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 Dark Water

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Kriss M. Grimm
SUCKER FOR PAIN

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↳ Arrivé depuis le : 05/07/2017
↳ Age : 28
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↳ Age du Personnage : 22 ans
↳ Métier : What do you want? What are you ready to trade?
↳ Opinion Politique : Chaos, Violence rule her world. Freedom could kill her, but she’d rather go on.
↳ Niveau de Compétences : Niveau 2 - Teenage Monster
↳ Playlist : Between the bars - Elliott Smith ¦ Seven Nation Army - The White Stripes ¦ John and Jehn - Vampire ¦ Bashung - Madame Rêve ¦ Queen - Killer Queen ¦ Hubert Félix Thiéfaine - Les Dingues et les Paumés

↳ Citation : Madness is the emergency exit. You can just step outside, and close the door on all those dreadful things that happened. You can lock them away. Forever.
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MessageSujet: Dark Water   Ven 15 Juin - 23:54


Dark Water


Stars, Hide your Fires.
Let not light see my black and deep desires. *


Des vagues hurlantes qui léchèrent le sable de ses pensées, ne restent qu’un calme sourd. Les allées et venues de l’océan sur l’amer ont laissé les blessures vives et ouvertes. Le vent courant dans la nouvelle Orléans les abrase chaque jour davantage. Il est mort et il est mort en vain. Que se meurent tous les espoirs perdus, et les tentatives de rébellion. Dans ce monde si ordonné il n’y a pas de place pour les réfractaires et les paumés. Il n’y a pas de place pour elle, ni pour la lie des hommes que refluent les marées. Ils sont voués à disparaitre. Kriss est une fin de race. Il ne reste plus que son oncle, au sang aussi noir que le sien, aussi stérile et brulé de toute vie. Et peut-être, cette semence échappée, fragment d’âme, magie noire. Mais dans ce visage elle ne revoit ni son père, ni la délicatesse de ses pensées. Les Grimm furent bons, les voilà désormais tous touchés par la magie, pantins sans marionnettiste, chimères blessées, agonisantes et stériles. Il est mort et il est mort en vain. Son existence à elle n’a plus de sens.

Ses pensées sont pleines de sels, Kriss veut se laver des cristaux abrasifs. Se purifier de ce que la nuit est au jour, s’échapper de ces boucles sans retour, qui l’entrainent, toujours plus loin, au travers bien des terres arides. La réponse la plus simple est le firmament, la lente plongée en abimes, le Whisky à outrance ou les bières bon marché, pour qui sait les trouver. Mais Kriss n’a pas soif. Malgré tout le sel qui se loge dans son âme, et ses lèvres gercées, Kriss n’a plus soif. Elle est exsangue. Sa faim est une carapace dans laquelle elle se loge, alors, pour ne pas la perdre, elle vole l’énergie au compte-goutte, de tous, d’aucun, avec une discrétion dont elle n’avait jamais fait preuve avant. La mort du père rend sage l’enfant. C’est qu’il a cette question qui fait vaciller ses jambes : puisqu’il est mort doit-elle prendre sa place ? Kriss n’a pas soif, mais elle a le désir étrange de se perdre dans les amours liquides. La jeune femme aimerait revoir l’océan. Elle aimerait se perdre dans l’eau salée, la douceur et la volupté. Elle veut noyer ses pensées et adoucir ses sens. Mais l’océan, lui aussi, est inaccessible.

Alors, c’est peut-être une provocation. Ou un appel à l’aide. Mais elle porte une robe, une de ses robes les plus belles, un cadeau hors de prix. Rouge comme son cœur saignant. Un rouge joyeux, tonitruant, quand ses grands yeux verts semblent perdus, blessés, au milieu de ses cils trop longs. Elle aimerait retenir ses émotions qui percent dans son regard. Elle aimerait être cette princesse dont elle empreinte l’accessoire. Sa main se serre autour d’une fleur moqueuse. La rose a des épines longues mais des pétales soyeux. Ce n’est pas sa fleur préférée, mais ce soir, il est tard, et c’est la seule fleur qu’elle a trouvée au marché noir. Kriss a quelques mésaventures à se faire pardonner. Cela fait peut-être un mois qu’elle évite le Royal Sonesta. Et l’ire de Murphy.

A un coursier, elle donne la fleur, avec un dessin des salles d’eau du Sonesta. De sa longue écriture effilée, elle avance un Je t’y Attends, un peu moqueur, et, en signature, Newton, elle s’offre le nom de celui qui parla des forces contraires et de leur irrémédiables attractions. Le coursier part en courant par la porte d’entrée, attirant l’attention du réceptionniste, pendant qu’elle se glisse dans les ombres et s’infiltre dans l’hôtel princier. L’action l’amuse un peu et dénoue les rides de soucis qui se dessinaient sur son front. L’irrégularité et le danger la détende, comme si l’excitation et l’adrénaline éveillait son esprit et le rassurait. Elle se sent vivante, Kriss, les talons dans la main, le cœur battant, à longer les murs dans sa robe si outrageusement colorée. Et puis, imaginer le regard de Murphy sur son indécence, l’amuse par avance. Elle arrive enfin dans la salle d’eau. Bain luxueux au centre d’une pièce qui doit servir de réception pour les plus scandaleusement riches. Elle y était tombée une fois par erreur, quand Murphy l’avait recueilli quelques jours, avant qu’elle ne lui vole un nouveau trophée. Comme la première fois, elle y paresse, tournant autour du bain, découvrant les fresques murales et la beauté ancienne de la pièce.

Kriss entends le son lointain des pas de Murphy sur le sol. Elle imagine la voltige de mots qui se préparent dans la bouche de la rouquine. Des remontrances, peut-être quelques menaces. Son ouïe est fine, l’avancée de Murphy déride ses lèvres. Il est temps, avant qu’il ne soit trop tard. Ses mains écartent les bretelles de sa robe. Elle glisse, fleur de feu qui caresse sa peau pale. Danseuse écarlate qui s’élance le long de ses épaules, s’étiole dans le creux de sa taille, s’ouvre autour de ses hanches, pour enfin s’échapper à ses pieds quand, mourante, elle touche le sol. Etincelle qui se consume dans un bruit de tissu, elle dévoile la peau délicate de Kriss, contraste saisissant avec la noirceur de ses sous-vêtements. Quelques bleus, taches aux couleurs changeantes, fleurs mordorées de désamours brutaux, teintent les lignes élancées de la faucheuse de vie. Des marques d’entrainement, et d’autre plus sombres, de quelques batailles presque perdues, des traces de doigts qui l’ont serré trop forts, quelques cicatrices passées, encore rosées et tendres. Il y a sur la carne de la féline le récit d’histoires emportées si vite par le sang noir et la magie surnaturelle, qu'elle les oublie. Comme si les bleus n’étaient que des ombres passantes.

Ses yeux ne se posent pas sur Murphy, pas tout de suite, elle ne veut pas l’effaroucher. Elle ne veut pas que la rousse lise sur son visage les tristesses qu’elle tente de recouvrir du voile doucereux d’un jeu plus amusant. La plante de ses pieds nus touche l’eau. Elle est froide. Elle est douce. Nul océan, nulle fêlure, nulles pensées amères, nuls cristaux de sel, mais une satisfaction intense, celle de briser un interdit et de s’offrir un plaisir qui devrait lui être, pourtant, inaccessible. Kriss s’avance sans attendre, elle s’avance sans entendre. Les eaux douces lèchent ses jambes, puis ses cuisses. Sa colonne vertébrale ondule le long de ses pas, elle est un peu maigre. Ses yeux sont clos, pour mieux sentir les caresses de l'eau sur sa peau, elle souffle à peine.

C’est indécent tout ce luxe Murphy.
Quand dehors y’en a qui crèvent de faim.

Sa voix est douce, sans aspérités. Kriss ne fait pas l’erreur de blâmer la gérante pour la puissance du gouvernement et ces richesses qu’il rend insaisissables. C’est comme une confession, une vérité qui passe ses lèvres qu’elle noie trop souvent de mensonges pour égarer l’enquêtrice sur des fausses pistes. Kriss se dépose contre le mur du bain, s’enfonçant dans l’eau jusque ses clavicules. Les bulles glissent sur sa peau, la dissimulant derrières les ondulations de l'eau. Ses cheveux touchent l’eau, pieuvre sombre qui enlace sa peau pale. Le vert de ses yeux semble plus grand. Une brillance les traverse, énergie joueuse, amusement qui passe sur ses lèvres. Depuis leur baiser volé, elle aime à s’amuser des émois ambivalents de Murphy.

Allez viens, je promets que je ne te mangerai pas.

Ses yeux se lèvent vers elle et malgré tous ses efforts, et cet amusement qu’elle ressent à lui imposer ses caprices, Kriss ne peut pas dissimuler la tristesse qui s’est perdue dans ses yeux.

Je suis sûre que tu en as autant besoin de moi.

Sa voix est un souffle, un écho qui passe sur l’air, se cogne aux murs, et revient se glisser dans son oreille. Comme une promesse de douceurs, et l’envie peut-être, de cette fois chercher la tendresse, et la paix, sans l’allégresse de gagner quelques batailles.




*Shakespeare

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Murphy L. Cohle
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MessageSujet: Re: Dark Water   Sam 23 Juin - 1:33

Les doigts caressent les lèvres, la prunelle se fige sur une table où la paperasse s’entasse. A ses pieds, le cimetière l’encercle. De drôles de fantômes pour chatouiller les chevilles, des cadavres de la veille contre lesquels il serait bien mal avisé de trébucher. La caféine a remplacé l’hémoglobine à l’intérieur, ça ne chasse pas tout à fait la migraine et ne la rend pas plus efficace. La gueule de bois ne passe pas, les souvenirs ne s’estompent pas. Elle a le cœur qui s’accroche mal, Murphy, qui remonte dans la gorge et va jusqu’à peser sur la langue. Elle est à deux doigts de le recracher. Ça la démange de déranger à nouveau ses sens mais après la nuit précédente, passée la gueule pendue au-dessus de la faïence, elle s’octroie un certain répit dans sa dépendance. Alors elle colle son nez sur le papier, croit pouvoir s’adonner à sa comptabilité pour oublier la fêlure. Ça part toujours d’un rien, ça se construit sur un détail et ça se propage comme une mauvaise grippe. Les articulations qui hurlent, la fièvre qui la tient éveillée et le désir de dégueuler toute nourriture qui s’aventurerait au-delà des lippes. On la dira alcoolique. Elle ne pense souffrir que d’absence, cette vicieuse maladie qui l’oblige à le voir là où il n’a même jamais été. Silhouette gracile qui se mettrait à courir autour d’elle, jouerait avec sa tignasse pour l’obliger à lever les yeux de ces chiffres insipides. Elle l’attraperait soudainement, le serrerait si fort contre elle qu’il s’en plaindrait et puis, il gagnerait. Forcément, elle arrêterait. Comme elle aimerait pouvoir s’arrêter. Son fils ne lui tire pas la manche mais elle se relève quand même pour atteindre la porte qu’on cogne avec insistance.

Derrière la paroi, le monde extérieur semble bien plus menaçant que réconfortant. Le verre brisé, la montagne de documents éparpillés, les mégots écrasés à même le bureau, tant d’éléments que la patronne se doit de conserver à l’abri des regards indiscrets. La blonde se faufile par l’interstice qu’elle crée et atteint le couloir sans trop d’encombrements, conservant le mystère de son antre. L’employé lui tend l’invitation reçue. Une note que l’œil avise avec une perplexité grandissante. Un jeu de piste qui débute ainsi à l’insu de la trentenaire. Trop peu d’indices pour prévoir l’issue de l’invitation. Par précaution, elle a rempli son flingue de munitions. Un guet-apens ou une moquerie sans réelle conséquence. L’un comme l’autre la dérange. La mine ne se réjouit pas quand la semelle cogne le parquet. Les ombres du couloir lui lèchent la nuque, lui rappellent que le danger rôde derrière chaque tapisserie. Un péril qui prend une couleur ambrée, les nuances d’un rose discret. Le risque serait de la regarder juste assez longtemps pour omettre la lucidité. La paume tient encore la poignée, la bouche conserve la surprise quand le corps mène déjà sa lutte. La propriétaire des lieux accoste succinctement les rivages du ciel voisin, les prunelles s’accrochent un bref instant. Le soulagement détend quelques muscles avant que d’autres émotions ne viennent perturber ce flux apaisant. Pas d’ennemi, si ce n’est celui de la chair trop faible pour ne s’adonner qu’à un seul genre semble-t-il. Murphy aimerait pouvoir se dire qu’elle se sent simplement seule. Que ça justifie tous les extrêmes. Sauf que la maudite se surprend à percevoir les frémissements annonciateurs d'un péril bien plus grand. Kriss déclenche chez elle, des sensations nouvelles, réveille en elle quelque chose d’insaisissable. La peur s’invite. Attraction purement physique, bas instinct qui ne peut mener qu’à l’échec.

La voleuse s’en joue de cet attrait pour un interdit que jamais, l’américaine n’a osé goûter. Sur ses pommettes, l’embarras se dessine. Les iris s’éloignent de l’élément perturbateur, le souffle se maintient tout juste. Elle referme la porte derrière elle assez sèchement, balance la missive au sol et cale son arme dans son holster sans annoter la démence de la situation, sans ponctuer ce surréalisme. L’infectée prend cet hôtel pour sa cour de récré. Qu’elle s’éclate à s’inviter dans quelques chambres, qu’elle chiffonne quelques draps avec des hommes de passage, c’est une chose. Qu’elle incite l’ancienne inspectrice à assouvir quelques vices, en est une autre. La troublée s’est convaincue du sens unique de cette douleur viscérale qui l’oblige à éviter tout contact avec la belle empressée d'ôter le textile. Comme si le spectacle et la gêne ne suffisent pas à satisfaire l’impertinente, elle se doit de souligner des vérités qui dérangent. « L’indécence, c’est aussi abuser de la générosité et de l’hospitalité d’autrui. Tu ne veux pas que je te frotte le dos tant qu’on y est ? » Qu’elle râle immédiatement, Murphy, le timbre revêche et la mine basse, suffisamment basse pour ne plus discerner les contours de cette silhouette hypnotique qui ondule déjà vers l’eau. Les sous-entendus l'obligent à plaider l'innocence. « Contrairement à certaines, je me lave régulièrement. Alors je ne vois pas pourquoi j’en aurais besoin. » La voix dérape légèrement, les nerfs lâchent doucement. Les bras compriment la poitrine, serrent plus fort encore la tonne de fringues qui l’encombrent, permettent à sa pudeur de rester intacte. De mettre de la distance avec cette scène grotesque. Une humiliation sans nul doute. Depuis que ses lèvres ont cherché à revendiquer les siennes, les agissements de la squatteuse n’ont pour unique but que celui de la tourmenter. Du moins, ça lui parait plus simple de le concevoir de la sorte.

Sournoise donc à défaut d’être intéressée par cet accès d’impulsivité. Une cartouche que la paranoïaque lui a mise entre les mains et qui sert de point de départ à cette roulette russe que l’intruse initie. Tant à perdre et bien trop à découvrir. « Tu as conscience que je devrais te foutre à la porte, Kriss ? » Simple constat. [color=#ffffff]« Et si c’est une chambre en rabe que tu veux pour la nuit… Il y a d’autres façons de la réclamer. Ce n’est pas en usant ma patience que tu obtiendras un toit. Tu n’en as pas marre de chercher à me ridiculiser ? »[/color] La carcasse s’adosse au mur, la joue enflammée trouve refuge contre le carrelage glacé. La fatigue gagne en terrain. Elle aimerait pouvoir baisser sa garde mais tout en elle lui crie d’ériger le plus de remparts possibles. Les coups fourrés de la sans-abri ne sont pas étrangers à cette méfiance maladive. Être vulnérable, se laisser aller à la facilité, aux pulsions pour accéder à un semblant de paix, c’est un luxe que la chef ne peut clairement pas se permettre. Quand bien même, le bout des cils ne rêve que de s'orienter vers la jeune dénudée.

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❝ I've lost it all. ❞ I'm just a silouhette. A lifeless face that you'll soon forget. My eyes are damp from the words you left ringing in my head, when you broke my chest. Setting fire to our insides for fun. to distract our hearts from ever missing them. But I'm forever missing him.
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Kriss M. Grimm
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MessageSujet: Re: Dark Water   Mar 26 Juin - 0:38


Dark Water


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Murphy a une arme. Une arme froide, qui ne se réchauffe que sous le passage d’une balle ou dans la poigne qui s’effraie. Un jour, peut-être, Murphy pointera cette arme sur elle, et l’empêchera d’entrer. Un jour, peut-être, elle fera tonner le feu et se brûler la peau. Il y aura une odeur de poudre et de flamme, une odeur infâme de perdition. Kriss aimerait ne jamais en venir à de telles extrémités. Elle a de l’affection pour la rouquine, et même une certaine forme de respect malgré ses taquineries et ses jeux. Il est si rare que les gens de pouvoir, même s’ils en ont peu, se mettent en danger comme Murphy le fait, et ouvrent une main généreuse  à celui qui en a besoin. Il est si rare qu'ils aient encore des valeurs, même brouillées par l’alcool et sous la muselière du gouvernement. Kriss aimerait ne jamais voir venir le jour où Murphy la chassera d’un signe du fusil avec dans les yeux la résolution de tirer si jamais elle s’y refusait. Mais ce jour viendra peut-être. Ce jour vient toujours. Il ne sert à rien de se mentir. Alors quand la gérante la questionne, elle lui offre la réponse la plus logique et la plus simple. Sa voix est grave. Son ton est clair. Elle résonne sur l’eau, oscillation sur la surface, au-dessus des bulles et du corps. Sensible séisme qui se propage sur le fil de l’eau comme sur celui de ses pensées.
 
Tu devrais.
 
Il y a de l’irritation dans la voix de Murphy. Il y a des nerfs qu’elle sent à fleur de peau. Des nerfs stridents, usés, fatigués. Des nerfs dont elle connaît la colère, et des nerfs dont elle ignore la raison. Elle n’est pas seule à tirer sur les cordes sensibles et sans doute la journée fut longue pour Murphy aussi.
 
Je n’ai pas besoin de toit pour dormir, pas ce soir.
 
Ce n’est pas ce qu’elle est venue chercher, même si elle n’a aucune envie de retourner dans son palais de courants d’air que n’habitent que des fantômes et occasionnellement quelques zombis échoués dans les méandres du labyrinthe de son jardin. Si Kriss chérissait l’idée d’une véritable demeure, elle choisirait peut-être un vrai travail, une vraie identité. Elle ne se cacherait plus. Mais même si elle le voulait, il n’est pas certain qu’elle puisse encore, il n’est pas certain qu’elle n’ait jamais pu. Les politiques du gouvernement isolent les personnes qui ne rentrent pas dans les cases ou du moins pas dans les bonnes. Et puis, les toits solides sont pour ceux qui ont peur de la nuit et des créatures qui en longent les ruelles. Quatre murs et un toit est un trésor pour ceux qui s'effraient des zombis et des hommes qui survécurent à leurs morsures. Mais Kriss est une survivante, elle fait partie des êtres dehors qui ont faim et dont l’appétit gronde dans les ombres. Elle est la raison pour laquelle les honnêtes gens ferment leurs portes à clef. Et il n’est aucune cage qui ne résiste à ses désirs de libertés. Elle hausse les épaules et soupire.
 
Qui en a besoin ? De nos jours ? Le monde part en flammes.
 
Elle aimerait brûlée vive plutôt que voir le sanctuaire de ses idées les plus chères partir en cendres. Mais il semble que pour mourir, il faille perdre son essence, ses valeurs et ses sens. Il semble que pour mourir, il faille s'égarer le long de lignes exiguës, se séparer de chacune des parcelles de son être, une à une, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus.  Kriss se demande, qu’elle fut sa dernière pensée ? Pensa-t-il à elle avant de prendre le coup fatal ? L’aima-t-il à sa dernière seconde ? Etait-il vivant encore ? Ou était-il vide, aussi vide qu’elle ne l’est depuis sa mort. Kriss se sent vide et seule, dans les eaux noires, perdues sous les flots, sans pouvoir respirer. Elle se sent comme retenue dans une cage, figée dans un corps. Murphy l’est aussi, ils le sont tous, dans le filet de Hide ou celui du gouvernement à se battre pour un monde qui est déjà en cendres. Lentement elle se retourne vers Murphy, et pose ses bras contre le bord, cachant son corps sous les eaux troubles.
 
Je n’ai pas envie de te ridiculiser Murphy.
 
L’idée lui semble ridicule. Kriss est joueuse, taquine, mais elle ne blesse que ses ennemis. Ses yeux cherchent les siens, mais les prunelles de Murphy sont tournées vers un ailleurs. Ses joues sont légèrement rosées comme sous l’emprise d’une gêne. Elles étaient rouges aussi, après leur baiser. Peut-être n’aurait-elle jamais dû lui laisser ses lèvres, fuir le contact avant qu’il ne fut doux et charnel. C’est ce que les autres font de nos jours. Parce qu’il y a les insultes, les cris, les pierres qui sont lancées et celles qui blessent. Parce qu’il y a la violence, dehors, pour les créatures comme elle qui aime qu’importe le genre. Peut-être que sa vérité dérange, que Murphy n’est plus prête à l’accepter. Kriss a de la fleur le pouvoir d’attraction et le venin, sa présence est pleine d’épines et si ses pétales sont doux et colorés, il est possible de s’en lasser. Elle est une fleur sauvage, plante dont les ramifications lèchent les murs. Douce et jolie, poison délicat, au venin aussi sombre que ne l’est son âme. Fleur qu'il ne faut pas cueillir, et sous aucune raison, car elle apporte le malheur comme la mort et éveille bien trop de questions. Kriss pose sa tête sur ses mains, et souffle à peine.
 
Je suis venue chercher une amie.

Kriss mendie son affection, comme son attention. Mais la vérité est qu'elle est triste. La jeune femme cherche une compagnie et celle de Murphy est douce, car elle la croit sans épine, ou du moins, sans les véritables. Kriss aimerait pouvoir se loger dans ses bras comme elle se laisse prendre par les eaux. Mais l'humeur de Murphy est massacrante, et son corps se détourne. Ses paupières se ferment, elle s'immerge jusqu'au cou et l'invite encore. Mais ses paroles dérivent.
 
Allez viens, c’est si agréable d’être immergé. C’est comme si c’était quelque chose qu’on avait oublié, une sensation qu’on avait perdu. On a perdu tant de choses. Te rappelles-tu l’avant tout ceci ? Te rappelles-tu la nourriture et les vêtements, te rappelles tu les détails ? Je me rappelle l’océan. Je me rappelle les longues étendues de sable.
 
Chaque mot est une libération. Une vérité qui prends vie et s’échappe de ses lèvres qu'elle s’était pourtant promise mutiques. Kriss ne voulait lui donner aucune victoire, à cet homme qui l'abandonna. Sa voix est plus douloureuse, c'est comme si une barrière s'ouvrait à l’intérieur. Elle ne devrait souffler aucun vent de révolte à voix haute. Et pourtant, ses pensées sont à la noyade, elle ne s’inquiète plus de quoi sera demain.

Nous n’avons plus que le sable du Colosseum.
 
Ses yeux se rouvrent, elle regarde le plafond. Sa voix est presque naïve, elle dénoue le court des événements comme le ferait une enfant.
 
J’y suis entrée pour la première fois. J’aurais voulu le fouler mais il n’y avait de place que dans les tribunes. Mon père fut plus chanceux je suppose. Je ne sais pas si on peut appeler cela de la chance. Tu sais ce qu'ils font à ceux qui n'ont pas oublié la vie d'avant ? Aux rêveurs ? A ceux qui ne savent pas plier échine ? Moi je savais, mais je n'avais jamais vu. Enfin, pas d'aussi près.

Sa voix se meurt. Son cœur explose, dans sa poitrine, mais nulle vague n’éclot à la surface de l'eau. Il est de ces choses qui restent dans les profondeurs et qui si rarement s’éveillent. Sur ses lèvres, elles sont rares et peut-être n'osera-t-elle plus jamais revenir. Kriss n'aime pas se sentir vulnérable, et elle se sent davantage nue sans ses secrets qu'elle ne l'est sans ses vêtements. Ses paupières se rouvrent, elle cherche son regard.

Je t'en prie, ne me chasse pas ce soir.

Kriss veut dériver dans les eaux noires et douces. Dehors, l'air est acide, et l’humidité brûlante. Dehors, elle ne peut pas baisser les yeux, ou les tendre avec douceur. Il n'y a guère de tendresse pour les créatures de son espèce. Dehors, ce soir, elle n'a plus le courage d'affronter la foule et les maraudeurs. Ni de sentir la milice à ses trousses.

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MessageSujet: Re: Dark Water   Sam 30 Juin - 2:15

L’insolence de l’immergée ne s’arrête pas aux quelques ondulations de l’eau, elle se poursuit dans les paroles, s’entretient dans la posture, la carcasse engloutie par le liquide diaphane. La damnée reste toujours loin, collée à la paroi pour ne pas trébucher par inadvertance sur le chemin de l’interdit. Bonne distance de sécurité, qu’elle s’efforce de conserver. Le traquenard de la vagabonde lui parait bien sournois, du mystère, des indices édulcorés et la chute si aisé dans un marécage qu’elle a si soigneusement engendré. La robe ondule au sol, vestige de la pudeur émiettée, elle attire le regard et il reste figé, hypnotisé. Peut-être qu’elle boit vraiment trop pour avoir à ce point perdu le Nord, se retrouver à fuir le contact des femmes par peur d’y puiser plus qu’un semblant d’amitié. Il n’y a plus rien qui tourne rond dans sa caboche, plus rien qui fonctionne correctement avec la psyché déroutée, l’âme aux prises avec le parasite. Elle ferme les yeux quelques instants, se rappelle des paluches de Jarod sur sa peau, ses lèvres courant contre sa mâchoire. Que penserait-il de cette dualité ? Il lui aurait peut-être ri au nez, pas prise au sérieux. Peut-être qu’elle n’aurait jamais mis à l’épreuve ses convictions s’il avait été encore vivant. Un songe de plus qu’elle écrase contre le carrelage pendant que Kriss se débat avec ses propres ennuis. Chose que la troublée n’a pas encore réellement compris. Elle se tient toujours paralysée contre son petit mur, la trentenaire, à croire que son monde se stabilise quand elle s’agrippe à cette surface lisse. Illusion de contrôle, le début d’une réalité qu’elle croit construire alors que l’impertinente réplique à chacune de ses paroles, réponses qui tracent le début d’une grimace crispée sur le faciès adverse. A croire que Kriss veut avoir le dernier mot. A croire que Murphy a déjà oublié qu’elle-même n’avait pas eu le premier.

Les épaules commencent à se raidir jusqu’à l’absurdité, courbatures qui ne tardent pas à émerger dès qu’elle remue un peu. Décontraction qui serait bienvenue mais qui ne peut toujours pas être envisageable pourtant. Car la propriétaire des lieux n’arrive pas à envisager autrement l’intruse, ne discerne qu’un péril de plus derrière la silhouette qui se découpe. Elle aimerait pouvoir lui demander à quel moment elles sont devenues amies d’ailleurs. Après tout, la blonde ne lui a tendu la main que le temps d’une vague de froid, elle lui a fourni de quoi se protéger du vent, de la rue et des dangers. Générosité qui s’est soldée par une trahison salée, doublée d’une comédie qui se répète jusqu’à cet excès. Comment la croire quand elle lui affirme que ses intentions sont potentiellement dorées ? La mafieuse ravale son acidité à temps quand le timbre dérape, que la mine divulgue quelques troubles. Le mutisme se perpétue dans les aveux que la baignée lui révèle. Des bribes de vérité contre lesquels la frigide vient s’empaler. Elle a déjà décollé la pommette, effectué un pas sur le côté. Trop sensible à la détresse, beaucoup trop empathique quand la douleur s’enfonce dans la poitrine voisine. Habituée aux drames, l’existence aux fondations ravagées par l’Incendie, elle a appris à reconnaitre les flammes dans les prunelles d’autrui, comprend les symptômes, entend le chagrin siffler. Brisée si jeune pour être aussi alerte désormais. « Certains psys te diraient que tu revis ta vie intra-utérine dans la flotte. » Qu’elle balance d’abord avec peu d’humanité. Un soupir, elle se montre insensible pour ne pas souffrir des plaies qui ne sont même pas siennes. Des échos entêtants que la belle ramène en mentionnant le deuil, en la forçant à jeter un œil par-dessus son épaule. Tout ce qui se conjugue à l’imparfait la massacre par le manque au présent. « A quoi ça sert de se rappeler d’avant ? On en est là de toute façon, autant se concentrer sur le lendemain. » Facilité de la riposte, simplicité toute faite, raisonnement à l’emporte-pièce pour mener en bateau ses propres regrets.

Comment réconforter un cœur meurtri, piétiné par une réalité trop abrupte ? Dans ce récit, la rebelle tire plus d’enseignement, arrache davantage de passion à sa cause. Elle milite pour la justice, qu’elle croit. Elle venge la mort de son gamin dans les faits. Rien n’a vraiment d’importance, si ce n’est la finalité. Sauf que quand il n’y aura plus rien à combattre, il ne lui restera plus rien à faire, plus rien pour se raccrocher à l'aube qui survient. « Quand on a plus rien à perdre, on ne craint plus rien. » Une voix dématérialisée, aussi froide que le pavé duquel elle a voulu tirer la sans-abri. Bras qui se lèvent, se contractent autour de la cage thoracique, rassemble les morceaux d'elle qui s’éparpillent. Les fausses notes à cette affirmation lui vrillent les tympans. Elle ne vit pas, survit tout juste au milieu de tout ce luxe dégueulé pour parfaire le mirage. Sans peur de perdre, on devient effrayé à l'idée de posséder et même de respirer. De subsister dans ce néant. Paupières qui basculent, respiration qui soulève tragiquement le buste. « Il a fait quoi pour s’y retrouver exactement ? Au Collosseum ? » Elle dérive de sa propre situation, se recentre sur les confessions, sur la rage qui l’anime en imaginant la mort d’un énième innocent. Orpheline aujourd’hui, Kriss. L’âge importe peu, le sentiment transcende les détails chiffrés. A n’importe quel moment, il faudra perdre un parent. Et ça, ça fait toujours un mal de chien. Surtout quand ça n’a rien de naturel. Rien de justifiable. « Rien, j’imagine. Il respirait juste et ça dérangeait. » Murmure qui ronge le silence sèchement, colère contre le gouvernement qu’elle refoule pour poser enfin les iris sur le corps absorbé par les flots. La brune ne mérite pas l’indifférence. Aussi perdue qu’elle sans doute, elle a juste suivi les lumières jusqu’au premier refuge qu’elle a croisé. Peut-elle la blâmer de chercher à réchauffer la carcasse engourdie par l’absence ?

Les quenottes capturent la lèvre inférieure, les semelles glissent prudemment jusqu’au rebord. Avec beaucoup de précaution, la trafiquante s’agenouille à quelques centimètres du bassin. Action douloureuse qu’elle finira par regretter sans doute. Elle n’allonge pas le bras, n’ôte pas la moindre pièce de vêtements, elle se tient juste là. « Pour ce que ça vaut, je suis désolée. Tu n’aurais sûrement pas dû assister à ça. C’est arrivé quand ? » Sourcils qui se froncent, s’arquent et finissent par disparaitre derrière la paume qu’elle replie contre son front. « Je sais très bien ce qu’ils font, oui. Et ça ne se produit pas que dans une arène avec un public prêt à applaudir, conscient qu’ils sont chanceux d’être dans les tribunes et pas en train de saigner sur le sable. Mais le pire se déroule en coulisses, à l’ombre des regards et des jugements. Ils appellent ça des bavures, des accidents. » Amertume qui se diffuse dans la pièce, flashbacks qui lui filent la nausée. Repousser sa propre expérience, revenir à la dénudée. « Tu as vraiment besoin d’une oreille ? Tu ne devrais pas plutôt réclamer un lit et un repas ? » Qu’elle marmonne finalement, prête déjà à lui filer de quoi manger. Elle ignore encore tout de la fugitive, de sa souris prête à faire son nid entre ces murs. Elle lui tend du fromage en croyant naïvement que la voleuse ne sera pas là pour lui bouffer les doigts.

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Kriss M. Grimm
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MessageSujet: Re: Dark Water   Jeu 5 Juil - 20:27


Dark Water


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Quand on a plus rien à perdre. Scintillement d’une liberté qui s’ouvre à elle. La fleur est curieuse, étrange, ses pétales sont flamboyants mais venimeux. Son touché est duveteux mais des épines s’enfoncent sous la peau. Elle est d’une odeur qui l’attire irrésistiblement mais qui la noie dans un délire douloureux. On ne craint plus rien. Kriss n’a plus à craindre le retour du père, ni sa douce hégémonie sur sa vie. Kriss n’a plus peur qu’on se saisisse de lui, et ne cauchemardera plus sans cesse qu’il disparaisse. Elle ne se souciera pas de l’emprise du Minotaure, ni de l’attraction néfaste de son oncle sur l’astre brillant et clair qui illuminait son enfance. Kriss n’aura plus peur de croiser son regard, de le blesser par son existence si tant dénuée de ces valeurs chevaleresques qu’il lui enseigna. Kriss ne craint plus rien. Elle est sauvée de son emprise. Il est déjà parti. Il l’abandonne une seconde fois et cette fois encore, elle n’a pas pu lui dire en revoir. Pourtant, elle aurait aimé lui souffler sa colère. Sa voix est un écho de celle de Murphy qui rebondit sur son timbre sans qu’elle ne puisse y songer.
 
Quand on n’a plus rien à perdre, il n’y a plus de raison de se battre.
 
Kriss aimerait avoir peur. Sentir cette émotion vive lui frapper l’échine, courir le long de ses cheveux, l’encercler, l’asphyxier. Elle aimerait sentir le besoin de courir et de fuir. Mais le monde tel qu’elle le connaît se déchire. L’écran de son existence est éclairé par d’autres lumières. La roue tourne et le monde tournoie sous ses yeux sans qu’elle ne puisse se reposer. Kriss a le vertige, elle perd pied, elle ne touche plus le fond. Noyade, évanescence, elle se désagrège sous les violences d’autrui, quand elle pensait enfin avoir retrouver un sens à sa vie, fut-il le sien et aussi courbe que ses cils.
 
Murphy questionne, et son esprit cherche, quelques instants, comme si soudain l’évidence ne l’était plus. Cela ne tient pourtant qu’en un mot. Résistance. Minotaure fut tué publiquement pour ses moqueries continuelles envers le gouvernement. Son père fut envoyé dans l’arène parce qu’il n’était pas le genre d’homme à courber l’échine, et qu’il n’obéissait qu’à ses propres lois. Parce qu’il respirait. Parce qu’il vivait. Même blessé par la vie. Même mutilé par les éminences cruelles de l’âme de son frère et de celle de Kriss. Pour ne plus penser aux troubles et ces terrains glissants qui aimeraient passer sur ses lèvres, ses yeux se lèvent vers Murphy. Elle capture dans sa voix une colère qui devrait être la sienne. Elle perçoit les reflets de cette résistance qui bat dans son cœur sans qu’elle ne la laisse s’exprimer par les actes. Depuis que Hide a retiré son voile, depuis qu’il l’a forcé à prendre position, Kriss se sent parcourir par le même vent de révolte. Mais il a laissé mourir son père, et fait plonger Beatriz dans une spirale effrayante, alors que lui aussi pourrisse en enfer. Kriss n’a, de toute manière, pas de maître.
 
Murphy s’approche et c’est comme une petite victoire. La rouquine semble se méfier d’elle comme si elle fut aussi trouble que les eaux du bain. Et sans doute a-t-elle toutes les raisons de le faire. C’est comme si son instinct lui soufflait le danger et tous ces secrets que Kriss garde sous clef. C’est comme si elle pouvait voir le sang dans ses yeux pourtant clairs et la violence dans ses gestes pourtant doux. Aimantée par sa présence, son corps dérive contre le mur. Son visage reste levé, elle boit ses paroles. Il y a de la douceur malgré la hargne, il y a du tendre malgré la défiance. Son visage est fin, lumineux, il y a eu de la vie dans ces yeux toujours tristes, ou parfois noyés dans l’alcool. Il y a eu de l’espoir et de la crainte dans le cœur de Murphy, mais quelqu’un s’en est emparé. Quelqu’un l’a blessé. Quelqu’un a pillé ce qu’il y avait de beau sans brûler le reste de ruines. Kriss lui réponds sans la quitter des cils.
 
Il y a quelques jours.
 
Et puis sa voix devient amère, alors qu’elle songe aux moyens mis en œuvre, au labyrinthe qui fit pleurer ses yeux, au requin qui morcela son père. A la chaleur incandescente du jour, et à la brillance de la chevelure blonde qui incendia ses derniers espoirs.
 
Le spectacle fut grandiose.
 
Je n'aurais voulu le manquer pour rien au monde. Toi aussi tu as vu quelque chose Murphy. Kriss perçoit dans les paroles de Murphy des histoires plus tristes, elle s’étonne un peu. Gérante d'un hôtel, la rouquine fait partie des gens qui réussissent. Mais chacun à ses secrets, elle suppose, et elle n'a nulle envie d'espionner une alliée, même forcée. Alors Kriss attends, elle sait écouter, bien plus qu'elle ne sait parler. Elle aimerait que Murphy le lui dise, ce souvenir qui lui fait frémir les cils. Elle aimerait pouvoir lever sa main humide, se poser sur sa joue, pourtant si haute, et le lui voler, du bout des doigts. Murphy sent peut-être son envie, car sa voix est comme un écho à ses pensées. Kriss détourne les yeux, de peur qu'ils ne soient plein de faim.
 
Je n’ai pas faim.
 
Mensonge, Kriss a la faim qui lui dévore le ventre. C’est une douleur qui prend naissance le long de son échine et qui longe les capillaires nervurés de sa peau. C’est une électricité latente, un besoin insatiable de prendre, quand elle aimerait disparaître quelques instants sous les eaux sombres. Kriss repousse sa faim, falaise léchée par l’océan qui ignore la pierre qui s’érode, le corps qui s’affame et se creuse. Murphy ne sait pas ce qu’elle propose. Murphy ne sait pas ce qu’elle offre. Elle invite un monstre chez elle. Elle le laisse entrer dans sa demeure sans se méfier de ses cils trop longs, et de ses lèvres trop habituées à mentir.
 
Je n’ai pas envie de dormir.
 
Mensonge, la fatigue cerne ses yeux et si le feu de ses pupilles ne les gardait allumés, elle s’éteindrait sans doute en quelques secondes. Mais elle n’a pas envie de demander, et Murphy ne semble guère vouloir la rejoindre dans l’eau.
 
Et tu as raison, je n’ai pas envie de parler non plus.
 
Kriss soupire. Le corps se noie. Kriss laisse l’eau gravir le fil de ses épaules, monter jusque son cou, ses lèvres, passer la barrière fine de ses yeux. Elle se laisse s’évanouir, son corps disparaît dans les profondeurs sombres. L’eau est mouvante, puis silencieuse, miroir noir comme ces bronzes d’antan. Kriss ne respire pas, ou si peu. Elle expire comme si ce fut son dernier souffle, des bulles rares qui explosent à la surface. Elle laisse le silence la couvrir d’un voile d’innocence. Se dissimulant comme si les abîmes pouvaient la cacher du reste du monde. Au fond, elle ne sait pas ce qu’elle est venue chercher, l’océan lui rappelle la mort.
 
Ses yeux sont grands ouverts. Ses cils oscillent. Son dos se dépose contre le mur, elle s’assoit dans le fond de l’eau. Et elle voit. Au début ce ne sont que des frissonnements. Des rides de l’eau, ombres ondulantes contre les murs. Dans le silence le plus grand. Kriss se sent insensible. Comme si elle noyait ses facultés surnaturelles. Il n’y a que ses yeux pour voir. Et ces ombres maléfiques qui se moquent. Elles passent sur le mur, silhouettes à  cornes. Elles tournoient, elles vacillent, elles s’approchent de la voleuse d’énergie. Les ombres sont cruelles, elles dansent dans ses pupilles, intriguant son œil pour mieux le tromper. L’une s’approche avec douceur. L'autre est plus fugace. Kriss tend sa main pour la toucher, mais elle se dématérialise sitôt qu’elle ne s’approche. Les danseuses sombres sont les émanations de son âme tourmentée à laquelle la magie de son sang noir donne naissance. Mais elles sont sauvages, indomptables, elles ne répondent ni à sa voix ni à ses envies. Elles agacent ses sens.
 
Une ombre plus grande que les autres ondule dans cet espace qu’elle ne peut voir qu’au coin de ses cils. La cherchant, son visage se tourne, mais seules quelques ondulations dans l’eau lui soufflent une présence passée. L’ombre se rapproche. Elle peut en sentir la mouvance. Elle peut en sentir le poids plume et le volume grand. Elle peut sentir frémir les autres ombres qui s’échappent de l’eau et disparaissent sous la faible lumière. Kriss peut la sentir, incarnation de son fiel, glissée autour d'elle. Invisible et pourtant, elle est là, c'est certain. Les frémissements s'accentuent, son poul s'affole. Et puis soudain la voilà, géante, devant elle, mâchoires qui s'ouvrent pour mieux la dévorer, nageoire furtive qui effleure à  peine la surface de l'eau. Un requin.

Elle crie. Mais seules des bulles quittent sa bouche. Elle se jette en arrière, mais le mur la tient en otage. Elle se débat contre l'ombre, mais les griffes jamais ne touchent un derme tendre. Elle s'affole, perdant son immobilité, volcan bouillant dans les profondeurs sous-marines. Kriss manque d'air. Elle cherche la surface de ses mains, de ses doigts, elle brasse l'eau de sa force maigre. Elle remonte comme si elle fut pourchassée par une armée de sirènes cruelles. Et quand enfin son visage déchire la surface, elle inspire comme si elle fut morte en bas. La furie se retourne, mais les eaux sont redevenues plates et nulle ombre ne se dessine. Alors ses deux mains passent sur sa chevelure, qu'elle remet en arrière, et elle s'approche de Murphy. D'un bond, elle sort de l'eau et s'assoie au bord du bain. Les jambes battantes dans cette marée montante de souvenirs délicats.
 
Ça devrait me faire peur ce qu’ils lui ont fait.
 
Kriss devrait avoir peur du soleil. Et du requin. Elle devrait avoir peur de l’arène et fuir le sable et l’eau. Et pourtant elle tourne autour du colosseum comme une âme en peine. Hésitant à se prononcer gladiateur, comme elle s’offrit dans l’arène informelle du Bones. Pour combattre, et même peut-être pour perdre. Ses jambes ralentissent, un peu, elle savoure les caresses marines de cette eau sans sel.
 
Ils viendront pour moi aussi. Mais rien n’y fait.
 
Et si tu me dénonçais Murphy, et si tu te débarrassais de moi ? Je n’aurais plus jamais besoin de toit. Je n’aurais plus jamais besoin de toi. Tu serais libre toi aussi. Kriss se tourne vers Murphy. Et ses lèvres portent un sourire triste. Elle aimerait se saisir de sa main, soudain si proche, mais elle n'ose pas. Alors, malgré son calme apparent et son souffle presque lent, elle déploie cette vérité qui cogne en elle.
 
Je suis tellement en colère.

Si elle ne l’était pas, peut-être pourrait-elle enfin essayer de se ranger, mendier à Murphy un travail, et peut-être même lui soutirer une chambre pour quelques nuits. Si elle ne l’était pas tant, sans doute pourrait-elle  essayer de faire profil bas, de faire semblant d’être normale. Mais elle est tellement en colère. Une colère sourde, qu'elle tient en muselière, et qui la lacère de l’intérieur  comme un loup en cage, crocs limés et griffes coupées. Elle a cette soif brutale de liberté qui gronde en elle comme un vent de révolte. Kriss veut vivre. Si fort, si férocement, que cela pulse en elle avec violence. Rythme sourd, battant, d'un coeur qui ne serait se résoudre à entrer dans les rangs.

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MessageSujet: Re: Dark Water   Ven 6 Juil - 3:18

Le froid se faufile à la commissure des lèvres, un vent glacé qui oblige la buttée à frissonner. Douce brise mortuaire qui vient geler chaque os pour laisser l’endeuillée avec son paquet de douleurs à gérer. Kriss a raison et elle a tort pourtant. La blonde élabore une plaidoirie qui ne franchit même pas ses propres lippes. Le givre l’empêche de déployer ses alibis, scelle cette bouche si prête à déverser de beaux mensonges pour parvenir à éloigner le flingue du crâne. Elle y a pensé une fois à se suicider. Peut-être deux ou trois. Ce qui la rattrape, c’est la lâcheté et la peur de l’après. Un sursaut de vie qui ne s’affaiblit jamais tout à fait. A force de tous les lui arracher, les uns après les autres, la faucheuse a pris des allures de vieille amie. Elle connait la mort, Murphy, elle la tutoie quand plus rien ne va. Mais elle n'en fait pas totalement son amante, elle l'effleure tout juste en ingurgitant bien trop de pilules. Et la salue en engloutissant des litres d'alcool. La vie a toujours le dernier mot. Alors elle doit avoir tort, Kriss. Quand elle affirme que sans plus rien à craindre, on n’a plus non plus de raison de vivre. Ça ne peut pas être vrai. Et pourtant, ça résonne encore en elle quand la belle lui délivre ses réponses. Pas tellement sa vérité semble-t-il vu qu’elle affuble le spectacle macabre d’un adjectif déplacé. La propriétaire des lieux s’attache au regard pour ne pas basculer dans l’eau qui miroite. Elle lui donne le vertige à tanguer dans toute cette flotte, l’hypnotise jusqu’à lui faire douter du bienfondé de cette conversation. Recroquevillée sur elle-même, l’agenouillée pose son menton sur une main, laisse l’autre se poser contre ses babines afin de taire toute cette impuissance et cette confusion qui ne demandent qu’à être salement dégueulées, puisées et emportées. Elle ravale les points d’interrogation et s’installe dans le point final pour conserver un peu de dignité.

La négation se multiplie de l’autre côté et laisse Murphy avec un rien dans les mains pour apporter un peu de réconfort à ce chagrin. L’immergée se dissout finalement dans la marée, congédie quelque peu la figée de son monde mystique et chaotique. Alors la blonde se relève, écoute ses genoux craquer. Au fond du bassin, la nuit semble régner. Elle ne se penche pas pour l’admirer. Elle la connait déjà. Cette fausse absolution qui fait croire ensuite que les astres ont décidé de ne plus exister. Le désespoir fend suffisamment la poitrine au petit matin pour ne pas s’adonner à ce genre de silence une fois le crépuscule passé. Le regard se pose sur le carrelage immaculé, coule jusqu’à la porte qu’elle aimerait pouvoir emprunter le cœur léger. Sauf que ça pèse sur la poitrine. Et que l’esseulée n’arrive pas à décoller.

Les ongles sont mordus, rongés alors que quelques bulles d’oxygène dérangent la surface implacable. La silhouette remonte, ramène avec elle une vague d’anxiété, d’agitation qui resserre chaque artère. Elle se débat, la démente avec des créatures sous-marines. Folie douce, rêve avorté ou seulement, poumons atrophiés ? Elle ne peut le prédire et décide que ça n'a pas tellement d'importance. La paniquée s’échappe des flots et clôt le débat. Sa silhouette dénudée déverse une légère ondée sur le sol et déverse de nouvelles rougeurs sur les pommettes de la scandalisée. Très prudemment, la tenancière de l’établissement allonge un bras et attrape un peignoir pour le glisser contre les épaules de l’égarée avant de se replacer à ses côtés. Douleur dans la voix, douleur dans la posture. Douleur dans les mots qui s’éparpillent entre elles. Les traits se crispent, l’œil suit l’onde quand sa propre mémoire tiraille.

La paluche se redresse pour onduler contre la chevelure alliée. Deux caresses avant qu’elle ne s’arrête. Geste familier qu’on réserve aux enfants éplorés, qu’on répète pour calmer les gros sanglots d’un marmot aux prises avec une réalité trop abrupte pour ses perceptions encore candides. Elle a été cette gosse. Elle a été là à pourrir dans sa colère pendant que les meurtriers couraient encore. Elle sait, Murphy. Elle sait mais elle se tait. Les paumes se rassemblent au bout des genoux, la tête s’enfonce dans la cascade d’orge pour dissiper toute ambiguïté. « Si tu ne l’étais pas, ça serait inquiétant. De toute façon, la colère, c’est un bon moteur si tu ne la laisses pas te consumer. Encore faut-il que tu saches vers qui et quoi la diriger. » Elle assiste peut-être à la naissance d'une potentielle alliée à moins que ça ne soit qu'un énième fiasco. Mais de ça, la mafieuse ne peut pas encore le juger. Comprendre le passif de la mélancolique avec les autorités relève de la sorcellerie. Si peu d’éléments pour beaucoup de ressentiments. D’autant plus que la vagabonde lui a déjà prouvé sa malhonnêteté par le passé. Agent double qui a peut-être pu s’infiltrer ici pour la faire tomber. L’ex-flic débute son analyse, s’étouffe dans sa paranoïa maladive.

Les informations sont une denrée rare et précieuse qu’elle a appris à troquer. Les soutirer à une âme aussi instable qu’imprévisible relève du miracle. « Mais qu’est-ce qu’ils te voudraient à toi ? Explique-moi. » Le ton est descendu, s’est adouci au point de n’être plus qu’un léger murmure qui glisse contre l’étendue aquatique. Et pour appuyer la requête, l’audacieuse pose un instant ses doigts contre l’épaule. Le pouce dessine quelques ronds sur le bras machinalement, du réconfort facile. « Si tu n’es là ni pour le repas, ni pour le lit, ni pour la confidence alors pourquoi es-tu venue aujourd’hui ? C’est d’une planque dont tu as besoin ? D’un témoin, d’un alibi ? Ou de fric ? » Le timbre devient un peu plus accusateur, retrouve peu à peu son acidité. La bile s’accumule au-dedans, lacère l’œsophage. La migraine frappe d’une tempe à l’autre et ondoie jusqu’à l’os de la mâchoire. La psyché s'efface au profit des manifestations physiques. Elle s’écarte alors la damnée, s’évade jusqu’à l’évier et fourre ses mains dans l’eau glacée qu’elle répand sur son faciès fatigué. La trogne qui se relève par habitude, capte l’horreur qui remplace ses traits et remet à sa place l’entièreté du spectacle. « Tu devrais te rhabiller. » Qu’elle lui balance ultimement froidement avec autorité, balayant sa compassion et toute la délicatesse qu’elle a pu mobiliser. Elle se rappelle, Murphy, qu’on peut la pister. Qu’on peut la détruire. Qu’on peut encore la faire tomber plus bas. Et elle ne sait pas si elle veut ou peut croire à la sincérité de ce récit. Si elle s'accorde ce droit et tente de l’aider pour mieux se faire piéger, il ne s’agira même pas que d’elle mais d’un réseau entier qu’elle mettrait en défaut à trop s’exposer. Des contradictions qui influent l’humeur, des pulsions contraires que la chose en elle propulse dans le système nerveux pour endommager le fonctionnement correct de la machine aortique. Elle veut lui dire de dégager alors mais il y a encore cette faiblesse de l'humanité qui loge dans les tripes et lui somme de ne pas rester insensible.

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