AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 « ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1176
↳ Points : 1080
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4.
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Habits - Plested; ROGERS.; BUKOWSKANK
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: « ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam   Sam 2 Juin - 2:08



¿Dónde está la biblioteca?

 

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Voilà des mois maintenant que lorsque je passe les portes de mon bureau, je prête plus d'attention à mes dossiers personnels qu'à ceux professionnels. Partout autour de moi s'étalent des piles de feuilles avec les noms des personnes liées à moi. Allant des créatures liées par la magies à ma propre famille, mes propres amis. Ça peut sembler bizarre comme habitude, de vouloir tracer la vie des gens qui nous entoure. Je me serai dit la même chose il y a quelques années mais après avoir rencontré et connu Cordelia, si j'ai bien compris une chose, c'est qu'il fallait avoir l’œil partout parce que si on ne l'a pas, quelqu'un l'aura à notre place.

Pourtant, aujourd'hui, alors que je laisse les piles s'écraser par terre les unes après les autres, c'est sur un dossier du gouvernement que je m'attarde. Confortablement assis sur ma chaise, j'entends frapper à ma porte et alors que je vois la tête de mon tatoué assigné surgir, je roule des yeux, las, avant de lui demander ce qu'il veut. J'avais demandé à ce que l'on ne me dérange pas et il sait combien ça m'agace qu'il le fasse – pour autant, ça ne l'empêche pas de continuer. C'est un peu l'idée de cette relation, comme un vrai petit toutou, il est adorable mais un peu trop collant par moment. Après l'avoir autorisé à prendre sa pause déjeuner, lui hurlant – à peine – de fermer la porte avant que je lui lance quelque chose dessus, je reprends ma lecture. Sans mentir, le dossier est pénible, comme tous les dossiers qui m'arrivent sous le nez en ce moment.

La moitié parlent de Hide et de ce que le gouvernement doit faire pour le contrer, pour agir, l'autre parle de gens dont je me fous qui font des choses dont je me fous encore plus. Après avoir passé plus d'une heure à éplucher les pages encrées des papiers, les corriger et les ranger dans de nouvelles piles, je finis par regarder l'heure sur ma montre et me décider à descendre manger à mon tour. Marcus n'est pas encore revenu et à vrai dire, le bâtiment est plutôt vide à cette heure-ci. En soi, c'est plutôt agréable, traverser les couloirs sans croiser une tonne de fonctionnaires avec des balais allant de leur rectum à leur gorge. Pensif, je traverse sans y prêter réellement attention le bâtiment quand je le vois, au loin.

Le visage me semble familier et me fait ralentir mon pas. Je cherche quelques instants dans ma mémoire d'où je peux bien le connaître. Clairement, il n'a pas l'allure pour travailler ici. Je finis par m'arrêter complètement, détournant les yeux de l'homme pour ne pas qu'il se pense observer et chercher, parce qu'au fond de moi, mon instinct me dit que je dois me rappeler de lui. Quelque chose d'urgent et d'oppressant. Alors je passe en revu tout ce que j'ai fait ces derniers temps, rapidement, j'essaie de remettre les visages à chaque main que j'ai serrée et pourtant, rien ne me revient. Mais putain, je deviens vraiment fou ? C'est ça, la conclusion ?

Les pas se rapprochent, ils font du bruit sur le sol et alors que je n'arrive pas à simplement reprendre ma route, je croise enfin son regard, plus clairement. Ces yeux, cette barbe.

Lazlo Andersen.
Simple éleveur de pigeon.

Dans le dossier de Milo, dans le dossier de Mikkel. Dans les papiers du gouvernement. Mais alors pourquoi faire une fixation sur ce type ? Et ça me revient, alors que mon cœur s'arrête, alors qu'il s'apprête à croiser mon chemin.

Lazlo Andersen.
Membre actif de la résistance.
Préférence pour tout ce qui fait boum.

Putain de merde.

Le voilà à ma hauteur et mon bras attrape le sien. Je le serre bien trop fort alors que je me plante face à lui. Quelques micro secondes pour poser mes yeux dans son regard clair et surtout, ne pas ciller. Il n'a rien à foutre là. Il est dangereux, instable. J'en suis persuadé. Après tout, il est capable de poser des foutus bombes, pas vrai ? Je lui adresse mon sourire de ministre, le dos bien droit et ce regard aussi froid que possible au fond des yeux.

« Je peux vous aider peut-être ? » Sans attendre de réponse, je resserre un peu mon emprise sur son bras et reprend, encore plus froid qu'avant, laissant le masque prendre le dessus et l'instinct de survie s'envoler au loin. « Sans vouloir vous offenser, cher monsieur, les bâtiments ne sont accessibles au public que sur rendez-vous. » Et alors que j'enlève ma main de son avant bras pour regarder sans réellement le faire ma montre, j'ajoute. « Et si je ne doute pas de votre bonne foi, mon cher, soit vous ne savez pas lire l'heure sur un papier, soit vous n'avez pas votre place ici. » Mon sourire s'étire, plus faux que jamais.

Pourvu que ça suffise, qu'il fasse demi-tour. Au final, ce serait le plus simple. Le laisser partir, m'intéresser à lui plus tard, ou jamais. Mais pas maintenant, pas ici. Dieu sait ce qu'il sait sur moi, ce que les métamorphes lui ont dit. Il peut potentiellement me foutre dans la merde jusqu'au cou, ou bien, n'en avoir rien à foutre de me tuer. Et c'est là, que me vient la douce et terrible idée. Celle d'en rajouter une couche au cas où lui viendrait l'idée de jouer au kamikaze.

« Faites attention à qui vous vous en prenez, les conséquences sur les gens qui vous sont chers peuvent tomber bien plus vite que vous ne le pensez, Andersen. »

Prendre le dessus, le mettre mal à l'aise. Des menaces qui n'en sont réellement que s'il les comprend, que s'il les assimilent. S'il me tue, il change ses petits copains en animaux. Le sait-il ? Sait-il qui je suis pour ceux qui l'entourent ? Connaît-il autre chose que mon visage ? Ou alors, pire que ça, fait-il partie de ces hommes qui n'ont plus rien à perdre et sur qui les menaces glissent comme la goutte de sueur qui parcoure lentement mon dos alors que je garde ce visage trop froid, trop calme.



_________________


NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 770
↳ Points : 81
↳ Arrivé depuis le : 02/06/2016
↳ Age : 28
↳ Avatar : Tom Payne (k12)
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Eleveur de volatiles à but communicatif
↳ Opinion Politique : Boom baby !
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Gogol Bordello - Start Wearing Purple ♫
Depeche Mode - Where is the Revolution ♫
Gorillaz - Let Me Out ♫
↳ Citation : "Et merde"
↳ Multicomptes : Noah D. Meadow & Roman A. Ievseï
↳ Couleur RP : #669999



les petits papiers
↳ Copyright: Babine (avatar) / sign (k12)
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam   Dim 3 Juin - 23:31



¿Dónde está la biblioteca?

 


Avancer. Avancer, parce qu'il le fallait. Cumuler la douleur, la hargne, la déception, le manque, y ajouter l'amertume, la rancœur et s'en servir pour combler le vide. Remplir, remplir jusqu'au trop plein, jusqu'à ce que tout finisse par exploser. C'était ça, le but de sa vie. Ce n'était pas une histoire de coeur, c'était plus profond que ça. Plus distant. Ou juste une nouvelle fumée dans laquelle se repaître et se prélasser. C'était plus simple d'avancer à l'aveuglette que d'avoir à voir précisément tout ce qui l'attendait.
Pourtant il aurait pu les écouter. Maisy, Milo. D'une certaine manière c'était précisément ce qu'il avait fait. Les vannes s'étaient ouvertes avec trop de violence, la plaie avait dégorgé pendant des jours, des semaines entières. Ils l'avaient enroulé de leur amour, de leur tendresse et de leur générosité, avait posé un voile d'ouate sur ses blessures, mais ce n'était pas ça la solution. Ca n'avait jamais été la solution. Comme donner de la nourriture à un affamé, c'était un coup à ce qu'il finisse par tout recracher. Et c'était précisément ce qu'il lui arrivait.

Lazlo avait fini par arriver à une conclusion. Ses amis l'avaient guidé, ces derniers jours, lui conseillant de trouver une nouvelle approche à une vie qui n'avait plus le moindre sens. A défaut d'un but, d'une finalité, Lazlo avait décidé qu'il était temps qu'il se remette avec plus de sérieux dans la Résistance. Une manière comme une autre de colmater la brèche, de se concentrer sur tout autre chose et de s'oublier au passage. Parce qu'il n'avait plus rien, et donc plus rien à perdre. Alors peu importait au final, qu'il revienne au devant du danger. A l'époque, il aurait réfléchi à deux fois avant de revenir sur le terrain. Il aurait pesé le pour et le contre, la promesse qu'il avait faite à Mikkel engoncée au creux de son crâne comme un leitmotiv pour l'engager à ne pas faire de connerie. Mais Mikkel n'était plus là. Mikkel était parti, à tort, à raison, peu importait. Mikkel était parti, et Lazlo n'avait plus que son monde tout entier à reconstruire. Plus que lui-même à qui faire des promesses qui auraient du sens, et cette éventualité-là avait rapidement été remisée dans les tréfonds de son inconscient.
Ne restait plus que cette violence sourde, tapie sous sa peau, qui vibrait si intensément qu'il avait besoin de la laisser sortir. Il aurait pu chercher des noises au premier venu, aurait pu distribuer des coups dans les clubs de combat illégaux qui rampaient sous la surface. Et si la perspective d'entendre ses muscles se briser inéluctablement sous les coups de types plus forts ou plus habiles que lui était douce, il avait trouvé bien mieux. Nettement mieux.

Les Arènes étaient bien assez loin derrière lui pour qu'il ait recouvré partiellement son anonymat. Et qui disait anonymat disait qu'il pouvait revenir sur le terrain aux côtés de la Résistance. S'ils étaient tous hypothétiquement soumis aux volontés de ce pantin qu'était Hide, ça n'empêchait pas les anciens groupuscules de la Résistance d'effectuer quelques actions d'éclat plus ou moins sans son aval. Une question de confiance. Et ou de Résistance en interne. Des mercenaires, en somme. Peu importait d'où venaient les ordres, qu'ils soient supérieurs ou purement personnels, certains électrons libres continuaient d'exploser çà et là, bien loin du radar. Et Lazlo avait décidé d'être de ceux-là. Les maillons les plus vigoureux de la chaîne, les plus violents, les plus imprévisibles. Aussi, quand Cassidy l'avait rencardé sur la volonté de leur tête pensante d'infiltrer le Gouvernement, Lazlo avait accepté immédiatement.
Plus rien à perdre. Plus la moindre promesse à tenir. Plus personne qu'il aurait pu protéger, retrouver ou impressionner. Alors il ne servait à rien de réfléchir d'avantage.

Il était seul sur cette mission. Cassidy lui faisait de nouveau suffisamment confiance pour ça, et ça l'arrangeait. Il n'avait pas grand chose à faire, juste entrer, repérer la structure, les points de rupture potentiels dans l'architecture et rentrer au QG pour faire son rapport. Le fun viendrait plus tard, lorsqu'ils reviendraient en petit groupe pour installer les explosifs. Et tous ces cons paieraient, pour la dictature, pour la ségrégation, pour le rationnement et pour le reste. Oui, le monde entier paierait pour ce qu'il lui avait fait.

Plusieurs membres du réseau avaient infiltré le bâtiment du Gouvernement, puis tout s'était arrêté avec l'hégémonie du pantin en chef. La dissidence commençait à voir l'attente interminable de nouvelles instruction d'un très mauvais oeil, si bien qu'il n'avait eu aucun mal à se garantir un accès par la porte de service. Mina, une femme de ménage excédée par l'attitude de Hide, lui avait glissé son trousseau de clés dans la main et quelques conseils au creux de l'oreille. Si l'heure était avancée et la nuit pas loin de tomber, il courait tout de même le risque de croiser quelques employés noctambules. Rien de très grave, s'il se faisait passer pour du personnel d'entretien des locaux. Mais avec sa grande barbe et ses cheveux longs, il avait tout intérêt à raser les murs. Et citer son nom si jamais la situation tournait au vinaigre. Lazlo avait accepté son aide d'un simple hochement de tête. Les yeux caves, le teint cireux et les cheveux ternes, il n'avait pas suffisamment de présence en lui-même pour se soucier des conséquences. Valdès lui faisait confiance, c'était bien la seule chose qui comptait pour lui. Ca, et le fait qu'il était tout à fait capable de tirer une balle du Glock dissimulé sous sa ceinture en travers de son joli minois sans sourciller. La mission. Tout ce qui l'intéressait, c'était sa mission.

La moquette épaisse qui jonchait les sols, les tapis luxueux, étouffaient le bruit de ses pas. La démarche robotique, le Résistant avait suivi le chemin indiqué par Mina pour rejoindre le plus rapidement possible la section réservée aux plus gros bonnets de la société. Un labyrinthe de couloirs et de bureaux qui avaient tous la même tronche, tout juste distinguables les uns des autres par une petite plaque dorée avec le nom des victimes potentielles. Conscient d'être sous armé malgré la faible proportion d'employés encore présent, l'Oiseleur restait aux aguets. Jaugea quelques points de rupture potentiellement meurtriers dans l'architecture qu'il nota sur un plan froissé de la structure. La charpente, malgré son apparente solidité, pouvait s'effondrer comme un château de cartes pour peu qu'ils utilisent suffisamment d'explosifs. Ce serait une entreprise aussi coûteuse que fastidieuse, qui compterait beaucoup de ressources, mais pas impossible. Il suffisait que l'attaque soit coordonnée. Il suffisait d'âmes assez déterminées, comme lui, pour que tout parte en fumée.
Louvoyant dans les ombres, évitant consciencieusement les couloirs éclairés et les bureaux encore occupés, il engloutit les kilomètres sans sourciller. Quadrillait l'espace sans tenir compte de la douleur qu'il sentait sous la plante de ses pieds, tant il s'efforçait d'atténuer le bruit de ses propres pas à chaque mouvement. Il avait couvert près de la moitié du bâtiment avec autant d'application que possible quand il s'engouffra dans une nouvelle aile pour continuer son repérage. Ici, la fréquentation était minime, mais tous les halls étaient parfaitement éclairés. Considérant faire sauter les plombs pendant une seconde pour inciter les derniers occupants à quitter les lieux, il se retint. Mina avait eu beau le conseiller, elle n'avait pas eu le temps de lui dire où se trouvaient tous les disjoncteurs du bâtiment. Soit il abandonnait cette section, soit il redoublait de vigilance.
Vigilance. Il devait accomplir la mission, point.

Il pouvait la sentir, sa Colombe. Elle piaffait, inquiète, donnait des coups de becs dans ses nerfs déjà tendus. Un désaccord interne qu'il éprouvait depuis qu'il avait franchi le seuil de la porte de service, une forme d'angoisse sous-jacente qui n'était pas la sienne. Que l'animal panique était un fait. Mais lui, oh lui, il était parfaitement calme.
Tout comme il garda son sang-froid, en entendant les pas étouffés d'une personne qui se glissait dans son dos. L'odeur capiteuse de l'homme, un parfum luxueux qui chatouillait son odorat sur-développé, l'accueillit avant même qu'il n'ait senti les doigts se refermer sur son bras. Pivotant sur ses pieds pour faire face à son propriétaire, il croisa un regard aussi glacial que familier.
Le Ministre Liam Wiggins. Un type jeune, aux dents si longues qu'elles raclaient le plancher à travers l'épaisse moquette qui le recouvrait. L'un des plus jeunes membres du Gouvernement actif, et, par conséquent, quelqu'un dont il fallait se méfier comme de la peste. Certains de ses collègues étaient des idiots, mais Wiggins avait tout sauf le même regard bovin que ses aînés. Certainement la pire des personnes qu'il puisse croiser ce soir, même s'il était manifestement seul.  

-Veuillez m'excuser, j'ai été appelé par un de vos collègues pour une livraison mais je me suis comme qui dirait perdu. C'est que c'est vachement grand, en fait, le Government Building !

Affectant une mine contrite, il laissa son regard couler le long des traits carrés du jeune Ministre. Son visage, il le connaissait par coeur pour l'avoir étudié pendant des heures lors de réunions de crise au QG. Pour avoir dû le voir dans les journaux de propagande, toujours au fond derrière ses aînés, mais le regard bien plus brillant qu'eux tous. Parce que ce type, c'était une gangrène. Personne ne savait précisément quel était son domaine, mais tous s'accordaient à dire qu'il était efficace à son boulot. Et c'était bien ça le problème.
L'air toujours aussi confus, Lazlo grimaça sous la pression, s'efforçant à détendre ses muscles pour les minimiser. Laisser l'ennemi vous sous-estimer, et frapper. Son Glock était chargé, il ne serait pas difficile de déstabiliser Wiggins et lui tirer dessus. Il espérait juste ne pas avoir à arriver à une telle extrémité.
Peut-être que ça se voyait, au fond. Qu'il n'avait tellement plus aucune notion de sa propre humanité que son regard était éteint, malgré qu'il ait tenté de lui donner une once de luminosité. Que sa voix était rauque d'avoir trop pleuré, trop hurlé, trop peu parlé. Que ses muscles étaient secs et nerveux, des ressorts prêts à partir dans tous les sens. Lazlo était une bombe à retardement, et peu importait qu'il ait donné une image convaincante ou non d'homme honnête, Wiggins semblait scanner son âme pour voir tous les éclats de shrapnel qui pouvaient potentiellement abîmer son joli minois.
Si bien qu'il ne lâchait toujours pas son bras.

-Dites, vous avez une sacrée poigne pour un gratte-papier, ça vous dirait pas de me lâcher ? Parce que je suis vraiment désolé si je vous ai dérangé, je voulais pas, vraiment. Et si vous me lâchez, promis, j'file direct de là d'où je viens !

Son rôle de blond idiot n'avait pas l'air de prendre sur le Ministre. Manifestant d'une force supérieure à ce qu'il laissait entendre, la preuve que l'hypothèse de se faire sous-estimer de Lazlo étant trop juste, il le tira vers lui. La Colombe piaffa, agitant ses ailes, courroucée par le danger. Pour la première fois depuis des semaines, Lazlo et son oiselle étaient sur la même longueur d'ondes. Se laissant malmener comme s'il était un simple citoyen perdu, il grimaça et agita une main plaintive pour inciter l'autre à se calmer.

-Promis, promis, j'me tire, j'suis désolé de vous avoir dérangé monsieur !

Mais Wiggins n'en avait cure. Et glissa quelques paroles au creux de l'oreille de Lazlo.
Electrochoc. Pendant une brève seconde, les automatismes étaient revenus régner tant sur son corps que sur sa conscience. Mécanisme. La Mission risquait d'être compromise, si l'autre connaissait son identité. Attaquer ou poursuivre le jeu du livreur perdu ? Wiggins n'était pas l'idiot prétentieux qu'il affectait être dans chacune de ses sorties mondaines. Lazlo n'avait aucune raison de poursuivre son petit jeu de livreur paumé, ça ne prendrait pas. Par contre, il pouvait encore jouer l'indignation.

-... Me menacez-vous, Monsieur ? Est-ce vraiment nécessaire ?

Gagner du temps. Si Wiggins faisait sa propre justice, ce soir, c'était qu'il était seul. Faisant mine de se libérer de sa poigne, Lazlo se contorsionna et renversa volontairement un vase du guéridon placé juste derrière lui. L'objet s'écrasa brutalement au sol, éclatant bruyamment. Mais ses oreilles ne captèrent aucun bruit, ni de conversation ni de pas, alentours. Rien. Il n'y avait qu'eux.
Gagner du temps.

-Non parce que nous avons un accord, votre gouvernement et ma petite entreprise, dont vous devez être parfaitement au courant si vous me connaissez. Ce qui signifie que je fais des livraisons expresses où que ce soit, selon la demande. J'me suis planté de chemin, ça arrive, c'est pas un drame.

Communiquer, ce n'était pas le but. Il avait des droits, mais ces derniers étaient valables dans une société normale. Pas dans celle-là. Non, l'idée c'était de gagner du temps, d'élaborer un plan d'attaque. Et, progressivement, l'expression sur son visage s'était durcie. Il n'avait rien à perdre.
Rien à perdre.
Wiggins était sur le point de rétorquer, il pouvait le sentir. S'il parlait, il allait abaisser sa garde, pendant une fraction de seconde. Le poids de son Glock chargé, à sa ceinture, pressait sa chair comme un appel. Il était temps. Opérant un pas de côté, Lazlo leva le bras que Wiggins pour pivoter et le forcer à lâcher prise. S'appuyant sur la rapidité que lui conférait la seconde, il se pencha et poussa Wiggins dans l'abdomen avant de reculer d'un pas, toisant froidement le Ministre. Il avait plusieurs choix, dans ce couloir désert. Et le plus simple serait de l'abattre. Mécaniquement, il s'empara de la crosse de son pistolet. Dressa le canon de l'arme entre eux, sa main parfaitement stable. Son regard parfaitement droit.
Il n'y avait personne, il l'avait en joue. Avec le plan froissé dans sa poche, il n'aurait aucun mal à rejoindre la sortie avant que quelqu'un n'ait donné l'alerte.

-Que crois-tu pouvoir faire à mes hypothétiques proches, connard ? Essaie de me convaincre de pas t'abattre, parce que j'en meurs d'envie.



_________________

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
you've been pissed on for too long your rights abused your views refused they manipulate and threaten with terror as a weapon scare you till you're stupefied
wear you down until you're on their side
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3658-lazlo-pour-vivre

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1176
↳ Points : 1080
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4.
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Habits - Plested; ROGERS.; BUKOWSKANK
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam   Lun 4 Juin - 22:14


Le regard planté dans le sien, le menton fier et cette attitude détestable ancrée dans ma peau, c'est tout ce qu'il aura. L'homme ne se démonte pas, il prétend une belle connerie qui me fait rouler des yeux quelques secondes. S'aventurer sur le terrain du plus con est dangereux, surtout avec moi. Et le pire, c'est qu'il insiste. Il continue. Il prétend qu'il n'est rien, personne. Du moins, personne pouvant détruire des tonnes de vies. Foutus résistants, foutus débiles plein d'espoir ou d'illusions. Sauf que son petit jeu, il ne prend pas une seconde parce que le temps de lui tenir le bras, le temps de ces quelques minutes c'est son dossier qui me revient en tête.

Lazlo Andersen. L'homme qui élevait des pigeons. Aux yeux de tous, il est quelqu'un de bon, d'innocent et fiable. Ce mec rend service au gouvernement, il ne sourcille pas et sourit poliment. Les premières lignes de son dossier, un homme sans danger, voilà ce qui est écrit dans les petits papiers du gouvernement.

Pourtant, je sais que c'est faux, je sais que tout ça, ce n'est que du vent. Sombre manipulateur, peut-être aussi con que moi, seulement dans le camp opposé. Je m'éloigne de son oreille après l'avoir menacé, voir combien de temps il peut tenir son masque. Parce que clairement, s'il veut jouer à ça, mon masque est tellement bien scellé sur ma peau qu'il perdra, qu'il a déjà perdu sans le savoir. Mon sourire ne bouge pas d'un millimètre et je reste stoïque, imperturbable jusqu'à le voir réagir, jusqu'à voir son masque tomber.

Il suffit de quelques secondes pour que le blond change de ton, de visage, de peau. Il suffit de quelques secondes pour qu'un premier masque tombe et que mon sourire s'épaississe. Mon regard sourit, lui aussi, face à sa remarque indignée. Évidemment, que c'est nécessaire. Comment connaître le visage d'un homme sinon ? Je laisse ma langue glisser contre mes dents alors qu'il s'amuse à faire tomber un vase derrière nous. Le bruit de ce dernier ne me perturbe pas plus que lui, parce que s'il vérifiait quelque chose ou faisait simplement une connerie, je savais déjà que nous étions seuls et que personne n'arriverait.

Pourvu que Marcus ne revienne pas, pourvu qu'il prenne encore son temps.

La pensée qui me traverse l'esprit me déconcentre quelques secondes. Des secondes de trop, qui laisse le résistant échapper à mon attention alors qu'il ouvre à nouveau la bouche. Un joli blabla dont je me fous complètement, clairement, si j'étais sûr qu'il n'avait pas de bombe sur lui, je lui aurais fait fermer sa grande gueule avant même qu'il ne finisse. À la place, je me contente d'un long soupir, las. Vraiment, il veut continuer sur ce petit jeu longtemps. Pénible, usant. Et puis, évidemment, dans mes secondes d'inattention, je n'ai pas vu son arme qu'il pointe rapidement entre nous.

Et le voilà, le vrai dossier. Celui qui n'est que sur mon bureau, celui que j'ai élaboré avec des sources que le gouvernement n'a pas. Lazlo Andersen. Fréquentations discutables. Mikkel, notamment mais aussi tant de résistants. Cassidy Valdès. Et puis Milo, également. L'homme a fait les arènes, il s'en est sorti détruit, miné. Il s'en est sorti encore plus dangereux qu'avant. Un homme en colère, qui ne peut plus hurler comme avant. Un homme dont le visage est passé sur les écrans. Trop dangereux pour les résistants pour un temps, il a sûrement du passer des mois comme un oiseau en cage, à ne plus pouvoir voler. L'homme a du ruminer, gagner de la colère et s'empoisonner lui-même dans des mensonges pour se rendre la vie plus belle.

Lazlo Andersen, l'homme qui posait des bombes avant même que le gouvernement ne s'intéresse à la résistance. L'homme qui peut détruire ma vie en un mouvement. Clic.

J'aurais pu avoir peur, et si je suis tout à fait honnête, lorsqu'il pointe son arme sur moi, j'ai peur, un instant. Pendant un instant, je vois ma vie, je revois la dernière fois qu'une arme a été pointée sur moi aussi. Je confonds son visage avec celui de Nolan et si cette seconde s'était éternisée, j'aurais probablement fait une connerie. Mais fort heureusement, le livreur parle à nouveau et me redonne mon sourire. Plus froid, plus distant que jamais. Il me reconnecte avec la réalité.

Il n'est pas mon frère. Il n'est pas une réelle menace. Parce que sa vie, j'en ai pas grand chose à foutre et qu'il a plus à perdre que moi, c'est juste qu'il ne le sait pas. Pourtant, il doute, le grand. J'ai semé une idée dans sa tête qui se gangrène lentement alors qu'il sort sa plus belle insulte pour un simple gratte-papier, comme il l'a si bien dit.

« Oh mais c'est que tu m'impressionnes, gamin. » Sans sourciller, je laisse un rire m'échapper avant de reprendre. « Tu crois vraiment que me menacer est la meilleure chose à faire dans ces circonstances ? »

J'ouvre mes mains pour désigner l'espace, laissant mon regard se traîner de droite à gauche avant de retrouver le sien. « Sans vouloir te vexer, t'es pas le premier à vouloir jouer au martyr et... sans te gâcher les potentielles fins qui s'offrent à toi... », je m'approche un peu, murmurant pour continuer ce jeu totalement inhumain qui s'installe entre nous. « … y a pas une seule fois où ça finit bien. » Je hausse les épaules, et me recule pour m'appuyer sur le mur derrière moi.

Je prends le temps de croiser mes bras, laisser la tension monter, les mots s'étaler dans son crâne déjà malade avant de reprendre, très calmement, trop calmement. « Si tu crois me faire peur, avec ton joli petit flingue, je suis désolé de t'annoncer que ce n'est clairement pas le cas. Parce que tu vois, la différence entre nous en cet instant elle est cruciale. Laisse moi t'expliquer, tu veux ? »

Question qui n'appelle aucune réponse, qui n'en attend d'ailleurs aucune avant de reprendre, laissant mes gestes accompagner mes paroles, comme si j'étais en réunion. Comme si la situation était normale et qu'on ne risquait pas nos vies tous les deux sur un simple instant. « Là, je t'ai clairement montré que je savais qui tu étais Lazlo. Bon, pour ce coup, tu me connais aussi, alors pourquoi est-ce à mon avantage ? » Je lui souris et plante mes yeux dans les siens, cette fois-ci, de manière plus agressive, plus provocatrice. « Parce que ton visage à toi, petit soldat résistant, il est sensé rester transparent, je me trompe ? »

Le problème, lorsqu'on se prend pris au piège dans un jeu, le problème, lorsqu'on a un masque qui nous va tellement bien qu'il a fondu dans nos chairs, c'est qu'on est plus capable de s'arrêter. Plus capable de mesurer la ligne à ne pas franchir, les limites à ne surtout pas dépasser. J'aurais pu m'arrêter là, semer simplement encore un peu de doute sans réellement risquer ma vie, sans avoir un réel enjeu de mon côté. Le tenir occupé jusqu'à ce que le bâtiment se remplisse à nouveau et qu'il se retrouve piégé. Mais ça, c'est trop raisonnable pour mon masque, pour l'homme qui n'a rien à perdre. Pire, pour l'homme qui a tout à gagner à faire passer un résistant pour un monstre qui l'a tué alors qu'il allait simplement déjeuner.

Alors je m'avance, lentement. Pas à pas, mes chaussures écrasent un peu plus les restes du vase qui s'est brisé à quelques centimètres de nous. Je m'avance suffisamment pour avoir son canon directement posé sur mon costume, probablement si près de mon cœur qu'il peut en ressentir les vibrations. Et puis, mon sourire passe de froid à sans aucune émotion, plus rien. Le vide dans mes yeux, autant que dans les siens. Pas de peur, pas de haine, pas d'amour non plus, sans doute ce qui nous diffère. Je me racle la gorge avec insistance avant de reprendre, d'une voix aussi vide que mon regard.

« Tue-moi, qu'est-ce que tu attends ? Après tout, un gratte-papier comme moi, quel pouvoir peut-il bien avoir sur tes proches, n'est-ce pas ? Comment, d'ici, je pourrais attenter à la vie de ceux qui te sont chers ? Ou même, comment je pourrais les connaître, après tout, tu n'es qu'un simple livreur, pourquoi connaître ta vie, n'est ce pas ? »

Je laisse ma langue claquer sur mon palais avant de continuer, tournant légèrement la tête sur le côté, histoire de le considérer un peu plus comme un moins que rien, un lâche, qui n'est pas prêt à risquer la vie de deux personnes pour une cause. Un simple putain d'humain, aveuglé par ses sentiments qui n'est pas capable de voir au delà de son propre cœur. Pathétique.

« Comment, moi, simple pantin du gouvernement, pourrait tuer Milo Aldrin, d'un simple claquement de doigts ? » Clac. Mes doigts résonnent dans le couloir vide, et je m'enfonce, un peu plus dans ce rôle qui peut me tuer. Dans celui qui ne me concerne plus moi mais cette image que j'ai crée. Je perds peu à peu mon humanité tandis que je cherche à rendre l'homme face à moi plus humain qu'il n'y paraît. Et c'est dans un murmure, que j'ajoute le mot de plus, peut-être de trop. « Comment, en me tirant une balle en plein cœur, tu pourrais tuer Mikkel Ievseï, après tout, c'est impossible, n'est-ce pas ? Alors t'attends quoi ? »

Je marque une courte pause pour venir glisser ma main glacée sur la sienne, celle qui tient l'arme, et murmurer, encore plus doucement, en retrouvant son regard pour ne pas le quitter une seconde. « Tire et rentre chez toi. Deviens un héro pour ta cause, t'as quoi à perdre, dis-moi ? »

Je respire à peine, ne cligne pas des yeux. Mes yeux dans ceux du résistant. Alors, qui es-tu réellement, Lazlo ? Es-tu un simple pantin ? Ou alors pire, es-tu, toi aussi, de la pire espèce ? Celle qui a lancé son cœur à la poubelle, vendu son âme trop de fois pour espérer en revoir ne serait-ce qu'un fragment un jour ? Es-tu celui qui peut perdre son humanité pour prouver sa valeur à un homme ? Ou alors es-tu celui qui aime ? Celui qui, peu importe le nombre de fois qu'il sera brisé, se relèvera. Avec toujours plus de colère, toujours plus d'espoir et d'illusions. Dis-moi, Andersen ? Es-tu celui qui est prêt à prendre un pari ? Laisser les paroles d'un homme envahir ton crâne fatigué, le laisser se glisser à l'intérieur de tes veines comme un venin et t'obséder au point de t'effrayer ? À moins que tu sois celui qui n'y croit pas, qui se ferme à toute idée, ne laisse pas une fracture dans son crâne, colmate les plaies avant même qu'elles ne se créent ?

Vas-tu tirer, perdre ceux que tu aimes à tout jamais ? C'est toi qui vois, moi, je reste là.

_________________


NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

ANIMAL I HAVE BECOME

avatar
Féminin
↳ Nombre de messages : 770
↳ Points : 81
↳ Arrivé depuis le : 02/06/2016
↳ Age : 28
↳ Avatar : Tom Payne (k12)
↳ Age du Personnage : 31 ans
↳ Métier : Eleveur de volatiles à but communicatif
↳ Opinion Politique : Boom baby !
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2
↳ Playlist : Gogol Bordello - Start Wearing Purple ♫
Depeche Mode - Where is the Revolution ♫
Gorillaz - Let Me Out ♫
↳ Citation : "Et merde"
↳ Multicomptes : Noah D. Meadow & Roman A. Ievseï
↳ Couleur RP : #669999



les petits papiers
↳ Copyright: Babine (avatar) / sign (k12)
↳ Disponible pour un topic?: Oui =D
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam   Lun 4 Juin - 22:45

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Le canon du Glock occupait une bonne partie de son champ visuel. Comme un prolongement de son bras, il ne bougeait pas plus que tout le reste de son corps. Un calme olympien, implacable, alors que Lazlo attendait les explications du Ministre. Pas qu'il se souciât réellement des conséquences, non. Il cherchait encore à décider s'il devait l'abattre séance tenante ou s'il faisait mieux de l'écouter. Ce connard avait menacé de blesser ses proches. Bien sûr, il devait avoir suffisamment d'informations sur son compte à cause du deal de pigeons. Mais en avait-il vraiment suffisamment pour avoir l'air aussi hautain ? Savait-il suffisamment de choses sur Lazlo pour pouvoir affirmer haut et fort qu'il était capable de se glisser sous sa peau, et laisser ses paroles le ronger jusqu'à la moelle ? Tous les types du Gouvernement savaient qui il était, pour peu qu'ils se sortent un peu de la contemplation de leur propre nombril. Liam Wiggins allait-il être l'exception qui confirmait la règle ? Il ne tenait finalement qu'à lui de le prouver.

Le Glock respirait aussi lentement que lui, s'agitant imperceptiblement à l'oeil nu. Tirer ou ne pas tirer ? Wiggins avait saisi sa chance, un sourire vipérin illuminant ses traits carrés. Sa mâchoire s'agitait dans un embrouillamini d'attitudes et de faux-semblants, une fausse diplomatie qui affectait ce que Lazlo haïssait particulièrement chez les gouvernementaux : cette illusion de grandeur, cette condescendance crasse qu'ils ressentaient vis à vis des petites mains. Ce type aimait manifestement s'écouter parler, il aimait avoir la sensation d'écraser les autres en leur expliquant à quel point ils étaient cons. Et si l'attention de Lazlo dévia quelques instants alors qu'il lui prouvait en quoi il lui était supérieur, ce ne fut que pour s'assurer qu'ils soient bel et bien seuls. Pour avoir exploré les alentours quelques temps auparavant, et personne n'ayant manifesté sa présence sous la rupture du vase, le Résistant pouvait mettre sa main à couper qu'il n'y avait que Wiggins et lui dans cette aile du bâtiment. Une aubaine, pour peu que la situation tourne au vinaigre.
Le visage implacable, il pencha légèrement la tête sur le côté, observant le costard-cravate comme un animal de cirque. Nonobstant son apparente vacuité, il cachait bien son jeu. Parce que le regard écarquillé, terrifié que Lazlo avait capté quelques temps auparavant, lui, il était vrai. Tout aussi vrai que ce visage qui se métamorphosait progressivement sous ses yeux, révélant un vide qui faisait étrangement parallèle au sien. Ce n'était pas qu'un ennemi qui se tenait en face de lui dans ce couloir.
C'était un pair. Un homme qui lui non plus n'avait rien à perdre.

Ce fut certainement pour cette raison qu'il finit par enfin prendre en compte ce qu'il racontait. L'homme avait beau le menacer, ses cibles étaient trop éparses pour qu'elles le touchent directement. Peu importait que la sécurité le rattrape, qu'on l'envoie aux Arènes pour trahison. Qu'il abatte un Ministre et s'en sorte ou non. Et Lazlo était un orateur, contrairement à ce que le prétentieux avait l'air de penser. Il connaissait ces techniques. Liam tâtonnait dans ses attaques, il était trop général. Trop général pour le toucher droit au cœur. Que son visage soit connu, qui s'en préoccupait ? Il haussa les épaules en guise de réponse, le laissant tâtonner à sa guise.
Restait que ses tentatives étaient un entonnoir oratoire. Progressivement, l'étau se refermait. Progressivement, Lazlo épousait de nouveau sa conscience, son corps et sa présence en ces lieux. Progressivement, l'Oiseleur se réveillait, et sa maîtrise se faisait moins intense. Le venin avait trouvé une plaie où se glisser.

Milo... ? Quel rapport avait-il avait Wiggins ? Il lui avait bien dit avoir vécu une période trouble, mais où est-ce qu'un type comme lui était devenu un élément important dans sa vie ? Etait-ce du bluff ? Une vague de sueur froide coula le long de la nuque de l'Oiseleur, ruisselant en une goutte unique qui gela finalement sa colonne vertébrale. Il savait qu'il était trop expressif. Il savait que malgré le détachement qu'il tentait de prouver, son visage avait changé d'expression. Ses yeux s'étaient empreints de ce doute caractéristique que recherchait l'autre.
Puis vint le coup suivant. Mikkel. Un coup d'une violence inouïe, qui lui coupa le souffle. Parce que l'autre était bien trop informé. Parce qu'il prenait un malin plaisir à fourrer ses doigts dans des plaies encore ouvertes, les infecter, et ricaner en les voyant se gorger de pus. Liam était un bousier de la pire espèce. Non content de charrier la merde, il la produisait de lui-même. Et ça faisait mal.
Si mal.
Trop mal.
Trop mal.
Trop mal.
Trop...

Trop loin. Wiggins était allé trop loin. Les doigts de l'Oiseleur se relâchèrent autour de la crosse, et, d'un geste souple, il enleva froidement la sécurité de son arme. Trop mal. Un hurlement intérieur accompagna les battements frénétiques d'ailes de la Colombe. Ses piaillements terrifiés enflèrent, enflèrent jusqu'à éclater. Jusqu'au larsen. Le sifflement d'une douleur trop importante qui noyait tout sur son passage. La sensation que sa tête allait exploser.
Puis le silence.
A avoir trop mal, on oublie qui on est. A avoir trop mal, le cerveau tire la sonnette d'alarme. Une sécurité nécessaire si on ne veut pas que la douleur nous rende fou. L'armée lui avait appris, qu'il était trop tendre pour ce bas monde. La vie le lui avait répété. Son coeur le lui avait seriné. Et le bouton avait été enclenché.
On.
Off.


-Essayons, alors.

Du métal roulait dans sa voix, lointaine, rauque. Le regard tout aussi inexpressif que son visage, Lazlo n'attendit pas une seconde de plus pour abaisser son arme et tirer dans la cuisse droite du Ministre. Une gerbe de sang jaillit aussitôt du tissu déchiré, qu'il considéra en penchant la tête sur le côté. C'est fou ce qu'un corps humain est fragile, même quand on est un Ministre. C'est fou comme le sang est rouge, tant chez les connards que chez les innocents.
C'était fou, comme il ne ressentait plus rien. S'accroupissant à côté de Wiggins, il passa une autre longue minute à le considérer sans la moindre impression. En temps normal, il aurait éprouvé une certaine pitié à le voir se tortiller comme un lombric sur sa moquette hors de prix souillée de sang. Mais les circonstances n'étaient pas normales. Elles ne l'étaient plus depuis qu'il avait eu les yeux plus gros que le ventre.

-T'es un mauvais jouer de poker, Wiggins.

Car s'il était son pair, il aurait su. Il aurait su qu'on n'appuie pas sur des nerfs déjà à vif. Il aurait su que s'ils étaient vraiment aussi similaires que ça, jouer sur la douleur était la pire des manières d'aborder l'Oiseleur. Car Lazlo pesait sur sa fêlure depuis trop longtemps. Car il suffisait de peu pour qu'il finisse par craquer définitivement.

-T'as vu juste sur un point, faut qu'on discute, toi et moi.

Personne n'avait accouru au coup de feu, parce que personne n'était là. Une raison suffisante pour qu'il prenne son temps avec le prétentieux. Wiggins pourrait être un prisonnier de guerre assez intéressant. Ou une malheureuse victime de son propre système. Personne ne pleurerait un connard pareil. Souplement, il jeta son pistolet en l'air pour l'attraper par le canon, et asséna un violent coup de crosse contre la tempe du Ministre. Rangea son arme avec détachement à l'arrière de son pantalon pour attraper sa victime, sonnée, par les bras et la tirer vers le premier bureau venu. En l'état, Wiggins ne lui était d'aucune utilité. Il serait plus pratique de l'abattre, mais il avait dit une chose que l'ancien soldat souhaitait éclaircir. La traînée de sang n'était pas discrète, mais il n'avait pas le temps de s'en soucier.
Ou peut-être qu'en vérité, Lazlo avait juste envie d'être attrapé.

Le paquet de viande fut jeté sans grâce sur le sol. A pas souples, rapides, le Résistant s'approcha d'un bureau pour arracher les câbles d'un ordinateur encore allumé. L'écran de la machine clignota faiblement avant de s'éteindre, comme une créature à l'agonie. Le câble, lui, finit solidement noué autour des poignets du Ministre. Lazlo le poussa sans ménagement contre un mur, attrapa une chaise et s'y installa à califourchon. Sortit son Glock, et considéra tirer sur la deuxième cuisse pour le sortir de sa torpeur. Les murs du bâtiment étaient épais, probablement suffisamment calfeutrés pour éviter que les oreilles impertinentes n'entendent des conversations critiques. Personne n'entendrait le deuxième coup de feu.

Quand les paupières du brun se rouvrirent, le soldat le tenait toujours en joue. Dire qu'il avait le même homme en face de lui était une erreur. Il n'y avait plus rien d'humain, dans l'Oiseleur. La seule chose encore résolument vivante était la Colombe qui avait retrouvé ses esprits elle aussi, se remettant doucement du larsen. Il pouvait la sentir lisser ses plumes, se redresser lentement, considérer d'un oeil perçant les formes alentours. Il avait besoin de son instinct, et elle de sa survie. Le temps que Wiggins revienne à lui, un accord tacite s'était établi entre les deux esprits. Peu importait au fond qu'il fasse face à un homme entier.

-T'as deux options, Aurore. Soit tu m'expliques en quoi t'abattre tuerait deux hommes, soit je perce un trou dans ton autre cuisse.

Son ton était aussi métallique que le Glock poli pointé vers la cuisse gauche du Ministre. Tout au fond de son esprit, dans le silence que la Colombe comblait peu à peu, résonnaient les échos du larsen.
Un sifflement suraigu, qui n'avait plus l'air de vouloir s'arrêter. Sa personne toute entière qui avait cessé de fonctionner.

Qui suis-je, Wiggins ? J'étais un homme. J'avais tout, tout ce que n'importe quel homme pourrait espérer. Des proches, un foyer, l'amour juste à portée de main. Sauf que ma chance, j'ai pas su la garder. Ma chance, j'aurais tout donner pour l'avoir une nouvelle fois. Mais je n'en ai pas le droit, et tu sais pourquoi ?
A cause de cons comme toi. Des saloperies de merdes qui ont construit leur joli système pour s'asseoir sur la tête de l'espoir, pour le broyer et le recracher en bouillie qu'ils filent à leurs rejetons comme la becquée.
Est-ce que c'est être humain que de ne plus avoir d'espoir ?
Parce que je n'ai plus rien.
Par conséquent je ne suis plus un homme.
Mais toi, Wiggins, es-tu plus humain que moi en ce moment même? Ou est-ce que tu feins l'Humanité pour dévorer celle d'un peuple tout entier ?



_________________

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
you've been pissed on for too long your rights abused your views refused they manipulate and threaten with terror as a weapon scare you till you're stupefied
wear you down until you're on their side
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3658-lazlo-pour-vivre

MASTER OF ILLUSIONS

avatar
Masculin
↳ Nombre de messages : 1176
↳ Points : 1080
↳ Arrivé depuis le : 25/12/2015
↳ Age : 24
↳ Avatar : Brett Dalton
↳ Age du Personnage : 35
↳ Métier : Ministre
↳ Opinion Politique : Quand on a le pouvoir, l'argent, et les passe-droits, on ne peut pas vraiment reprocher quoique ce soit au gouvernement en place.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 4.
↳ Playlist : WOODKID - Iron ⚘ METALLICA - One ⚘ JOE HISAISHI - Princess Mononoke ⚘ JUSTICE - Planisphère ⚘ DAFT PUNK - Harder, Better, Faster, Stronger ⚘ PINK FLOYD - Wish you were here ⚘ BANKS - Waiting game ⚘ CAT STEVENS - Wild World (skins version) ⚘ MT. EDEN - Escape ⚘ THE GLITCH MOB - Between two points ⚘ BRITNEY SPEARS - Toxic ⚘ METALLICA - Master of Puppets ⚘ PLESTED - Habits ⚘ GORILLAZ - Humility ⚘
↳ Citation : ‘When life gives you lemons, don't make lemonade - make life take the lemons back! Get mad! I don't want your damn lemons, what am I supposed to do with these? Demand to see life's manager. [..]’ C. J
↳ Multicomptes : /
↳ Couleur RP : #6699CC



les petits papiers
↳ Copyright: © Poupée Morose ♥ ; Habits - Plested; ROGERS.; BUKOWSKANK
↳ Disponible pour un topic?: Non =(
↳ Liens du Personnage
:



MessageSujet: Re: « ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam   Mar 5 Juin - 0:58


Il suffit d'un souffle pour changer toute une situation. Il suffit d'un souffle pour changer le regard d'un homme à tout jamais. Il aura suffit de ça, pour changer le regard de celui qui me menace. D'un homme rongé par cette peur incertaine, par ses démons qu'il tente de cacher derrière un masque de papier, il est devenu l'homme blessé, meurtri. Celui qui ne croit plus avoir rien à perdre mais pour d'autres raisons que le premier homme.

Touché.

Il m'aura fallu quelques mots pour atteindre une corde sensible dans son cerveau et la faire vibrer dans tous son corps, la laisser l'envahir jusqu'à ce qu'elle prenne possession de tous ses mouvements et sentiments. Je suis allé trop loin et je le sais. Parce que le regard du résistant en face de moi, je ne le connais que trop bien. Je l'ai vu sur mon frère, je l'ai vu sur moi. Face au miroir que j'ai brisé en m'explosant les mains. Je l'ai vu dans les yeux de tous ceux qui avaient perdu l'espoir et qui ne voyaient plus que du noir. Le livreur, en arrivant, était chargé d'une mission. Il avait ce regard vide, d'automate. Il voulait prouver sa valeur, sans doute se prouver qu'il en avait encore aussi. Mais maintenant, maintenant c'est différent. Parce qu'il ne cherche plus à prouver quoique ce soit en cet instant. Il cherche à maintenir la tête hors de l'eau, il n'y a plus de vide dans ses yeux, mais que du noir.

Coulé.

Et il tombe, petit à petit. Il tombe dans cet Enfer qui lui tend la main. Il laisse sa colère le dépasser pour finalement laisser l'arme s'enclencher dans un bruit sourd. Il y a deux ans, mon frère m'a tiré dessus. Il y a deux ans, lorsque j'ai entendu les rouages du flingue se déclencher, ce jour là, j'ai eu un mouvement de recul et mon cœur a loupé un battement. Mon frère voulait m'abattre, il préférait me savoir mort que loin de lui. Et deux ans plus tard, lorsque le mécanisme de l'arme s'enclenche, je ne fais que baisser les yeux pour suivre la direction du canon. Sans penser une seconde à chercher à esquiver, sans chercher un instant à me défaire de la situation. Il me veut mort, le barbu, il le regrettera plus que moi.

C'est la douleur, qui me rend humain. C'est la douleur qui nous différencie des zombies dehors. Alors dans un réflexe, je m'écroule au sol, perd l'équilibre. Il m'a tiré dans la cuisse, ce lâche. Mon sourire se mélange à une grimace de douleur alors que je pose machinalement une main sur ma cuisse. Le sang qui en sort s'étale entre mes doigts et du peu d'humanité qu'il me reste, je tente de compresser ma plaie. Foutu réflexe de survie. Je serre les dents, ignore totalement l'autre le temps de reprendre le dessus sur ces foutus gestes dégueulasses et faibles d'un putain d'humain. Et puis, la voix du blond éclate dans mes tympans, elle me sort de cette zone d'humanité pour me laisser retrouver mon masque habituel. J'éclate de rire, un rire froid, mauvais. Un rire qui passe au dessus de la douleur et de n'importe quel sentiment. S'il savait, cet idiot, s'il savait qu'au contraire, j'ai mieux joué qu'il ne pourra jamais en rêver.

Je ne cherche pas encore à parler, la douleur résonne encore trop dans tout mon corps pour qu'elle ne s'entende pas dans ma voix. Hors de question de lui faire croire qu'il a gagné, hors de question de lui laisser penser un instant que peut-être, je le supplierai. Je suis cruel, certes, mais pas au point de lui faire de tels faux espoirs à ce cœur abîmé. Sans attendre beaucoup plus longtemps, il éclate la crosse de son pistolet contre ma tempe. Le métal s'écrase contre mon crâne et alors que je sens quelques perles de sang couler sur ma joue, je laisse un cri de douleur se glisser d'entre mes dents avant de perdre connaissance.

Tu te crois malin, n'est-ce pas ? Tu te crois plus fort, plus grand ? T'as l'impression que tu vaux mieux que moi, que tous les gens de ce bâtiment ? La vérité, c'est que t'es comme nous, de la pire espèce. T'es qu'un abruti qui pense être dans le bon camp alors que tu prônes autant la violence et les mises à prix que ceux que tu détestes ? Ne sois pas celui que tu détestes, qu'on dit. T'es-tu regardé, Andersen ? À tirer sur un homme simplement parce qu'il t'a provoqué ? En quoi es-tu mieux que ceux qui tuent ceux qui les dérange, dis-moi ? Pourquoi devrait-on t'écouter toi plutôt que moi ? Tu es faible, et lâche. Pas foutu de viser le cœur pour des sentiments qui t'arrachent les tripes. T'es qu'un putain de pantin et t'es pas foutu de voir ça, ironique, tu trouves pas ?

Pour la première fois depuis des mois, lorsque j'ouvre les yeux ce n'est pas pour me réveiller d'un cauchemar mais pour en vivre un. Je tousse, douloureusement, alors que mes yeux se perdent sur le bureau qui nous entoure. Il m'a traîné jusqu'ici, vraiment ? Je serre à nouveau les dents, remarque que j'ai les poignets attachés avant de rouler des yeux. Prêt à parler, prendre enfin le temps d'articuler, mon ravisseur me prend de court et je l'écoute donc tout en observant ma cuisse qui continue à saigner.

Son ton est froid, glacial. C'est fascinant de voir à quel point un homme peut changer. Lazlo avait un masque de papier mais son vrai visage, son vrai visage est complètement arraché, torturé. Il n'est plus vraiment un homme, lui non plus. Il est rongé par une douleur que je ne comprends pas, usé par une vie que je n'ai jamais rêvé d'avoir. Alors j'attends qu'il ait fini, pour me redresser un peu, m'appuyer un peu plus sur le dos afin de compenser l'état de ma jambe qui cogne au rythme des battements de mon cœur.

Trop calme pour la situation, plus rien d'humain entre lui et moi. Son masque est tombé, le mien s'est fondu sur mon vrai visage. Mais la différence entre sa douleur et la mienne, c'est que la sienne ne m'atteindra jamais, de près ou de loin. La mienne, par contre, peut briser l'homme qui s'effrite lentement face à moi. Dans un soupir douloureux, je finis par dire lentement mais toujours aussi serein, toujours aussi froid.

« Pourquoi t'expliquer ? T'as l'air si déterminé mon lapin. Mauvais joueur de poker tu dis ? Viens, lançons un pari. » Je tousse, serre un peu les dents avant de me concentrer quelques instants pour laisser la douleur m'envahir, en faire une nouvelle force, celle du désespoir. Celle de l'homme qui sait qu'à terre, non loin, il y a deux hommes. Deux hommes qui comptent pour lui et qui viennent de subir une douleur qui ne leur appartient pas. J'ai du mal à avaler ma salive tandis que son coup dans la tempe m'a fait perdre un peu l'équilibre mais ça n'a pas d'importance. Je joue un jeu que j'ai gagné d'avance, il ne le sait juste pas.

« Tire moi dessus autant que tu veux. Je t'en prie. » Je lui adresse un sourire provocateur avant de continuer, toujours sur le même ton. « J'espère que tu as de quoi joindre tes deux petits acolytes rapidement, par contre. Parce qu'une fois que tu m'auras tué, il sera trop tard pour leur parler. » Des menaces, de belles menaces, des menaces jouissives qui me donnent l’adrénaline dont j'ai besoin, la force qu'il me faut pour omettre la douleur qui irradie ma cuisse.

« Alors, on parie quoi, Andersen ? », je marque une pause, hausse les épaules en lui montrant mes mains nouées avant de continuer. « T'as pas grand chose à perdre, après tout. Je ne suis pas si puissant que ça, t'as réussi à m'attacher et t'es résolu à me buter. Y a personne dans le bâtiment, tu peux te barrer en un claquement de doigt. Alors, si je suis un si mauvais parieur, dis-moi, t'attends quoi ? »

Mes yeux se posent dans les siens alors que le sang qui coule de ma tempe sèche lentement contre mon œil et ma joue, alors que la douleur dans ma cuisse se réveille de plus en plus et que clairement, il me suffirait de parler encore plusieurs minutes pour mourir de cette simple balle, pas une de plus. Mais je n'ai jamais été très patient. Je veux le détruire, le réduire en cendre, cet abruti qui pense être mieux que les autres. Je veux tuer ses rêves un à un et lui laisser une culpabilité dont jamais il ne pourra se défaire. Je veux le pousser à bout, le traîner en Enfer. Je veux l'amener dans mon monde, dans la gueule du loup. Je veux qu'il souffre, qu'il souffre à en perdre le souffle.

Alors dans un souffle, mon regard noirci par la douleur dans le sien vide de toute peur, j'ajoute, sans aucun sentiment dans la voix. « Vas-y, tue moi. »

Tu crois tout savoir, Lazlo. Tu crois que ton cœur brisé est la pire douleur au monde. Tu crois que la souffrance dans tes yeux justifie tes actes. Tu crois que ton innocence prendra toujours le pas sur le reste. Mais la vérité c'est que tu es un Monstre, comme nous tous. Il n'est pas question de chance mais de réalisme. L'homme est destructeur et nous sommes tous de simples bombes à retardement. T'es juste trop con ou trop naïf pour le savoir. Tu crois vraiment que j'y suis pour quelque chose ? Tu crois que sans moi, sans l'apocalypse tout aurait été différent ? La vérité c'est que tu vaux pas mieux que les autres, t'es lâche et tout ce que t'as perdu c'est ta faute et uniquement la tienne. Tu l'aurais perdu dans tous les cas. La vie est faite de choix. Les choix que tu as fait t'ont mené à ta propre douleur. Mais c'est plus facile d'accuser les autres ? De se dire que ce sont eux, les grands méchants monstres sous nos lits ?

Regarde un miroir, Andersen. Le monstre il est là, et pas ailleurs.

_________________


NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.mercy-in-darkness.org/t3207-liam-bad-reflect http://www.mercy-in-darkness.org/t5905-between-two-points-liam#254546

Contenu sponsorisé








MessageSujet: Re: « ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam   

Revenir en haut Aller en bas
 

« ¿Dónde está la biblioteca? » LazloxLiam

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Présentation Mike Blake
» Le vent souffle la solitude [PV Hayley and Estéban]
» Alberto Del Rio está de vuelta!!!
» Donde esta la biblioteca? [Syndrell]
» Croquer le fruit défendu assis sous le pommier - Narcisse - DC esté

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MERCY IN DARKNESS .} :: The Third Chapter: New Orleans :: Western New Orleans :: Government Building-