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 Raise Hell [Ljubi]

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RUNNING TO STAND STILL

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↳ Métier : Elle vole, Andy, elle aime tout ce qui brille et pille les tombes de vos amis
↳ Opinion Politique : Elle s'en fout du moment qu'on ne lui cherche pas d'embrouilles.
↳ Playlist : Bishop Briggs - Never Tear Us Apart / Ruelle - Carry You / Kaleo - I Can't Go On Without You /
↳ Citation : « Les personnes les plus silencieuses ont les esprits les plus bruyants. » S. Hawking
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MessageSujet: Raise Hell [Ljubi]   Jeu 24 Mai - 22:59


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Raise Hell

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Lorsque la nuit tombe, je troque ma solitude contre un peu de boisson illusoire. Sous les ongles, la terre. La faute à cette foutue tombe et à ce trou que j’ai dû finir de creuser à la main. On m’avait dit que c’était facile, que j’avais besoin de personne, que ça irait vite. Des conneries. Rien que des conneries. J’en ai chié pour finalement ne rien trouver d’intéressant si ce n’est deux trois bricoles qui n’ont pas la moindre valeur. Éreintée, je rentre au QG, traîne des pieds et balance le sac vide sur la table. Le type l’ouvre, me regarde d’un air ahuri comme si j’avais failli.

« Elle était vide ta putain de tombe, j’peux savoir pourquoi on m’envoie en solo pour fouiller ce Richard bidule.
-Ah meeeeerde.
-Quoi ?
-C’était pas lui mais Henri Darcourt.
-Comment ça, c’était pas lui ? T’es en train d’me dire que j’suis allée perdre mon temps, que j’ai failli m’faire bouffer le derche pour… Rien ?
-Ouais c’est Madsen qui s’en est occupé la semaine dernière.
-Va te faire enculer espèce de sale fils de pute putain ! »

S’il ne saisit pas le sens de mes mots, il sait parfaitement que je ne lui demande pas la recette du tiramisu de sa mère, vu le ton employé. Le sac lui atterrit dans la gueule dans un mouvement d’humeur mais il ne dit rien, Tintin. Il a bien pigé que ce n’était pas le moment d’en rajouter une couche ou de vouloir me faire chier. Madsen, ce foutu nom qui a le don de me hérisser le poil et me foutre en rogne. Madsen, ce cafard, cette petite vermine rampante que je voudrais écrabouiller du bout de ma godasse. Et j’imagine qu’un jour, je l’enfermerai dans une de ces tombes, le pousserai dans une horde de zombies. C’est beau de rêver, non ?
La carcasse se traine, l’âme en peine. Cette ville qui schlingue et que je ne supporte plus. Je m’asphyxie entre ces murs, ne pense qu’à partir, partir loin peu importe les saloperies qui grouillent au-dehors. J’ai besoin de ne plus croiser sa gueule, de plus jamais le revoir, d’enterrer les souvenirs, de ne penser à rien. J’ai besoin de respirer autre chose que cet air fétide, relents d’égouts et de moisissure partout. Je veux vivre putain.
La silhouette s’égare dans les venelles, connaît son chemin par cœur. Je vais là où le rêve se vend en bouteille et où le désespoir se prend en gélules ou en poison dilué directement dans les veines.

Toc. Toctoc. Toc. Toctictoc.

Code à la con qu’a instauré Pierre ou Paul ou Jacques ou onsenfout. Le petit poing cogne la tôle et je patiente deux foutues longues minutes avant que son débile de cousin ne se radine près de la lourde. Il me reluque, demande à ce que je lève les mains en l’air, suffisamment haut pour que ça dévoile un quelconque flingue planqué à la ceinture et même que je fasse un petit tour sur moi-même. Toujours la même rengaine.
Petit signe de tête en guise de laisser-passer, je passe le sas, ancienne devanture d’une boucherie à la con. Tout n’est que poussière et crasse profondément incrustées du sol au plafond. Les vitrines sont vieillottes et pétées, présentent encore des traces de sang séché. Ça sent le putain de cadavre. Il est tard, les habitués sont déjà posés sur les tables les moins bancales. Au comptoir Lily, la petite brune à la bouche pulpeuse qui ne lésine pas sur ses charmes pour qu’ils consomment toujours un peu plus, les porcs. Elle sourit lorsqu’elle me voit, fait signe de m’installer sur le tabouret branlant, le seul de libre. C’est que ça grouille de monde quand arrive le début de mois avec la paie.
Elle cligne des yeux dans un toc, m’offre mon verre de rhum sans même que je ne le réclame. Elle ronronne presque lorsqu’elle me demande si je vais bien.
Lily m’a souvent fait des avances avant de comprendre que ses boobs n’avaient pas plus de valeur à mes yeux qu’un mégot écrasé sur le bitume. Elle lorgne sur une bouclette un peu plus loin. Je la connais pas, sais seulement qu’elle est toujours fourrée ici autant que moi. C’est le salut des alcooliques anonymes, l’œillade en guise de bonjour.

« Elle est mignonne, tu trouves pas ? » qu’elle ose me demander.

J’en avalerai presque de travers, essuie le coin de ma bouche d’un revers. Cette nénette semble lui avoir tapé dans l’œil depuis quelques semaines maintenant.

« Bah t’attends quoi pour aller la voir ? Tu m’aguiches presque tous les soirs et elle, elle te plaît et t’es pas capable de bouger ? Arrête, j’te crois pas Lily ! »

Je la charrie, la pique un peu pour la forcer à s’animer et aller à la rencontre de bouclette. C’est comme lui lancer un défi, le genre qu’elle ne se sent pas capable de refuser. Le torchon est balancé sur le comptoir avant qu’elle ne s’en extrait pour aller lui causer quelques minutes. Un sourire étampé sur la tronche, je les regarde quelques secondes avant de reporter mon attention sur le fond de mon verre. Le vieux jukebox crache sa musique des années 60, offre une ambiance aussi détendue que dégueulasse.
Lily se radine, les yeux en étoiles comme si bouclette venait de lui faire toutes les promesses de la terre. Je la mate par-dessus mon épaule, lève mon verre puisque je suis aussi discrète qu’un con d’éléphant dans un magasin de porcelaine.
Et tout semble tranquille, paisible. Les soûlards sont encore trop assoiffés pour se cogner sur la gueule. Les pognes solidement accrochées aux verres de peur que ces derniers ne disparaissent.
Un guetteur débarque en courant, faisant claquer les battants.

« On bouge, on bouge ! »

Il n’a pas le temps d’en dire plus qu’il tombe raide sur le sol après un coup de crosse sur l’arrière du crâne. Sa petite tête s’entoure d’une mare carminée et tout le monde se met à cavaler en tous sens. Lily sort un vieux fusil de sous son bar, tire sur le premier clampin qui s’amène près d’elle lui fourrageant le bide. Viscères du type sur les cuisses, je suis à deux doigts de dégueuler lorsque la tête de Lily explose comme une pastèque trop mûre qu’on projette à quelques mètres du sol. Je me faufile à travers la milice, rampe, glisse. Je ne pense qu’à survivre. A l’extérieur la seconde vague attend pour pénétrer l’entrepôt. Et on tombe comme des mouches entre leurs doigts. Organisation parfaite, on est fait comme des rats.
Je tente une échappée comme bien d’autres, mise sur le fait qu’ils sont trop cons pour garder tous les points. Je jure et enrage dans cette langue maternelle et le palpitant déraille lorsque je comprends que cette fois, je n’y échapperai pas. Il y a l’angoisse dans le creux du bide, cette angoisse qui me dévore l’intime. Je tourne et vire comme un foutu petit animal dans une cage, à la recherche d’une porte de sortie. Je me frappe le front  encore et encore en espérant qu’une idée fasse son apparition. Et je crèverai debout, jamais à genoux. Je crèverai en regardant mon bourreau dans les yeux, le maudissant, embarquant son visage dans mon trépas.



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MessageSujet: Re: Raise Hell [Ljubi]   Ven 1 Juin - 5:10


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J’aime quand tout est simple. Qu’on me sert la nuit sur un plateau. Aujourd’hui, pour ça, je suppose que je dois remercier la petite brune accoudée au comptoir. Jolie dans le genre farouche. Je la connais pas si ce n’est du coin de l’œil, personnage récurrent sur la toile de fond de mes vices. Elle est souvent là, dans ce rade ou un autre, trois tables plus loin avec son air bougon. Parfois de la compagnie. Généralement seule. Elle pourrait être mon genre, mais on s’est jamais adressé la parole. Je l’ai déjà vu salement remballer des types qui essayaient de l’approcher, ça donnait pas envie d’être à leur place.

En conséquence, je m’occupe de mes fesses sans reluquer les siennes. Et avec ça, j’ai pas eu la présence d’esprit de remarquer la barmaid. Peut-être parce que je l’ai souvent vu faire des risettes aux clients du sexe opposé, peut-être parce que j’ai moi-même tendance à privilégier ce genre de fréquentations en ce moment. Les mecs, on leur a tellement fourré dans le crâne qu’ils pouvaient se comporter comme des connards qu’ils pensent que c’est une obligation. Alors après les avoir ramenés chez moi, je les laisse se casser en douce au petit matin et tout le monde est content. Avec les filles, c’est plus compliqué. Parce qu’on est moins nombreuses, et encore moins à oser transgresser les lois. Ce qui fait qu’il y a comme une obligation implicite de se revoir, ou au moins de rester jusqu’au petit-dej. Voire, pire encore, de se soumettre au pénible rituel des rendez-vous préliminaires. Processus de sélection naturelle dont je me tape complètement, puisque je ne cherche pas à fonder un couple.

Tout ça pour dire que la barmaid m’avait échappée. Je ne l’avais même pas considérée, en dépit de sa jolie bouche, de ses épaules rondes et de son décolleté pigeonnant. Pourtant, ça fait quelques semaines que je traîne ici, depuis la fermeture de mon dernier QG. Mais là, je les remarque enfin vraiment. Toutes les deux. Séparée par un zinc de fortune, Elvis en fond sonore, les œillades furtives de l’hôtesse et celles, plus franches et goguenardes, de son accolyte. Je fais semblant de rien remarquer, parce que je suis bien élevée, quoi qu’on en dise. J’attends de voir. Et ça tarde pas. Sur une impulsion qui ressemble à un élan de courage, la barmaid vient à ma rencontre. Je sens le regard de l’autre continuer de peser sur elle, peser sur nous.

« Salut, je te ressers quelque chose ? » Qu’elle me sort, yeux de biche et sourire de chat. Je lui réponds armée de mon plus beau rictus en me reculant dans mon siège.
« Proposé comme ça, je peux pas refuser… T’aurais du gin ? »
«Du local. Un contact distille ça à l’extérieur. C’est… c’est franchement pas mal, une fois qu’on s’habitue !»
Elle rit, une cascade mélodieuse qui roule dans sa gorge. Je la dévisage juste un peu trop intensément. Assez pour lui faire baisser les yeux, assez pour la faire rosir.
« Ah ben ce serait con de louper ça, régale-moi. »
Elle hoche la tête, soudain presque timide, et pivote pour retourner à ses bouteilles.
Je la retiens d’une main sur le poignet, caresse faussement involontaire.
« Eh… Lily, c’est ça ? Tu finis à quelle heure ? » Cette fois, elle rougit carrément.
« Euh ben, à la fermeture… Vers 3 heures. »
« Ben t’es en veine ce soir, parce qu’il va falloir que je commande toute une collection de verres pour patienter jusque là… »

Elle rigole doucement, et s’éloigne à pas rapides, sur un dernier sourire qui en dit long. Je referme mes doigts autour de mon fond de vodka, satisfaite, captant le mouvement esquissé par l’autre fille. Elle est marrante celle-là, à jouer les entremetteuses. Je lui renvoie un hochement de tête complice. Si elle est du genre à jouer les rabatteuses pour de parfaites inconnues, je devrais traîner plus souvent dans son sillage. Sur un dernier coup d’œil appréciateur vers ma conquête potentielle, je retourne à mon alcool et mes pensées.

Pas longtemps.

Moins de trois minutes plus tard, l’alerte est donnée. Je prends pas le temps de regarder qui vient de glapir cet avertissement, je suis déjà sur mes pieds. D’une part, parce que j’ai déjà vécu ça. Dans mon précédent QG. Descente de flics, chaos, j’ai failli me faire choper. D’autre part, parce qu’un citoyen lambda ou un résistant dans ce genre de bouge, ça fait réagir personne. Mais un membre du gouvernement… ça la fout mal. J’imagine que si je me faisais réellement pincer je pourrais faire jouer mes maigres relations, parce que je sais qu’ils ont besoin de moi… Mais cette simple idée me rebute. J’suis pas une putain de vendue.

Depuis ma dernière mésaventure, je prends donc soin de repérer à l’avance mes possibilités de fuite en cas de grabuge. Je sais exactement où aller, et en combien de temps je dois y parvenir. Mais c’est toujours plus facile à dire qu’à faire. En pratique, c’est le bordel total : les clients courent dans tous les sens, les condés lancent des fumigènes. Comme au ralenti, je vois Lily sortir une arme, tirer la première salve. J’ai envie de lui gueuler de lâcher son foutu pétard et de courir, mais j’en ai pas le temps. J’ai cligné des yeux et sa tête a disparu. Sa jolie tête brune, avec sa peau de pêche et ses yeux surlignés d’un trait noir. À la place, y a plus qu’un amas sanguinolent, un truc tout droit sorti d’un cauchemar.

Je sens mon estomac se retourner mais je garde la tête froide. Et c’est peut-être ça, le pire. Je panique pas. J’enregistre sa mort dégueulasse comme un détail traumatique, mais un détail tout de même. Un truc au dessus duquel je passerai rapidement. Parce que je l’ai déjà vécu trop de fois, et que les pires atrocités ont acquis un vernis de banalité. La cervelle d’une fille avec qui je viens de flirter est répandue au sol, et je sais que cette nuit, si j’en réchappe, je dormirai comme un bébé. C’est sordide. Mais sur le moment, je ne m’arrête pas vraiment pour songer à tout ça. Ma fameuse présence d’esprit, cette connasse pragmatique, me somme seulement de ramasser les bouteilles pleines qui traînent encore sur les tables et de les fourrer dans les grandes poches de ma vieille veste militaire. Ce que je fais sans réfléchir avant de foncer vers mon issue de secours.

Les flics sont entrés par la grande porte, je m’esquive par l’autre, au fond de la cuisine miteuse où un employé concocte parfois d’infâmes grilled-cheese. Je pense qu’à ma gueule, les autres clients ne sont déjà plus mon problème. Survivre. Survivre est l’unique priorité. Et pourtant. Dans un dernier coup d’œil en arrière, j’aperçois la fille. L’autre, l’entremetteuse. Je n’ai que le temps de lui adresser un regard insistant. Je ne sais pas si elle m’a vraiment vue, je ne sais pas si elle m’a comprise. Et je prends pas une seconde de plus pour le vérifier.

Je déboule en trombe dans la ruelle, sachant pertinemment que les cognes ne tarderont pas. Ma salvation, c’est cette grosse plaque d’égout encastrée dans le bitume. Elle n’est pas scellée. Je le sais, parce que c’est moi qui l’ai déboulonnée, y a des semaines de ça. Et je sais également sur quoi elle donne. J’y ai bossé. On a une ligne de câble qui passe là-dessous. Et plus loin, en s’enfonçant dans les galeries, ça rejoint une rame de métro. À condition de pas se perdre en chemin, ce qui reste une possibilité non négligeable. Il me faut pas plus d’une minute pour repousser la plaque, me glisser dans le boyau obscur en m’accrochant aux échelons rouillés et ramener le disque au dessus de ma tête.

Filer dans les galeries est mon dernier recours. Sans lumière, sans plan, l’entreprise est risquée. Je préfèrerais attendre que les choses se tassent, que le quartier se rendorme, et puis je sortirai par là où je suis entrée, avec mes bouteilles volées, histoire de les cuver chez moi en ruminant sur l’étendue pathologique de mon détachement. Je sais d’avance que je m’efforcerai de me sentir coupable pour la barmaid, que j’essaierai de toutes mes forces de faire monter quelques larmes à mes yeux. Je sais aussi que ce sera vain. Agrippée aux barreaux, j’observe la rue par l’interstice laissé au dessus de moi. Des clameurs étouffées me parviennent, je distingue trois silhouettes qui s’éloignent au pas de course, disparaissent dans les ténèbres.

Peut-être bien qu’au fond, je l’attends. Celle que je pourrais encore sauver, une vie pour une vie. Elle apparaît enfin, comme expulsée du bâtiment par une force inconnue. Cette force, c’est les peacekeepers qui la talonnent. À l’encontre de tous mes instincts, je pousse sur la plaque et passe un bras par l’ouverture, tout juste assez grande pour la laisser passer. En rentrant le ventre et en s’aplatissant, si j’ai bien calculé.

« Par ici ! »

Mon cri, bien qu’assourdi, n’aura pas manqué d’alerter nos poursuivants. Dès qu’elle est assez proche, je lui saisis le bras, l’entraîne presque brutalement dans le gouffre, retenue d’une main à l’échelon. Pas le temps de refermer l’entrée. Tant pis pour mes rêves d’échappée.

Il va falloir descendre.

Il va falloir se perdre.



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Dernière édition par Ljubi Valdès le Ven 8 Juin - 3:30, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Raise Hell [Ljubi]   Lun 4 Juin - 19:25


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Sensation dérangeante que d’être prise au piège. L’étau se referme et les doutes s’installent à la boîte crânienne. Et je préfère qu’ils me butent, balle se logeant dans l’encéphale, bousillant ce qu’il peut rester de conscience. S’écrouler comme éteinte, sans douleur, sans cri, sans rien que l’indifférence hostile de cette foutue milice. S’éteindre dans le plus grand silence sans jamais manquer à personne. Ou peut-être un peu à Donna. Ouais, peut-être que ça lui manquerait au début jusqu’à ce que mon visage s’efface, jusqu’à ce qu’elle oublie tout jusqu’à mes rares sourires ou mes plaintes maladives. Retourner au néant, la chair bonne à nourrir les vers. Et je crois que c’est la fin quand je les entends beugler. « Elle est par là ! » « On se sépare ! ». Je reste plantée au beau milieu de l’asphalte à attendre qu’ils me cueillent, qu’ils visent et qu’ils tirent. Y a l’angoisse qui retourne le bide. Cette angoisse qui ne cesse d’enfler à mesure que les pas se rapprochent. Je tente même plus de m’enfuir, de chercher une issue possible. J’attends. Fauve prêt à combattre juste pour l’honneur alors que dans la conscience s’entassent des saloperies que je voudrais oublier. Je me demande vaguement ce qu’elle aurait pu être, ma vie, si le début n’avait pas été aussi pourri, si je n’avais pas cherché à fuir ma terre natale pour retrouver un mec mort depuis des années. Je me demande jusqu’où j’aurais pu aller dans ce monde détraqué avant d’y crever, combien d’années encore à arpenter des ruelles malfamées, à me rebeller contre un système dont je me fous. Ouais, je me demande ce que ça fait de mourir, s’il n’y a vraiment plus rien après, si on revient. Et peut-être que je deviendrais un putain d’esprit vengeur, qui tourmenterait ses persécuteurs. L’idée est presque amusante. Et est-ce que je te reverrais toi, toi l’homme mort que j’ai cherché. J’ai pas réellement de doutes sur le fait qu’on se retrouve en enfer ou quelque part par là.
Crissement de ferraille qui me fait tourner le minois et se poser sur la bouche à demi ouverte des entrailles de la terre. Chuchotis largué qui ne sont que des cris, les yeux sont plissés pour deviner la silhouette. Cette silhouette que je suis incapable de reconnaître. Nouveaux beuglements, je m’approche avec empressement, tente de calculer mes chances de survie, considère qu’elles sont plutôt à chier mais qu’elles avoisinent un chiffre plus acceptable que le zéro pointé. Bras chopé par une mimine halée et je m’engouffre dans le ventre grouillant de la ville. Ce ventre qui m’avale tout entier, la chute stoppée par la poigne de la nana aux boucles brunes. La vision de Lily me percute suffisamment pour me faire lâcher sa main. Atterrissage dans la flotte crade, le cul cogne le béton et secoue la carcasse.

Pas le temps de s’apitoyer, les connards ont déjà repéré la plaque d’égout et son trou. Ça racle au-dessus de nos têtes. C’est qu’ils ont bien dans l’idée de poursuivre la fuyarde. Petit rat qui se faufile et retourne à sa crasse. Je me redresse et ne fais que la suivre, la brune. Dédales de couloirs sans fin, flotte sale que les petons foulent et qui résonne dans les tunnels.
Embranchement et elle semble hésiter, pas bien se souvenir du chemin emprunté. La surface qu’on ne retrouve pas et les feulements des clébards à notre suite. Je commence à mal vivre cet enfermement, crise qui s’amène et qui me fait peiner à trouver ma respiration.

« Tu sais où on va ? Putain dis-moi que tu sais où on est et que t’es pas en train de nous paumer au milieu de nulle part… Ils vont jusqu’où ces égouts ? J’imagine qu’on doit pouvoir traverser la ville. »

Et je ne sais pas quelle saloperie peut bien se balader dans les canalisations. On a bien retrouvé des tortues de merde et des putains de crocodiles, ce serait pas le moment de se faire becter un bout de jambe ou de bras ou n’importe quoi. On ne court plus, on se contente de marcher, trop essoufflées. Ils semblent avoir rebroussé chemin pour ne pas se perdre comme on est en train de le faire. Il me semble que ça fait des heures qu’on déambule dans la merde des autres. Odeur putride, la flotte s’épaissit, devient vaseuse. Il me semble voir un bout de barbaque putréfiée, œil globuleux flottant juste à côté. Haut-le-cœur qui me fait cesser d’avancer. Paumes plaquées contre la paroi suintante, chaque goulée d’air ne m’aide pas du tout à me calmer mais vise plutôt à me faire dégobiller mes tripes. Et ça ne tarde pas, nausée plus vivace que les autres. L’alcool dégueulé se mélange aux eaux usées. J’ai toute la misère du monde à m’arrêter. Estomac pourtant vide qui ne cesse de se contracter dans des gargarismes répugnants qui trouvent écho dans les nombreuses galeries.

« Faut que j’sorte de là. »

La priorisation, le moi égoïste alors qu’elle n’a pas l’air tout à fait tranquille. Y a pas encore eu de merci ou une quelconque phrase lambda qui pourrait stipuler la reconnaissance face à son geste. J’imagine que je te remercierai quand je pourrais avaler l’air frais et pas entre deux dégueulis.
Et un peu plus ou nord ou un peu plus au sud, j’entends qu’on déboulonne une autre grille. Et tout s’affole à l’intime, j’en oublie que j’ai juste envie de gerber ma vie entre mes pieds. C’est qu’ils deviennent malins pour une raison que j’ignore. Peut-être qu’il me soupçonne d’un truc, cherche absolument à m’épingler moi plutôt qu’un autre. Des ordres trop vagues dont je suis incapable de comprendre le sens. Tout ce que je sais et qu’elle semble comprendre aussi, c’est qu’on doit regagner la surface pour ne pas se faire piéger comme deux débiles.
Je grimpe l’échelle rouillée, me heurte à une grille verrouillée. Et je comprends. Je comprends qu’on n’a pas le choix. Les affronter ou retourner sur nos pas dans l’espoir qu’ils ne nous attendront pas. Retourner et risquer de se perdre un peu plus, de ne plus entrevoir la sortie et crever de faim ou de soif. J’ai pas encore envie de virer cannibale ou de choper une maladie incurable en buvant la flotte infecte qui souille nos pieds.
Et je commence à suffoquer, peine clairement à respirer, colle mon museau contre la grille pour tenter de humer la fraicheur du dehors. Le confinement en détestation, cage qui se referme autour de me carcasse. Crise de panique, les poings qui cognent la ferraille. Qui cognent et cognent à s’en faire péter les mains.


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MessageSujet: Re: Raise Hell [Ljubi]   Mer 13 Juin - 18:03


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Les enfoirés, ils sont rapides. La fille est tout juste entrée, un peu trop vite, et n’a que le temps de se ramasser par terre comme un boulet de canon que le bruit des bottes claque à mes oreilles. Je dégringole à mon tour en mouvements désordonnés, les bouteilles volées s’entrechoquant dans mes poches. On s’engouffre dans les tunnels à vive allure, moi en tête, l’autre sur les talons. Bientôt, la lueur de la ville qui filtrait par la bouche d’égout s’estompe totalement, et il ne reste que l’obscurité. C’est la merde, mais on pare au plus urgent : les flics. Les flics qui sont descendus derrière nous, clameur assourdie, torches fouillant les ténèbres en halos menaçants. Alors l’obscurité est bon signe, l’obscurité indique qu’on les a temporairement distancés.

On court comme des dératées, le nos souffles entremêlés comme seuls guides, de vagues reflets en guise d’éclairage. Je sais pas où je suis. Au départ, je pensais m’engager dans la bonne direction, j’avais étalé le plan des galeries dans ma tête, ce dédale de boyaux nauséabonds souvent emprunté avec mes collègues lors d’interventions sur les lignes enterrées. Il me semblait avoir pris toutes les bonnes décisions, tous les bons embranchements… Jusqu’à ce qu’on débouche sur une patte d’oie inconnue. Les parois de brique nous encerclent, voûtes étrangères aux arcs inattendus. Mon cœur a loupé un battement, mais je me suis débattue avec ce sentiment de panique grandissant et j’ai gagné. On a pas le temps de s’effondrer, pas le temps de s’arrêter pour réfléchir.

Je prends à droite sur un coup de tête, et parce qu’il sera facile de s’en souvenir si jamais on doit revenir sur nos pas. C’est d’ailleurs la stratégie que j’emploie pour les deux embranchements suivants, histoire de rester cohérente. La fille a dû se rendre compte que j’avais plus l’air aussi sûre de mon coup, parce que sa voix résonne soudain dans l’obscurité, des relents d’inquiétude au fond de la gorge. Cet éclat sonore inopiné me fait sursauter. Je l’avais pas oubliée, mais le temps a pris une qualité différente dans cette nuit éternelle où toute voix humaine semble hors de propos.

Avec stupeur, je me rends compte que j’étais instinctivement passée en mode animal. Sans opérer une transformation complète, j’avais aiguisé ma vision pour l’adapter à ce nouvel environnement. Ma martre est principalement nocturne, une grande aide dans ces circonstances. Le timbre bas de ma compagne de fuite vient simplement de me ramener à l’humanité. Pantelante, je m’efforce de prendre un ton assuré, plus assuré que je ne le suis en réalité. Mais je vais pas lui mentir pour autant.

« Je l’sais pas exactement, mais on a la direction générale… Le plus important c’était de semer les flics. Et t’as vu, on entend plus rien… Le réseau couvre à peu près toute la ville ouais, c’est un putain de labyrinthe. C’était mon plan B en fait, j’avais pas prévu de les emprunter à la base. Mais entre ça et se faire choper, perso mon choix est vite fait. »

Quand je dis qu’on entend plus rien, là je dois admettre que je mens un peu. Dans le lointain, j’entends toujours leurs invectives. Mais ils sont trop loin, hors de portée d’oreille humaine. C’est un truc que j’ai vite appris à faire, distinguer ce qui est ordinairement audible de ce qui ne l’est pas, parce que c’est le meilleur moyen de se faire démasquer. Avec Noor, on s’entraînait. Je lui nommais un son, et elle me disait si elle le percevait ou pas. En quelques mois j’avais été capable de visualiser le périmètre grossier du spectre de l’audition humaine.

Mais le résultat des courses, c’est qu’on n’est pas totalement hors de danger. Soit ils ont ralenti parce qu’ils abandonnent, soit parce qu’ils sont en train de s’organiser pour nous capturer par un autre moyen. On poursuit en silence, chacune perdue dans les propres abysses de ses pensées. En tant normal, j’aurais cherché à faire la conversation, ne serait-ce que pour passer le temps. Mais là, je suis trop concentrée sur les bruits infimes qui me parviennent et leur interprétation de plus en plus paranoïaque. Tout ça en essayant de comprendre où on peut bien se trouver. On devrait forcément finir par déboucher quelque part : soit sur une rame de métro, soit sur un quelconque local technique. Et au pire, je me dis qu’il nous reste encore la possibilité de tester toutes les bouches d’égout jusqu’à ce qu’on en trouve une qui ne soit pas scellée. Je sais que je suis pas la seule à utiliser ces terriers, c’est obligé que d’autres rats des bas fonds aient préparé le terrain.

Je suis à nouveau interrompue dans mes réflexions par la fille, mais cette fois ce n’est pas sa voix. Je me retourne. Elle est en train de gerber. Putain, elle nous fait quoi là ? Elle avait vraiment trop bu ou elle fait un genre de crise de claustro ? Vu les quelques mots qu’elle parvient à articuler entre deux hauts le cœur, je penche plutôt pour la seconde option. Je la rejoins en deux enjambées, et pose une main sur son dos. Je m’efforce de pas plisser le nez à l’odeur de dégueulis qui a soudain envahi le tunnel et agresse mes sens. Pas que le reste des parfums de canalisations soit plus ragoûtant, mais je m’étais un peu habituée à ces derniers.

« J’y travaille. J’sais peut-être pas précisément où on est, mais j’ai un plan. Des plans, même. On va sortir d’ici, c’est promis, et tu sais pourquoi ? Parce que y a pas moyen que je crève dans ce fond de chiottes. »

Ça c’est du discours de motivation. J’aurais dû être conférencière, tiens... J’espère que ça va suffire à la remettre temporairement d’aplomb, parce qu’on peut pas se permettre de flancher. Mais un nouvel élément vient perturber ma mauvaise tentative d’encouragement. Un raclement métallique comme une détonation dans le silence. À quelques mètres à peine. L’autre aussi l’a entendu. On redresse la tête d’un même élan, aux aguets. Putain de poulets, c’est quoi cet acharnement ? Pour trois pauvres clampins qui prennent un verre, ils lancent un assaut tactique dans les souterrains ?

Ce coup de pression semble être la goutte de trop pour mon entremetteuse, qui commence à péter une durite. En cet instant, une vicieuse petite voix résonne dans mon crâne. Lâche-la. Elle va te ralentir. Si tu l’abandonnes à son sort et que tu te transformes maintenant, t’auras aucun mal à t’en sortir. Laisse l’animal prendre le contrôle, laisse ses instincts te guider et laisse tomber cette fille.
C’est tentant. Et j’hésite peut-être une poignée de secondes, assez pour la laisser tambouriner comme une possédée sur cette grille cadenassée.

Mais je l’ai pas entraînée jusqu’ici, j’ai pas ruiné tout mon plan initial pour la laisser crever au fond de ce trou. Cela dit, elle a sérieusement intérêt à se reprendre. D’un mouvement brusque, je grimpe les deux premiers échelons et l’attrape par le bras, la forçant à redescendre. Je la secoue presque, oubliant que c’est peut-être pas la meilleure façon de la calmer.

« Mais boucle-la, tu vas nous faire repérer ! »

Je reprends un ton plus bas en m’efforçant de me détendre un peu aussi. Mes mains, qui enserrent toujours ses épaules, relâchent légèrement leur prise. Mais je la libère pas pour autant : j’ai pas envie qu’elle fasse une connerie.

« Ok, désolée. Alors j’te la fais courte… T’as pas l’air con, t’as dû déjà piger : va falloir qu’on reparte. Et si on veut perdre les cognes, le plus simple c’est de nous perdre aussi vraiment. Prendre tous les tunnels les plus étroits, se terrer dans un coin et attendre. Je sais que c’est pas ce que t’as envie d’entendre, mais c’est le moyen le plus sûr de nous tirer de là. Et dans le pire des cas, on attend le matin. La lumière du jour nous permettra de mieux nous repérer, et de trouver les bouches d’aération mal fixées. »

Je suis pas sûre d’avoir été assez convaincante. Si elle est sur le point de criser, c’est pas la perspective d’aller s’enfoncer dans les galeries qui va arranger les choses. Je tente une nouvelle approche, fait tinter une des bouteilles cachées dans ma veste.

« C’est quoi ton problème, t’es claustro ? S’tu veux j’ai un remède universel. Ça nous fera sûrement du bien à toutes les deux. »

Je sors la première fiole qui me tombe sous la main, dévisse le bouchon, m’en sers une rasade et la lui tends. Sans la lui céder. L’alcool indéterminé me brûle l’œsophage, réchauffe mes tripes. Ça va aller. Ça va aller.

« Une gorgée, ok ? Une gorgée et ensuite on bouge. On n’a pas de temps à perdre. »

Je ne lui laisse que le temps de s’humidifier un peu le gosier avant de récupérer mon bien. Ensuite, je la saisis par le poignet. Fermement, mais sans brusquerie. Et je l’entraîne à nouveau dans ma course.

Loin, toujours plus loin dans le dédale.

Ce n’est que lorsque je suis sûre de ne plus rien entendre d’autre que les rats et l’eau qui suinte le long des murs que je ralentis enfin et consens à la libérer. Je m’adosse à une paroi humide, me penche en avant pour reprendre mon souffle, les mains sur les cuisses. Je distingue vaguement les contours des tunnels, mais elle doit être totalement aveugle.

« Tu tiens le coup ? On va s’arrêter là un moment. C’est quoi ton nom, au fait ? Moi c’est Ljubi. »



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MessageSujet: Re: Raise Hell [Ljubi]   Mer 20 Juin - 12:17


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Raise Hell

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Young blood, heaven need a sinner
You can't raise hell with a saint
Young blood came to start a riot
Young blood, heaven hate a sinner
But we gonna raise hell anyway
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L’air. De l’air. J’ai juste besoin d’air.
Respiration sifflante et la sensation que les murs se rapprochent et que les couloirs s’étriquent. Dans le bide, il n’y a qu’une vague de panique qui soulève à nouveau les tripes quand la fille attrape le bras et qu’elle force à redescendre. Je m’accroche au barreau rouillé comme une putain de môme désespérée avant de lui céder. Elle secoue et secoue, pognes apposées à mes épaules. Tête qui dodeline et gerbe qui s’amène. Je voudrais pouvoir lui demander d’arrêter, lui expliquer qu’elle a beau me secouer, la pulpe restera en bas parce qu’elle n’est pas censée monter sauf pour faire des dégâts. Mais elle cesse, semble comprendre que c’était pas l’idée du siècle alors que les délires enflent encore et toujours sous le front. Ce que j’entends ne fait que renforcer ce sentiment de compression. Ferme ta gueule putain juste ferme ta gueule. Laisse-moi me concentrer, penser à autre chose, laisse-moi reprendre mon air parce que j’ai juste envie de crever.
Trogne qui se balance de gauche à droite. La négative et le rejet à tout ce qu’elle est en train de balancer. Hors de question, je peux pas, c’est physiquement impossible que je passe encore des heures et des heures dans ce foutu labyrinthe. Je vais devenir cingler, m’asphyxier, me faire écrabouiller. Ce qu’elle annonce me terrifie. La nuit possible, rester là encore et encore jusqu’au petit matin, jusqu’à la lueur du petit jour. Et je ne veux pas, incapable d’imaginer que je pourrais survivre à pareil enfer. Ça ne s’explique pas, cette phobie incontrôlable. L’enfermement en pire ennemi. Je ne peux pas.

Mine de gamine apeurée, les yeux écarquillés sur l’horreur en forme de tunnels sans fin. Bouteille qu’elle tend, la fille. Cette bouteille dont j’imagine déjà en avaler le contenu tout entier, jusqu’à l’ivresse, jusqu’à l’extinction des sens. Les phalanges s’accrochent tout autour comme si c’était une putain de bouée de sauvetage. Mais elle retient, comme une foutue adulte qui attend qu’on lui dise le mot magique. Les prunelles fourragent les siennes à la recherche de quelque chose sans savoir ce que je voudrais y voir, y trouver. La gorgée qu’elle concède et que j’avale quand je voudrais m’enfiler toute la bouteille. Cette bouteille qu’elle m’arrache et qu’elle range comme si c’était suffisant pour me donner le courage nécessaire. Le poignet est happé par sa mimine alors qu’elle m’entraîne toujours plus loin. Tout devient trop vite sombre, si sombre que je ne vois rien, bute parfois sur des trucs que j’imagine être des cadavres, des os, des bouteilles. Des objets tranchants, des seringues même, pleines de maladies incurables. Ça débloque très vite à l’intime. Les sueurs froides et le myocarde qui cogne son agonie. J’ai l’impression qu’il va se décrocher de la poitrine. Cette foutue poitrine dont la cage thoracique ne cesse de se replier sur elle-même. L’inconfort est total et les sens s’embrument. Je la sens venir, la crise. Celle qui me fera faire n’importe quoi et me perdre un peu plus dans les égouts. Je rate le début de sa phrase, en devine le sens lorsqu’elle se présente. Ljubi. Ljubi, ce prénom qui n’est pas d’ici, ce prénom que je n’ai jamais entendu. Haletante, je peine à respirer, tarde à lui offrir une réponse qui serait autre que : putain j’vais crever.

« Andy, c’est Andy. Ljubi, j’me sens pas bien, j’peux plus, j’te jure. »


Et je dégobille encore sans savoir où. Parce que je vois que dalle, que mes yeux ne savent pas s’adapter à l’obscurité. Paumes sur les genoux, l’acidité remonte l’œsophage à l’en brûler. La faute à l’alcool ingéré plus tôt que je ne sais garder. Je fais quelques pas, les mains tendues, touche quelque chose de mou et chaud, couine avant de comprendre qu’il ne s’agit que de bouclette. L’échine glisse le long des pierres et je m’écroule par terre avec la sensation d’être sur le point de passer l’arme à gauche. Les palpitations enflent, cognent la gorge et les tempes. Pure agonie, je m’allonge, tente de gérer la crise qui ne veut pas me lâcher. Je cherche à me rassurer, à me rappeler qu’elle aussi, elle veut pas crever dans cette chiasse ambiante ; me rappelle vaguement qu’elle connaît les lieux et qu’elle va nous sortir de là sans que l’on passe par la case milice. J’en viens presque à espérer qu’ils nous trouvent me tâte à beugler pour les amener jusqu’à nous. Mais quitter une cage pour une autre est la seule chose qui m’empêche de mettre à exécution mes sordides projets.

***

J’ai plus compté les minutes, ni les heures. J’ai juste compté les battements de mon cœur jusqu’à en perdre le fil et recommencer encore et encore et encore. J’arrive plus vraiment à me souvenir du temps qui s’est passé. Ce que je sais, par contre, c’est que la milice n’a plus jamais remis les pieds dans les tunnels, ou tout du moins, pas là où on se trouvait. Alors Ljubi, elle a marché et marché jusqu’à trouver une putain de plaque non vissée. Au-dehors, la flotte s’est invitée, frappant l’asphalte défoncé, la mousse et les mauvaises herbes. Je crois que je la pousse, m’invite la première à l’extérieur en me foutant bien d’être en pleine rue. Je rampe sur le bitume, m’y allonge face vers le ciel. Gouttes d’eau qui martèlent mon minois et j’ai jamais ressenti quelque chose d’aussi bon me semble-t-il. Les poumons se gorgent d’air, grandes bouffées que j’avale comme si j’étais un nouveau-né qui inspirait pour la première fois. Et je n’ai pas remarqué, non, que deux gars étaient là, en patrouille. Le premier me chope et me force à me redresser quand le second met la main sur Ljubi. J’imagine qu’elle doit me maudire tout comme je le fais à cet instant même. Survivre des heures dans les égouts pour finalement se faire cueillir comme des fleurs à la sortie. C’est d’un ridicule… Et ça ne serait pas arrivé si j’avais eu l’intelligence de la laisser faire, la laisser regarder. Non. Égoïste qui ne pense qu’à elle et son confort.

« Qu’est-ce que vous foutez ici ?! Vous êtes dans une zone interdite aux civiles ! » qu’il assène avec véhémence, le type qui retient bouclette.

Quand elle arrive à se faire de sa prise, je l’imite, écrabouille les orteils du connard, le gratifie d’un coup de coude et d’un coup de pied dans les couilles, manière de m’assurer qu’il ne se relève pas trop vite. Ljubi, c’est un peu comme un moteur, celle que je suis sans trop savoir la raison pour laquelle je le fais. Sans doute parce qu’on était deux quand les emmerdes ont commencé et que ça paraît logique de continuer. Certainement un mauvais calcul, on est plus visibles à deux que seule. Je tire sur sa main et l’entraîne dans un recoin. Son corps heurte le mur de briquettes rouges, renfoncement dans la pierre à cause du mauvais état de la bâtisse. Je me plaque contre elle, l’écrase de ma carcasse et me moule à la sienne. Proximité forcée, nous ne sommes qu’à un souffle l’une de l’autre. Haleine alcoolisée que je respire. Le front se pose sur le sien et les paupières se ferment comme si ça pouvait nous faire disparaître de la surface de la terre. Ils passent la venelle, ne semblent pas prête attention aux creux et passent leur chemin. On peut entendre le son de leur radio qui s’éloigne. Je recule et largue un soupir de soulagement.

« Désolée pour ça, j’ai été conne. C’est juste que j’pouvais pas, tu vois, rester une seconde de plus dans cet endroit de chiotte. J’te paye un verre pour m’faire pardonner quand aura réussi à se sortir de ce merdier. »

Et c’est pas cher payé alors qu’on vient de passer à deux doigts de se faire exécuter sur la place publique.

« Mais j’te préviens, je préfère qu’on aille sur les toits plutôt qu’on retourne dans les tunnels… »

Maintenant, j’espère qu’elle a pas le vertige.
On grimpe dans un immeuble jusqu’à se hisser sur le toit. J’ai toujours adoré la vue que ça offrait même si clairement, les nuages sont tellement épais qu’on voit tout juste l’immeuble d’à côté. J’avoue que sauter de toit en toit ça peut être cool, même super fun mais quand on y regarde de plus près, c’est tout sauf fun, c’est juste dangereux. Surtout quand ça glisse par terre à cause de la flotte. Un coup à se rater et atterrir plusieurs étages plus bas. Consciente de la difficulté, je la regarde, les cheveux dégoulinants et les fringues trempées.

« Où on peut se planquer là et attendre que ça se tasse… »


(C) MR. CHAOTIK

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Raise Hell [Ljubi]

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