouette.

Je le détaillai. Sitôt qu’il parut complètement dans mon champ de vision, mes prunelles le détaillèrent avec attention. Macaro. Macaque, les syllabes résonnèrent dans mes pensées comme autant de moquerie, tandis que dans mes veines se déversèrent une haine absolue, franche et intacte, préservée par les mois, préservée par la facilité qu’elle camouflait, celle de retrouver son équilibre dans des émotions aussi pures et aussi simples que la haine, le mépris, le dégoût et la condescendance. Mon regard le détailla avec soin, le loup se revêtit de nonchalance et de patience sereine. Un silence se délia entre nous, grapillé de quelques respirations, de quelques craquements, de quelques brises perdues dans les branchages. A combien de temps remontait notre dernier face à face ? Des mois, des mois que précédèrent un ressentiment écœurant de violence, face à ce bon-à-rien protégé, imposé, face à ce parasite dont je ne voulais pas, et qui se complaisait déjà dans sa petite existence fétide de sangsue. Des mois, des mois que suivirent cette colère, cette colère croissante. Personne n’avait le droit d’humilier Rafaele Renzacci, personne n’avait le droit de trahir, de se moquer de Rafael Morienval sans en payer les conséquences, et cet homme, cet homme que mon regard disséqua de violence… des mois, des mois, près de dix-huit, et j’avais encore dans les veines la douleur cuisante d’un interdit, comme un chien tenu en laisse. Le loup contint dans la gorge un grognement menaçant, l’homme se laissa envahir de cette envie brutale de ramener la justice à sa plus simple composante. Chair déchirée, os brisée, organes palpitants tenus dans le creux de ma main, poisseuse d’un sang trop noir, trop dense…

Son rire me laissa de marbre, ne fit qu’accentuer un rictus carnassier sur mes lèvres, le sourire de l’animal. « Est-ce que je rêve ? Est-ce que mon rêve devient réalité ? » Il n’y avait plus de barreaux. Il n’y avait plus de maître pour contenir l’esclave, il n’y avait plus de maton pour contenir l’animal. « Il a fallu qu’on vienne jusqu’ici pour se retrouver. » Et ses mots se heurtèrent à mon silence, le temps de quelques battements de cœur, le temps que je le considère, que je l’enveloppe de tout mon mépris, poisseux d’existence, poisseux de violence, poisseux et asphyxiant. Lové dans ma poitrine comme autant de rancœur et de ressentiment. « Macaro. » Les syllabes claquèrent une à une comme autant de coups de feu tirés sur une cible réelle. Elles percutèrent l’air, dégagèrent le passage pour une voix sifflante, doucereuse. « Ainsi tu rêves de moi. » Et ce tutoiement s’enveloppa de dégoût. « J’ignore si je dois en être horrifié ou flatté. Pour ma part, je me faisais un plaisir d’avoir oublié ton existence, mais j’aurais dû me douter qu’en descendant dans la fange, je courrais le risque de heurter des rats. » Un pas en avant, mes doigts enserrant mon arme se crispèrent le temps d’un soupir. « Quoiqu’il en soit, il n’y a plus geôlier pour te protéger aujourd’hui. » Il serait peut-être de bon ton de reprendre là où nous nous étions arrêtés.

by marelle

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