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 Resurrection blues † (Lisa)

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MessageSujet: Resurrection blues † (Lisa)   Jeu 31 Mai - 12:56

"Qu'est-ce qu'on est supposé faire si la police se met à enquêter sur sa disparition ? Il faisait parti des meubles ici. Le rapprochement est déjà tout trouvé. Trouve-moi une solution Grayson, je t'en supplie." La braise lèche sa clope comme avant chaque numéro. Le dernier souffle de son meilleur ennemi. De sa bouche se dégaine plus facilement l'extrait de nicotine que les mots. Ceux qui auraient eu l'énergie de réconforter sa patronne en ces temps de crise, sûrement, mais lui n'avait pas cette capacité à trouver les bonnes paroles dans le bon timing. Introspection. Il s'échappe sur les moulures du plafond, pompe sur sa clope, et cherche froidement à épancher le désarroi de Moïra en creusant une brèche pour les sortir de là. Pour ça, il assurait. A voguer dans les galères, Grayson a du traverser tout un océan de merde sous les coups de fouet pour en arriver là. Ca n'était pas un Homme qui vous susurrait du sucre dans le creux de l'oreille pour vous réchauffer le cœur. Il était plutôt de cette trempe à agir, parfois bêtement. Mais c'était le propre de la bête que de suivre son instinct pour survivre.  

Problème simple : comment se débarrasser d'un corps en évinçant totalement les soupçons de la milice. Ca faisait un paquet d'alternatives, en vrai. L'acide, le feu, la broyeuse, on vivait une époque qui ne manquait pas de moyen pour faire rentrer une dépouille dans une boîte de conserve. Mais la dissolution d'une preuve ne suffisait pas. La flicaille, c'est de la race pugnace et entêté. Il fallait autre chose. Quelque chose de radical et de plus sournois. Comme mener l'enquête loin, très loin des frontières. Comme se servir de son carnet d'adresse pour arriver à ses fins. Hawk en avait un, qui ressemblait plus à une blacklist qu'autre chose, mais il y avait quelques noms importants, comme on dit dans le milieu. Il y en avait en particulier qui lui venait en tête lorsqu'il songea à les hisser hors du trou. Lui, elle, le Bones.

Moïra se bouffait les lèvres. Il connaissait ça. Pas besoin de mots. Ouvre ton putain de bec, crache quelque chose, peu importe quoi, même une connerie, mais dit moi que tu vas t'occuper de régler ce bordel. Voila ce qu'il trouvait dans les prunelles pers de sa partenaire de crime. Il y avait de l'urgence, de la crainte. Grayson ne pouvait s'empêcher d'avoir le cœur serré en lisant ce qui ruisselait de ses yeux. "Je vais m'en occuper." Comme d'habitude. Il dégoupilla ce que sa boss voulait entendre, parce que c'était toujours comme ça entre eux. Il se vouait corps et âme à une cause peu noble, juste parce qu'il était intimement persuadé de la pertinence du combat que menait Moïra. Grayson était un soldat qui partait au front sans rechigner, non pas par patriotisme, mais parce qu'il s'abandonnait au sens moral de sa patronne. A défaut de posséder une véritable raison de vivre.

Skovgaard. Simple évocation qui le faisait voyager vers les terres froides d'un est oublié par les brimades du temps. En y repensant, cette femme la replonge dans ses premières années ici, à New-Orleans. C'est un peu son némésis, celle qui n'a jamais cru en sa bonne foi, celle qui convoitait le moindre faux pas pour le voir pourrir dans une geôle jusqu'à la fin de ses jours. C'était celle aussi, qui, aujourd'hui, allait le tirer de cette malheureuse situation. Il l'espérait en tout cas. Il connaissait d'elle son acharnement à voir les trottoirs de la ville nettoyée de toute cette crasse. Il la savait redoutable, mais pas inatteignable. Parce que tout le monde à son talon d'Achille, il misait tout sur celui de la flic pour mettre à mal son intégrité légendaire. Un coup de poker, garni d'incertitude. Néanmoins, du peu qu'il en savait sur la nature humaine, il ne doutait plus sur la force des sentiments.

Un coup de fil la veille à une heure pas possible, coincée entre la nuit et l'aube. Grayson dormait peu. Un discours embrumé et plus que concis pour faire sortir la peacekeeper de son terrier. "J'ai besoin de toi. J'ai besoin que tu m'emmènes au dehors de la ville par la grande porte. En échange je te le donne. Je te donne le pourri qu'a fait de ta vie un enfer …" Il avait cette fâcheuse manie de tutoyer tout le monde. Manque de discipline, sans doute. Aussi parce qu'entre Lisa Skovaarg et lui, ce petit jeu du policier et du voleur dure depuis toujours, semble-t'il. Si bien qu'il y avait presque un rapport familier entre eux. Et ce qu'ils s'apprêtaient à faire aujourd'hui allait probablement renforcer ce sentiment.  

Sa vieille Shelby parvient au lieu de rendez-vous. Un parking désert d'un chantier qui avait péri en même temps que l'apocalypse. Elle était-là. Le videur sort de sa voiture, et jette les clefs vers son acolyte du jour. Pas de salutations, pas d'embrassades. Retrouvailles électriques sous un ciel prêt à fendre. "Tu conduis. Je te guide jusqu'à lui."
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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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↳ Citation : Elle rêvait de devenir invisible : tout voir, tout entendre, tout apprendre, sans que rien de palpable ne signalât sa présence. Elle ne serait plus qu'une onde, un souffle, un parfum peut-être, rien qu'on pût toucher ou attraper.
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MessageSujet: Re: Resurrection blues † (Lisa)   Lun 4 Juin - 19:34

Sonnerie de téléphone. Ça soulève le cœur et cueille les rêves, la recrache au réel et elle en chialerait presque. Patte tendue, tapant sur la droite. Lisa cherche l’origine du bordel, la gueule encore dans l’oreiller. Elle cherche ce putain de petit appareil qui arrache les tympans, déconstruit l’obscurité et le silence qui la baignent. C’est au bout de la quatrième décharge de notes qu’elle l’attrape et le colle tout contre son oreille. Et la voix qui sitôt s’en extrait lui glace les veines, lui hérisse l’échine, lui donne envie de vomir et de hurler et de lâcher les pires saloperies qui affleurent à sa conscience. Mais lorsque la voix termine de discourir, lui marmonnant un charabia qui la laisse surprise et débile, assisse au milieu du pieu, la communication est coupée. Sans avant propos. Sans merci. Sans au-revoir. Sans va chier.
Et les mots de l’abruti vont et viennent au travers sa conscience, longtemps. Très longtemps. Tellement que tout semble résonner et que le sommeil définitivement la quitte.
J'ai besoin de toi. J'ai besoin que tu m'emmènes au dehors de la ville par la grande porte. En échange je te le donne. Je te donne le pourri qu'a fait de ta vie un enfer…

Elle est prête avant l’heure, avant que les rayons du soleil ne percent la couche de brouillard et de nuages haut dans le ciel. Elle est prête, droite, dure comme une pique d’acier sur le bitume noir et fissuré. Elle a marché dans les rues glauques pour ne pas que la milice ne piste ses allées, et ses venues. Pour ne pas que la milice ne découvre ses relations bizarres entretenues dans les endroits bizarres. Pour que personne ne sache que Lisa Skovgaard fraternise avec l’ennemi.
Capuche vissée sur le crâne, des mèches courtes et miellées volettent au-dehors. Sweat-shirt d’un gris délavé trop large sur les épaules et blue-jean craqué aux genoux lui écrasant le cul. Elle a déambulé, les semelles de ses tennis s’usant sur les trottoirs, jusqu’à parfois en avoir le souffle coupé tant la haine et l’envie de connaître la réponse à l’énigme lui ont bouffé l’oxygène et ses neurones fonctionnels.
De fait, quand le bruit de bagnole heurte la quiétude du parking où rien ne bouge ni ne piaille, ce parking perdu au milieu des ruines de l’ancien monde, des vibrations animent son corps rachitique, plein de nerfs, trop sec et trop long.
Le visage tourné vers le grognement de moteur, c’est la vieille caisse de Hawk qui apparaît d’abord dans le lointain pour finalement s’approcher et se taire. Plus de vacarme si ce n’est celui de son cœur. La silhouette de Hawk s’extrait du tas de ferraille et de rouille et sa blondeur agressive et sa trogne burinée par les rixes, par le mauvais temps, par le tabac, par la mauvaise bière, par tout un tas de trucs qu’elle n’ose pas même imaginer lui fait brièvement face tandis qu’il lui balance les clefs.
— Tu conduis. Je te guide jusqu'à lui.
Lisa les happe à la volée et, les pieds traînant sur l’asphalte, contourne le capot et croise hanche contre hanche cette saloperie de rat qu’elle n’a jamais été foutu de coincer : Grayson Hawk et son existence bourrée de labyrinthes. Son sourire d’enfant et ses manières de tueur. Son innocence crasse sous les tatouages par centaine. Grayson Hawk qu’elle a appris, sans se souvenir du comment ni du quand, à apprécier. Ses contours dans son horizon, au fil des ans, comme une habitude, un point de repère. Grayson Hawk ou l’homme qui lui rappelle que rien ne change.

Lisa se glisse dans l’habitacle et claque la portière. Le derche sur le siège conducteur, la clef s’enfonce, tourne et le ronronnement sourd de la Shelby reprend. Godasses sur les pédales, pogne sur le volant. Elle abaisse le frein à main, enclenche la première vitesse et la route s’éventre.
Pas un mot ne sort d’entre ses lèvres jusqu’à ce qu’ils quittent le parking et sa dévastation, le grand boulevard et ses cadavres de fer et de béton, ses cadavres de chair, ses cadavres d’utopie.
Museau plissé par le soleil débutant son règne, elle dit :
Comment ça s’fait que t’as eu son nom.
La question n’en est pas une et la bouille vrille en direction du mâle. Ses billes de tempête ne scrutant non plus la route mais celles de Grayson, Lisa se fiche bien de les foutre dans le décor. Elle le désire peut-être même un peu. Lui voir une entaille ou deux dans la panse en fantasme renaissant.
Ceux qui étaient sur les lieux, ce jour-là, ça compte pas. C’est l’instigateur, que j’veux. Le putain de meneur. Celui qui a eu l’idée, celui qui m’a visée. Tu l’sais, ça, mhh ?
Les orbes reviennent sur le serpent de goudron. Un écart brutal et un pylône tombé et empiétant sur sa voie est évité, les jantes crissant de trop de proximité.
Lisa reprend, en marmonnant :
… ouais, bien sûr que tu le sais. Si tu m’embarques dans un plan foireux, Hawk, j’te descends. Et si t’essayes de me descendre, Hawk... j’te descends.
Elle croit bon de préciser, d’argumenter, d’étaler librement les pensées qui lui grignotent les synapses. Ça la tourmente, un peu, cette soudaine collaboration. L’insoupçonnable Lisa Skovgaard fricotant avec la vermine, jouant avec les lames de rasoirs du crime, poignets en avant. Elle a le regard qui ne cesse de reluquer les recoins, les venelles, de dévisager les rares humains debout et assez dingues pour hanter les rues à cette heure. Elle a le palpitant qui lui danse dans le gosier, le pouls qui fait gonfler une veine sur sa tempe, sur sa gorge. Et elle sent la sueur lui tremper les aisselles.
Elle a peur.
Pas de lui, pas de la situation. Elle a peur de ce visage qu’elle va enfin pouvoir découvrir, de ce nom qu’elle cherche depuis des lunes sans le trouver malgré les descentes, malgré la liste sur laquelle tant de noms ont été barrés dans le sang. Et que Grayson Hawk soit la combinaison nécessaire à cette information cadenassée la déboussole.
T’as bien conscience que j’vais pas buter ce fils de pute sous tes yeux, hein ? Je veux son nom, je veux voir sa gueule et je veux savoir où il crèche.
Lisa pile net et la voiture bondit sur le trottoir.
Son buste pivote et sa mandibule projetée en avant, elle lorgne son opposé qui ne l’est pas tant. Ce gémeau en Némésis dont elle ambitionne taillader avec les ongles et par colère et par orgueil la figure.
Pourquoi tu veux que j’t’aide à passer de l’autre côté du mur ?
Étincelle de lucidité. Grayson Hawk et son sourire d’enfant et son innocence crasse. Grayson Hawk n’est qu’un tueur. Et ne l’est-elle pas elle-même, et se ferait-elle seulement confiance ? Elle est aveuglée, Lisa. Aveuglée par la douleur et le besoin de vengeance qu’il a rallumé cette nuit et elle peine, à écarter les sentiments qui érodent son âme autant que son intelligence.
À quel moment tu m’la mets, Hawk ? Aboie-t-elle. Parce qu’il est bien question de ça. Ce putain de mur, tu pourrais le franchir, si tu l’voulais. Pourquoi t’as besoin d’moi, c'est quoi l'embrouille ?

_________________

Levant les yeux vers les nuages, elle voit une île, un petit chien, l'Alaska, une tulipe. Moi, je vois une pince à billet Gucci, une hache, une femme coupée en deux, une grande flaque blanche gonflée de sang, qui s'étend dans le ciel et dégoutte sur la ville, mais je ne lui dis pas.
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