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 baby, it's cold outside • (cristobal)

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MASTER OF ILLUSIONS

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MessageSujet: baby, it's cold outside • (cristobal)   Jeu 28 Juin - 17:45


« baby, it's cold outside »

Riley Nott & Cristóbal Villanueva
featuring

Plusieurs jours avaient passé depuis la visite de Carter. Plusieurs jours vides. Sans incidents. Sans descentes inopinées de la milice au Old Absinthe House. Des jours silencieux, presque comme ceux d'antan, d'avant la Prohibition. Riley s'était demandée ce qu'il avait bien pu se passer entre Cristóbal et Carter, pour que ce dernier s'en retourne la queue entre les jambes. Son barman n'avait pas été très clair sur le sujet, il était resté évasif. Cherchant à la protéger ou la tenir loin d'une combine que seul lui connaissait. La sorcière s'était montrée réticente, craintive. Les mystères n'étaient pas son fort, y être confrontée en tout cas. Elle aurait voulu savoir ce qui avait poussé le milicien à lâcher prise de la sorte, car Riley était forcée de reconnaître que l'intervention de Cristóbal avait fonctionné. Lorsqu'elle était montée à l'étage ce soir-là pour se coucher, elle n'avait pu se résoudre à entrer dans la chambre pour dormir. Elle était restée en haut de l'escalier pour espionner la conversation, se battant contre une irrésistible envie de fumer et de faire les cents pas, ce que l'un et l'autre auraient trahi sa présence. A l'inverse, elle s'était assise sur le vieux tapis recouvrant le couloir, à tendre l'oreille dans l'obscurité. Elle avait entendu des éclats de voix, puis des messes basses pour lesquelles elle aurait vendu son âme pour les entendre avec distinction. A chaque bruit soudain, son cœur avait frappé sa poitrine frêle, la plongeant dans un puits de remords abyssal. Laisser Cristóbal prendre les choses en main était probablement l'une des pires décisions qu'elle avait jamais prise. C'est ce qu'elle avait cru, ce qu'elle continuait de croire, ce qui continuait de la réveiller la nuit, brassée par la tourmente. Quand allait-elle recevoir le retour de bâton ? Quand la situation allait-elle se retourner définitivement contre elle et son barman ? Riley craignait de ne plus revoir le grand brun passer la porte de son bar chaque matinée. La sorcière ne pourrait jamais se le pardonner s'il venait à être arrêté par la milice. Elle avait la fâcheuse habitude de perdre les hommes auxquels elle tenait dans d'affreuses circonstances.

Mais le couperet n'était pas arrivé. Au contraire, la situation était surprenamment calme. Le sourire de Cristóbal illuminait toujours le comptoir du Old Abstinthe House. Riley rirait même davantage à ses blagues qui lui paraissaient moins stupides qu'à l'habitude. Le regard qu'elle posait sur son barman avait changé. Un mélange de gratitude, d'admiration et peut-être d'autre chose. Un sentiment que la sorcière n'avait pas ressenti depuis longtemps et dont la photo de Martin lui faisait serrer la gorge à chaque fois qu'elle la croisait. Elle en détournait vite les yeux pour ne pas arracher un soupir de frustration. Elle regardait du coin de l’œil la carrure de l'homme ayant pris la place de celui qu'elle avait aimé par la passé. Aujourd'hui, les rôles semblaient être inversés et l'histoire curieusement se répéter. Elle, la patronne du Old Absinthe House et lui, l'employé pour qui elle en pinçait. Pourquoi fallait-il de nouveau que Riley se laisse charmer par un collègue ? La jeune femme ne pouvait s'empêcher de penser à la proximité constante de celui-ci, sa bienveillance, son engagement. Par bien des aspects, il ressemblait à Martin et pourtant s'en éloignait complètement, ne serait-ce que par le physique. Cristóbal était plus massif, plus grand, plus musclé. Brut de décoffrage. A côté d'elle, il avait l'air d'un géant. D'une poigne ferme, il aurait pu la soulever en l'air et l'étrangler sans même se forcer. Cependant, Riley avait pu avoir une brève démonstration de sa délicatesse, lorsque celui-ci avait pris ses mains entre les siennes, sans même en demander l'autorisation. Par ce geste, il lui avait transmis tellement de chaleur. Sa voix. Ses paumes. Cette électricité l'ayant foudroyé de surprise.

D'un mouvement frénétique de la tête, la sorcière chassa cette pensée obnubilant son esprit et continua d'essuyer les tables laquées de la salle de bar. La soirée était terminée. Dehors, la nuit s'était enfin installée, plongeant les rues de la Nouvelle-Orléans dans une pénombre seulement perturbée par les phares des fourgons d'urgence faisant des rondes. La pluie tombait de façon éparse sur le bitume. A l'intérieur de l'édifice bicentenaire, les lieux étaient vides. Riley remontait les chaises sur les tables, pendant que Cristóbal terminait de ranger le derrière du comptoir. La sorcière poussa un soupir en voyant le temps tourner de plus en plus à travers les fenêtres donnant sur la rue. « Je vais fermer les volets avant que ça ne se gâte davantage » dit-elle à l'intention de son barman, avant de sortir sur le trottoir. Mais le vent s'était déjà levé. La porte d'entrée claqua derrière elle. Riley échappa un juron d'entre ses lèvres déjà attaquées par un souffle glaciale. Elle haïssait les tempêtes soudaines qui dégradaient constamment les murs de son établissement. Elle n'avait guère les moyens humains pour l'entretenir comme il se devait. Au gré de grands efforts, la jeune femme referma les quatre pairs de volets sur les portes battantes du Old Absinthe House. Les dernières se refermèrent derrière elle. Revenue à l'intérieur, elle était déjà frigorifiée et à moitié trempée. « Fais chier ! » jura la patronne en voyant son état. Aussi vite qu'une étoile filante, elle courue à l'étage chercher de quoi se sécher. Dans la salle de bain, elle quitta son tee-shirt mouillée et son vieux short en jean rapiécée. Elle s'enveloppa d'une serviette pour essuyer l'eau de pluie ayant roulé sur sa peau. Son corps entier grelottait. Putain de temps, pensa-t-elle. A tâtons, elle sortit de la salle de bain pour se rendre dans sa chambre et enfiler de nouveaux vêtements. Un long pull gris et un pantalon en toile. Le haut avait appartenu à Martin et lui était trop grand, si bien qu'il tombait sur ses épaules. Une fois habillée, elle redescendit pour aider Cristóbal à finir le nettoyage. Le bruit d'un éclair perçant le ciel la fit sursauter en arrivant au pied de l'escalier. « Je suis désolée, je crois que tu vas devoir faire des heures supplémentaires ce soir » ironisa Riley, à moitié taquine, à moitié agacée. Cristóbal ne pourrait pas quitter les lieux avant la fin de la tempête. C'était trop risqué. Il valait mieux qu'il reste l'abri avec elle, quitte à dormir un peu dans un fauteuil à l'étage.  


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MessageSujet: Re: baby, it's cold outside • (cristobal)   Mer 4 Juil - 11:48


riley et son cristóbal

Cristóbal laissa son visage s'étirer d'un fin sourire alors qu'il essuyait consciencieusement le comptoir pour la vingt-et-unième fois ce soir. Riley était si menue et d'apparence tellement douce qu'entendre des jurons sortir de sa bouche était comique. Il faut dire que la patronne du bar pratiquait cette discipline au niveau olympique. Elle aurait eu tout à fait sa place sur un chalutier, en pleine mer, à pousser vulgairement la chansonnette. Le cubain avait beaucoup de respect pour la jeune femme, il n'en restait pas moins qu'il ne pouvait rarement s'empêcher de s'esclaffer ou de surenchérir lorsque cette dernière venait à voir rouge. A peu près tout était propice à faire sortir le démon de l'injure qui sommeillait en Riley : une tasse mal essuyée qui lui goutait sur le nez, un coin de bar qu'elle se ramassait dans les côtes en étant trop pressée, ou encore, revenir détrempée après avoir tiré les vieux volets du Old Absinthe House. Les habits mouillés et le t-shirt lui collant au corps, elle avait filé en haut en laissant une traînée de flotte dans la salle. Apparemment, la panosse se passerait toute seule ce soir. Cristóbal avait à peine eut le temps de loucher sur les courbes que dévoilaient les habits détrempés qu'elle avait disparu, le laissant un peu déçu. Il termina de ranger la vaisselle, de donner un coup d'éponge sur le bar - encore oui - et alla éponger les traînées d'eau sur le sol laissées par sa patronne, comme l'employé exemplaire qu'il était. Dans ses pensées comme jamais, il ne sentit pas sa patronne revenir et tressailli à sa remarque. Effectivement, le temps était plus mauvais que jamais. On entendait souffrir la toiture de la vieille bâtisse et le vent s'engouffrait partout où il pouvait. Le barman ne savait trop comment prendre cette invitation : il n’y avait plus un client, tout était propre et rangé. Il était déjà rentré par ce genre de temps sans que jamais sa patronne ne s’en préoccupe. Était-ce son intervention auprès de Carter qui la rendait plus ‘agréable’ ? Parce qu’il avait bien noté le changement qui s’était opéré les derniers jours. La jeune femme avait changé. Pas du tout au tout, elle restait le même feu follet insaisissable qu’elle était, mais le brun la trouvait plus réceptive à ses charmes. Il avait tellement attendu ce moment qu’il peinait à y croire et pourtant, les paroles de Riley venaient trouver écho à son pressentiment. Le cubain ne savait plus quoi penser ni quoi faire. Surtout que les carrés dénudés de peau qu'il apercevait alors que le tissu du long pull de la jeune femme glissait. Cristóbal se secoua un peu : il avait déjà vu des épaules, ce n'était pas sa première fois. Il fallait qu'il retrouve le peu de contenance qu'il arrivait encore à garder en présence de Riley. Troquant son air perdu pour son éternel sourire ravageur, l'employé lança innocemment.
« Est-ce que ce ne serait pas enfin une invitation à passer plus de temps avec moi ? Non parce que j'aimerais autant dire que c'est le moment. »
Le ton mi-cynique, mi-sarcastique rendait le sens de la réplique difficile à comprendre. Ce qui était fort bien voulu de la part du latino, qui souhaitait quand même tâter le terrain avant de se lancer à corps perdu dans un plan foutu d'avance. Lui-même ne savait trop si le fait qu'il pensait à sa patronne lorsqu'il rentrait chez lui, quand il prenait une douche, quand il buvait un verre, quand il se rendait au gouvernement, quand il panossait le Old Absinthe House, était le résultat d'une forte attirance ou s'il était déjà.. amoureux. Le cubain n'avait jamais dû se poser ce genre de question puisqu'il n'avait jamais vraiment eu la chance d'avoir ce genre de tumulte au fond du cœur. Ses entrailles se comprimaient lorsqu'elle était loin de lui, ou qu'elle rigolait un peu trop avec un client. Quand il ne la voyait pas dans les parages, il jetait des discrets coups d’œil aux escaliers menant à l'étage et tendait l'oreille afin de s'assurer qu'elle soit bien entre les murs de la vieille bâtisse. Oui, on pouvait le confondre avec un foutu voyeur psychopathe et lui-même se le répétait souvent. Mais on ne peut maîtriser les désirs du cœur et ce dernier a la réputation de s’entêter lorsqu’on essaie de le brider. En soi, c’était ce qui arrivait au barman du Old Absinthe House. Avec la peur d’être découvert, l’appréhension de chaque jour d’être remis dans les bureaux à la sécurité, les mauvais rêves la nuit et les réveils difficiles, la vie de Nuño Esteban Lopez n’avait rien de paisible. Il se rappelait son premier jour, lorsqu’il espérait encore que son séjour dans ce bar serait le plus rapide possible. Le cubain avait fini par souhaiter ne jamais repartir, mais ce n’était pas du goût de ses supérieurs et faire traîner ses rapports concernant les faits et gestes de Riley Nott ne le sauverait pas bien longtemps. Constamment tiraillé entre ce qu’il risquerait s’il décidait de déserter son poste à la James Bond ou ce qu’il perdrait en mettant de côté ses sentiments et mener à bien sa mission. Un jour il ne se voyait pas dénoncer les activités illégales du Old Absinthe, le lendemain il craignait pour son propre futur et envisageait choisir son poste au gouvernement au détriment de la jeune femme.
« Ne vous inquiétez pas, je suis un grand garçon je suis déjà rentré avec pire que ça. » Il reprit la panosse et fit mine de nettoyer le fond de la salle. Il ne voulait pas refuser l’invitation peu dissimulée de sa patronne, mais en même temps il savait qu’accepter voudrait dire qu’il avait définitivement fait son choix. Le fameux choix. Et Nuño se demandait s’il était prêt à le faire. Puis en même temps, s’il n’était pas forcé de choisir probablement que jamais il ne se lancerait. Faussement occupé à ripoliner le sol, le cubain hurlait intérieurement pour qu’elle insiste qu’il reste.


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MessageSujet: Re: baby, it's cold outside • (cristobal)   Ven 6 Juil - 18:06


« baby, it's cold outside »

Riley Nott & Cristóbal Villanueva
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Foutu temps apocalyptique. Entre la moiteur habituelle de la Nouvelle-Orléans et le blizzard glacial venu des pôles, Riley s'étonnait encore de ne pas avoir chopé une méningite avec des écarts de températures aussi brutaux. Comme tous les habitants, elle avait fini par s'habituer aux changements climatiques imprévisibles et prenait ses précautions à chaque fois qu'elle mettait le bout de son nez dehors. Jamais sans une veste. Jamais sans parapluie. Jamais sans son bipeur d'urgence. Elle prévenait toujours ses pairs de ses escapades et du temps approximatif que celles-ci lui prendraient. La sorcière préférait être prudente. Les rues n'avaient jamais été sûres en Louisiane, bien que la jeune femme fasse partie du paysage local. Dans le French Quarter, l'on connaissait son identité même sans avoir poussé la porte de son établissement. Elle était la gamine têtue gérant le Old Absinthe House avec énergie et fermeté. A la mort de Martin, Riley s'était découverte une force de caractère insoupçonnée. Des aptitudes de management, de gestion de crise, des capacités décisionnelles qu'elle avait développées dans l'adversité et l'épreuve du deuil. Bien sûr, la jeune femme était loin d'être infaillible. Souvent, elle se laissait bousculer par ses émotions, passant du rire franc à l'injure licencieuse en l'espace d'une seconde. Riley aimait broncher ou bouder comme une enfant dès que quelque chose irritait son humeur. Cela ne durait pas longtemps, mais elle éprouvait le besoin de le manifester par une marque de mécontentement sur l'instant. De ce fait, elle ne manquait jamais de tac, ni de répartie. La sorcière s'exprimait sans détour, parfois sans se soucier de ce que son interlocuteur pouvait penser.

« Tu trouves qu'on ne passe pas assez de temps ensemble ? » fit-elle remarquer à Cristóbal, une pointe de contrariété dans la voix. Riley trouvait sa remarque plutôt gonflée, compte tenue de l'amplitude horaire de son serveur. Il passait la moitié de son temps à travailler au Old Absinthe House. Les deux tiers de sa semaine, ce qui n'était déjà pas mal pour un poste de barman. Les deux collègues se voyaient pratiquement tous les jours, sans compter leur temps passer en mission pour la Résistance. Pourtant, cela ne semblait pas assez pour Cristóbal. Riley resta un instant silencieuse à jauger la réaction de son barman. Elle avait parfaitement saisi l'allusion dans son commentaire, mais le provoquer l'amusait un peu. « Si tu veux faire double service, ça ne me pose pas de problème ! Mais tu peux toujours courir pour avoir une augmentation » ajouta-t-elle presque immédiatement, d'un ton plus enjoué. Voici la pirouette que réalisa la jeune femme pour ne pas se trahir totalement. Une parade pour garder une distance entre l'homme qui avait pris une place plus importante que n'importe qui dans sa vie au cours des derniers mois et son statut de patronne.

Cependant, son détachement s'effaça très vite lorsque le silence pesant repris place dans la salle vide du bar. Riley se sentit alors obligée de le combler de la façon la plus troublante qui soit. « Je crois que le sol est assez propre, Cristóbal »  fit-elle observer à son serveur, en se mordant la lèvre inférieure. Cela faisait plus de cinq minutes qu'il passait et repassait la serpillière sur ce coin de sol parfaitement impeccable, en lui tournant obstinément le dos. Elle laissa sa phrase en suspens, dans l'attente d'une réponse de sa part. Il pouvait lâcher son manche à balai. Il ne trompait personne à s'éterniser de la sorte. « Allez, pose tes fesses. La patronne t'offre un verre » lui ordonna-t-elle en tapotant sa main sur l'un des sièges en cuir du bar. Elle se glissa derrière celui-ci pour aller attraper deux verres à whisky en train de sécher près de l'évier. Elle les posa sur le comptoir, puis s'éclipsa dans la réserve d'où elle sortit de terre l'une des fameuses bouteilles autrefois réservée à la commission de Carter. A présent, les précieux spiritueux resteraient au Old Absinthe House. Riley les servirait avec bon cœur à ses plus fidèles clients et recevrait une contre-partie en échange. Du commerce pur et simple, sans chantage, sans magouille ou presque. Cette perspective soulageait la sorcière d'un poids qui l'avait éreinté trop longtemps au cours des derniers mois. Grâce à l'intervention de Cristóbal, elle pouvait reprendre les affaires avec le sourire, sans avoir à craindre le courroux d'un milicien si l'alcool venait à manquer. « Merci d'avoir sauvé la Maison » lui dit-elle, après leur avoir servi un verre. Elle s'empara du sien pour venir trinquer avec lui, offrant à son barman un sourire de reconnaissance qu'il n'avait pas volé.


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