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 Wilder Mind [Lisa]

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Métier : Elle vole, Andy, elle aime tout ce qui brille et pille les tombes de vos amis
↳ Opinion Politique : Elle s'en fout du moment qu'on ne lui cherche pas d'embrouilles.
↳ Playlist : Bishop Briggs - Never Tear Us Apart / Ruelle - Carry You / Kaleo - I Can't Go On Without You /
↳ Citation : « Les personnes les plus silencieuses ont les esprits les plus bruyants. » S. Hawking
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MessageSujet: Wilder Mind [Lisa]   Mer 16 Mai - 19:34


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Wilder Mind

It's in my blood, it's in my water
You try to tame me, tame me from the start
When the din is in your eye, flash your flesh
Desperate for a need to rise
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Bouge merdique sans réelle porte et dont les fenêtres sont parsemées de planches, clouées à même la bâtisse. La baraque de Teddy n’est connue que de ses habitués. Teddy, ce grand chauve au visage bariolé de cicatrices qui fabrique son propre alcool dans les sous-sols.
Agression des naseaux dès que l’on rampe dans ce merdier via une trappe à l’arrière - ça schlingue la charogne qu’on éviscère. Ça me fait même me demander si je ne préfère pas l’odeur de la pisse. Je rejoins Donna qui m’attend depuis au moins une bonne demi-heure, frappant nerveusement le plancher de sa godasse épaisse - j’ai toujours eu un problème avec les horaires. Et elle parle et parle et parle la sulfureuse, sans que je n’en aie quelque chose à foutre en réalité. L’obéissance absente à mes veines.
Les yeux écarquillés, Donna me regarde. Haussement d’épaules en réponse. Je ne comprends pas vraiment ce qui la choque dans mes propos. Peut-être parce que je lui ai claqué que j’en avais rien à foutre de la Falciferae et que j’avais certainement pas envie de me ramener au QG pour revoir la tête d’abruti d’Oswald. C’est qu’elle ne connaît pas l’histoire, Donna. Elle ne sait pas que les liens qui nous unissent sont crades et usés et qu’il n’y a plus rien de bon à en tirer. Si tant est que quelque chose de bon ait pu exister. Elle insiste mais ne récolte que le silence et ça l’agace, ne voit là qu’un comportement enfantin dont je me fous éperdument. T’y connais rien Donna, pourquoi t’insistes comme ça ? Tu peux pas te contenter d’un non massif et franc, faut toujours s’embarquer dans des tas d’explications que j’ai franchement pas envie de te fournir. Mets ça sur le compte de ma mauvaise foi ou de mon je-m’en-foutisme. Carcasse avachie sur une vieille table poussiéreuse, le regard semble absent de cette réalité, paumée quelque part entre ici et ailleurs.

« Hey Andy j’te parle putain tu pourrais me répondre ! Arrête de faire ta mauvaise tête, y a du boulot et il va pas s’faire tout seul.
-Putain c’que t’es emmerdante comme gonzesse, c’est pas croyable ça !
-Quoi ?! J’pige rien quand tu causes dans ta langue bizarre, tu m’fais chier Andy. »

Les pieds de la chaise raclent sur le sol dans un bruit sourd. Elle est furax, la rousse. Et je la regarde se lever et se barrer, balancer sa veste au bout de sa main si sèchement qu’elle dissémine les grains de poussière dans l’air tiède.
Je retourne à ma contemplation du vide, l’index trace des arabesques dans la crasse avant que Teddy ne se radine et prenne la place de la comparse vexée. Regard rivé sur les formes abstraites que je dessine, Teddy n’est qu’un mirage dont je ne veux rien. Ni les paroles, ni les conseils.

« Je voudrais pas m’mêler de ce qui m’regarde pas mais…
-Alors ne le fait pas. C’pas tes oignons, t’as pas des verres à nettoyer ?
-Tu perdras s’tu veux la jouer au plus con, tu sais. »

Orbes qui le dévisagent et le jugent suffisamment pour qu’il lâche l’affaire et se décide à retourner derrière son pseudo comptoir ; celui qui tient entre deux tonneaux et une planche de bois. La solitude en seule compagne acceptable. Le verre de rhum est gobé dans une grimace tandis qu’à l’extérieur le ton monte. Baraque percutée qui craque, hurlements dont on ne saisit pas l’origine véritable. Teddy trottine jusqu’à la trappe, déplace une lourde caisse pour empêcher quiconque de venir foutre en l’air son petit business en voulant s’infiltrer ici pendant que ça s’emballe. On est quatre pecnots à attendre que le bordel au-dehors se tasse. Ça cogne et ça gueule, paroles qui filtrent à travers les fenêtres pétées mais dont le brouhaha ambiant rend impossible la compréhension. Un petit brun alcoolisé sniffe l’air comme un clébard.

« Ça sent l’cramé les gars, vous trouvez pas ? »

Si on voulait se foutre de sa tronche y a deux secondes, on se met à l’imiter. Le nase plein de chiasse, j’arrive à rien sentir de plus que la sueur de mon voisin. Dégueulasse.
Au bout de quelques minutes à douter du flaire de notre ami extraordinaire, de la fumée glisse par les lattes du plafond. Évidence crasseuse, le feu prend à l’étage et nous, on est là à attendre sagement… de se faire engloutir par les flammes !
Les chaises tombent par terre et la seule gonzesse en plus de moi se met à chialer en hurlant comme une damnée. Son gars tente de la calmer mais elle est déjà en train de s’essayer à repousser la caisse pour sortir la première. Je peux pas la juger, je crois que j’aurais pu faire la même chose, les cris en moins. Craquement sinistre, le plafond cède juste au-dessus de sa trogne, l’armoire de l’étage écrabouillant la donzelle. Les gars s’affairent à arracher les planches aux seules issues possibles. Il y a sa petite main qui dépasse du brasier et s’agite comme pour qu’on vienne l’aider. Mais personne ne voit rien, personne, sauf moi. Moi qui ne dis rien, moi qui vois son visage boursouflé et cloqué. Elle beugle encore et je recule, cogne le dos du brun qui empeste l’alcool et le tabac.
On s’asphyxie à cause de la fumée qui s’épaissit et c’est tardivement que la porte d’entrée, autrefois condamnée, est défoncée à grands coups de pied.
Je capte pas tout de suite les uniformes et les flingues braqués sur nous. J’entends que le chaos et ses cris qui se dispersent en affreuse mélodie.

Ordres balancés sans que je n’en pige le moindre mot, tout ce que je sens, c’est qu’on m’accroche le bras. Le poing se balance la seconde suivante, s’écrase sur la face de ce foutu soldat à la noix. Il titube, recule et se met à tirer. Je me barre malgré l’entaille au bras laissée par cette putain de balle. Le mâle beugle et ordonne. A l’extérieur, des visages écrasés sur le bitume me supplient de les aider pendant que ces connards faisant preuve d’un excès de zèle, tabassent la populace incriminée. Elle est devant moi, Donna. La petite rousse a compris que tout allait dégénérer et a tenté de me prévenir qu’elle me dit. Je lui tousse à la gueule, poumons encrassés par la fumée toxique. J’ai besoin d’air. Elle me touche et je la pousse. Dans ses prunelles semblent naviguer une incompréhension soudaine.

« Faut pas rester là, avance ! »

J’ai jamais pigé pourquoi elle m’aimait bien, Donna. Je la fâche les trois quarts du temps, elle fronce les sourcils tellement souvent en ma présence qu’elle a deux rides naissantes au beau milieu de ses yeux. Elle prend sur elle, m’évite des emmerdes avec la Falciferae sans que je ne comprenne pourquoi elle ne les laisse pas me foutre une bonne raclée. La rousse me pousse et me presse s’interpose face à une blondasse qui tente de me choper. Ça se fissure à l’intime. Choix terrible que de l’aider et se faire prendre ou s’en aller sans se retourner dans l’espoir de conserver sa liberté. Le front de la sulfureuse percute le petit nez fin de Blondie. Détonation qui éclate dans l’air, je décide d’en profiter pour me sauver, reste persuadée qu’elle va s’en sortir, Donna.  Je cavale et cavale sans un regard en arrière, m’enfonce dans les venelles alors que je me la joue petit poucet, distillant mon hémoglobine derrière moi. La toux m’arrache le gosier et me fait gerber là, au beau milieu des poubelles pleines. Ça éclabousse les godasses et les chevilles, forme une mare à l’odeur pestilentielle au bout de mes petons. Gerbe au coin des lèvres essuyées d’un revers de manche tout comme la morve qui s’amène. Présence ressentie, la trogne se tourne et se tord en constatant que c’est la blonde aux airs d’Alice au pays des merveilles.

« Putain t’es pire qu’la dame de cœur toi !  Qu’est-ce que tu m’veux !? »

J’imagine que t’es pas là pour me dire que j’te plais bien et que t’as envie qu’on aille boire un verre toutes les deux.
Je renifle bruyamment et extirpe de mes lippes un glaviot qui vient s’écraser entre nous. Je préfère crever que de te voir m’emmener dans une de tes cages à rats.
Le temps vire à l’orage, gronde et résonne partout tout autour. La flotte s’invite, éclabousse nos minois, alourdit nos fringues et glace la chair.


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MessageSujet: Re: Wilder Mind [Lisa]   Mer 30 Mai - 16:04

Descente armée dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Fin d'après-midi et soleil déclinant. Elle n'a plus l'habitude, Lisa, de nouer ses fringues autour de sa taille, d'enfoncer son pif dans les couches de tissus, de préférer l’exiguïté d'un habitacle de voiture à l'immensité des nouveaux déserts urbains.
Au loin le grondement d'un orage s'amenant du Nord lui mortifie les nerfs. Touffeur et mauvaise luminosité. Ça alourdit l'atmosphère, poisse l'empyrée de nuages épais et gris et elle a comme l'impression que les odeurs de putréfaction auxquelles on s'habitue, qui ne sont que l'ordinaire, se démultiplient à donner l'envie de se récurer les dents, la chair, de s'enfermer à l'abri du réel.
Elle crache un mollard puis le museau levé au ciel, respire le carnage annoncé. Déjà, la fumée d'un incendie lui contamine les bronches, contracte sa gorge et force à tout recracher. Toux rauque. La paume sur le canon de l'arme, elle attend. Elle attend comme le font les prédateurs en traque ; qui n'ont pas la crainte de voir s'échapper la bouffe. Car la bouffe est partout. Mille et une vermines grouillent sur le sol et derrière les murs qu'on frappe, les portes qu'on ouvre. La faute à ces extrémistes de merde, lui a-t-on lâché lorsqu'elle a demandé pourquoi. Pourquoi ce quartier, pourquoi aujourd'hui, pourquoi comme ça.
Un haussement d'épaules en acceptation, son uniforme gris ceignant ses membres, elle est allée rejoindre Ethan dans le quatre-quatre et sur la route Lisa s'est évertuée à vérifier ses armes. Chargeurs défaits, remis, crans de sûreté levés, armes chargées. L'une accrochée à son flanc, l'autre dans sa patte crispée.
La chasse ouverte depuis maintenant dix minutes. Ça gueule de tous les côtés, ça supplie ou insulte et elle présume, en lorgnant l'horizon de ses billes bleues, qu'il n'y a là pas un putain d'extrémiste mais une poignée de civils tristement tombés au mauvais endroit et au mauvais moment ; ce genre de connerie qui lui hérisse le fin duvet des bras, les minuscules cheveux de sa nuque.
Battements de paupières tranquilles, elle n'a plus l'obligation d'aller taper dans les ventres, de briser des doigts, pour démontrer son autorité et son statut. Pour chercher des réponses qui n'existent pas. Alors, sagement installée sur le capot d'une des bagnoles de la milice, elle fume sa clope et ajoute un peu plus de toxine à l'air, se nique davantage les poumons et ses yeux bientôt la brûlent. Rougissent d'une irritation causée par la vision d'enfer qui s'étale devant.
Un soupir et le mégot lui blesse les lèvres tant elle a l'a cramé jusqu'à son filtre. Elle le balance à terre d'une pichenette. Lisa se meut au travers du bordel débordant de violence. Les godasses sur les gravats, les cendres, le sang, les douilles des braves soldats de ce monde qui n'est et ne restera que ruines. Lisa suit à la trace les fuyards, rattrape, achève. Un schéma cent fois répété, qu'elle affectionne, qui ne réclame ni ses sentiments ni sa raison. Combat d'automate, les commandes larguées à plus haut gradés qu'elle. De ceux qui ne bougent jamais trop leur cul, préfèrent appuyer sur les boutons qui font remuer les bras et les jambes de leurs marionnettes moroses. Golems, conceptualise-t-elle tandis qu'elle presse la détente et regarde sans regarder la matière grise de l'homme qu'elle a entre les jambes fuir la boîte crânienne aussi subitement que naturellement après la détonation, puis goutter sans bruit sur le macadam.
Des proies, elle en a déjà achevé trois. Trois en dix minutes, ce n'est pas exceptionnel. Et elle guigne, en relevant brièvement la bobine, ses acolytes s'échiner à récolter les pièces manquantes d'un grand plan commun de réhabilitation d'une humanité qui décline.
Ce n'est pas tant qu'ils veulent faire des prisonniers mais des exemples. Pour que la Résistance baisse les yeux et chiale sur les macchabées laissés derrière eux.
Ta faute, scande ainsi le geste de tous ces criminels glorifiés par la Justice.
Ta faute.
La Résistance telle une gangrène blessant autant les saints que les enfoirés de première.
Lisa se redresse, essuie nonchalamment l'hémoglobine qui lui dégueulasse les doigts sur la chemise couleur vanille du mort. Et l'attention se porte sur ses environs, les prunelles captant les électrons, les égarés des mouvements de foule ; ceux qui, sans qu'on ne sache comment ni par quelle excuse, décident de quitter le berceau, le flux et reflux du noyau.
Brune, un mètre soixante-cinq environ, corpulence moyenne voire faible, teint mat – étrangère, suppute l'instinct qui la guide. La route est néanmoins entravée par une rousse, un mètre soixante-dix, corpulence faible, teint clair, enragée ou cinglée. Un des golems se charge de la faire taire, se charge de la dégager du passage dès lors que siffle Lisa, agacée.
Si la brune s'engage dans des ruelles insalubres, bifurque à droite et à gauche, le rouge qu'elle laisse couler sur le bitume indique le réseau qu'elle emprunte ; celui que suit Lisa sans trop se fouler. Cadence fauve, elle sinue, renifle, lève le nez et happe un bout de tissu ou de tignasse avant que tout ne disparaisse encore, ne se fonde au décor.

Le gibier s'arrête à hauteur du boulevard.
Visage tourné en arrière, c'est le corps entier qui suit la torsion et le charabia qui s'évade du gosier confirme son pressentiment : étrangère. Et dans cette façon qu'elle a de le penser, de le réfléchir, un brin de dédain et beaucoup de haine irriguent aussitôt la cervelle. De la répugnance pour ce qui ne devrait pas être ici, pour ce qui n'a pas droit de passage, pour ce qui gonfle toujours plus les rangs de parasites qu'elle a pour devoir d'éradiquer. Lisa et ses origines et son passé, effacés du tableau, de l'existence construite de toutes pièces qu'elle a avec brutalité adoptée des années plus tôt. Pour se cacher, pour recommencer, survivre, s'oublier. Pour mentir avec supériorité.
— Qu’est-ce que tu m’veux !?
Un glaviot ponctue la question qui, elle le sait, n'escompte aucune réponse de sa part.
Lisa dévisage, ne se formalise pas de cette hargne imbécile. Elle enfonce la pogne dans la poche intérieure de sa veste anthracite tachée désormais d'écarlate, tant imbibée que l'écarlate à certains endroits est devenu comme noir. Elle tire un paquet de cigarettes écrasées, presque vide, le porte à ses babines. L'une des tiges est coincée entre ses ratiches, le paquet est rangé à sa place et le plat de la dextre tapote les poches à la recherche du briquet. Briquet de plastique vert, transparent, dans lequel le gaz liquide, encore restant, clapote quand elle l'approche du bout qu'elle enflamme.
La Milicienne inspire une grande goulée, la Milicienne n'a pas quitté des rétines la souillon qui lui fait face. Elle a pris le temps, elle a mis toute sa patience dans l’œuvre, pour ne pas lui faire ravaler son crachat en lui éclatant la figure à l'endroit exact où le petit tas glaireux demeure. Là, entre elles-deux.
Le fog bleuâtre se répand tout autour d'elle, expulsé par ses narines en majorité. Un peu par sa bouche qu'elle entrouvre enfin, en récupérant de cette main qui jusqu'alors était occupée l'arme rangée à sa hanche.
Sans la pointer méthodiquement, c'est avant tout l'appréciation du poids de l'engin de mort qui lui plaît, et ce jeu de pouvoir qui s'installe. Lui foutre une prune dans le front et retrouver le reste de la meute lui traverse une seconde l'esprit.
J'ai pour directives de te descendre.
Le ton monocorde. Lisa marmonne plus qu'elle ne cause, tire une taffe sans que la cibiche ne quitte ses lèvres gercées.
J't'ai vu toi et la rouquine...
Inspiration, expiration. Fumée empoisonnée masquant difficilement les senteurs de pourritures, de calcinations, de sang.
… vous sortiez de la piaule comme des rats. Paquet de cinq, j'dirais.
Énumération des faits. Pour rejoindre le but.
Main gauche levée, la cigarette est récupérée, libère les badigoinces qu'elle tord en formant un sourire radieux. Insupportable d'insolence et de suffisance.
Tu trempes dans quel trafic au juste ? T'as pas la gueule d'une résistante. Ou du moins t'en as clairement pas l'allure.
Une résistante ne se serait pas carapatée comme elle l'a fait. Une résistante aurait préféré mordre un bras, une jambe, prendre une balle ou plusieurs pour défendre veuves et orphelins de la tuerie effectuée.
Cigarette aux lèvres. Lèvres pincées autour du filtre. Cigarette retirée, retenue entre index et majeur tandis que l'ongle sale du pouce gratte nerveusement là où la salive détrempe le papier et la mousse jaunie.
T'es prête à m'refourguer quoi, pour sauver ta peau ?
Produits ou secrets, tout se monétise en ce bas-monde.
Et cette fille-là doit avoir de quoi troquer sa vie, quitte à bousiller celles des autres. La discussion s'impose à Lisa comme le chat s'amuse à casser les ailes d'un oiseau. Parce qu'il sait, il sait que l'attend plus haut le nid et sa portée d'oisillons qui saura lui garnir le bide. Des infos ou des ressources à ramasser, remettre aux supérieurs et ainsi gagner la confiance, grimper les échelons, et s'éloigner une période du dehors, des autres, et de cette faim constante de reconnaissance qui la tyrannise.

_________________

Levant les yeux vers les nuages, elle voit une île, un petit chien, l'Alaska, une tulipe. Moi, je vois une pince à billet Gucci, une hache, une femme coupée en deux, une grande flaque blanche gonflée de sang, qui s'étend dans le ciel et dégoutte sur la ville, mais je ne lui dis pas.
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MessageSujet: Re: Wilder Mind [Lisa]   Jeu 31 Mai - 22:44


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Et elle est là, la garce. Insolente dans sa posture, impérieuse même ; maîtresse de ce beau petit monde déchu. Dédain dans les prunelles, clope pincée entre les lèvres. Vague idée que de récupérer le mégot qui se consume entre ses doigts pour le lui enfoncer dans ses iris bleus tempête. Elle me débecte, elle et sa petite trogne de pauvre meuf. Jolie petite chienne appartenant au gouvernement. Je la dévisage, de haut en bas, détaille le corps rachitique planqué derrière le gris de l’uniforme. Les babines s’étirent sur la silhouette. Pouvoir détenu dans un bout de ferraille qu’elle tient du bout des doigts. Et à quel point tu te sens importante, là, tout de suite, maintenant ? Tu devrais te voir, l’échine si droite qu’on se demande ce qu’ils t’ont enfoncé dans le cul, là-haut, en plus d’avoir rongé ton putain de cerveau. Garce qui représente tout ce que j’exècre. Ce monde qui ne tourne plus rond, qui veut revenir à un mode de vie dépassé dans le seul but de nous faire ployer. Et elle se fait gardienne du troupeau, vient abattre les brebis égarées, celles qui ne veulent pas rentrer dans le droit chemin. Et je me demande, comment t’arrives à dormir avec tous ces morts sur la conscience. Je me demande, ouais, à quel point t’es une espèce de sadique en réalité. Mais les ordres sont les ordres, pas vrai ? Toi, t’es une jolie petite poupée blonde qui ne fait qu’appliquer ce qu’on lui a si bien enseigné. Plus fauve que femme, j’imagine la déchiqueter. Morceau de barbaque coincé sous les crocs, proie qui se disloque sous les coups de mâchoire. Des bouts d’elle étalés partout autour. Des bouts que les charognes s’empresseront de dévorer.

Fog qui brouille la vision de ses chimères bleutées. Énonciation des faits comme si j’assistais à mon propre procès sans que la défense ne soit conviée. J’ai envie de lui dire d’aller se faire foutre, de lui demander d’arrêter avec ses pseudos politesses quand elle sait parfaitement qu’elle va devoir me buter. Et ça rime à quoi de causer si t’as juste envie de presser la détente ? T’as besoin de me regarder droit dans les yeux, de savoir qui je suis, ce que je fais et avec qui ? Wesh, t’es pas ma mère. Cette mère qui n’a plus aucun droit depuis longtemps et qui doit reposer six pieds sous terre depuis bien longtemps maintenant. Les bras le longs du corps, les phalanges s’agitent et se crispent, râpent le jean. Air de môme peint sur la trogne, je réponds par un simple mouvement d’épaules. Et ça me fait doucement rire, ses conclusions à la con. Peut-être bien que t’as tort, que je résiste à ma façon. C’est que j’ai jamais aimé rentrer dans des moules tu vois. J’ai jamais voulu marcher droit, contrairement à toi. Et du coup ça se passe bien, t’es à l’aise dans tes pompes, la cinglée ?
La flotte dégouline sur les cheveux, détrempe la cigarette ou ce qu’il en reste. Chaos qui s’installe et fait son nid, ajoute sa touche de sombre avec la pluie et le ciel qui se zèbre. Tempête qui s’amène avec la violence d’un presque ouragan. J’arque un sourcil, peine à croire qu’elle puisse se montrer clémente, imagine que c’est juste une fourberie de plus à son compteur mais compte bien en profiter. C’est que j’ai jamais eu l’intention de crever salement dans une ruelle infâme, dans ma propre gerbe et entre deux poubelles.

« C’quoi qui intéresse les gens dans ton genre ? Les planques ? Mais vous les connaissez déjà toutes, c’est juste que vous fermez les yeux pour laisser le marché se développer, sinon, vous ne serviriez à rien, pas vrai ? Ce serait con de pointer au chômage par les temps qui courent. »

Le sourire se tord, se fait grimace d’horreur et de dégoût.

« Si c’est pas toi qui m’tue, ce seront eux si j’te cause. »

Et eux, ils vont pas juste me coller une balle entre les deux yeux, non. Ce serait trop doux, trop direct, trop clément. Ils vont me faire souffrir manière que je me souvienne ce que ça fait de trahir. Alors tu vois, je préfère encore que t’essayes de me buter.
Je m’approche d’un pas et elle braque un peu plus le pistolet sur moi dans un silence dévastateur. Y a que les gouttes de flottes qui s’écrasent tout autour et la foudre qui craque dans l’air. Symphonie chaotique. Autre pas, le canon touche ma poitrine.

« J’peux te donner une adresse. Une foutue adresse où tu trouveras un stock de médocs qui devrait mettre en rogne pas mal de monde tu vois. »

Y a le défi dans le fond des prunelles. Le ça ou rien. Et pendant qu’elle semble réfléchir à ce que ça va lui rapporter, Donna se faufile comme une foutue anguille. J’ai le malheur de la regarder et elle comprend trop vite, la garce. Je repousse son flingue, m’évite une balle et la sulfureuse se pointe et lui fracasse la boîte crânienne. La petite blonde tombe dans la flaque de boue et la rousse me chope la main, me tire pour qu’on se barre.

« Non.
-Quoi, comment ça non ? Tu t’fous d’ma gueule, Andy ? Ils vont forcément la chercher cette chienne, faut qu’on se casse avant qu’ils s’amènent.
-Aide-moi à la porter, on va l’emmener.
-Hors de question que j’te suive dans ce délire, c’est du suicide putain !
-Putain fais pas chier Donna et fais c’que j’te demande pour une fois sérieux ! »

Elle grogne, passe la main dans ses cheveux avant de se frotter la gueule et de m’aider à hisser la petite conne dans un coin plus tranquille.
Ses pieds traînent dans la gadoue, on la largue dans un sous-sol tout près. Le genre crade, poussiéreux et blindé de toiles d’araignée. Bazardée dans un coin, blondie fait vachement moins la maline lorsque ses paupières sont closes. Donna s’inquiète, se demande ce que j’ai en tête. Je ne lui réponds rien, ne sais pas vraiment moi-même ce que je vais pouvoir faire d’elle.

« Laisse-moi avec elle, ça devrait aller, j’ai son flingue.
-Pas question que j’te laisse avec cette cinglée. Tu crois quoi, hein ? Dès qu’elle pourra, elle va se mettre à gueuler, on a même rien pour l’attacher.
-J’te dis que j’vais gérer ça, t’inquiètes.
-C’est non, Andy. J’vais leur dire quoi moi après si ça tourne mal hein ?
-Tu leurs diras qu’on m’a buté lors d’une descente de pourris. Y a rien à dire de plus. »

Elle insiste encore mais se confronte à mon caractère merdique. Et elle se barre en claquant la porte, Donna. Assez fort pour que je comprenne qu’elle est contrariée. Si tu savais comme j’en ai rien à foutre, en vrai.
La belle au bois dormant se réveille enfin dans une grimace douloureuse.

« Salut princesse »
largué-je d’une voix trop douce.

Distance de sécurité que j’impose, je vérifie mécaniquement le flingue, retire le chargeur, vérifie qu’il soit plein et le renquille dans la crosse. Cran de sécurité défait, balle chambrée.

« C’est plutôt un beau modèle que t’as là, princesse. Tu vois, j’crois qu’on a mal commencé notre petite rencontre. »


Qu’est-ce que tu vaux sans flingue dans les mains, hum ? Montre-moi ton minois et laisse-moi contempler cette jolie haine qui t’anime.

« J’ai pour ordre de te buter, tu sais. »

Le ton que je lui emprunte comme pour enfoncer le clou, la foutre à terre ou un peu plus en dessous. Je m’accroupis, me fous à sa hauteur pour lui causer comme on le ferait avec une enfant, manière qu’elle assimile bien tout ce que je vais lui dire.

« J’veux des armes, un uniforme comme le tien et un badge pour pouvoir sortir d’ici. En échange, j’te donnerais des planques. Médocs, poches de sang et si tu fais pas la conne, j’peux même te livrer des têtes. Ou j’peux te buter et laisser les rats bouffer ton cadavre. C’comme tu veux. »


La vague idée de lui livrer Madsen m’effleure. J’dirais que j’étais au courant de rien, que c’est pas de chance. J’prendrais un air choqué, comme si t’allais me manquer. Non je déconne. J’irais boire un verre à ta santé et surtout à ma tranquillité. Elle a des airs de diable, la blonde. Le genre avec qui tu pactises en sachant pertinemment que ça va mal se finir pour elle ou pour moi ou pour nous deux. Mais perso, j’en ai rien à branler de ce qui peut bien t’arriver.


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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Re: Wilder Mind [Lisa]   Dim 10 Juin - 13:26

Les paroles se mélangent à cette pluie qui crasse le monde et Lisa n'écoute plus. Plus vraiment. Le gluant de la flotte partout autour, partout en elle comme une morve lui incrustant les chairs. C'est qu'elle frissonne, désormais. Le froid lui grignote l'intérieur du corps et cet intérieur elle se l'imagine purulent et noir. Une mixture goudronneuse qui lui tord les boyaux.
Remuant le nez, le revers de la main libre s'y écrase. Gratte la démangeaison. Le début d'un rhume qu'elle sait avoir chopé à traquer la proie. Cette proie en fille qui devient un problème. Et que fera-t-elle d'elle, après. Comment expliquera-t-elle qu'un trou ne lui transperce pas de part en part le crâne. Et pourquoi ne pas retourner dans l'artère principale et se rouler en boule dans la médiocrité qui l'habite et l'attend et oublier sa venue et oublier cette fuite vers l'avant qui ne provoquera rien qu'un sourire tordu sans un merci ni le moindre ajout à ses privilèges à la con.
Autant de questions qui s'ajoutent aux paroles de la souillon, à la pluie et son fracas plus fort, toujours plus fort, sur le bitume et sur les fringues. Bourdonnement dans les oreilles et tambourinement du cœur qui l'obsèdent. Lisa n'entend pas la connasse dans son dos, n'en perçoit la présence qu'en scrutant de nouveau la brune devant. Qu'elle ne tient même pas en joue. Dont elle se joue assurément. Un tic sur le visage, une œillade vers l'arrière qui n'a pas lieu d'être, une crispation du haut du corps soudaine alors même qu'elle n'a pas bougé d'un pouce.
Le noir la dévore aussi vite que la douleur explose, là, dans toute la tête. Un coup à la violence inouïe. Le bourdonnement amplifié et la sensation que la pluie est devenue marée ; ça la noie. Le goût du macadam sur les lèvres. La tempe prend un mauvais choc et la silhouette rachitique de Lisa  s'affaisse parmi les flaques de jus nauséabonds que l'averse a propagés comme une rivière à travers la ville.

— Salut princesse, dit-elle.
Le réveil est dur. La migraine encage les neurones qui les uns à la suite des autres grillent sous les salves d'incompréhension et de colère.
D'abord les pattes qui gigotent, cherchent de quoi happer, harponner ou griffer. Mais il n'y a rien que du béton et de la poussière devenue boue sous les ongles. Alors Lisa se redresse et s'écorche au mur piquant d'aspérités à sa droite. Face d'abord contre la surface, elle parvient à trouver un équilibre. À s’asseoir en y appuyant sa chair molle et accidentée et la voix qui survient du néant l'oblige à porter son attention sur le lointain, sur les mètres qui la séparent encore de la réalité.
— C’est plutôt un beau modèle que t’as là, princesse. Tu vois, j’crois qu’on a mal commencé notre petite rencontre.
Beretta, neuf millimètres, dix-sept coups moins trois, récite Lisa en interne.
Le bruit de criquet de l'arme qu'on manipule lui parvient avec des secondes de retard. L'alarme de l'instinct s'active et les prunelles naviguent en direction de la fille. La fille qu'elle ne discerne qu'avec difficulté. Lisa plisse les yeux. Deux fentes bordées de cils pâles derrière lesquelles deux taches bleuâtres tremblent sur l'horizon taché d'ombres. Et au milieu de ces ombres, la forme humanoïde se dessine – celle de la fille, celle de la brune dont elle avait négligée jusqu'à l'existence. Ça la ramène au tangible et ses nœuds, à la rivière de jus puant la mort, dehors, dont elle a gardé la saveur sur la bouche.
— J’ai pour ordre de te buter, tu sais.
La phrase en échos à la sienne. La mémoire soubresaute et qu'elle tienne l'arme à feu – son arme – la laisse froide sur son morceau de béton. Les membres ballants, la lippe pétée par la chute sur laquelle se dépose la nécrose par petites touches de couleurs sombres. Son dos est un supplice et sa cabèche une grenade décomposée.
— J’veux des armes, un uniforme comme le tien et un badge pour pouvoir sortir d’ici. En échange, j’te donnerais des planques. Médocs, poches de sang et si tu fais pas la conne, j’peux même te livrer des têtes. Ou j’peux te buter et laisser les rats bouffer ton cadavre. C’comme tu veux.
Et puis si tu veux j'te donne aussi l'vaccin contre les bouffeurs et j'te promets qu'on va tous au Paradis.
Elle ricane absurdement en effleurant du bout des doigts la pulpe éclatée de sa lèvre. La sapidité ferreuse de son sang, Lisa la déniche en léchant ses gencives. Une grimace se peint sur sa tronche et elle ajoute, la parole enrouée par la morve :
T'as sérieusement cru que j'avais le pouvoir de te foutre dans nos rangs ?
La question n'a plus rien d'acide et son expression n'affiche aucune arrogance. Lisa l'interroge avec tout le sérieux et l'indifférence que lui inspire la situation présente et plus encore cette garce à l'accent merdique.
Tu causes même pas correctement, qu'est-ce que tu t'imagines putain. Question réponse. Elle ne met pas le ton, poursuit. Tu crois qu'ils vont vouloir te mettre en laisse parce que t'es pas trop moche et que tu sais tenir un flingue dans le bon sens ?
Les paupières battent sur les rétines avec l'espoir de pouvoir faire le point qui ne vient toutefois pas. Sur sa tempe, un pétale violacé et gonflé. Dans le blanc de l’œil, le rouge de l'hémoglobine s'enroulant comme un alligator fou autour d'un puits qui déborde.
Ta seule chance de sortir d'ici c'est d'me laisser partir ou de t'claquer à mon cul en fermant ta gueule.
Un reniflement et sitôt la toux lui lamine et la voix et la vue. Lisa se recroqueville sur elle-même. Le caoutchouc de ses semelles ripe sur le sol et ses jambes se pressent à son thorax. La toux passe et sa paume glacée et humide s'écrase, recouvre, son front brûlant. Céphalé à brailler qu'il faut la descendre. Elle garde son regard clos et se concentre sur sa propre respiration. Donne le rythme et refoule le prurit désagréable naissant dans sa gorge. Sous son aisselle, contre son flanc, sous le tissu trempé de son uniforme, le Glock dans son holster de cuir que la crétine ne lui a pas confisqué. Ce Glock qui depuis le commencement procure à la Milicienne cette assurance désinvolte.
Un sourire triste étire ses lèvres. Sourire d'emblée bousillé par la souffrance résultant de sa plaie.
T'as quel âge, au juste ? Vingt-cinq piges. Plus ? Moins. On s'en fout, conclut-elle. Tes aînés t'ont jamais dit que le minimum syndical quand on veut garder quelqu'un sous son pouvoir, c'est d'lui faire une fouille au corps... voire selon les cas, l'attacher ?
Elle soupire ça avec dédain. Ça siffle sur la langue qui claque au palais. Mandibule serrée, Lisa se lève avec lenteur. D'abord en s'aidant de ses mains. Mains qu'elle soulève par après, pour ne pas que la brune s'énerve.
Si tu veux tout savoir, j'ai un Glock sous ma veste et un couteau d'chasse à la cheville, déclare-t-elle. Et j'te dis ça parce que j'veux te prouver ma bonne foi.
Un haussement d'épaules, un souffle pour écarter les mèches blondes tombées devant son minois. Elle attend, paumes exposées en signe de paix. Elle attend, Lisa, elle attend avec la rage et la rancune poinçonnant le myocarde. Elle attend que s'approche la môme, et ce afin de lui envoyer son poing dans la figure et lui capturer la moindre parcelle de viande qu'elle saurait dans la millième de seconde s'en suivant lui abîmer. Ses mains et leur malédiction en armes plus efficaces encore que le métal et la poudre.

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Levant les yeux vers les nuages, elle voit une île, un petit chien, l'Alaska, une tulipe. Moi, je vois une pince à billet Gucci, une hache, une femme coupée en deux, une grande flaque blanche gonflée de sang, qui s'étend dans le ciel et dégoutte sur la ville, mais je ne lui dis pas.


Dernière édition par Lisa Skovgaard le Sam 23 Juin - 19:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Wilder Mind [Lisa]   Dim 10 Juin - 17:54


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Désirs que je lui largue comme monnaie d’échange mais d’échange de quoi ? Confiance qu’elle va bousiller, cette petite conne parce que c’est comme ça qu’on a dû lui apprendre. J’imagine déjà nos arrangements foireux, la vois détailler mon portrait dans l’espoir qu’on puisse me retrouver, me foutre aux arrêts ou me buter. La venimeuse ricane, première salve suivie de trop près de plusieurs autres. Elle fracasse les idées, les rejette, les balance en pâture aux clébards ou aux porcs. Échine qui se hérisse dès qu’elle cause, la blonde. C’est qu’elle veut écrabouiller les chances, me foutre à terre et me piétiner dans l’espoir fou de reprendre le dessus. Petite conne qui ne doit pas avoir l’habitude de bouffer la terre et la chiasse, pensé-je, amère.
Le rejet total de cette autorité qu’elle voudrait exercer par la force de l’habitude. Ce rejet de l'uniforme et d’elle, peu importe qui elle est, derrière ce voile insipide et indifférent.
Je m’en fous de ce qui t’anime, les pourquoi et les comment qui t’ont foutu dans des rangs déplaisants. Je m’en fous que t’aie une bonne ou une mauvaise raison d’y être, ce qui compte c’est ce que tu fais, ce sont tes actions. Ce qui compte c’est ce flingue que t’as dû brandir un nombre incalculable de fois, en menaçant de ta voix monocorde parce que t’es lasse. Lasse de répéter inlassablement les mêmes choses.  Ces choses qu’on t’a inculquées, qu’on a gravées à ta psyché pour faire de toi une jolie petite chienne bien docile qui file droit, qui exécute des ordres peu importe qu’ils soient cruels ou pas. T’as perdu ta jugeote, ta capacité de réflexion, t’as perdu les contours, ce bien et ce mal qui se ressemblent et dont tu ne sais plus rien, pas vrai ? Idiote qui pense obtenir l’ascendant, qu’importe qu’on la mire avec un putain de flingue qui a dû trouer tellement de carnes avant moi, avant toi.
La pogne se resserre sur la crosse, de rage, de haine, d’autre chose. Ces vérités qu’elle me balance en pleine tronche. Cette difficulté à parler, l’incapacité de lire le moindre mot. Faiblesses qu’elle perce, la salope. Mise à nue, sensation dérangeante qui crispe chaque muscle.

Et les erreurs, ces erreurs qu’elle énumère sur un ton suffisant. La fouille oubliée et le cordage pas jugée utile s’avèrent l’être soudainement. Faut dire que c’est pas mon truc d’enfermer les gens dans une cave dégueulasse, d’enfermer les gens tout court. J’aime pas les gens. Ça me fait hésiter, froncer les sourcils. Je la mire alors qu’elle se redresse et je pense qu’il faudrait juste que je la descende purement et simplement. J’aurais qu’à attendre que la merde là-haut se tasse et espérer qu’elle n’ait pas la moindre valeur afin qu’ils ne se mettent pas en tête de fouiller le terrain pour la retrouver. Paumes levées, petite bouille décharnée, elle attend. Elle attend que je m’approche, que je vienne vérifier ses dires et prendre le risque de la voir se retourner contre moi.

« Tu m’prends pour une débile, hein ? Faut dire que j’avais pas tellement l’intention de te laisser vivre, j’me doutais que tu serais pas coopérative. Déshabilles-toi. »

Ordre qui claque contre le palais et qu’elle ne semble pas bien assimiler.

« T’es sourde ou quoi ?! Retire tes fringues et pose tes armes loin devant toi. Va pas croire que j’sais pas me servir d’un flingue et que j’vais hésiter à te coller une balle entre les yeux. »

Et la main ne tremble plus lorsque je vise sa tête énorme d’un seul œil. L’index posé sur la détente avec la ferme envie d’appuyer pour éloigner toute la merde que cette fille ramène. Et t’aurais dû me laisser filer dès le début plutôt que de te la jouer parce que je laisserai personne bouffer ma liberté. Et elle n’a pas d’autre choix que de s’exécuter, se sépare de son uniforme quand j’ai déjà récupéré la casquette. Et je lui gueule de les balancer vers moi, repousse le flingue et le couteau plus loin dans la pièce. Et d’une main je l’imite, vire mes guenilles pour les lui balancer en pleine gueule.

« Mets ça. Juste tais-toi et mets ça. »

Elle a l’air ridicule avec mon jean trop petit qui s’arrête à ses chevilles quand le sien, trop grand, traine par terre. Je pourrais prendre le temps d’en rire si je n’étais pas occupée à planquer mes cheveux sous la casquette.

« J’t’explique. On va sortir de cette planque et de cette foutue ville. Une fois dehors, j’te jure que j’te plombe si tu m’attires des emmerdes. Si tu te tiens tranquille, j’vais te laisser partir mais j’dois d’abord sortir de là. »

***

Le canon soigneusement vissé à sa colonne vertébrale, prêt à cracher sa balle, on s’extirpe de là. « Baisse ta tête putain » murmuré-je, les ratiches scellées.
Dehors, la milice s’emploie à fouiller le moindre recoin pour débusquer les derniers rats. Un type m’interpelle et je resserre l’étreinte sur la garce de peur qu’elle ne parle.

« Tout va bien ? » qu’il demande en tentant de trouver mon regard. « T’as qu’à ramener cette saloperie à côté des bagnoles avec les autres. »
Hochement de tête en réponse. Le soulagement lorsqu’on le dépasse et le cœur tout aussitôt qui se resserre violemment dans la poitrine lorsqu’il interpelle.
« Hey ! T’as pas vu Skovgaard ?
-Non, désolée. »

Je m’applique sur chaque foutue syllabe pour retenir l’accent qui dégueule pourtant. Et je peux la sentir d’ici, sa réticence. « Quoi, tu peux répéter ? » demande-t-il en s’approchant.
La respiration se coupe et le palpitant rate un battement ou trois avant qu’un autre bonhomme ne gueule. « Venez voir ! J’ai besoin de renfort ! »
Il cesse d’avancer, partagé entre ses impressions et ce besoin pressant d’aller dénicher la vermine. Et je continue mon chemin pendant qu’ils se pressent dans un bâtiment peuplé de gens comme moi. Des gens qui veulent juste respirer et boire un verre. Des gens comme elle, certainement, avant qu’elle ne devienne l’instrument du gouvernement. On passe le barrage et on s’enfonce dans les venelles alentour, jusqu’à ce passage moitié souterrain qui nous permet de rejoindre l’extérieur. Là où les bestioles rôdent. Quand elle traîne des petons, je lui vrille la colonne, métal mordant la chair. On marche encore un peu jusqu’à un ancien garage dévasté. La flotte a cessé depuis quelques minutes et les nuages sombres s’étirent et disparaissent quand l’astre solaire nous étouffe de sa chaleur humide.
A l’intérieur, tout a été retourné par les pilleurs ou les marcheurs. Une vieille odeur de cadavre maltraite les naseaux, certainement le proprio ou un égaré dont les bouts d’organes putréfiés gisent quelque part. Moisissure insupportable, je la repousse violemment en avant, bien contente de m’extraire de cette proximité imposée.

« Voilà, on est quittes. Tu vas pouvoir rentrer tranquille. Évite de te faire becter, ça grouille un peu de cadavres dans le coin. »

J’ai plein de défauts mais buter les gens n’en fait pas partie. Du moins, pas tant que cela ne le nécessite. Je sais tirer dans toutes sortes de canettes ou de bouteilles de bière. Mais je suis une voleuse, pas une tueuse. Je suis pas comme toi.

« Pourquoi tu fais ce job ? Ça te plait de chasser des gens qui ont sans doute les mêmes vices que toi et ceux de ces putains de dirigeants ? Ça te plaît de dépendre d’enculés et de buter pour une cause dégueulasse au lieu de retrouver ta liberté ? »


Y a le dégoût dans le timbre qui s’éraille. Tenter de comprendre ce qui peut bien se passer dans leur putain de caboche. Ce qui pousse ces gens à faire le dos rond. Ils me rappellent ma daronne, cette conne incapable de se sortir des griffes de mon beau-père, qui restait et chialait presque dès qu’on voulait la protéger. J’ai jamais rien pigé, en vrai. Alors j’voudrais que t’expliques, que tu dises pourquoi tu fais ça, pourquoi t’as préféré te ranger du côté de ces salopards au lieu de te battre pour toi et ta foutue liberté. Et peut-être que je comprendrais pourquoi cette connasse n’a jamais voulu le quitter.


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Wilder Mind [Lisa]

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