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 anxiety (cristobal)

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Carter B. Hunters
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↳ Age du Personnage : Tu as trente-cinq printemps. Ni plus, ni moins.
↳ Métier : Officiellement, peacekeeper à temps plein. Officieusement, informateur auprès des plus offrants.
↳ Opinion Politique : Pour être honnête, t'en as rien à foutre. La seule et unique chose qui importe à tes yeux, c'est de sauver ta peau. Tu es ni contre, ni pour. Tu te dis que cela pourrait être pire. Tu te dis être maître de tes choix. Personne ne peut avoir la prétention de te dompter. Tu joues double-jeu. L'autorité ne représente rien à tes yeux, tu ne t'y plies que pour les avantages que t'apporte ta position.
↳ Playlist : heathens ; twenty-one pilots » centuries ; fall out boys » animal i have become ; three days grace » paint it black ; rolling stones.
↳ Citation : « please don't make any sudden moves, you don't know the half of the abuse »
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MessageSujet: anxiety (cristobal)   Ven 8 Juin - 15:03

Sourcils froncés. Tête perdue dans des réflexions interminables, sans queue ni tête. Tu avances dans le dédale de rues qui se dessinent devant toi, quittant l’habitacle réconfortant de ton appartement trop petit pour toi et ta bête. Arès est resté sur son panier, malgré ses couinements pour te retenir, tu as claqué la porte. Ces derniers temps, tu ne lui apportes pas énormément d’attention. Tes allers-retours sans fin entre ton lit et ton bureau dans les bâtiments du Gouvernement, tes cents pas sur le plancher du salon. Le cabot se perd à chacun de tes pas, ne reprenant soudainement vie qu’à l’entente des cliquetis de sa laisse que tu prends entre tes mains ou de croquettes tombant dans sa gamelle. Parce qu’un autre être habite tes pensées. Constamment. Cette disparition que tu ne parviens pas à t’expliquer. Il était là. Entre tes doigts. Il était prêt à tout te donner avant que ces enfants ne se rajoutent à l’équation. Il était prêt à passer plusieurs nuits avec toi, à se donner à toi une fois de plus, à se confier à toi. Ça te plaisait. Bordel que ça te plaisait. Mais désormais, c’est comme si son nom n’était plus qu’un souvenir. Un rêve, un scénario que tu avais construit de toute pièce dans ton esprit malade, esprit malsain. Aucune explication. Aucune justification. Putain. Tu étais tombé dans son piège. Tu t’étais fait avoir par sa gueule d’ange, ses gestes tendres à ton égard. Une tendresse que tu n’avais jamais connu auparavant ne renforçant que ton aigreur d’aujourd’hui, ne renforçant que l’aigreur que tu ressens, ne renforçant que la sensation de brûlure autour de ton cardiaque. Il te faut boire. Il te faut boire pour ne pas te souvenir.

Tes pas, lourds et lents, te mènent vers un endroit que tu connais à la perfection. Ce même lieu que tu fréquentes depuis des semaines, avalant quantité d’alcool avant de repartir avec quelques bouteilles de ce liquide ambré que tu aimes sentir couler dans ton gosier irrité par ta propre amertume. Sans même réfléchir, tu pousses la porte du bar sans prendre la peine de déchiffré l’enseigne que tu as lu des centaines de fois. Tu ne vérifies pas la place de ton arme coincée entre ton boxer et ton jean, la crosse retenue par la ceinture de celui-ci. Tu ne regardes pas le lieu. Tu y rentres comme si tu étais chez toi. Tu y rentres sans regarder les tables vides. Sans regarder la personne derrière le bar. Tu ne songes pas un seul instant que tes habitudes puissent avoir changé. Tu ne songes pas un seul instant que la personne en face de toi n’est pas celle que tu penses. Ce n’est qu’au moment de relever la tête que tu t’aperçois que la silhouette féminine à laquelle tu t’attends n’est pas. Un homme, un brun, se trouve à la place de Nott. C’est quoi ce bordel ? Une grimace tire les traits de ton visage. « Elle est où ? »
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Cristóbal Villanueva
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MessageSujet: Re: anxiety (cristobal)   Sam 9 Juin - 16:52


anxiety, Carter

Cristóbal avait tourné, retourné, soulevé le problème sans y trouver de solution. La rage et l'ardeur qu'il avait ressenti lorsque Riley lui avait tout avoué étaient retombées, laissant doutes et appréhensions. Le cubain semblait coincé. Il n'avait vu aucun argument valide pour faire cesser ce chantage. S'il menaçait le milicien de perdre sa place car le cubain aussi faisait partie du gouvernement et avait les contacts pour le faire plonger, Nuño plongerait avec. Le gringo en aurait profité pour filer le dire à Riley. C'en était certain. Et la jeune femme lui avait accordé le bénéfice du doute une fois, elle ne referait pas la même erreur. D'abord la visite de Beatriz Deveraux remettant la loyauté du barman en doute, si en plus s'ajoutait le témoignage du maître chanteur, c'en serait terminé de sa mission. Ainsi que la relation qu'il avait développé avec la tenancière du Old Absinthe House. Il ne pouvait pas se tirer pareille balle dans le pied.

Patient, il attendait que le gringo se pointe. Malgré le sentiment d'être piégé, Cristóbal était décidé à faire tomber cette tête blonde de quelques étages. Si le milicien ne lui avait jamais accordé grande importance, ce n'était pas le cas de l'agent double. Son travail était d'observer avant tout et il en avait eu le temps lors de ses quelques visites. Carter Byron Hunters. C'était un patronyme des plus équivoques, un poil cliché peut-être. C'était un Peacekeeper. Drôle façon d'appeler un retraité des forces spéciales. La résistance cachait bien son jeu : malgré le peu de moyens face à la puissance colossale du gouvernement, les rebelles avaient des yeux à chaque coin de rue. Et le cas Hunters avait été survolé. Les indics fleurissaient de partout et Riley avait laissé sous-entendre que le cubain pouvait trouver les informations qu'il cherchait auprès de Xavier Cai. Il n'avait pas fallu plus pour que le barman se dirige directement chez l'animateur radio pour lui demander de l'aide. Cristóbal ne lui avait pas tout dit, mais avait insisté avec les mots 'important' et 'urgent'. Xavier avait lâché des détails intéressants, mais il avait précisé que ce n'étaient que des déductions et non des preuves. Le barman avait hoché la tête, il ferait avec.

Le cubain n'était plus si démuni face à la situation. Il commençait même à se sentir confiant, malgré son appréhension. Une sorte de combat intérieur supervisé par le stress. Il n'avait que peu de marge de manœuvre : son rôle d'agent double et son attache pour la résistance, ainsi qu'à Riley, ne lui permettaient pas de faux pas.

Un coup d’œil à l'horloge accrochée au-dessus de l'énorme porte du bar lui apprit qu'il était vingt-trois heures trente-deux lorsque Carter débarqua. Toujours autant attentionné, il ne remarqua qu'après s'être avachi sur son siège habituel que la patronne ne l’accueillerait pas ce soir. Il sembla irrité de trouver Cristóbal à sa place. Evidemment, le barman n'avait préparé aucun tribu pour cette visite. Et il comptait bien sur le fait que ce soit sa dernière. Les bouteilles que Carter comptait toucher comme il en avait pris l'habitude avaient été remises avec les autres, au stock. Malgré la façade assurée du cubain, il n'en menait pas large au fond. Il savait que cela pouvait dégénérer rapidement s'il n'apportait pas ses arguments de la bonne manière. Un verre dans une main, un torchon dans l'autre, le brun ne releva pas la tête pour répondre au milicien, sécher un verre restait plus intéressant. « Partie se coucher. D’ailleurs, c’est fermé. Repasse demain matin si tu veux la voir, gringo. » Inutile de préciser le ton acerbe sur lequel avait été prononcé le dernier mot : Cristóbal, tout comme Nuño, avait toujours eu cette antipathie pour les têtes blondes. Peut-être parce qu'il avait mal vécu ce racisme typique des américains envers les cubains, lors de ses jeunes années, fraîchement débarqué sur cette terre de colonisateurs se pensant libres. Il avait aimé les États-Unis autant qu'il les avait détesté.

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Carter B. Hunters
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MessageSujet: Re: anxiety (cristobal)   Lun 25 Juin - 17:51

L’incompréhension peuple tes pensées depuis que le bruit de sa disparition s’est faite entendre dans les bureaux de tes supérieurs. Tu étais supposé le suivre, obtenir des informations à son sujet, mais tu ne comprends rien, tu n’as rien vu, rien entendu. Sa simple absence suffit à te faire replonger dans tes tords. Son absence laisse tes démons remplacer la place qu’il occupait dans un coin de ta tête sans le moindre mal. Désormais, on t’affecte à une autre mission comme si le brun n’avait jamais existé. Comme s’il ne t’avait jamais fait connaître ces sensations dans le fond de ta poitrine. Des sensations sur lesquelles tu n’avais pas encore réussi à poser un nom. Des sensations qui avaient cessé d’exister avec lui, qu’importe où il soit. Il n’était plus. Tes pas lourds te portent à l’intérieur de la bâtisse. Bâtisse vieille, tenant miraculeusement sur pieds, sans que le Gouvernement ne réussisse à prouver l’apport d’alcool dans les stocks. Personne ne fréquenterait plus cette maison si seules des menthes à l’eau étaient proposés à la carte. Sont-ils donc aussi cons qu’ils le montrent aux citoyens ? Il faut bien croire que oui. Un soupir franchit tes lèvres abîmées alors que ta carcasse vide s’installe sur le chaise que tu occupes presque toutes les semaines, maintenant. Ta voix grogne lorsque la silhouette que tu aperçois derrière le bar n’est pas celle de la jolie brune. Vos relations semblaient s’être arrangé, malgré ton chantage infâme. Tu profitais de la faiblesse causée par la perte de son mari, la fragilité de son secret face à ta place dans les bureaux de la dictature pour obtenir nombre de bouteilles de bourbons, pour combler tes nuits de cauchemars, sans succès. Mais la boisson était toujours un bon remède contre les pensées trop sombres, lorsque la nuit s’attarde. Il faudrait encore que tu trouves un remède pour la gueule de bois du lendemain, et contre les cernes qui ornent le dessus de tes pommettes.

« J’dois la voir, ce soir. » grognes-tu lourdement, à l’intention de l’homme ayant remplacé la douceur amère de Riley. Tu as besoin de cette dernière plus que n’importe quel autre soir, plus qu’à n’importe quel autre moment. Ton regard se dresse alors contre celui du brun qui te fait face. Sa nonchalance t’exècre. Ce n’est pas une bonne idée, que de te faire chier ce soir. Ce n’est pas une bonne idée de te faire chier, d’autant plus lorsque tes émotions s’amusent à jouer aux montagnes russes, lorsque tu as ton flingue caché entre ton boxer et ton jean. Ce n’est pas une bonne idée de jouer avec toi, lorsque le manque te brûle la gorge, les entrailles. Ce n’est pas bien de jouer avec toi, lorsque tu as passé toute la journée à ruminer, à chercher des éléments sur la disparition d’Eamon, à chercher des indices sur la personne d’Ambre Del Nero. Nott n’aurait pas dû s’absenter. Elle aurait dû être là, comme chaque soir, à t’attendre avec les bouteilles que tu demandes. Ton visage se ferme. Le mécontentement se lit sur tes traits. Tu renifles bruyamment, sans jamais baisser les yeux. Sa sale gueule te revient pas. Probablement parce qu’il s’interpose entre toi, et ton précieux whisky. « Pour moi. Ce n’est pas fermé. » Ce ne sera jamais fermé pour toi, pas tant que ton chantage fonctionnera. Pas tant que ton alcoolisme te jouera des tours. Pas tant que tu n’auras pas trouvé un subterfuge pour le faire taire pendant qu’il te ronge de l’intérieur, te détruisant un peu plus à chaque gorgée que tu avales. Ce précieux liquide ambré. Magnifique, et pourtant si nocif. « Joue pas au con. Ça va pas prendre avec moi. J’ai un arrangement avec ta patronne, alors soit t’es au courant et tu remplis ta part du contrat, soit t’appelles Riley avant que j’te casse ta p’tite gueule. » Ton calme t’abandonne.
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MessageSujet: Re: anxiety (cristobal)   Mer 4 Juil - 9:01


anxiety, Carter

L’insistance du milicien faisait doucement grincer des dents Cristóbal. Rien qu’imaginer Riley à ses côtés lui hérissait le poil et il savourait un peu la vague impression de pouvoir qu’il exerçait à l’instant. Non, il ne le laisserait pas ne serait-ce qu’entre apercevoir sa patronne. Le cubain n’était que rarement tatillon ou querelleur, mais se retrouver face à Hunters lui faisait perdre ses moyens. Le genre de clients déjà tellement sûrs d’eux qu’ils ne semblaient pas être soumis aux mêmes horaires d’ouverture que les autres habitués avaient le don d’irriter le latino. Barman par nécessité et non de métier, Cristóbal n’avait pas cet amour du service et la patience des longues années à fréquenter les gens pour mieux les cerner. Et, s’il avait eu ces années d’expérience là, il aurait sans doute pu remarquer l’état de profonde détresse dans lequel comatait presque le milicien. Mais les deux hommes étaient rivaux, laissant leur rancœur individuelle ternir les lieux et charger l’air du Old Absinthe d’une ambiance lourde. Ni l’un ni l’autre ne semblait vouloir céder, tous deux persuadés de pouvoir faire entendre leur point de vue. Le barman n’en avait rien à cirer de ce que le milicien pouvait bien prétendre, mais il tiqua lorsque la menace du blond vola par-dessus le comptoir pour atterrir à ses oreilles. Le cubain songea un instant à lui envoyer le verre qu’il avait séché consciencieusement dans la face. Il n’avait suffi que d’une phrase pour mettre le feu à la pièce. On aurait pu croire à un mauvais film d’action, à un suspens raté et des dialogues lus devant la caméra. Tout transpirait le besoin de confrontation et le barman ne se donnait même plus la peine de cacher la rivalité qu’il ressentait face au milicien.
« Tu ne partiras avec rien, ni une bouteille, ni un verre. Mais peut-être avec un cocard, gringo. »
L’accent chantant mais peu prononcé du cubain rendait ses menaces moins crues, mais la promesse restait pourtant en l’air. Il ne payait pas de mine, Cristóbal, un torchon à la main derrière son comptoir. Et même si ces quelques années assis à un bureau l’avaient un peu ramolli, il n’en restait pas moins un véritable couteau suisse pour ce qui est de se défendre. Il avait posé ce qu’il avait dans les mains pour relever le regard de Carter. Savoir des anecdotes compromettantes sur certaines personnes sans les connaître n'était pas nouveau. Il y avait d'autres délits plus dégueulasses que ce que le cubain avait appris sur le milicien. Mais pas au sein du régime, pas depuis la prohibition. Cristóbal lui-même se savait en infraction, mais son statut d'agent infiltré le protégerait. Rafael le protégerait, à condition que ce dernier ne découvre jamais la déloyauté du brun. Consommer de l'alcool n'était cependant pas nécessaire à sa mission, mais il en profitait du même coup. Le cubain doutait que quelqu'un puisse protéger Carter au sein du gouvernement. Même en faisant partie des meilleurs éléments, on avait vu des hautes têtes difficilement se soumettre et donc balancées au sein du Colosseum pour donner l'impression que personne ne serait épargné par les nouvelles lois.

Le barman attendait pour sortir ses meilleures cartes. Loin de lui de penser que son adversaire du moment pouvait se retrouver tout autant informé sur lui. Son cœur battait fort dans sa poitrine, ses mains ne tremblaient pas, il avait fait ce genre de coup trop souvent. Cristóbal avait tout du serveur quarantenaire ordinaire : habitué aux caprices des clients, des remarques éhontées ou des piques des habitués. Quant à Nuño il se dissimulait pour le moment face à Hunters, il sortirait certainement le moment venu pour poser son jeu et forcer le milicien à abandonner son chantage. Malgré ses quelques années d'expérience, le cubain se savait rouillé. Risquer à se battre avec un milicien n'était pas très malin de sa part et il pourrait avoir une mauvaise surprise. D'un autre côté, le barman se refusait à abdiquer ne serait-ce qu'à une seule des ses revendications. Cristóbal avait face à lui un homme embrumé et vraisemblablement très énervé de ne pas voir la patronne des lieux. Il ne pouvait s'empêcher de se dire que la prohibition avait peut-être du bon : pour certaines personnes qui ne semblaient pas savoir se gérer, ils leur fallait bien un cadre. Parfois, il arrivait à l'agent de ne plus savoir quoi penser du système et de la résistance. Ses opinions changeaient au gré des jours ou des semaines, en côtoyant tel ou tel. Son double-jeu commençait à les bouffer, lui et ses idées. Savoir dissocier le bien du mal est élémentaire. Mais comment y arriver quand chacun à sa propre notion du bien ou du mal ?

« Il n'y a plus de contrat, Carter. Rentre chez toi. » En lâchant ce fait d'un ton sans appel, le barman s'attendait clairement à une réaction à la taille du regard fiévreux du milicien. Se faire démolir la gueule pour sauver l'honneur de sa belle, c'était bien un comportement typiquement latin. Et il en était heureux, au fond, sous ses battements de cœur frôlant l'arythmie et l’adrénaline balancée dans ses veines. Le cubain était sûr de ce qu'il faisait, ne se doutait pas à quel point cette rencontre pouvait lui coûter.

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