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 MURKY WATERS - feat William & Konstantin

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: MURKY WATERS - feat William & Konstantin   Jeu 31 Mai - 18:02



MURKY WATERS
Aimee & Konstantin

«And I never meant to cause you trouble - And I never meant to do you wrong »
Les lumières aux teintes orangées se reflètent sur la lame, suivant un ballet au rythme que celle-ci coupe l’oignon sous son tranchant parfait. Dans son dos, sur une petite plaque de cuisine faisant office de cuisinière de fortune, on peut entendre le gargouillement de l’eau en train de chauffer dans une casserole. Et juste à côté-là où la vaisselle est censée s’égoutter, se trouve un plan de travail improvisé où reposent plusieurs planches à découper avec divers légumes déjà passé au fil de son couteau. La cuisine est étroite et manque d’espace, mais elle s’y est habituée depuis le temps qu’elle vit ici. Ce n’est pas si différent chez ses voisins, peut-être seulement plus sale que la sienne. Aimee soupire, se frottant les yeux avec la manche de son avant-bras. L’oignon lui pique les yeux malgré le soin qu’elle prend à garder aussi loin que possible son visage.

Des coups retentissent à sa porte. Elle se fige, frappée par l’étonnement et cessant ses activités. Elle ne s’attendait pas à recevoir la moindre visite. Et ce n’est pas Nicholas, elle ne l’entend pas beugler son nom derrière la porte. Ce n’est pas non plus ainsi qu’il frappe, elle en est certaine. Elle sait toujours quand c’est lui qui est derrière cette porte, sans même avoir besoin de regarder par le judas. Mais ce n’est pas lui, alors cette fois-ci tandis qu’elle s’approche de la porte alors que de nouveaux coups retentissent, elle soulève l’opercule voilant la lentille puis y fixe son œil. « Konstantin ?! » Elle n’a pas pu s’en empêcher, la surprise de voir le jeune homme à sa porte est trop grande. Sans même réfléchir davantage, les clefs tournent aussitôt dans la serrure et la porte s’ouvre, dévoilant la silhouette de celui qui fut un jour son amant… et celles de deux gorilles que le judas ne lui a pas permis de voir, quelques pas en retrait.

Ses yeux vont et viennent timidement, plusieurs fois entre le visage familier et ceux des deux hommes en arrière-plan, avant qu’elle ne ressaisisse pour lui adresser la parole. « Je ne m’attendais pas à te voir là… Qu’est-ce que tu fais ici ? » La surprise passée, c’est un mélange d’incompréhension et de regret qui tort ses entrailles. Ils ne se sont pas revus depuis leur rupture : une séparation à laquelle elle n’a pas consenti, pas plus qu’elle ne l’a vu venir. La douleur d’avoir été brutalement délaissée du jour au lendemain est encore vivace en son cœur, qui plus est alors qu’elle n’a jamais réellement compris – ou voulu comprendre – ce que le jeune homme lui reprochait. Mais elle se bat avec elle-même pour afficher un air aussi avenant que possible, comme si tout le mal causé était loin derrière eux. « Je peux faire quelque chose pour toi? » Ses mains s’accrochent sans même y penser au battant de la porte derrière laquelle elle demeure à moitié cachée. La présence des deux autres hommes qui la fixe d’un regard peu amical la rend nerveuse, et celle de Konstantin la trouble. Si elle ne comprend pas ce qu’il fait là devant sa porte, elle perçoit néanmoins un malaise et une lourdeur dans l’atmosphère.

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MessageSujet: Re: MURKY WATERS - feat William & Konstantin   Dim 3 Juin - 19:27

Murky Waters-and I never meant to do you wrong -

Aimée/William

Konstantin.

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Il était une fois… c’est comme ça que les contes doivent commencer, les fées planquées sous des ruines et les dons dégoulinant d’opprobre. Elle lui a toujours semblé un peu irréelle, les surnoms à son égard s’acheminant sur ses lèvres comme autant d’incrédules étiquettes : Blanche Neige, petite chaperon rouge, Gretel, Vasilisa… elle en a les atours et les gestes. Même la voix.

Il était une fois une jeune femme au mauvais endroit au mauvais moment, le nom souillé par des teintes sombres et des larmes rebondies au coin des yeux bleues. Il lui aurait fallu un héros. C’est exactement ça. Doré et lumineux, prêt à mener sa vie à ses pieds, à l’affranchir armes en main. Un de ceux qui, comme le lent grincement du temps, aurait creusé de plus en plus profondément dans sa chair la réponse à toute ses prières. Ça ne fonctionne pas à la Nouvelle-Orléans - supplier, troquer, voler - seules les mafias font ça et elles sont nombreuses ici, le manteau des marais purulents aux alentours en déguisement poisseux dans les bas-fonds de la ville.

Blanche-Neige n’a rien à faire dans un décor pareil.

Lorsque son nom s’est détaché - encre noir sur papier blanc – sur la liste de William, il a manqué un battement, le visage impassible et l’incompréhension spectrale dans les iris. Aimée ? Des paris ? Pas un commentaire ne caressa la langue pour contredire pourtant. William ne se trompe jamais sur les chiffres et lui-même organise l'aspect physique de tout ces combats. Les doigts décharnés se sont rangés en boule douloureuse dans les poches de son pantalon, le doute s’étirant entre les côtes. William distribue les directives et d’ordinaire, Konstantin n’y prend que peu de part mais cette fois-ci il fait signe. « Je vais chercher la sœur de Townsend. Elle a droit à des égards. » A peine. La seule personne qui a des droits au sein de la Némésis c’est Moïra et ses sourires en forme d’incendie. Elle les brûlera tous mais peut-être que c’est dans l’ordre des choses vu qu’ils ont déjà un gout de cendre.

William est réglé comme les horloges, œil calme et tic-tac régulier. Ok.

Il connait son adresse, l’a suffisamment usité, la surveillance silencieuse et les étreintes blanches. « Konstantin ?! » Son nom résonne entre la bouche framboisine, à moins que ce ne soit celui d’un autre. Konstantin est un habit familier, incrusté sur la peau comme une mue récalcitrante. « Tu dois venir avec moi au Bones. » C’est cruel, même venant de lui. Il était une fois… Les grands yeux et le front blanc lui font baisser les yeux quelques secondes - trop de lumière qui met en exergue des faiblesses feutrées qu’on ne peut pas étaler. Aimée est un peu le seul conte de fée dans cette ville moisie et il n’a jamais été poète, seulement lecteur. « Tu vas bien, j’en suis heureux. » Il n’y a rien qui le montre pourtant, le visage grave sous le masque tempéré. Le coin des lèvres se soulèvent de façon fugitive dans un sourire qui s’éclipse avant même d’avoir commencé. « Ma visite n’est pas plaisante cela dit. William t’expliquera mieux… » Le regard se soulève pour parcourir l’arrière de l’appartement avant de revenir sur elle. Il l’a fouillé de fond en comble cet endroit pendant qu’elle dormait paisiblement, le doigt piqué à la quenouille de ses recherches. Il a cette impression désagréable que l'obscurité commence à élargir sa bouche autour d'elle. Le charme est vacillant lorsqu’il la laisse sortir de l’appartement et l’entraîne vers la petite librairie, comme un mirage dans le désert. C’est étrange et ça ne l’est pas. Il lui doit peut-être une explication pour eux mais il n’en a pas, les secrets soigneusement pliés dans des valises perdues. « Je n’ai pas essayé de t’oublier. » Lui dit-il simplement. Il valait donc mieux te perdre. Les missions sont ce qu’elles sont, une fois achevées, elles glissent et se fondent. Toujours un peu plus. De quoi creuser des gouffres sous ses pieds qui s’enfoncent. « Il y a eu un souci, tu aurais fait des paris… » William et lui ne sont pas plus stupides qu’innocents et il faut remonter le long fil d’or de cette affaire, savoir qui et comment et pourquoi. Konstantin se doute qu’Aimée n’y est pour rien, elle n’a jamais aimé le sang, les bras trop généreux et immaculés pour se voir tâcher de carmin. Mais il sait aussi que la Nouvelle-Orléans couve des monstres insoupçonnables…

Et les forêts sont trop grandes pour les filles aux manteaux rouges et aux trop grands paniers remplis de friandises irrésistibles.



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†I borrowed bones, I borrowed skin to save me from the hell I'm in. And every time I think of you, I see the dark, I hear their hooves. They're coming. They're coming. For you.
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MessageSujet: Re: MURKY WATERS - feat William & Konstantin   Mar 5 Juin - 17:29



MURKY WATERS
Aimee & William

«And I never meant to cause you trouble - And I never meant to do you wrong »
Elle aurait apprécié l’idée qu’il vienne recoller les morceaux entre eux. Elle aurait aimé qu’il exprime au moins ses raisons – à défaut de se rabibocher – de cette rupture brutale pour qu’elle puisse plus facilement l’accepter, tourner la page. Elle l’a déjà fait à sa manière bien sûr, mais pas de la meilleure qui soit. La plaie a été laissé vive, à peine nettoyé d’un peu douce pour enlever la saleté. Mais pas la moindre compresse, pas le plus petit « Ça ira mieux. » Au lieu de ça, ils se retrouvent sur le pas de sa porte, dans cet immeuble à la salubrité discutable et surveillés par deux chiens de garde prêts à montrer les crocs. Mais à propos de quoi ? Elle ne comprend pas, le sens des mots de Konstantin lui échappe. Qui est ce William, pourquoi doit-elle le rencontrer au Bones ? La crainte et l’incompréhension s’entremêlent pour ne former que les deux faces d’une même pièce. « Je ne comprends pas… » Elle plonge ses iris inquiets dans ceux de Konstantin, mais elle n’y perçoit rien qui puisse la mettre sur la voie ou la rassurer. Elle tente de s’apaiser d’elle-même : ce ne sont pas les deux molosses qui sont venus la chercher seuls, ce sont eux et Konstantin. Elle se raccroche à ce constat pour se forger un ersatz de confiance, en lui comme en elle-même. Mais elle est branlante, particulièrement quand ceux-ci de rapprochent de quelques pas comme pour servir d’appui à la requête de son ex. Requête ? Non ce n’en est pas une, elle en prend subitement conscience. Si elle tente de leur fermer la porte au nez ou de s’accrocher à la poignée, cela se passera très mal. Elle songe un instant à trouver un moyen de contacter Nicholas, qui vit lui aussi dans l’immeuble. Ou à laisser un mot derrière elle au cas où, mais la pression qu’elle sent sur elle l’empêche de bouger. Non, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Si Nicholas s’en mêle, il va sûrement s’emporter. Les mots avant les poings, par pitié. « Très bien, je te suis. » Elle veut paraître sûre d’elle mais sa voix est engourdie dans sa gorge, et son cœur bat si fort qu’elle a l’impression que l’immeuble entier profite de son concert de percussions. Et c’est ainsi que commence le début d’une drôle d’histoire.

Pendant tout le trajet de son appartement jusqu’au Bones, elle peine à réfléchir correctement, se déplaçant dans une torpeur où elle se repasse le fil de ses derniers jours pour comprendre ce qui a bien pu la mener ici. Mais rien ne sonne telle une évidence dans la banalité de son quotidien. Même la brève évocation de sa relation avec Konstantin n’y fait rien : des mots bien trop contradictoires et succincts pour qu’elle s’y accroche. C’est la mention des paris, alors qu’ils s’enfoncent dans les profondeurs du Bones, qui éveille son attention. « Comment ? Mais je n’ai jamais mis les pieds ici. » Une erreur. C’est forcément un malentendu, quoi d’autre ? La porte d’un bureau se dresse face à elle, puis s’ouvre. Elle découvre un homme au visage anguleux et aux yeux clairs. Leur aventure semblant se terminer ici, elle en déduit qu’il s’agit probablement de ce William évoqué plus tôt. Pourtant elle demeure muette, l’estomac rongé par le stress et ses yeux limpides parfaits miroirs de son âme, trahissant l’inquiétude et l’incompréhension agitant leur surface.

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MessageSujet: Re: MURKY WATERS - feat William & Konstantin   Lun 18 Juin - 22:19


Miss Townsend & Mister Addington

Murky waters


Le bookmaker aimait la rigueur. Une vieille habitude de militaire qui lui collait à la peau, malgré son passif de criminel condamné à la potence pour traîtrise. Que ce soit au sein de l’Église ou de la Marine Royale, William avait toujours trouvé de quoi rassurer l'orphelin qui l'était, en suivant les dictâtes des deux autorités. Suivre les règles – sans rechigner – lui avait permis de trouver un sens à son existence, de lui donner une direction, pour se démarquer des autres orphelins sans histoire, abandonnés sur les marches d'un prieuré. Au couvent, on lui avait appris à prier, lire, écrire et compter. Dans l'armée, on lui avait appris à naviguer, se battre et mener des hommes. Aujourd'hui, William combinait avec habilité l'ensemble de ses talents pour s'occuper de la trésorerie du Bones. Entre les combats, les jeux de cartes et de hasard, les clients pariaient chaque soir des centaines de dollars, virtuels ou réels, que William consignait avec soin dans son fameux carnet aux pages quadrillées. Lui seul savait les sommes inscrites dessus à l'encre noire et le nom des parieurs en face de celles-ci. Même sa patronne Moïra en ignorait le contenu. Il faut dire que le bookmaker s'appliquait à garder les comptes secrets pour éviter toutes fuites auprès du Gouvernement. Le business dont il était responsable était proprement illégal, alors l'anglais ne faisait pas dans la transparence, mais dans la tricherie. Il rédigeait de faux rapports de comptes pour la belle Moïra, que celle-ci pouvait présenter en cas de contrôle. Les chiffres autant que les intitulés étaient faux. La librairie n'avait pas vendu un seul exemplaire des poèmes d'Emily Dickinson depuis que William en avait lui-même acheté un, à sa première visite. Avoir été marié à une pirate lui avait appris bien des choses en matière d'escroquerie.

Le nom de A. Townsend était apparu à plusieurs reprises dans la colonne des prêts, lors de ce dernier mois. William n'avait que peu de souvenirs de l'individu en question. Sur les indications de sa patronne, il était autorisé à prêter de l'argent à des clients pour certains jeux de hasard, bien évidemment à des taux d'intérêts scandaleux. Le Bones ne trompait pas que le Gouvernement, les habitués aussi étaient dupés. Manipulés dans le but de les faire dépenser leur argent et d'en ramasser davantage s'ils venaient à être imprudents. Malheureusement pour le dénommé Townsend, la somme qu'il devait au Bones était devenue bien trop importante pour que William ne se passe de prendre l'affaire au sérieux. Comme il l'aurait fait du temps où il était Commodore, le bookmaker décida de convoquer le parieur compulsif pour une petite remontrance. Généralement, le début de l'entretien se voulait courtois et civilisé, avant de se faire plus dur et menaçant au fil des avertissements. William avait perdu sa patience d'autrefois. Il n'était plus magnanime, surtout pas avec les raclures des bas-fonts de la Nouvelle-Orléans. Lui faire perdre son argent était une chose, lui faire perdre son temps en était une autre. L'un l'irritait plus que l'autre.

L'avenance de Konstantin n'avait pas échappé au bookmaker, quand celui-ci avait reconnu le nom du mauvais parieur sur le papier. A la mention d'une jeune femme, William crût avoir entendu. Il ne souvenait guère avoir fait crédit à la gente féminine récemment. Au Bones, les femmes ravissaient la galerie de leurs courbes et de leur compagnie entre deux paris. L'argent, elles le gagnaient presque uniquement en pourboires. Pourtant, ce fût bien la silhouette d'une poupée d'à peine trente ans que le petit brun lui ramena heure plus tard. Celui-ci ouvrit grands les yeux d'étonnement en voyant ce petit bout de femme escortée par les deux colosses de la sécurité. D'un geste de la main, il pointa la porte par laquelle ils étaient venus pour leurs ordonner de les laisser seuls. La simple frimousse effrayée de la jeune femme lui faisait comprendre que l'affaire pourrait certainement se régler sans employer la force. William observa attentivement son invitée durant plusieurs secondes, avant de finalement daigner lui adresser la parole. « Townsend. C'est bien votre nom, mademoiselle ? » lui demanda-t-il, en jetant un nouveau coup d’œil sur son cahier de comptes. A. Townsend. Était-ce bien son prénom qui se cachait sous cet initial ? Le bookmaker se rappela les paroles de Konstantin évoquant un frère. Il espérait qu'il n'y ait pas erreur sur la personne. D'un geste de la main, il l'invita à s'asseoir en face de lui pour être à sa hauteur. Elle n'avait rien de l'allure habituelle des parieurs compulsifs venant rayer le parterre du Bones. Sa place était certainement dans l'une des maisons luxueuses du Gouvernement. L'une de ses rares et vieilles maisons coloniales encore debout, avec tout le confort l'accompagnant. « C'est fâcheux. J'ai ici un livre de compte avec votre nom dessus attestant du contraire » lui énonça-t-il, d'un air renfrogné. Le bookmaker se gratta machinalement les joues d'un air pensif, avant de retourner le livre de compte ouvert sur la table et de l'avancer vers la jeune femme. D'un bout des doigts, il pointa le nom inscrit en toutes lettres sur le papier, puis les sommes prêtées écrites en face. 200, 150, 300 dollars... Si c'était bien elle qui avait contracté ces paris, elle devait gros pour la conjoncture actuelle.

AVENGEDINCHAINS

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