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 To leave or not to leave (William)

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« The forgiven warrior »

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MessageSujet: To leave or not to leave (William)   Mar 12 Juin - 11:58


« To leave or not to leave »

William & Esperanza
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Elle revoyait ces images en boucle. Le début du voyage avait été inattendu, Esperanza avait mis un certain temps avant d’offrir un peu de sa confiance à William. Les premiers jours elle avait continué de se méfier de lui comme de la peste, scrutant ses moindres gestes, surveillant la nourriture, ne buvant qu’après lui, l’espionnant pour éviter tout complot... Puis au fil des jours elle avait commencé à comprendre que le Commodore, son bourreau, son pire cauchemar, semblait réellement sincère. La jeune femme avait mis du temps à accepter un tel retournement de situation, et ce fut au moment où elle commença à abdiquer que la situation dérapa. Tandis que leur embarcation voguait paisiblement vers les terres d’Amérique du Sud, les fuyards furent pris en chasse par un pavillon anglais. La poursuite fut mouvementée, forçant les compères à quitter leur trajectoire initiale dans l’espoir de fuir leurs assaillants. Malheureusement pour eux, leur navire de fortune fut percé d’un boulet de canon ennemi. Bien qu’ils tentèrent de sauver l’embarcation, ils n’eurent d’autre choix que de s’échouer sur une plage. Ce fut violent et périlleux. Les fugitifs furent accueillis par une tempête sans précédent. Le bois de leur goélette en berne s’était littéralement écrasé contre des falaises menaçantes, recrachant l’équipage dans la mer, malmenant Esperanza et William qui, par miracle s’en étaient sortis. La jeune femme avait repris connaissance après plusieurs heures, la bouche pleine de sable et les muscles endoloris. Plusieurs ecchymoses marquaient encore son corps, rendant la marche douloureuse. Fort heureusement William s’était échoué non loin de là et l’avait aidée à se remettre.

Plusieurs jours étaient passés depuis, Esperanza gardait une démarche bancale néanmoins elle semblait aller beaucoup mieux. Elle n’avait rien perdu de sa malice, et il s’avéra que William avait été d’une aide précieuse. Les deux formant un duo d’experts lorsqu’il s’agissait de survie. L’anglais faisait diversion pendant que la pirate volait leur bourse aux quelques bonhommes qui se laissaient berner. Les deux avaient élus domicile dans une auberge plutôt malfamée, ce qui convenait parfaitement aux fugitifs qui préférèrent rester discrets. Esperanza n’avait pu retenir sa joie lorsqu’on leur avait dit qu’ils avaient atterri en Guadeloupe. L’île appartement au royaume de France, ennemi juré des Anglais, n’aurait pas pu mieux tomber. Il était quasiment impossible que leurs poursuivants viennent les trouver ici et maintenant que son état s’était amélioré, Esperanza aspirait à retrouver sa liberté. Ce soir là, la jeune femme avait paqueté ses maigres affaires, décidée à aller explorer les possibilités qu’offrait l’île papillon. Elle devait se refaire, trouver de quoi intégrer un équipage, un moyen de retrouver sa vie d’antan. Pour cela elle comptait bien filer en douce, fidèle à elle-même. William était parti en ville depuis un moment déjà, Esperanza profita de son absence pour s’organiser, une fois prête elle quitta ce qui leur servait de couche et descendit dans le bar de la taverne. Quelques ivrognes s’engueulaient, criant de toutes leurs forces, d’autres s’étaient déjà écroulés sur les tables de bois, tenant leur chope par réflexe. La pirate se faufila parmi tout ce brouhaha, espérant qu’on ne l’arrête pas en route.

Son sac de toile sur l’épaule, la métisse parvint à s’infiltrer dans l’étable située derrière l’auberge. Cette dernière regorgeait d’animaux en tout genre, des poules pour les œufs, des cochons pour la viande mais surtout de caisses de vivres précieuses. Esperanza, euphorique à l’idée de trouver des denrées qui pourraient lui servir, ne remarqua pas qu’on l’avait suivie. Elle s’approcha des caisses et tenta de les ouvrir, jurant dans sa langue natale en constatant que cela serait impossible à mains nues. Elle se retourna alors, scrutant la pénombre ambiante pour trouver de quoi l’aider. Seuls quelques timides rayons argentés perçaient le bois, illuminant à peine l’endroit. Cette maigre lumière lunaire suffit néanmoins à Esperanza mais au lieu de tomber sur ce qu’elle cherchait, ce fut le regard de William qui l'interpella. Il venait de la prendre sur le fait, s’apprêtant à fuir, le laissant derrière sans aucun scrupule. La jeune femme soupira et jeta un œil vers son sac d’affaires, se mordant la lèvre. Elle savait bien que l’Anglais était loin d’être idiot et qu’il comprendrait vite ce qu’elle s’apprêtait à faire. « Perspicace l’ami, je pensais pouvoir partir sans que tu ne me vois. » elle croisa les bras contre sa poitrine et inclina légèrement la tête sur le côté, s’appuyant sur un des murs en bois de la grange « J’ai pensé que ça aurait été plus facile si on avait pas eu à se croiser. Nous les pirates on est pas trop du genre à dire au revoir. » dit-elle l’air un peu embarrassé. Esperanza avait pensé qu’ainsi tout aurait été plus facile, partir sans se retourner, se convaincre que c’était la bonne décision, se dire que William s’en remettrait et qu’il serait sûrement soulagé. Elle s’était attachée, elle n’avait pu le nier, il aurait pu la laisser mourir sur cette plage mais de nouveau, il l’avait aidée. Mais elle était convaincue que l’Anglais n’était pas près pour une vie de fugitif, d’incertitude et de fuites alors elle avait voulu partir. C’était sans compter sur la perspicacité de son acolyte duquel il serait bien difficile de se détacher.




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MessageSujet: Re: To leave or not to leave (William)   Ven 15 Juin - 22:31


« To leave or not to leave »

William & Esperanza
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Ils s'étaient échoués sur l'île de la Guadeloupe. En se rapprochant des terres antillaises pour faire une escale, les deux fuyards s'étaient fait surprendre par un navire au pavillon anglais. William ne savait pas si la nouvelle de sa trahison avait déjà proliféré en sein de la mer des Caraïbes. Dans le doute, il avait préféré manœuvrer vers l'ouest, pour prendre la fuite. Il ne pouvait se risquer à être abordé par des officiers britanniques – même amicaux – qui s'étonneraient de trouver le Commodore Addington si loin de fief de Port-Royal, en compagnie d'un marchand hollandais et d'une pirate à la peau brune. Avec l'aide d'Esperanza, ils avaient viré de bord, toutes voiles dehors. Malheureusement, le trois mâts anglais les avait rapidement rattrapé, venant leur barrer la route au premier coup de vent. Ce dernier s'était brutalement levé et les avait empêché de manœuvrer correctement pour éviter le boulet de canon tiré après un signal de drapeau. Dès lors, la goélette s'était faite brasser par la tempête, puis engloutir par les vagues. Les deux fuyards avaient juste eu le temps de sauter dans un canot, avant que celui-ci ne soit également retourné par les flots. Par chance, le courant les avaient amené sur une plage de sable blanc. William avait repris conscience peu avant Esperanza. Le naufrage l'avait terriblement affaibli, si bien qu'il avait dû la porter sur son dos jusqu'au village le plus proche. Là-bas, ils avaient pu trouver de l'aide auprès de locaux, dont la générosité était sans pareil. Ils l'avaient échappé belle. La mort avait failli les emporter tout deux sans même qu'ils ne rejoignent la terre ferme. Étrangement, l'anglais se sentait soulagé que les événements se soient déroulés de cette manière. Le bâtiment anglais devait penser qu'ils avaient péri dans les flots et qu'on les croit morts étaient certainement la meilleure chose qui pouvait leur arriver.

A présent, la jeune femme semblait avoir repris des forces et s'était même remise sur pieds, entraînant William dans quelques sorties aventureuses. Même blessée, la pirate faisait honneur à sa réputation de bandit. Elle se révélait d'une roublardise redoutable pour dérober des étoffes sur les marchés et délester les voyageurs de leurs monnaies. Pendant ce temps, l'anglais faisait mine de s'intéresser aux marchandises ou de demander de l'aide pour trouver son chemin. Aux côtés de la belle pirate, le Commodore était devenu un véritable hors-la-loi et il s'avérait que William aimait cela. Enfant, il avait toujours eu un certain goût pour la désobéissance, écopant de nombreuses corrections par les religieuses, lorsque le diable lui prenait de chaparder. A l'adolescence, il s'était assagi quelque peu, avant que son entrée dans la Marine anglaise ne finisse par le mater complètement. Avec Esperanza, il retrouvait le frisson de l'interdit et l'ivresse d'une liberté longtemps étouffée par l'uniforme. William se sentait pleinement revivre aux côtés de la pirate, bien que le temps frivole passé en sa présence ne fasse qu'empirer les sentiments développés à son égard. Le Commodore était devenu irrémédiablement amoureux de la jeune femme. A chaque crépuscule, il s'endormait avec la peur de ne plus revoir la jeune femme lorsque viendrait le matin et chaque aurore, son cœur bondissait de joie lorsqu'il entendait sa respiration dans la couchette voisine. Depuis leur fuite, William s'était métamorphosé. Il avait abandonné l'armure du militaire froid, pour s'évertuer à montrer à la pirate l'homme qu'il était réellement. Un être droit doué de compassion, loin du tortionnaire sans cœur dont il avait dû endosser le rôle pour la forcer à avouer la cachette de Cook. La jeune femme semblait apprécier ce nouvel aspect de sa personne. Elle offrait des sourires et des regards jusqu'ici inconnus pour William, qui n'en finissaient plus d'être bercé d'espoirs envers elle. Une part infime de lui avait pleinement conscience du jeu dangereux auquel il s'adonnait avec Esperanza. Il savait sans naïveté que la pirate pouvait se moquer de lui, dans l'intention de lui faire payer sa torture. Si c'était bien le cas, l'anglais était perdu. Il luttait sans cesse entre raison et sentiments, restant sur le qui-vive, mais voyant sa volonté de fer s'ébranler dès que la demoiselle venait à prononcer son nom.

Cela faisait maintenant plusieurs jours que les deux fugitifs erraient sur l'île française. Ils avaient réussi à gagner le village de Saint-Pierre et s'étaient installés dans une auberge, où ils avaient pu se reposer sans être inquiétés. L'un et l'autre avaient été sévèrement éprouvés durant la tempête, mais les quelques éraflures de William n'étaient rien comparées aux ecchymoses recouvrant le corps frêle de la pirate, déjà fragilisée par deux mois de mauvais traitements. La jeune femme avait dormi durant de longues heures les deux premiers jours. L'une de ses chevilles était ankylosée et l'empêchait de poser correctement le pied à terre. Elle peinait également à respirer dès qu'elle se penchait. L'anglais soupçonnait qu'elle se soit fêlée une côte durant le naufrage. A plusieurs reprises, il l'avait vu se tenir la poitrine, sans qu'il puisse vérifier de lui-même l'étendue des dégâts. Cette après-midi-ci, William avait donc laissé la jeune femme se reposer à l'auberge, tandis qu'il s'était rendu sur le port, dans l'espoir de se faire embaucher pour des travaux de forces. Il en avait profité pour repérer les bâtiments amarrés et leur équipage. Des français pour la plupart, des bateaux de pêche, des marchands venus d'Amérique du Sud, des pirates espagnols et navires négriers. L'anglais avait péniblement tenté de dissimuler son accent lors d'un échange avec des officiers en uniforme bleu. Il n'était pas bon pour lui de rester en terre française, même si cela valait mieux que de retourner à Port-Royal. Lorsque la nuit approcha, William s'en retourna tranquillement, sans se douter que la belle pirate avait finalement décidé de mettre les voiles, à l'improviste. Il en eût la surprise, lorsqu'il vit sa silhouette encapuchonnée traverser la grande salle de l'auberge avec un sac de toile sur le dos. William, qui s'était installé dans un coin de la pièce pour se désaltérer, sauta sur ses pieds pour la suivre jusqu'à l'étable, derrière le bâtiment. Il n'en revenait pas. Elle s'enfuyait véritablement comme une voleuse, sans même lui dire au revoir. Après tout ce qu'il avait risqué pour lui éviter la mort et ce, par deux fois, Esperanza avait décidé de s'en aller sans le prévenir. « Vous partez » soupira-t-il, comme une fatalité. La jeune femme sursauta en l'apercevant. L'expression contrite sur son visage ne laissait aucun doute quant à ses intentions. Instantanément, elle tenta d'excuser son attitude proprement lâche, par quelques principes ridicules. William fût alors pris d'un violent sentiment de colère. Il n'était pas prêt à ce que la jeune femme disparaisse de sa vie. « Bien sûr. Vous préférez piller et disparaître sans laisser de traces » lui dit-il de manière abrupte. Cela ne concernait pas uniquement sa condition de pirate. Elle avait dérobé beaucoup de choses en lui. Sa raison, son âme et son cœur. Si elle s'en allait maintenant, elle laisserait derrière elle un homme à la poitrine fissuré. « Puis-je au moins savoir votre destination avant que vous ne preniez la fuite ? » lui demanda William, la gorge entravée par l'émotion. Si la pénombre cachait habillement l'expression mortifiée sur son visage, les rayons de la lune devaient certainement refléter la surface anormalement brillante de ses yeux.


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MessageSujet: Re: To leave or not to leave (William)   Mar 19 Juin - 12:04


« To leave or not to leave »

William & Esperanza
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Ce n’était pas de chance, il s’en était fallu de si peu pour que tout se passe comme prévu hélas… Ce fut sans compter sur la perspicacité de l’Anglais, ou peut-être était-ce simplement le destin qui se jouait d’elle. Elle, jeune pirate fugueuse depuis toujours. Elle n’avait su faire que ça, fuir pour survivre, fuir pour explorer, pour découvrir autre chose, l’ivresse de parcourir l’océan sans savoir où les vagues déchainées vous feraient échouer. Esperanza avait la bougeotte et puis cette ville ne lui inspirait pas confiance. Elle voulait parcourir l’île et dénicher chacune des richesses qui s’y terraient. La métisse voulait beaucoup de choses, frôler la mort par deux fois en si peu de temps avait réveillé son instinct d’exploratrice. Ses compagnons de toujours, les rares à qui elle avait accordé sa précieuse confiance, avaient péri. Elle était seule au monde, c’était ce qu’elle s’était rentré dans le crâne depuis qu’elle avait quitté Port-Royal. Le fait était que son évasion, elle ne l’avait pas perpétré seule, que sa liberté elle la devait au même homme responsable de la mort de ses amis. C’était là toute la contradiction qu’elle éprouvait lorsqu’elle s’autorisait à penser à lui, William. Addington, ce commodore qu’elle avait détesté, maudit jusqu’au plus profond de ses entrailles et qui s’avérait être la seule personne la reliant encore à ses amis, à son passé.

Ses prunelles d’émeraude accrochées à celles de William, Esperanza resta plus ou moins muette. Elle ne savait pas quoi dire, elle n’avait pas anticipé, n’avait jamais envisagé de recroiser l’Anglais. Cela aurait été bien plus facile, cela aurait réduit à néant les milles questions qui se bousculaient dans son esprit. La voix grave du commodore déchu sembla emplie de reproches. La métisse roula des yeux. Comme à son habitude, William en faisait des tonnes. « Je pensais que cela était devenu clair depuis le temps… » dit-elle en haussant les épaules. Piller et disparaître sans laisser de traces étaient ce qui l’avait fait survivre durant toutes ces années. Il ne serait pas aisé de faire changer ces bonnes vieilles habitudes. Néanmoins, la jeune femme s’approcha un peu histoire d’apercevoir plus en détail les traits de son compagnon d’infortune. Seul un filet de lumière d’argent éclairait –en partie- son visage. Esperanza fut troublée par l’émotion qu’elle décela dans les yeux de l’Anglais. Il sembla vraiment meurtri, bien plus qu’elle ne l’aurait cru. « Je ne sais pas encore quelle sera ma destination. Je suis sûre que cette île cache mille trésors, je dois l’explorer. » affirma-t-elle en restant près de William. Que devait-elle faire ? Pouvait-elle vraiment lui tourner le dos sans se retourner ? Finalement Esperanza recula et partit récupérer son sac de toile qui contenait ses maigres affaires. Le dos tourné, elle soupira bruyamment en levant les yeux au ciel. « Tu peux venir si tu veux l’ami… » se contenta-t-elle de dire sans pour autant se tourner vers William. L’hésitation continuait de la ronger pourtant elle avait compris au fil des jours que l’Anglais semblait réellement être un homme différent. Elle ne savait pas vraiment pourquoi il avait pris une telle décision, elle ne savait pas ce qui l’avait poussé à abandonner tout ce qui faisait de lui l’homme qu'il était pour lui sauver la vie. La seule chose dont elle fut certaine en cet instant fut que William avait pris soin d’elle jusqu’ici. Elle ne pouvait nier que sa compagnie serait certainement d’une grande aide et reconnut pour une fois qu’elle s’était sûrement apprêtée à faire une grave erreur.

La pirate s’aventura en direction d’une seconde caisse, par chance les liens de celle-ci furent plus facile à détruire. Esperanza en profita pour y fouiller, elle y déroba un jambon sec qu’elle fourra dans son sac. Il ne fallait plus traîner par ici, surtout qu’en passant à travers les ivrognes, la métisse en avait profité pour dérober quelques bourses remplies d'or. Elle savait que si l’un d’entre eux s’en rendait compte, l’ambiance tournerait rapidement à la cohue. « Il faut que tu récupères tes bricoles, j’ai déjà pris les cartes du monde. » dit-elle tandis qu’elle revenait vers celui qui serait son nouveau compagnon. Elle lui avait proposé de la suivre quelques jours plus tôt déjà, s’imaginant atterrir sur des terres d’Amérique du Sud, des terres loin de tout… la situation géographique inattendue avait poussé Esperanza à revoir sa proposition. Elle s’était imaginé cela facile, après tout William l’avait privé de sa liberté, était le seul responsable de la mort de ses compagnons et pourtant, aujourd’hui elle était incapable de se voir partir sans lui. Elle se demanda même si ses pas ne l’auraient pas, un jour ou l’autre, reconduit vers ce port dans l’espoir de revoir ce visage devenu si familier. Alors que la jeune femme se perdait dans ses suppositions, un brouhaha cacophonique s’éleva depuis la pièce d’à côté. Il était vraiment temps de partir songea Esperanza en accrochant le regard de William. Partir vers de nouvelles aventures.





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MessageSujet: Re: To leave or not to leave (William)   Mar 19 Juin - 22:46


« To leave or not to leave »

William & Esperanza
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Il l'avait prise sur le fait. Sur le point de fuir sans se retourner, sans même l'avoir remercié, ni même maudit sur cinq générations pour tout le mal et le bien qu'il lui avait fait. William était sidéré par la fourberie de la pirate et finalement guère étonnée de celle-ci. Il avait toujours douté de sa sincérité depuis le début de leur cavale. Déjà sur la goélette, il s'était attendu à ne pas voir le premier levé de soleil sur la mer des Caraïbes, éventré par sa propre lame et jeté par-dessus bord. C'était le sort habituel que les pirates réservaient aux hommes des navires dont ils prenaient possession. La belle métisse aurait eu toutes les raisons du monde d'en faire autant avec son tortionnaire. Après toutes les menaces proférées durant leurs interminables entretiens, son inaction était suspecte et William avait eu raison de s'en méfier. Il récoltait ce soir le fruit de sa naïveté. Elle était prête à partir en le laissant sur la touche. C'est du moins ce dont il était persuadé, jusqu'à ce que la pirate lui propose à nouveau de la suivre. Son cœur fit un bon dans sa poitrine, avant de s'écraser contre sa cage thoracique. Il ne comprenait plus rien. « Vraiment ? » s'étonna-t-il, en fronçant les sourcils. William ne savait plus quoi penser. Se résolvait-elle à sa présence parce qu'il l'avait prise la main dans la sac ou venait-elle tout bonnement de changer d'avis ? L'amical qualificatif qu'elle utilisait pour s'adresser à lui parasitait son jugement. Il ne pouvait se laisser avoir par ses paroles mielleuses. La pirate tentait de gagner du temps pour mieux s'enfuir à nouveau à la première occasion. Cela ne pouvait être que la seule explication à ce retournement de situation.

En proie à de vives émotions, William attrapa soudainement les bras de la jeune femme pour la forcer à le regarder. Elle était en train de le rendre fou, de nouveau. « Esperanza, par pitié. Arrêtez de vous jouer de moi » la pria-t-il avec lassitude. Les dents serrées, il s'efforça de contenir la colère grandissant dans sa poitrine. Il n'en pouvait plus de ses sous-entendus, de la croire si prêt et de la découvrir si loin de lui. Il était tombé amoureux d'elle et son affliction était un poison qui le consumait petit à petit. Si William la suivait c'était pour toujours...ou bien jamais. « Pardonnez-moi ou quittez-moi pour de bon, mais ne nourrissez plus mes espérances à votre égard ! » lui demanda-t-il, sans détour. Chaque geste envers lui, chaque mot prononcé à son attention ne faisaient qu'attiser la flamme brûlant son cœur de pierre. L'ancien Commodore de continuer plus loin l'aventure si c'était pour se perdre encore. Il préférait de loin s'en retourner à Port-Royal si espoirs étaient vains. La pendaison serait une mort moins lente que l'agonie d'un amour impossible. Soudain, des beuglements émanèrent de la ruelle longeant l'étable. Des marins ivres hurlaient "au voleur" à s'en égosiller et réveiller toute l'auberge. Instantanément, les iris de William jugèrent la jeune femme qu'il ne savait pas innocente à se remue-ménage. Un soupir s'échappa de ses lèvres, mais il n'eût pas le temps de commenter quoi que se soit, que l'ombre de deux hommes approchant se format sur les murs de l'étable. Sans même réfléchir, l'ancien Commodore attrapa la taille de la pirate et l’entraîna brusquement dans la paille. Allongé sur elle, il lui somma de garder le silence par un doigt posé sur ses lèvres satinées. Au-dessus d'eux, l'ombre des hommes s'agrandit jusqu'à devenir parfaitement nette contre les planches de bois. L'un d'eux était à la fenêtre, sondant l'intérieur de la grange de ses yeux plissés et aveuglés par l'alcool. Dissimulé dans la pénombre, William retint son souffle pour ne pas que les deux marins puissent les entendre. Un exercice diablement difficile compte tenu de la proximité du corps de la jeune femme avec le sien. Il pouvait sentir son odeur titiller ses narines, le contact de sa peau douce sous ses doigts, voir ses prunelles boisés d'infiniment près. Ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient dans une telle position. Déjà lors de sa capture, William avait lui-même bâillonner la bouche de la pirate et entravé ses mouvements de son propre corps pour l'empêcher de s'enfuir. La même chose était arrivée une semaine plus tôt, lorsqu'il l'avait libéré des geôles de Port-Royal. Les faits semblaient se répéter de nouveau.


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