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 A Fight I Must Win {Leslie}

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WILDHUNTER

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MessageSujet: A Fight I Must Win {Leslie}   Mar 22 Mai - 20:26


A FIGHT I MUST WIN

I've lived in darkness. Stood in the light. Crawled through the shadows. Between wrong and right. One thing I know for sure. This is a fight I must win. I can feel the coming storm. There's a demon I have to control. I'm not like I was before. I'm something less, I'm something more. This life has been bitter sweet. Blackened heart stays on the beat. Alone in my cloak of lead. Choking on words of advice. Heard all the answers - most of them lies.

Je vais être à court, Tobias. La sentence effrayante tourne en boucle dans la caboche, s’y incruste au fer rouge. Le compte à rebours s’emballe, grave ses lettres écarlates à même le myocarde éreinté. Les gouttes vermeilles suintent de l’organe fiévreux, tapissent le lit de ses entrailles. Les stocks se sont épuisés par la force des choses. Il n’est pas sorti en raid depuis son retour de l’hôpital, plusieurs semaines auparavant. Ordres du médecin. Tenté de les ignorer, il ne s’y est résigné que pour elle, pour ne pas démesurément l’inquiéter. Et voilà que ça leur revient dans la gueule comme un boomerang. Fait éclater en milliards de particules leur simulacre de tranquillité. Il n’aurait jamais dû l’écouter. Il sait que la môme a terminé pratiquement tout son stock avant d’oser lui en parler. Qu’elle n’a probablement même pas de quoi contrer une crise. Juste de quoi assurer les soins quotidiens trois ou quatre jours, peut être moins. Il lui en veut terriblement de ne pas avoir tiré la sonnette d’alarme avant. Est-ce qu’elle ne le sait toujours pas, qu’il se laisserait crever sans elle ? Tout son univers gravite autour d’elle. Elle n’a pas le droit de s’en arracher. Il est prêt à tout pour l’en empêcher.

Les gestes du danois se font empressés, presque gauches alors qu’il bourre son sac à dos à la va-vite. Juste quelques vivres pour n’avoir à se concentrer que sur sa quête d’insuline à l’extérieur. Les mains calleuses font de la place, tapent contre le fond et butent contre des petites boites. Surpris, il les extirpe de la besace, en jauge les inscriptions incompréhensibles. Une trouvaille oubliée, dénichée dans les affaires de son ancien bourreau. Il ne s’était rendu compte que trop tard qu’elles lui appartenaient et n’avait pas pu lui rendre son larcin. Pas vu, pas pris. Inutile de jouer sa peau en laissant ses doigts trainer dans la cage du lion. Avec la pourriture qui grouille désormais sous l’épiderme, il ne voit pas en quoi une quelconque médication pouvait lui être utile. Cela aurait été donner de la confiture aux cochons et il n’avait jamais apprécié le gaspillage. Leur fonction l’intrigue néanmoins. L’absence de notice renforce le mystère. Les pilules retournent dans leur cachette, et il dévale sans plus attendre les quelques marches menant à l’extérieur de la caravane. Billie attend assise sur le côté. Les éclats d’anxiété migrant dans le bleu liquide de ses rétines le font s'immobiliser près d'elle. « - Je vais revenir avec ce qu’il te faut, t’inquiète pas et fais-en le moins possible. C’est surtout pas le moment de t’égratigner. » Intime-t-il, en plongeant ses pupilles claires dans les siennes pour qu’elle puisse y sceller une promesse silencieuse. La moindre coupure pourrait lui être fatale. Accroupi à sa hauteur, il pose ses paumes contre ses genoux, puis hisse son visage jusqu’à son front pour y déposer un baiser protecteur. Elans de tendresse pure qu’il ne réserve plus qu’à elle. De plus en plus rarement pourtant.

Le scandinave ne s’éternise pas, s’éloigne aussitôt vers l’abri du médecin qui doit l’accompagner. Il écarte le rideau de tissu, offre l’esquisse d’un sourire à la jolie métisse. C’est tout ce qu’il peut lui accorder. Une chaleur factice en contradiction avec le faux contact qui grésille dans ses sphères d’acier. Elle ne semble n’y voir que du feu, plus que ravie de le voir. Ses émeraudes à elle pétillent, irradient d’une joie de vivre presque agaçante. « - T’es prêt ? » Un simple hochement de tête pour confirmer, avant que sa trouvaille ne lui revienne en mémoire. Un raclement de gorge pour initier la suite. « - Avant qu’on parte, je voulais un renseignement, tu saurais pas ce que c’est par hasard ? Je les ai trouvées lors de ma dernière expédition mais le nom me dit rien… » Il ment comme un arracheur de dents, allie le geste à la parole en faisant basculer son sac contre son épaule pour en ouvrir la fermeture éclair. La boite blanche vient s’échouer sur la table, attrapée par la jeune femme. Il lui faut un petit moment pour déchiffrer. Il la voit hésiter, froncer les sourcils. Avant de finalement la remettre sur le support de bois pour la lui rendre. « - C’est un des antiviraux qu’on prescrit dans le cadre des trithérapies. C’est un traitement contre le sida… » Qu’elle lui précise, chuchotant presque le dernier mot, comme si cela revenait à invoquer le mal de le prononcer à voix haute. Le forcené dans sa cage thoracique trébuche sur ses battements. Que Leslie ait jugé bon de récupérer ce genre de chose ne le rassure pas. Il tente de se rassurer immédiatement, d’avaler ses propres couleuvres. Il ne savait sans doute pas non plus ce que l’étiquette signifiait, pas vrai ?

La scientifique profite du moment de flottement pour se rapprocher imperceptiblement. Il s’en rend compte en sentant son souffle chaud effleurer sa gorge et ses doigts trainer près des siens. « - Max… » Il n’a pas le temps de commencer vraiment sa phrase qu’une silhouette familière se découpe devant eux. Comme un gamin pris en faute, le voleur sursaute violemment. Dans un réflexe proche de l’instinct de survie, il attrape l’emballage, le cache derrière son dos. Tout en réinstaurant une distance de sécurité avec la brune. Qu’il ne se soit rien passé n’empêche pas l’atmosphère de sentir le roussi. Elle empeste par tous les pores de la brute, se devine dans son expression renfrognée. Quelques nuances à peine de décalage avec la sale tronche habituelle. Mais il le connait par cœur son séduisant tortionnaire. Il l’a étudié à l’extrême, s’est enfoncé dans ses abimes pour apprendre à anticiper, à le canaliser. Il ne pouvait pas se contenter de se baisser docilement et d’ouvrir grand la mâchoire pour le combler en taule. Il fallait se montrer plus rusé, se différencier des autres jouets. Sortir du lot. Ne pas miser uniquement sur les plaisirs primaires, qu’on prend puis qu’on jette sans regrets. Il a payé un lourd tribu pour ça, pour s’être engouffré dans les ténèbres avec lui. L’irlandais marmonne qu’il fera partie de l’expédition après que la toubib lui ait servi quelques banalités et mentionné leurs projets. Une bouffée d’énervement l’envahit, lui donne envie de lui demander si la présence du chaperon est obligatoire. Il s’en mord la langue, jusqu’à sentir un liquide ferreux inonder son palais. Inutile de se faire démolir les guiboles avant même d’être sur la route. Il est vital pour sa petite sœur qu’il soit autorisé à partir.

[…]

« - Arrête-toi là, faut qu’on recharge les batteries. Il fait trop noir, ce n’est pas à cette heure-ci qu’on va trouver quoi que ce soit, et ça devient dangereux de continuer à crapahuter. » L’éclopé lève le menton, croise le regard du conducteur dans le rétroviseur. Le suicidaire le soutient, s’amuse autant qu’il s’irrite de l’hostilité qui crève le plafond. Contrairement à ses habitudes, Tobias n’a pratiquement pas décroché un mot de tout le voyage, les traits fermés. S’est contenté de répondre poliment à certains des babillages incessants de la belle. La voiture se gare, et il ne se fait pas vraiment prier pour se dégourdir les pattes. Un motel désert se dresse devant eux. La pénombre happe leurs carcasses avec délice. « - On va vérifier les chambres sur la gauche, tu devrais commencer par celles à droite pendant ce temps. » Les injonctions sont lancées avec un naturel confondant, n’appellent pas à la contradiction. Sous ses faux airs de créature fragile, elle ne s’en laisse pas conter. Ne se gêne pas pour mener le tyran à la baguette. Il a beau être le bras-droit de Maria, il n’a pas ses compétences, affreusement précieuses loin de toute civilisation. Elle impose nécessairement le respect à tous les membres de la Communauté. On l’écoute, on lui obéit. Autorité incontestable. Le duo un brin improbable et le rouquin teigneux se séparent.

Le ménage des monstres se fait facilement. Un bruit strident contre chaque porte, pour faire sauter les crânes, faire tomber les corps décrépis. Mécanique parfaitement huilée pour ceux qui ont appris à survivre dans ce monde desséché. Ils retournent sur leurs pas, entrent dans l’un des premiers logements. Abris crades pour des couples éphémères, désireux de s’épancher dans des étreintes sales entre les draps miteux. En l’absence momentanée de l’intrus, la beauté exotique redevient plus enjôleuse. Le moindre de ses mouvements transpire une sensualité déplacée, trop appuyée pour être parfaitement innocente. Elle se penche sans subtilité vers le minibar, en retire des flacons miraculeusement épargnés d’alcool, horriblement poussiéreux. « - T’en veux ? » Il secoue négativement la tête, un rictus amusé au coin des lèvres. « - Tant pis pour toi. » Qu’elle minaude, avant de s’en enfiler une rasade. Elle pose ses fesses contre le bureau dégueulasse, l’attire vers elle en le tirant par le poignet. Les jambes enivrantes font le reste, l’enserrent par la taille dans leur prison de chair. Il n’émet pas de résistance, tend malgré tout l’oreille pour distinguer d’éventuels pas. Une part de lui espère que son cauchemar vivant restera dans l’aile opposée de l’édifice, et ne s’hasardera pas à les rejoindre. Sans y croire une seule seconde. Malgré lui, ses phalanges fourbes sont attirées par le galbe de ses cuisses comme un ours par un pot de miel. Sans réfléchir, il s’abandonne un instant à la tentation. Se les approprie, froisse le tissu de son pantalon. « - On pourrait partager le même matelas cette nuit. » La suggestion lascive se coule dans l’oreille, qu’elle mordille doucement, mutine. Ses serpents aguicheurs s’agrippent aux muscles de ses épaules, cherchent à le dissuader de se défaire de son emprise, comme à chaque fois qu’elle a pu lui faire des avances par le passé.

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MessageSujet: Re: A Fight I Must Win {Leslie}   Jeu 24 Mai - 20:43


Bousille la rétine et file un mal de crâne à vouloir s’en cogner la tête contre un mur. Putain de lumière, je ne la supporte plus. Morceau d’emmerde supplémentaire sur toutes celles déjà posées sur mes épaules. Le corps en douleur, plombé par une fatigue qui ne disparaît pas. Nul besoin d’être toubib pour comprendre, mon cas empire. Lentement mais sûrement. Guérison mise à mal par l’extension certaine du virus qui me ronge, incapable de lutter comme elle le devrait. Mon dernier vol remonte trop loin pour que ce soit sain. Cette faim qui tenaille les entrailles, s’incruste dans les pensées jusqu’à devenir une obsession. Elle me dévore presque autant que cet état de destruction qui s’améliore de jour en jour. Parqué dans l’isolement forcé de ma caravane, dans un noir aussi vacillant que les misérables morceaux d’occultant collés contre les vitres. Continue ou crève, Leslie, rester planté-là n’apportera rien. Seulement la certitude qu’à un moment tout va vraiment se casser la gueule. Suicide volontaire, à petit feu, tranquillement. Jusqu’à sentir chaque cellule qui implose sous la morsure d’un virus que plus rien ne combat. Dernières pilules avalées depuis un moment déjà. Comme un fou à la dérive, je me suis entêté à retourner l’habitacle, chercher des réserves là où il n’y en a plus depuis longtemps. J’en rage à chaque fois que j’y pense. A cette chance survenue de nulle part en cours de raid. De quoi tenir, un peu plus longtemps. Antiviraux plus forts que ceux que j’avais, certainement plus efficaces malgré leur nouveauté. Une lueur de salvation envolée, au même titre que les cachets. Vol à l’arrachée au sein même du campement, je m’en suis démoli la langue de rage, fracassé la porte d’un des pauvres meubles de la cuisine jamais utilisée. Fulmine dans une cage invisible, faire part du préjudice à Maria, c’est me trahir. Révéler l’opprobre et menacer de me casser la gueule pour de bon. Hors de question.

Max en dernière option, par dépit, la trouille au ventre. Celle qui gangrène et ronge tout sur son passage. C’est m’obliger à me lever, rassembler mes forces pour affronter l’extérieur et me convaincre qu’un nouveau raid est une nouvelle chance de mettre la main sur ces foutus cachets. Cœur qui y croit, lui qui bat plus fort que d’accoutumé, poussé en avant par les déraillements de la mécanique. Entendre le sang qui fouette mes tempes plutôt que de souffrir des fracas de la migraine étiolant le cerveau. Je crève en marchant, fébrile sous la lumière du jour, le souffle amoindri dans la poitrine. Je crache sur ce qui m’a poussé à vouloir aller la voir. Cet instant d’égarement stupide qui a poussé la main à ouvrir le pan de toile. Et les yeux qui sont tombés sur le couple. J’en ai eu les dents qui se sont éclatées les unes contre les autres dans un sursaut de rage. De la jalousie à m’en crucifier le cœur là où il ne devrait y avoir que de l’indifférence. Petit con. Effort surhumain pour ne pas le tirer dehors et le fracasser. Juste se contenter de partager la décision prise, renforcée par la vision du duo trop proche pour que ce soit innocent. Depuis quand ? Comment ai-je pu ne rien voir ? C’est ridicule, tellement évident alors que ça m’est passé sous le nez. Parce que je me suis trop enlisé dans mes propres chimères pour ne pas me rendre compte de ce qui pouvait se tramer entre l’insolent et la toubib.

Je le rumine encore, les doigts crispés sur le volant à m’en péter les articulations. Regard rivé sur la route au-devant, les ombres grandissantes au fil des kilomètres. Rien à foutre, je refuse d’arrêter. Le pied sur l’accélérateur comme pour leur faire comprendre, à ceux dans l’habitacle et à la bagnole elle-même qu’un arrêt est impensable. J’y vois encore suffisamment pour ne pas prendre le risque de leur laisser le temps de se retrouver. Elle à côté, lui derrière, meilleur schéma possible pour imposer de la distance. Ca me dégoûte, s’insinue dans tout le corps, dans la moindre fibre pour y faire germer la nausée. La rage. Une colère étouffante qui parvient à calmer les maux, détourne l’attention. Se focaliser sur autre chose que sur ma propre condamnation qui se rapproche doucement. Mes mâchoires crispées alimentent la migraine, le crâne qui bourdonne à rendre le ronronnement du moteur presque muet. Un sursaut dans la poitrine quand la voix de Max reprend possession du silence. Pire que l’autre derrière, qui pour une fois se la ferme, je lui arracherais bien la langue pour la lui faire bouffer. A ce niveau-là, c’est pathologique, inhumain presque, de débiter autant de paroles en si peu de temps. J’ai la godasse qui hésite, entre l’envie d’écraser l’accélérateur ou le frein pour qu’elle la boucle en fricotant avec le pare-brise d’un peu trop près. Les yeux se lèvent vers le rétroviseur, presque instinctivement pour croiser ceux du danois. Contact d’un instant, il le soutient et l’alimente. Bouffée hostile dans la gorge, j’ai l’ombre d’un sourire assassin qui s’appose sur les lippes. Les doigts qui se crispent un peu plus contre le volant, quémandeurs, avides de pouvoir cogner. Remettre le téméraire à sa place, celle qui s’est imposée au gré des coups et des parjures à l’ombre des barreaux de sa geôle. J’obtempère pourtant dans un hochement de tête entendu, inapte à répondre tant la tension me cisaille la langue. Qu’elle s’improvise maîtresse de l’excursion si ça l’amuse, je m’en fous.

Motel désert dont la sale gueule dans la pénombre fait germer les mauvais souvenirs comme des roses aux épines sur lesquels se griffer le cœur. Des frissons de trouille dévalent joyeusement l’échine, m’empêtrent dans mes propres démons au point de me faire grogner en guise de réponse lorsqu’il est question de se séparer. C’est ça ouais, allez vérifier les chambres et prenez moi pour un con tant que vous y êtes. Je ravale la bile, cet arsenic qui se mêle à la salive pour la rendre amère à avaler et me tire de mon côté sans demander mon reste. La chair dans la poitrine qui tambourine avec fureur, pétrit de panique et d’exaspération, celle qui se devine dans la crispation des doigts contre la lame extirpée du jean. Les portes s’ouvrent à la volée, repère délaissé d’un lubrique qui prend la poussière depuis longtemps. Un ricanement m’échappe au fil de l’exploration, rire mauvais aux notes grinçantes, on pourrait croire qu’ils ont fait exprès. Prévu leur coup et maintenu la ligne de conduite malgré la présence d’un nouvel accompagnateur. Je suis le surveillant de la colonie de vacances, et ce constat m’irrite. Vague de rage qui se brise contre une porte dont le bois fatigué s’éventre sous mon poing, laisse un trou béant dans le panneau comme un signal de danger. Le point de départ mettant en branle la sombre mécanique.

Meurtre dans la tête, revenir sur mes pas, c’est le sentir prendre plus d’ampleur. S’étendre jusqu’à tout recouvrir lorsque je passe devant la porte laissée ouverte. En invitation à regarder ce qui s’y passe, le couple misérable déjà bien affairé. Et la suggestion qui m’écorche les oreilles. Vous allez partager la même tombe à ce rythme-là, c’est certain. Les poings se serrent et je m’oblige à avancer, plus loin. Imposer une distance suffisante avant de m’arrêter. « - Tobias ! Ramène-toi. » Le gueuler puis attendre. A m’en faire exploser la patience, qu’il se bouge le cul et finisse enfin par quitter les cuisses de la foutue toubib pour prendre l’air dans le couloir. Miettes de haine dispersées à chacun de ses pas jusqu’à ce qu’il soit à hauteur pour le cueillir comme une fleur. Agripper d’une main le col de sa veste et l’envoyer s’éclater l’échine contre le mur le plus près. Le fil de la lame vierge de massacre caressant sa gorge. « - Vous vous foutez de ma gueule ?! » Crache la haine contre sa jolie gueule dans un grondement menaçant. Les pupilles braquées dans les siennes qui dégringolent presque automatiquement pour effleurer les lignes de sa bouche. Merde. « - On envoie le gêneur de l’autre côté, avec un peu de chance, il se fera bouffer et ça laissera le temps de s’envoyer en l’air. C’est un raid, pas un putain de rendez-vous galant. » Pas le temps pour une réponse, qu’il la ferme c’est encore la meilleure chose qu’il puisse faire cette fois. La lame se retire et je le décolle du mur. Du sol au passage pour l’enjoindre à ouvrir la porte la plus proche de toute la force de son crâne contre le bois. Déséquilibre d’un instant que je renforce d’une saccade pour mieux l’envoyer embrasser le plancher.

« - Tu fourres la toubib pour qu’elle te refile des putains de cachetons sans broncher ? T’es en manque à ce point-là ? » Ca grince, le rire perçant mes lèvres. Malsain et aussi sombre que le regard qui se pose sur la larve au sol. Toute la stature se crispe, mes traits figés dans une profonde expression de malveillance. Et ma godasse s’envoie lui chatouiller le flanc. Violemment. Une fois, puis une autre. Qu’il en crache bile, sang et poumons sur le sol poussiéreux. Que ça lui rappelle de bons souvenirs. « - Petite merde... Lève-toi ! » Pour ton bien, il serait préférable que tu le fasses comme un grand. Sans que j’ai besoin de t’y aider. Jalousie corrosive, maladive dans tout l’organisme. J’en oublie presque ma faiblesse, les douleurs jalonnant l’être. Embrassant cette adrénaline assassine, retrouvant les automatismes de ce temps révolu où il n’y avait que nous dans l’enceinte exiguë d’une cellule.

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MessageSujet: Re: A Fight I Must Win {Leslie}   Ven 25 Mai - 13:43

Les mots doux cajolent l’organe auditif, parsèment l’échine d’escarbilles. La traitresse brouille le cheminement de ses réflexions, envoie valser au diable la raison. Sombre comme l’obsidienne, aussi bien dans ses boucles de jais que dans ses yeux de biche. Féline, elle se coule davantage contre la table décrépie, s’arrange pour coller son ventre à son bassin dans une caresse des plus suggestives. Un soupir rauque s’échappe de ses propres lèvres, alors qu’il hume son parfum enivrant. Première fissure à venir craqueler la résistance habituelle, la froideur ordinaire. Grisé par la chaleur entêtante qui se dégage de la jolie brune. La pression délicieuse de ses hanches autour de sa taille. Il en oublierait presque où ils sont, et surtout avec qui ils sont. Tout est dans le presque. Dans la part de lui qui espère au contraire que le rouquin se bousille les rétines sur la vision des corps enchevêtrés. Qu’il s’y empale comme lui des mois auparavant, quand il l’a empêché de sceller ses reins à ceux d’une pourriture de la pire espèce. Il les visualise encore les deux énergumènes, prêts à s’imbriquer comme de foutus legos. L’ignoble rancune s’épanouit dans ses veines brûlantes, rend les phalanges baladeuses. Elles se détachent des cuisses accueillantes pour se faufiler contre son haut. Les pouces roulent sous la poitrine plantureuse, pendant que les mirettes se perdent dans la vision affolante du décolleté. Ce n’est pas son genre, pas vraiment, de céder facilement à ses plus bas instincts. Un peu trop sérieux pour se perdre sans réfléchir dans des étreintes sans lendemain. C’est tout ce que ça pourrait être avec elle, et s’il la repoussée jusqu’ici, c’est qu’il ne tient pas à se mettre l’unique toubib du camp à dos. Ce genre d’intimité ramène toujours les pires complications. Sans la teigne à quelques mètres de là, il aurait pourtant pu se montrer faible. Rechercher un semblant de réconfort contre les courbes affriolantes. Se sentir un peu moins mort, bousillé de l’intérieur. Pour mieux se fracasser au vide dans les tripes une fois la besogne crade accomplie. Même s’il la trouve affreusement séduisante, elle n’a pas de quoi le réparer, souder les morceaux cassés.

Fort de ce constat, il est sur le point d’écarter les jambes de l’aguicheuse pour s’éloigner de la tentation qu’elles représentent, quand le beuglement de leur acolyte lui parvient. Teinté de suffisamment d’énervement pour lui insuffler la crainte d’un mauvais quart d’heure. Il s’en doute qu’il les a peut être vus. Les sens ensorcelés par la peau dorée de la sirène, il n’a pas entendu le fauve. L’hésitation lui remue les viscères alors qu’elle le libère. Il songe à lui balancer de but en blanc qu’il n’est pas son larbin, qu’il peut bien se débrouiller seul. « - Reste-la, je reviens. » Lâche-t-il finalement par prudence. Ce n’est que pour éviter à la scientifique de devenir un malheureux dommage collatéral qu’il obtempère. A son rythme toutefois, peu pressé de se rapprocher du lion en cage. L’animal qui fulmine, la patience en jachère. Il fait le pied de grue. Cruellement prévisible. Un rictus insolent se plante inconsciemment sur ses lippes. Fausse nonchalance qui suinte de la démarche du suicidaire. Il s’en moque qu’il ait la rage au ventre, qu’il lui fasse ravaler son élan d’insolence juste après. C’est même jouissif d’être parvenu à effriter son calme pour si peu. Même s’il n’est sans doute pas totalement prêt à subir ses foudres en retour. Hors de question de s’avancer vers lui la queue entre les pattes. Question de fierté. Les représailles ne tardent pas. Se matérialisent à la force de la pogne qui l’envoie se faire fracasser sans ménagement contre le mur. La lame argentée frôle la jugulaire, distille une sombre menace. La déglutition est douloureuse, fait remonter péniblement la pomme d’Adam. Il a beau faire le malin, il n’en mène pas si large. Allons, tu m’égorgerais pour si peu Leslie ? Pour quelques effleurements par-dessus le tissu ? Laisse-moi te montrer pire avant d’en arriver à de tels extrêmes.

Les orbes liquides se plantent dans les siennes, dérivent machinalement. C’est là-haut que ça se passe, qu’il a envie de lui siffler. Son ancien geôlier lui fait l’effet d’un gamin capricieux, qui retrouve de l’intérêt pour son jouet délaissé après qu’une autre môme ait décidé de s’en emparer. De la possessivité pure, rien d’autre. Le déshumaniser pour en faire sa chose. Il y avait pourtant cru parfois, qu’il ne faisait pas que profiter de lui. Qu’il n’était pas toujours question de le rabaisser, quand les enveloppes s’unissaient dans l’austérité glaciale du cachot. Qu’en dépit des humiliations répétées, il n’était pas seulement celui qui gardait la porte de ses géhennes. Foutaises. Les crachats hargneux malmènent les oreilles, lui arrachent des tremblements inconfortables. La brute ne lui laisse pas l’occasion de répliquer, propulse la caboche contre le panneau de bois. Un gémissement d’affliction dévale ses barrières de nacre alors qu’il le propulse contre le plancher poussiéreux. Les paumes s’écorchent en cherchant à amortir la chute, strient la chair d’haillons vermeils. Un éclair fulgurant de souffrance lui déchire le bide quand le pied lourd s’y abat. L’enflure réitère le coup, bouscule violemment les intestins. La douleur résonne jusqu’à ses orteils, fait glisser un frisson contre la nuque. Il suffoque, rampe pour s’échapper. L’ombre imposante du monstre le jauge de toute sa hauteur, rend l’esquive impossible. Un insecte qui se fait aplatir. Le goût acre de la salive mélangée à des gouttes de sang qui inonde la bouche, manque de déborder dans un gargouillis immonde.

L’ordre crève les tympans, l’aurait fait ricaner s’il n’avait pas déjà le palais rempli de bile. « - T’as tout compris, t’as pas envie d’y retourner d’ailleurs ? Yen a bien un qui aura pitié de nous et qui t’égorgera pour que t’arrêtes de brailler comme un putois. Tu veux attirer tous les bestiaux des environs avec ce boucan ? » Qu’il crache par-dessus l’affliction qui lui détruit les bronches, au risque de se prendre un coup de latte dans la figure. « - Fallait pas t’incruster au dernier moment, si t’avais pas envie de tenir la chandelle. Personne t’a forcé à venir et on se serait bien passé de ta sale tronche de gros frustré, ça gâche un peu la fête si tu veux tout savoir. » Enième provocation avant de se relever péniblement. Il peine à retrouver son équilibre, s’appuie piteusement contre le rebord du premier meuble à portée pour éviter à ses genoux de flancher. « - Crois-le ou non, mais il m’arrive de m’envoyer en l’air sans contrepartie de ce genre. Elle a bien d’autres atouts que sa réserve de médicaments. » Il le susurre, agrémente ses bravades de notes enjôleuses. Du miel sur la langue, pour faire marcher l’imagination à plein régime. Un amusement factice pour camoufler la blessure béante d’orgueil. Il le déteste, de lui rappeler les termes de leur arrangement dégueulasse. L’humiliation purulente d’avoir vendu son corps en échange de cachets et d’une protection viciée. Le pervers n’a pourtant rien de glorieux à tirer de leur arrangement passé non plus. Ni le droit de pavaner devant lui comme un coq, alors que le poulailler est fermé depuis des années.

Des perles écarlates dégoulinent de son visage. Ombres cramoisies qui embrument la vue, s’infiltrent dans ses pupilles. La lèvre éclatée par les différents impacts, l’arcade sourcilière amochée. Le danois se demande déjà comment ils vont pouvoir expliquer ça à la métisse. Les créatures désincarnées qui errent dehors ne cognent pas leurs proies. Elles les griffent, les mordent, les éviscèrent. Mais elles n’infligent pas au gibier des contusions multiples, ne ravagent pas l’épiderme d’ecchymoses violacées. Acharnement grossier qui ne fait que commencer, à en juger l’écume qui pend vulgairement des babines, la posture de combat du roux. Tu vas lui raconter quoi MacLean quand t’auras fini de me défoncer, que je me suis cassé la gueule dans l’escalier ? « - Comment tu disais ça déjà ? Va jouer dans d’autres draps si ça te chante ? » Un ricanement moqueur s’échappe, s’envole dans l’air chargé de phéromones. Piqure de rappel qu’il estime nécessaire. Il ne semble plus aussi insensible que la dernière fois son tortionnaire, mis devant le fait accompli. L’inversion des rôles change la donne, ne permet plus de feindre l’indifférence. « - Qu’est-ce qu’il y a, tu plains ta part Papy ? Pas ma faute si t’as plus rien à dealer, tu devrais peut être bouger plus souvent ton cul de ta caravane si ça te manque à ce point-là. Je fais ce que je veux avec le mien. » La liberté qui se clame, alors que les ennemis s’observent en chiens de faïence. Guettent une potentielle attaque. Il avise la main qui enserre toujours le couteau, dans un avertissement silencieux. Le sien oublié bêtement dans la chambre insalubre, qui trône sur le bureau. Que l’autre soit mieux armé lui hérisse le poil. Il refuse farouchement de se faire saigner comme une bête de boucherie. Surtout pas par cette putain d’ordure. Il en étouffe un juron, les muscles atrocement crispés par le déferlement gratuit de violence. La distance se rompt dans une saccade, son poing fermé se brise contre la mâchoire du tyran. Il réitère l’affront, vise l’os du nez. Avant d’intercepter au vol le bras de l’autre pour le contraindre à lâcher l’objet métallique. De tordre le poignet dans un angle dangereux, jusqu’à faire tomber l’instrument de torture dans un bruit sourd. Les paumes s’abattent contre le torse de l’adversaire, le repoussent en arrière. Gagner une infime seconde pour récupérer la lame échouée par terre, reculer d’un pas. « - Approche encore et je t’éventre. » Rugit-il, en esquissant un pas en arrière. Paré à riposter.

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MessageSujet: Re: A Fight I Must Win {Leslie}   Dim 27 Mai - 19:53


Il rampe le cloporte. Dans un réflexe qu’il ne m’avait plus offert depuis des lustres. Une habitude dans les premiers moments, les premières fois où fracasser sa misérable carcasse était la seule attention que je pouvais lui porter. Le démolir comme il avait pu me démolir. Et ressentir un plaisir sale à le voir s’abîmer les paumes contre le sol mal dégrossi de sa cellule, à sentir les effluves du sang qui commencent à embaumer l’air. J’en frissonne, des tressaillements ignobles qui se déversent le long de l’échine, grisant les sens et la raison Electrisent la jalousie, la font éclore avec plus de force dans mes entrailles. C’est ma haine qui rejailli à le voir se traîner ainsi par terre. La fureur folle, pure, celle qui crevait d’envie de le détruire lorsque le deuil m’écrasait encore. Vengeance passée, c’est la saleté d’un présent pourri que je me prends dans la gueule. Cet attachement vicié qui me lie à lui, qui ne devrait plus pendre entre nous depuis la fin de notre arrangement. Obsédé par un pauvre petit con, enchaîné à lui de la plus vile des façons. Mes mâchoires se serrent sous la honte, celle qui pulse dans les veines à mesure que les pupilles s’abiment dans la contemplation de ce pitoyable spectacle. Il ne ricane pas, l’imbécile. Me prive de cette marque d’inconscience pour m’en offrir d’autres bien plus éclatantes encore. Je t’en prie, Tobias, braille tout son soûl. Donne-moi encore plus de raisons de te fracasser. Et il le fait. Balance des réponses qui me tordent le ventre. Creusent une tombe à la profondeur abyssale sous la carne.

Crachats téméraires, je me retiens de justesse de le cogner à nouveau. Un coup de semelle dans la gueule, lui casser la nuque sous la force du heurt et ne plus en entendre parler. Pour t’assassiner au passage, Leslie, ce serait tellement stupide de ta part de faire une chose pareille… J’en rage, feule dans ma barbe pour retenir la fureur. Ricane seulement face à ses mots, un grincement sinistre à l’amusement factice qui s’arrache d’entre les dents serrées à s’en fissurer. « - Pour finir ce que t’as pas été foutu de terminer la dernière fois ? La pitié ce sera pour une prochaine fois, tes charmantes bestioles ont désertés les lieux depuis longtemps. » En es-tu certain ? En tout cas les lieux sont déserts. Le cerveau s’en persuade pour calmer les élans de trouille que le cœur propulse dans les veines. A en faire bouillir le sang vicié du souffre de l’angoisse. La cinquantaine presque sonnée et je tremble comme un gosse tétanisé à l’idée de croiser le Crotte-Mitaine sous son lit. Mes monstres sont réels, répugnants et ont laissés la douleur fantôme de leurs morsures contre ma cuisse. Cette jambe bousillée par les chicots pourris, celle qui tremble maintenant, d’impatience et d’un fébrile qui s’étend doucement au reste de la mécanique.

Passer de l’autre côté du miroir est bien plus douloureux que je n’aurais pu le croire. Possessif dans l’excès quand il ne devrait me faire éprouver que de l’indifférence. Peut-il vraiment y avoir ce genre de chose quand les bases se veulent saines ? Ces discussions anodines autour d’un café et d’un livre, celles qui ont scellés le commencement, amorcées la chute pour mieux voir rouiller les fondations sous l’acide de la haine. Ses mots ne sont que des provocations, du sel sur des blessures purulentes et ouvertes.
« - Laisse-moi deviner… Sa voix délicieuse et fluette, si discrète ? Vous faites la paire à ce niveau-là, je te l’accorde. Un joli couple de casse-couilles. » J’en souffle l’inconfort dans un râle déchiré par mes mâchoires aux muscles tendus. Bats des cils pour effacer la vision des corps enchevêtrés, étroitement liés. Il empeste les senteurs du parfum de la toubib. L’arôme de sa chair basanée, ces relents de vice me retournent le cœur au point d’en devenir dérangeant. Crucifié sur l’autel des bassesses qu’il susurre, mon corps se fait de plomb. Figé dans la rage qui fulmine mais ne parvient pas à se libérer de sa prison de chair. La laisser parler maintenant, c’est faire de lui un ramassis d’os et de viande. Un rien pour lequel personne ne pourra rien faire. Bousiller pour que personne d’autre ne puisse seulement l’approcher. Si je ne peux l’avoir, personne ne le pourra. L’envie est étouffante, affole la raison et fait battre le cœur à m’en imploser la poitrine. Je le hais pour tout ce qu’il représente. Tout ce qu’il est et ce supplice que sa seule existence provoque dans la mienne. Retourne mes propres mots contre moi, pousse ta chance jusqu’au bout. Aggrave ton cas.

« - J’ai bougé mon cul tu vois. Et heureusement parce que je doute de l’efficacité de votre raid. C’est pas entre ses cuisses que tu trouveras de l’insuline pour aider ta charmante petite sœur. Juste au cas où tu ne le savais pas… » Minaude du bout des lèvres, un sourire moqueur s’y appose. Il m’agite sa liberté sous le nez, pauvre imbécile qui s’enlise dans ses propres chimères quand il se retrouve encore plus enchaîné qu’avant. Prisonnier pour deux, si ce n’est pas moi qui le fait ployer pour lui offrir de quoi exister, d’autres le feront. Max n’est qu’une douce illusion pour se croire hors de danger, maître de sa charmante petite vie. Soumis une fois, à t’être engouffré dans les ténèbres les plus sombres et les plus sales, tu ne peux plus en ressortir. Ca se voit dans ses yeux, ce bleu entêtant qui a changé. Plus dur, plus crade. Je l’ai façonné au gré de mes envies, de mes délires. J’en ai fait une esquisse mal achevée de ce qu’il pourrait être pour de bon. Tu n’existes que sous mes doigts, Tobias. Sans eux, tu es incomplet. Ces mêmes phalanges qui se resserrent contre la garde de la lame, en une promesse silencieuse de massacre s’il ose faire un geste. Silence pesant, et cette tension qui électrise. Tendue à en devenir vivante, palpable. Son juron en guise de lancement et les lippes qui s’ourlent plus encore. Rictus fauve sur la trogne, le premier coup surprend. Mâchoires qui claquent sous la force du heurt et un second qui fait craquer le cartilage. Un éclair de douleur m’éclate le crâne et en guise de réflexe, les phalanges cèdent pour mieux libérer la lame. Fracas du métal sur le sol qui résonne avec hargne sous la boite crânienne, s'ajoute aux bourdonnements qui me lacèrent les tempes. J’en râle, sonné le temps de plusieurs battements de cœur erratiques. L’équilibre s’étiole sous la volonté des paumes de l’inconscient. Trébuche la carcasse fracassée et ma main s’abat violemment contre le mur le plus proche pour ne pas prendre le risque de m’étaler à terre.

« - T’es mignon quand tu miaules. Continue… » Cynisme à fleur de langue, je le crache en même temps que le sang venu m’engluer le palais. Goût de fer dans la trachée, myriades d’éclats scintillants devant les yeux. Je l’affectionne cette douleur, pour sa véracité. Réelle, dont l’origine est connue, tangible. Parce qu’elle diffère de celle qui me consume d’ordinaire. Diffère de ce mal qu’il a injecté dans la raison avec ses paroles dégueulasses. J’efface d’un revers de main les traînées écarlates s’échappant de la narine fracassée et le cogne du regard. « - Ce n’est pas en reculant que l’on éventre un homme, Tobias. » Manque d’entraînement, t’as encore du boulot à faire avant d’être convaincant. Depuis la dernière fois, tu aurais pu essayer de t’y mettre. Pitoyable tentative d’assassinat sous le couvert d’une tente en plein raid. Y repenser fait courir de la charogne sur la peau et dans les reins. Des élancements douloureux face à l’offense, ce parjure enivrant qui hante la mémoire et les sens. Le tyran qui s’en retrouve à regretter tous ces instants volés, les chairs qui s’enflamment et se consument avec allégresse. Ces regrets teintés d’un dégoût aussi éreintant que la lutte s’opérant entre le cœur et la raison.  

« - Vas-y, qu’est-ce que tu attends ? Tu préfères peut-être que je fasse semblant de dormir, pour que ce soit plus simple pour toi ? »
Miel à l’acide corrosif sur la langue, le timbre se fait compatissant, ronronne. La pupille rutile de défi, d’un amusement morbide. Ne jamais sous-estimer le minuscule, il pourrait surprendre. La distance qu’il a instaurée avec ses pas de retrait n’est qu’un simulacre de protection. De quoi se donner l’illusion d’un contrôle factice. D’une saccade contre le mur, je me redresse. Grignote l’écart pour le voir reculer d’un nouveau pas. Rictus en coin sur les lippes, c’est toiser l’insolence pour mieux l’écraser. S’abîmer les pupilles contre les siennes à m’en faire chavirer le cœur. Avant qu’il ne réplique, brusquement, une main se tend et s’arrime à sa nuque. Bousille les bouclettes et soumet la carcasse à l’emprise d’une poigne de fer pour l’empêcher de se tirer comme il sait si bien le faire. Morceaux de vide en peau de chagrin entre les corps, la caresse des souffles morts contre les chairs. Mes reins qui tressaillent, le cœur démolit plus fort. Mon autre main s’arrime doucement à son poignet, cette main tenant la lame pour que s’enclenche cette menace aux airs de vent déjà disparu. Je t’offre l'occasion que tu as laissée filer, ne la gâche pas. Tic tac, l’offre ne tient que quelques secondes, juste le temps de se bouffer d’un regard puant de haine, et d’une pourriture plus corrosive encore. Les doigts contre sa nuque se resserrent un peu plus, le pouce caresse presque la peau. Douceur d’un contact aux relents de mort, qu’il saisisse sa chance ou non, la réplique s’amorce déjà dans ma carcasse.

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MessageSujet: Re: A Fight I Must Win {Leslie}   Dim 3 Juin - 20:09

Le corps meurtri recule, s’efforce d’instaurer une distance de sécurité entre le despote et lui. Illusoire, vain, pathétique. Il tente de l’intimider tout en restant dans une position défensive. Il le sait, qu’il ne fait pas le poids. D’expérience. Inapte à compter toutes les fois où l’adversaire l’a mis au tapis, l’a roué de coups pour lui apprendre la discipline. Les instants sordides à lutter pour sa survie au mitard, là où personne ne pouvait entendre ses cris à part Lui. Les heures tapi dans l’obscurité à attendre de se faire démolir. Riposter pour seulement accentuer l’intensité des heurts. S’y accrocher pour prouver qu’on existe encore. Renier la souffrance pourtant démultipliée. Sa mort, il en a rêvé. Pratiquement toutes les nuits de son incarcération, pour ce qu’il lui infligeait. Il l’a déclinée à l’infini. Il l’a même fantasmée éveillé. Son esprit malade a inventé des milliards de scénarios différents, tous plus exécrables les uns que les autres. Sans jamais réellement réussir à passer à l’acte. Il aimerait se croire l’instigateur de l’attaque des créatures décharnées, s’en octroyer le mérite. Mais dans le fond, il n’a fait que prendre sa fuite. Saisir sa chance alors qu’il croyait le rouquin déjà condamné. Le détenu revanchard n’en est plus là. Il s’efforce de tolérer la présence de l’autre, de ne plus faire de vagues. Oublier et se faire oublier.

« - T’inquiète pas pour ma sœur, elle se porte comme un charme. » Tobias se réfugie dans son mensonge, pour éviter que son détracteur ne s’engouffre dans la brèche. La référence à la cadette lui met les nerfs en charpie. Le ramène cruellement à l’angoisse de la savoir en danger sans son insuline. « - Un homme ? T’as une opinion sacrément haute de toi-même. Une raclure des bas fonds, une déjection des chiottes plutôt ouais. » Siffle-t-il, une grimace de dégoût déformant ses traits. « - J’ai pas de leçon à recevoir d’une enflure comme toi. » Un goût amer emplit sa bouche alors qu’il le toise avec un profond mépris. Les types comme lui l’ont toujours répugné. Ceux qui se sentent obligés de piétiner les autres pour asseoir leur autorité. Qui s’expriment constamment avec les poings. Il abhorre plus encore le fait qu’il l’ait rendu comme lui. L’obligation de s’abaisser à son niveau pour survivre en taule. Il l’a rendu teigneux, mauvais, impulsif. Son double en modèle réduit, imparfait et perfectible. La soif de violence devenue communicative à force d’errer au milieu des pourritures. Bouillonnante, primaire, viscérale. Elle rassasie moins longtemps que l’habileté à blesser avec des mots. Mais elle apporte une satisfaction plus brute, plus immédiate. Plus jouissive parfois. Elle incendie et racle les entrailles alors que le démon lui rappelle sa piètre tentative d’assassinat. Sa pénible faiblesse. Des frissons de convoitise et de répulsion roulent sous la carne, s’entremêlent. Entités contradictoires qui fusionnent pour mieux se déchirer. Un nouveau pas en arrière quand son bourreau se redresse, fait grincer le parquet en s’avançant vers lui. A trop l’entendre crier au loup, il n’a plus peur le bougre. Il sait que le risque est dérisoire, mais qu’il a en revanche toutes les chances de reprendre l’avantage. Ses barrières de nacre se serrent, se fracassent presque. Ses rétines entêtantes, le danois voudrait les crever. Faire se répandre les deux globes sur le sol pour ne plus se perdre dans les nuances magnétiques. Ne plus y voir danser de flammes de défi, provocatrices à l’extrême. L’enlaidir pour ne plus sentir cette attirance malsaine grignoter ses viscères. Comme si ça pouvait suffire.

La poigne d’acier se tend brusquement, emprisonne sa nuque pour réduire l’écart à néant. Un grognement d’affliction s’échappe en un soupir, fait se tordre le ventre sous la proximité. Le poignet subit le même sort, se fait attraper pour venir effleurer la gorge de l’irlandais. Un sourire narquois se dessine sur les lippes. Il est incapable de la saisir au vol, cette opportunité. Inapte à trancher dans le vif. Il aurait trop à y perdre de toute façon. « - Parce que tu me crois assez con pour réitérer ? Je lui raconte quoi ensuite à la toubib puis aux autres ? Que t’as pas supporté qu’elle me fasse des avances et que j’ai été forcé de te buter pour te calmer ? » Vocifère-t-il, en appuyant le morceau de ferraille contre la trachée pour l’égratigner. Faire perler d’infimes gouttes d’ébène, à défaut d’en faire une boucherie. Diable que cette perspective est alléchante néanmoins. La lame s’enfonce mollement dans la chair, laisse une entaille légère. Avant qu’il n’ouvre grand la main pour qu’elle tombe à leurs pieds. Premier signe de reddition. « - Je ne vais pas mettre en péril ma place et celle de ma sœur pour me faire ce plaisir. Mon essai a planté, je suis beau joueur tu vois, j’ai accepté l’échec depuis le temps. » La blessure d’amour propre est toujours là, béante et infectée. La gangrène se répand lentement dans l’organisme. Le supplice s’éternise. Les monstres comme toi, plus on les attaque, plus on les renforce. C’est surement t’ignorer qui est le plus destructeur, pas vrai ?

Doucement, le comportement change, devient moins belliqueux. Il ne cherche pas à se défaire de son emprise, de la pogne qui capture les boucles sombres. Il se colle à lui, son enveloppe affreusement proche de la brute. Tension palpable qui embrume le carmin, grise les sens. « - Toi en revanche… Tu m’as l’air sacrément nostalgique. T’en as pas eu assez la dernière fois ? »  Murmure mielleux, enjôleur. Les prunelles claires survolent les lèvres enivrantes du tortionnaire, en réécrivent les contours. Une impulsion et les siennes s’écrasent avec sauvagerie contre celles de l’ennemi, s’y scellent avidement. Sa langue force le passage, désireuse de revenir se mêler à sa compagne. Les doigts rêches empoignent sa chemise, la froissent pour réduire encore davantage l’espace entre eux, avant de glisser contre son dos. Sa maudite carcasse en tremble, soumise à ses plus bas instincts. Le cœur s’affole dans la cage thoracique, le rend sourd aux bruits alentours. Les serpents fourbes se baladent, flirtent avec la courbe du postérieur. Le baiser furieux se brise, mais il ne s’éloigne pas pour autant. Dans un mouvement lascif, les phalanges attrapent sa ceinture, la défont. Manœuvre maintes fois répété à l’ombre des barreaux. Dévêtir le geôlier pour se vautrer dans sa fange abjecte. S’y rouler jusqu’à empester son odeur animale par tous les pores de la peau. Il a honte de les avoir autant attendus puis regrettés, ces moments crades de luxure. Il n’a jamais pu s’en sevrer vraiment, de cette addiction-là. La seule qui écorche, qui persiste.

« - C’est ça que tu veux ? » Illustrant ses paroles, la paume brûlante se coule sous le tissu, descend dangereusement contre l’épiderme. Trace un sillon invisible sur son passage. Il caresse l’indécence avec langueur, s’y enroule pour exercer les premiers va-et-vient. Emprisonner l’organe entre les cuisses alors que son souffle suave caresse le visage creusé par la survie, au plus près pour recueillir ses râles. Gâteries sales qui embrasent ses propres reins, réenclenchent la mécanique sulfureuse, à peine frôlée par la métisse. Il s’applique à le contenter, remet en pratique le savoir accumulé en prison, poussiéreux à force d’être refoulé. L’ancien amant insiste jusqu’à sentir ses muscles se crisper, l’abandon sur le point de survenir. La latence lui suffit. Soudainement, il cesse de flatter sa virilité, la brutalise au contraire violemment. Quasiment au point de fracturer le pauvre bout de chair qui pend entre ses jambes. S’échine à lui faire mal jusqu’à ce qu’il se plie de douleur, s’effondre à genoux. Il ne lui rend sa liberté qu’une fois à terre, s’écarte sans s’être privé de lui asséner à son tour un coup de talon dans les flancs. Vengeance puérile mais adaptée aux circonstances. « - Tu mériterais que je te la coupe, ça te passerait surement l’envie de dominer. Ta jalousie, tu peux t’étouffer avec. Je t’ai déjà prévenu que t’avais plus aucun droit sur moi. » Il le crache comme un avertissement, le timbre glacial. « - C’est toi qui as mis un terme à notre arrangement, tu peux t’en prendre qu’à toi-même. J’ai jamais compris pourquoi d’ailleurs. » La vexation et les interrogations perdurent, qu’il le veuille ou non. Le scandinave s’en frotte les mains, cherche à retirer tous les résidus infâmes qui pourraient être restés collés aux paluches. Peu lui importe les représailles, d’avoir probablement signé son arrêt de mort. L’ivresse d’avoir humilié MacLean vaut bien un passage à tabac plus tard. Et tant pis si son corps abimé souffre d’avoir écourté l’intermède lascif, se fracasse sur les débris de sa frustration. Fourbe enveloppe qui aurait pu le pousser à continuer, à oublier son plan perfide. A se perdre aussi facilement que lors du raid meurtrier. S’unir pour s’empêcher de se bousiller.

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MessageSujet: Re: A Fight I Must Win {Leslie}   Jeu 7 Juin - 20:14


Presque de la fierté sous la peau. De voir à quel point il a été brisé, bousillé pour mieux se relever et s’enliser dans des abysses semblables aux miennes. Devenus trop intimes pour seulement parvenir à se détacher de l’autre sans en souffrir. C’est certainement ça le plus odieux, ce lien qui perdure entre les corps et les esprits. Qui reste là et se renforce malgré les routes qui se sont séparées. Ce sourire sur ses lèvres et la fureur dans ses yeux. A m’en faire grincer les dents d’un rire sale, mes doigts qui ne font que se resserrer contre sa nuque pour mieux sentir pulser la rage sous sa peau. Mépris suintant des mots et des gestes, l’insolence est sa meilleure défense. Sa plus belle attaque aussi. Un relent de chaleur crade me soulève le ventre au contact de l’acier contre ma gorge. Une réminiscence d’un moment d’égarement, d’une faiblesse suffisante pour changer l’arrogance en un écart de conduite déplorable. A en faire crever le cœur, et germer le manque de l’autre dans les moins recoins de l’être. Il n’y a aucune cure pour se défaire de ce genre d’addiction, de ce besoin viscéral qui prend à la gorge à chaque fois que les regards se croisent. Je me laisse bouffer par la proximité, le ronronnement rêche de ses mots, la menace de la lame éraflant la peau. Le cou se tend, me fait toiser l’impertinent et creuse la morsure contre la carne. Sang pourri glissant alors joyeusement le long de la gorge, annonciateur de malheur. Que de la gueule, gamin. T’es foutu si tu n’as même plus la conviction d’éliminer pour de bon celui qui t’a démoli.

« - Je ne me fais aucun soucis sur ta capacité à trouver une excuse pour justifier mon absence à votre retour. Te glisser dans le cerveau des autres avec tes jolis mots, pour qu’ils bouffent dans ta main, c’est facile pour toi. Tu l’as déjà fait une première fois qui plus est… » Murmure suave effleurant presque ses lèvres, l’ironie suintant de la courbe prise par les miennes. Le regard s’arrache du sien, surpris lorsque la pogne s’ouvre et que tombe la lame sur le sol. Foutu jusqu’à la moelle, il renonce. C’est presque frustrant de le voir abandonner, céder à la facilité. « - Si ce n’est pas ce plaisir là qui vous menace tous les deux, tu trouves facilement le moyen de vous mettre sur la sellette avec ton attitude. Sans la déjection des chiottes pour prendre ta défense, il y a longtemps que ton cadavre se ferait bouffer par la vermine qui grouille hors du camp. Prends-moi pour un con. » Blessure d’égo, certainement les pires à voir guérir. Je ricane face à son audace, ce beau mensonge qu’il nous vend à tous les deux sans sourciller. « - Je ne m'inquiéterais pas dans ce cas, la prochaine fois que je la trouve la main dans les réserves… » Sourire carnassier sur les lippes, mes traits se figent dans un sérieux glacial. De façade. Il est évident que je ne ferais rien contre Billie et le mal qui la bouffe. Pauvre gosse, éloignée de tout, soumise à la présence d’un substitut pour rester en vie.

Le changement d’attitude trouble et affole l’amas de chair coincé entre mes côtes. Eveille le signal d’alarme comme une mauvaise blague prompte à mal tourner. Le corps de l’insolent qui se rapproche et ses murmures enrobés de miel. La défiance s’appose sur le visage, dans les pupilles pourtant déjà incendiées et qui s’accrochent au moindre de ses gestes. Tous mes muscles se raidissent sous le contact, sa bouche contre la mienne et sa langue en odieuse intruse. Résistance d’un instant pour ne pas lui accorder cette victoire qu’il recherche, et pourtant je cède. Bouffé par mes envies, le manque de lui qui se fait douleur dans la chair. Mes doigts deviennent de fer contre sa nuque, bloquent et attirent plus près encore. Quand les autres viennent dans un odieux réflexe s’agripper à sa ceinture. Respiration en lambeaux, je râle contre sa langue sous la brûlure de ses caresses. Soupire de frustration lorsque le baiser s’achève, du feu dans les veines et le cœur battant à s’en exploser l’artère. Ma ceinture qui se défait sans attendre, et qui fait germer le malaise dans la poitrine. Arrête… L’alarme gueule plus fort mais la déraison décide de rester sourde. Accepte de se soumettre aux envies impérieuses qui me consument. Renouer avec ce passé détestable qui nous a détruit tous les deux.

Les mots dérangent, et la main qui se glisse contre mon ventre me fait serrer les dents. « - Madsen… » Grondement rauque s’arrachant du fond de la gorge, une mise en garde, menace incisive aux échos tremblants d’envie. Traînées de poudre contre la peau brûlante, ces foutus doigts qui s’approprient ce qui ne leur appartient pas font exploser des myriades d’éclats de verre dans les reins. Bas-ventre s’enflammant au gré des mouvements, l’organe prisonnier de son manège lascif se gorge d’envie et s’éveille. Par réflexe, le bassin ondule et les jambes s’écartent. Position sale tant de fois adoptée sous le couvert d’une cellule miteuse. Souffle mort dans la poitrine, mes soupirs s’écrasent contre sa peau. Lourds du désir honteux qu’il attise, le pouce jouant avec la boucle de sa ceinture achève de la défaire, l’ouvre à l’arrachée pour faire subir le même sort au jean et permettre à ma main de s’y glisser. Paume contre l’offense, caresse d’impatience qui s’y écrase, la tension sous ma peau devient insupportable. Fait se tendre les muscles, et mes soupirs se muent en râles. Carcasse soumise à l’envie, crispée dans les derniers assauts de l’amant qui me détruit. Mes paupières se ferment et mes reins implosent. Perles humides d’une extase prompte à tout ravager contre ses doigts, l’abandon à bout de souffle. Un râle de délivrance qui se change brusquement en un gémissement plaintif lorsque la douleur fuse, explose dans le ventre et entre les cuisses.

La résistance s’invite dans le geste, dans un feulement de rage et le regard encore brûlant qui se fracasse contre le sien. Je le lâche pour mieux revenir lui arracher la gorge. M’y accrocher pour ne pas céder, griffer la chair et priver d’air le petit con pour qu’il abandonne son odieux forfait. Volonté de fer qui me force pourtant à ployer le genou, livide à crever, la douleur qui pulse au gré des battements effrénés de mon cœur fait perler du sel au coin des yeux. C’est serrer les dents de colère, de haine. Se taire pour garder jalousement mes marques de souffrance et ne pas lui faire ce plaisir. Mis à terre par l’ennemi, je le lâche et l’instant se fige dans le coup qu’il envoie dans mes flancs. Un soupir d’affliction et le corps tremblant se recroqueville, d’instinct. Pour tenter au mieux d’apaiser les flots enragés de douleur qui me détruisent l’entrejambe. Le tyran soumis et humilié par ses propres envies, c’est pathétique à en pleurer. Le front contre le plancher, un ricanement mauvais m’échappe. Tremblant sur les premières notes, il se change en un rire sale entrecoupé des sursauts d’une respiration encore affolée par la torture. Mon pauvre si tu penses que la rage de contrôler prend sa source dans cet organe-là, tu as encore des choses à apprendre. « - Tu persistes à t’enliser dans ta connerie aveugle à te croire libre. On ne ressort pas indemne des ténèbres dans lesquelles je t’ai contraint à t’engouffrer. Ce genre de lien, aussi dégueulasse soit-il, ne se brise pas. » Les mots sont des lames de rasoir dans ma gorge, fustigent le corps fracassé. L’affaiblissent encore un peu plus. J’ai des relents de famine dans le ventre, un vide creusant les entrailles. Et un goût amer de bile sur la langue.

Dans un râle grinçant de souffrance, la carcasse s’anime et tente vainement de se redresser. Fracas entre les jambes, les crocs souffreteux s’y enfoncent plus fort encore. J’en râle, jure et ne parvient qu’à m’accroupir, péniblement. « - Je t’en foutrais de la nostalgie, tu tremblais comme si c’était la première fois. T’en crèves d’envie, et tu pues la frustration. Te rincer l’œil ne te suffit pas apparemment… » Pas encore aveugle à ce point, son petit manège la dernière fois ne m’est pas passé inaperçu. T’es aussi empêtré que je peux l’être dans cette affaire. Aussi bousillé malgré tout ce que tu peux essayer de croire. Nouveau soupir, il racle la surface et fait germer le trouble. Mon dos contre le pied du lit pour ne pas flancher à nouveau et une pogne entre les cuisses, en protection ridicule. Apaisement inutile.

« - C’était pour te protéger… » Douce ironie quand je m’échinais à le démolir depuis deux ans déjà. J'en serais le premier à en rire. Pour le protéger, m’isoler. Me noyer dans la honte, le malaise et la fureur. Sombrer dans le rejet et la solitude, tout le corps en décomposition et les envies proches de zéro. A tous les niveaux. Mes paupières se ferment, les traits se crispent sous l’attaque d’un nouvel éclair de douleur. Celle physique qui pulse encore, et cette autre qui s’insinue dans le cœur pour mieux le blesser. « - On venait de m’annoncer que j’étais malade, le sexe était la dernière chose à laquelle j’avais envie de penser. Et quand bien même, les risques étaient trop importants à ce moment-là pour continuer sans réfléchir. » Allez, Leslie, avoue-la. Ta tare. Cette merde qui te ronge. Il le sait, il a déjà compris, trop malin pour ne pas voir entre les lignes des mots que je viens de prononcer. « - Je suis séropositif Tobias. » Epreuve de vérité passée sous le couvert d’un murmure fébrile. Le secret sale qu’il est préférable de taire tant il peut tout faire basculer, tout changer.

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MessageSujet: Re: A Fight I Must Win {Leslie}   Dim 1 Juil - 14:20

L’enveloppe qui s’écroule, lui arrache un râle de satisfaction crade. La fierté déplacée de celui qui compte à son actif bien trop peu de victoires contre le tyran. Puéril à en crever. Le bougre n’a pas seulement marché, il s’est mis à courir. Le mener à la baguette a presque été trop facile. Mais ce genre de plaisir est rare, alors il en profite avant qu’il ne s’estompe. S’en gargarise pour refouler la frustration qui picote, roule et s’écrase contre la peau. Se venger implique forcément des sacrifices. Ne pas céder à de basses pulsions comme un vulgaire pantin en fait partie. Il n’aime néanmoins pas réaliser que les gestes lascifs tiennent encore de l’évidence, du réflexe primaire. Le temps écoulé n’a rien effacé des habitudes solidement ancrées aux reins. Pas de rouille ni de perte de mémoire. Il sait encore jouer cette partition-là à la perfection. Appuyer exactement là où l’autre le veut, comme il le veut, sans devoir être guidé. Il en a honte, de le connaitre par cœur. Et surtout, que la réciproque soit parfaitement vérifiée. D’avoir frissonné si vivement lorsque les paluches de l’autre se sont immiscées contre sa propre intimité, lui dispensant des caresses superficielles. Relation malsaine et abusive loin d’avoir été autant à sens unique qu’il le souhaiterait, lorsqu’il s’évertue à diaboliser son amant. Il y a un monde entre l’air sadique que le danois affiche et les images indécentes qui continuent de se dérouler dans sa tête. Les fantasmes douteux qui se perpétuent, les hanches qui se capturent dans un mélange de langueur et de brutalité animale. Le manque grouille sous la surface, misérables insectes trop nerveux pour être attrapés et écrasés. Ils se décuplent au contraire, lui donnent la chair de poule en dépit de ses efforts pour y rester impassible. Vains comme tout le reste.

Il laisse l’autre se tordre à son tour comme une larve, s’agripper à sa virilité bafouée en guise de mince rempart. Un rictus féroce germe sur ses traits dévorés par une barbe épaisse, se maintient malgré les accusations acides. « - Tu t’imagines vraiment que quelques coucheries dans une cellule crade c’était suffisant pour m’enchainer définitivement à une pourriture comme toi ? Je me porte bien mieux depuis que le manège a cessé. » Assure-t-il, la voix vibrante de mépris. Mensonge éhonté dont il cherche à se persuader lui-même, davantage qu’il n’espère convaincre le despote. « - Soit pas si fleur bleue, fallait bien que j’ai l’air crédible. » Susurre-t-il de loin. Pas assez fou pour s’éterniser, et risquer de se faire reprendre au jeu. Mensonge éhonté qu’il distille sans sourciller. Il l’a déjà manipulé par le passé après tout. Il a fait semblant de s’intéresser à lui, à ses goûts, pour mieux le piéger. Des pages noircies d’encre et des litres de café. Il en a perdu des journées à l’attendre, à flirter. A se faire passer pour quelqu’un qu’il n’était pas entièrement. Il n’en oublie pourtant pas à quel point c’était finalement agréable, naturel. Les papillons dans le ventre, et leurs ailes ardentes. Tricher démesurément n’était pas nécessaire à l’époque, il suffisait de se laisser porter. De se laisser troubler par les étincelles d’intérêt qui traversaient les prunelles du rouquin, teintaient le moindre geste d’une ambigüité palpable. L’innocence s’est éteinte dans le canon de l’arme tenue par Zilpha, s’est mélangée au cruor qui a tapissé les murs opales. Il passe sous silence les égarements précédents, préfère ne pas relever. L’œillade furtive contre le corps nu ne veut rien dire, qu’il se répète. Qu’il se martèle pour que ça rentre dans le crâne. Egarement passager qui aurait pu lui arriver avec n’importe quelles courbes. De la curiosité et de l’impudence, pas grand-chose de plus. Certainement pas un besoin viscéral, souverain, inaliénable.

« - Me protéger ? Tu te prends pour mon chevalier servant maintenant ? » Il le coupe, passablement irrité. Insère son petit commentaire au risque qu’il n’aille pas jusqu’au bout. L’esprit détraqué refuse de comprendre, de faire un lien avec ce qu’a pu lui dire la toubib. Il n’est pas préparé à l’entendre, à l’assimiler. Il ne peut pas l'être. Mais la révélation tombe, se brise comme un éclat de rire. Lui fait l’effet d’un couperet. La guillotine qui s’actionne et tranche dans le vif. Ses tempes bourdonnent, l’oxygène se vide de ses poumons. Son maudit myocarde se noie dans un flot de sang, raffut monstrueux qui le rend sourd aux bruits alentours. Il dégringole de plusieurs étages, sent ses membres se muer en plomb. Il se raccroche comme il le peut au meuble qui lui avait déjà servi d’appui plus tôt, les guiboles sur le point de céder. Viles traitresses toujours promptes à l’abandonner. Tour à tour fiévreux puis gelé, il ne parvient dans un premier temps pas à articuler un mot. Envolées les répliques incisives, la répartie à toute épreuve. Il a la bouche pâteuse, et la sentence tourne en boucle, l’empêche de réfléchir. Des flashs grossiers se heurtent à ses rétines, s'y superposent. Les engluent de leur luxure sale. Les paupières se ferment, toute la silhouette tremble. Il peut quasiment le sentir à nouveau tâtonner, l’effleurer avec sa main rustre avant de mener l’opprobre dans l’antre grossière. Sceller sciemment sa déchéance. Il se souvient de son soulagement lorsqu’il s’est immiscé en lui, de la vague de jouissance brute qui l’a ravagé. Coupable de l’avoir demandé, provoqué. Sulfureux intermède dont il n’arrive plus à se repaitre. Les savoureux délices chassés par les terribles conséquences. Il n’en distingue plus que l’horreur, abjecte et infâme. Elle lui éclate à la gueule, l’éclabousse de sa substance poisseuse, dégueulasse.

Les azurs furieux se reposent sur son tortionnaire, le lacèrent à distance. Cocktail explosif de rage, d’angoisse et de remords. D’incompréhension. Dire qu’il a regretté de l’avoir jeté en pâture à des créatures funestes, qu’il s’est blâmé pour s’être montré si lâche. Il aurait dû l’achever, attendre que le repas des zombies soit digéré pour le bousiller avec la pointe du talon. Frapper encore et encore, jusqu’à tapisser le sol de filaments pourpres. En faire de la bouillie. Aucune once de justice dans ce bas-monde. Il l’a abandonné à son triste sort pour le retrouver transformé, plus puissant que jamais. « - Comment t’as pu me cacher un truc pareil ?! » Il le crache, le hurle. « - C’était pour me protéger aussi sous la tente ? » La langue claque contre le palais, ne lui laisse même plus le bénéfice du doute. « - Ça te suffisait pas de me voler des années de vie pour un crime que j’avais pas commis ? De me tabasser, d’abuser de moi ? Fallait en plus me condamner délibérément à la saloperie que t’avais chopé ? Tu m’avais pas assez fait morfler ? » La vanne cède, régurgite les reproches, la haine. Il a envie de le secouer, de le fracasser. Les phalanges empoignent plus fort le bois. Les ongles crissent, griffent. Il vomit son dégoût sans parvenir à s’arrêter à présent qu’il est lancé. Comme une craie sur un tableau usé. « - T’as chopé ça comment ? En taule, à force de te taper tous les détenus présents ? C’était toi au fond la vraie pute de la prison. Tu crois qu’on en ricanait pas dans ton dos ? Le vieux en rut, obligé d’en passer par ces extrêmes pour qu’on daigne le combler. T’étais pathétique. Tu l’es visiblement encore. » Qu’il souffle cruellement, avant d’oser se détacher de son support précaire. Il ignore les fourmillements qui poignardent ses mollets, manquent de le faire flancher.

L’ancien détenu prend le risque de s’accroupir près de la carcasse salement amochée, attrape sèchement sa mâchoire pour forcer les orbes clairs à s’arrimer aux siens. « - J’espère que t’as bien pris ton pied, cette fois et toutes celles qui ont précédé, parce que t’es pas prêt de m’approcher à nouveau. » Plus qu’une menace, une promesse. Son souffle brûlant effleure ses lèvres, avant de le relâcher subitement, répugné par la proximité. De violents spasmes d'aversion sous la carne. Les doigts rêches empoignent alors la nuque, cognent la tempe contre le plancher poussiéreux au passage. « - Je te l’ai déjà dit, MacLean. Tu devrais pas prendre pour acquis ce qui ne t’appartient pas. » Vocifère-t-il, trop épris de liberté pour admettre que des chaines encombrent ses poignets et son palpitant. Le nom de famille utilisé pour imprimer une froideur supplémentaire à son timbre. « - Au fait, c’est moi qui les ai piquées tes pilules, au cas où ça t’aurait manqué. J’avais aucune idée de ce que c’était et sincèrement, je comptais finir par te les rendre. Mais je crois qu’en fait, tu vas te démerder avec ce que t’as. » Aveu suicidaire dicté par le désespoir. La nécessité de le blesser, de le mettre en rogne. Maintenir la hargne pour ne pas s’effondrer. Pas à cause de l’épouvantable virus dont il pourrait être porteur également, par la faute de son éternel bourreau.  S’exposer à un danger plus familier, moins effrayant que l’éventualité atroce et inacceptable d’être atteint du même mal.

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MessageSujet: Re: A Fight I Must Win {Leslie}   Mer 18 Juil - 19:34


Sa réaction a des airs de déjà-vu. Cette latence douteuse où plus rien n’existe hormis les mots. Pantin vide qui se remplit brusquement de trouille, de dégoût, de fureur. D’un savant mélange de plein de choses qui lui explose à la gueule sans qu’il ne puisse rien y faire. J’ai eu la même réaction, lorsque l’annonce est tombée. D’abord l’incompréhension, elle se lit dans ses pupilles, dans le corps qui tangue et chancèle. Vient le rejet ensuite, celui qui s’invite dans les traits qui se crispent. Il va cracher sa bile, et je ne peux le blâmer pour ça. Ne suis pas vraiment près non plus à lui rendre des comptes ou à me justifier. Rien ne peut excuser l’imprudence que j’ai commise, j’en ai bien conscience. Prise de risque douteuse, en pleine connaissance de ce qui me bouffe et qui aurait pu le contaminer lui aussi. Il serait pourtant facile de dire que dans ce genre de situation, le risque est des deux côtés. Deux parties trop inconscientes pour seulement avoir l’instinct de se protéger. Sous le joug de la rage, réfléchir est difficile. Première vague de crachat qui s’encaisse dans un soupir de douleur. De gêne. Celle qui fuse encore entre les cuisses, et celle qui explose dans la poitrine. « - Il n’y avait aucun risque à ce moment-là, mon état était stable… » Murmure fébrile qui ne servira à rien, la machine est lancée, la raison a foutu le camp. Et les reproches continuent. M’accablent sans gêne, noircissent la pupille de l’ombre de l’embryon du ressentiment en train de se développer dans le ventre.

« - Ce que tu as subi n’est en aucun cas suffisant pour effacer ce que tu as pu faire. J’aurais voulu te voir crever pour ce que tu lui as fait. Tu as foutu notre vie en l’air. Bordel tu espérais que j’allais faire preuve de bonté envers un type dans ton genre ?! » Timbre tremblant sous les échos de la tension prenant place sous la carne. Ca ne te regarde pas, je n’ai aucun compte à te rendre. Ma vie hors de la prison ne le regarde pas, il n’a pas à savoir. « - Me combler… » Début de phrase qui s’arrache dans un ricanement amer. Annonce d’un rire grinçant qui brise le silence, le temps d’une palpitation chaotique du cœur. « - Ce n’est pas avec des déchets pareils qu’il est possible d’être comblé. Tu étais compris dans le lot, Madsen. Les autres ricanaient aussi dans ton dos si tu leur as raconté ce qui se passait entre nous. » L’allégresse assassine tapisse encore la langue de quelques notes faussement amusées. Laisse planer l’attente, le monstre se redresse doucement, prend le temps de refermer le jean pour tourner la page de l’offense. Puis il relève la tête et plonge le regard dans celui de la proie. « - De tous, tu es le seul avec lequel c’était aussi régulier. Le seul avec qui les choses sont allées aussi loin. » J’insiste sur le mot, perfidie d’un sourire sale sur les lèvres. Pour cacher la honte, celle qui s’invite avec l’attachement corrosif que cette exception a fait grandir dans ma poitrine. L’odieuse erreur qui a précipité la chute. Touché depuis le début, dès la première conversation, le premier café partagé.

Le môme en pleine crise se rapproche, et moi je me crispe. Par instinct, peut-être par trouille. Une piqure de rappel dans le corps qui se tend lorsque les doigts s’accrochent à ma mâchoire, force les regards à se retrouver à nouveau. Le souffle brûlant contre les lèvres titillent les nerfs, écrasent l’envie sous une couche d’aversion étrange. A peine le temps de chercher à s’agripper au poignet que la douleur éclate contre la tempe. L’explose et fait couler le sang sur ma peau. J’en râle, porte la main contre l’écorchure pour endiguer vainement le flot carmin. Et l’instant se fige, glacé dans un cruor qui perd le fil de sa course, bloqué dans les vaisseaux par le cœur mis en pause.

« - Je te demande pardon ? » Comme une mauvaise blague qui ne prendrait jamais fin. Les mots se répercutent dans le crâne, encore et encore, assourdissent la raison au raffut du sang battant contre les tempes. J’ai blâmé la malchance, maudit l’inconscient et sa main baladeuse pour avoir osé se servir dans les sacs dès le retour de raid. En silence car prévenir revenait à me trahir. Pas un instant son nom est venu graviter dans l’orbite de ma conscience. C’est tellement logique au fond, maintenant que l’aveu a été lancé. Maintenant que cette rage folle teintée de désespoir revient me soulever le cœur. La même que celle éprouvée lorsque le sac a été ouvert, et trouvé vide de son butin. Un souffle de violence brute, celle qui pousse à agir sans réfléchir. Pour faire taire toutes les douleurs qui me dévorent, la sentence pesant sur l’organisme en pleine destruction, retourner le mal sur une autre carcasse. La sienne. Mes doigts se replient, se serrent et dans une impulsion brutale, le poing s’en va se fracasser contre la jolie gueule du maudit voleur. Fait vaciller le corps déjà en équilibre pour le voir dangereusement tanguer,  me laisser le temps de me relever et agripper avec hargne les boucles sombres.

« - Des mois que j’espérais en trouver… Et tu fous tout en l’air en fourrant ton nez là où il n’a rien à y foutre… » Crachat de haine, un grondement sourd qui s’arrache de ma gorge serrée. Condamné à voir un état déjà précaire empirer plus encore. Son égoïsme est pourtant à l’image du mien. De ce risque odieux que je lui ai fait courir pour satisfaire un désir insolent. Le plaisir violent n’efface pas le remord. Je tire sur les boucles pour le forcer à se relever, à vouloir les lui arracher. Pour le relâcher brusquement, d’une saccade jeter l’insolent sur le lit fatigué. Ma respiration affolée me brûle la poitrine à chaque inspiration. Tout le corps hurle à la raison, cette faiblesse qui s’insinue dans les membres et s’évertue à vouloir ralentir toute la mécanique. Les gestes sont fauves, à l’image de ceux ayant rythmés nos premiers instants d’égarements, sous le couvert d’une cellule exiguë. Luxure violente poussant les actes à la fureur aux relents forcés dans les premiers instants. Faire pulser la lutte dans ses veines, le sentir résister et s’abimer les pognes contre le marbre de mon implacable détermination.  Surplomber la vermine et agripper la mâchoire, les doigts s’enfonçant dans la barbe jusqu’à atteindre la chair, y planter mes ongles pour le contraindre à faire face à son erreur. S’en rapprocher dans une étreinte douloureuse teintée d’une ambiguïté sale. « - C’est à cause de toi que cette merde est en train d’empirer. » Le murmure rauque de fureur vient frôler la ligne de ses lèvres, douce tentation affolant le machin de chair pendant entre les côtes. Ravivant le feu contre les reins, la haine au ventre. Celle qui pousse les doigts à s’arrimer plus fort, quand les autres viennent brutaliser sa gorge. S’y appuient pour l’enfoncer dans le matelas miteux.

« - J’aurais dû te faire tuer comme j’ai pu laisser faire pour ton père. »
Aveu susurré avec l’esquisse d’un rictus carnassier sur les lippes. De la noirceur dans les pupilles arrimées aux siennes, menaces latentes prenant tout leur sens dans une crispation de tous les muscles. Les doigts contre la chair la marquant de leurs empreintes et un soupir m’échappe. Râle d’un plaisir morbide prenant son essor dans toute la carcasse lorsque que fuse l’énergie dans les veines. Celle qui se puise dans les entrailles du gamin pour gorger les miennes. Paupières closes pour savourer l’instant, la sensation mainte fois ressentie et pourtant nouvelle. Fatigue et faiblesse en train de doucement se faire écraser par un regain de vigueur. Celle qui fait affreusement défaut dernièrement, fait peser l’âge sur les épaules à m’en faire pâlir d’angoisse. Les blessures commencent à se refermer dans une symphonie de picotements qui me font frémir. Pris dans la tourmente, l’afflux soudain d’images retourne le ventre, me fait serrer les dents et attise la mécanique. Le larcin qui perdure, suspendu au fil d’une mort depuis trop longtemps repoussée, ignorée. Raison en peau de chagrin, il n’y a plus que la créature qui hurle sous la peau. Elle brise l’humanité, éveille la noirceur à peine effleurée jusqu’à présent. M’arrêter semble impossible, les freins ont lâchés dans les cahots des blessures laissées ouvertes par ses mots. Haine et rage à leur plus haut degré, le désespoir d’un être brisé venant se mélanger à un ensemble déjà instable, explosif. Le faire flirter avec la fin, sentir la panique étendre ses griffes dans sa poitrine. Lui faire payer ses élans d’impudence, remettre la hiérarchie en ordre. Voir flétrir sa jolie gueule pour ne plus rien ressentir à son égard. S’en débarrasser une bonne fois pour toute avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

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madness is sanity †  he came from the shadow to mollify his suffering. moved by the rage, didn’t forget the sorrow. the endless pain.



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A Fight I Must Win {Leslie}

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