AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Palimpsest § Margarethe

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 540
↳ Points : 341
↳ Arrivé depuis le : 06/05/2018
↳ Age : 26
↳ Avatar : Timur Simakov
↳ Age du Personnage : 27 ans
↳ Métier : Vogue dans les méandres de la Némesis. En réalité est un espion pour le gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement. L'ordre, aussi tangent soit-il, est le seul remède à la misère.
↳ Niveau de Compétences : Hellraiser niveau 2
↳ Playlist : Goldfrapp - Ocean Feat. Dave Gahan │ Полина Гагарина - Кукушка │ Ciara - Paint it, black │ Peter Gabriel - We do what we're told │ The Prodigy - Breathe │ Main Theme Myst III Exile │ Florence + The Machine - Stand By Me │ Johnny Cash - Ain't No Grave │ Death Is the Road to Awe - Clint Mansell │ Beethoven's Silence (Concerto) - Ernesto Cortazar
↳ Citation : Our bodies are prisons for our souls. Our skin and blood, the iron bars of confinement. But, fear not. All flesh decays. Death turns all to ash. And thus, death frees every soul.
↳ Multicomptes : Matthias Petersen
↳ Couleur RP : teal



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥♥ (ava) + excelsior (sign) / Queen Yourcenar pour la citation
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Palimpsest § Margarethe   Mar 22 Mai - 14:33

Palimpsest-you can try and outrun the karmic wheel -

Margarethe

Konstantin.

Il garde l’œil sur la porte qui les sépare, les longs doigts tapotant les lèvres serrées en un pli patient, le corps interminable appuyé sur le poteau délabré. Il s’imagine les hommes - les créatures - dans cette pièce comme des poissons aux yeux trop globuleux enfermés dans un aquarium, les mêmes que ceux qui ornaient les restaurants chinois de toutes les villes du monde. Il ne peut expliquer l’idée que la plupart viennent d’eux-mêmes se délecter de l’idée d’être piégé. La notion d’espaces confinés, de limites claires et de transparence en velours rouge reluit dans le regard sombre tandis qu’il salut silencieusement d’un petit mouvement de tête quelques hommes sortant de la salle de poker.

De ce côté-ci des souterrains du Bones, seuls les cris et les appels à la violence sont souverains. Il y a une ligne de moisissure noire entre les fissures des tuiles de linoléum qui encadrent les éviers de fortune. De quoi nettoyer rapidement le sang qui suinte sur les rings immanquablement à chaque nouveau match. Cela ne le surprend plus. Cet endroit est un lieu de reproduction idéal pour tout et n’importe quoi de nature toxique.

Kostia regarde l’heure avant de griffonner quelques notes sur son carnet. La nuit est relativement paisible se dit-il en voyant William du coin de l’œil se concentrer sur sa calculatrice solaire et Nils présenter d’une voix forte et entrainante au public agité devant lui le tout nouveau volontaire. Le bruit des chaînes autour des membres décharnés des créatures a l’écho des horloges d’antan et il range son calepin enfin.
C’est l’heure.
Il passe vers d'autres pièces, le dédale des pêchés comme un labyrinthe sulfureux, parvient enfin à celle des cartes à jouer et tapis vert. Le contraste est saisissant et de l’odeur âcre de la peur mêlé aux vertiges de l’excitation des salles de combats clandestins, il passe aux reflets émeraude et vermillon de ceux qui s’adonnent au hasard et à ses promesses fumeuses. « Hey, on abandonne le cirque ?! » Le cirque c’est le nom donné parfois par quelques-uns au ring et ses coutumes. Une belle galerie de monstres pour sûr. Le salut est rendu au barman de fortune tandis que le regard cherche pourtant la table visée. Elle n’est pas là et il fronce un instant les sourcils. « Hansen n’est pas à sa table ? » Le zinc est propre bien qu’éraillé sous ses doigts et le barman hausse les épaules, la mine tout à coup sérieuse. « Elle a finit son service plus tôt. Un des clients a refusé de sortir quand elle lui a fait remarquer qu’il était déjà trop enfoncé dans les dettes et qu’il pouvait pas payer. Ce con a voulu s’arracher sa dent en or sur la table même histoire de pouvoir continuer à jouer, c’était pas beau à voir. Pekka est intervenu. » Черт. Et merde. S’il laissait passer trop de temps entre les « providentielles » rencontres, ça n’allait pas fonctionner. « T’avais un truc à lui demander ? » Konstantin secoue la tête, la main se refermant sur le verre offert. Dieu seul savait avec quoi était faite les liqueurs maintenant que même les racines se mangeaient. « Elle est jolie. » Moralité : il valait mieux passer pour un dragueur que pour un curieux. Le rire gras en guise de réponse à sa remarque achève de l’en convaincre. Après tout, s’il voulait des informations, il lui faudrait …

Konstantin cille, l’œil fixe, le verre au bord des lèvres et son reflet si trouble sur le miroir de l’arrière du bar qu’il en perd le fil de son raisonnement intérieur.  « Fais pas cette gueule Kost’, elle va revenir ta blonde. J’veux pas te faire de la peine mais sont plusieurs sur le coup et t’es pas le gars le plus folichon du secteur. » Il cligne des yeux, le vert sombre se faisant gris inconsistant. « Hein ? » La contemplation le plonge dans une tourmente silencieuse et il détourne le regard, la langue brûlée autant par l’alcool que par la folie qui danse en bordure de son malaise. « Le prend pas mal hein. » Il se force à une nouvelle concentration, à s'arracher de l'angoisse du reflet vaporeux qu'il est certain d'avoir vu. « Votre plat national c’était du poisson pourri. Quand je voudrais causer de gout j’irai pas demander aux nordiques. » Il a un geste de la main comme pour chasser un cauchemar après un nuit trop sombre, tapote sur le comptoir afin de redonner une dynamique forcée aux battements du cœur. Pendant un bref instant, il est tenté de regarder à nouveau mais ne le fait finalement pas.

C’est d’un pas nonchalant, sa langueur électrique habituel sous les talons, qu’il prend quelques minutes pour aller dehors. La torpeur lui intime de prendre une pause malgré tout. Il secoue le devant de son sweat-shirt, l’air moite en cercle infernal autour de la cité puis, dans un geste mécanique, allume sa cigarette bon marché. La première tirée est toujours la meilleure. Il a des mouvements de têtes en guise de salut, l’économie des mots en étendard. La ruelle a le mérite d’étouffer les sons de l’intérieur et il a à peine un regard pour l’échange entre un type en costard bien trop onéreux pour les lieux se vautrant sur une des croupières du salon. « Si t’es gentil avec moi, je serais gentil avec toi. » L’irritation gratte le fond de la gorge mais il avance, s’enfonce sur le pavé. Un peu de solitude bienheureuse dans ce trop plein de fumée. Le temps traîne de façon amusante au Bones, Konstantin y a appris à laisser sa fureur tranquille depuis tant d’années qu’il n’y prend plus vraiment garde. En vérité, chacun y joue un rôle spécifique, lui plus que les autres. Quand bien même. Un long soupir zèbre sa poitrine. Il ne doit pas se laisser distraire et c’est surement la fatigue qui lui joue des tours. Peut-être aussi la peur qui tente d'envelopper et de retenir son esprit, même si en s'aventurant le long de ces lignes, il n’en sait fatalement rien. Les doigts viennent masser les paupières et il a un bâillement plus serein avant de regarder l’ombre qu’il a atteint dans sa course.

Voilà qui était notable. La silhouette se délie et son visage est impassible. « Je croyais que tu étais déjà rentrée. » Mauvaise entrée en matière ou plutôt parfaite. Il a un froncement fantomatique de sourcils à l’égard de Margarethe dont l’azur prend une teinte moins vertueuse sous l’incandescence de sa cigarette tandis que les cendres se font pluie sur l’asphalte.



_________________
Ecoutez nos défaites

⋆ paint them, black


If we are strong enough in our souls we can rip away the veil and look that naked, terrible beauty right in the face; let God consume us, devour us, unstring our bones. Then spit us out reborn.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5795-konstantin-this-isnt-a-co

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1116
↳ Points : 1310
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : jaali manfred.
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: saturn
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Mar 29 Mai - 18:46

Et lorsque les rayons de l'astre fuyant s'écrasaient enfin sur son visage, c'était comme une délivrance. Alors elle passait quelques secondes figée sur le seuil de la porte à profiter du peu de lumière qu'il restait au dehors. Juste le temps de fermer les yeux, de respirer lentement l'air non pollué par les odeurs des poivrots et les effluves des alcools dont ils se remplissaient le gosier. Putain de clients décérébrés. C'était lorsqu'elle pensait avoir tout vu du métier qu'ils arrivaient à la surprendre encore.

Les tables de jeux, elles se ressemblaient toutes et même les croupiers dans leur uniforme. Mais les parieurs, les joueurs, eux c'était autre chose. Comme aux cartes, parfois la main était bonne et les heures s'écoulaient tranquillement sans qu'elle n'est rien d'autre à supporter que les iris qui se faufilaient jusque dans son décolleté. Quelques phrases pour contrer les leurs, salaces, et le tour était joué. Mais ce soir et toute cette journée, c'était des regards dont le vicieux n'avait d'égal que la sombre folie qui les hantaient, que la môme avait dû supporter. De ces tarés à faire regretter les pervers. L'un qui voulait laisser son alliance en gage puis carrément la couche de sa femme, et l'autre qui durant de longues minutes s'acharnait sur cette putain de dent en or massif qui trônait dans sa gueule. Elle revoyait encore le vermeille s'écouler sur la table et tacher les tapis qu'il faudrait assurément changer avant le lendemain. Moïra allait râler, mais putain, où se terrait la boss quand se déroulait ces scènes dignes du plus sombre des films psychologiques ? Sûrement en train de compter ses putains de billets, ou de se faire sauter par l'un de ses sbires dans un recoin de l'arrière boutique. « T'as du feu, steuplait ? » Que balançait la môme, à peine sortie de sa léthargie. Bref sourire et léger signe de tête en guise de merci, puis elle sortait franchement, s'éloignait le plus possible des portes de son enfer quotidien.

Des palettes empilées contre un mur de la ruelle, ça faisait bien l'affaire pour se poser. Cigarette aux lèvres, malgré-elle l'ouïe en alerte, elle épiait les conversations des quelques duos qui jonchaient le parterre. Mais rapidement les paupières se fermaient de nouveau et elle se laissait bercer par le silence que matérialisait son esprit. Et elle restait ainsi, seule avec ses songes jusqu'à consumer la moitié de sa cigarette, puis la voix d'un collègue faisait l'effet d'un coup de pied dans le tas de rêvasseries qui se bousculaient dans sa tête. Alors seulement elle émergeait et détaillait le faciès, mais ne laissait les mots s'échapper qu'une fois ses iris réhabituées à la lumière. « Presque, qu'elle lâchait une fois le visage identifié, en laissant ses lèvres prendre la forme d'un sourire, en levant brièvement les deux doigts entre lesquels grillait sa cigarette. je termine ça et je me casse. » Aspiration de nicotine, la fumée s'échappait du tube nocif et venait picoter son œil droit encore faible. « Pourquoi, Sa main libre venait frotter l'orbite meurtri et elle se redressait vaguement, t'avais besoin de quelque chose ou c'est juste que je te manquais ? Parce que si c'est ça j'suis navrée, mais je ne suis pas d'humeur à faire un double service donc tu devras attendre demain pour admirer ma sublime silhouette serpenter entre les tables. » Qu'elle balançait, les prunelles faussement aguicheuses, avant de reprendre une nouvelle bouffée salvatrice.

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 540
↳ Points : 341
↳ Arrivé depuis le : 06/05/2018
↳ Age : 26
↳ Avatar : Timur Simakov
↳ Age du Personnage : 27 ans
↳ Métier : Vogue dans les méandres de la Némesis. En réalité est un espion pour le gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement. L'ordre, aussi tangent soit-il, est le seul remède à la misère.
↳ Niveau de Compétences : Hellraiser niveau 2
↳ Playlist : Goldfrapp - Ocean Feat. Dave Gahan │ Полина Гагарина - Кукушка │ Ciara - Paint it, black │ Peter Gabriel - We do what we're told │ The Prodigy - Breathe │ Main Theme Myst III Exile │ Florence + The Machine - Stand By Me │ Johnny Cash - Ain't No Grave │ Death Is the Road to Awe - Clint Mansell │ Beethoven's Silence (Concerto) - Ernesto Cortazar
↳ Citation : Our bodies are prisons for our souls. Our skin and blood, the iron bars of confinement. But, fear not. All flesh decays. Death turns all to ash. And thus, death frees every soul.
↳ Multicomptes : Matthias Petersen
↳ Couleur RP : teal



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥♥ (ava) + excelsior (sign) / Queen Yourcenar pour la citation
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Sam 2 Juin - 18:37

Palimpsest-you can try and outrun the karmic wheel -

Margarethe

Konstantin.

L’ombre jeté sur le visage grésille.  Il y a cette sensation étrange, inédite à chaque fois, comme un leitmotiv familier et rare quand il voit des âmes trop anciennes se lover dans des corps trop jeunes. Les iris ont des reflets sanguins qui ne sont jamais que le reflet rouge électrique de la cigarette et de ses ardeurs. Ici les néons agressent et l’asphalte tangue sous la semelle de leurs godasses abîmées. Margaret attaque et il reconnait l’intransigeance propre aux survivants.

(Il n’esquive pas.)

Ces derniers jours, il lui a prêté attention – plus qu’à l’accoutumée. L’œil a suivi discrètement, la fumée brumeuse, l’ombre mouvante et subtile traçant des chemins de fortune à la suite de la blonde, d’une pièce à une autre. Personne ne fait jamais vraiment attention aux fantômes et le noir de sa mise se confond avec celui de l’humeur ambiante. Là mais pas là, comme les trois quarts de ceux qui peuplent la Nouvelle-Orléans. Des milliers d’histoires cachées sous des milliers de ruines. Il est inutile d’imaginer les récits ténébreux de vies éclatées. Imaginer n’est pas son travail, seuls les faits importent et il les collecte patiemment, les prises régulières sous des filets indolores.

Kostia voit, à travers le prisme de la violence quotidienne, les ravages d’une mafia tentaculaire. Il la contemple sans ambages, la soie sombre sur les plaies béantes qu’elle cache à peine comme dans un défi calculé. Ouais, elle n’aime rien ici et alors, tu vas faire quelque chose ? Elle a le menton qui pose des refus, l’infection grenadine en tâche de couleur fracassante. Elle est fille de ce système, est passé d’un clan à un autre sans même mal se faire voir - ou à peine. Sans crever surtout. Il ne sait pas encore si c’est de la chance ou si c’est une protection qui enveloppe la croupière isolente. La langue est gonflée d’acide et il se déplace pour s’en rapprocher, l’adrénaline des poisons irrésistibles en phare nocturne. Nouvelle mission, nouveaux enjeux. Il s’arrête, le mégot entre les longs doigts qui s’écrase sur la palette. « La salle des combats était trop bruyante. » Les mensonges sont toujours pieux, lacérés de vérités indéniables, même pour leur propriétaire. Il n'y a rien de sûr, rien qui ne lui soit réellement propre, ni ses mots, ni ses gestes. Il n’est même pas certain de savoir encore qui il est, s’il est même qui que ce soit. Le pantin se désarticule au gré des exigences, se rhabillant des poussières qu’il ramasse sur son chemin.

Ça n’a plus aucune importance quand même les reflets dans les miroirs se font trouble.

Pourtant, il lui semble étrangement que c’est la même chose chez elle.

D’ordinaire, les minettes dans son genre se déhanchent sous les spotlights blafards des sous-sols. Elles minaudent en se faisant enfant, le venin sur les canines. Des pauvres filles qui se perdent d'elles-même, de celles qui fourmillent un peu partout dans le milieu. Elles font bien au bras des petites frappes, l’accessoire à la mode qui prouve qu’il faut les prendre au sérieux. Ils se sentent bonhomme sous prétexte qu’ils peuvent les dompter - en général d’un poing sur la figure. Ça fait smart, ça fait bon effet. Elle aurait dû en faire partie de cette marée humaine, le physique innocent sur un pavé putride mais quelques jours d’observations et il a saisit que ce n’était pas par pêché de vanité ni par excès de faiblesse qu’il pourrait l’approcher.

Tant pis.

(Tant mieux)

La vérité, c’est qu’il n’y a plus un seul gamin dans cette ville et que tout le monde a grandit trop vite et trop mal.

Il pense à lui dire non ici. Non, je m’en contrefous de ta silhouette et tu m’as manqué autant que la clope à mes doigts. Au lieu de ça, il fait une remarque sur le fait que c’est bientôt le temps des ouragans. La région suinte, les humeurs saignent. Lui s'avance. « On m’a dit pour le client difficile. » La main glisse sur le visage, le happe d’une étreinte froide comme si c’était la chose la plus naturelle au monde. Il n’y a rien qui explose chez lui, juste les pupilles qui se dilatent sous la lumière dégueulasse de la ruelle. Les cils collent sous la fatigue, l'effroi calme en miroir indolent et la courbe de sa joue s’imprime en touche légère sur ses doigts. Elle est épuisée mais elle va bien. Ils sont tous en train de crever mais ils vont bien. « J’attendrais demain. »



_________________
Ecoutez nos défaites

⋆ paint them, black


If we are strong enough in our souls we can rip away the veil and look that naked, terrible beauty right in the face; let God consume us, devour us, unstring our bones. Then spit us out reborn.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5795-konstantin-this-isnt-a-co

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1116
↳ Points : 1310
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : jaali manfred.
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: saturn
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Dim 3 Juin - 16:37

Konstantin, le gars qui s'occupait des combats et que la môme n'aurait jamais vraiment dû croiser. Celui-là n'était pas comme les autres et allez savoir pourquoi leurs regards s'étaient accrochés. Oh lui le savait bien, mais elle d'habitude rusée, qu'est-ce qui l'avait amadouée chez ce malfrat mal peigné ? Peut-être cela justement, ces mèches folles qui cachaient le pourtour d'un visage aux traits trop fins et pas assez abîmés. La beauté, fallait s'en méfier, mais l'allure de bandit masquait bien la frimousse bien dessinée. Qu'il jonglait bien avec les artifices, ce parasite. Avec les mots aussi. Point trop en dire et laisser cette petite blonde parler. Qu'il était malin. Qu'elle était épuisée. « Les tiens ne sont sûrement pas beaucoup mieux, tous les mêmes peu importe la salle vers laquelle ils se tournent. S'arracher les chicots ou aller combattre dans l'arène, c'est du pareil au même pour moi. » Tous braillards les recoins de l'endroit. Des mises aux combats et contours de tables, il n'y avait rien de bien fréquentable et tout ou presque de regrettable. Alors peu nombreux ceux qui détonnaient dans la foule, et sûrement pas ceux qui se vidaient de leur sang sur les tables de jeux. Les aimables, ceux qui savaient aligner trois mots dans un anglais correct et respectable. Ceux qui disaient merci ou qui faisaient preuve de pudeur en baissant le regard lorsqu'elle les servait. C'était ces gars-là dont elle se souvenait au réveil, parce qu'ils étaient bien rares. Contrairement aux connards qui coûtaient une fortune en tapis. Ces types elle les oubliait vite et elle ne reconnaîtrait même pas le dernier s'il passait maintenant dans la ruelle - sauf s'il ne se rinçait pas la gueule avant de sortir, là peut-être.

Fallait se blinder de toute façon, fallait avoir la capacité de vite oublier. Au début c'était compliqué, d'ailleurs la môme se souvenait encore des premiers porcs qui s'étaient affalés sur son buste, mais les derniers ? Envolés. Incapable de donner une fourchette si on lui demandait combien de passes elle avait effectué, quand d'autres s'amusaient encore à compter ou ne pouvait s'en empêcher. Mais elle était comme ça aussi, avant. Elle se repassait le film de sa journée avant de s'endormir, et revivait chaque soir, encore et encore toutes ces horreurs qu'elle subissait la journée. Jusqu'à ce qu'elle décide d'arrêter. Jusqu'à ce qu'elle décide de consommer. Alcool. Drogues. Putain, ce qu'ils l'avaient bien aidés. Pas à payer son loyer parce qu'elle s'injectait la moitié de ce qu'elle vendait, mais à oublier ou au moins occulter. Et ça n'avait pas de prix. D'ailleurs sans ça, elle ne serait sûrement pas là aujourd'hui, elle ne s'en serait pas sortie. Pas de tout ça, parce qu'il fallait être sacrément taré pour supporter toutes ces conneries. « Quelqu'un te remplace là ? Parce que je comprends mieux les retards si tu te casses fumer chaque fois qu'il est l'heure de lancer les combats. » Pas qu'elle en avait quelque chose à foutre, mais vu qu'il s'installait et que sa clope fumait toujours. « Tu dois être en bon terme avec Moïra. » Kostantin. Tout son être respirait un étonnant mélange d'impétuosité et de nonchalance, Dieu que ça crevait les yeux qu'il était louche, mais le bougre avait élégamment placé des oeillères autour de ses belles prunelles. Et pour l'instant, la môme les supportait bien.

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 540
↳ Points : 341
↳ Arrivé depuis le : 06/05/2018
↳ Age : 26
↳ Avatar : Timur Simakov
↳ Age du Personnage : 27 ans
↳ Métier : Vogue dans les méandres de la Némesis. En réalité est un espion pour le gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement. L'ordre, aussi tangent soit-il, est le seul remède à la misère.
↳ Niveau de Compétences : Hellraiser niveau 2
↳ Playlist : Goldfrapp - Ocean Feat. Dave Gahan │ Полина Гагарина - Кукушка │ Ciara - Paint it, black │ Peter Gabriel - We do what we're told │ The Prodigy - Breathe │ Main Theme Myst III Exile │ Florence + The Machine - Stand By Me │ Johnny Cash - Ain't No Grave │ Death Is the Road to Awe - Clint Mansell │ Beethoven's Silence (Concerto) - Ernesto Cortazar
↳ Citation : Our bodies are prisons for our souls. Our skin and blood, the iron bars of confinement. But, fear not. All flesh decays. Death turns all to ash. And thus, death frees every soul.
↳ Multicomptes : Matthias Petersen
↳ Couleur RP : teal



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥♥ (ava) + excelsior (sign) / Queen Yourcenar pour la citation
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Jeu 7 Juin - 12:23

Palimpsest-you can try and outrun the karmic wheel -

Margarethe

Konstantin.

En tout chose réside une fin : les soleils explosent, les étoiles se consument et les jolies filles se saupoudrent le nez de friandises interdites.

Les doigts coulent sur la fine trajectoire de la mâchoire sage sous l’instant fugace. Les iris s’accrochent, les pupilles se figent et il cille à sa remarque, lentement, la lumière décolorée de la ruelle rendant les expressions plus opaques. L’inattendu le chatouille. Un pincement fugitif des lèvres zèbre son visage comme une grimace inadéquate : il n’a plus l’habitude d’être pris au dépourvu et encore moins par de l’amusement. L’ivoire est brutal sous les lèvres et l’effet ne dure que quelques secondes. « Non… nouvel arrivage. » La curiosité s’absorbe d’elle-même à la manière d’un trou noir. « Chair plus ou moins fraîche. Moins. Beaucoup moins. Grayson s’en occupe. » Les morts-vivants ou peu importe leurs noms. On les collecte, on les enchaîne, on les fait monter sur le ring. Les jeux sont sanglants et sadiques. Il ne les a jamais aimés mais les supporte mieux depuis quelque temps, le masque de l’indifférence discrète prenant une teinte de fascination haineuse.

Parfois, il a presque envie d’y monter sur ce carré de violence offerte, le désir de sentir à même ses tendons blanchies la résistance flasque des êtres perdus qu’on leur ramène en pâture. Les sentiments sont si peu de choses, on lui a apprit avec une patience mortuaire à tous les mettre en bouteille, le service rapide derrière le bar pour peu qu’il en ait besoin mais depuis quelque temps, ô depuis quelques temps, l’obscénité de sa longue main, de ses longs doigts décharnés lui semblent des plus appropriés. Ils devraient se mettre en boule sombre et cogner, passer sa rage sur ce que les Enfers dégueulent en quantité sur ces terres ; on encore ils devaient tracer les épidermes pour les souiller un peu plus et…

Et.

Il déglutit.

« Tu dois être en bon terme avec Moïra. » Il fouille dans sa poche, écarte l’aluminium comme il le fait des cauchemars derrière ses paupières, extrait d’un geste mille fois accompli la cigarette de contrebande. Moïra avait été un cauchemar surtout. En elle-même, la rousse était efficace, stratège et terriblement déterminée, en d’autres termes l’équivalent d’une nuée de sauterelles sur ce qu’il était péniblement parvenu à accomplir jusqu’ici. Fût un temps, il avait presque réussi à dissoudre cette organisation, les informations dangereuses au bout des doigts, les secrets tentaculaires sur la langue, toute transmise à un monstre avide prêt à frapper. Mais le gouvernement avait laissé filer l’opportunité, Moïra avait placé de nouveaux pions, rénové les bas-fonds du Bones et de sa moëlle épinière et lui... « Moïra a beaucoup fait pour la Némésis. » Ses doigts se referment sur la cigarette, un haut-le-cœur silencieux à l’arrière de sa gorge. Les lèvres sont closes un instant, le silence nimbant d’un coton âcre ses pensées. « Quand je suis rentré dans l’organisation, je ne pensais pas que ce serait un contrat aussi longue durée. » Toujours des vérités sous les tissus de mensonge, l’aisance tranquille de ceux qui passe de l’un à l’autre sans aucun état d’âme. « C’est dangereux ce que tu as fait. » La douceur rêche du filtre s’imprime sur la pulpe de son doigt, la prudence nonchalante s’accrochant au visage en cœur. « D’autres s’y sont brisés les genoux. » Littéralement. Passer d’une mafia à une autre était risquée mais le papillon d’or avait réussi son vol aussi fatigué soit-il à présent, elle avait ramassé ses bouts de soi dans un baluchon trop maigre (et il ne savait toujours pas pourquoi). « On prend du temps à s’habituer au Bones. » Il tourne un regard pâle vers elle, le corps qui bascule un instant vers le sien dans une élégance crasse. « Tu permets ? » Les mots sont inaudibles quand il appuie son filtre sur ce qui lui reste de braises rougeoyantes au bout de la cigarette bien entamée qu'elle a au bout des mains. Il attend patiemment que la chaleur passe d’une cigarette à une autre avant de l’agiter entre ses doigts, la fumée fine ondoyant dans l’air. « Je ne suis pas sûr de l’avoir jamais fait. » reprend-t-il.



_________________
Ecoutez nos défaites

⋆ paint them, black


If we are strong enough in our souls we can rip away the veil and look that naked, terrible beauty right in the face; let God consume us, devour us, unstring our bones. Then spit us out reborn.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5795-konstantin-this-isnt-a-co

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1116
↳ Points : 1310
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : jaali manfred.
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: saturn
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Dim 10 Juin - 18:13

Elle tendait l'objet de convoitise. Trois secondes d'un silence terne qui lui laissaient le temps de gamberger, de retrouver les mots qu'elle n'écoutait qu'à peine, de les remettre dans le bon sens, de hausser un sourcil et se froisser. « Tu m'étonnes qu'elle a beaucoup fait, c'est son business, manquerait plus que ce soit un autre qui fasse tout le sale boulot pour qu'elle en récolte les lauriers. Ils étaient nombreux ceux qui la mettaient sur un piédestal, mais la môme fuyait ce lot. Et si au départ elles la tenaient en haleine ces informations grappillées de droite en gauche, bien vite l'euphorie des racontars s'était essoufflée. Parce que le goût de la nouveauté devenait amer au contact d'une routine naissante, et l'attrait disparaissait complètement dès lors qu'on se noyait dedans. Alors cette Moïra, elle ne savait d'elle que ce que les bavards avaient bien voulu lui raconter, et c'était très bien comme cela. Honnêtement je vivais très bien avant Némésis et si Dieu le veut je lui survivrais, mais je ne lui donnerais pas sciemment ma vie. Nous n'avons aucune part là-dedans, donc si tu savais ce que j'en ai à foutre qu'elle en est beaucoup fait. Énième bouffée, si elle s'entendait parler de cette femme qu'elle ne connaissait qu'au travers des bruits de couloirs que ses esgourdes ne pouvaient s'empêcher d'écouter. Elle fait tout ça pour elle, pas pour nous. » Rien de tout cela n'osait franchir ses lippes quelques mois avant ce jour et les pensées ne s'en rapprochaient qu'à peine. Mais le temps filait et il accentuait les rancœurs, ternissait le présent pour enjoliver un passé qui n'avait pourtant rien d'éclatant.

Le pire, c'était que son quotidien ressemblait tant à celui d'avant. Mais si tout demeurait semblable, si elle était toujours mafieuse et se faufilait encore entre les mailles de la prohibition, tout n'en était pas moins affreusement différent à ses yeux. Sûrement de la mauvaise foi dans le jugement, assurément même, en fait la môme en était consciente. Mais qu'importe. C'était une conne, mais une conne fidèle à cette ancienne vie sur laquelle elle était incapable de tirer un trait. Alors quand Moïra n'était pour elle qu'une arriviste, sa rivale Solveig restait ce qui se rapprochait le plus d'une mère. Et si c'était idiot d'avoir des opinions si divergentes sur deux personnes qui faisaient exactement la même chose, ça n'en restait pas moins sa logique et elle se complaisait bien là-dedans. « Et toutes ces conneries, je m'y suis habituée depuis un moment, mais comme je m'habituerais au prochain endroit et à celui d'après. Parce qu'ils ne seraient jamais à la hauteur de celui d'avant et qu'elle n'était que cette gamine paumée qui vivait dans ses souvenirs. Faut pas prendre ça trop au sérieux en fait, parce qu'on est que des pions. La chaleur se rapprochait doucement de ses doigts, quand ses prunelles ne fixaient que le devant. Comme happée par quelque chose au lointain, la môme se parlait à elle-même plus qu'à l'autre. Et si c'était dangereux, ça faisait quand même du bien. La seule différence entre nous, que ce soit toi, moi ou les collègues, c'est qu'il y en a certains qui ont l'intelligence de se faire discret sur l'échiquier quand d'autres vivent seulement pour protéger leur reine. » Folle, d'amertume et tout court. L'aliénée savait se situer dans son discours, parce qu'elle faisait partie de ces derniers prêts à tout, mais qu'elle n'était plus sous les ordres de la couronne qu'elle couvrait. Alors un sourire traversait brièvement son faciès quand sa main lâchait la cigarette qui mourait doucement à ses pieds. A peine perceptible, pourtant teinté d'une once de sarcasme qui reflétait parfaitement l'absurde de la situation.

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 540
↳ Points : 341
↳ Arrivé depuis le : 06/05/2018
↳ Age : 26
↳ Avatar : Timur Simakov
↳ Age du Personnage : 27 ans
↳ Métier : Vogue dans les méandres de la Némesis. En réalité est un espion pour le gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement. L'ordre, aussi tangent soit-il, est le seul remède à la misère.
↳ Niveau de Compétences : Hellraiser niveau 2
↳ Playlist : Goldfrapp - Ocean Feat. Dave Gahan │ Полина Гагарина - Кукушка │ Ciara - Paint it, black │ Peter Gabriel - We do what we're told │ The Prodigy - Breathe │ Main Theme Myst III Exile │ Florence + The Machine - Stand By Me │ Johnny Cash - Ain't No Grave │ Death Is the Road to Awe - Clint Mansell │ Beethoven's Silence (Concerto) - Ernesto Cortazar
↳ Citation : Our bodies are prisons for our souls. Our skin and blood, the iron bars of confinement. But, fear not. All flesh decays. Death turns all to ash. And thus, death frees every soul.
↳ Multicomptes : Matthias Petersen
↳ Couleur RP : teal



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥♥ (ava) + excelsior (sign) / Queen Yourcenar pour la citation
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Lun 18 Juin - 0:04

Palimpsest-you can try and outrun the karmic wheel -

Margarethe

Konstantin.

Margarethe a des vérités en hachoir et il admire silencieusement. La lucidité dans ce monde trop sale a de quoi vous plonger six pieds sous terre avant même d’être enterré. Il la sent, tendue, aprêtée pour une guerre silencieuse. La violence est la pire des faiblesses et il le sait, il la voit tous les jours. Il se demande si elle aime ça, trancher là où la pourriture est la plus abject, regarder en face de ses grands yeux concaves ce qu’il y a de plus laid, avec une obstination quasi enfantine qui ramène aux fascinations d’antan. « Honnêtement je vivais très bien avant Némésis et si Dieu le veut je lui survivrais, mais je ne lui donnerais pas sciemment ma vie. Nous n'avons aucune part là-dedans, donc si tu savais ce que j'en ai à foutre qu'elle en est beaucoup fait. » Il cille calmement tandis que le torrent se déverse : elle est chétive, gracieuse presque, un refus de se laisser salir par la crasse morale des environs, la colère sourde qui jaillit de sa gorge. C’est Antigone sur les murs de Thèbes qui dit non et il déglutit en regardant ailleurs, la fumée protectrice en écran blanc autour de lui.

Il n’aime pas ça.

(Elle ne survivra jamais).

Il aurait préféré qu’elle soit amorale, le massacre de l’humanité en guise de vernis et le mépris fantoche en sourire. Il y a quelque chose d’hautain mais qui ne nait que de la rage et il comprend beaucoup trop bien ce qu’elle veut dire. « Elle fait tout ça pour elle, pas pour nous. » Non, il n’aime pas ça. Il est presque tenté de le lui dire qu’il y a encore des gens qui font des choses pour les autres, sans rien demander en retour. Que c’est ce qu’il tente de faire à sa manière même si son drapeau et sa nation ont disparu.

Vraiment ? Il réprime le sourire désabusé qui menace de fondre sur ses lèvres décharnées. Quatre ans pour rien. La Némésis toujours debout, un changement de chef certes… c’était le mieux qu’il avait pu faire.

C’était tout ce qu’il avait pu faire.

Il la laisse dégueuler ses mots comme autant de poignards amers. Elle le blesse avec une voix douce, l’onctuosité brutale de la langue sur les lèvres abîmées, les iris pâles d’une fatigue gourmande. Il l’observe d’un œil opaque, le visage en statut de marbre. Il n’aime pas ça mais les doutes sont faits pour être écrasés là : entre le diaphragme et ce qui lui reste de cœur. « Dis-moi, pourquoi donc cette soif de savourer ce qui t'accable ? » Il récite, suit le mouvement du mégot au sol. « Sophocle. » La cigarette lui laisse un gout amer et il écrase à son tour. « Peut-être que nous sommes stupides de rester ici. » Il sait qu’elle va s’éclipser, songe à l’enlacer en plein spleen de la Nouvelle-Orléans mais il devine qu’elle coule. Lui aussi il coule des lèvres, du visage, de l’intérieur. Le silence s’épaissit comme un voile de crêpe noire. « Tu veux partir ? » Il lui sourit, enfin, bouche close et œil onyx.  Parce qu’ils savent n’est-ce pas ? Qu’une fois les cercles des Enfers franchis, il n’y a plus grand-chose à faire. Les murs se sont dressés, épais et infranchissables.

Il a une mission.

Il ferme les yeux quelques secondes, un froissement de cœur et demi.

Il a une mission.

« J’étais venu ici dans l’espoir de te voir. » Il rouvre les yeux, la silhouette trop longue sur les briques noires, les mains glissant dans le tissu de ses poches, l'aveu en mensonge contrefait. Dire vrai, dire faux, c’est la même chose. La ruelle n'est jamais qu'un écœurement délicieux de sang, de foutre, de sombre, de malheur. La gamine se tient, méfiante, en madone au milieu du tableau.
« Je ne parle pas beaucoup, il n’y a pas grand-chose à dire dans ma section. Reviens ici demain, même heure. L’odeur du tabac aura ta voix comme ça. » Il se détache, se grime, se dissimule, s’approche aussi. La distance est surfaite quand il se poste devant elle. Il y a d’autres choses à comprendre et elle a une connaissance de la mafia qui suinte de son regard trop clair. « Tu veux qu’une des filles rentre avec toi ? » Il ne se propose pas, tout homme est profane quand il marche la nuit près d’une femme esseulée.


_________________
Ecoutez nos défaites

⋆ paint them, black


If we are strong enough in our souls we can rip away the veil and look that naked, terrible beauty right in the face; let God consume us, devour us, unstring our bones. Then spit us out reborn.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5795-konstantin-this-isnt-a-co

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1116
↳ Points : 1310
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : jaali manfred.
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: saturn
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Dim 24 Juin - 18:30

Elle refrénait un sourire lorsqu'il se mettait à parler. Perdue dans ses pensées ô combien malsaines, le lyrisme de l'autre avait le don de la ramener sur terre. Juste un regard, le visage restait de marbre. Elle ne relevait pas la phrase, n'était pas même certaine de l'avoir bien comprise. Ce garçon avait tout d'un homme venu d'un autre univers - comme beaucoup de ses collègues et ça la surprenait toujours. Pas de la même classe, ça se voyait au premier coup d'oeil comme elle cernait les nombreux autres qui jonchaient le Bones. Un langage bien différent, une manière de laisser s'échapper les mots qui lui était bien étrangère. Si elle faisait ça avec une facilité déconcertante, eux semblaient les peser. Alors elle le regardait et ne se moquait pas de lui, pas vraiment. Si ça la faisait sourire, au fond c'était elle, la risible. Parce qu'elle était bien peu cultivée contrairement à ces gens. Pas tous bien-sûr et elle ne touchait non plus le fond du panier, mais ça ne l'empêchait de ressentir ce gouffre entre elle et d'autres qui travaillent en ces lieux. Comme William, qui prenait les paris. Un homme somme toute charmant, trop même, peut-être. Il avait cette manière de parler et de se mouver qui lui donnaient des centaines d'années, mais aussi ce charme qui ne laissait pas la môme de marbre. Rien de tendre, elle aimait seulement l'idée qu'autour d'elle ne déambulaient pas que des tocards. Et si ça lui semblait louche au départ, car elle n'avait jamais été habituée à fréquenter ce genre de personnages, elle s'était habituée à ces présences qui sortaient de l'ordinaire. De son ordinaire. Et dans son genre, Konstantin non plus n'était pas banal. Moins fantasque que William, mais cette froideur, cette prestance. Il transpirait l'intelligence et ça laissait la môme pantoise.

Alors que faisaient-ils là, ces gens ? Loin des standards de ce milieu, ils n'avaient rien des racailles qui traînaient dans les divers trafics et elle pouvait le dire et même en juger puisque la Némésis n'était pas la première mafia au sein de laquelle elle mettait les pieds. Et s'il fallait quelques têtes à qui confier son business, il n'empêchait que certains détonnaient plus que d'autres. Mais ils devaient avoir leurs raisons, comme la môme avait les siennes. Bien placée pour savoir que l'on sombrait dans ces abysses bien vite et souvent sans le vouloir, elle ne passait jamais trop de temps sur la question et évidemment ne la posait jamais. « Peut-être oui, ou trop peureux pour nous en aller, ça dépend de la manière dont on voit les choses. » Son sourire, il était apaisant. Il tuait tous les questionnements. Et si certains avaient le don de manipuler les consciences, Konstantin faisait assurément partie de ces gens. Sûrement qu'elle s'en rendait compte la môme, mais qu'elle préférait se laisser bercer plutôt que de se torturer l'esprit. Surtout en fin de journée. Le bougre, qu'il choisissait bien ses moments. « Si t'as quelque chose à me dire tu peux le faire maintenant tu sais, j'suis pas à cinq minutes près. Et je risque de finir plus tard demain, parce qu'il va bien falloir combler le manque à gagner. » Elle tendait une perche, sans vraiment savoir pourquoi. Il avait juste ce quelque chose d'intrigant dans le regard qui soudait les pompes de la môme dans l'asphalte.

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie

SYMPATHY FOR THE DEVIL

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 540
↳ Points : 341
↳ Arrivé depuis le : 06/05/2018
↳ Age : 26
↳ Avatar : Timur Simakov
↳ Age du Personnage : 27 ans
↳ Métier : Vogue dans les méandres de la Némesis. En réalité est un espion pour le gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement. L'ordre, aussi tangent soit-il, est le seul remède à la misère.
↳ Niveau de Compétences : Hellraiser niveau 2
↳ Playlist : Goldfrapp - Ocean Feat. Dave Gahan │ Полина Гагарина - Кукушка │ Ciara - Paint it, black │ Peter Gabriel - We do what we're told │ The Prodigy - Breathe │ Main Theme Myst III Exile │ Florence + The Machine - Stand By Me │ Johnny Cash - Ain't No Grave │ Death Is the Road to Awe - Clint Mansell │ Beethoven's Silence (Concerto) - Ernesto Cortazar
↳ Citation : Our bodies are prisons for our souls. Our skin and blood, the iron bars of confinement. But, fear not. All flesh decays. Death turns all to ash. And thus, death frees every soul.
↳ Multicomptes : Matthias Petersen
↳ Couleur RP : teal



les petits papiers
↳ Copyright: Katsia ♥♥ (ava) + excelsior (sign) / Queen Yourcenar pour la citation
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Mar 26 Juin - 16:01

Palimpsest-you can try and outrun the karmic wheel -

Margarethe

Konstantin.

Il a un mouvement d’humeur quand elle les traite de lâches, le sentiment imperceptible dans le tremblement serein de doigts se serrant sous l’obscurité du tissu de ses poches. L’air s’extirpe un peu trop vite sur sa langue, une patience immuable recouvrant milles tourments intérieurs. Il repousse avec une habitude glacée le désir d’avouer. Il l’a toujours à un moment ou à un autre, la confession au bord des lèvres et la prière au fond des yeux. Généralement c’est au début et plus jamais ensuite. Rien qui ne soit bien anormal. Rien qu’il n’ait pas toujours maîtrisé dans une douloureuse facilitée. Le temps d’un battement de cœur au ralentie.

Ils flottent.

Il s’en aperçoit quand ils sont face l’un à l’autre, les paroles comme des vagues magnétiques. La ruelle a un gout de ressac et il est certain que s’il applique sa bouche sur la sienne maintenant, le sel se mêlera à la salive. L’espace entre eux a un écho étrange, le vide illimité en illusion incandescente. Il y a toujours des failles se dit-il en abaissant ses paupières sur elle, les longs doigts venant happer sa ceinture pour l’approcher un peu plus de lui. Tu n'en as jamais assez de tenir compagnie aux morts ? Il perçoit presque l’oxydation de ses gestes, la rouille qu’il pourrait laisser sur sa peau à quelques millimètres de la pulpe de ses doigts. On a les armes que l’on veut bien avoir et les beretta 92 l’ennuient, les bombes sont gâchis, la violence n’est jamais justifiée. Il y a tant de manière de faire mal, la douceur acide en touchers âpres sur des peaux trop clair.

Il sait quand mener les batailles et lever les camps.

(C’est une guerre de tranchées)

Il a un sourire distant, le cuir pliant sous ses doigts immobiles. Elle n’a pas peur. Les briques grises sous la nuit suintent des secrets et respirent des horreurs mais elle n’a pas peur. Anesthésiée. Il y a pourtant tellement de place pour la terreur dans ce genre d’endroits.

Il n’est pas certain qu’elle le voit totalement dans la pénombre mais c’est peut-être mieux ainsi. Il a toujours eu les traits trop anguleux, l’intensité d’un regard issu des larges plaines d’Eurasie comme un calque aride et insensible sur son visage. Il n’est pas beau, usé et poli par des sacrifices silencieux. Les couleurs semblent insipides sur lui, la carte d’un corps trop hivernal pour attacher la lumière.

Il est mieux en noir et blanc.

Il est beaucoup plus grand, le souffle glisse sur les cheveux d’or sale avant qu’il ne se penche à distance étudiée, un froncement de sourcils indistinct en hostilité passive. Ils rêvent. Il la voit, l’épuisement sur le bout de la langue, la langueur dans l’envoûtant mouvement de respiration qui gonfle légèrement la poitrine. « Regarde-moi. » Les mots ont l’empreinte trouble des ordres qui n’en sont pas. Il veut vérifier, les pupilles cherchant si les siennes se sont étalées dans un azur vaporeux. Il n’a rien contre être un placebo, c’est même la ténébreuse réalité, mais il ne le fait jamais en vain. Elle a la Nifhleim sur l’ivoire de ses dents et la Némésis en électrique présence sur sa peau, à quelques millimètres de ses doigts à sa ceinture. Il sait qu’il léchera les deux à un moment ou à un autre, le tout dans l’espoir de mieux démolir. Il hait la mafia. Toutes. Elles pullulent et abondent sur les cimetières, se figent comme des corbeaux sur les déserts humains, le sable couleur profit et le vent charriant en odeur des cris.

Il cille lentement, la fixe. Il la voit. Sa mère – si elle en a une – n’a jamais dû lui apprendre à ne pas toucher le dessus de la poêle sur la gazinière. Alors il le lui dit, la voix basse comme dans un songe. Il a cinq minutes, c’est ce qu’elle lui offre. Il cherche l’oreille chaude, égrène le poison qu’il ne sait pas complètement efficace. Quand il la prendra - le sourire se fait sombre sous l’assurance et il y a quelque chose d'autre, dans ses veines. Il écarte d’une langue humide sur ses lèvres la singulière sensation,  puis reprend. Quand il la prendra, il veut la voir, yeux grands ouverts et brûlure entre les jambes. « Il fait trop sombre ici. » Les doigts serrent la ceinture de la trafiquante comme une promesse tacite qu’il éteint d’un regard. « Tu ne m’as donné que cinq minutes et je t’ai dit que je ne parlais pas beaucoup. »

(Il a toujours rêvé de couloirs qui ne finissent jamais.)

« Reviens demain. Tard c’est bien. » Les doigts relâchent et il s’éloigne, la méfiance bien cachée au coin des lèvres. Il a effleuré la peau du ventre et il fronce les sourcils, certain d’y avoir laissé une trace sous forme de cendre.

Le problème quand on brûle, c’est que la ruine n’est jamais loin.

Le problème quand on flotte, c’est qu’il y a toujours une chute.

Il rajuste ses manches, la mine placide teintée d’une apathie stoïque. Il ne s’excuse pas de partir, ne lui offre pas le traditionnel prétexte qui veut qu’il doit reprendre son service. Elle est intelligente, elle sait déjà.

Elle connait assez bien la mafia pour ça.

(C’est un reproche mais elle n'en saura rien)



_________________
Ecoutez nos défaites

⋆ paint them, black


If we are strong enough in our souls we can rip away the veil and look that naked, terrible beauty right in the face; let God consume us, devour us, unstring our bones. Then spit us out reborn.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5795-konstantin-this-isnt-a-co

SUCKER FOR PAIN

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 1116
↳ Points : 1310
↳ Arrivé depuis le : 25/01/2018
↳ Age : 24
↳ Avatar : elizabeth olsen
↳ Age du Personnage : vingt-cinq ans.
↳ Métier : trafiquante d'armes, croupière au bones. pieds et poings liés à nemesis.
↳ Opinion Politique : elle les méprise et maudit cette tyrannie qui ronge ce qu'il reste de monde. mais trop lâche, elle se contente de pester de loin, dans l'ombre.
↳ Niveau de Compétences : niveau un.
↳ Playlist : alicia keys, caged bird. tracy chapman, unsung psalm. eminem, deja vu. sia, breathe me. lana del rey, carmen.
↳ Citation : choices are sacrifices.
↳ Multicomptes : jaali manfred.
↳ Couleur RP : tan



les petits papiers
↳ Copyright: saturn
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   Mer 27 Juin - 16:04

Regarde-moi, qu'il lâchait en réponse à l'intérêt de la môme. Mystère ambulant. Silhouette attirante. Il ne faisait pas taire sa soif alors ses prunelles attachaient celles de l'autre. Et elle restait bêtement debout à le fixer. Pendue aux lèvres de l'escroc, elle patientait, attendait que son souffle vienne titiller sa nuque et que ses mots attisent un peu plus sa curiosité. Elle en oubliait les doigts trop confiants qui tâtaient la peau de ses hanches et sa présence, trop proche, bien trop proche, qui devrait la faire reculer.

Des banalités. Des phrases à peine croyables. Elle souriait légèrement, se moquait. Et ses prunelles roulaient vers le ciel quand l'accent slave donnait vie aux absurdités. Alors trop sombre était l'excuse pour refréner les mots et les garder jalousement pour lui ? Elle était sûrement fausse. Elle était risible en tout cas, parce qu'il faisait toujours sombre ici. Ces ruelles, cachées entre une marée d'immeubles et de maisonnées, elles ne voyaient pas beaucoup la lumière du jour. Et quand bien même, elles entouraient le Bones. Et à lui tout seul le commerce ternissait d'abord, puis gangrenait des mètres et des mètres de terres à la ronde. Antre du trépas. Demeure de tous les vices qui rongeaient plus que jamais ce monde. Rien de bon ne s'en extirpait et il fallait suffisamment s'en éloigner pour se dégager de son aura perverse. Là, ils étaient trop près. Et ils le seraient encore demain, bercés par les bras de l'obscurité, parce qu'il le proposait et qu'elle acquiesçait d'un simple signe de tête. « Très bien, je n'insiste pas davantage. » C'était tout ce qu'elle crachait la fière, parce qu'elle tendait tout au plus une main, jamais deux. Et puis demain ou le jour d'après. Qu'importait finalement quand le voile allait se lever. Parce que d'ici là, elle allait oublier la môme. Autre chose allait évidemment satisfaire son avidité. Car le désir, c'était surfait. Si prenant et si futile à la foi – comme elle. Il suffisait d'un rien pour l'attiser quand le lendemain on peinait à croire qu'une flamme avait pu naître de pareilles banalités. Alors ce jour-ci elle restait figée, une seconde ou peut-être trois. Elle ne bougeait pas, le regardait s'en aller comme si son ombre pouvait lui parler. Mais qu'en serait-il dans une heure ou dans un mois ? Il pouvait s'envoler au loin et elle n'y penserait plus jamais, comme se lover dans l'esprit de celle qui désertait la ruelle. (fin)

_________________
ça va mal. mais quand ce sera pire, on regrettera le temps où ça n’allait pas bien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t5576-ticking-time-bomb http://www.mercy-in-darkness.org/t5580-hell-should-be-easy-maggie

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: Palimpsest § Margarethe   

Revenir en haut Aller en bas
 

Palimpsest § Margarethe

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Fifth Chapter :: Memories-