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 (Liam) | Won't you please, please help me !

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Anastasia N. Bolkonsky
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↳ Citation : " When darkness will reign and blind us all Allegiance will bind us if we do not fall. "
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MessageSujet: (Liam) | Won't you please, please help me !   Lun 4 Juin - 22:55

Won't you please, please help me !

Anastasia & Liam

Ça fait combien de temps ? Aucune idée. On est quel jour ? Je m'en fous. Combien d'heures j'ai dormi ces dernières nuit ? Ça se compte sur les doigts d'une main. Un cadavre, voilà ce que je suis. Une ombre, une loque, un fantôme, je n'ai plus rien de ce qu'a pu être un jour Anastasia Bolkonsky. Le cœur bat, les poumons respirent, les muscles fonctionnent, même douloureusement, les yeux voient... mais l'envie n'y est pas. C'est tout de même fou d'en être réduite à l'état de loque humaine alors même que je ne supporte pas les imbéciles qui répètent « je n'ai plus goût à la vie blablabla »... je ne pense pas avoir vécu plus ou moins de sales moments dans mon existence que qui que ce soit d'autre, mais les crasses qu'on m'a faites m'ont endurcie, assagie, mise en colère mais jamais elles ne m'ont donné envie de baisser les bras. Jamais je ne me suis dis « à quoi bon continuer ? ». À quoi bon me battre contre Georg, ça oui, à quoi bon tenir tête à Andreï, plus d'une fois, mais à quoi bon me lever le matin, ça jamais.

Avant aujourd'hui. Je fixe le plafond comme si j'y cherchais quelque chose, entend ma respiration saccadée sans vraiment l'écouter et me demande si ça vaut encore la peine, tout ça. Quelque part, ce soir-là, Andreï m'a tuée et j'y ai laissé une part de moi-même. Un petit quelque chose, un fragment qui me fait défaut, qui m'empêche de fermer l'œil la nuit ou d'avancer la journée. J'ai quitté l'appartement de Joseph pour lui épargner la toxicité de ma présence, Andreï s'est volatilisé... mais ai-je vraiment envie de le voir ? Je n'en suis même plus certaine. Il hante mes cauchemars dès que j'ai les yeux fermés et lorsque je les rouvre, c'est pour mieux faire face à l'effroyable sentiment de solitude qui pèse sur mes épaules. Alors je referme les yeux, je tente de trouver le sommeil et me retrouver alors face à un Georg monstrueux et déformé par la rage. Plus rien ne va et j'ai peur de devenir folle. Si c'était le cas ? Si j'étais en train de devenir cinglée ?

Cette question me fait l'effet d'une décharge électrique et je me lève d'un bon de mon lit pour aller me passer de l'eau sur le visage. Mes mains tremblent, j'ai la nausée et le reflet que me renvoie le miroir est d'une pâleur terrifiante. Y a ces cernes noires qui creusent mes yeux, cette peau cadavérique qui peine encore à se retendre après ce que m'a fait subir Andreï et lorsque je fixe ce reflet, j'ai l'impression d'avoir pris dix ans d'un coup. La solution de facilité serait de me laisser dépérir comme ça et d'attendre que ça se termine mais j'ai toujours eu tendance à dire merde à tout de qui ressemble de près ou de loin à un truc facile. Je préfère gueuler, mordre, faire le contraire de ce qu'on me dit plutôt que de baisser les bras.

Alors je quitte la salle de bain, regagne le salon et récupère le carnet que j'ai laissé traîner sur la table basse. Dessus, quelques noms griffonnés, d'autres qui ont été barrés et un seul qui est entouré. Liam Wiggins, qu'il s'appelle. Un genre de type du gouvernement qui doit probablement davantage apprécier le caviar et les costumes bien taillés que les bas-fonds de la Nouvelle-Orléans où j'ai posé mes valises. Un soupir m'échappe et j'hésite. Qui me dit qu'il va accepter de m'aider ? Il ne me connaît pas, il n'a aucun intérêt à m'aider, alors... alors à quoi bon ? Il revient encore et toujours, cet à quoi bon qui m'obsède. Et puis d'abord, je lui dis quoi, en arrivant devant chez lui ? « Bonjour, je me suis perdue, dis donc c'est jolie chez vous ! » ou encore « j'viens livrer les sushis de monsieur ! » ? Non vraiment... ça craint. Je n'ai aucun plan, aucune idée, juste envie de retourner me coucher tout en sachant que je n'arriverai pas à trouver le sommeil. J'attrape le papier, mémorise l'adresse et chiffonne le tout en me disant que ça suffit, l'apathie, et qu'il est grand temps que ce comportement cesse car je m'insupporte littéralement.

Je ne sais pas trop comment ni pourquoi, mais il ne m'a pas fallu longtemps pour me retrouver au pied de l'immeuble où vit apparemment le type que je viens voir. J'ai l'impression d'être sur une autre planète, c'est grotesque. La noirceur des rues où je vis, l'odeur entêtante de saleté, l'humidité, rien de tout ça n'existe ici. Des rues bien entretenues, de jolis réverbères, des villas à faire pâlir d'envie les trois quart de cette ville qui crève de faim dans la misère... y a pas à dire, même avec l'Apocalypse on divise les riches et les autres. Naïve, je m'avance dans l'allée qui mène à l'entrée de l'immeuble et comprends, face à la porte, que ça va être bien plus compliqué que prévu. Ça n'a rien à voir avec mon immeuble à la porte branlante qui s'ouvre avec ou sans clé. Lorsque je me retrouve en face du gardien de l'immeuble, je comprends que mon plan va tomber à l'eau avant même d'avoir appris à nager.

« Heu... bonjour ? Je viens voir Liam Wiggins... c'est ici ? »

Le type me dévisage, sans un mot, puis me laisse en plan devant l'entrée pour aller s'enfermer dans son bureau. Il est sérieux ou il se paie ma tête, là ? Je marmonne deux ou trois insultes que la bienséance m'oblige à censurer ici et m'apprête à faire demi-tour quand la porte s'ouvre. Le gardien sort de son bureau et me rejoint, un air de croque-mort collé sur le visage.

« Vous pouvez y aller, monsieur Wiggins vous attend. »

Il m'att... pardon ? D'où il m'attend, il ne sait même pas que j'existe ! C'est quoi ce plan foireux ?

« Je... heu... ok. Et je peux savoir où c'est ? »

Et s'ensuivent des explications que je peine à retenir. Des couloirs qui n'en finissent pas, des portes qui se ressemblent toutes... je marmonne en boucle les explications du type pour ne pas me perdre et finis par me retrouver devant une porte qui, si j'ai bien tout suivi, doit être celle de l'appartement de Wiggins. Si ce n'est pas lui, je vais avoir l'air fin, tiens ! Je prends une inspiration, toque et en viens à espérer qu'il ne réponde pas. Seulement, lorsqu'il ouvre la porte, je réalise qu'il est trop tard pour faire demi-tour. Dès que je me retrouve face à lui, elle me percute, la puissance de sa magie. C'est comme avec Georg, tout en étant différent. Je ne me sens pas oppressée ni tétanisée comme face à mon sorcier, mais je sais à cet instant que je ne me suis pas trompée : si ce type n'est pas un sorcier, alors je suis un toucan ou je ne sais quelle bestiole qui n'aurait rien à voir avec un coyote. Est-ce que lui aussi est capable de sentir ce que je suis ? Je me suis souvent posé la question. Fascinée par cette sensation, j'en oublie presque que je suis plantée sur son paillasson comme une andouille.

« Hum... Vous êtes bien Liam Wiggins ? Je... je m'appelle Anastasia Bol... oui bon on s'en fiche de qui je suis. Je... j'ai besoin de votre aide. Enfin si vous voulez bien. On m'a dit que vous étiez un... heu... un genre de sorcier. »

Super. Magnifique, Anya. Superbe entrée, du grand spectacle, vraiment ! Je soupire, garde les mains dans mes poches pour éviter de montrer les tremblements qui m'agitent et la fatigue qui menace de me faire perdre mes moyens.

« Et merde... non, laissez tomber, je me suis trompée. Je... désolée. »

Et je tourne les talons pour m'en retourner d'où je viens. Ça aurait pu s'arrêter là, j'aurais pu faire une sortie un peu plus maîtrisée que l'entrée si je n'avais pas lamentablement oublié le chemin pour retourner vers la sortie. Je n'ai pas fait trois mètres que je me demande déjà si je dois aller à gauche ou à droite. Avec un soupir de lassitude, je me tourne vers le sorcier qui doit me prendre pour une folle.

« À défaut de pouvoir m'aider autrement... vous pouvez me dire où est la sortie ? »

Avec tout ça, j'en ai oublié de lui demander pourquoi le gardien de l'immeuble m'a affirmé que ce type m'attendait. À tous les coups, il attend quelqu'un d'autre et je tombe mal. Ça serait franchement le comble.

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Liam P. Wiggins
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Mar 5 Juin - 0:51



Won't you please, please help me !

 
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Les jours s'enchaînent et se ressemblent plus ou moins. Les heures elles, s'accumulent pour planter des idées dans mon crâne et les laisser se faufiler partout pour devenir des obsessions. J'ai décidé de transformer mon frère en animal, qu'il soit d'accord ou non. J'ai décidé de lui prendre une fois de plus son libre arbitre et le balancer aux ordures. Rien à foutre de ce qu'il peut penser ou ne pas penser, rien à foutre du regard de nos parents. Nolan ne mourra pas, c'est comme ça. Si j'ai pu sauver Milo, il est hors de question que je laisse mourir mon frère sous mes yeux.

Pourtant... pourtant quelque chose sonne faux, trop faux. Ai-je vraiment sauvé Milo ? Voilà presque deux ans qu'il est devenu un aigle sous mes yeux, presque deux ans qu'une promesse s'est échappée d'entre mes lèvres, celle de l'aider, de ne pas le laisser tomber. Et nous voilà, deux ans après et qu'en est-il vraiment, où est la réalité dans tous ça ? Je n'ai pas vu Milo pendant plus d'un an et quand je l'ai revu, j'ai vu mes erreurs, ma promesse brisée. J'ai vu ce gamin en détresse que j'ai abandonné, comme tous les autres. Incapable d'assumer, incapable de prendre réellement mes responsabilités c'est encore une fois seul face à sa vie que je l'ai laissé.

Et maintenant, des mois plus tard, je le laisse sans nouvelle et il en fait de même. J'ai raté, encore et encore, la promesse de l'accompagner, l'aider, être le soutien dont il avait besoin. Une part de moi voudrait se rattraper, lui prouver et sans doute me prouver à moi-même que j'en suis capable. Capable d'être le mec qui fait quelque chose sans rien attendre en retour, capable d'être le type sur qui on peut compter jour et nuit. Et puis, une part de moi accepte déjà mon échec et l'oublie presque, le gamin abandonné. J'oublie tout, le monde, ma vie et mes propres intérêts lorsqu'il s'agit de sauver mon frère. Je connais la théorie par cœur, je peux citer le moindre détails sur les métamorphes qui est griffonné sur un vieux grimoire mais la vérité c'est qu'en pratique, je ne sais presque rien.

Il faut que je remédie à ça avant de changer Nolan, que je sois capable de l'aider réellement quand plus rien n'aura de sens pour lui. C'est la seule chose qui occupe mes pensées lorsque les cauchemars ne parasitent pas mon cerveau. J'ai pris mon courage à deux mains, des piles de noms, je suis passé au concret. Convoquer Solveig Eriksson, tenter d'en apprendre plus. Chercher à créer des liens dans les réseaux de mes proches, trouver de l'aide là où je ne la vois pas spécialement, ouvrir les yeux sur des éléments qui m'échappent complètement. Ce soir, alors que je suis rentré du bureau depuis quelques heures et, un verre de bourbon en main, j'observe mes dossiers changer, devenir plus pratiques que théoriques. J'observe mon monde évoluer, cherchant péniblement à le rendre parfait pour que ce jour précis, tout se déroule bien. Protégeant mes arrières et les siens.

Lorsque la porte d'entrée se met légèrement à vibrer sous les coups, je laisse mon verre dans une dernière gorgée avant de le poser sur la table. Cordelia a probablement oublié ses clefs, et, malgré moi, je m'apprête à lui faire une remarque. Quelque chose d'inutile et totalement futile, qui ne mènera à rien. Quelque chose qui me rassure dans ce monde où tout s'écroule sous mes pieds. Quelques pas plus loin, contre la porte que je déverrouille, qu'elle n'est pas ma surprise lorsque face à moi, se trouve un visage inconnu. Il ne me faut que quelques instants pour reprendre ce visage froid et dur, celui réservé aux inconnus, celui du ministre que tout le monde connaît. La brunette n'attend pas que j'ouvre la bouche pour parler. Trop, beaucoup trop. Trop vite, de trop de choses. Elle me perd quelques secondes, je reste silencieux, observant son visage fatigué, ses mains presque tremblantes et ce regard qui hurle à l'aide.

Un frisson parcourt mon corps tandis qu'un instant, j'ai l'impression de voir mon reflet. Je me reprends lorsqu'elle ouvre à nouveau la bouche, ne m'ayant ni laissé le temps de réagir, ni même de lui répondre ne serait-ce qu'un seul mot. Croisant les bras sur mon torse, j'observe son angoisse la bouffer, la détruire sur place à chaque seconde qui passe. La voyant faire demi-tour, je soupire, prêt à me satisfaire de l'instant, prêt à la laisser partir.

T'as autre chose à foutre, Liam. Autre chose à foutre que de t'occuper de la première angoissée qui passe. T'es pas docteur, putain. Et puis quelque chose me revient, dans ses paroles qui m'avaient submergées. Elle savait que j'étais un sorcier et venait pour ça. Curieux, que quelqu'un de complètement inconnu soit certain de mes dons. Curieux qu'en plus de ça, il se pointe à l'improviste à ma porte alors qu'on a pas une très belle réputation dans les rangs du gouvernement. Je relève les yeux sur sa silhouette à peine éloignée lorsque la belle ouvre à nouveau la bouche, qu'elle me pose une question si rationnelle et pourtant si stupide. Je laisse échapper un rire alors que je m'avance lentement vers elle.

« Venez, Anastasia. Vous m'avez l'air d'avoir besoin de cinq minutes de pause. J'ai un canapé confortable et de l'eau fraîche à disposition. Et même de quoi manger, si le cœur vous en dit. » Un sourire, encore un peu trop ministériel alors que l'inconnue m'intrigue vraiment. Laissant une main se glisser contre son dos, la frôlant à peine, je la guide vers l'appartement duquel je referme la porte derrière nous.

« Vous dîtes avoir besoin de mon aide, n'est-ce pas ? Expliquez-moi en quoi puis-je vous être utile exactement ? » La laissant se diriger vers le canapé, je me rends dans la cuisine, lui servant un verre d'eau tout droit sorti du frigo. Laissant le liquide transparent se jeter en vagues dans le verre, je reprends, cette fois-ci plus doux.

« Vous ne m'avez vraiment pas l'air en forme, Anastasia. À voir votre visage, vous manquez clairement de sommeil. À voir votre attitude, c'est de confiance, que vous manquez. Quelqu'un vous a fait du mal ? » Le meilleur ami des hommes, Liam Wiggins. Peu à peu, et sans m'en rendre compte, je m'ancre à nouveau dans ce rôle de parfait menteur, le masque du politicien, prêt à tout pour ces citoyens, prêt à tout pour leur tordre le cou une fois que j'en aurais plus besoin.

Putain.

Je serre lentement mon poing alors que je m'apprête à la rejoindre sur le canapé, lui tendant le verre frais et ajoutant. « Buvez, ça vous fera du bien. », une simple pause tandis que j'attrape les dossiers pour les laisser s'écraser par terre, loin de nous, loin des regards indiscrets. « Vous m'avez nommé « sorcier », que voulez-vous, au juste ? », fixant son regard rempli de peur, de fatigue et de peine, j'ajoute, finalement beaucoup moins solennel. « Ne tournons pas autour du pot, pourquoi êtes-vous ici ? Qu'est-ce qu'un sorcier peut vous apporter qu'un homme ne peut pas ? »

Mon regard devient compatissant, doux, mon visage plus détendu, mes gestes aussi. Gagner sa confiance, c'est la meilleure chose à faire. Lui tendre la main, savoir ce qu'il en est afin de pouvoir mieux l'utiliser. Parce que c'est ça, la réalité. On s'utilise les uns les autres jusqu'à se jeter lorsqu'on manque d'utilité, pas vrai ? Ou alors c'est parce qu'il y a un peu de moi, dans ce regard fatigué, ce triste reflet de solitude, d'homme qui ne dort plus, qui éclate ses poings contre les murs pour ne plus s'entendre penser. Elle a ce quelque chose qui me serre le cœur, qui faire taire mon crâne. Et c'est ça, l'important. Oublier, quelques instants. Alors sur une voix plus tendre encore, je finis par dire.

« Qu'est-ce que je peux vous apporter qu'un autre ne peut pas, dîtes-moi, Anastasia ? »


_________________


NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
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Anastasia N. Bolkonsky
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Jeu 7 Juin - 22:49

Won't you please, please help me !

Anastasia & Liam

Et merde... pourquoi je suis venue ici ? Pourquoi est-ce qu'il a fallu que j'écoute ce putain de désespoir avec lequel Andreï m'a sournoisement contaminée ? Y a de la détresse dans ma voix, de la terreur, une angoisse sourde qui tord la voyelles et fait grincer les consonnes. C'est le désespoir qui m'a conduite ici et c'est un bref sursaut de lucidité qui me fait comprendre que j'aurais eu mieux fait de me casser une jambe en sortant de mon lit. J'ai soudain peur que Georg découvre que je suis ici, qu'il apprenne que je cherche à utiliser l'un des siens pour me débarrasser de lui et l'angoisse de subir à nouveau les horreurs dont il est capable me fait reculer et m'incite à la fuite. Il faut que je foute le camp, que je disparaisse, que je... et puis à quoi bon ? Je serre les poings en faisant marche arrière pour demander mon chemin et me raidis en sentant la main du sorcier frôler mon dos. Mes réflexes et mon instinct me dicte de lui tordre le poignet ou de le mettre à terre pour lui passer l'envie de recommencer mais je parviens in extremis à me contrôler. Si je commence à le mettre en pièces alors que je viens lui demander un service, ça va mal se terminer. Et puis il n'y a pas que ça... à son contact, c'est une peur viscérale qui me noue les entrailles, comme à chaque fois que je me trouve en présence de Georg. Je ne connais pas ce type, je n'ai aucune certitude qu'il ne soit pas le même salopard aux gants de velours et je viens de me jeter à corps perdu entre ses griffes. Super malin, bravo Anya ! Je déglutis, jette un œil à la porte de l'appartement et hésite un instant à faire demi-tour pour m'enfuir en courant. Seulement, le résultat sera le même : je resterai la pauvre métamorphe paumée qui ne sait plus quoi faire de sa carcasse. Alors que si au moins j'essaye, si je lui laisse le bénéfice du doute, j'ai des chances de ressortir d'ici avec un semblant de résultat positif.

C'est cette certitude qui m'arrache au parquet du couloir pour me glisser dans l'appartement de ce sorcier dont je ne connais rien d'autre que le nom. Manger... boire... deux choses dont j'oublie régulièrement l'existence ces derniers temps et qui ne me donne pas vraiment envie malgré la chaleur de sa voix. Je me contente de hausser les épaules en silence et m'installe au bord du canapé qu'il me désigne, comme si j'étais prête à en bondir au moins signe agressif. J'ai vraiment le comportement d'un animal acculé, comme si le coyote cherchait à me protéger à sa manière. Tandis qu'il se rend à la cuisine, je jette des regards anxieux autour de moi en me triturant les doigts. Comment lui expliquer pourquoi je suis là sans lui raconter toute l'histoire ? C'est bien l'étape à laquelle je n'avais pas pensé : qui suis-je ? Me contenter de lui dire que je suis journaliste n'aurait aucun sens... pour en venir à Georg et à la raison pour laquelle je cherche à le fuir, il faut remonter aux origines, à une époque à laquelle ont dû vivre ses grands parents... à moins que ce Liam n'ait quelques siècles derrière lui ? Je ne sais pas par où commencer et reste donc silencieuse alors que sa question est simple. Pourtant, il a parlé avec douceur, calme et retenue, tout dans son attitude me pousse à me confier mais je n'arrive pas franchir lu mutisme que m'impose mon esprit. Y a trop de cadavres qui gisent dans mon ombre, trop de vies détruites, trop d'erreurs, trop de gorges tranchées et d'informations compromettantes répandues... j'ai brisé des vies au nom d'une idéologie en laquelle je n'ai jamais vraiment cru et j'ai constamment l'impression que si je me confie à ce sujet, on va me juger, me condamner et fini la liberté. Y a jamais eu qu'Andreï pour ne rien juger de tout ça mais désormais, il n'est plus question d'aller le trouver pour lui confier quoi que ce soit.

Lorsque le sorcier reprend, un éclat de rire nerveux me secoue les épaules. Je ne dors plus, je n'ai plus confiance et si je souffre ? Je ne sais plus vraiment si je souffre ou si mon cerveau m'envoie une impulsion électrique pour me faire croire que j'ai mal et ainsi me persuader que je suis en vie. Faut le comprendre, ce pauvre tas de méninges, il est passé si prêt du point de non retour qu'il a besoin de se persuader qu'il fonctionne encore !

« C'est... un peu ça, le problème. Quelqu'un m'a fait du mal. Quelqu'un a qui je tiens beaucoup trop. »

Mes poings se crispent sur mes genoux et je retient à grands peines ces larmes qui obscurcissent ma vue et menacent de faire de moi une pauvre petite princesse malheureuse. Je n'ai jamais aimé pleuré, j'ai toujours trouvé ça grotesque, inutile et bon pour les sentimentaux. Seulement là, je suis tellement épuisée que j'ai l'impression que même une blague sur un pingouin qui respire par le cul arriverait à me faire pleurer pour ce alcidé décédé. Bon sang... je prends une grande inspiration, ravale mes sanglots et jette un regard de défi à celui qui m'a si gentiment invitée à m'asseoir. Dans sa main, un verre d'eau, dans l'autre... un poing un peu serré pour qu'il ne me fasse pas tiquer. Je fronce les sourcils, saisis le verre et bois une gorgée d'eau glacée sans me poser de question. Dois-je lui parler d'Andreï, de mes déboires sentimentaux au risque de passer pour une sombre idiote ? Je choisis d'éluder cette partie-là ou du moins de n'en garder que l'essentiel et la surface. Mettre en forme mes propos, voilà ce qui me pose problème et j'ai l'impression qu'il commence à s'agacer de me voir murer dans le silence ou les micro phrases. Ses questions s'enchaînent, s'entrechoquent et je n'arrive plus à réfléchir. Alors, lorsqu'il articule mon prénom avec autant de froideur qu'Andreï a pu le murmurer avec tendresse à mon oreille, je pose brutalement le verre et me lève pour m'éloigner. Je suffoque, j'étouffe et je me mets à arpenter la pièce pour tenter de me calmer.

« Vous vous en doutez, non ? Je n'viens pas pour un filtre d'amour ou une connerie du genre, je... aucun homme ne peut m'arracher à son emprise, je... je pense que seul un sorcier le peut. »

J'ai les jambes qui tremblent tellement que je n'ai d'autre choix que de me laisser à nouveau tomber sur le canapé. Les yeux rivés sur mes poings, serrés sur mes genoux, je me rends compte qu'ils n'impriment définitivement plus les blessures. Sous l'encre des tatouages qui couvrent ma peau, il y a des os maintes fois brisés, des égratignures, des échardes qui ont pénétré la chair et pourtant, il n'y a rien d'autre qu'une peau lisse. Tous ces coups dans les murs n'ont laissé de marque que dans le béton et mes mains, elles, affichent résolument ma difformité, ma trop rapide cicatrisation qui n'a rien de naturel.

« Ça ne sert à rien de commencer une histoire par la fin, alors... ne vous fiez pas à mon âge, je suis née quand les alliés débarquaient en Normandie, à l'autre bout de l'Atlantique. J'ai rien d'mandé de tout ça, je... j'ai juste attiré l'œil un peu trop avide de certaines personnes. J'me suis battue, j'ai vendu des gens, coupé des têtes et pour me récompenser, on m'a j'tée entre les griffes d'un sorcier. Et vous savez c'que les sorciers savent faire, j'imagine ? »

Mon regard s'est durci, s'est teinté d'agressivité alors même qu'il n'y est pour rien. J'ai éludé la quasi-totalité de mon histoire car pour l'instant, j'ignore si je peux lui faire confiance.

« Il m'a changée... et la douleur qu'on éprouve au moment de la transmutation, ça n'a rien à voir avec la suite. C'est presque doux, presque agréable... je n'ai aucune idée du type de sorcier que vous êtes. Mais lui, c'est l'Antéchrist. Le genre de type qui prend un plaisir malsain à asseoir son autorité sur ses métamorphes, qui a usé et abusé de cette capacité à faire souffrir ses créatures pour nous... pour me torturer... »

Je me rends compte que j'ai parlé pour deux. Pour nous. Parce que dans l'histoire, y a jamais eu d'individualité, y a toujours eu Andreï et Anya, Anya et Andreï... et c'est difficile d'ignorer son rôle.

« C'est ça qu'il est. Un collectionneur de monstre de foire qui m'a conditionnée pour être un bon petit soldat contrôlant parfaitement sa nature, mais à quel prix ? Je hais l'animal que je suis, je le hais lui, j'en ai assez d'être son esclave, je... »

Je crois bien n'avoir jamais autant déballé mon sac au sujet de Georg. Avec Andreï, j'ai toujours eu le sentiment de ne pas en avoir besoin alors qu'il est évident que cracher dans son dos me fait le plus grand bien. Lentement, je relève les yeux vers Liam et le fixe avec cette rage de survivre qui m'anime encore un peu.

« Je veux juste retrouver ma liberté. Il a piétiné mon libre arbitre en faisant de la peur son arme favorite mais je ne veux plus être son animal de compagnie bien dressé, alors... est-ce que vous pouvez m'aider ? »

Ma voix s'est faite suppliante mais je n'en ai plus rien à foutre, à ce stade.

« Dites-moi que vous pouvez m'aider à me défaire de son emprise... Je... je me suis laissée dire que vous connaîtriez peut-être un moyen pour permettre à un métamorphe de s'émanciper et... vous pouvez m'demander c'que vous voulez en échange. »

Je suis vraiment désespérée à c'point, faut croire. Parce que je suis vraiment prête à tout, à n'importe quoi pour m'extirper de l'influence néfaste de Georg. À tout sauf peut-être à tomber entre les griffes d'un autre.

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Liam P. Wiggins
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Ven 8 Juin - 22:46


Y a de l'électricité autour d'Anastasia. La demoiselle est si nerveuse qu'elle en brûlerait presque quiconque l'approche sans le vouloir. Sous mon attitude d'hôte parfait, d'homme parfait, il y a cette vague d'émotion qui se noue peu à peu. Mes poumons sont sous une telle pression que bientôt ils ne respireront plus. Parce qu'elle est un miroir, la douce, un miroir qui me brûle tant il me ressemble. Les premiers mots qu'elle prononce alors qu'elle s'est à peine assise me touchent eux aussi un peu trop.

Mes yeux se posent quelques secondes dans les siens, ils voient la douleur, le trop plein de douleur sur celle qui tente d'être forte malgré tout, de garder le dos droit et ce visage encore debout. Et puis vient la réaction logique, naturelle, celle que je ne connais que trop bien. L'agression, la provocation. Le ton froid et dur. Celui qui dit qu'elle n'est pas rien, que je ne dois pas la prendre pour une idiote, l'écraser comme une mouche. Celui qui sert à la protéger elle plus qu'à m'agresser moi. Je m'installe un peu plus sur le canapé, ne la lâchant pas du regard alors qu'elle me parle d'emprise, de sorcier, de ce monde secret qui au final ne l'est plus vraiment. Je hausse un sourcil, un peu perplexe. C'est un terrain miné sur lequel elle me mène avec ses doigts tremblant, alors j'attends. J'attends avant de parler, refuse de penser que je sais exactement de quoi elle parle trop vite. Hors de question d'aggraver la situation ou pire, de me mettre dans une position délicate.

La douleur finit par lui faire lâcher prise, son corps prend le dessus et ne lui laisse plus droit à la maîtrise lorsqu'elle tombe à côté de moi sur le canapé. Mon cœur se serre là où il ne devrait pas. Là où mon esprit voit déjà un million d'opportunités, ce qu'il reste de mon cœur lui, voit une main à tendre, une femme à aider, à ne surtout pas laisser tomber. Je serre discrètement les dents alors que l'invitée se lance enfin dans une réelle explication. Très attentif, j'essaie de ne laisser passer aucune information. Elle fait partie de ceux nés bien avant moi, nés d'une époque qui aurait du les voir mourir. C'est donc une métamorphe, c'est certain. Les mots d'emprise, de sorcier, cette peur, cette terreur vis à vis de mon propre genre. Je ne peux m'empêcher de fixer ses yeux clairs, ses yeux abîmés par la vie et sans doute par tout ce qu'elle a vu aussi.

Cherche-t-elle à me faire peur ? Cherche-t-elle à me faire fuir ? Pourtant, tous ces mots ne m'inspirent pas la peur, très loin de là. Je baisse les yeux, par réflexe de compassion, lorsqu'elle confirme ma pensée. Un sorcier l'a changée, l'a forcée à devenir un animal alors qu'elle ne voulait pas. Mon visage dessine une honte programmée, celle que le ministre a l'habitude de caler face au peuple alors qu'au fond, je ne vaux pas mieux que son sorcier. Mais il me faut sa confiance. Il me faut son regard sans peur, sinon jamais on avancera.

Lorsque la changeuse décrit son sorcier, mes mains viennent se glisser contre ma mâchoire, se lier autour de mon nez. L'antéchrist, dit-elle ? Les mots avec lesquels elle le dépeint me semblent à la fois si lointain, si terrible que je devrais m'en indigner. Être outré que de tels hommes existent, qu'ils se croient en droit de faire ça aux autres, que personne ne devrait utiliser des dons pour faire tant de mal. Mais il y a la vérité, celle qui rattrape, qui virevolte dans ma tête comme un murmure. Je ne suis pas vraiment mieux que lui, finalement. Peut-être pas le même genre de monstre, peut-être pas pour les mêmes raisons, mais j'en suis un aussi, pas vrai ? Je resserre mes doigts sur les arêtes de mon nez tandis qu'elle continue, la belle écorchée.

Heureusement, qu'elle continue. J'étais à deux doigts de vriller, avouer mes fautes et probablement la regarder me massacrer. À deux doigts de laisser passer mon reste de cœur sur mon esprit entier. Mais ce qui suit dans ses mots m'éloigne totalement de l'homme qui a l'emprise sur elle. Esclave, collectionneur, rien de tout ça n'a ne serait-ce qu'une once de rapport avec moi. Alors je me détends, lentement, mes éclats de palpitant retournent à leur place et mon esprit reprend le dessus. Je prends en compte ses mots, sa réaction face à son animal et cette haine qui la dévore, qui l'habite et la fait vivre un peu aussi. Mes mains retombent sur mes genoux alors que mon visage retrouve le sien.

Il suffit de quelques mots pour que je vrille à nouveau. Libre arbitre, qui torpille à nouveau mon cœur. Qui me rappelle mes propres erreurs, mon frère, ma vie. Je respire lentement face à elle, dans ce semblant de réflexion qui n'en est pas un. Si ses propos tournent en boucle dans ma tête, ce n'est pas à ma réponse que je réfléchis mais bel et bien à comment l'utiliser à mon avantage. J'ai besoin d'en savoir plus sur les gens de son espèce, et sur elle. Elle m'intrigue, me retourne les entrailles là où plus personne ne les titille. J'ai besoin qu'elle reste près de moi jusqu'à ce que je comprenne, que je sache tout ce que je veux savoir et surtout, qu'elle passe de l'autre côté du miroir, celui qui ne m'atteint pas.

Et puis, la voilà, la raison de ma réflexion. Celle d'attendre que les derniers mots s'échappent de ses lèvres pour me donner ce qu'il me faut, ce que je veux, sans même que j'ai à le demander. Je me redresse, quitte son regard, frotte lentement mes mains alors que mes yeux traversent la pièce. Je marche sur un fil avec elle, un fil que j'avais oublié depuis le temps. Vaciller entre le cœur et l'esprit. J'ai besoin d'elle, sans doute autant qu'elle a besoin de moi.

« Je ne sais pas ce que vous avez entendu exactement mais vous savez comme moi que entre ce que l'on entend et la réalité, il y a un écart. » Semi-mensonge, presque vérité. « Nous pouvons travailler ensemble sur votre problème. Mais je ne vais pas vous mentir, ce ne sera pas en un claquement de doigt que tout ira mieux. »  Et pourtant, c'est exactement ce que je m'apprête à faire, lui mentir. Lui donner de l'espoir là où je sais pertinemment qu'il n'y en a aucun, lui donner un nouveau rêve là où il n'y a qu'une réalité abominable.

Je me tourne lentement vers elle pour observer cet animal apeuré, cette femme détruite pour reprendre, à la fois sincère, à la fois plus menteur que jamais. « Je veux vous aider mais je ne peux pas faire le travail seul. Ça va être dur, parfois trop. Vous allez avoir mal, peur. Je vais sans doute vous faire revivre des choses que vous ne vouliez jamais revoir. Mais si on doit faire ça, vous devez me faire confiance. »

Mais je sais comment ça fonctionne, mieux que personne. Dans un monde où les traîtres ont tous les visages, où l'horreur n'a pas d'âge, pas de forme, la confiance ne se donne pas sur la bonne parole. Alors il me faut donner un peu de moi aussi, parier sur elle à ma façon. Continuer sur cette fine ligne entre le cœur et l'esprit, pariant sur notre avenir à tous les deux.

« Je sais qu'il est dur d'accorder sa confiance à un parfait inconnu, encore plus de mon espèce. Alors je vais être honnête avec vous. Si je n'attendais pas votre venue, elle tombe bien. J'aimerais en apprendre plus sur les métamorphes. Mon frère est en danger de mort et rien ne peut le sauver à part ce rituel, qui vous change à tout jamais. Mais je ne peux pas me permettre de simplement effectuer un rituel et espérer qu'il aille bien. J'ai besoin d'informations, de sentiments, de savoir quelles erreurs ne pas faire pour qu'il s'accepte, qu'il se sente bien dans sa peau et qu'il puisse être heureux. »

Une vérité qui fait mal, qui brûle et qui se lit sur mon visage. Je ne cherche pas à cacher ma détresse, mon émotion. Je suis complètement sincère, même si j'omets une partie de l'histoire et pour prouver ma bonne foi, j'avance ma main lentement sur celle de l'apeurée à mes côtés. Sans rien faire, je m'approche un peu plus d'elle pour couper la distance entre nous. « Je te propose la chose suivante. Je te montre ce que je peux faire avec les informations que tu m'as donné, un espèce d'échantillon de ce que l'on peut faire ensemble et tu choisis. Tu restes ou tu t'en vas. »

Alors que mes doigts se posent sur le dos de sa main, je continue. « Je vais t'expliquer ce que je fais, comme ça, tu comprendras comment ça fonctionne et en plus de ça, tu auras toujours une certaine maîtrise. » Semi-mensonge, une fois de plus. « Là, je vais créer une illusion. Rien autour de nous ne va changer, la seule chose qui va être différente, c'est cette douleur que tu ressens. », sans attendre vraiment, je crée l'illusion, soulageant cette douleur visible. Celle qui se lit dans ses yeux. Je lui offre quelques secondes de répit, où elle respire, où elle souffle, où son sorcier n'apparaît même plus dans son esprit. Et puis, lentement, mes doigts quittent sa main, ils l'effleurent avant de couper tout contact physique avec elle.

Tout est entre ses mains, maintenant. La décision lui appartient. De me faire plus ou moins confiance, de vouloir essayer. J'hésite même à la supplier à mon tour, lui expliquer qu'elle me fait revivre des sentiments que je n'avais plus connu depuis longtemps. Mais au lieu de ça, je souffle simplement, doucement. « Comment tu te sens ? », une question honnête, suivi de mots sur ce foutu fil, sur ce foutu but, qui ne me sort pas de la tête. « C'est à toi de décider, maintenant. Si tu veux partir, la porte est encore ouverte. »

Mais ne pars pas, s'il te plaît, parce que je crois que j'ai aussi besoin de toi.

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Anastasia N. Bolkonsky
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Sam 16 Juin - 14:43

Won't you please, please help me !

Anastasia & Liam

J'étouffe, dans cet appartement trop grand, j'étouffe, prisonnière de cette carcasse malmenée par les années et l'angoisse, j'étouffe et j'aimerais pouvoir hurler pour extraire cette boule de panique qui obstrue ma gorge mais aucun son ne sort. Il n'y a bien que les bégaiements et autres suppliques qui acceptent de franchir l'imperméable rempart de mes lèvres. J'étouffe en me tournant vers celui qui pourrait aussi bien m'achever qu'il pourrait me rendre ce précieux oxygène qui me fait défaut. Je ne suis pas certaine de savoir comment réagir ni comment me comporter face à lui. Le coyote veut grogner, se tapir, attaquer... il se méfie de ce sorcier inconnu et tente de me convaincre qu'il faut rester fidèle à Georg mais avec les années, je suis redevenue plus humaine qu'animale. Une humaine qui craint la solitude et qui est prête à voir en un inconnu le Messie, une humaine qui veut simplement arracher l'influence de Georg à son esprit. Si Liam parvient à me soulager, alors c'est Liam que je suivrai. Rien à foutre de rester dans l'ombre de quelqu'un tant que ce n'est pas celle de Georg. Je déballe mon histoire en omettant d'importants détails qui n'ont pas leur place ici et il n'a pas encore eu le temps de dire quoi que ce soit que je le regarde déjà avec le visage d'une gamine face au Père Noël. J'en viens presque à me dire que ce serait merveilleux si, d'un claquement de doigts, il pouvait tout arranger, tout réparer, recoller les petites pièces rongées par le temps qui constituent mon esprit, ce serait... surréaliste. Lorsqu'il se décide à me répondre, je hoche la tête en serrant les poings. Ça va être difficile et, comme s'il pouvait lire dans les pensées, il me confirme que claquer des doigts ne fonctionnera pas. Je vais avoir mal, je vais avoir peur... mais j'ai déjà mal et je suis déjà terrifiée. Comment pourrait-il rendre les choses plus pénibles quand le seul en qui j'avais confiance a réussi à éveiller en moi une terreur sourde et omniprésente ? Rien ne me fera plus de mal que ça, je m'en persuade depuis des semaines. Mais de là à faire confiance...

« Je... je ne vous connais pas, vous ne me connaissez pas et vous parlez déjà de confiance ? Je suis prête à faire confiance à vos paroles car vous semblez honnête lorsque vous me mettez en garde mais... je vais avoir du mal à vous faire confiance après dix minutes d'entretien. »

C'est tout moi, ça. Avec plus de courtoisie et de politesse que d'habitude. Je ne fais pas confiance, je n'ai jamais fait confiance et je n'ai jamais choyé la confiance de qui que ce soit. Sauf Andreï. Lui ne m'a jamais fait confiance mais moi si et ça comptait bien plus que je ne l'aurais cru. Pour que je fasse confiance, il me faut des preuves, des éléments tangibles et palpables, il me faut des actes. Mais aussitôt, Liam semble à nouveau avoir réponse à tout. Quelque part, l'entendre dire que c'est difficile d'accorder ma confiance à un inconnu à quelque chose de rassurant, comme s'il était prêt à admettre que je ne puisse pas totalement m'abandonner à lui grâce à quelques mots gentils. Je suis épuisée, perdue, meurtrie... malgré moi, la méfiance s'efface au profit de la détresse et je le laisse parler sans l'interrompre car j'ai envie de croire à tout ce qu'il me dit, j'ai envie de m'y accrocher comme à une bouée, j'ai envie d'ignorer la voix d'Andreï qui me hurle de me méfier. Alors j'écoute. Il veut en savoir plus sur les métamorphes, soit, pourquoi pas mais... pour sauver son frère ? Mon cœur s'emballe. J'ai souhaité devenir métamorphe, j'ai supplié Georg et il n'y a pas de chose que j'ai plus regretté dans toute ma vie. Devenir une métamorphe, ne plus faire qu'un avec l'animal, c'est aussi s'enchaîner à vie à son créateur et ça...

« Ne faites pas ça ! Bon sang, vous êtes complètement irresponsa... »

Je me fige au milieu d'une phrase, consciente que je m'emporte et soupire avant de reprendre.

« Écoutez... je ne veux pas briser vos espoirs mais rien que le rituel pourrait le tuer. Si votre frère est mourant et que vous effectuez le rituel sur lui, il est possible qu'il ne le supporte pas. J'en ai déjà vu, des gens qui ne s'en relevaient pas, et puis il n'y a pas que ça. Vous voulez connaître les erreurs à ne pas commettre ? Très bien. Si le rituel fonctionne, vous et votre frère serez plus liés que jamais. S'il est blessé, vous le saurez, si vous pleurez, il le sentira. Si vous mourez... il se changera en animal pour le restant de ses jours. J'ai passé quarante ans dans la peau d'un animal et... ça n'a l'air de rien mais vous n'imaginez pas à quel point c'est angoissant de sentir l'humanité vous quitter pour laisser place à l'instinct. Petit à petit, l'animal prend le pas sur tout le reste, les sentiments s'estompent, les souvenirs disparaissent... si vous mourez, vous condamnerez votre frère à ça. Mais quelque part, il sera toujours en vie. »

Je n'ai pas l'intention de le dissuader de faire ce rituel pour une raison très simple : j'ai eu un frère, moi aussi, un jumeau qui plus est. Un frère que j'ai cru sauver en vendant mon âme et mon corps au KGB, il frère certainement mort depuis longtemps car à l'époque, rien n'aurait pu soigner sa maladie. Un frère pour qui j'aurais accompli le rituel sans réfléchir si j'avais moi-même eu des dons pour la sorcellerie. Mais ça... puis-je seulement le confier à Liam ? Mon discours est suffisamment éloquent pour qu'il sente qu'il y a anguille sous roche mais je préfère me taire pour le moment. Je préfère me taire aussi parce qu'après être venu s'asseoir à côté de moi, il réduit plus encore la distance qui nous sépare et pose sa main sur la mienne. L'instinct et l'habitude me hurlent de lui saisir le poignet, de le briser et de lui cracher au visage que celui qui réussira à m'amadouer n'est pas encore né mais faut croire que je me trompe. Je reste figée comme une statue, incapable de quitter son regard du mien, incapable de bouger, à sa merci sans qu'il ait eu à faire quoi que ce soit d'autre que d'aller dans mon sens. Le tutoiement ne m'étonne même pas, comme si en franchement les derniers centimètres nous séparant, on venait d'entrer dans une étape plus familière et moins guindée de notre relation. Je reste muette, hoche la tête et me laisse faire. J'ai le choix, je peux rester ou partir, je vais garder le contrôle... tant de mots qui visent à me rassurer et qui font leur office comme un baume apaisant sur mon cœur en miettes. Mes sourcils se froncent, pourtant. Une illusion ? Mais s'il crée une illusion, ça ne sera que passager et surtout... ça serait irréel. L'espace d'un instant, j'ai envie de le traiter de charlatan et de lui dire d'aller se faire foutre mais il ne m'en donne pas l'occasion.

L'illusion est étrange, elle n'a pas forme humaine, c'est plutôt... une sensation. La terreur me quitte, le chagrin s'estompe et la colère, elle, s'efface au profit d'un apaisement plus doux que l'étreinte d'un être aimé. Je n'ai plus peur, je n'ai plus envie de hurler car pendant quelques secondes, Georg a cessé d'exister dans son esprit. Il s'est changé en un vilain monstre de placard oublié depuis l'enfance, un objet de terreur dont je me serais débarrassée depuis bien longtemps. C'est donc cela que l'on ressent ? Je retient ma respiration et, sans que je ne parvienne à la contrôler, une larme de soulagement roule sur ma joue tandis que je me tourne vers Liam avec toute la reconnaissance du monde dans les yeux.

Ce n'est peut-être rien pour lui, mais l'espace d'un instant, il m'a rendu ma liberté. Celle à laquelle j'aspire depuis des décennies. Dans un geste tremblant, ma main cherche le contact de la sienne.

« Non... ne me lâche pas, je t'en supplie... »

Mes doigts se serrent contre les siens, comme si ce simple contact pouvait suffire à m'apaiser et je me rends compte que j'en veux plus. Ce minuscule échantillon qu'il m'a offert est une mignardise trop délicieuse et trop tentante pour que s'en contenter ne soit pas du gâchis. Mais c'est aussi dangereux, de vouloir aller plus loin. Plus il m'aidera, plus je lui serai redevable, n'est-ce pas ? Il ne m'a pas vraiment demandé quoi que ce soit jusqu'à présent, n'est-ce pas ? Aussi vite qu'elle s'est envolée, la peur revient et je me lève d'un bond pour reculer le plus loin possible.

« Non... il faut pas... tu... tu vas me demander des trucs anodins et quand je n'aurai plus rien à te dire, ça sera quoi ? Tu me demanderas quoi quand tu auras tout ce que tu veux ? Tu vas faire comme lui ? Exiger le pire, réclamer que je t'obéisse comme une... comme... »

Le soulagement a laissé place à la terreur et soudain, mes jambes tremblantes refusent de me porter. Je me laisse glisser contre le mur et me passe une main nerveuse dans les cheveux. Elle n'a rien d'impressionnant, l'angoisse qui m'étreint, mais tout de pathétique. Pas de larmes, pas de respiration haletante, rien que d'incontrôlables tremblements et battements de cœur. Pourtant, mon regard est déterminé lorsque je le fixe à nouveau.

« Je ne veux pas m'en aller. Je ne suis pas venue ici pour me défiler à la dernière minute. Mais je veux que tu me promettes que tes dons ne te serviront pas à reproduire ce que je cherche à fuir. »

Mais comment pourrait-il seulement savoir de quoi je parle alors qu'il ne me connaît pas ? Il a dit que ça ferait ressurgir des souvenir... suis-je seulement prête à y faire face ? Depuis mon coin de carrelage, je pose mes coudes sur mes genoux et tente de calmer les battements démentiels de mon cœur.

« Je peux te poser une question ? » et je n'attends pas vraiment la réponses, « Qu'est-ce qui arrive à ton frère pour que tu envisages le rituel sur lui ? »

Une part de moi à envie de goûter à nouveau à la quiétude que j'ai ressenti pendant un court instant mais une autre craint l'instant qui suivra inévitablement. La troisième veut simplement comprendre le pourquoi de tout ça, pourquoi il est prêt à aller jusque là.

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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Sam 16 Juin - 16:23


La confiance. Une définition d'un mot n'est jamais compliquée. Souvent, elle est facile à comprendre pour n'importe qui. Faire confiance, avoir la confiance de quelqu'un. Quand on est petit, on donne sa confiance au premier venu, il paraît. La confiance à travers l'innocence. Celle qui nous laisse croire que l'humain face à nous ne nous fera jamais de mal, que les autres ne nous voudront jamais aucun mal. Et puis, la confiance évolue en même temps que l'on grandit. On vit des trahisons, des pleurs et des cris. On se dit « plus jamais », plus jamais on ne fera confiance, plus jamais on y croira. Plus jamais on se fera avoir comme ça. Alors on devient plus méticuleux, on regarde les gens face à nous et on leur demande de nous donner des preuves, des raisons pour lesquelles on devrait leur offrir cette fameuse confiance.

Et puis, on arrive à un stade, un jour, où l'on comprend qu'en vérité, on ne pourra jamais vraiment savoir. J'ai une confiance absolue en mon frère depuis le premier cri que l'on a poussé en commun et même si j'ai perdu la sienne, il en reste une part que personne n'arrive à enlever. Quelque chose qui fait que face à face, dans une pièce, on prend encore le temps de s'écouter là où on claquerait simplement la porte au visage d'un autre. C'est compliqué, la confiance, bien plus compliqué qu'une définition dans un dictionnaire, bien plus compliqué qu'on ne se l'avouera jamais. Parce que je crois bien qu'en une vie, on a pas assez pour comprendre vraiment les tenants et les aboutissants de la confiance.

Bien placé pour le savoir, j'en joue constamment, de ce mot, de ce sentiment parfois plus fort que l'amour et la haine. Ma carrière politique est basée sur une pseudo confiance entre les citoyens et moi, entre mes collègues et moi. Une confiance qui n'implique aucune part personnel mais qui peut quand même ruiner nos vies en une seconde. J'en joue avec mon frère en ayant usé et abusé de son identité, encore et encore, et lui de même, à sa façon. J'en joue avec tous les autres, un moment donné ou un autre. La confiance est le maître mot de mon existence.

Et si je devais choisir s'il fallait me faire confiance, je dirai que non.

Pourtant, me voilà en train de jouer à nouveau sur cette corde sensible. Je laisse glisser le mot dans la tête de la brunette, je l'y laisse prendre sa place. Je joue les hommes honnêtes, ceux qui comprennent qu'on ne donne pas sa confiance au premier coup d’œil et la belle va tellement mal qu'elle y plonge la tête la première, dans ma foutue mascarade. Normalement, je me contenterai de ça, la manipuler, l'user et la jeter lorsque je n'en aurais plus aucune utilité. Mais quelque chose est différent avec elle, et lorsqu'elle se met à parler, m'énoncer de dures réalités face à ce que je veux faire à mon frère, j'écoute. J'écoute de cette oreille plus attentive que je ne veux bien l'admettre. Elle me tord un peu le cœur, me serre un peu la gorge en m'expliquant ce que je sais déjà sans réellement le savoir. Je pourrais lui dire que j'ai déjà condamné deux hommes à ce destin. Si je meurs, ils perdent leur humanité. Mais je ne dis rien, non, j'écoute. Son histoire qui me prend aux tripes et qui me fait perdre mes objectifs de vue pendant quelques instants pour la énième fois en quelques minutes.

Mais pourquoi elle ? Qu'est-ce qu'elle a de si unique au juste ?


Chassée la pensée, se concentrer de nouveau. Créer l'illusion, rester celui que je suis. Me servir d'elle et lui faire miroiter des rêves impossibles à réaliser. Ce n'est pas la première et ce ne sera pas la dernière. Alors merde. J'en suis capable, j'en ai toujours été capable. Mentir comme je respire, je l'ai toujours fait, avant même de devenir un monstre sans réelle culpabilité. Une larme perle au coin de son œil et me saisit, elle me replonge dans ce moi trop instable, trop sensible, me fait serrer les mâchoires. Son besoin d'aide, sa détresse est tellement forte qu'elle me blesse sans que je ne la comprenne. J'étais persuadé d'avoir dépassé ce stade, d'avoir perdu quasiment toute mon empathie et pourtant, l'inconnue face à moi réveille mon humanité comme peu l'ont fait.

Elle tremble, la belle, jusqu'à retrouver ma main. Je frissonne à son contact, incapable de lâcher son regard. Ma respiration se coupe et mon cerveau lui, cesse de vouloir la manipuler. Il cesse tous les plans diabolique, il cesse de fonctionner correctement. Je reste planté là, immobile face à elle, ses tremblements devenant les miens par extension pendant un instant. Mais heureusement, elle se lève, s'éloigne brusquement avant que je ne craque, perde totalement les pédales. Je respire à nouveau alors que je l'observe se reculer sans un mot. Putain mais qu'est-ce qui m'arrive au juste ?

Anastasia se met à parler, elle baragouine un milliard de choses que sur l'instant, je ne comprends qu'à moitié. J'aimerais la couper, lui dire stop mais je n'arrive pas encore à parler, alors je la laisse juste continuer, spectateur de la scène, plus du tout acteur. Mais elle tremble trop et commence à lâcher, physiquement tant que moralement, et lorsque je la vois glisser le long du mur, je me lève à mon tour, trop vite. Ma tête tourne un peu, trop peu habitué à me préoccuper autant, à ressentir à ce point, mais je m'arrête, me stoppe dans mon mouvement en voyant qu'elle maîtrise encore relativement son geste. Une main sur le dossier du canapé, je garde mes pupilles dans les siennes, sans oser avancer un peu plus vers elle.

Sa demande me laisse encore une fois face au néant un instant. J'imagine Mikkel, Milo ou Nolan demander ça à un autre sorcier dans quelques temps. Est-ce comme ça qu'ils me voient ? Est-ce comme ça que tous les métamorphes voient leurs sorciers ? Avant d'avoir eu le temps de répondre, c'est une autre question, qui vient. Une qui n'attend pas quelques secondes, qui s'enchaîne à une autre, bien plus dure. Normalement, c'est le moment de mentir. Le moment d'arrêter ces conneries et de reprendre le dessus. Merde, je l'ai fait un million de fois, alors pourquoi pas cette fois là ?

Mais au lieu de ça, je soupire, je me laisse glisser à mon tour contre le bord du canapé, assis par terre, face à elle, un miroir étrangement similaire pour une parfaite inconnue. Quelques mètres nous séparent et je prends un instant. Un instant pour tenter de reprendre le contrôle et choisir mes mots. Mais j'en suis incapable lorsque je retrouve son regard pour ouvrir la bouche. Incapable de lui mentir alors que j'ai toujours su le faire.

« Mon frère est malade. Il l'a toujours été. » Ma voix est usée, presque autant que celle de la femme face à moi, alors que je baisse les bras, ne lutte plus contre moi-même. « On l'a découvert lorsqu'on était trop petits pour comprendre. Et ça s'est vite empiré. Il lui a fallu une greffe. » Je joins mes mains, tourne mes pouces pour me détendre, au moins ne pas craquer alors que je continue, désemparé. « On est jumeaux alors j'étais compatible. Je lui ai donné un rein et on pensait que c'était bon, que ça lui aurait sauvé la vie. » Je ris, blessé de cette histoire que je ne raconte que trop peu, ou du moins, trop peu avec autant de vérité. Sans chercher à enlever les bouts qui font trop mal, me font passer pour un connard. « Sauf que ça n'a pas suffit. Parce qu'il y a eu l'apocalypse, déjà, et puis parce que je suis un abruti, un sale con, Anastasia. » Mes yeux se plantent dans les siens et je sens mes yeux s'embuer sans aucune larme qui ne coule. Parce qu'elles ne coulent plus, bordel. Elles ne coulent plus jamais. « Je lui ai bousillé sa vie par égoïsme et maintenant, il n'a plus de rein, plus de solution. Si je ne fais pas ça, il meurt, c'est tout. » Je passe une main dans mes cheveux, beaucoup trop tremblante à mon goût. « Je sais que le rituel peut rater s'il est trop faible et c'est pour ça que je ne veux pas trop attendre. Techniquement... techniquement pour la prochaine pleine lune il aura assez de force. » Un aveu que je n'ai fait à personne, pas même à Nolan en vérité. « Mais je peux pas le laisser mourir sans au moins essayer tout ce qui est en mon pouvoir. C'est la moitié de mon âme, tu comprends ? »

J'aurais du continuer, dire que la moitié qui m'appartient à moi elle est bousillée, écrasée, oubliée. Que si Nolan quitte ce monde alors mon âme et mon cœur le quittent aussi. Mais j'en suis incapable, ma gorge s'est tellement serrée que ma voix s'est éteinte sur les derniers mots. Et pour la première fois depuis trop longtemps, je renifle. Passe une main par réflexe sous mon nez. Pour la première fois depuis trop longtemps, il me faut quelques instants pour continuer à parler. « Je ne sais pas ce que t'as fait ton sorcier Anastasia mais je ne te ferai pas de mal. » Une vraie promesse, qui n'empêche pourtant pas le mensonge d'exister. Comment lui dire que l'enlever de son emprise est impossible ? Comment lui dire, que si l'on arrête de se voir, alors tout recommencera, sans doute puissance mille ? Comment lui dire que je lui mens, que je vais la rendre dépendante pour arranger la vérité mais que je ne suis en rien, capable de la changer ?

Parce que c'est ça, la triste vérité qu'il faut cacher. On est bons à rien, face au destin. Je ne suis bon à rien. Je ne sauverais pas vraiment Nolan même si le rituel fonctionne. Je ne rendrais pas réellement la vie d'Anastasia meilleure, je lui ferai juste croire qu'elle l'est. Parce que je n'ai aucun pouvoir, que des dons pour faire des tours de magie, des tours de passe passe. Mais je redresse le menton, et lui tends la main, malgré la distance qui nous sépare. « Je te promets, Anastasia, que jamais je ne te demanderais des choses que tu ne veux pas. Ce n'est pas parce que je suis un sorcier que je suis supérieur à toi, je ne le serai jamais. »

Parce que t'as réussi à atteindre un cœur que je croyais scellé, que tu peux me faire bien plus de mal que tu ne peux l'imaginer. Je serre les dents et rajoute, un peu honteux. « Qu'est-ce qu'il t'a fait ? » Trop vague, trop imprécis. Mais la question la plus honnête que je pouvais poser. Celle qui a tiraillé mes tripes jusque dans ma voix en la posant. Celle qui me donne l'impression de l'avoir toujours connu et qu'on l'a détruite avant de me la ramener. Une inconnue qui reflète beaucoup trop de vérité, qui me fait tellement peur qu'il vaut mieux l'avoir près, tout près. Et cette main, ouverte vers elle, qui ouvre une relation que je ne suis pas sûr d'être en mesure de gérer. Ce sentiment, tout au fond, qui me fait dire que j'ai besoin d'elle mais qu'elle pourra me détruire. La dernière fois que j'ai donné ma confiance à quelqu'un, c'était Nataliya et elle a disparu, parce que c'était trop, j'étais trop.

Dis-moi, Anastasia, tu me promets que tu resteras ?

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Anastasia N. Bolkonsky
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Sam 16 Juin - 23:36

Won't you please, please help me !

Anastasia & Liam

Je déteste la peur. C'est un sentiment bien trop imprévisible, incontrôlable, impétueux, un sentiment que j'exècre car il n'a pas sa place chez moi. Pourtant, c'est bien la peur qui me fait trembler, la peur qui fait que le sol se dérobe sous mes pas, la peur qui me fait quitter le canapé pour m'isoler un peu plus loin dans la pièce. Ce dont j'ai peur, c'est de ce qui pourrait arriver si j'offre à Liam la confiance qui semble nécessaire à ma survie. L'appréhension, voilà c'que c'est. J'ai vécu trop de déceptions pour en supporter une de plus et c'est cet inconnu qui risque d'en faire les frais, ça n'a aucun sens. Et s'il connaissait Georg, hein ? S'il avait prévu de tout lui rapporter ? La paranoïa et la méfiance m'empêche d'y voir clair et je me sens tout simplement idiote de ne pas être capable de réfléchir correctement. Prostrée au sol, je m'attends à ce qu'il me regarde comme une pauvre créature inutile et faible, à ce qu'il me mette dehors... mais certainement pas à ce qu'il vienne s'asseoir en face de moi avec un regard qui me pince le cœur. Le regard de quelqu'un qui comprend et qui accepte ma peur. C'est donc ça, l'autre visage d'un sorcier ? Je ne peux m'empêcher de me dire que si Georg avait été comme Liam, il n'aurait pas eu besoin de la torture ni de la contrainte pour gagner ma fidélité. Je l'aurais défendu envers et contre tout s'il avait pris la peine de se comporter avec moi comme un être humain et non comme un monstre. J'ai l'impression de voir mon propre reflet lorsque je regarde Liam et dès sa première phrase, l'impression s'en trouve renforcée.

Son frère a toujours été malade. Comme le mien. Ils sont jumeaux. Comme Nikolaï et moi. La différence, c'est que j'ignore totalement si Nikolaï a pu recevoir un nouveau foie, surtout si l'on considère les méthodes de greffe de l'époque. La différence, c'est que je n'ai pas vu mon frère depuis l'âge de huit et ai fini, bien malgré moi, par en faire le deuil. La différence, c'est que Liam peut encore sauver son frère. Et il ose dire qu'il est un sale con ? Je penche la tête sur le côté et le regarde en fronçant les sourcils. Combien y a-t-il de cadavres planqués dans son placard pour qu'il dise ça ? Où se situe sa culpabilité sur une échelle allant du vol de goûter au meurtre en passant par la trahison ? Tout ce que je sais, c'est que j'ai face à moi un homme démunis qui est prêt à mettre son âme en gage pour sauver la vie de son frère et ça, ça peut doit bien racheter quelques erreurs, à mon avis. Je comprends aussi qu'il ne peut pas laisser tomber son frère sans avoir tout essayé. Il n'a pas idée d'à quel point je le comprends. Ça serait simplement se foutre de la gueule du monde que de lui faire la morale là-dessus.

« Je comprends... tu n'imagines pas comme je comprends... mais t'es ni un abruti, ni un sale con. Un connard d'égoïste n'aurait pas donné son rein à son frère, et ce même connard ne serait pas en train de remuer ciel et terre pour lui sauver la vie. Je sais pas c'que t'as fait à ton frère et à vrai dire, j'm'en fiche. Il a de la chance de t'avoir et t'as de la chance de l'avoir. Je... si je peux t'aider... »

ça sera comme racheter ce que je n'ai pu faire avec mon frère, n'est-ce pas ? C'est un peu comme déporter la culpabilité que je ressens depuis le jour où on nous a séparés. Le visage que me montre Liam, c'est celui d'un sorcier, d'un frère qui se soucie de son jumeau avant même de penser aux conséquences pour lui-même. Alors vraiment, est-ce que c'est utile de savoir ce qu'il a pu faire à son frère pour avoir le sentiment d'avoir détruit sa vie ? Pas vraiment. Et puis, après un moment de silence, y a la promesse.

La promesse qui tombe, sortie de nulle part, promesse qui me ramène à mes problèmes et me fait serrer les poings. Il ne me fera pas de mal. Le regard plongé dans le sien, je traque le mensonge et ne lit que sincérité et chagrin. Il a un regard semblable au mien, un regard qui m'apaise et me dissuade de lui cracher au visage qu'il sera forcément comme les autres, qu'il me blessera et me décevra. Il a le regard d'un homme blessé qui cherche à panser ses blessures et lorsqu'il me tend la main, je ne peux que me glisser vers lui pour la saisir. Mes doigts entremêlés aux siens, je ne lâche pas un seul instant son regard du mien. La chaleur de sa paume contre la mienne a quelque chose de rassurant et ses mots font battre mon cœur un peu plus vite à chaque syllabe prononcée. Andreï m'a déjà dit plusieurs fois que jamais il ne me forcerait à faire ce que je ne veux pas faire. Mais Liam est le premier à ajouter qu'il n'est pas supérieur à moi. Dans notre malheur, avec nos blessures et nos échecs, nous sommes simplement égaux et la tendresse qu'il y a dans sa voix s'immiscent en moi pour me mettre en confiance. Est-ce que tu me promets de ne pas me trahir, Liam ? Est-ce que tu jures de panser mes blessures ? Est-ce que tu penses pouvoir rassembler les morceaux, hein Liam ? J'ai envie d'y croire, envie de m'en persuader, tu n'as pas idée. Pourtant, mes doigts se crispent et mon regard se fait fuyant lorsqu'il me pose la question à laquelle je pensais échapper. En voilà, une bonne question. Georg m'a fait bien des choses mais il m'a aussi fait moi. Ce que je suis aujourd'hui, je le lui dois inévitablement, aussi bien en mal qu'en bien.

Il est encore temps de fuir, de claquer la porte en sortant et de ne plus jamais revenir mais je m'y refuse. Liam peut m'aider à m'émanciper de Georg, j'en suis certaine ! Il me l'a prouvé tout à l'heure, non ? Et Liam me ressemble, Liam a vécu des choses identiques... ça serait si facile de prendre la fuite maintenant mais au lieu de ça, je me glisse à ses côtés, ma main toujours lovée au creux de la sienne. Ce n'est pas que je n'aime pas raconter mon histoire, c'est simplement qu'en général, faire remonter les souvenirs est douloureux et ne sert pas à grand-chose. Tandis que je plonge à nouveau mon regard dans celui de Liam, je pèse le pour et le contre. Y a pas grand-monde qui la connaît, cette histoire. Y a Georg et Andreï, soit les deux personnes que je cherche à fuir tout en tentant désespérément d'attirer leur attention. Mais Liam... Il n'a pas vécu cette histoire, il n'a pas de préjugés dessus et il s'est confié à moi, alors...

« Pour comprendre ce qu'il m'a fait, faut remonter assez loin. J'en ai pas l'air, mais j'approche des 80 ans. Quand je te disais tout à l'heure que je te comprenais, c'était pas des conneries. On est nés le même jour, avec mon frère, à quelques minutes d’intervalle, sauf que moi j'étais bien portante, lui non. Insuffisance hépatique, ont dit les médecins quand ils ont vu sa peau jaunâtre, et c'est là que les ennuis ont commencé. La médecine des années 40 ne pouvait pas grand-chose pour lui et surtout, mes parents n'avaient pas beaucoup d'argent. Et puis quand on a eu 8 ans, y a ces types qui se sont présentés à la maison. Ils ont proposé à mes parents de payer l'intégralité des soins et de la scolarité de mon frère en échange de leur fille. C'est con mais... ils ont cru bien faire en me confiant à eux. Je me suis retrouvée embarquée par le KGB pour être formée comme un brave petit soldat et si tu t'poses la question, je n'ai jamais revu mon frère. Je ne sais pas s'il est mort, s'il a survécu, s'il est quelque part... »

Je me tais un instant, déglutis puis reprends.

« C'est là-bas que j'ai rencontré mon sorcier. Il a joué le rôle du père de substitution les premières années, s'est montré attentif, prévenant, sévère lorsqu'il le fallait mais j'avais vraiment l'impression qu'il prenait soin de moi... sauf que j'ai grandis. Je suis devenue adolescente, j'ai... j'ai... effectué mes premières missions d'espionnage et de collectes d'infos. Il n'a pas hésité à me vendre à des salopards et à faire de moi une catin pour servir ses intérêts. »

Un frisson me parcoure l'échine et je détourne les yeux, trop honteuse pour oser regarder Liam.

« ça a duré des années. Quand j'ai eu 18 ans, il m'a collée avec un coéquipier et est passé à la vitesse supérieure. J'avais approximativement cet âge quand j'ai tué pour la première fois et c'est devenu routinier. Traquer, tuer, arracher des infos... »

Andreï. À une période de ma vie où je me haïssais et me sentais souillée par toutes les sales besognes que m'imposait Georg, Andreï a été une véritable bouffée d'oxygène. Malgré sa maladresse et son franc parler, il a su m'écouter, me défendre et c'est avec lui que je me suis sentie forte parce qu'avec Andreï, j'avais à nouveau le sentiment d'être une personne et non un jouet. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Andreï m'a sauvée la vie avant de manquer de me tuer... et je n'arrive pas à lui en vouloir comme je le devrais. Malgré tout le mal qu'il m'a fait, Andreï est et restera toujours celui qui m'empêcher de sombrer dans la mélancolie.

« Elle ne date pas d'hier, notre relation, et lorsqu'il a parlé de me changer en métamorphe, j'ai cru que je pourrais le rendre fier, qu'il serait à nouveau le père de substitution qui me soutenait quand j'étais gamine, mais... lorsqu'il a achevé le rituel et a vu en quel animal je me changeais, ça a été fini. Un coyote, c'est bien inutile, pour un espion, c'est voyant, c'est grossier, c'est... »

Un nouveau frisson me fait trembler. Ce n'est pas pour rien que je déteste l'animal en lequel je me change : il est le symbole du dédain complet de Georg.

« Il m'a tourné le dos, m'a écarté des missions importantes et n'a plus cessé de me dire que je ne serais jamais à la hauteur. C'est un sorcier qui n'a ni cœur, ni âme, c'est juste un monstre d'orgueil qui a usé et abusé de son pouvoir sur moi. C'est... il m'a brisée, voilà ce qu'il a fait. Lorsqu'il est mort, j'ai erré pendant des années dans la peau d'un coyote mais au moins, j'étais libre... alors tu te doutes bien que si j'ai repris forme humaine, c'est qu'il est de retour. »

Je hausse les épaules, tente un sourire qui se change en un rictus étrange et lève les yeux vers le plafond.

« Voilà... tu sais plus ou moins ce qu'il m'a fait et continue de me faire... et tu comprends sûrement pourquoi il m'est si difficile de faire confiance mais... toi, tu as l'air différent. »

Je tourne la tête vers lui et prends soudain conscience d'une chose : raconter cette histoire m'a fait un bien fou. J'ai déjà eu ce sentiment d'un poids en moins sur les épaules lorsque j'ai confié ma nature à Roman mais cette fois, j'ai le sentiment de mieux respirer. Peut-être qu'en fin de compte, les mauvais souvenirs sont fait pour être partagés et non dissimulés dans un coin de l'esprit où ils ne font que pourrir un peu plus chaque jour. Je détaille alors le visage de Liam, y cherche le dégoût, le jugement, le mépris... mais je n'y lis rien de tout ça et serre un peu plus sa main dans la mienne pour ne surtout pas rompre le contact.

Ne me lâche pas. Surtout ne me lâche pas.

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Liam P. Wiggins
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Dim 17 Juin - 15:34

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Il y a quelque chose de différent avec Anastasia. Quelque chose que je n'ai jamais connu avec personne d'autre que Nolan. C'est peut-être un peu stupide et illusoire, peut-être simplement du au fait qu'elle est sans doute la seule à en connaître autant de mon histoire. Mais pourtant, il y a quelque chose dans son regard, dans ses expressions, quelque chose qui me fait dire que non, ce n'est pas que ça. Il y a un truc sur lequel j'arrive pas à mettre le doigt et qui la place hors catégorie comparé à toutes les rencontres de ma vie.

Et puis, là voilà qui parle à son tour, qui répond, alors que j'achève les parties les moins jolies de l'histoire. Celles dans lesquelles je ne suis plus le héro qui a donné un rein à son frère mais celui qui l'a condamné à mort. Je me mordille la lèvre et saute un battement, lorsqu'elle dit comprendre. La brune n'a pas ce quelque chose dans la voix qui dit ça sans réellement savoir, juste pour essayer ou pour faire plaisir. Non, son ton dit que c'est sincère et j'en perds mon souffle. Personne n'a jamais compris, personne ne comprend jamais.

Elle retire mes propres mots, m'énonce que mon jugement est faux. Je reste bouche bée, j'ai été de beaucoup de choses dans ma vie mais jamais rien qui n'avait l'air d'un compliment, encore moins pensé. Pourtant Anastasia voit ça d'un œil différent. Celui du frère qui est en train de secouer la planète entière pour garder sa moitié en vie, qui donne toute son énergie pour le garder dans la même vie que lui. Elle se fiche du passé, elle est sûre d'elle. Tellement sûre d'elle dans ses mots qu'elle m'en donnerait le vertige, la belle, parce que personne ne m'a jamais dit que j'avais raison. Si Noah a toujours accepté mes choix, il a toujours marqué son désaccord malgré tout. La métamorphe face à moi est la première personne qui parle de chance de m'avoir, qui me comprend, vraiment. Je perds les pédales un instant, je crois même que c'est une blague. Une de ces mauvaises blagues qu'on faisait avant l'apocalypse où tout était filmé et l'arroseur arrosé. Mais la vérité c'est que ce n'est rien de tout ça, dans cette pièce il n'y a qu'elle et moi. Et plus on parle, plus nos langues se délient, plus j'ai l'impression de faire face à un étrange miroir de ma propre vie.

J'acquiesce lorsqu'elle propose d'aider, si jamais. Je ne suis pas capable de lui répondre en cet instant, la brune m'a coupé le souffle une fois de plus. Mais le cœur y est, plus que jamais, alors que j'ai arrêté de parler pendant quelques minutes. Puis vient le moment de changer de sujet, passer de l'autre côté du miroir pour ne pas perdre pied mais aussi pour lui dire que si ça peut marcher, ça ne sera jamais que moi, le centre du tableau. Armes égales. Idée de merde et pourtant toute autre solution me semble inconcevable. Je sens ses yeux dans les miens, un air de peur et de défi. Ce regard que je ne connais que trop bien, celui qui cherche le mensonge pour ne pas se faire avoir une énième fois. Celui qui cherche ce qui lui fait peur pour se donner une raison de fuir, de quitter au lieu d'affronter et dire « j'avais raison. » Mais pour une fois, il n'y a rien de tout ça dans mon regard. Juste un reflet du sien, de la fatigue, de la douleur, de la nostalgie et une dose de peur. Un mélange qui crée des cernes qu'on croirait crées avec l'humain tellement on ne le connait plus sans depuis trop longtemps. Ma main se tend vers elle, comme un invitation, une promesse qui n'a pas de mot, qui a plus que ça, tous les non dits qu'on arrivera jamais à articuler. Et alors qu'elle avait le choix de partir, me laisser là, comme un con avec ma main tendue, elle la saisit. Je respire à nouveau, lentement, difficilement. Je regarde ses yeux alors qu'elle mêle ses doigts dans les miens et que, bizarrement, j'ai l'impression que c'est une sensation que je connais déjà, que je la connais déjà. Je laisse nos doigts prendre leur place naturellement, sans y penser, sans même les regarder. Tout semble trop facile, trop naturel avec la douce Anastasia.

La brune qui se glisse à mes côtés, casse le peu de distance qui restait entre nous. Je reste silencieux, toujours ma main contre la sienne, refusant de voir l'instant s'évaporer et de la voir partir, surtout. Ses pupilles à nouveau dans les miennes je m'apprête à écouter son histoire, à mon tour de me taire, de faire au mieux pour comprendre. Dans ma tête, il n'y a plus ce Liam manipulateur qui va tenter de retenir chaque détail pour l'utiliser contre elle, pour traquer, détourner les informations. Il n'y a pas l'homme qui a enlevé le libre arbitre de son frère. Il y a juste Liam, le gamin un peu bousillé, trop abîmé, qui trouve du réconfort dans la présence de ce qui ne peut rien être d'autre qu'une part de mon cœur sans que je comprenne pourquoi, ni comment. Je laisse ma tête se caler contre le dossier du canapé alors qu'elle commence à raconter son histoire, celle qui remonte bien avant ma naissance.

C'est sûr qu'elle n'a pas l'air d'avoir quatre vingt ans, mais Noah ne fait pas son âge non plus, alors je souris juste à ce qu'elle dit, pas besoin de commenter, de la couper. Et puis voilà la raison de nos cœurs et nos regards un peu trop similaires. Un jumeau malade, elle a connu ça bien avant moi. Ces sensations d'injustice et ce lien compliqué, impossible à briser qui parfois fait trop mal et nous ronge de culpabilité. Sauf que la suite de l'histoire diffère, là où c'est une greffe qui nous a séparé, mon frère et moi, c'est le KGB qui s'est mis entre elle et son jumeau. Je soupire, baisse un peu les yeux. J'ai envie de changer son histoire à défaut de changer la mienne. J'ai envie qu'elle ne souffre plus de ces souvenirs à défaut de faire disparaître les miens. Son sorcier entre en jeu, il l'a manipulé, comme j'ai pu le faire mais différemment. Les enjeux n'étaient pas les mêmes et elle n'était qu'une enfant. Je serre les dents lorsque la brune parle de son adolescence et si la rage du moment me donne envie de tuer cet enfoiré, tout ce que je me contente de faire c'est serrer sa main dans la mienne et m'approcher un peu plus d'elle, coller mon épaule contre la sienne.

Puis viens l'âge de la maturité, celui où elle n'est plus assez jeune pour satisfaire certaines envies dégueulasses. J'ai envie de vomir à l'idée de savoir qu'elle a subi ça mais pourtant, je me retrouve rassuré qu'elle ait fini par avoir un coéquipier, quelqu'un avec qui parler, exister, se reconstruire au moins un peu. Elle parle de tuer, torturer, des choses horribles qui pourtant ne me font rien, ne changent rien sur mon avis sur elle. Parce qu'elle est cette gamine à qui on a enlevé sa vie, son enfance et son frère. C'est tout ce que je vois en elle. Cette sœur dévouée, qui a détruit sa vie pour sauver celle de son jumeau.

Mais y a encore eu son sorcier, celui qu'elle a considéré comme un père alors que ce n'est qu'un monstre à mes yeux. Elle a voulu le rendre fier, la belle, l'a laissé le changer. J'oublie même mes propres erreurs, mes propres fautes quant à mes métamorphes lorsqu'Anastasia conte son histoire. La belle se dénigre à cause de son animal, elle se dénigre à cause de cet homme qui a voulu lui enlever toute son humanité alors qu'elle était trop jeune pour comprendre. Je serre un peu plus sa main lorsque la russe avoue avoir conscience de la monstruosité de cet homme et surtout, cette vie qu'elle a du mener sans lui, en animal. Parce qu'il était mort et qu'elle était libre à sa manière. Mais l'apocalypse, encore une fois, a foutu un bordel sans nom, elle a ramené des hommes à la vie qui ne vivaient plus depuis des siècles, elle a ramené son sorcier. Anastasia est redevenue humaine en même temps qu'elle est redevenue prisonnière de cet immonde personnage.

Son épaule frôle la mienne alors qu'elle termine son discours, lève les yeux au plafond. Elle m'accorde ces quelques mots, comme quoi j'ai l'air différent, comme quoi, je ne semble pas être comme celui qui la torture et la hante. Son visage retrouve le mien et je lui souris, tendrement. « Je ne sais pas si tu as pris le temps de te renseigner un peu sur ce qui c'était fait entre le moment où tu es devenue un animal et le moment où tu as retrouvé ta forme humaine mais faut que je te parle d'un truc. » Un truc futile, qui fait moins mal. « Je pourrais même te le montrer, à l'occasion, je crois que je l'ai encore dans une boîte sous mon lit. » Je détourne mon visage d'elle pour simplement poser ma tête contre la sienne, sans plus la regarder, juste parler, laisser un peu la douleur de côté. « Quand j'étais gamin, on avait des dessins animés, genre, vraiment beaucoup. Et y en avait un qui s'appelait comme toi « Anastasia. ». Tu dois connaître l'histoire puisque c'est basé sur une princesse russe. Elle a existé pour de vrai. Bon, forcément, son histoire elle est un peu enjolivée, c'est un truc pour enfant, tu te doutes qu'on va pas mettre des meurtres à la pelle pour eux. » Je soupire et laisse mes doigts jouer dans les siens en reprenant, accent bien dégueulasse à l'appui. « Romanovna. C'était ça son nom. Une fille de Tsar. Enfin bref, dedans, y a un grand méchant, il est moche en plus et il veut que lui faire du mal. » Je laisse un sourire se dessiner sur mes lèvres tandis que j'ajoute. « C'est un peu comme ton histoire, mais pour enfant, quoi. »

J'arrête de parler quelques secondes. J'imagine que ce que je viens de dire n'a rien de clair pour elle. Alors je donne un léger coup d'appui sur le dossier pour créer un léger face à face entre nous, toujours bien trop collé à elle, toujours trop peureux de la voir disparaître sous mes yeux alors que j'en suis foutrement dépendant. Mes pupilles trouvent les siennes et je lui souris, comme un enfant, un enfant sans arrière pensée, qui pense à rien de mal, rien de bizarre ou quoique ce soit. Un enfant honnête plus que je ne l'ai jamais été, qui fixe celle à qui j'ai envie de dire « mais t'étais où, tout ce temps ? » pour serrer un peu plus ses doigts dans les miens. Nos genoux qui se cognent et nos bras qui se frôlent. Et puis je finis par dire. « T'es une princesse, Anastasia. Peut-être pas celles des contes de fées ou je sais pas quoi mais je te promets, je le vois. Je te vois toi, là. Et je te promets que t'es mieux que celle du dessin animé. »

Et puis je retrouve ma place, près d'elle, épaule contre épaule, mes doigts jouant toujours dans les siens. Cette fois je ne la regarde plus, sans doute parce que c'est plus dur et que les contes ne durent toujours qu'un temps. Mais ses mots me trottent dans la tête depuis trop de temps pour que je ne dise rien. « Pour ton frère... je peux tenter de faire des recherches, si tu veux. » Je n'ose pas la regarder, je hausse les épaules à mon tour et continue. « T'es pas obligée et même si tu dis non maintenant, tu auras le droit de changer d'avis plus tard aussi. Mais sache-le, si tu veux que je fasse quelques recherches... je peux. » Un sourire maladroit tandis que mes yeux retrouvent les siens et que je réalise qu'on s'est totalement éloignés du sujet de départ, qu'on a perdu l'un comme l'autre de vu la base de cette entre-vue. Alors je me sers de ma main libre pour la passer sur mes tempes, tenter de remettre un peu du sens à tout ça.

Quelques minutes en arrière, on ne se connaissait pas elle et moi et pourtant, ce sentiment de l'avoir toujours connu reste planté là, plus ancré que jamais. Je réfléchis quelques secondes, cherche à aligner mes pensées pour trouver un moyen de l'aider, la protéger et qu'elle ne découvre jamais que ce qu'elle me demande, personne n'en est capable. Alors je reprends, lentement. « On peut se voir, Anastasia. On peut tenter quelque chose, essayer d'apaiser tes douleurs et tes cauchemars. Je peux me libérer du temps pour toi. Mais... » parce qu'il y a toujours un mais. « Pas ici. C'est trop risqué. Ta venue sera remarquée et je ne veux pas que ton sorcier puisse te retrouver. » Ou Cordelia, ou quelqu'un d'autre. Hors de question qu'elle soit un nouveau dommage collatéral à mon simple contact. « On peut se voir chez toi si tu veux, ou alors j'ai l'appartement d'une ancienne amie. »  Nataliya. Bien plus qu'une amie. Mon cœur en miette, la seule que j'ai jamais aimé, qui m'a laissé un goût tellement amer au fond de la gorge que rien que d'y penser, j'en serre légèrement les doigts de la brune à côté de moi. « Elle a déménagé et j'ai les clefs. Personne n'y va alors si tu préfères un endroit neutre on peut y aller. » Parce que quitte à ce que notre relation fasse mal, autant enfoncer le couteau dans la plaie. Retourner chez Nataliya après un an, un an sans plus la voir, sans que personne n'y ait foutu les pieds. Je soupire et rajoute. « Tu veux qu'on essaie un peu plus ce soir ? » Je regarde l'heure, Cordelia ne débarquera pas avant des heures, on a le temps. Je croise les doigts pour qu'on l'ait. « Si t'en as besoin avant de décider ou même rentrer chez toi, reste un peu... »

Me laisse pas. Pas tout de suite. Lâche pas ma main, lâche pas mon cœur qui coule dans tes doigts. Reste avec moi, Anastasia.


« Tu veux pas manger un truc ? T'as l'air de pas avoir mangé depuis des mois... puis... » au point où on en est, hein. « J'ai un bon whisky, si ça te dit. » Je hausse les épaules sans réaliser que j'enchaîne les excuses minables pour la garder un peu plus avec moi. Comme un doudou, comme un pansement que j'imaginais pas pouvoir trouver. Sauf qu'elle, elle ne le voit peut-être pas comme ça. J'ai beau être « différent » selon ses termes, ça ne veut pas dire qu'elle me voit comme je la vois, n'est-ce pas ?

As-tu vraiment besoin de moi, Anastasia ? Besoin de moi comme moi, j'ai besoin de toi ? Ou vas-tu juste m'abandonner, comme tous les autres avant toi ? C'est le sorcier, ou l'homme, que tu veux, dis-moi ? Me vois-tu comme je te vois ?

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Anastasia N. Bolkonsky
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Mar 3 Juil - 23:44

Won't you please, please help me !

Anastasia & Liam

Une part de moi se demande pourquoi on ne s'est pas rencontrés plus tôt. Pourquoi la vie a décidé que nous ne nous croiserions que maintenant, à l'instant même où nous sommes vulnérables, au moment où nous avons le plus besoin de l'autre. Pourquoi ce putain de destin a décidé de jouer à ce point avec nos nerfs. J'ai envie de lutter, de résister, de me contenter de venir chercher les talents du sorcier en échange de je ne sais quoi... vraiment, j'ai envie d'en rester là, parce que ça évitera bien des problèmes et qu'au fond, sans attache, je ne risque pas d'être déçue. Seulement, c'est au-dessus de mes forces. Je suis venue chercher le remède miracle à mon mal-être, j'ai l'impression d'en avoir découvert la panacée, et lorsque mon regard croise celui de Liam, je n'en ai plus rien à cirer qu'il soit un sorcier, un métamorphe ou une licorne. Il me comprend, il m'écoute, il m'apaise et pour la première fois depuis des semaines, j'ai l'impression de toucher du doigt la sérénité. Nous avons brisé la distance en unissant nos mains et à présent, c'est presque naturellement que nous nous rapprochons jusqu'à ce que nos épaules se frôlent. En venant ici, je me suis convaincue d'une chose pour me rassurer : Liam ne sait rien de moi tandis que moi, j'ai enquêté sur lui, je sais ce que les gens disent de lui, je sais qui il est... conneries. J'ai l'impression que le portrait dressé par les gens que j'ai interrogé est l'exact opposé de l'homme contre qui je suis lovée, un portrait bien sombre, bien disgracieux et bien ingrat. Je n'ai pas envie de croire ce que 10, 20, 100 personnes peuvent penser. J'ai juste envie de croire ce que le principal intéressé a à dire. Je n'hésite même pas à lui raconter mon histoire, ne l'imagine pas une seule seconde utiliser mes mots contre moi parce qu'il écoute, lui, il est attentif et puis... et puis il comprend, encore une fois. Il sait ce que c'est que d'avoir un jumeau, sait ce que l'on ressent lorsque l'on partage son âme avec un autre et sans le savoir, il a réveillé certaines choses en moi que j'ai préféré ensevelir sous une montagne de déni. Nikolaï me manque. En sachant que je ne le reverrais pas, j'ai étouffé la grande sœur un peu trop dépendante, j'ai éventré notre lien pour ne plus avoir à souffrir de la distance, mais force est de constater que je n'ai pas été en mesure de l'achever. En proposant mon aide à Liam, j'ai l'impression de me racheter, de panser mes blessures.

J'achève une histoire un peu trop pathétique à mon goût et me rapproche un peu plus, ma tête pratiquement posée sur son épaule. Je ne la relève que lorsqu'il reprend la parole, tout simplement parce que je ne comprends pas tout de suite de quoi il parle. Lorsque je suis redevenue humaine, l'Apocalypse avait fait son œuvre et j'ai d'abord songé à survivre avant de me cultiver. J'ai cherché à comprendre ce qu'il s'était passé en quatre décennies, ai appris avec étonnement la chute d'un régime que je pensais inébranlable, ai compris que c'était fini, l'époque où américains et soviétiques se regardaient en chien de faïence et surtout, j'ai appris que pour survivre, je ne pourrai faire confiance à personne. Mais avec tout ça, j'en ai oublié le reste, les trucs futiles, les choses dispensables pour la survie mais nécessaires pour se souvenir d'où l'on vient. Cette princesse de dessin animé, j'en ai déjà entendu parler et on m'a déjà chanté je ne sais quelle chanson à la con extraite du film mais je n'ai jamais cherché à le regarder. Avant aujourd'hui.

« En fait, je connais l'histoire de la véritable Anastasia Nikolaïevna Romanovna », et c'est le russe qui reprend les rênes sur ces quelques mots, « À l'époque où je suis née, la famille Romanov était encore le symbole de l'ancien temps, des privilèges poussiéreux à abattre et j'en ai plus d'une fois voulu à mes parents de m'avoir donné le nom d'une traîtresse privilégiée, aux yeux du gouvernement. Et puis j'ai appris à n'en avoir plus rien à foutre. Je préfère avoir le nom d'une princesse, comme ça on le retient facilement ! Mais je n'ai jamais vu le film alors... je veux bien que tu me le montres. »

Un sourire et je repose ma tête sur son épaule. Ce n'est pas mon genre de vouloir me laisser aller à des gamineries de ce genre mais j'ai vraiment envie qu'il me montre cette princesse qui s'est battue pour survivre et ce méchant répugnant qui me fera forcément penser à un Georg tout droit sorti d'un chapiteau de cirque. Je veux bien redevenir une enfant le temps d'une soirée si c'est à ses côtés. Et puis il se redresse, me regarde et je me perds à nouveau dans ses yeux. J'ai l'impression qu'il me connaît depuis si longtemps...

« Tu crois que... tu crois que ça pourrait se finir comme dans un dessin animé ? La princesse qui triomphe et le méchant qui disparaît ? Tu es bien le premier à voir spontanément en moi autre chose que l'animal ou l'assassin... »

Spontanément car Andreï aussi a vu autre chose. Et cette autre chose, il l'a fuit. Andreï m'a tourné le dos là où Liam m'a tendu la main, une main que je n'attendais plus et qui change tout. J'exècre la solitude autant que je la crains et c'est sûrement pour ça que j'ai hésité autant à venir : j'ai perdu Andreï et en m'émancipant de Georg, je perds le dernier visage familier que j'ai l'habitude de côtoyer. Je me retrouve seule, désespérément seule. Mais toi Liam, peux-tu me sauver des griffes de Georg et combler ce vide qu'est mon cœur ? Peux-tu me comprendre à ce point ? Peux-tu seulement accepter d'avoir à tes côtés une créature en miettes qui n'ira probablement jamais vraiment bien ? Après tout, on est bien là, contre le dossier du canapé, tête contre tête, liés par ses doigts que j'effleure des miens, mes yeux qui se perdent sur la blancheur immaculée de sa peau, laquelle tranche singulièrement avec la mienne, couverte d'encre noire. Il s'installe doucement, le silence, jusqu'à ce qu'il se décide à le briser avec une phrase qui me fait me redresser d'un mouvement sec. Retrouver mon frère ? J'ai abandonné depuis tellement longtemps cette idée qu'elle me semble à la fois stupide et irréelle.

« Tu... tu ferais ça, c'est vrai ? C'est mal, je sais, mais... à force de ne rien trouvé, j'ai abandonné. Et je crois que j'ai peur de ce qu'on pourrait trouver mais... tu peux me promettre une chose ? S'il est mort, je ne veux pas savoir où ni comment. »

Ça ferait trop mal, ça fait bien trop mal une fois de plus. Mais d'un autre côté, si par miracle il a survécu...

« Enfin je... je sais pas... on avait huit ans quand on a été séparés, peut-être qu'il ne se souvient pas de moi... »

Alors que moi, je me souviens de chaque moment, de chaque bêtise faite avec lui, je me souviens de sa voix d'enfant, de ses yeux jaunis par la maladie, de son rire, de tout... Je baisse les yeux et me mordille la lèvre. Qu'est-ce qu'on est en train de réveiller, au juste ? Ça fait des années que j'ai une croix sur tout ça, des années que j'enterre ma culpabilité et là, y a ce minuscule espoir qui essaye de se frayer un chemin au milieu de toute cette merde. Bon sang... qu'as-tu fait, Liam ?

« Je... je vais réfléchir, d'accord ? »

J'ai besoin d'y réfléchir à tête reposée, de peser le pour et le contre, de penser à ce que tout ça implique. Si Nikolaï est en vie, ça va changer pas mal de choses. S'il est bel et bien mort... je ne veux pas le savoir. Pour l'instant, il y a de toute manière plus urgent : me débarrasser de Georg. Et ça, Liam peut m'y aider, il l'a dit... il a promis de m'aider. Au fond de moi, y a la lucidité qui me hurle que c'est impossible, qu'on ne peut pas me sauver des griffes de Georg mais je l'étouffe, la lucidité, j'la fais taire parce que je veux croire que Liam peut m'aider. Alors j'acquiesce à ce qu'il me dit mais fronce les sourcils lorsque survient le « mais ». Comment ça, mais ? Je reste silencieuse, le laisse poursuivre et comprends aussitôt que le « mais » en question a parfaitement sa place dans la conversation. C'est vrai, ce qu'il dit, c'est trop risqué, chez lui comme chez moi. Georg peut me faire suivre ici et chez moi, il y a Andreï qui entre comme il veut, quand il veut. Même si je ne crois plus trop à sa venue, on n'est jamais trop prudent.

« D'accord... on se verra chez ton amie, alors, chez moi c'est pas beaucoup plus sûr et le quartier craint. Et... merci, Liam. C'est con mais... en venant ici, je m'attendais davantage à ce que tu me claques la porte au nez. »

Encore et toujours à cause des « on m'a dit » mais aussi parce qu'à sa place, une inconnue se serait pointée à ma porte en bavant des trucs sans queue ni tête, je lui aurais claqué la porte au nez en lui disant d'aller se faire voir. J'aurais eu tort. Parce qu'à force d'envoyer balader tout le monde, je vais vraiment finir par être seule. Je m'apprête alors à me lever avec l'impression que Liam veut mettre un terme à cette conversation et pourtant, je me ravise. Qu'on essaye à nouveau ce soir ? Je n'hésite même pas, j'acquiesce. Je sais très bien que l'après fera mal, que le retour à la réalité sera angoissant mais pour quelques précieuses secondes de répit, je suis prête à prendre le risque. Et puis... je n'ai pas envie de partir, vraiment pas. Alors un sourire franc se dessine sur mes lèvres, un sourire qui fait mal, qui fait craqueler le masque déprimant qui est le mien depuis des semaines, un vrai sourire spontané.

« J'ai bien un petit creux, oui... et j'refuse jamais un coup à boire ! »

Aurais-tu besoin de moi, toi aussi ? Tu as écouté mon histoire sans juger, tu m'as tendu la main, tu m'as proposé ton aide... en dévisageant Liam, je me sens un peu honteuse, tant j'ai l'impression de n'être capable de rien face à tout ce qu'il peut faire pour moi. Je ne vois pas ce que lui voit en moi mais je vois très bien l'inverse de tout ce qu'on a pu me dire à son sujet. Je me lève, la main tendue vers lui et l'aide à se relever à son tour. Y en a eu, des confidences, en si peu d'temps... mais c'est venu naturellement, comme un besoin de cracher le morceau, de tout avouer à l'autre sans la moindre concession.

« Tu... ça ne t'embête pas que je reste ? »

Une voix timide, le regard fuyant, le besoin d'être certaine qu'il ne se sent pas forcé de me garder ici.

« En fait je... ah... c'est idiot... je suis venue ici dans l'idée de honteusement exploiter un sorcier... t'as tout chamboulé en même pas une heure. J'ai l'impression d'avoir trouvé bien plus que ça. »

Je n'ai jamais été très douée pour dire des choses gentilles. Je suis bien plus à l'aise lorsqu'il faut insulter son prochain. Mais ça... je suis maladroite, je m'y prends comme un manche mais je n'ai pas trouvé d'autres mots pour dire à Liam que ce que je suis venue chercher, ça n'est rien à côté de ce que j'ai trouvé. Là, si je m'écoutais, j'irais me réfugier dans ses bras comme une gamine apeurée mais je reste plantée au milieu du salon comme une idiote. Quand je finis par relever les yeux vers lui, c'est pour faire un pas en avant.

« Tu veux bien me remontrer comment ça marche ? Avant qu'on picole et qu'on oublie jusqu'à nos noms... »

Et si j'avais eu tort de lui dire tout ça ? L'espace d'un instant, je l'imagine jubiler intérieurement en voyant que je suis tombée dans son piège et ma main tendue vers lui se fige. Pendant ces quelques secondes de doute, j'ai vu Georg à la place de Liam, avant de me rendre compte que tout ce qu'ils ont en commun, ce sont leurs dons pour la sorcellerie.

Pour tout le reste, j'ai vu plus de bonté en Liam en l'espace d'une demi-heure qu'en Georg en un demi-siècle.

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Liam P. Wiggins
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Mer 4 Juil - 22:17

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Parler d'autre chose, changer de sujet quelques instants. Nous laisser souffler elle et moi, laisser le temps à nos cœurs et nos sens de se reposer, retrouver leur place habituelle. La belle me reprend, son accent parfait qui me laisse une sourire au coin des lèvres. Un de ceux qui dit que le temps d'un instant, mon tour de passe passe a fonctionné, on parle d'autre chose et elle semble bien le vivre. L'histoire de la vraie famille Romanov qui prend la place du conte mais rien qui ne nous touche directement sur l'instant. Et puis, une anecdote, une de celles qu'on ne dit pas souvent. Je lui offre un nouveau sourire, parce qu'elle accepte, à sa manière. Elle accepte que l'on se revoit, qu'il y ait quelque chose de plus que cette simple relation qu'elle était venue chercher à la base. Regarder un film, lui montrer une culture qu'elle n'a pas vécue. Ses cheveux bruns chatouillent ma nuque alors qu'elle repose sa tête et que je ferme les yeux quelques secondes, savoure l'instant qui n'est pas voué à durer, ils ne le sont jamais. Sa question, pourtant, me fait sourire et mes doigts dans les siens, je ré-ouvre les yeux sur son bras remplit d'encre. Princesse plus que moderne, même Disney n'avait pas osé aller jusque là et pourtant, je lui dis, un peu trop sincèrement. « Je pense que oui, peut-être pas comme on l'imagine ou on l'espère. C'est jamais comme ça mais j'crois que tu gagneras. » Je ne relève pas la remarque sur l'animal ou l'assassin, parce que pour moi, elle n'est rien de tout ça. Du moins, elle l'est, elle me l'a dit, ça fait partie d'elle mais ça ne la définit clairement pas. Je pourrais m'étaler sur le sujet pendant des heures en lui expliquant tout ce que je vois sur elle qui n'a rien à voir avec les deux choses qu'elle vient de citer alors que l'on ne se connait que depuis une heure à peine. Mais je ne dis rien.

Le silence se réinstalle un petit temps entre nous, il prend une légère place agréable et pourtant, signe aussi la fin de la douceur du sujet. Mes doigts ne lâchant pas les siens, j'articule pourtant des mots difficiles, d'une douleur plus réelle et sans doute encore sans nom, dans le cœur de la russe à mes côtés. Mais c'est plus fort que moi, peut-être parce que c'est son jumeau, peut-être parce qu'on se ressemble un peu trop. Peu importe la raison, je ne peux pas ne pas lui proposer, au moins lui laisser cette possibilité. La belle répond, elle avoue avoir abandonné. Me demande une promesse, aussi, à laquelle j'acquiesce immédiatement. Pas un mot, pas besoin. Si c'est ce qu'elle veut, alors c'est ce que je ferai, à cet instant précis, rien d'autre ne m'importe que de la faire se sentir un peu mieux et de surtout, surtout ne pas lui faire de mal.

Mais évidemment, rien n'est aussi simple et ma proposition réveille sans doute des tas de choses, la belle se reprend, elle doute, revient sur ses mots et je serre un peu plus sa main dans la sienne. « Prends ton temps. » Que je lui souffle doucement. Parce que le temps, elle l'a, je ne compte pas la laisser filer de sitôt. J'ai trop besoin d'elle, trop besoin de ce sentiment qui me rend plus humain que je ne l'ai été depuis trop longtemps. Pur égoïsme, encore et toujours.

Et un autre retour à la réalité, qui me fout une fois de plus à terre, moi. Un couteau que je lui tends sciemment et qu'elle pourra enfoncer encore et encore quand elle comprendra tout ce qui se cache derrière ma proposition. Aller chez Nataliya, y retourner et surtout, amener quelqu'un d'autre là bas. Aider quelqu'un à aller mieux à l'endroit même où j'ai abandonné celle qui tenait mon cœur entre ses mains. Elle a passé des soirées entières seules alors que je n'avais que Nolan en tête. Lorsque Nataliya avait besoin d'écoute moi, je regardais mon frère, je me répétais bêtement que j'aurais le temps. Le temps de lui dire tout ce qu'elle me faisait ressentir, tout le bien qu'elle me faisait et surtout, à quel point elle comptait. Un temps que je n'ai jamais eu, qui l'a faite s'envoler avec un simple mot. C'était trop. J'étais trop. Elle était désolée. J'étais dévasté. Les souvenirs me tirent lentement mais sûrement dans cette nouvelle spirale noire quand la voix de la russe m'en sort, de mes propres pensées. Elle accepte et me fait oublier mes propres démons. Me remercie et me laisse un sourire un peu maladroit au bord des lèvres.

J'aurais pu lui claquer la porte au nez. Peut-être qu'une heure plus tôt ou plus tard, je l'aurais fait. Le hasard et le destin fonctionnent à quelques secondes près, des occasions millimétrées tandis qu'elle accepte ma proposition, de rester un peu. Manger, boire. Ne pas partir. Tout pour faire durer un peu plus le moment qui s'est installé ici, le lien qui se créent entre nos doigts abîmés. La métamorphe se relève et me tend la main que je saisis sans hésiter. Serrant mes doigts contre son poignet plus que de raison, me relevant en m'appuyant sur elle comme si, au final, je n'étais plus capable de marcher sans son aide. Je redresse mon dos, debout face à celle qui a réussi à changer ma vie plus vite encore que je n'ai eu de temps pour même le dire.

« Si je te le propose, c'est que ça ne m'embête pas, non. » Mon sourire se veut franc, peut-être un peu moqueur mais rien de bien méchant. Anastasia est un animal effrayé, apeuré, probablement autant que moi. Et puis viennent ses mots, ceux qui tapent mon oreille et rentrent dans mon système un peu différemment. Ceux qui chamboulent les doutes et me laissent les bras ballants, tombant les dernières armes à terre. Anastasia a trouvé le dernier point qu'il restait à mon humanité. Elle tient entre ses mains le seul fil qui me différencie d'un monstre sans empathie, sans plus rien d'humain. La russe le roule entre ses doigts sans réaliser, ce fil qui détient ce qu'il reste de moi. Je prends quelques instants, quelques instants durant lesquels mon cerveau ne fonctionnent plus très bien. Cette petite voix qui me répète que c'est une connerie, trop dangereux de laisser ce dernier bout d'humanité si précieux dans la main d'une inconnue. Qui me répète qu'elle va me détruire, me faire devenir le monstre qu'elle décrit en quelques nuits. Et puis y a l'autre partie, qui prend le dessus. Celle qui lui tend à bras ouverts cette dernière part de moi et toute ma confiance. Celle qui fonce droit dedans sans même se poser de question. Pas de solution de secours, pas de retour en arrière. Rien à foutre, et puis c'est trop tard.

Elle a déjà tout ce qu'il reste de moi entre les doigts.


Sa voix me ramène à nouveau à moi lorsqu'elle me demande de lui remontrer. Je cherche ses yeux quelques instants et j'accepte, immédiatement. « Oui, attends juste. » Je lâche sa main pour aller dans la cuisine, sortir quelques trucs du frigo pour me préparer à les cuisiner. Et puis je reviens vers elle, la laisse s'installer à nouveau sur le canapé. Mais avant de recommencer, je me permets de lui dire, parce que je suis incapable de lui cacher des choses. Du moins autre chose que l'énorme mensonge qui lui permet de sourire ce soir. « Anastasia je... Je sais pas pourquoi c'est à ma porte que tu as frappé. Le gouvernement et moi le premier, on a pas très bonne réputation, j'imagine que tu n'as pas entendu que des louanges à mon égard. Mais... je te promets que je n'ai rien planifié. » Au contraire, bien au contraire. « J'ai hésité à te claquer la porte au nez, à te manipuler jusqu'à l'os pour savoir ce que tu voulais vraiment mais... » Mais qu'est-ce qui me prend, putain ? Lui donner ce qu'il reste de mon humanité c'est une chose, lui tendre le couteau pour me tuer c'en est une autre. « … t'es pas comme les autres. Y a quelque chose avec toi que j'explique pas et... je veux pas passer à côté de ça. C'est trop précieux, encore plus aujourd'hui. » Rien n'est clair dans mon discours tandis que j'attrape sa main pour m'apprêter à reprendre l'illusion. « On peut pas passer à côté des gens qui nous font nous sentir vivant. »

Je ne la laisse pas répondre avant de la plonger dans l'illusion. Anastasia n'ayant pas l'habitude, elle ne peut pas prendre le contrôle, même si je ne suis pas sûr qu'elle cherche à le faire tout court. Je la plonge dans une illusion douce. Elle, entourée d'amour et de tendresse. Je me sers de mes quelques connaissances pour lui offrir des odeurs de nourriture russe, trompe son œil pour y laisser des rires, trompe ses sens pour y effacer le moindre mauvais souvenir. Il n'y a qu'elle et du bonheur, de la tendresse avec une pointe de son pays natal. L'illusion dure quelques minutes durant lesquelles je laisse la russe en profiter comme elle peut, avant de lentement la laisser s'évanouir, la faire retrouver mon appartement et seulement moi, plus rien d'aussi doux, et d'aussi beau. Mon sourire est maladroit. Je lui laisse quelques secondes avant de lui dire, tendrement. « Plus tu m'en diras sur des souvenirs heureux, plus je pourrais t'aider. » Te créer une belle illusion, te faire croire qu'il y a une réelle solution.

Désolé, Anastasia. Désolé de te mentir comme ça mais je ne peux pas te laisser repartir dans cet état. Je ne peux pas accepter que tu vives comme ça. Alors je préfère te mentir, t'offrir du répit et que t'y crois. Même si t'en viens à me tuer si tu comprends un jour. Au moins t'auras pu être heureuse, ce que je n'ai jamais pu faire pour mon frère. Ce que personne ne peut faire pour moi. Une main caresse sa joue avant que je m'avance dans la cuisine, coupe quelques légumes et une belle pièce de viande – l'avantage du poste, comme qui dirait. Le tout dans une poêle qui laisse les odeurs envahir l'appartement tandis que je n'ose plus parler quelques instants.

Puis mon regard trouve le sien, je soupire et sors deux verres qui claquent l'un contre l'autre d'une main, et de l'autre, un whisky bien interdit. Sans un mot, je débouche la bouteille et rempli les deux verres du liquide ambré avant de lui tendre le sien. « Comment on trinque, en Russie ? » Un vrai sourire, qui efface ce poids qui s'installe sur moi et qu'elle ne doit surtout pas voir. « Profites-en, on en trouve plus du comme ça. » Que j'ajoute, pour tromper mon monde, tromper son regard. Elle ne peut pas tout savoir, pour son bien, elle en a besoin.

« J'espère que tu aimes la viande. », un soupçon de malice dans le regard tandis que je jette des coups d’œil à la poêle. La relation qui se crée s'annonce compliquée, trop. Risquée aussi, encore plus. J'ai peur d'elle, du pouvoir qu'elle peut avoir sur moi. Peur qu'elle me détruise en un claquement de doigt. Je me suis lancé la tête la première dans un combat qui n'est pas le mien pour des raisons qui m'échappent, si ce n'est ne plus être seul, et pourtant, ce n'est pas une nouvelle solitude que j'y risque, c'est bel et bien ma vie. Pourtant, je me sens bien, vraiment très bien. Je respire normalement, je souris sans avoir l'impression que mes mâchoires vont s'arracher. Je revis et ça vaut le coup, ça vaut un peu tout. « Pour ce soir on oublie l'arrangement et on parle de trucs un peu plus marrants ? » Je gagne du temps, toujours. « Tu dois bien avoir des anecdotes marrantes à raconter ! » Comme de vieux amis qui ne s'étaient jamais quitté. Comme si tout était naturel et normal. Parce que c'est la sensation que j'ai, à ses côtés. Tout va bien, rien ne va mal tourner. Je n'ai plus l'impression d'avoir ma vie en pause, attendant la prochaine catastrophe et cherchant tant bien que mal à limiter les dégâts. Anastasia me rend vivant, tellement vivant que c'est enivrant. Encore plus que le whisky entre nos doigts. « Alors ce whisky ? » Que je finis par dire dans une sourire avant de lui servir son assiette sur le comptoir et d'ajouter, dans un français parfait. « Bon appétit. »

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Anastasia N. Bolkonsky
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Jeu 5 Juil - 16:40

Won't you please, please help me !

Anastasia & Liam

Il est paisible, le moment que nous partageons, le cul sur un carrelage trop froid et le dos appuyé à un accoudoir trop rigide. Il est paisible parce que c'est comme avoir trouvé un reflet que l'on aurait cherché pendant des années, un repère et une stabilité qu'on n'attendait plus et parce que je ne trouve pas les mots pour dire à Liam ce que sa présence m'inspire à cet instant, je préfère me taire et l'écouter me raconter l'histoire de cette princesse de conte de fées, Anastasia. Il me dit que je gagnerai et ces simples mots suffisent à me redonner courage parce que lui, il n'est pas rongé par le désespoir, il n'est pas fataliste comme nous avons pu l'être, Andreï et moi... C'est vrai qu'il ne connaît pas encore toute l'histoire mais il me donne l'énergie suffisante pour y croire. Je reste silencieuse, me contente de hocher la tête en lui faisant la promesse informulée de me battre pour gagner. Qu'importe si c'est insensé de lui faire confiance ou du moins de vouloir croire à ce qu'il me dit, mais Liam a ce quelque chose, cette blessure que je connais trop pour ne pas comprendre et adhérer à ce qu'il me dit. Et puis surtout, il me laisse le temps de réfléchir. Est-ce que j'ai envie de savoir ce qui est arrivé à Nikolaï ? Je ne me suis jamais vraiment posé la question, tant j'ai préféré m'enfermer dans le déni à son sujet pour ne pas souffrir. Une part de moi a envie de savoir et espèce qu'il est en vie mais l'autre veut se protéger de la déception et du chagrin. Alors à nouveau, je garde le silence et hoche simplement la tête. Je me dis que j'ai le temps de réfléchir et qu'avant de chercher à retrouver la trace de Nikolaï, il faut que je me débarrasse de l'influence néfaste de Georg. Alors... il me faut du temps. Et de la patience. Si je pense avoir le premier, la deuxième c'est autre chose.

Et puis il y a cet instant où on s'est levés, où il m'a proposé de rester et où, avec un sourire d'enfant, j'ai accepté sa proposition. Je n'ai pas envie de fuir ni de mettre de la distance, bien au contraire. Une vie brisée, ça ne se répare jamais vraiment mais c'est toujours plus supportable avec quelqu'un qui comprend ça. Y avait Andreï, qui comprenait... et puis Andreï est parti. Je ne recontrerai pas deux Liam dans ma vie, j'en suis certaine et de toute manière, il a déjà trouvé le chemin de mon cœur, de mon âme. S'il me poignarde dans le dos maintenant ou dans une heure, ça ne changera plus rien alors... à quoi bon lutter ? Les mots s'échappent de mes lèvres avec une aisance et une franchise qui me font du bien. J'ai vraiment trouvé bien plus, même si je suis encore en mesure de mettre un mot précis là-dessus, et le regard de Liam me suffit.

Sait-il seulement à quel point il vient de changer les choses ? Combien j'ai envie de me battre si ça peut me permettre de rester à ses côtés ? Lorsqu'il lâche ma main, c'est à regret que je le laisse s'éloigner pour retourner m'asseoir sur le canapé. Tout aurait pu être tellement différent... en venant, j'ai hésité à le menacer comme je l'ai fait quelques semaines plus tôt avec Milo et je sais maintenant que si j'avais fait ça, j'aurais sûrement perdu le plus précieux soutien qui existe avant même que notre relation n'ait commencé. Et lorsque Liam se tourne vers moi, sa franchise me va droit au cœur.

« On m'a souvent décrit le gouvernement comme une entité tyrannique et injuste mais... j'ai vu le jour au sein de l'une des dictature les plus sévères qui soit, le gouvernement en place ici n'est ni meilleur, ni pire, il est... il est là, c'est tout, et il fait ce qu'il peut alors que le monde part en vrille. Alors oui, on m'a dit bien des choses à ton sujet et j'imagine qu'avec certains, tu ne dois pas être tendre mais je m'en fiche. J'ai envie d'être égoïste et de ne croire que ce que je vois, que ce que j'ai vu jusqu'ici. Tu n'es pas le monstre qui m'a décrit, Liam. T'aurais pu me claquer la porte au nez, j'aurais pu te menacer... on a tous les deux fait ce qu'on aurait pas fait en temps normal et c'est mieux, non ? »

Mais il me laisse à peine finir, lâche ce qu'il est en train de faire et revient prendre ma main sans me laisser le temps d'ajouter quoi que ce soit d'autre. Cette fois, ça ne dure pas une poignée de seconde et ce n'est pas qu'une simple sensation apaisante, c'est bien plus puissant. Cette fois... je me perds totalement dans ce monde qu'il crée pour moi, me laisse emporter sans lutter dans une réalité où Georg et le KGB ne m'ont jamais approchée, où Nikolaï n'a jamais été malade, une réalité où nous sommes des enfants, puis des ados, une réalité où nous avons grandit ensemble. J'ai l'impression de revoir cette petite maison où nous vivions, de sentir l'odeur de ce gâteau dont seule ma mère avait le secret, j'entends le rire de mon père, les berceuses de ma mère... ça n'a pas de prix, tout ça. Parce qu'à cette époque, j'avais une enfance parfaitement heureuse, c'est la suite qui a déconné. Le regard dans le vague, un sourire se dessine sur mon visage et les larmes coulent d'elles-mêmes, reflet d'une trop forte émotion. Je n'ai pas seulement envie de me perdre dans cette illusion, j'ai envie de m'y installer et d'y rester. Lorsque la réalité reprend ses droits, le choc est un peu moins violent mais la descente reste abrupte. Je sais que j'en veux plus, que j'ai besoin de plus, et je n'ai aucune conscience de la dépendance qui commence déjà à s'installer. Et j'y crois... j'y crois dur comme fer ! Je suis persuadée qu'à force, mon esprit va être en mesure de rompre le lien qui m'unit à Georg ! Alors je souris et acquiesce.

« D'accord... je t'en raconterai d'autres, la prochaine fois. »

Des souvenirs d'enfance, des souvenirs d'une enfant prodige de la danse, en tutu et chaussons à pointe, des souvenirs de mes premières missions avec Andreï, quand nous n'étions encore que deux gamins intenables, mais la suite... les bons souvenirs se sont arrêtés bien trop tôt à mon goût car ils ont tous été suivis d'une déception ou d'un coup bas.

« Merci... », je murmure dans un souffle, ignorant totalement le mensonge qu'il alimente pour éviter de me voir sombrer.

Je me lève, le suis jusqu'à la cuisine et m'accoude au bar pour observer avec appétit la viande qu'il s'apprête à faire cuire. Le coyote la mangerait bien crue ! Et voilà qu'arrive sur la table une chose que je n'ai pas vue depuis bien longtemps : une bouteille de whisky. Un sourire se dessine sur mes lèvres et, lorsqu'il me sert mon verre, je le lève pour regarder le liquide ambré y danser.

« On a davantage l'habitude de la vodka, en Russie, mais тост, c'est ce que nous disons pour trinquer. Il y a des privilèges intéressants, au Gouvernement... je n'avais pas vu d'aussi bon whisky depuis... cinquante ans, je crois. »

J'ai l'impression d'être une vieille bique, lorsque je dis ça, mais c'est on ne peut plus vrai : les grandes réceptions, les champagnes, les alcools coûteux, tout ça, ça date de l'époque où Andreï et moi arpentions les salons à l'affût d'une info compromettante x ou y. Tant de choses ont changé... La nostalgie qui m'étreint à cet instant est rapidement soufflée par la viande que Liam met à cuire et dont l'odeur alléchante me titille les narines. Si j'aime la viande ? Ce n'est même pas une question à me poser !

« Je pense que ce n'est pas pour rien que le coyote est l'animal en lequel je me transforme, j'adore la viande. Mais avec l'Apocalypse et tout le bazar autour, je n'ai pas eu l'occasion d'en manger beaucoup. Tu me gâtes, vraiment ! »

Je ne sais plus où me mettre. Georg m'a appris à fonctionner à la carotte et au bâton, avec lui il y a toujours eu un « si je fais ça pour toi, tu te plies en quatre pour moi » et ça a toujours marché parce que je ne sais pas lui dire non bien longtemps. Mais avec Liam... il s'est ouvert à moi, me fait goûter à des choses dont j'ai complètement oublié le goût et... et je n'ai pas le sentiment qu'il y ait quoi que ce soit derrière. Je n'ose même pas lui demander ce qu'il attend de moi en échange parce que ça serait bien trop impoli. Alors je me contente de le remercier, de sourire, d'avoir l'air heureuse pour la première fois depuis des mois et lorsque je le regard, j'ai l'impression que nous nous connaissons depuis des années. Comme si nous avions simplement perdu le contact pendant un temps et cherchions juste à recoller les morceaux. Tandis que j'avale une gorgée de whisky, il me demande si je n'ai pas des anecdotes à raconter. Ah ça... j'en ai un paquet !

« Oh que si ! La vie d'une espionne, c'est loin de la vie d'une ménagère. Je me souviens d'une fois, à Moscou, où un ambassadeur était tellement ivre qu'il n'a pas compris pourquoi tout le monde le regardait d'un air outré quand il a fallu chanter le traditionnel chant patriotique... l'imbécile chantait l'hymne américain. Maintenant que j'y pense, on ne l'a jamais revu, ce qui casse un peu le côté amusant de la chose... »

Une mission périlleuse, où Andreï et moi devions incarner le fils et la fille d'un haut dirigeant, une mission qui a bien faillit tourner au désastre parce que môssieur était parti batifoler avec la femme d'un autre ambassadeur. Quel crétin...

« Tiens ! Une autre ! Je t'ai dit qu'on m'avait collé un équipier, à une époque. Une vraie andouille ! Deux pieds gauches et pas un sou de jugeote ! Mais polyglotte, virtuose de la gâchette et très habile de ses mains alors j'ai eu beau râler au début, heureusement qu'il était là lors de notre première mission. On s'est retrouvés paumés au milieu d'une forêt, lui voulait aller au nord, moi au sud, on est disputés et on a fini par poser notre tente dans une clairière. On a continué à se disputer, » et pas que se disputer, me chuchote mon esprit mais je préfère ne pas évoquer nos multiples parties de jambes en l'air, « et au milieu de la nuit, un énorme ours brun a ruiné notre campement et a bien failli nous tuer ! On est rentrés à Moscou couverts de blessures, sans notre équipement mais avec une peau d'ours sur le dos. »

S'il y a bien une chose dont je ne me rends pas compte, c'est bien le ton affectueux que j'emploie lorsque j'évoque le sujet. Ça a été un fiasco, cette mission, mais je chéris ce souvenir comme un trophée car c'est à cet instant que nous avons appris à nous découvrir, Andreï et moi. C'est de là qu'est partie notre relation... le début de la fin, comme on dit. Mon regard s'assombrit, se perd dans l'ambre du whisky et je ne retrouve mes esprits que lorsque Liam revient avec une assiette fumante et appétissante.

« Le whisky est parfait ! Tu vois, j'avais presque oublié à quel point c'est bon ! »

J'attrape un couteau, une fourchette et commence à couper la viande sans me faire prier. Bon sang que c'est bon ! Comment ai-je pu m'en passer si longtemps ? Une bouchée, deux bouchés, et voilà que quatre syllabes française viennent chanter à mes oreilles. La même absence d'accent qu'Andreï. Je relève les yeux, surprise.

« Tu parles français ? »

Je finis par poser mes couverts et jette un regard malicieux à Liam.

« Mais tiens... quelles sont tes anecdotes amusantes, Liam Wiggins ? »

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Liam P. Wiggins
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MessageSujet: Re: (Liam) | Won't you please, please help me !   Jeu 5 Juil - 18:36

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La franchise. C'est quelque chose de compliqué, de subtile. Normalement, c'est un compliment, être franc. Et pourtant, parfois, voire souvent, ce n'est pas vraiment ce que les gens attendent. Ils aiment la franchise tant qu'elle va dans leur sens, l'apprécient beaucoup moins quand elle les pousse hors de leur zone de confort. Il n'y a que peu d'adjectifs aussi subtiles que la franchise. Il y a une fausse franchise, celle qu'on hurle sur les toits, qui plaît, qui laisse se dorer le torse et puis, il y a la vraie. Celle qui fait parfois encore plus mal que de simples mensonges. Celle qui nous laisse à nu, nous brûler encore et encore. Je n'ai jamais été très franc. Depuis tout petit, on m'a appris la fausse franchise. Celle pour rassurer Nolan, ne pas inquiéter les parents. Celle qui convainc tout le monde et qui leur permet de dormir mieux la nuit. Pourtant, les mots qui s'échappent de mes lèvres sont de cette fameuse franchise, celle qui donne des frissons, qui fait peur et qui risque aussi de tout faire foirer. Celle que j'ai fui durant des années pour être sûr de garder la main mise sur tout, un équilibre dégueulasse de faux semblants mais qui me permet à moi, de dormir la nuit. Mais me voilà là, face à une sombre inconnue, à lui offrir le loisir de me briser, me bousiller et surtout de m'abandonner. Me voilà là, à lui dire trop de vérités qui risquent de la laisser s'échapper.

Pourquoi ? Peut-être parce que depuis que mes yeux ont croisé les siens, depuis que sa peau a effleuré la mienne, je n'ai pas la main mise sur elle, sur rien du tout. Anastasia est différente, elle est ce qui reste de mon humanité en face de moi, preuve vivante que mon cœur peut encore battre pour autre chose que survivre. J'ai peur de sa réaction, peur de la voir partir. Peur de réaliser que tout ça, Anastasia, cette conversation, ce moment, c'est une illusion cruelle que je subis moi. Alors lorsqu'elle parle, lorsqu'elle réplique durant cette fenêtre de quelques secondes, j'ai le cœur qui s'arrête, ce doute envahissant qu'elle me file entre les doigts avant même que je ne puisse à nouveau poser une main sur la sienne.

Et une fois de plus, Anastasia réchauffe mon cœur, elle le prend à pleine main et le fait battre. Elle balaye les à priori la brune, éclate tout ce que le monde a fait de moi, de nous et elle ne laisse place qu'à ses yeux dans les miens. Cet instant et ce lien qui se tisse entre nous, plus solide à chaque seconde qui passe. Je n'ose pas l'écouter plus longtemps, la laisser tenir mon cœur un instant de plus, comme ça, sans rien en retour, avec toujours cette peur que l'instant se finisse pour ne jamais revoir le jour. Alors j'attrape à nouveau sa main, son bras encré et la plonge dans une illusion. Plus douce, plus précise. Une illusion pour elle, rien qu'à elle. Du sur mesure pour être sûr qu'elle ne disparaîtra pas, ma preuve d'égoïsme à moi. Celle qui reste sous silence et qui ne lui dit pas que je ne veux plus retrouver une vie sans elle, sans cette foutue sensation dans ma poitrine.

Évidemment, la russe acquiesce. Une telle offre est impossible à refuser, même si elle n'a pas toutes les petites lignes du contrat, celles qui disent qu'une illusion reste ce qu'elle est, à savoir, tout sauf la réalité. Je devrais aussi la prévenir du danger, de ces histoires, que j'ai entendues, de ces légendes dans les grimoires lus et relus. Des gens qui veulent tellement y croire qu'ils restent coincés. Ils perdent leur réalité pour aller se perdre définitivement dans une illusion. Ils oublient tout ce qui vaut la peine dans ce monde pour aller retrouver un passé, un monde oublié, une personne perdue, égarée. Je devrais la prévenir, lui souffler et pourtant, j'en suis incapable. Cette franchise là est au dessus de mes forces, les risques de la voir disparaître vraiment trop importants. Alors je mords l'intérieur de ma lèvre, et puis tout devient trop, le poids de la culpabilité qui me bouffe déjà, alors je file, retourne à quelque chose de plus simple, de plus facile. Un plat, une cuisine. Une action simple, une réaction simple. De l'alcool, histoire de faire passer l'émotion et les trop grandes sensations. Calmer ce cœur qui bat trop fort dans une cage thoracique plus habituée. J'ai l'impression qu'il est en train de tout abîmé, ce con. Éclater les chaînes et les laisser tomber à tout jamais. J'ai peur du pouvoir de la belle sur moi, peur de ce qu'elle peut m'amener à faire si on continue dans cette voie là. Trop vite, trop puissant pour ne pas qu'on s'y brûle tous les deux.

Alors on reprend la simplicité, une bouteille de Whisky entre nous et quelque chose qui freine la chute. Une discussion plus simple, plus tendre. Son accent russe me laisse un sourire au coin des lèvres. Rien de plus beau que ces langues perdues dans l'apocalypse, la diversité de langage, de culture. Je lui lève mon verre lorsqu'elle parle d'avantage et rétorque, instantanément. « Faut bien noyer son chagrin de grand vilain. », un demi mensonge. « Et puis, j'ai toujours été amateur de bons alcools. Peut-être qu'il me reste une vodka russe dans la cave. Ceci dit j'aurais peur de te la présenter, n'ayant jamais mis les pieds là bas, je ne suis qu'un piètre juge de sa qualité. » Des gamins, à nouveau. À sourire et parler de choses comme si le monde, nos vies, notre humanité, comme si rien ne s'était amoindri et était finalement en train de brûler autour de nous. Juste elle et moi. L'égoïsme de ne croire que ce que l'on voit.

Sa facilité à parler de son animal m'apaise. Quelque part, je me dis que si elle est capable de s'accepter autant malgré son sorcier alors Nolan devrait s'en sortir. Il ira bien. Je m'en persuade, comme je peux, dès que je peux. « C'est un plaisir de partager un bon repas avec quelqu'un d'aussi bon goût. Je te ramènerai de la viande quand on se verra si tu veux. » Et probablement plein d'autres choses, des cadeaux pour masquer l'énorme mensonge qui s'installe entre nous et cet écart qui se crée et se dessine. Alors j'esquive le sujet, une fois de plus. Une pirouette pour m'enlever ce poids de culpabilité, ne pas craquer, ne pas tout gâcher. Garder cette innocence entre nous au moins un soir, ce soir. Je l'écoute parler avec des yeux plus pétillants que jamais. Une gorgée de whisky pour faire taire mes pensées et ne plus voir qu'elle. L'imaginer dans ces soirées mondaines, dans ce monde que j'ai appris à travers des bouquins. Et puis, cette naïveté, de cette histoire qu'elle croyait drôle et qui, en y réfléchissant finit sans doute de manière sordide. Je lui souris, décidément, elle sait comment me faire me sentir mieux, heureux, vivant.

Et puis elle enchaîne, elle parle de ce coéquipier. Elle le tacle gentiment et puis le noie sous les compliments. Dans ses yeux, une petite étoile qui brille un peu. Clairement, ce coéquipier avait une place importante pour elle, plus que celle d'andouille. Alors je souris, à nouveau, accoudé au comptoir avec le verre de liquide ambré dans les doigts. Une vie bien remplie que celle de la jeune femme face à moi. La preuve vivante que tout était différent. Elle est l'incarnation même de tout ce que l'on a plus. Peut-être que ce n'était pas vraiment mieux avant. Il n'y avait pas de zombies mais il y a toujours eu des problèmes, l'humanité s'est créé des problèmes à la seconde où elle en a eu la capacité. Alors pourquoi, pourquoi cette nostalgie de ce temps d'avant ? Peut-être la liberté, ou alors simplement la diversité. Ou plutôt, ce regard quand elle en parle. Cette passion, cette vie qui déborde jusque dans ses expressions. Ce cœur qui bat trop vite et trop fort, ses yeux qui pétillent. C'est sans doute ça, la vraie nostalgie, celle d'un temps où on pouvait encore se sentir réellement vivant.

Les assiettes prêtes et servies se posent entre nous et la remarque de la russe me fait sourire. Elle aussi, elle a oublié des choses. Peut-être pas les mêmes sensations que moi mais au moins le goût du bon alcool. Presque aussi important, en soi. Alors je souris, une fois de plus, et puis je lui sors ce français parfait sans même m'en rendre compte. L'habitude, l'instant, un mélange d'un peu tout sûrement. La surprise dans le regard de ma compagne du soir et un rire entre mes lèvres. Une question, un revers de médaille. À mon tour de parler, de parler d'un autre temps, où j'étais moi aussi vivant. Mais c'était quand, la dernière fois ? Est-ce que la fois où j'ai tué un homme, ça compte ? Celle où mon frère m'a tiré dessus ? Celle où je suis tombé amoureux d'une personne ne pouvant pas me supporter pour ce que j'étais réellement ? C'était quand, la dernière fois ? Celle où mon cœur a arraché ma poitrine par autre chose que de la peur ou de la douleur ?

« Pour tout te dire, je ne suis pas totalement américain. Ma mère est française. Alors on a grandi un peu entre deux pays. On allait souvent voir de la famille en France. J'ai toujours trouvé que cette langue était belle et entre nous... » un court instant de pause, un regard un peu plus malicieux et je reprends, plus doucement. « C'est un bel avantage pour draguer en Amérique. » Un rire, quelques bouchées et puis je reprends, vidant le reste de liquide qui se trouve au fond de mon verre. « Je ne sais pas pourquoi, les américains avaient un problème avec le français avant. Je ne sais pas si c'était le cas de ton temps, mais vraiment, à mon époque, même les films, les livres. Pour qu'un mec soit sexy, il fallait qu'il cale quelques mots français. » Quelque chose d'absurde quand on y pense, ou plutôt quand on parle la langue depuis toujours. Un peu des deux sans doute. « Une fois, avec mon frère, on a même fait croire qu'on ne parlait pas anglais. Il était pas trop pour, il a toujours été moins apte au mensonge que moi. » Des heures à se gueuler dessus pour qu'il finisse par me céder, comme toujours. « Enfin, il a pas trop regretté quand il a réussi à ramener la capitaine des pompom girl avec lui. » Et puis, je me serre un autre verre alors que je tends ma viande encore intacte à la russe face à moi tout en continuant. « Il aurait pu passer une nuit de rêve si seulement, une fois seul, il ne s'était pas miraculeusement mis à comprendre l'anglais. Elle avait beau être pas très maligne, elle a pas apprécié. » Une claque pour lui dans la chambre, une claque pour moi en partant furieuse et une soirée finie seulement entre frère, à parler, jouer et rigoler comme des gamins. Je crois que c'était la dernière, la dernière avant que tout nous dépasse et ne devienne trop. Je soupire, doucement, laisse le whisky faire des vaguelettes dans le verre transparent et puis finalement, j'ajoute, doucement. « J'ai pas tellement d'anecdotes tu sais, on a pas tous un passé d'espion avec des missions de ouf. J'ai eu une vie assez simple, pas sûr qu'il y ait beaucoup plus à raconter. »

Du moins, de joyeux. D'heureux. Je baisse les yeux, un peu honteux et puis je reprends. « Merci, Anastasia. » Sans une explication, sans un mot de plus. Un souffle sincère, qui vient du cœur et non de la tête. Merci pour ce soir, pour ce lien, pour cette vie et ces rires. Merci pour cette illusion dans laquelle tu m'as mis. Merci d'être venu frapper à ma porte et non pas celle d'un autre. Merci d'être celle que tu es, de rester encore un peu, de continuer à parler. Merci d'avoir su faire battre mon cœur là où je le croyais condamné. Merci, merci d'exister.

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NEVER GONNA BREAK
you're the ink on my skin through the thick, through the thin you were mine my confession, you're my sin my religion you bring me to life you're the smoke in the air, everywhere you're the truth you're the dare, you're the lie
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