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 el lobo; rafael.

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RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: el lobo; rafael.   Sam 2 Juin - 1:36


el lobo, Rafael

Jour de congé au Old Absinthe, Riley se passait des services du barman aujourd'hui, ce dernier n'avait eu d'autre choix que de rejoindre son supérieur au Mary Rose. Loin de se réjouir, l'agent double appréhendait cette entrevue. Cela faisait des mois que le cubain faisait le mort, en refusant les rendez-vous proposés par Morienval. Nuño était pourtant prévoyant et, pour éviter de trop éveiller les soupçons, il glissait de temps à autres une enveloppe dans une boîte aux lettres près du QG, à l'attention de son chef, concernant quelques petites anecdotes sur le bar centenaire et ses habitués. Le barman temporaire se doutait bien que ces détails ne convenaient pas afin de remplir ses objectifs, mais il mettait un point d'honneur à tenter de détourner le gouvernement de sa 'nouvelle' cible : Riley. Mais le cubain se rendait bien compte que c’était comme se battre contre la pluie ou le vent. Perdu d’avance.

Nuño avait dépoussiéré et enfilé le costard bleu nuit qu’il gardait au fond de sa penderie, sans y mettre la moindre envie. Il avait eu de la peine à se lever, ce matin. Un café dans une main, une cigarette dans l'autre, il était longtemps resté à contempler les arbres. Perché sur la balustrade de sa petite terrasse, il portait un œil morne sur les alentours. Rares étaient les moments où il pouvait retirer ce masque étouffant de Cristóbal Villanueva et redevenir Nuño Esteban Lopez. Cette filature était vraiment éprouvante et il souhaitait parfois retourner en arrière pour ne pas faire l’erreur d’accepter ce boulot et rester dans les bureaux. Il n’aurait pas besoin de se coltiner ce gros George constamment accoudé à son bar, ces clients irascibles et surtout ce pincement au cœur lorsqu’un individu masculin osait s’approcher de trop près de Riley. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas été ébranlé ainsi par quelqu’un. Il en devenait malade, parfois, mais les rares sourires de la jeune brune le remettaient toujours d’aplomb.

Point positif ou pas, cette mission lui avait au moins valu d’ouvrir les yeux sur ce que le gouvernement faisait subir aux petites castes. Et ce dont il avait été témoin ne lui avait pas tellement plu. Renforcés par ses sentiments envers sa patronne, ses doutes sur les réels buts du gouvernement se consolidaient alors que sa loyauté envers ses supérieurs s’effritait. Et Nuño était certain que cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. D’où sa réticence à retrouver Rafael dans le QG de toute la milice haut-gradée et le lieu de culte de plusieurs pro-gouvernementaux bien placés.
Le cubain avait laissé ses cigarettes dans son cocon douillet, il savait qu’il pourrait facilement en ‘emprunter’ directement au Mary Rose. La Prohibition ne s’appliquait pas partout et surtout pas à tout le monde. Il suffisait de connaître les bonnes personnes et un tout autre monde s’offrait à vous. Cependant, Nuño ne savait pas s’il souhaitait toujours faire partie de ce monde biaisé et surfait. Son dégoût pour les adeptes et profiteurs de la dictature du gouvernement se faisait ressentir. On aurait dit un vrai petit rebelle, directement recruté par Hide en personne. Tout ça, il le devait à Riley qui l’avait quand même bien drillé ces derniers mois en l’emmenant avec elle dans ses actions contre le régime en place. En vérité, l’agent double priait pour que Rafael ne sente pas la pestilente odeur de la trahison qui semblait  suivre le barman partout.

Soit, le brun avait quitté sa maison pour revenir en ville. Le trajet dans la forêt s’était fait sans encombre, d’ailleurs celui en ville également. Mis à part le ciel couvert et la fine pluie, rien n’empêchait les gens de sortir faire un tour. Mais étrangement il n’avait croisé que peu de monde. Tant mieux, car les quelques personnes qu’il avait croisé lui avaient jeté des regards mauvais : l’accoutrement distingué était signe de richesse ou en tous cas d’un niveau de vie respectable. Il fallait assumer sillonner les rues avec du tissu valant plus cher que les revenus d’une famille entière. Ce genre de réactions auraient d’habitude coulé sur lui comme de l’eau, mais maintenant qu’il était le cul entre deux chaises cela n’avait rien d’évident. Il songea un instant à brûler son costume dès son retour à la maison. Il n’était pas encore arrivé au Mary qu’il songeait déjà à rentrer. Non, il ne voulait vraiment pas voir la gueule de Rafael aujourd’hui. Ni demain, ni après-demain.
Se munissant d’un courage qu’il ne se connaissait pas, Nuño finit par arriver au bar de la fameuse Esperanza. Il resta un instant sur la chaussée vide, posant le pour et le contre de partir en courant. Il se dit que ce n’était pas comme ça, à presque quarante ans, qu’on assumait ses choix. Bon, le choix, Nuño ne l’avait pas encore fait. C’était justement ça qu’il cherchait à repousser. Il se complaisait ou presque dans cette situation de non-dits et ne se sentait pas d’en sortir tout de suite. Sentant le regard appuyé du videur, le cubain s’avança et prononça le sésame pour pouvoir entrer. Le mot de passe changeait aléatoirement, passant d’un simple prénom à un nom de plante en latin. Cela donnait un côté mystérieux et singulier à l’établissement. La patronne avait réussi son coup de comm' : le bar était toujours plein. On dirait que toutes les personnes qu’il n’avait pas croisées en venant jusqu’ici s’étaient rassemblées à l’intérieur. L’air était saturé d’une ambiance lourde et la cacophonie de l’énorme pièce principale happa subitement le cubain. Revêtant son air détaché habituel, il osa faire quelques pas jusqu’au comptoir afin de commander un café. Noir, comme il le faisait chez lui. Accoudé au bar, la tasse aux lèvres, l'odeur de caféine dans les narines, il s’attendait à rencontrer le regard dur de Rafael à tout moment. Il tentait de contenir son rythme cardiaque, sans réel succès.

Nuño craignait également de retrouver au Mary un certain Carter faisant partie de la milice. Ce dernier s’amusait à prendre en otage le Old Absinthe, et surtout la tenancière, en instaurant un chantage sur le trafic d’alcool : il ramassait six bouteilles par commission. Nuño n’avait pas encore croisé le milicien depuis que Riley avait enfin osé avouer à son barman ce que le blond tramait à venir à la fermeture une fois par mois voire plus, mais il se doutait qu’il ne pourrait se contenir longtemps avant de lui ficher un pain. C’était une mauvaise idée de s’en prendre à la femme que le cubain voulait à tout prix protéger. Il finit rapidement son café et en commanda un second.
« La même chose, merci. »

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MessageSujet: Re: el lobo; rafael.   Dim 17 Juin - 19:31


 
Cristóbal
Rafael
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Les yeux rivés sur les dossiers déposés sur mon bureau, j’assimile sans y penser les rapports inscrits, les relevés annotés, les réunions annoncées, et les exigences d’hommes et de femmes auxquels je ne dois rien mais qui se pensent pourtant supérieurs à moi. Les yeux rivés sur les dossiers déposés, j’entends la porte s’ouvrir, et un pas sûr s’avancer dans la pièce. « Duncan, est-ce que je… » Un raclement de gorge, je relève les yeux. Ce n’est pas Duncan. Naturellement, ça ne peut être Duncan. Plus depuis quelques semaines, d’ailleurs. Ça ne peut plus être Duncan. Dans une inspiration, j’entreprends de fermer le stylo dont je me servais pour parapher les documents, et je reconstitue lentement une pile impeccable avec les différents dossiers, fermés, verrouillés, avant de reprendre, ignorant le regard que peut poser sur moi le garde du corps promu temporairement à la position qu’occupait Duncan, celle ingrate de bras droit, de pont entre les hommes perdus sur le terrain et mon emploi du temps ; la position instable d’homme de confiance. Une position vacante, réellement vacante. « C’est à propos de Lopez. » Lopez ? Mes yeux se plissent, mes doigts viennent lisser ma veste de costume, tandis que je me lève d’un mouvement lent pour contourner mon bureau et m’y adosser. Lopez. « Le lapin a fini par sortir du terrier ? » J’ai la réponse dans l’attitude de mon assistant, et un claquement de langue réprobateur. D’un mouvement brusque, je me redresse. Envisage le temps d’une inspiration toutes les options qui peuvent se déployer devant moi. « Bien, Duncan va… » Duncan ne va rien faire. Je me rectifie, trop tard. « Je me charge de Lopez. » Et devant la protestation qui suinte de l’angoisse brutale du garde du corps, je lève une main agacée. « Je peux le gérer seul. Trouvez-moi un point de rendez-vous neutre, faites passer le message, organisez une entrevue, je veux que ce soit plié pour ce soir. » Et ce n’est pas une question ni même une proposition, ma volonté est une exigence. D’un geste de la main, je lui fais signe de me laisser, les dossiers relus échouant dans ses bras à destination de mon secrétaire et des différents étages du bâtiment, ceux nécessitant encore quelques heures d’attention se perdant dans un coffre sous clé. Et mes pensées oscillant, quant à elles, en direction de ce recoin de mon bureau consacré à une table basse et deux fauteuils, couronné d’un jeu d’échecs inachevé, figé dans le temps et le remords d’un roi chancelant, et d’un cavalier sacrifié. Une erreur. Que l’on ne peut rattraper. Un long soupir s’échappe de mes lèvres, je m’installe dans le fauteuil le plus proche, mes doigts effleurent les pièces de bois poli, ciré, lustré, usé. Patiné. Comme mon esprit : marqué par le temps, usé et rayé, marqué. Je ferme les yeux, un court instant. Aller voir Lopez sera l’occasion de prendre l’air. De me défaire de la veste du bureaucrate, d’endosser celle plus discrète de l’homme, de l’acteur. Du seigneur avec charge d’âme et de vie, avec sur les épaules la responsabilité de la santé de ses hommes. Comme Lopez. Recruté par mes soins, missionné par mes soins.

Une nouvelle déception, poudre amère déposée dans ma gorge. Ma tenue est discrète. Invisible. Délaissé, le costume, délaissés, les marques d’opulence et de puissance ; le charisme du loup suffit à marquer mon attitude, à marquer mes gestes, à marquer la présence d’un alpha. Je murmure à mon nouveau bras droit et garde du corps que ses services ne seront pas demandés, que je pourrai gérer cela seul. « Patientez dehors. A distance. Ne vous faites pas remarquer, n’intervenez qu’en cas de grabuge et uniquement si je vous y autorise d’une quelconque manière que ce soit. » Et comme un peu plus tôt, comme trois ou quatre jours plus tôt, ce n’est ni une question, ni une proposition. Mais une attente. Un ordre. Un fait. Ma main gantée pousse la porte du Mary Rose, se fait arrêter par un homme de haute stature, visiblement fait pour intimider les naufragés. Du bout des lèvres, avec une indifférence affectée, je crache un sésame récupéré par mes hommes quelques heures plus tôt, comme un habitué du lieu. Comme le seigneur du lieu, ce que j’estime d’être. Sans le fréquenter, je me sais faire partie des privilégiés visés spécifiquement par le faste et le luxe qui suintent des murs et des personnes. Quelques pas, je laisse le loup s’emparer de ma respiration, s’emparer de mon attention, je laisse le loup se faire ressentir pour dissuader les curieux, dissuader les regards, dissuader les contacts, et laisse glisser mes rétines sur la salle, sur les hères égarés en quête de bottes à lécher à dans l’espoir écœurant de s’attirer quelques bonnes grâces : les lieux empestent l’hypocrisie, le mensonge et la trahison. Le lieu empeste les faux-semblants. Et j’ose espérer que Lopez ne se laissera pas tenter par l’atmosphère. Je le repère au bar, quelques pas me suffisent pour le rejoindre. « La même chose, merci. » Ses derniers mots échouent dans l’ouïe du loup bien avant que je ne le rejoigne, le siège à côté de lui m’accueille l’instant suivant, répète sur le même ton, imprégné du même accent. « La même chose, merci. » Le message est clair : j’écoute même lorsque je ne suis pas là, Lopez, et je contrôle. Sans le regarder un seul instant, je défais le bouton de ma veste pour m’installer plus confortablement, le loup sur le qui-vive, l’homme à l’écoute. Mes doigts vont chercher mes manches, tirer pour les réajuster. Vont cueillir des lunettes teintées visant la protection de pupilles toujours aussi sensibles aux éclairages, les plier et les ranger. Mouvements lents, calculés, traînant le silence, l’étirant jusqu’au point de fracture. « Je m’inquiétais. » Ma voix n’est qu’un murmure. Audible par mon voisin. « Mais à première vue, tu sembles en un seul morceau. » Un coup d’œil dans sa direction, pour appuyer le sous-entendu. « Ton silence ne doit être dû qu’à un problème moins visible que la perte d’un bras, d’une jambe ou d’un œil, qui auraient fait, soit dit en passant, une excuse acceptable. » Le barman dépose deux cafés, sur le même ton je lui confie un « Merci bien. » avant de poursuivre. « Ainsi donc, peut-être n’est-ce qu’un oubli. » La cuillère oscille dans la tasse, dissout quelques grains de sucre dans la noirceur du liquide. Je guette les battements de son cœur. « Ou un malheureux concours de circonstances. Je n’exclus aucune possibilité. » Mes yeux se perdent à nouveau dans sa direction, quand je porte la tasse à mes lèvres. Et répète. Sur le ton de la mise en garde. « Aucune. » Et toute mon attitude poursuit le dialogue sans que d’autres mots ne soient nécessaires : j’attends des explications.


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MessageSujet: Re: el lobo; rafael.   Jeu 28 Juin - 17:02

el lobo, Rafael

Morienval ne semblait pas avoir perdu son légendaire sens de l'humour. Il mettait un point d'honneur à venir se glisser à vos côtés comme de rien, telle une ombre discrète. On ne le remarquait que trop tard et c'était bien ça que craignait Nuño. Le cubain lui glissa un regard qui se voulait courroucé, mais il ne trouva pas les yeux presque céruléens de son supérieur. Quelques secondes plus tôt, l'agent double ne voyant pas l'homme loup arriver, avait presque espéré être épargné par le sort. C'en était trop demandé, pourtant. Il avait surgi de nulle part en espérant sans doute surprendre le cubain. Mais il n'était pas surpris, lui, juste déçu. Nuño ne savait trop comment engager l'entretien. Car même si l'ambiance enjouée du bar était au rendez-vous, les cafés que partageaient les deux hommes n'avait rien d'une occasion festive. Le cubain connaissait son supérieur : ce dernier n'avait rien du personnage lambda qu'il aurait su baratiner facilement. On parlait là d'un représentant du gouvernement pur et dur. Celui qui est persuadé d'être droit dans ses bottes, de faire le bien en triomphant du mal. L'agent double savait que le temps des explications était venu lorsque la dernière phrase de Rafael résonna clairement à ses oreilles. Nuño se doutait que son supérieur avait des yeux partout, comme des oreilles d'ailleurs. Il avait beau être dans son bureau au gouvernement la plupart de son temps, il n'en était pas moins que ses relations - ou sous-fifres - surveillaient la ville pour lui. On dit du renard qu'il est malin. Mais que dire du loup, alors ? Le cubain accrocha brièvement le regard de Morienval, avant de porter lui aussi la tasse au mélange caféiné brûlant à ses lèvres. Le fait que la prohibition ait été mise en place, les gens avaient dû développer talent autre que celui des cocktails. Ils avaient dû palier à l'absence d'alcool pour tester de nouvelles recettes. Faire un bon café, par exemple, n'était maintenant plus seulement un coup à prendre mais un art à maîtriser. Les cafés du Mary étaient purement divins, c'était la seule chose dont Nuño se réjouissait d'aujourd'hui.

Les accusations à peine voilées de son supérieur l'avaient crispé. Le cubain avait beau eut se dire qu'il ne le devait pas, son rythme cardiaque avait accéléré. Il savait que l'homme-loup le percevrait mais c'était quelque chose qu'il ne pouvait maîtriser. Nuño n'avait pas pour habitude de maîtriser, Nuño improvisait. C'est ce qu'il faisait de mieux. Revêtant un regard rieur, un large sourire, le brun se tourna vers son chef : « Toujours aussi énigmatique, Rafael hein ? Dis-moi où tu veux en venir exactement plutôt, hein ? Ou on met ça de côté et je t'apprends ce que je sais sur ce vieux bar dans lequel tu m'as balancé ? »
L'accent chantant typiquement cubain sonnait vrai. C'était ça la clé : ne pas mentir, simplement dévier la conversation ou enjoliver la vérité. Morienval n'était pas dupe, mais Morienval était un homme qu'il savait occupé. Nuño décidait donc de jouer sur cette carte afin de a) écourter cette douloureuse entrevue, b) repousser la guillotine en-dessous de laquelle le cubain s'était mis tout seul. Évidemment, si l'agent double était découvert comme résistant c'était la potence qui l'attendait. Être balancé par-dessus les murs lui faisait peur. Oui, il avait vécu en autarcie, après 2012, mais il ne se voyait pas quitter son petit confort acquis à la NOLA. Il ne se voyait pas quitter Riley non plus.

Nuño lâcha un dernier sourire en coin avant de reprendre une gorgée de café. Il lança sur le ton de la conversation, en espérant que Morienval se prête bêtement au jeu sans trop y croire : « Je trouve que leur café ici est vraiment bon, peut-être même le meilleur. Enfin, juste après celui que je fais moi au Old Absinthe. » Le brun ne servait pas uniquement du café, au Old Absinthe House, les deux hommes le savaient bien. C'était d'ailleurs pour cette raison que Cristóbal Villanueva avait été mis en place là-bas. Puis parce que feu Martin, paix à son âme, prenait part activement à la résistance. Nul doute que sa veuve prendrait sa suite. Morienval avait du flair, plus qu'un chien de chasse. Et Morienval était réputé pour être implacable. Il n'oubliait pas et ne pardonnait pas plus. Le cubain sentait ses muscles se tendre malgré l'étreinte chaude que lui laissait ses gorgées de café chaud. Son supérieur attendait des motifs de son absence, que Nuño n'était pas prêt à lui offrir. Le cubain jouait depuis si longtemps à ce double-jeu qu’il se voyait mal en sortir. Tromper son monde était facile jusqu’à ce que l’on commence à devoir des explications aux autres. Il s’était lourdement fait rattraper par ses sentiments et du coup une crainte de perdre le peu qu’il pouvait bien posséder. L’agent-double s’était fait avoir comme un putain de bleu, il se revoyait lorsqu’il venait de commencer son premier service au sein de la police. Le pire était qu’il s’était fourré seul dans cette situation : personne ne lui avait demandé de tomber sous le charme de sa cible, personne ne lui avait forcé la main pour prendre part à quelques actes programmés par la résistance et personne ne saurait mieux se sortir de cette impasse que lui-même. Il fallait juste mettre de côté ses remarques que lui seul trouvait drôle et jouer le jeu. Jouer le jeu de Rafael Morienval. Nuño reprenait lentement ses esprits et opta pour le plan de bataille suivant : l’improvisation. Un sourire faussement confiant, il patientait pour sa sentence. Rafael avait clairement l’avantage, ce dernier le savait, le cubain le savait également.

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