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 Ashes ▬ GFF ♥

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Lazlo J. Andersen
ANIMAL I HAVE BECOME

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les petits papiers
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MessageSujet: Ashes ▬ GFF ♥   Jeu 24 Mai - 2:08





Maisy & Lazlo
featuring

Plus rien n'avait de sens. Manger, boire, dormir, plus rien n'avait d'attrait. Les aliments avaient un goût de cendre, l'eau avait celui du sel. Chaque journée, chaque nuit, s'enchaînait avec la même sensation d'avoir perdu. Perdu son temps, perdu sa vie, perdu sa motivation, perdu toute notion même d'existence. Errer dans son appartement, là où tous les souvenirs s'empilaient pèle-mêle, était devenu insupportable. Alors Lazlo avait emporté des couvertures, un oreiller, et s'était installé dans la cahute attenante à la Volière. Le froissement des plumes de ses protégés ne le calmaient pas, leurs roucoulements réguliers n'apaisaient rien, mais ils étaient là, eux. Pendant un temps, l'Oiseleur s'était demandé s'il n'aurait pas mieux à faire que de les libérer. Il s'était approché de la cage, avait ouvert le loquet. Tous les oiseaux s'étaient enfuis à tire d'aile, leurs plumes lui fouettant le visage, leurs serres griffant la peau de ses bras, leurs becs heurtant les fils de fer enserrant la Volière. Et si la douleur de les voir s'enfuir en formation serrée avait été intense, elle avait été supplantée par le bonheur profond de les voir revenir au nichoir.
La nidification. La colombe en son sein avait frissonné, ravivant son coeur épuisé. Un froissement, encore, mais heureux. Celui de l'animal esseulé qui rentre enfin à la maison.

La maison. Un concept qui lui était progressivement devenu inconnu. Un détachement complet, nécessaire, avec sa propre vie. Il paraît que les personnes ayant subi un traumatisme peuvent réussir à tout bloquer par la seule force de leur esprit. Lazlo avait décidé de vivre dans un état second permanent, que ce soit physiquement ou émotionnellement. Parce que tout faisait mal. Parce qu'il n'oubliait rien. Parce qu'à chaque fois que son regard se portait sur l'escalier de secours qui menait en contrebas, c'était pour revoir les larges épaules de son amant s'y évanouir. Le regard terrifié qu'il lui avait lancé l'avait suffisamment hanté pour le convaincre. Son corps tout entier s'était dirigé par automatisme vers sa réserve de drogue.
Puis ces derniers jours étaient devenus un flou permanent, pas assez pour atténuer la douleur, juste assez pour ne pas trop réfléchir.
Pour ne pas trop vouloir en finir.

Survivre. Il s'était coupé du monde pendant une poignée de semaines, et n'avait ressenti aucune différence notoire. Le vide était toujours là, au creux de son cœur, résonnant au creux de ses tripes, secouant tout son corps. Le manque s'était transformé en trou noir, happant tout, les pensées et le reste. Alors il l'avait comblé par une fumée épaisse, assoupissant ses sens surdéveloppés, ignorant les cris de détresse de la Colombe. L'étouffant elle aussi, avec tout le reste. Parce qu'il n'avait plus rien, alors à quoi bon lutter ? Il pouvait bien subsister quelques jours de plus dans cet état second, se prélasser dans les vapeurs confortables de la drogue, ne plus avoir à se préoccuper de rien. Ne plus penser à rien.
A rien.
Peut-être qu'il était temps, en fait. Qu'il était temps qu'il n'y ait effectivement plus rien.

Ca avait pris quelques jours de plus, mais la pensée insidieuse s'était muée en idée fixe. Un leitmotiv qu'il entendait à chaque inspiration, un murmure au creux de son oreille. Jusqu'à ce que ce soit le bon jour. La bonne heure. Le soleil revenait avec plus d'intensité noyer la Nouvelle Orléans sous ses rayons ternes, depuis quelques temps. Le renouveau, le Printemps. Les pigeons dans la Volière commençaient à s'activer, prenaient plus de temps à chaque volée, profitant de la clémence du temps et de la douceur des journées plus longues. Les plus jeunes avaient bien grandi, les aînés jouaient des tonalités rauques de leur gorge pour appeler une nouvelle génération à voir le jour.
Oui. Ils pourraient s'en sortir. Tout le monde pourrait s'en sortir s'il disparaissait.
La main sur la porte, il n'avait pas eu d'arrière-pensée. Juste un sourire amusé, vaporeux, alors que les oiseaux s'engouffraient par la sortie pour saluer le soleil de leurs plumes nacrées. Il n'en manquait qu'un seul, ce jour-là. Daniel était avec Maisy, dans son nid à lui, et ne risquait pas de revenir. Aussi, suivant leur volée d'une démarche chaloupée, il les suivit jusqu'à l'extrémité du toit. Monta sur la petite murette de sécurité, et s'y dressa. S'il tendait les doigts, il pouvait presque caresser le soleil. Peut-être que c'était là, au fond, qu'il devait aller. Tendant les bras pour ressentir le vent lécher sa peau, il ferma les yeux.
Oui, c'était sûrement là qu'il devait aller.

Une inspiration.
Deux inspirations.
Presser son corps en avant, juste un peu, juste assez pour sentir l'attraction de la gravité. Sentir la légèreté du vent, sa mélodie houleuse contre ses oreilles, son appel doucereux.
Une inspiration.
Deux inspirations.
Rejoindre le vent, ses oiseaux, et abandonner ce monde qui avait toujours foutu le camp.
Ses larmes étaient si froides sous la caresse du vent.
Une inspiration.
Deux inspi...

Un bruissement sec, celui d'ailes qui battaient vigoureusement et se rapprochaient. La griffure des serres sur son bras. Un poids lourd, comme un boulet de canon, emporta ledit bras en arrière et lui fit perdre l'équilibre. Surpris, Lazlo bascula de la murette dans un cri. Avant de heurter brutalement la surface rude du toit, tête la première. Sa vue, déjà brouillée, prit quelques instants avant de se focaliser sur la cause trapue de son déséquilibre. Le rejoignant en quelques bonds hasardeux, un pigeon plus gras que la moyenne. Un des siens. La bête, revenue à sa hauteur, s'appliqua à picorer vigoureusement l'intérieur de son coude. Une saillie de douleur qui arracha un grognement à Lazlo, alors qu'il considérait le vandale.
Cet enfoiré de Daniel, forcément.

Croiser l'oeil noir de la bête électrisa tous ses sens. Le tira de la torpeur confortable dans laquelle il s'était lui-même glissé, réveillant au passage sa propre conscience aux hurlements frénétiques de la Colombe. Un sanglot d'impuissance gonfla dans sa poitrine, éclata dans sa gorge.
Et la Colombe de se taire enfin dans son coeur, laissant la place au chagrin d'enfin se déverser. L'abcès mit du temps à se vider, sans même que ça soit satisfaisant. Parce que la réalité était toujours bien trop concrète. Parce qu'il était temps de reprendre une dose, et retenter un autre jour.
Comme s'il avait entendu ses pensées, Daniel s'était rapproché en sautillant. Escalada les bras ballants de l'Oiseleur, profitant de ses larmes pour se frayer un passage jusqu'à son épaule. Un coup de bec en travers la joue, pour le réveiller. L'effet fut si immédiat que son maître lui accorda enfin toute son attention, un regard choqué sur l'oiseau, la main au visage. Non content de l'éraflure, le pigeon poussa un roucoulement sonore. Il avait un message attaché à la patte.

Maisy. Quelques mots griffonnés à la hâte, que Lazlo oublia sitôt après les avoir lus. Maisy. Maisy, qui ne savait rien de la situation. Maisy, qui avait sauvé sa vie. Qu'allait-elle dire, si elle apprenait qu'il était prêt à foutre tous ses efforts en l'air ? Il pouvait déjà voir ses sourcils sombres se froncer au-dessus de ses yeux impossiblement grands, et entendre sa voix partir dans les aigus alors qu'elle le sermonnait. Mais, aussi paradoxal que cela soit, il sentit qu'il avait envie de ça. De ses éclats de voix, de son inquiétude, de l'odeur de cupcakes chauds qui régnait constamment chez elle. De sa douceur, de la chaleur de ses bras. De l'entendre parler, encore et encore, et étouffer les voix trop sombres qui noyaient son propre esprit.
Sa toute première envie depuis des semaines.

La sensation de flotter avait accompagné ses pas jusqu'au French Quarter. En temps normal, il aurait éprouvé une honte croissante à se mêler de ses autochtones, une populace replète se nourrissant sur les malheurs du reste de la Nouvelle Orléans. Un quartier trop riche pour une population trop pauvre. Mais mêmes cette indignation peinait à se réveiller. Il n'y avait que l'envie de voir Maisy qui primait. Qui poussa sa main à se lever pour sonner sur l'interphone, avant de gravir les marches lentement, la drogue alourdissant chacun de ses mouvements.
Il ne se rappelait déjà plus ce qu'il faisait ici quand il arriva devant la porte. L'envie de repartir lui frôla l'esprit, et il allait la mettre à exécution quand il entendit le grincement caractéristique des gonds. Un visage en forme de coeur, des traits mutins et de grands yeux impressionnés lui firent face. Et, sans même se soucier de ce à quoi il devait ressembler, il força un maigre sourire.

-Hey Mai, j'ai aucune idée de ce que je fous ici.

Ce qui était loin d'être un euphémisme. Tenant difficilement sur ses jambes, il s'appuya contre le cadre de la porte. Il était bien, finalement, ici. Il pouvait déjà presque sentir l'odeur des cupcakes, et s'il n'avait rien avalé de vraiment concret depuis des jours, elle lui flanqua la nausée. Mais Maisy allait finir par poser des questions, s'il ne disait rien.

-Ca me fait plaisir de te voir. Vivante.

Vivante. Pas une survivante, elle. Bien vivante, la peau tout sauf grise, l'oeil tout sauf terne. Son coeur gonfla dans sa poitrine. Vivante. Vivante, et lui, en face d'elle, qui avait tenté d'appeler la Mort quelques temps plus tôt. Une boule se forma dans sa gorge alors qu'il sentait les larmes monter. De toutes façons, à quoi bon se contrôler ? Il n'avait plus personne à impressionner.

-Mai, faut que tu m'empêches de faire une connerie...

De l'aide. De l'aide, les mains de Maisy qu'il sentait déjà presque sur ses épaules, son regard qui brûlait sa peau. De l'aide. C'était de ça qu'il avait envie, en réalité. La mort, c'était une forme d'aide, non ?
Peut-être que Maisy aurait une réponse à cette question. Il penserait à lui demander, s'il arrivait à s'arrêter de pleurer sur son pallier.





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you've been pissed on for too long your rights abused your views refused they manipulate and threaten with terror as a weapon scare you till you're stupefied
wear you down until you're on their side
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Ashes ▬ GFF ♥

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