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 we're locked into a secret that we can never show (kostia)

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Beatriz M. Deveraux
MASTER OF ILLUSIONS

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↳ Nombre de messages : 886
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↳ Arrivé depuis le : 20/10/2017
↳ Age : 28
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↳ Age du Personnage : 24 ans
↳ Métier : assistante d'Esperanza O'Connell, au Mary Rose. Anciennement barmaid.
↳ Opinion Politique : neutre. Pro gouvernement pour les apparences, coincée dans ce rôle qui la fait se sentir comme un imposteur.
↳ Niveau de Compétences : Un travail acharné dès l'adolescence lui a permis d'atteindre un niveau 3 général ( niveau 4 en perception de fantômes, niveau 3 en rêves prémonitoires, elle pratique le reste de façon très sporadique et très superficielle.) Cependant, en raison des événements qui ont bouleversé sa vie et de la magie qui disjoncte, ses compétences générales sont retombées au niveau 2.
↳ Playlist : way down we go + kaleo
hard times + seinabo sey
sober + p!nk
cupid carries a gun + marilyn manson
sin + nine inch nails
criminal + fiona apple
take me down + the pretty reckless
gods and monsters + lana del rey
humanity + scorpions
cold little heart + michael kiwanuka
↳ Citation : Before embarking on a journey of revenge first dig two graves.
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MessageSujet: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Mer 6 Juin - 21:26

we're locked into a secret that we can never show  
Beatriz & Konstantin
I made some calculations, I had to break the law, had to become an illegal. You had to take that fall. There's always a solution, always a way out. I'm all alone and I'm far from home - Eliot Summer "Halfway to hell"

La première fois que je mis les pieds aux Bones, je crus que j'avais été mal indiquée, voire que je m'étais trompée. Il faut dire que se retrouver dans une librairie alors que l'on s'attendait plutôt à un bar avait de quoi déconcerter. Loin de me laisser décontenancer, je m'étais toutefois attardée sur les livres anciens qui tapissaient les murs. Peut-être avaient-ils des livres de magie ? J'arrivais sans doute trop tard. Si effectivement il y avait eu des livres de magie auparavant, il n’y en avait désormais plus. Quand les uns n'avaient pas été purement et simplement détruits par le gouvernement au motif que ces ouvrages pouvaient être dangereux s'ils tombaient entre de mauvaises mains, les autres étaient pris d'assaut par les sorciers en mal de magie. Je me souvenais du jour où le gouvernement avait envoyé des miliciens faire des perquisitions chez chaque habitant de cette ville. Ça s'est passé à New-York, quelques semaines avant mon passage dans les arènes. Notre squat, à l'époque, était truffé d'instruments destinés à la pratique de la magie. Les miliciens avaient réussi à dénicher les grimoires que nous n'avons pas réussi à sauver à temps. Notre matériel a été détruit et nos ouvrages brûlés. Des années de connaissances accumulées, de savoir ancestral sont parties en fumée ce jour là. Ce qui fut saccagé avec autant de barbarie ne put jamais être récupéré. Une fois arrivée à la Nouvelle-Orléans et pendant ma convalescence, je me suis acharnée à tout réécrire, puisant dans mes souvenirs pour que les données inscrites dans mon grimoire tout neuf soient les plus exactes possibles. Or, ma mémoire n'était plus ce qu'elle était. Si jadis j'étais capable d'emmagasiner tout un tas de connaissances, aujourd'hui ma mémoire était plus que défaillante. Mes souvenirs disparaissaient peu à peu, rendant mon passé incertain. Et même si j'arrivais à retranscrire un maximum d'informations, ce recueil ne sera rien d'autre qu'une copie, avec tous les défauts qui y étaient associés.  

Voir tous ces livres me rendait nostalgique. Je me rappelais encore de l'époque bénie où le savoir était en libre accès, quand le gouvernement ne contrôlait pas tout. À l'heure où la Prohibition était en vigueur et ou tous les contrevenants étaient sanctionnés par une justice impitoyable, il ne devait plus rester beaucoup d'ouvrages du genre. Ce nettoyage par le vide était une véritable honte. Plus d'une fois j'aurais pu m'indigner, essayer de faire bouger les lignes mais je n'avais rien fait. Toutes ces années je m'étais laissée enfermer dans une espèce de passivité dont il était difficile de sortir. La passivité m'avait rendue apathique, presque fainéante. j'ai longtemps pensé qu'en me faisant toute petite je finirais par avoir la paix. Cette erreur de jugement m'avait déjà coûté très cher, et l’addition risquait, en fin de course, d'être très salée. Les révélations de Hide n'étaient que la première étape d'un travail de sape sans précédent. Ma réputation était fortement entachée, au point que ma loyauté envers le gouvernement était remise en doute. Je ne pouvais pas les en blâmer, n'importe qui d'autre aurait douté à leur place. Moi-même je ne savais plus où j'en étais. Hide n'avait pas eu besoin de remuer autant de merde en fin de compte, je m'étais sabordée toute seule, sans même le vouloir. Peut-être que le jour où j'avais accepté de prendre part à cette mission suicide, j'avais achevé de creuser ma propre tombe. Il suffirait d'une pichenette pour que je bascule la tête la première.  

Un frisson glacé me dévala l'échine.  
Retour à la réalité.
Cette sensation si caractéristique aurait pu m'indiquer la présence d'un fantôme mais j'étais seule dans cette pièce.
Désespérément seule.

Ici, rien n'indiquait qu'il y ait un bar clandestin dans les environs. Il ne semblait y avoir âme qui vive. C'était le propre d'un bar clandestin, de ne pas attirer les soupçons. On y accédait très certainement par l'arrière-boutique. Un sourire étira mes traits fatigués. Une librairie. C'était astucieux, comme planque. Il suffisait de mettre des bouquins anciens en vitrine et quelques présentoirs ornés d’ouvrages pour que l'illusion soit parfaite. De la même façon que le Bones n'était pas vraiment une librairie, je n’étais pas vraiment venue ici pour trouver un livre de magie. Je me ressaisis donc, puis, je contournai les derniers rayonnages pour déboucher sur la véritable entrée du Bones.  

Je n'eus qu'à faire quelques pas de plus pour être cueillie par cette ambiance lourde et moite, imprégnée de sueur et de poussière. Étrangement, je ne me sentais pas oppressée par l'atmosphère lourde et saturée. Encore des réminiscences de jadis. J'étais barmaid, dans le temps, je me rappelais de l'odeur de tabac qui flottait dans les troquets enfumés et celle, plus piquantes, des haleines chargées d'alcool. Je me rappelais des bagarres qui éclataient quand les esprits s'échauffaient et des videurs, quand il y en avait, qui les mettaient dehors. Cet endroit me faisait davantage penser à mon ancienne vie que le Mary Rose, qui était un établissement beaucoup plus huppé. Peu importe. Je n'étais pas ici pour juger, j'étais ici pour disparaître de la circulation pour quelques heures seulement, changer mes habitudes, sortir de ma zone de confort, retrouver du monde comme Margarethe ou encore ma soeur. Cet endroit m'était apparu comme une évidence, et en étudiant un peu la population locale, je me rendis compte que je m'étais pas trompée : l'endroit regorgeait de personnes comme moi.  

Des marginaux.  

Pendant des années j'ai vécu comme telle mais aujourd'hui, pouvais-je encore prétendre l'être ? Probablement pas. Quand je me suis sédentarisée ici, à la Nouvelle-Orléans, je suis plus ou moins rentrée dans le moule, perdant peu à peu mes spécificités. C'était encore pire quand je n'exerçais plus la magie du tout, refoulant ma véritable nature. Je m'étais tellement perdue en chemin que je peinais à me retrouver.  

Est-ce que celle que  j'avais été me manquait ?
Assurément.  

Je me hissai finalement sur un tabouret, au bar. Je fis un signe aux serveurs, des  collègues puis je mis mon sac à mains sur mes genoux et en extirpai un paquet de cigarettes. Ici, je pouvais fumer en toute tranquillité sans subir les foudres des agents du gouvernement. À chacun son vice, après tout. Je coinçai le filtre entre mes lèvres, enflammai le tabac d'un cric de briquet puis je tirai une longue latte, expulsai un nuage de fumée bleuâtre.  

«  Un gin tonic. » commandai-je alors, tout en poussant des pièces de monnaie vers la serveuse pour lui payer ma consommation. « Gardez la monnaie. »  
« Vous êtes certaine de vouloir commander autre chose ? » s'enquit-elle en soulevant un sourcil. « Le jeune homme là bas souhaite vous offrir à boire. »  

Je jetai un regard circonspect à la boisson qu'elle me désignait. Visiblement le jeune homme en question connaissait très bien mes goûts puisqu'il avait commandé pour moi ma boisson fétiche. Je laissai échapper un ricanement gêné, secouai la tête d'un air blasé avant de me retourner pour voir qui était ce jeune homme.

C'est là que je le reconnus.  
Konstantin.  
Un fantôme d'un passé pas si lointain que ça, que je pensais disparu des radars.  

Un flash jaillit dans ma tête, un souvenir se matérialisa. Je me rappelai d'une soirée entre amis, où Konstantin était présent, ainsi que ma sœur, d'autres miliciens et plus particulièrement...  

Lui.
Le géniteur de Noah.  

Ma main trembla violemment, si bien que je faillis en lâcher ma cigarette. Des sensations diverses déferlaient, et l'angoisse me prit aux tripes. Mon cœur cognait dans ma poitrine avec force, l'adrénaline pulsait dans mes veines. Et il y avait ce vertige sans fin, le décor qui tanguait et mes jambes qui se dérobèrent sous mon poids. C'était comme si je venais de me prendre une claque en pleine gueule, je voyais trente-six chandelles.  

« Non merci. » dis-je d'une voix tranchante, avant de me lever précipitamment.  

Il fallait que je sorte. Que je prenne l'air. Que je me casse sans regarder en arrière parce que c'était une erreur, une terrible erreur. Je n'aurais pas dû venir ici en premier lieu. J'aurais dû m'en douter. Quelle conne, putain. Voilà que je me maudissais en silence, d'avoir été si négligente. Je fermai les yeux, m'autorisant à respirer quelques secondes, juste pour faire taire la sensation de malaise qui me tailladait le bide. Lorsque je rouvris les yeux, je me sentais toujours aussi nauséeuse. Chancelante, je fis quelques pas supplémentaires en direction de la sortie. Je tombai nez à nez avec le grand brun décharné. Je laissai échapper un juron.  

« Laisse-moi passer. » soufflai-je, complètement bouleversée. « Si tu as la moindre once de respect pour moi, laisse-moi passer. »  

Je n'ai pas envie de parler, semblait souffler mon regard implorant. Je portai une main tremblante à mon visage trempé de sueur et je jurai encore une fois. Manquerait plus que ça, que je parte complètement en vrille au point d’en pleurer. Il faudrait que je bouge, que je parte d'ici mais j'en étais incapable.  
Cette soudaine attaque de panique m'avait paralysée.       
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Konstantin Timlat
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↳ Métier : Vogue dans les méandres de la Némesis. En réalité est un espion pour le gouvernement.
↳ Opinion Politique : Pro-gouvernement. L'ordre, aussi tangent soit-il, est le seul remède à la misère.
↳ Niveau de Compétences : Hellraiser niveau 2
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↳ Citation : Our bodies are prisons for our souls. Our skin and blood, the iron bars of confinement. But, fear not. All flesh decays. Death turns all to ash. And thus, death frees every soul.
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MessageSujet: Re: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Ven 15 Juin - 16:33

Locked in a secret- There are so many worse things than death, he said.-

Beatriz

Konstantin.

Sa peau sent le carnage.

(encore)

Il a le teint blême au-dessus de l’évier, le regard si sombre qu’il en devient opaque. Tenir les futurs challengers n’a jamais été aisé mais la violence couve désormais sous son épiderme et il a des envies qu’il ne contrôle pas. La ville pue. Ou c’est lui. Du sang et de la chair, de la viande, c’est ce qu’il perçoit avec peine dans les rues de la ville, le crépitement grouillant d’une masse informe qui le frôle sans cesse. Le cœur bat aux oreilles, vomissant des tambours sourds qui se répercutent jusqu’à son champ de vision, l’urne est ouverte et il s’asperge le visage d’une eau froide, la fraîcheur bienheureuse sur une âme ébouillantée.

Ils ont le chaos dans le sang à la Némesis, le tonnerre au fond de la gorge. C’est les combats illégaux, c’est le trafic d’armes, c’est celui humain et les jetons d’argent comme des bulles d’oxygène. Pan tu perds, t’es mort. Ils ont la mort au bout des doigts dans cette mafia, dans les autres aussi et il faut parfois se rappeler qu’il n’est pas là pour servir mais pour perdre. Un jour. Un jour. La patience est une vertu et il est vertueux n’est-ce pas, l’éclat ivoire sur ses cheveux d’ébène, la pluie sainte sur l’œil pernicieux. Il a un désir là dans la gorge, celle de balancer son allumette et de les regarder brûler, il l’aurait déjà fait s’il ne savait pas que les têtes d’hydre – même une fois coupée – repoussent inexorablement.

Sur lui, le Bones en revêtement à peine tangible. « Je prends un quart d’heure. » glisse-t-il à Niels, les mains cherchant déjà son paquet de clopes. Il remonte les escaliers à la manière d’un serpent, les contours lisses et anguleux à souhait, les murs suintant des relents de charogne et de rance. Il a l’habitude des gens ici, le calme inhérent à chacun de ses pas. Il s’accroche à ça, ces détails qui font le monde de Konstantin – pas forcément le sien. La dichotomie le déchire et il a l’impression d’exploser en millier de lui-même, le doigt lent sur le filtre qui roule. Il n’a pas besoin de fumée, il doit voir clair. La clope est rangée finalement dans son écrin d’argent bon marché et il se dirige vers la portion souterraine du bar, les bruits de fond en apaisement horrifique. Ici, juste l’odeur vous rendait ivre d’un désespoir qu’on ne pouvait trouver qu’au fond des bouteilles. « S’va Kostia ? » Il acquiesce doctement, le regard fuyant le miroir derrière le barman. « Tu sais que le Baron du quartier ouest a voulu la faire à l’envers à l’équipe des jouets ? » Les cheveux noirs vibrent à peine sous l’information : vouloir doubler niveau prix ou marchandises le secteur des trafiquants d’armes de la Némésis étaient ce qu’il y avait de plus efficace si l’on songeait au suicide. Konstantin avait réussi de justesse à les approcher afin d’apprendre uniquement à qui ils revendaient en priorité et l’information n’avait guère plu au gouvernement. Du reste, les rendez-vous nocturnes changeaient tant et si bien qu’à moins d’être affecté pour de bon à ce secteur, les choses s’avéraient périlleuses à exploiter. « Je serais eux je prierais pour garder mes couilles intactes. » Il porte le goulot de la bière offerte à ses lèvres, l’embrun d’orge acide comme un élixir digne des dieux. « Ils le vivent bien ? » « Ils vivent plus surtout. » Le contraire l’eut étonné et il leve sa bouteille en un geste solennel, la froideur perpétuelle en masque énigmatique sur un visage coupé à la serpe.

Il a une saillie qui lui coupe la langue et qui va sortir quand la respiration se fige, le synchronisme parfait avec son bras. La rousse lui est familière et il n’oublie jamais un visage. Déformation professionnelle. Le caractère se reconstitue derrière la lourdeur de ses paupières. « Un gin tonic pour la 13, un cuba libre pour la 6, trois pintes pour la 9 ! » Sa joue s’adosse sur sa paume, le sourcil se fronce. Beatriz. Il n’a jamais compris les gens qui pouvaient la confondre avec sa sœur, toute jumelles soient-elles. Elles sont jour et nuit, mais peut-être est-il simplement plus observateur que la moyenne. La dernière fois qu’il l’a vu, elle était empêtrée dans des histoires de viol. Du temps perdu à coup sûr. Ce monde n’était pas fait pour les jolies femmes, elles se faisaient avaler tout rond sur des pole-dancings sales, la tension lacérant les poitrines offertes malgré elles. C’est un monde de connards ici et encore plus au Bones et tout à coup, il se dit qu’il a toujours su qu’il finirait par la revoir un jour. « Prissie, demande-lui si elle veut boire autre chose. J’offre. » Le barman siffle en riant, l’humour déjà salace tandis que la serveuse se fait déjà anguille entre les tables. Crétin. Le sexe c’est un métier pour lui, une part sombre d’un corps mécanique. Il donne le change, fait illusion, les soupirs et les doigts possessifs calibrées pour endormir la méfiance si jamais c'est nécessaire, emmener dans un voyage à travers un autre monde, au-delà de mauvais rêves au-delà des souvenirs d'une génération assassinée par une apocalypse en plein cœur. Il n’y prend aucun plaisir depuis bien longtemps – n’est même pas sûr de l’avoir déjà fait, le corps aussi glacé que le cœur. L’empathie s’effondre comme banquise au soleil et c’est pire ces derniers temps. C’est tellement pire. Les remarques futiles du barman lui agressent sa patience et il a les doigts qui crépitent. Il n’est pas comme ça mais c’est ce qu’on attend de l’image qu’il renvoie alors il complaît.

(Un jour, il va exploser.)

« Non merci. »

Il est trop loin mais il lit sur ses lèvres la négation, lit sur son corps le refus et l’angoisse. Il a l’impression d’avoir été catapulté hier. « Ah je crois pas que tu vas pouvoir la baiser celle-là. » L’agacement zèbre silencieusement le torse trop long avant de jaillir dans une voix lacérée de silence. « Ta gueule. »

On vous avait prévenus : un monde de connards.

Il quitte le zinc, les pas longs. La silhouette est arachnéenne jusque dans sa rapidité, les manches de sa chemise blanche relevée sur des bras veineux et il la rattrape bien trop facilement. « Si tu as la moindre once de respect pour moi, laisse-moi passer. »  Il ne ressent pas grand-chose à la vue de son effroi, la cruauté presque terrible bordant la douceur naturelle des cils noirs. Il ne voit que le calcul et non pas la délicate pellicule fine de sueur que l’anxiété a déposée sur son joli visage. Elle a été obsession d’un camarade autrefois et il saisit - l'étude détaché et sans la moindre complaisance - parfaitement pourquoi : l’émeraude scintille agréablement dans un œil qui se couvre d’humidité sous la pression des souvenirs, les cheveux sont couronne de bronze rutilant et le corps s’est paré de rondeurs attirantes. Il a un œil vers le barman puis vers la jeune femme dont il cache le chemin vers la lumière de son corps émacié. « On ne dit plus bonjour, Béatriz ? » Il aurait dû la laisser partir sans se retourner. Elle n’a rien sur lui, de simples mémoires à jamais liquidés sous la ruine d’un temps qui les écrase. Peu de temps après leurs rencontres, il avait été affecté à cette mission l’obligeant à s’éloigner d’une bande d’amis qui n’en étaient pas, et voilà que des années plus tard, cette mission lui vrillait encore les tempes et sa volonté. « Viens avec moi. Pas de scandales. Rassure-toi, je veux juste parler. » La main glisse sur le bras, plus autoritaire qu’il n’y parait, la voix est basse et rapide.

Le labyrinthe des sous-sols du Bones leurs est désormais ouvert.

Du coin de l’œil, il voit le barman lui offrir son pouce levé gras dans un sourire caustique.

Un monde de connards.



_________________
Ecoutez nos défaites

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If we are strong enough in our souls we can rip away the veil and look that naked, terrible beauty right in the face; let God consume us, devour us, unstring our bones. Then spit us out reborn.
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Beatriz M. Deveraux
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MessageSujet: Re: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Sam 30 Juin - 21:32

we're locked into a secret that we can never show  
Beatriz & Konstantin
I made some calculations, I had to break the law, had to become an illegal. You had to take that fall. There's always a solution, always a way out. I'm all alone and I'm far from home - Eliot Summer "Halfway to hell"

J'étais beaucoup trop sophistiquée pour ce lieu sordide, ma présence tranchait drastiquement avec le reste de la populace qui hantait les lieux. A quoi je m'attendais en venant ici, bon sang? Je l'ignorais moi-même. La curiosité y était sans doute pour beaucoup. Depuis que j'ai entendu ce nom de la bouche de Maggie, j'ai entendu tout un tas de rumeurs sur cet endroit. J'ai imaginé, j'ai fantasmé, mais le résultat était bien loin de l'idée que je m'étais faite du Bones. Je n'y avais pas prêté attention lorsque je suis entrée mais plus les secondes s'égrenaient et plus mes yeux notaient des petits détails qui, additionnés les uns aux autres ne rendaient l'ensemble que plus glauque encore. Peut-être était-ce l'odeur du sang ou bien de la mort, mais en tout cas, un frisson glacé me dévala l'échine. Même le bar auquel je me suis accotée me paraissait moite, poisseux, dégueulasse. Dans le fond, que je fasse une attaque de panique en apercevant Konstantin n'était même pas étonnant. J'ai été pétrie d'angoisse à l'instant même où j'ai foutu les pieds ici, il suffisait d'une étincelle, une seule pour que le brasier s'enflamme et ravage tout sur son passage. Je n'étais plus capable de réfléchir correctement, de remettre mes idées, mes sentiments en ordre. La peur me submergeait alors que les souvenirs m'explosaient à la gueule. Tout m'apparaissait avec une cruelle exactitude, chaque détail dont je me souvenais tournait le couteau dans la plaie et me lacérait le bide. Il y avait des sons, des odeurs, des impressions qui se muaient en certitudes. C'était infernal, et pourtant, j'étais incapable de presser le bouton stop, de remettre la chape de plomb là où elle était. Que ce soit voulu ou non, Konstantin Timlat venait de donner un coup de pied dans la fourmilière, il avait tout mis sens dessus dessous.

Comment pouvait-il rester aussi impassible alors même que les émotions se déchaînaient à l'intérieur ?
J'avais envie de hurler, de m'indigner, de le secouer peut-être, parce qu'il n'avait pas le droit de faire ça, pas après tout ce temps, pas après tout ça.
Je n'étais même pas son amie et pourtant il se comportait comme si c'était le cas. Toute cette familiarité...
Il se souvenait de la boisson que je prenais tout le temps, putain.
Non seulement il se permettait de m'inviter mais en plus il ironisait sur le fait que je ne disais plus bonjour.

Non mais je rêve ! Mon regard humide s'agrandit sous l'effet de la surprise. L'indignation grondait en mon for intérieur, faisant crépiter l'atmosphère. Les ondes de magie que j'émettais presque malgré moi y étaient sans doute pour beaucoup. Je ne faisais face à Konstantin que depuis quelques secondes tout au plus, mais sa proximité avait réveillé un truc. Il avait cette aura étrange, à la fois fascinante et effrayante. Le garçon filiforme paraissait effroyable sous la lumière blafarde des néons, irréel. Cette sensation était d'autant plus troublante qu'il était ni plus ni moins qu'un fantôme de mon passé. Son aura toute entière m'enveloppait, m'intoxiquait, faisait trembler chaque cellule de mon être. Je ressentais la lourdeur de l'air qui flottait tout autour, l'air compact, dense, opaque. Il y avait ce poids sur mes poumons qui me faisait suffoquer. Il n'y avait pas que la panique qui me faisait dérailler, il y avait forcément autre chose.

Konstantin parla à nouveau. Sa voix était calme, égale, aussi inexpressive que l'était son visage. Il voulait que je vienne avec lui, parce qu'il voulait parler. Il ne me voulait pas de mal, semblait-il dire. Il voulait juste parler. Parler, pour me dire quoi au juste ? Je n'avais pas envie de parler, et encore moins de ces souvenirs que nous avions en commun. Je n'étais pas d'humeur nostalgique ce soir, je n'étais pas venue pour discuter avec un vieil ami – il n'était même pas mon ami, d'ailleurs. Il avait pourtant l'air bien sûr de lui, comme s'il savait, quelque part, que c'était dans la poche. Je me raidis lorsqu'il fit glisser sa main sur mon bras. Mon regard, lui, lançait toujours autant d'éclairs meurtriers. Je restais plantée là, immobile, le faciès empreint de dureté et la mâchoire serrée. Sa voix autoritaire ne me laissait pas le choix.

Pas de scandale.

Tout était beaucoup plus calme à présent. Mon rythme cardiaque décélérait, mes tremblements s'estompaient. Viens avec moi. Les quelques mots prononcés rebondissaient sous ma boîte crânienne, s'imprimaient dans mon cerveau. Les yeux grands ouverts, le regard fou, les cheveux défaits, je devais avoir l'air d'une démente.

« C'est bon, je viens. » grognai-je en essayant de dégager mon bras de sa poigne. « Tu peux me lâcher maintenant. »

Je ne plaisantais pas, quand je lui demandais de me lâcher. Son contact me glaçait le sang. Avant de bouger ailleurs, je glissai un regard vers les arènes, situées un peu plus en hauteur. Les murs, les plafonds étaient crottés de traces d'hémoglobine et de substances douteuses dont je ne voulais même pas connaître la nature. Mes lèvres se plissèrent en une moue écoeurée. C'était donc là que se déroulaient les combats clandestins,  alors même que la devanture de l'échoppe se présentait comme une modeste librairie. Cette endroit n'était qu'un leurre qui dissimulait l'horreur. Mes prunelles glacées se posèrent sur l'homme qui me faisait face, et c'est d'une voix lasse que je me risquai à lui demander :

« Ma sœur...Caroline...Est-ce qu'elle vient ici ? » S'il fallait vraiment que nous parlions des fantômes de notre passé commun alors, autant commencer par celui-là. « Caroline est une métamorphe. Est-ce que oui ou non elle est déjà venue se battre ici, contre d'autres créatures ? »

S'il se rappelait de moi, alors il se rappelait forcément d'elle. Elle était mon double, mon reflet, à la différence près que Caroline avait l'air plus vivante, plus vaillante que je ne l'ai jamais été. Je jetais des regards frénétiques derrière le garçon aux cheveux sombres et à la peau pâle, presque translucide. A l'évidence, Caroline n'était pas là. Je l'avais su avant même de poser la question à Konstantin, pour la simple et bonne raison que je ne ressentais pas la présence de ma sœur ici. En revanche, j'avais mis les pieds sur un territoire hostile. D'après les rumeurs, l'endroit serait le quartier général d'une des mafias de la ville.

« Tu voulais parler. » Ma voix n'était plus qu'un murmure, un souffle un peu rauque. « Alors parlons. A quoi rime tout ce bordel ? Je ne comprends plus rien. »

Il y avait tant de questions qui se bousculaient dans ma tête et trop peu de réponses. Les mots d'Orfeo, alors prononcés quelques mois plus tôt, me revenaient en mémoire. A peu de choses près, il disait que si je n'avais pas l'intention de combattre mes plus bas instincts, alors, je n'avais qu'à aller dans une mafia et me laisser aller à mes pulsions sanguinaires. Tue, avait-il dit, sans aucune honte, comme s'il disait quelque chose de parfaitement anodin. Aujourd'hui, par on ne sait quel mystère, j'étais au cœur de l'une d'entre elles, comme si mon chemin m'avait menée jusqu'ici. Et  même si je n'allais pas jusqu'à appliquer les conseils d'Orefeo, il se pouvait que mon chemin, aussi tortueux soit-il, s'arrête ici, tout simplement.

Game over.
A cette pensée, un frisson plus intense que les autres me dévala l'échine.
Je n'avais plus qu'à attendre ma sentence.       
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Konstantin Timlat
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MessageSujet: Re: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Dim 1 Juil - 16:28

Locked in a secret- There are so many worse things than death, he said.-

Beatriz

Konstantin.


Le fantôme trépigne à ses côtés, écarte son bras d’un air défiant, récalcitrante et fraîche comme une marguerite sous des néons trop forts. Il n’est pas surpris de la voir ici, pas avec la propension des sœurs Devereaux à mal s’entourer. Ses doigts glissent le long du tissu mais il lui impose une cadence raisonnable sous un œil sombre. Les pensées s’engluent un bref instant tandis qu’ils arpentent le bois crasse du plancher. Le corps valse un temps, la synchronisation muette comme un tic-tac régulier visant à apaiser. Ce sont de petites choses qu’on apprend dans les sous-sols des bâtiments glauques des services secrets de ce qui a été l’union soviétique. Il y a d’autres apprentissages, des manipulations subtiles, des tics de langage discrets, des voiles aériens en somme sur les êtres qu’on avait face à soi. Il fallait parfois se faire banal et disparaître dans l’esprit d’autrui et parfois le contraire, la danse en hécatombe de soi.

Il n’a pas le choix face à Béatriz : elle se souvient trop bien de lui et lui d’elle, son image marquée en rouge obsession dans les prunelles de son camarade d’époque. Ce dernier est mort évidemment et ce n’est une perte pour personne. Trop faible disent certains, trop américain ajoutera Konstantin quand il l’apprendra. S’il l’apprend un jour.

Il l’observe du coin de l’œil, mine renfrognée et désapprobation visible en voyant l’arène. La rousse se fait incandescente dans son agacement et il a un mouvement frémissant des lèvres, une amorce spectrale de sourire qui disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Bien. Il n’a que peu d’estime pour ceux qui débarquent ici avec une fascination dégoulinante sur les cils en face des combats crées par la mafia. « Ne sois pas si horrifié. Ici, finalement, ce sont tous des petits joueurs à côté de la Bratva. Soyez tous heureux qu’elle soit à présent coincée dans les neiges sibériennes. » La tentative d’humour est susurrée presque comme une menace épuisée, la tempête insensible sur la peau. Il est fatigué de la corruption des âmes derrière les emails exaltés.  
La pièce est petite et mal agencée mais elle suffit. « Caroline est une métamorphe. Est-ce que oui ou non elle est déjà venue se battre ici, contre d'autres créatures ? » Caroline est elle-même une créature de chagrin et de brutalité, les lèvres plus rouges que le sang a-t-il désir de lui répondre. Il abaisse son regard sur celles de Béatriz en défiance muette avant de remonter doctement vers les émeraudes. Il la fixe dans un froncement de sourcils suaves. « Tu sais déjà la réponse. »

Il la laisse prendre l’espace, se tient lui-même immobile, les mains longues en contraste sur le dossier d’une chaise vieillie. C’est une autre vie, mais l’histoire reste la même. La question tourbillonne entre eux. C’est quoi ce bordel, en effet ? Il la fixe dans un silence sibyllin, la dissolution des vérités en vide épileptique. Béatriz a toujours été honnête, pétrie de conflits trop lourds pour la fragilité de ses bras. Ils se croisent, se frôlent et se quittent avec une constance presque étrange. Les cheveux noirs sont ramenés sur le côté, le ronflement serein de la violence au bout de doigts serpentins. Il y a quelque chose d’autre là aussi, quelque chose qui lui rappelle des souvenirs d’une vie avant la Némésis flasque et atone. Il était une fois. Les contes n’ont plus lieu d'être et le pays qui battait à son rythme commun entre désert et montagne a cessé de danser il y a trop longtemps maintenant. « Il y a eu la fin du monde. » Lui explique-t-il presque tendre. Elle le sait bien tout ça, la magie autour des lèvres et les pouvoirs en couronne d’épines sur l’opulente cascade de cuivre. Il y a des vérités anciennes qui collent aux côtes et obscurcissent les poumons.  « Il y a eu la fin du monde et nous sommes allés vers l’ouest. » Les monstres, les idoles, les rêveurs… « C’est ce que tu me demandes ? Il te faudra être plus spécifique, Béatriz. » Le nom à la consonance hispanique lui reste étranger en bouche, le z virant au russe. « Je ne gaspille que rarement ma salive. » Il se demande s’il n’y a pas une autre raison à sa venue, si elle ne cherche pas l’homme qui se consumait sous la fièvre à son égard. Il n’est pas ici non plus.

Il n’y a rien ici pour elle.

Ici, on ouvre le sol avec les mains et elles saignent de l’or en décomposition, sale d’une pourriture nauséabonde, les tendons morts, désireux de s’étirer, d’atteindre, d’attraper et de saisir. C’est l’envie qui règne, celle des petites âmes désireuses de voir les citoyens se perdre, celles des mesquineries indicibles en forme de catharsis inutiles, celles des amitiés en forme de poignard au creux de dos moelleux. « Que fais-tu ici ? Ce n’est pas un endroit pour les filles comme toi. » Il se résigne. Il l’a connu dure mais réservée, le corps toujours en alerte autour du loup. « N’as-tu pas une famille ? » Il demande d’une voix sourde. Il a lui-même sacrifié tout ce pan de possibilités il y a longtemps, l’évidence d’une solitude choisie comme seuls pétales sous ses pieds. Ici, il y a des dragons, Béatriz. Morts les créatures mythiques mais le feu continue à abreuver la terre. On ne se battait plus que pour protéger ceux qui nous étaient inconnus. Pour les enfants qui survivaient encore, pour ceux à venir, pour les héros coiffés de bronze et de cramoisi qui s’ignoraient dans les tempêtes d’un monde en forme de tombe. « Ta sœur n’est pas là. » Finit-il par dire, les lèvres remuant à peine avant de pencher son visage dans une douceur lente. « Tu as changé depuis la dernière fois. »



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Beatriz M. Deveraux
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MessageSujet: Re: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Lun 2 Juil - 9:25

we're locked into a secret that we can never show  
Beatriz & Konstantin
I made some calculations, I had to break the law, had to become an illegal. You had to take that fall. There's always a solution, always a way out. I'm all alone and I'm far from home - Eliot Summer "Halfway to hell"

Je ne sens pas cet endroit. Ce qui, au départ, n'était qu'une pensée fugace, une impression, devint rapidement une idée fixe, une formule que je me répétais comme un mantra. Peut-être était-ce parce que je comprenais qu'en entrant ici, je m'étais une fois de plus fourrée dans les ennuis, et je n'avais même pas besoin de Caroline pour ce faire, je me débrouillais très bien toute seule. Aussi, à l'heure actuelle, je ne saurais pas dire si rencontrer Konstantin dans de telles circonstances était une bonne chose ou non. Il faut dire que nos rencontres survenaient à des moments quelque peu inhabituels. Il pourrait être tour à tour l'ange gardien ou l'oiseau de mauvais augure. Ses intentions n'étaient pas toujours très claires, le kazakhe était une énigme difficile à déchiffrer. Il semblait dire tout et son contraire, il parlait un langage codé que lui seul comprenait. Une fois encore, il parlait par énigmes.  Il parlait de la Bratva et des gens d'ici qui, selon ses propres dires, étaient des petits joueurs. À titre purement personnel je ne les aurais pas qualifiés ainsi mais peu importe, je demeurais peu réceptive à l'argument c'est pire ailleurs, parce que d'une certaine manière cela nous confinait à l'oisiveté. Se dire que c'est pire ailleurs était une façon de se laver les mains de ce qui se passait ici, parce que c'était pire ailleurs, il fallait se contenter de ce qu'on avait ici. Même si j'avais des œillères parce que c'était plus confortable de les avoir, je n'étais pas sotte pour autant. Je savais ce qu'était la Bratva – tout du moins j'en avais une vague idée, sûrement très loin de la réalité – et en évoquant la mafia russe, Konstantin venait de me confirmer que j'étais sur le territoire d'une des mafias qui gangrenaient la Nouvelle Orléans. Son sarcasme m'avait arraché un rictus.

« Louées soient les neiges sibériennes, dans ce cas. » ironisai-je à mon tour, fronçant les sourcils.

Le trait d'humour du jeune homme n'aura visiblement pas suffi à me dérider. Bien au contraire, je ne fus que plus crispée encore, comme si je n'arrivais pas à me dépêtrer de cette angoisse qui me collait à la peau à l'instar d'un mauvais sort. J'étais certaine que si, en sortant d'ici, je me récurais la peau à la javel, je serai toujours imprégnée de la saleté qui régnait ici. Le Bones était un de ces endroits qui marquaient l'âme et pas forcément dans le bon sens du terme. La corruption y était si nauséabonde qu'elle entachait même les âmes les plus pures, même pétries des meilleures intentions. L'enfer, à côté, paraissait tellement plus accueillant. Oh, j’avais vu son regard glisser sur mes lèvres, juste un instant. À nouveau, je sentis un frisson me secouer toute entière. La bouche pouvait être associée à la luxure, à l'exaltation des sens. Quand elle était close, elle était synonyme de longs dits et de secrets profondément enfouis. Aussi lorsque Konstantin me souffla que je connaissais la réponse à mes questions, je le crus sur parole. Son ton était tellement persuasif que je ne pouvais décemment pas émettre un quelconque doute quant à ses affirmations.

Je connaissais déjà la réponse parce que je connaissais Caroline, bien plus que n'importe qui d'autre, bien plus que je me connaissais moi-même. Nous étions sœurs, respectivement sorcière et métamorphe, il y avait ce lien intangible qui nous unissait et qui avait été scellé par la magie noire. Si elle était vraiment venue ici, je l'aurais senti jusqu'au plus profond de mon âme. J'aurais forcément détecté son empreinte. Quelque part, je me sentais soulagée de la savoir en dehors de toute cette merde. Les combats de métamorphes…Je secouai la tête pour chasser cette pensée désagréable de mon esprit. Ce n'était pas parce que c'était pire ailleurs que mes forfaitures passées étaient excusées pour autant. Il n'y avait pas beaucoup de différence entre le fait de créer des monstres et les faire combattre dans une arène dégueulasse. Ils n'étaient que les maillons d'une seule et même chaîne, la création au début et la lutte à la fin de tout, puisqu'elle se soldait automatiquement par la mort du malheureux perdant. Même rompue à l'usage de la magie noire je n'étais pas certaine d'avoir envie d'assister à ce spectacle sordide. J'avais envie de foutre le camp mais le magnétisme de Konstantin m'en empêchait.

Il voulait parler, disait-il.
Il n'avait pas encore parlé, pas vraiment, alors j'attendais, patiemment, qu'il dise quelque chose d'intéressant.

Je déglutis difficilement alors que je le voyais me fixer sans décocher un mot. Entre nous, il y avait toujours ce crépitement étrange. Ce n'était pas normal, je le savais et pourtant je ne savais pas mettre de mots dessus. On aurait pu rester longtemps à se fixer ainsi, en chiens de faïence, mais contrairement à lui qui était d'un calme olympien, je sentais ma patience s'émousser. Ce qu'il me dit alors acheva d'enterrer ma patience déjà bien éprouvée. Konstantin évoqua la fin du monde et la ruée vers l'ouest. Il me reprocha d’être trop vague dans ma demande. Mon visage se durcit davantage. Je ne saurais dire s'il était sérieux ou si au contraire il se moquait de moi. Il ne gaspillait pas sa salive, disait-il.

C'est une blague ?!?
Monsieur disait vouloir parler et là, il me reprochait presque de lui faire perdre son temps précieux avec des bavardages inutiles ?

Je ne répondis pas à sa provocation. J'aurais pu renchérir en racontant ma propre ruée vers des connaissances infinies, de mon départ des contrées glacées de l'Alaska jusqu'à mon passage dans les arènes sanglantes de New York, mais ce n'était pas vraiment le propos. Qui plus est, parler de la pluie et du beau temps dans des circonstances pareilles pouvait paraître extrêmement déplacé.  Vint enfin la question fatidique.

Qu'est-ce que tu fais ici ?
Ce n'est pas un endroit pour les filles comme moi.
Alors, pour toute réponse, un rire froid, presque hystérique me chatouilla les côtes.
Les nerfs étaient en train de lâcher.

« Qu'est-ce que tu en sais ? » Ma voix n'était qu'un murmure un peu rauque, alors que toute trace de joie avait disparu de mon visage. « Qu'est-ce que tu en sais, ce que les filles comme moi veulent ? » La mère et la putain, c'était toujours la même histoire, pas vrai ? C'était comme s'il n'y avait rien d'autre entre ces deux extrêmes. « De quelle famille parles-tu exactement ? De ma sœur, de ma mère et de mon frère qui détestent les surnats ou bien de mon fils ? Il te faudra être plus spécifique. »

J'avais appuyé ce terme à dessein. N'était-ce pas ce mot précis qu'il avait employé quelques instants plus tôt ? Moi non plus, je n'aimais pas parler pour ne rien dire. Preuve en est, j'en avais dit assez sans en dire trop non plus. Je savais garder les secrets quand il le fallait. Je me tendis  subrepticement en le voyant se pencher. Mes prunelles défiantes continuaient de le toiser. J'avais donc changé tant que ça, depuis la dernière fois ?

« Tu l'as dit toi-même, la fin du monde est passée par là.» dis-je d'un ton égal, presque détaché. « Je fais ce qu'il faut pour survivre, comme nous le faisons tous. » Oui, même toi, Konstantin, même si tu donnais l'impression d'être figé, comme gravé dans le marbre. « Toi, par contre, tu n'as pas bougé d'un pouce. Tu as l'air plus fatigué peut-être mais c'est difficile à dire avec toi. Quand on te regarde on a l'impression que rien n'a changé. »

Konstantin était exactement comme dans mes souvenirs, plus froid, peut être, plus dur, en réponse aux horreurs qu'il voyait ici au quotidien et qui devaient probablement le ronger de l'intérieur. On ne pouvait pas rester indifférent face à tout ça, c'était impossible. Je te jure Konstantin, moi aussi j'ai essayé de refermer la boîte de Pandore, de verrouiller mes sentiments et mes pensées pour mieux faire face à toutes ces choses qui me grignotaient peu à peu. J'ai essayé et pourtant j'ai échoué, et notre rencontre après tout ce temps n'était que la preuve par l'image que rien n'était réglé.        
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Konstantin Timlat
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MessageSujet: Re: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Mar 10 Juil - 0:36

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Beatriz

Konstantin.


« Louées soient les neiges sibériennes, dans ce cas. » Il a du respect intransigeant au bout des cils sombres. Louées soient-elles maintenant qu’elles sont perdues au fond des océans ou grouillant d’âmes trop noire. Il n’en sait rien en vérité. Les derniers vestiges de l’Humanité sont ici, à la Nouvelle Orléans. Autant dire que le coup du sort n’a pas gardé les meilleurs d'entre eux.

Elle a la présence d'esprit de se taire quand il aborde l’infamie de l'antre qu’elle a pénétré. Il table sur le fait qu’elle se montrera intelligente en sus d'être naturellement bornée et qu’elle cessera donc ainsi son manège. Les secrets circulent mal à la surface et Caroline en est un à elle seule. Beatriz ne peut pas aller sillonner les tréfonds d’une ville fiévreuse juste pour retrouver sa sœur jumelle. La Bratva était plus aride et certainement moins encline à pactiser avec les autres mafias que ne l’étaient celles de la Louisiane entre elles d’ailleurs, mais les organisations criminelles restaient ce qu’elles étaient : criminelles. « Qu'est-ce que tu en sais ? » Il cille sans la quitter des yeux, le corps rigide contre le mur jauni. Elle a du feu sur la langue et lui de la glace au coin des lèvres. « Tu n'es pas à la bonne place. » Fait-il simplement dans une œillade sévère. Elle porte un de ses hauts élastiques, les longues jambes effilées sous le noir du pantalon. Il secoue la tête de manière imperceptible, l’agacement tacite et invisible glissant sur ses paupières : elle va se faire bouffer si elle reste là, elle, sa peau laiteuse, ses grands yeux verts et ses boucles rousses. C’est une chose de venir au Bones les nuits de match où l’adrénaline pulse entre les murs et les mastodontes servent de Cerbère au bord d'un Styx nauséabond, s'en est une de se promener avec ses lèvres pulpeuses entre les tables du casino de fortune où l’on joue son âme autant que ses jetons, s’en est une autre d’entrer ici en plein jour et aux yeux délavés de tous. « Ta sœur n’est pas ici. Fin de cette conversation. » Il tranche finalement avant d’avaler ce qu’elle vient de dire silencieusement, les mots résonnant à peine dans la minuscule pièce. Pas un muscle ne bouge avant qu’il ne cherche lentement dans sa poche les vestiges d’un paquet de cigarettes éventré. Il ne commente pas, l’information semble glisser sur lui tandis qu’il l’analyse. Un enfant ? La dernière fois qu’il l’avait vu c’était il y a… deux ans, peut-être un peu plus. Ils faisaient tous partis de sa nouvelle légende, ils les avaient laissés croire l’abandon d'un métier honni et la descente aux Enfers, les pieds et poings liés dans la Némésis. Ils étaient tous eux-mêmes dans des noirceurs que rien ne semblait de toute manière écarter.

Tout est si flou parfois, mais il garde sa volonté ferme alors qu’il ne doit pas dévier de sa route, sinon les objectifs se perdent. C’est si simple de céder à ses caprices et tout le monde en est pétri : des sentiments exutoires, des envies éloquentes, des nécessités éperdues. Il joue un bref instant avec son briquet avant de lui tendre son paquet et de lui offrir de quoi connaitre une accalmie. Elle s'est toujours trop vite énervée, les événements étranges autour d'elle. Il attend que son sang se pare de nuages, que le vert de ses pupilles cesse de lancer des orages. Il la veut sereine malgré l’endroit et malgré les circonstances. « Si je me souviens bien. » Fait-il en lui laissant étreindre la cigarette entre ses lèvres. Il commence ainsi, les réminiscences voguant sur les mégots qu’elle écrasait les jours de panique. Il fait mine de chercher l’image dans les gouffres du temps mais à vrai dire il se souvient parfaitement, la mémoire comme première arme dans ce taudis poisseux. Il avance son briquet, la laisse tirer sur la nicotine prohibée avant de reprendre sa place en silhouette longiligne gantée de noir. Les gestes sont précis, milles fois fait, fatiguant peut-être. Surement. Il n’a pas changé hein ? Peut-être. Surement. Les répétitions si envoutantes maintenant qu'il peut en voir le tracé hypnotique. Il lui semble être coincé ici dorénavant, dans l’antichambre d’un enfer personnel.

Parfois, il se dit que cette apocalypse n’a bouleversé sa vie que pour servir la conscience dont il a si désespérément besoin. La Louisiane n’est que la préface d’un débat, une voix chaude, aux accents créoles si puissant que le tournis vous enivre sans même boire une seule goutte. Il pense qu'il l'entendra toujours maintenant, que cette région et cette mafia lui ont pris finalement quelque chose qu'il ne savait même pas avoir. Cela ne veut pas dire qu'il pense céder ni même abandonner, non, certainement pas. C'est juste qu'il ne pense plus à l’avenir, anesthésié par un désespoir grignotant toute idée d’en avoir seulement un. Il est sûr que ce n'est pas bon signe, mais il n'y pense pas non plus. « Ça a de l’importance ? » Il y a la réponse dans la question. « Je ne crois pas avoir beaucoup changé non. Connard un jour... Je me baigne dans le sang des vierges pour arriver à ce résultat. » Il esquisse un sourire qui meurt rapidement dans une mélancolie qu’il drape de froideur rigide. « Tu devrais arrêter de suivre ta sœur. Elle a l’art de se mettre dans la merde un peu trop rapidement. Quoique… c’est de famille je présume. » La fumée est un écran protecteur et il dessine du bout des iris le visage de celle qu’il a connu presque adolescente. Un fils. L’idée le surprend malgré tout sans qu’il ne puisse mettre le doigt sur ce qui lui semble importun. Il voit l’ardeur maintenant sous l’or sage des reflets de bronze et laisse tomber la cendre à ses pieds, l’oreille attentive pour les bruits dans les couloirs. « Je connais le père ? »
 Il sait que l’autre a été suspendu puis renvoyé. La milice est loin d’être propre, des éléments sales en meurtrissent le tableau, néanmoins globalement, l’endoctrinement est redoutable, les couleurs fièrement portées et la plupart des agents sont fiables et entraînés de façon adéquate. Beaucoup viennent des quatre coins du monde finalement : Chine, Russie, France, Nigéria, Mexique, les langues s’éparpillent sous la botte d’un gouvernement autoritaire. Une Nation, une Force, une Entité. Les fléaux sont trop nombreux pour se passer de l’autorité, la fièvre est intérieure aussi bien qu’extérieure et ils soignent sans se soucier d’une administration qui se déshumanise.
Beaucoup sont jeunes aussi. Trop. Ils ne durent pas longtemps ceux là sous la poigne sanglante de la Résistance ou de la Némésis et autres consœurs.

L’autre - celui qu’ils avaient connus, coincé dans une spirale à la noirceur grotesque - n’avait pas eu l’étoffe, trop faible, les pensées uniquement tournées vers la rousse qui se tenait incertaine aujourd’hui dans la pièce. A la suite du limogeage discret le tout sans aucun procès ni compensation pour la jeune victime, il avait sombré plus loin encore et Kostia l’avait oublié, revêtant d’autres vêtements, d’autres couvertures. « Ça ne me regarde pas, tu n’es pas obligé de répondre. » Il penche son visage, le regard descendant subrepticement vers le ventre et la poitrine avant de revenir sur elle. Il n’aurait pas remarqué si elle ne le lui avait pas dit.

Le doigt gratte le filtre avant de le remettre entre ses lèvres.



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MessageSujet: Re: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Mar 10 Juil - 12:43

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[Qu'est-ce tu en sais ? La question avait fusé, spontanée, là où tout n'était que calcul et stratégie. Ce n'était pas qu'une réplique, un réflexe pavlovien, je voulais réellement savoir ce qui amenait le kazakhe à penser ainsi, pourquoi le Bones ne pouvait pas être un endroit pour les filles comme moi. D'ailleurs, c'était quoi, une fille comme moi ? Qu'il explicite donc ce qu'il avait en tête. Il ne pouvait pas balancer un truc pareil et en rester là, faire comme s'il n'avait rien dit. L'impatience dansait dans mon regard ambré, mon visage s'était fermé, mon expression s'était réduite comme peau de chagrin. J'avais presque oublié à quel point il était difficile de lui tirer les vers du nez. Je ne l'avais jamais connu excessivement bavard, je me souvenais plutôt d'un type discret, qui restait en retrait, qui préférait observer plutôt que de prendre part à la conversation en cours. Ce n'était pas un problème en soi. À l'époque où j'étais encore derrière mon bar, j'ai eu l'occasion de servir toutes sortes de clients. Certains étaient éloquents et d'autres non. Il fut un temps où je savais m'en accommoder. Je n'avais jamais obligé qui que ce soit à me parler s'ils n'en éprouvaient ni l'envie, ni le besoin. Il faut dire que je n'ai jamais été du genre à faire ingérence dans la vie d'autrui, je respectais les limites des autres et ces principes s'appliquaient également à Konstantin Timlat. Aussi loin que je me souvienne, nos conversations s'étaient toujours limitées à quelques mots jetés ça et là, outre les salutations de rigueur. Aujourd'hui, je n'avais plus la même patience, le même désintérêt. Quand je recherchais quelqu'un – ma sœur en l'occurrence – ou quand je cherchais à obtenir une information, j'avais horreur qu'on me fasse opposition.

Secret ou non, Konstantin Timlat allait devoir faire un effort.
Je n'avais aucune intention de faire la conversation toute seule et je ne partirai pas d'ici tant que je n'aurai pas toutes les réponses à mes questions.
Toutes.

Sans doute l'avait-il oublié mais je pouvais me montrer particulièrement opiniâtre quand la situation l'exigeait. Je le toisais du haut de mon mètre soixante-trois, le regard aussi flamboyant que mes cheveux. Il avait beau faire une à deux têtes de plus que moi, ce n'était pas ce paramètre qui m'intimidait le plus, mais bel et bien l'aura – toujours elle - qu'il dégageait. Selon lui, ma place ne se trouvait pas ici. Oui, mais encore ? Un frémissement m'agita toute entière, trahissant l'exigence qui me transcendait. Je luttais pour ne pas poser mes mains sur mes propres hanches et endosser ainsi le rôle de la mère en train de gronder un enfant qui aurait fait une bêtise. Mon visage se para d'une expression offusquée lorsqu'il expédia ce simulacre de conversation en affirmant catégoriquement que ma sœur n'était pas ici. Ma joue s'agita d'un tic nerveux, puis je clignai des paupières – mes yeux apparaissaient humides sous la lueur blafarde des néons. Je me faisais violence pour ne pas exploser à nouveau, je me sentais l'âme d'un funambule qui exécutait un numéro de haute voltige.

Du coin de l'œil, je perçus un mouvement. J'étais tellement tendue, tellement sur le fil que j'aurais pu bondir au moindre geste me paraissant suspect. Il ne fit cependant rien de tel, il se contenta de sortir son paquet de cigarettes de sa poche. Je le vis jouer avec son briquet puis finalement il daigna me proposer une clope. J'acceptai l'offrande sans piper mot alors que je le toisais toujours de mes prunelles ardentes. Effectivement, il se souvenait que je fumais, c'était une vilaine habitude que je me traînais depuis longtemps. Je me souvenais de ces cigarettes partagées en tête-à-tête silencieux alors que je prenais ma pause, me mettant un peu en retrait, fuyant les babillages inutiles des autres – tous clients et amis confondus. Je me souvenais de cette silhouette aussi discrète que solitaire et discrète qui m'accompagnait sans jamais s'imposer pour autant. Le silence était appréciable au milieu de toute cette agitation. Je me saisis du briquet qu'il me tendit puis, coinçant le filtre entre mes lèvres j'entrepris d'enflammer le tabac. L'odeur puissante me monta aux narines, masquant momentanément la puanteur qui flottait tout autour de nous. Le temps s'étira ainsi, paisible, presque réconfortant.

Est-ce que ça a de l'importance ?, demanda-t-il.
Je mis le temps avant de me rappeler que je lui avais fait remarquer qu'il n'avait pas changé.
Mon regard fut à nouveau attiré par son visage et aussitôt, mes yeux s'aimantèrent aux siens.
Oui, ça a de l'importance.
Peut-être pas pour lui, j'en conviens, mais pour moi ça en avait.

Il se qualifia lui-même de connard, et sa remarque me fit hausser un sourcil. Je n'aurais pas dit les choses de cette manière mais soit. Je ne le connaissais pas assez pour me permettre le luxe d'infirmer ou non l'hypothèse qu'il venait d'émettre. Mes lèvres s'étirèrent en un rictus lorsqu'il avoua se repaître du sang des vierges pour parvenir à ce résultat. Se rendait-il compte que pour certains, c'était à prendre au sens littéral ? La magie noire et le sang étaient intimement liés, j'en savais quelque chose. J'avais moi-même connu une période comme ça, de celles dont on se sort avec difficultés. Cela correspondait à l'époque peu avant la naissance de Noah, alors même que j'ignorais ma condition. C'était d'ailleurs très ironique que je pense à cela maintenant puisque Kostia me posa la question qu'il ne fallait surtout pas poser.

Est-ce que je connais le père ?

« Noah n'a pas de père. » répondis-je d'une voix tranchante alors que le feu qui dansait dans mes prunelles s'était ravivé de plus belle. « Et même s'il en avait un je ne saurais pas qui c'est parce que je fréquentais plusieurs personnes à l'époque. »

C'était dit, et tant pis si je passais pour une marie-couche-toi-là, parce que effectivement ça ne le regardait pas. Et s'il y avait une infime possibilité pour que Noah ne soit pas son fils alors cela me convenait parfaitement.

« J'élève mon fils seule, tout en essayant de ne pas reproduire les mêmes schémas que mes parents et on.s'en sort bien tous les deux. Je refuse qu'un homme s'immisce dans nos vies et saccage le fragile équilibre que j'essaie de construire avec lui. » Je battis des paupières, alors que je déployais une énergie considérable pour ne pas flancher. « Mettre un enfant au monde dans un moment pareil n'était pas la meilleure idée que je puisse avoir mais maintenant qu'il est là j’essaie de faire avec. »

De toute façon ce n'est pas comme si j'avais le choix.

« Pourquoi cette question ? » demandai-je finalement, en regardant le kazakhe bien en face. « Tu as l'air de savoir quelque chose. Ce n'est peut-être qu'une impression mais à mon sens, si tu poses la question, ce n'est pas innocent. »

Après tout, il avait fréquenté ce sale type pendant quelques temps, il était forcément au courant de ce qu'il est devenu. À présent je voulais savoir, ne serait-ce que pour m'assurer qu'il n'y avait aucun risque pour qu'il vienne m'emmerder maintenant. Qu'il revendique la paternité de mon fils était vraiment la dernière chose dont j'avais besoin maintenant. Je ne savais que trop bien que je serais capable du pire pour éloigner la menace.
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Konstantin Timlat
SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: Re: we're locked into a secret that we can never show (kostia)   Mer 18 Juil - 16:25

Locked in a secret- There are so many worse things than death, he said.-

Beatriz

Konstantin.

« Noah n'a pas de père. » La réplique a un gout de bataille. Il s’imagine aisément les guerres qu’elle a dû livrer et range l’information sagement dans un coin de son esprit. Le monde n’est pas galant avec les filles-mères encore moins aujourd’hui qu’hier et la terre qu’ils foulent désormais a un lourd passif à ce sujet. Béatriz affirme et tonne, bras stables mais cœur cognant au bord des lèvres, il le voit bien. Il s’astreint à se faire immobile en réponse sédative, se plait à lui offrir un visage aux accents de sphinx, prunelles d’onyx coincées dans un ivoire mat. Les jumelles ont toujours trop voulu, le désir âpre et les mots chaotiques sur la langue rose, elles sont une nation à elles-deux, une de celles qui a encore besoin d’apprendre à ne pas tout livrer. L’héritage est de sang présume-t-il, elles veulent et demandent, repoussent et violentent. Il entend parfois parler de Caroline dans des conversations enjouées et piquantes.
En vérité, il a perdu l’habitude de voir les individus autrement que ce en quoi il pouvait servir à une mission qui se faisait de plus en plus incertaine.

Elle continue et s’avance tandis qu’il la suit d’un œil opaque. Il pense voir du défi dans les paillettes d’or qui constellent son regard. La mémoire est une ombre, elle colore faussement les événements. Il a grandi entre Confucius et Karl Marx : le groupe est plus important que l’individu, il a du mal à saisir ce genre d'affliction pétri de moi, moi, moi. La Louisiane est encore ancrée dans un passé qui n’a plus lieu d’être pourtant. Au moins, Bea fait-elle table rase comme l’exigent les hymnes drapés de rouge et de sang. Les cils s’abaissent avec langueur en un acquiescement tacite. Très bien. Elle peut retirer le feu accusateur de ses yeux, lui, n’y est pour rien.

(Il y a un écho raisonnable dans sa tête. Je vois aurait-il pu lui dire. Quoi donc ? Les squelettes dans les placards et la flamme au bout des doigts. Le corps est fiévreux des tempêtes en cours. Il voit. )

L’histoire est tragiquement banale et il ne s’y arrête pas. Il est plus attentif à l’agressivité latente sous la question. « Par politesse. » Sa voix est un froissement de sons parfaitement audible. Elle peut s’adonner à tout ses vices et avoir une équipe de foot en marmailles, ce n’est pas de son ressort. On lui a apprit à remonter les pistes, les informations en strates géologiques sur les reliefs accidentés que sont les gens pas à les juger selon des morales occidentales. « C’était il y a trop longtemps. » La Nouvelle-Orléans et probablement sa grossesse lui ont donné des angles charnus qu’il écarte d’un battement de cils. Enfin il se détache du mur rédempteur pour mieux se diriger vers la porte. « J’ai tourné le dos à ma vie d’avant et les gens qui allaient avec. » La légende perdure, oisive et ancrée. C’était la tangente prise il y a quelques années, ça l’est toujours. Ceux qui l’avaient connu à cette époque, n’avait fait que le voir en spectre puis en rondin de bois dérivant sous les eaux sombres d’une criminalité souterraine. Il n’avait jamais livré son passé et s’était simplement faufilé dans la masse grouillante et misérable de cette poignée de miliciens qui n’ont de convictions que les leur. Il avait patiemment jugé celui qui tomberait le plus vite, se l’était lié d’une amitié factice, silencieuse et grondante puis, dans un écran de fumée disparate, s’était fondu dans la Némésis en laissant couler tout ceux qui l’entourait. « Il faut que tu partes. Je dirais que tu voulais un job ici et que tu n’étais pas apte. A moins que tu ne préfères que le barman ne pense que j’étais en train de te sauter mais ça me semble dangereux pour toi. » La voix est imperturbable, basse, tout juste suffisante pour rester entre eux. Elle pourra ressortir d’ici entière, des clients qui se perdent, des filles aux décolletés plongeant qui cherchent un travail, des pères de familles qui s’échouent pour s’inscrire aux combats, il y en avait. Cela n’a rien de nouveau ni même d’inquiétant. Il fallait être prudent néanmoins, Moira gardait ses ordres sur le corail hypnotique de ses lèvres en une mise en garde perpétuelle.

Il est impassible quand il tourne la poignée de la porte. Il n’ouvre pas cependant, attends qu’elle s’approche jusqu’à sentir le parfum dans ses cheveux. « Nous n’aimons pas le reconnaître mais l’idée de perdre le contrôle est quelque chose vers ce quoi tout le monde tend. Ta sœur plus que les autres. Quand tu la retrouveras, dis-lui qu’elle arrête ses caprices. » Il perçoit encore une rigidité diffuse chez Bea, le tranchant du blanc des dents contre le léger gonflement de sa lèvre inférieure.  La fatigue lui revient en boomerang et sa main bouge finalement sans qu’il ne la quitte du regard. « Je t’accompagne jusqu’à la sortie. Ce sera plus simple. » Ce n'est pas vraiment une invitation et le fer couve sous la silhouette décharnée. Il ouvre la porte.

(Il regrette de lui avoir pris le bras pour la conduire jusqu’ici. Tant qu’il ne l’avait pas touché, elle était hallucination, pâle souvenir inutile auquel il ne pensait même plus, mais la voilà dorénavant de chair et de sang, les respirations en rondes ténébreuses parmi les vivants.)



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