AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « Truth or dare ? » SolveigxLiam

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1187
↳ Points : 1087
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4.
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Habits - Plested; ROGERS.; BUKOWSKANK
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: « Truth or dare ? » SolveigxLiam   Lun 21 Mai - 22:47



TRUTH OR DARE ?

 
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Assis à mon bureau, je regarde les deux piles de dossiers qui se tiennent comme des tours face à moi. La première, remplie de tout ce travail dont je me préoccupe très peu, la seconde, de tout ce travail qui n'en est pas un. Les enquêtes, les recherches, tout sur mes proches, les gens qui m'intéressent. Rien d'officiel. Le plus gros dossier est marqué « N. » et dedans, se trouve la vie de mon frère. Son libre arbitre totalement envolé. Je sais tout ce que je veux savoir, tout ce que j'estime devoir savoir. Son adresse, ses fréquentations, ses collègues et aussi, ceux qui ont pu l'aider ou qui l'aident encore. J'attrape la chemise et en sort quelques feuilles, celles qui me trottent dans la tête depuis quelques temps maintenant.

Nolan avait fait ce qu'il avait pu pour se trouver des médicaments sur le marché noir. Il s'était battu pour moins souffrir, supporter sa peine et ses maux. Et pour cela, il a notamment fait appel à une demoiselle du nom d'Eriksson. Je laisse la feuille avec son nom à elle de côté pour attraper un autre dossier, celui de Mikkel Ievseï. Ce chacal qui met tout en œuvre pour se pourrir la vie sans réaliser qu'il impacte aussi la mienne. J'étale les feuilles devant moi et les parcours d'un œil pour finalement tomber encore une fois sur ce fameux nom. Eriksson. Je passe une main sur ma nuque avant de la mettre de côté également et lire attentivement les deux.

Ce nom revient trop souvent, son nom à elle et à son frère. Alors j'ai demandé à ce qu'on fouine un peu aussi, sur eux, sur elle. Et j'ai trouvé. J'attrape finalement ce fameux dossier, celui qui parle de trafic, de mafia et autres belles preuves illégales. Deux noms reviennent particulièrement. Isak et Solveig. Mais lui, ne m'intéresse pas. Il est drogué, pas fiable. Un mec à la tête d'un truc qu'il ne gère finalement pas réellement. Non, celle qui m'intéresse c'est la petite sœur, la métamorphe qui semble fragile mais qui ne l'est pas. Celle qui a des responsabilités qui ne sont pas les siennes, qui mènent des combats qui ne sont pas les siens. Je pourrais me contenter de ça, en fait. La faire surveiller, surveiller Mikkel. Savoir ce qui se trame sans jamais me mouiller mais pourtant je sais que si j'y vais ce sera différent.

J'ai besoin de comprendre ce qu'a vécu Nolan tout ce temps où j'ai fermé les yeux. Besoin de savoir les accords qu'il a passé pour survivre, dans quelle merde il a pu se foutre. Et j'ai besoin de comprendre le fonctionnement du russe avant de le voir de moi-même, sinon, en quelques secondes je regretterai mes décisions. Et ça, une traque ne suffira pas, pour comprendre tout ça, il me faut des mots, des émotions, une personne, une vraie. Solveig Eriksson.

Je range les dossiers et me décide sur les actions à venir. Jouer la carte du politicien, celui qui peut ruiner sa vie en un claquement de doigts et qui lui laisse une chance, si elle coopère.

Clac.

Je passe la porte du restaurant où je lui ai donné rendez-vous. Plan à la fois de génie et incroyablement stupide. Si la demoiselle n'a sans doute pas envie d'être vue en compagnie d'un ministre, être en sa compagnie n'est pas réellement bon pour mon image non plus. Mais qu'importe. Il faut que je sache, que je comprenne. Il faut que j'ai quelqu'un de l'intérieur qui me parle, m'explique, m'implique. Que je couvre mes arrières si Nolan se retrouve dans la merde, que je puisse être finalement réellement utile.

Mais ça, elle n'a pas à le savoir. Elle ne rencontre pas Liam, le frère inquiet, le sorcier concerné. Elle rencontre Wiggins, le politicien droit, froid. Celui qui fait froid dans le dos et qui représente son gouvernement.

Je demande la table que j'ai réservé, m'y fais accompagner en grande pompe. Assis à la table, bien droit, ne laissant transparaître aucune émotion, je vois finalement la rouquine arriver. D'un coup d’œil sur ma montre, je vois qu'elle est bien à l'heure. Galant, je me lève pour lui laisser l'opportunité de s'asseoir. D'un ton très solennel j'entame la conversation sans trop attendre.

« Bonsoir, merci d'avoir bien voulu me rencontrer. »

Je fais le tour de la table pour retrouver ma place face à elle. Dans un regard dur, parfait dans mon rôle, je continue. « J'ai déjà commandé pour nous deux, j'espère que cela vous conviendra. » Un sourire faux, aussi faux que tout ce qui me compose et compose cette rencontre. « J'imagine que vous savez pourquoi je voulais vous voir mademoiselle Eriksson, n'est-ce pas ? »

Un serveur arrive entre nous, nous sert de l'eau fraîche et se retire sans un mot, sans doute mal à l'aise à l'idée de servir notre table ce soir. Dépliant ma serviette pour la déposer sur mes genoux, j'ajoute : « Vous ne me semblez pas idiote, alors ne tournons pas autour du pot, voulez-vous. Jouons cartes sur table, ainsi chacun rentrera bien tranquille chez lui ce soir. »

Mon rictus est toujours plus assassin, toujours plus politicien. Mon regard joue le même jeu et même moi, j'ai oublié qu'au fond j'étais un homme qui cherchais à sauver son frère. Parce que ce masque me va trop bien, qu'il me permet de tout oublier d'un claquement de doigts et que ça me laisse respirer à nouveau. Ne plus rien ressentir, être froid, calculateur et manipulateur. Une seconde peau en un claquement de doigt et tout change en moi, comme ça.

Clac.



_________________


NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

Silent screams, Violent dreams

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 402
↳ Points : 213
↳ Arrivé depuis le : 31/08/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 251 en réalité & 28 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings / confondatrice de la Niflheim
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience / Delain ~ My masquerade
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : (MidnightBlue) ~ Lightblue



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky & ANAPHORE (Vocivus)
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Truth or dare ? » SolveigxLiam   Mer 23 Mai - 23:14



TRUTH OR DARE ?

 

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Enragée, elle avait fait voler une assiette au travers de la pièce, faisant sursauter tous les gorilles présents et censés assurer sa sécurité. Jamais personne ne l’avait vu dans un tel état auparavant. Les regards échangés se firent effrayés et un instant, le messager se recroquevilla sur lui-même. Isak était reconnu pour tuer tous ceux qui le décevaient, et pour un homme qui ne connaissait pas la sœur, elle devait être du même gabarit. Pourtant, malgré la lueur sauvage qui brûlait dans le fond de ses iris, aucun geste ne fut fait. Aucune arme ne quitta ses doigts pour se planter dans la poitrine du messager. En revanche, ils tapotaient avec rapidité contre le comptoir en bois. L’esprit s’échauffait, et un instant, elle hésita à refuser l’invitation. Sauf qu’il s’agissait d’un ordre, et que la mafieuse l’avait bien compris. Le choix était toujours possible, mais avait-elle réellement envie de voir un membre du gouvernement débarquer dans son antre ? Son frère serait furieux s’il l’apprenait, mais encore faudrait-il qu’il sorte de son état léthargique de manque. Chaque battement de cœur semblait être son dernier, et chaque seconde qui passait la rapprochait elle d’un état animal jusqu’à sa mort. Une course contre la montre perdue d’avance…

Un geste de la main, un murmure : « Donnez mon accord pour le rendez-vous. Et pas un mot à Isak. » Un regard glissé en coin aux gorilles qui la surveillaient. Oh, elle savait que certains tenteraient, ou y avaient pensé. Mais Solveig, depuis le temps, elle n’en avait plus rien à faire de tuer. Y’avait les rumeurs qui s’étaient propagés plus vite que le son, quand le premier corps était tombé. Peu y croyaient, mais tous semblaient avoir oublié qui elle était. Et la folie, c’était rarement isolé comme phénomène. La fratrie infernale… Y’eut les paupières qui se fermèrent quelques secondes, suivi d’un profond soupir. L’épuisement pouvait presque se lire sur ses traits alors qu’elle quittait son poste. La soirée se finirait sans elle. La métamorphe avait besoin de réfléchir, de s’assurer qu’elle n’allait pas tout droit dans un piège. Depuis que Niklas et elle ne se voyaient plus trop, elle avait perdu à la fois sa bouée de stabilité mais aussi son principal lien avec le gouvernement, celui qui lui permettait de ne pas chuter. Enfin, ce n’était pas bien important. Elle avait fini par se douter qu’il abandonnerait, tout comme elle avait fini par se faire à l’idée qu’elle n’aurait que son frère pour la soutenir jusqu’au bout…

Assise sur le canapé défoncé, elle se triturait les neurones, cherchant la raison de cette convocation. Etait-ce lié à Angie, cette juge dont elle se jouait ? Ou alors Zaran ? Le shadowhunter était venu dans l’optique de trouver un collègue disparu, mais peut-être que tout cela n’était qu’une mascarade… Comme elle l’avait souligné, et comme elle le pensait toujours, la milice et ses agents étaient particulièrement retors. Tout cela pouvait n’être qu’une mission de repérage, pour pouvoir investir les lieux par la suite… Et ce rendez-vous une vulgaire machination pour l’éloigner du Little… Etait-elle si effrayante que cela ? Peut-être qu’elle avait fait une forte impression au milicien. Enfin… Elle en saurait plus en temps voulu, bien que cela l’agace de devoir attendre dans cette incertitude….

Tic-tac.

Y’avait l’aiguille qui courait, le temps qui tournait, et il fallut faire un choix : partir maintenant pour être dans les temps au rendez-vous, ou tout laisser tomber. Et la première option fut enclenchée. Un poignard fut glissé dans une poche intérieure de sa veste, les cheveux roux furent arrangés. Non pas pour draguer l’homme, loin de là, juste pour avoir l’air correcte dans son rôle. Même si bon, en soi, il pourrait la trouver inutile qu’elle s’en contrefoutrait la suédoise. Déjà qu’elle allait être vue en compagnie d’un ministre… C’était mauvais pour les affaires, clairement. Néanmoins, si la métamorphe voulait qu’elles continuent à l’avenir, elle n’avait pas le choix.

Les doigts poussèrent la porte d’un café/restaurant/bar bien trop cher pour elle. Bon, en réalité, elle ne supportait juste pas ce genre d’endroits, rien à voir avec le prix à y mettre. Ses yeux trouvèrent la table sans effort, et elle se dirigea vers la silhouette du ministre… L’étonnement fut perceptible dans son regard, une minute. Elle le connaissait cet homme… Non. Non, ce n’était pas lui. Il avait une fragrance différente. Il n’était pas le même que l’autre. Et ça la bloquait. Deux sens qui exprimaient le contraire, ça avait de quoi déstabiliser après tout…

Le cul sur la chaise, les premiers mots de l’homme. Voix légèrement différente, absolument glaciale. Définitivement, il n’était pas lui. « Avais-je réellement le choix ? » La politesse au placard, elle ne répondit même pas aux paroles suivantes. Il avait commandé à manger, était-elle obligée de piocher dans le plat ? Elle n’avait pas fait, n’avait jamais réellement mangé dans sa vie. Elle picorait de temps à autre, mais il fallait l’avouer, elle manquait bon nombre de repas. Parce que y’avait trop de stress, trop d’angoisse qui dévorait les entrailles. Solveig ne souriait pas, Solveig ne bougeait pas. Elle était un arbre, une plante verte, mais son regard ambré semblait capturer le moindre mouvement, le moindre soubresaut. Personne ne l’attaquerait par surprise.

Respiration contrôlée, elle ne se mouva pas quand le serveur s’approcha, remplit d’eau les verres sur la table. Elle resta silencieuse, jusqu’à la fin des paroles du ministre. La tête se pencha sur le côté, la voix s’éleva, monotone : « Vous ne m’en voudrez pas si je ne touche pas au plat. » Bon, y’avait peut-être encore un peu de politesse en elle. Et peut-être qu’elle goûterait finalement. Bref, ce serait à voir. « Et non, je n’en ai aucune idée. Je n’ai pas d’espion parmi les vôtres, contrairement à d’autres, alors, si vous voulez bien m’éclairer… » Fini la petite fille effrayée, exit l’ombre d’un dépravé qu’elle avait été pendant des mois, des années. Maintenant, elle était à la tête d’une destinée. Pas la sienne, mais elle la pilotait comme tel. « Est-ce vous qui avez envoyé un shadowhunter fouiller mon appartement ? » Quitte à jouer cartes sur table, autant commencer dès maintenant par lui-même. Son regard ne lâchait pas le sien, n’exprimait aucune émotion. Elle avait eu le temps de s’entraîner… « Et qui êtes-vous exactement ? » Besoin de connaître la raison de la différence, depuis sa dernière rencontre avec ce visage…


Spoiler:
 

_________________
I’M THE HEART OF THE HURRICANE
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1187
↳ Points : 1087
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4.
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Habits - Plested; ROGERS.; BUKOWSKANK
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Truth or dare ? » SolveigxLiam   Jeu 24 Mai - 23:26


Elle a de la répartie, la tigresse. Elle n'attend même pas les présentations officielles pour me tenir tête. Sa remarque étant plus que vrai, j'esquisse un sourire. La soirée se promettait intéressante mais clairement, je n'avais pas mesuré le potentiel exact de la mafieuse. Je continue mon petit jeu, voir jusqu'où la demoiselle est capable d'aller.

La réponse ne tarde pas, il suffit que je ferme la bouche pour la voir parler. Je plonge mes yeux dans les siens, cherche à y lire ce qui s'y cache vraiment sans pour autant laisser une expression s'échapper de mon visage. Lorsqu'elle se penche sur le côté, je suis naturellement son mouvement pour finalement laisser un rire fin m'échapper à la fin de ses paroles. Décidément, pleine de surprises la petite. Je me recule sur ma chaise, croise les bras devant moi et l'écoute parler à mon tour.

Il aurait été bien trop facile qu'elle me fasse des confessions sans avoir même commencé une réelle conversation. Je ne réponds pas tout de suite, la laisse poursuivre, l'observer faire des erreurs si facile. La voir me donner des armes pour l'attaquer ensuite. La première règle, ma douce, est de ne jamais trop parler. Si tu fais plus que répondre à une question, tu perds. Ton grand frère ne t'a pas appris ça ? Fermer ta jolie gueule pour pouvoir prendre le dessus sur tes adversaires ? Il était sans doute trop occupé à se droguer pour t'apprendre les vraies ficelles du métier. Je soupire alors qu'elle continue, pense prendre l'ascendant et que je me redresse, lentement.

« Ne mangez pas, si vous n'avez pas faim. Vous pouvez même ramener les restes pour nourrir qui ça vous chante, vraiment. » Mon sourire est fin alors que je porte le verre d'eau fraîche à mes lèvres. Je laisse planer le doute, le temps. Je la regarde sans la regarder, laisse les secondes s'écouler afin que son esprit travaille, comme ils le font tous.

Puis finalement, lentement, je reprends. « Je suis surpris que vous ne me connaissiez pas. Peut-être même un peu vexé dans mon ego, pour être franc. Êtes-vous si concentré sur votre propre affaire que vous ne connaissez même pas les visages de notre Gouvernement ? » Je ris, froid, reposant le verre sur la table alors que le bruit autour de nous masque notre conversation pour quiconque chercherait à en savoir un peu trop. « Grossière erreur, si vous voulez mon avis. Connaître ses alliés est important mais connaître ses ennemis l'est encore plus, Solveig. »

Sciemment, j'ignore totalement cette histoire de Shadowhunter. Je n'ai rien à voir là dedans et creuser le sujet le lui confirmerait. Me taire, par contre, sème le doute, gangrène son crâne de dealeuse. Faire dans l'illégal c'est risquer de se faire prendre. Jouer à chat c'est toujours marrant mais attention à ne pas devenir la souris.

« Liam Wiggins, enchanté de faire votre connaissance. » Poliment, je lui adresse un sourire aussi faux que toute cette mascarade avant de voir le serveur se glisser une fois de plus entre nous. Sans un mot, presque tremblant, il pose les plats devant nous et une fois de plus, se retire poliment. Je profite de l'instant pour couper cette conversation, observer mon assiette et la sienne, et dans un français fluide, je lui dis, cette fois ci avec un plus large sourire. « Bon appétit. »

Puis, sans un mot de plus, j'attaque proprement mon assiette. Laisse les minutes et la distance s'écouler entre nous. J'ai tout mon temps, tout mon temps pour la travailler. Peu importe qui peut nous voir, pour ce que j'en ai à foutre. Elle par contre, clairement elle n'est pas à l'aise, la rousse. J'ai toute la liberté d'en profiter. Tout le loisir de me délecter de ces questions qu'elle voit rester sans réponse. Il lui faut attendre que j'ai fini mon plat, que j'essuie lentement le coin de mes lèvres et que j'attrape à nouveau ce fameux verre d'eau pour entendre à nouveau le son de ma voix.

« Je suis surpris, je dois bien vous l'avouer. D'après mes indications, vous n'êtes que la petite sœur du grand patron et pourtant... pourtant quelque chose me dit que vous êtes plus que ça. » De la fausse flatterie, un compliment moitié vrai. Des vérités presque murmurées partout dans la ville. Pas besoin d'être Ministre pour connaître le nom Eriksson, pas besoin de chercher très loin pour savoir que son frère est un déchet qu'elle se traîne sans avoir vraiment d'autre choix. Déposant le verre vide entre nous et me raclant la gorge, je reprends. « Un petit conseil, rien qu'entre vous et moi, si vous voulez continuer à jouer à la pharmacie, il va peut-être falloir commencer à calmer votre frère, il est mauvais pour vos affaires. »

Reflet de ma propre réalité, comme d'habitude. Pour utiliser un bluff plus perçant, se servir de moments vécus, qui résonnent en nous. Dans chaque mensonge il y a une part de vérité, encore faut-il savoir la trouver. Je claque des doigts, coupant cette fausse politesse entre nous pour appeler le serveur à nouveau. « Vous n'en voulez plus ? » Toujours ce faux semblant, ce sourire bien trop poli, ce ton, bien trop lissé. Rien de vrai, que des attaques pour mieux la cerner. Et je pourrais me contenter de ça pour ce soir. L'attaquer, la cerner. Obtenir des informations, un peu plus, celles qui viennent du cœur et des tripes. Je pourrais passer ma soirée à me jouer d'elle, de ce visage qu'elle veut de marbre et de ce menton qu'elle relève pour ne pas se montrer soumise.

Mais je n'ai pas le temps, pas le temps de passer des mois à la travailler au corps pour obtenir des informations. Mikkel abîme mes tripes, Nolan va mourir. Je dois la cerner ce soir, savoir si je peux en faire une alliée ou si au contraire, il faut détruire l'idée dans l’œuf, tuer la menace avant qu'elle n'en soit réellement une. Alors je reprends, toujours aussi froid, ce pari qui lui donne quelques instants l'ascendant sur moi. « Il semblerait que vous ayez croisé mon frère. »

_________________


NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

Silent screams, Violent dreams

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 402
↳ Points : 213
↳ Arrivé depuis le : 31/08/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 251 en réalité & 28 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings / confondatrice de la Niflheim
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience / Delain ~ My masquerade
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : (MidnightBlue) ~ Lightblue



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky & ANAPHORE (Vocivus)
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Truth or dare ? » SolveigxLiam   Jeu 21 Juin - 0:18



TRUTH OR DARE ?

 

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Elle avait peut-être fait une connerie. En fait, elle avait certainement fait une connerie. D’un instant à l’autre, elle s’attendait à voir Isak passer la porte du restaurant, l’enfoncer et détruire chaque personne dans les locaux… Il en serait capable, et c’était ce qui effrayait le plus Solveig : elle n’avait aucun pouvoir sur lui. S’il décidait de s’en prendre au Bones ou au gouvernement, elle ne pourrait que le regarder partir de ses pupilles angoissées. Un jour, il ne reviendrait pas. Et elle n’aurait même pas le temps de s’en vouloir de ne rien avoir fait. En fait, la suédoise n’aurait même pas à souffrir de son inaction, puisque sa conscience s’effriterait dans les secondes suivant la mort… Il ne fallait pas qu’il vienne. Il ne fallait pas qu’il ait vent de son déplacement. Sinon, la Niflheim serait foutue, et toute relation avec le gouvernement courtcircutée. Non pas que cela dérangeait Solveig à la base, cependant, mieux valait avoir les hommes et femmes les plus puissantes dans la poche, plutôt que de les afficher comme ennemis. Peut-être que son aîné ne comprenait pas cette utilité, ou certainement était-il trop paranoïaque. Pour lui, tous voulaient le tuer, tous voulaient lui voler sa place et sa mafia. Pathétique.

Elle n’aimait pas son rire, elle n’aimait pas son ton condescendant et supérieur. A l’image de Rafael, il avait quelque chose de dérangeant, de dangereux. Les lèvres se pincèrent un instant, après son discours des plus révélateurs. En avait-elle trop dit ? Ou alors pas assez ? Finalement, passer pour une fonceuse et une stupide, c’était un choix et un risque, mais elle le prenait. La métamorphe ne tenait pas à dévoiler son véritable rôle dans ce mécanisme bien huilé. Si son nom commençait à prendre en importance, à se murmurer avec plus d’attention sur les lèvres, elle était toujours enveloppée de l’ombre de son aîné, et tendant à s’en servir sans vergogne. C’était ça ou crever en fait. C’était lui faire porter le chapeau ou se mettre dans la lumière. Et elle était encore suffisamment égoïste et lucide pour ne pas s’attacher à l’autel d’elle-même… « Ca sera utilisé pour nourrir ceux que vous laissez crever comme des merdes. » Ceux qui finissaient chez elle, ceux qui se faisaient tuer en livrant la drogue chez les clients, ceux qui étaient en première ligne parce qu’il fallait bien un boulot pour survivre, à défaut de vivre. Ceux-là-mêmes qu’elle menait à la mort, sans la moindre culpabilité apparente…

Mais ça la bouffait à l’intérieur. Y’avait cette culpabilité dévorante, arrachant jusqu’à ses entrailles les plus profondes. Ca la poussait aux mutilations les plus intenses, les plus désespérées… Elle se contenta de répondre avec un sourire étrangement calme, bien loin de l’agitation de son cœur. « Et moi, je suis fort surprise que vous ayez pris la peine de m’inviter au restaurant, moi, une ennemie de votre gouvernement. » Qu’elle le connaisse ou non importait peu, puisque demain, elle aurait dépêché des hommes pour en savoir plus, pour creuser le moindre de ses secrets. Sinon, elle ne se considérait pas comme ennemie, puisque jamais elle ne l’avait attaqué, mais puisque lui l’avait sous-entendu, autant appuyer dessus. Wiggins… Le nom résonna quelques secondes dans ses oreilles, dans sa boîte crânienne. Elle l’avait déjà entendu quelque part… Bon, oui, elle avait compris qu’il était ministre, avait fait le lien puisque, contrairement à ce qu’il pensait, elle connaissait au moins les dirigeants de nom, à défaut de pouvoir replacer leur tête dans sa mémoire. Et elle ne lui répondit même pas. Après tout, il connaissait son identité, serait capable de lui dire où elle habitait et quels étaient ses horaires de coucher ou de vente. Autant économiser sa salive.

La suédoise ne reconnut pas la langue utilisée, venant d’une époque où les liens avec l’Europe n’étaient pas forcément les meilleurs, surtout avec elle habitant dans la campagne profonde. « Smaklig måltid. » Le suédois glissa sur sa langue, rauque. Qu’ils jouent dans leur langue maternelle ne la dérangeait pas. Et elle laissa le silence envahir la place. Elle était patiente Solveig, elle était capable de ne pas montrer le moindre signe d’agacement, ce que l’autre devait chercher. Il n’y avait qu’un sourire poli qui se dessinait sur ses lèvres, le laissant savourer son repas. Peut-être serait-ce le dernier de sa vie. Qui était-elle pour interrompre la pitance finale du condamné à mort ? Pourtant, elle n’était pas à l’aise, elle n’aimait pas apparaître de la sorte, en pleine lumière. Parce qu’elle n’avait pas que des amis Solveig, loin de là. Depuis que le sang tachait sa peau, que les corps s’amoncelaient à ses pieds, elle n’était plus à l’abri des représailles. C’était la rançon de la gloire, de la sortie des ténèbres. Son frère l’avait protégée de tout cela, quand elle était encore mignonne et faible. Puis la lionne était apparue, avait chamboulé tous les plans, toute l’existence…

La remarque suivante aurait pu lui arracher à sourire, si elle n’avait pas été particulièrement agaçante. Et si Solveig n’avait pas eu envie de montrer que ça l’emmerdait d’être ici, à devoir tenir compagnie à un homme de sa trempe. « Vos indications sont les bonnes. Il est d’ailleurs étonnant de votre part que vous ayez demandé à me voir moi explicitement, plutôt que mon aîné. » Elle n’était rien d’autre qu’une gamine enchaînée à un tortionnaire, une innocente prise au piège de sa propre malédiction… « Cela me laisse supputer qu’il s’agit d’une affaire plus… Personnelle. » Quelque chose qui n’était pas en lien avec la Niflheim… Ses contacts défilaient dans son esprit, pour trouver un point d’ancrage entre lui et elle. Jusqu’à sa remarque de trop, celle qui la fit réagir de manière… Etonnante pour ce qu’elle était. « Un petit conseil, entre vous et moi, porter un masque vous est peut-être utile avec les imbéciles qui vous servent de collègues, mais vous puez le mensonge. » Même formulation reprise, même ton faux et condescendant. Le mépris n’était pas loin, et elle s’en moquait de savoir s’il mentait réellement ou non, si son intervention était pertinente ou non. Cependant, elle savait que certaines personnes étaient capables de deviner si l’autre mentait ou non. Alors, elle tenterait de jouer sur ce tableau, de se faire passer pour ce qu’elle n’était pas.

Elle le laissa s’enfoncer dans ses faux-semblants, furax, une lueur sauvage dansant par moment dans le fond de ses iris ambrées. Elle le laissa prendre ce ton doucereux, cette voix hypocrite, quand il l’interrogea par rapport à la nourriture. Solveig, elle vivait passionnément, que ce soit pour le pire ou le meilleur. Elle survivait dans l’extrême, et ce, depuis des années. Le serveur tremblant n’eut aucune attention posée sur lui, les deux êtres se cherchant l’un l’autre. Mais Wiggins avait des longueurs d’avance en termes de politique et manipulation. La suédoise, elle, n’avait que son esprit rebelle et déjà manipulé par son marionnettiste pour se défendre…

« Votre frère ? Je ne pense pas non, vous êtes le seul Wiggins à vous être présenté devant moi… » Mensonge… Il y en avait bien un autre, dont l’identité avait été déclinée de la même manière. Deux Liam Wiggins, et deux odeurs différentes. Lequel mentait ? Lequel disait la vérité ? Elle sentait Solveig, elle écoutait aussi, les possibles traces pour en savoir plus. Chaque détail comptait dans ce genre de bras de fer. « Et honnêtement, je me souviendrai de lui s’il vous ressemblait. Vous n’avez pas un nom ou un visage s’oubliant facilement. » Elle était calme Solveig, mais elle creusait. Si le premier homme n’était pas le ministre, qui était-il ? « Vous vous inquiétez pour lui. » Pour venir la voir ainsi, pour l’évoquer en premier… « Pourquoi donc pensez-vous que j’ai pu le rencontrer par le passé ? » Elle connaissait la réponse. Elle la connaissait parfaitement. Parce que sans médicament, il était mort…


_________________
I’M THE HEART OF THE HURRICANE
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1187
↳ Points : 1087
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 25
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4.
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Habits - Plested; ROGERS.; BUKOWSKANK
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Truth or dare ? » SolveigxLiam   Mar 3 Juil - 22:52


Des pics, qu'elle lance la rousse. Elle jette des remarques comme des couteaux dans le but d'atteindre, de voir le masque se défaire et tenter d'atteindre l'homme, le comprendre et l'apprendre. Manque de bol, son premier poignard ne m'effleure même pas, il passe à des kilomètres de moi. La douce vit dans son monde, dans sa réalité, pour croire qu'une telle remarque peut encore me toucher. Elle croit sauver des gens là où elle contribue autant que moi à en laisser tuer des milliers. Je ne la reprends pas, continue. Un face à face sur un ring sur lequel on joue à chat. Un coup elle, un coup moi. À voir lequel des deux cassera le premier, se brisera pour laisser passer ne serait-ce qu'une once de ce qu'il est vraiment.

La femme en face réagit trop vite, trop brutalement. Elle me reprend sans attendre, ne cherche pas à savoir la totalité de mes intentions avant de me couper, de prendre la parole. Elle se grille, tombe sur le ring, elle me laisse l'approcher de trop près, à deux doigts de lui dire « c'est toi le chat. » Mais je lui laisse cette marge d'erreur, parce qu'au fond, elle m'intrigue, me fascine. Elle est sous estimée par l’entièreté de cette foutue humanité restante, hors de question de faire la même erreur. L'âme d'une dirigeante, le cœur arraché elle même, qu'elle tient dans sa main encore battant, prête à l'offrir à la première âme perdue. La mafieuse a encore beaucoup à apprendre mais elle a surtout donné beaucoup plus qu'on ne veut bien lui accorder.

Alors je l'analyse encore, autour du ring. Sans attaquer, je jauge, je laisse s'étirer la conversation plus que de raison, ne m'énerve pas alors qu'elle a déjà été impolie trop de fois. Au lieu de ça, mon sourire se dessine un peu plus grand sur mes lèvres, mon nom soufflé à son oreille. Une petite graine dans sa tête qui se place doucement, mon nom qui se glisse dans son crâne pour y prendre lentement place. Je guette ses réactions, mon français laisse place à une réponse d'une autre langue de sa bouche. Probablement la sienne, celle d'un monde d'avant, où chacun avait sa place, un pays, un climat, un monde à lui.

Puis vient le temps du silence. Celui de l'appétit, de laisser la distance faire son travail, les mots gangrener dans son joli crâne. Le temps d'une assiette, de coups de fourchettes et de lentes respirations. Des coups d’œils jetés à la va vite sur quelques distractions et surtout, des regards qui se croisent sans jamais se regarder vraiment. La lumière droit sur elle, se reflétant sur ses cheveux de feu et mon silence qui s'impose de plus en plus entre nous jusqu'à tout briser, tout chambouler à nouveau et la tirer un peu plus sous les projecteurs. Peut-être jusqu'à la voir brûler, si la belle refuse de céder. Comme à son habitude, Eriksson répond. Elle reste droite dans ses bottes, répète sans doute ce discours qu'elle a du mille fois articuler. Mon attention se pose plus sur elle, elle se permet d'attaquer à nouveau. Un poignard qui me frôle sans pour autant me faire trembler.

Au contraire, un sourire, doux, alors qu'elle cherche à m'insulter, planter un poignard en pleine gorge auquel je réponds d'un « Merci. » Presque trop vrai. Encore heureux, qu'elle soit plus maligne qu'eux, plus alerte et plus à même de détecter ce genre d'attitude. Le contraire m'aurait sincèrement déçu. Sans m'en rendre compte, j'ai placé beaucoup d'espoir dans la jeune femme. Je lui ai attribué un mérite de l'ombre en ne m'appuyant que sur des rumeurs. L'envie d'y croire qui semblait avoir pris toute la place dans mon propre crâne, au point d'être prêt à lui laisser une victoire, rien qu'un poignard, rien qu'une plaie.

Du moins, presque.

Et puis, le sujet qui fâche. Celui qui efface mes idéaux, qui me fout à terre et me plante dix milles couteaux dans le dos. Mon frère, seul être capable de me tuer réellement, m'anéantir jusqu'au dernier instant. J'ai lancé le sujet, après tout, notre petit jeu était bien marrant mais n'était pas fait pour durer éternellement, ceci dit, je n'étais jamais prêt pour affronter réellement ce fameux sujet. Jamais prêt pour entendre les réponses ni même les questions. Ma plus grosse blessure, mon point faible pointé du doigt, avec un poignard tendu sur mon cœur qui dit vise moi. Sa réponse me laisse échapper un rire froid, mauvais. Mes yeux se posent dans les siens et je ne réponds pas plus, la laisse à son tour s'étaler, étirer le sujet. Elle insiste, parle d'honnêteté. Joue à la plus stupide pour être sûr de me flatter. À voir lequel de nous deux sous estime le plus l'autre. Je soupire, lentement, me serre un nouveau verre d'eau fraîche en la laissant continuer. Une remarque facile, qui m'esquisse un sourire mauvais, un sourire en coin, celui qui dit que je brûlerai tout pour le garder en vie. Je me brûlerai sans doute moi aussi.

À mon tour d'être sous la lumière, celle qui attaque la rétine et qui brûle la peau. À mon tour d'être à la place que tout le monde déteste. La seule différence entre elle et moi, c'est l'habitude. L'habitude d'avoir la chair à vif, d'être l'homme à abattre. L'habitude d'avancer à l'aveugle dans un monde où tout le monde nous veut mort, frère y compris. Je pose une main sur la table, lentement, mes yeux ne quittant plus les siens, un instant avant de reprendre. « C'est à force de jouer le masque de l'imbécile, que vous n'arrivez plus à savoir quand l'enlever, dîtes-moi ? » Une simple remarque tandis que mes doigts viennent effleurer sa main et que sans la quitter des yeux, je reprends de cette voix que peu entendent. Cette voix plus vraie, celle qui laisse passer quelques cicatrices. Une main tendue vers la mafieuse, une porte qui s'ouvre et qu'elle ne pourra probablement pas saisir longtemps. « Je vous retourne votre compliment, sur le mensonge. Et puis, tout n'est question que de personnel, en vérité. Ne croyez-vous pas ? » Un sourire, et je retire mon bras. « Il est évident que je m'inquiète pour lui. Vous ne vous inquiétez pas pour le votre, peut-être ? ». Un claquement de doigt et les assiettes disparaissent. Le serveur revient avec deux tasses de café chaudes. Une gorgée. Le temps, le silence. Les réflexions et les projecteurs qu'elle déteste tant. Et puis je reprends. « Peut-être parce qu'il avait besoin de vos jolis médicaments pour survivre et que votre nom est écrit noir sur blanc comme fournisseur. » Une question qu'elle avait posé, jouant aux idiotes, quelques minutes auparavant. Mais je lui ouvre un peu plus grand la porte. Lui tends un peu plus la main. Sans trop savoir pourquoi, ni comment.

Le potentiel, la vie, la rage de vivre dans ses yeux.
Tout ce que je ne suis plus qu'elle est encore.
La flamme de son regard qui s'est éteinte dans le mien.

« Vous parliez de masques, enlevons les. Je m'inquiète pour mon frère, en effet. Mourant, comme vous le savez. Problème étant, des solutions, j'en ai. Autre problème, plus têtu que lui, vous avez rarement du rencontrer. Je refuse de le voir mourir, alors je cherche des alliés. Des gens sur qui compter, quand en pleine nuit, ce ne seront plus des choix face à moi mais des nécessités. », une pause, une lampée de café. La gorge un peu titillée et je reprends, toujours les yeux dans les siens. « Pourquoi vous rencontrer vous ? Arrêtez de vous voiler la face, vous le savez pertinemment. », un souffle, un nouveau temps et puis, une nouvelle question, simple, réelle. La dernière avant que la porte ne se referme, que le jeu ne devienne tout autre et que notre relation se décide. « C'est à vous de voir. Discuter franchement, de personne à personne. Ou alors prétendre encore que je suis le grand méchant et que le monde va mal par ma faute. Je ne vous force à rien, Solveig. Vous décidez de la suite de ce repas. »

Et de nos avenirs liés, ou non.

_________________


NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

Silent screams, Violent dreams

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 402
↳ Points : 213
↳ Arrivé depuis le : 31/08/2016
↳ Age : 21
↳ Avatar : Charlotte Wessels
↳ Age du Personnage : 251 en réalité & 28 en apparence
↳ Métier : Trafiquante de médicaments, dealeuse & gérante du Little Darlings / confondatrice de la Niflheim
↳ Opinion Politique : Politique ? Ca se mange ?
↳ Niveau de Compétences : Niveau 3
↳ Playlist : Christina Perri ~ Jar of Hearts / Imagine Dragons ~ Bleeding out / Epica ~ In All Consience / Delain ~ My masquerade
↳ Citation : " It is better to have faith in something than none at all "
↳ Multicomptes : Ambre M. Del Nero & Orfeo F. Renzacci
↳ Couleur RP : (MidnightBlue) ~ Lightblue



les petits papiers
↳ Copyright: Thinkky & ANAPHORE (Vocivus)
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « Truth or dare ? » SolveigxLiam   Mer 4 Juil - 22:33



TRUTH OR DARE ?

 

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Elle avait joué. Et elle s’enfonçait dans la stupidité pour ne pas se dévoiler. Car Solveig, elle savait qu’elle n’était pas reine dans la manipulation. Aujourd’hui, elle avait face à elle bien plus fort alors, autant faire profil bas. Si l’avoir dans ses amis était une option plutôt alléchante, elle ne pouvait pas non plus risquer de montrer l’état de faiblesse dans lequel était son aîné. Elle l’avait bien compris la gamine, que le gouvernement souhaitait le faire tomber. Alors, aurait-il de la pitié envers un mafieux ? Elle en doutait. Son rôle, à elle, à la petite sœur, à l’invisible, c’était lui offrir une cachette, masquer la situation pathétique dans laquelle il se trouvait. Elle avait toujours fait en sorte d’agir ainsi. Ainsi, la Niflheim prospérait, la Niflheim s’imposait. Le nom d’Isak était sans cesse mis en avant, sous l’impulsion de la sœur. Elle pensait que son aîné serait fier d’elle, elle y croyait dur comme fer… Et elle tomberait de haut. Rien ne se passait jamais comme prévu quand on y pensait. Les Hommes étaient des créatures abominables, prêtes à tout déchiqueter si on osait dépasser les limites qu’ils avaient imposées… Et Solveig, elle les avait explosées. Elle avait sciemment ignoré les ordres et demandes, avait agi de son propre chef. Que c’était stupide…

Elle parlait, bien trop. Elle comblait les vides, attaquait sans cesse. Elle changeait de comportement, de voix, de ton. Elle se voulait insaisissable Solveig. Parce que c’était plus facile. La gamine ne voulait pas briser son futur, alors qu’il n’en restait plus qu’un petit éclat. Après, tout le reste était en morceaux autour d’elle. Sauf que la suédoise, elle ne baissait plus les yeux, elle ne regardait plus à terre. Et c’était mieux ainsi. Elle ne pouvait donc rien voir, et continuer d’avancer, vers l’avenir, de plus en plus noir. Que de ténèbres pour l’accueillir, pourquoi avait-elle tant sacrifié ? Pour qui avait-elle tout sacrifié ? Solveig avait perdu son sourire, avait laissé son attention se détourner. Elle n’était pas faite pour fixer son esprit sur une personne aussi longtemps. Les pensées étaient éparses, s’éparpillaient sur les dizaines de problèmes qu’elle devait gérer à la fois. Parfois, elle avait envie de tout laisser tomber, de claquer la porte. Mais elle avait mis trop d’énergie dans tout ce bordel. Que ce soit pour la mafia, pour les gamins qu’elle avait récupérés, pour les ouailles qu’elle protégeait, pour son frère… Les paupières se fermèrent quelques secondes, pour retrouver son calme, pour revenir dans le présent, et effacer les erreurs.

Tout fut débarrassé, et le silence retomba autour d’eux. Le rire de Liam fut celui qui le brisa, après ses propos. Et il se retrancha à nouveau derrière des lèvres pincées. Pas un mot, pas une réaction, et elle occupa l’espace, lui répondant au tac-au-tac, s’étalant plus que nécessaire. Le pensait-elle stupide ? Peut-être oui. Elle ne portait pas le gouvernement dans son cœur malheureusement, et une vision très négative s’était imposée à son esprit depuis quelques mois. Avoir été abandonnée par Niklas y était certainement pour quelque chose. Avoir fini dans le bureau de Morienval aussi. En fait, elle avait perdu ses soutiens. Elle avait perdu celui qui garantissait sa stabilité. Et elle avait plongé, elle s’était glissée dans les ténèbres, elle avait chuté dans le gouffre. Maintenant, la métamorphe était dans un rôle qu’elle haïssait, mais duquel elle ne se dépêtrait plus. Ne l’avait-elle pas toujours été ? Pour complaire un aîné, pour complaire une société… Et pour quels résultats ? Des cicatrices sur les bras, sur les cuisses, sur le ventre. Des tentatives de suicide ratées, et personne pour lui tendre la main.

« Ou peut-être qu’il n’y a pas de masque à enlever ? » Elle était stupide Solveig. Elle n’était pas manipulatrice, pas mauvaise. Elle avait encore un peu de naïveté dans le cœur, ou de besoin de protéger son prochain. Etonnamment, cela s’appliquait surtout aux métamorphes, ou alors aux jeunes femmes. Parce qu’elle savait la suédoise, qu’elle aurait pu se retrouver dans cette situation. Si y’avait pas eu son frère, ou Niklas, elle aurait traîné dans les bas-fonds pour s’en sortir. Et pourtant, aujourd’hui, l’appréciation qu’elle avait pour ces deux hommes s’étioler. Il avait fallu des années, et l’indépendance était désormais en ligne de mire. Elle s’était faite Solveig, toute seule, quand tout le monde s’était fait la malle. Le contact la dérangeait, mais elle ne fit aucun geste pour se dégager. Ce n’était que deux doigts effleurant l’épiderme de son bras, pas de quoi péter un câble… C’était un bras de fer qui touchait à sa fin. « Non, je ne m’inquiète pas pour le mien. » Et elle ne mentait qu’à moitié. Elle se rendait compte qu’il fallait passer autre chose, que ces chaînes émotionnelles n’étaient que mauvaises. Mais elle était encore trop liée à cet aîné, elle avait bien trop peur…

Quand il découvrirait tout, que se passerait-il ? Serait-elle capable de tuer ce frère, comme elle l’avait évoqué à Mikkel ? Cela signifiait se condamner, mais n’avait-elle pas recherché la mort ces derniers années ? Elle ne serait pas une grande perte dans le paysage de la Nouvelle-Orléans. Et elle rit doucement à son tour, répondit dans la foulée : « Ainsi donc vous avez autant d’informations sur moi ? Mais il est vrai que la Niflheim doit être la seule mafia à en distribuer. » Vendre serait un terme plus juste et non, elle n’avait pas nécessaire eu l’envie de mentir. A quoi bon, il avait des indics certainement. Et le bras assez long pour savoir qu’elle était elle-même la revendeuse.

Et le masque tomba, de la part de Liam. Il se dévoila, et l’instinct animal chercha à savoir : était-il digne de confiance ? Disait-il la vérité ? Elle n’avait pas ce merveilleux pouvoir lui permettant de savoir qui mentait ou non. Alors, elle se fiait aux animaux en son sein. C’était eux qui auraient le dernier mort ce soir. Puis il y eut un soupir, la langue qui claqua contre le palais, et qui se délia. « Il s’est présenté sous votre nom et titre. C’est votre jumeau n’est-ce pas ? » Ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. La tête se pencha, et les mots continuèrent à couler : « Ce que je ne comprends pas est pourquoi vous ne le soignez pas. Vous en avez les moyens et la puissance. Je ne peux que fournir des médicaments qui ralentissent les symptômes. » Et elle n’était pas médecin, elle ne pouvait pas connaître la gravité de la maladie qui rongeait ce jumeau. Elle, elle y allait à l’instinct. « Il n’y a ni méchant ni gentil dans cette société. Juste de la survie, et j’ai eu l’occasion de voir à de nombreuses reprises qu’elle se couplait très souvent avec la folie. » Elle en était le parfait exemple, son frère aussi, n’importe quel membre du gouvernement… Ils étaient faits dans le même bois, les despotes, quoi qu’on en dise.

« Bien alors, qu’attendez-vous de moi ? » Le calme, la sérennité. Elle faisait taire les battements effrayés de son cœur, et les centaines de futurs destructeurs se baladant devant ses yeux. Ah, le pessimisme… « Vous risquez beaucoup à vouloir l’aide d’une mafieuse. » Encore plus s’il estimait réellement qu’elle était plus que l’ombre de son aîné…



_________________
I’M THE HEART OF THE HURRICANE
ANAPHORE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: « Truth or dare ? » SolveigxLiam   

Revenir en haut Aller en bas
 

« Truth or dare ? » SolveigxLiam

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» truth or dare.
» Truth or dare ?#Skyeward (1)
» Hidden Truth [ Partenariat ] Fermé
» Number One Contender for the LMDC Unified Tag Team Titles Zac Ericson & Carlito Vs R-Truth & Daniel Bryan
» R-Truth Vs Kane

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: Bourbon Street-