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 The Dirt Whispered (Enya)

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SYMPATHY FOR THE DEVIL

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MessageSujet: The Dirt Whispered (Enya)   Sam 30 Juin - 16:02


A destination, a fading smile.
Another station, another mile.
Another day gone,
I swore that I will be there before dawn.
So be there, I will.



Être pris dans un paradoxe émotionnel était le quotidien de Vaas Milligan. Et pourtant, rien n'y faisait, il ne s'y habituait pas et s'en rendait malade continuellement. Marchant sur le chemin de la rédemption qui ce jour avait pris les allures du quartier de Treme, Vaas prenait enfin la décision de rendre visite à Enya Rivers. Les odeurs douteuses et l’atmosphère malfamée du quartier ne retirèrent rien à la nostalgie qui accompagnait ses pas à mesure qu’il s’approchait de l’immeuble de la jeune femme. Par ailleurs, chaque pas faisait augmenter l’angoisse d’un face à face imminent mais paradoxalement, qu’il attendait avec hâte. Son impatience à revoir son amie allait au-delà de sa crainte de l’avoir déçue en ne lui donnait aucune nouvelle depuis plusieurs mois. Elle ne le méritait pas. Mais la voir n’était pas simplement un devoir, c’était une priorité, et il n’avait que trop tardé. Vaas mentirait en avouant qu’il n’avait pas cherché à retarder ces retrouvailles. Appréhendé par ses remontrances qu’il pressentait imminent, il allait cependant chez elle sans avoir préparé de discours d’excuse. Non pas qu'il comptait sur ses talents inexistant d'improvisation. Il n'avait de toute manière pas besoin de jouer la comédie avec Enya. Elle saura lire en lui.

Arrivé devant son immeuble, il failli faire demi-tour. C’était peut-être trop tôt. Non, à dire vrai, il était trop tard. Il avait repoussé ce moment bien trop de fois. Il lui devait des explications. Ou peut-être s’en moquait-elle ? Qui était-il après tout. Il ne lui était pas utile. Elle, en revanche, l’a soutenu plus d’une fois. Peut-être était-elle ravie, au contraire, de ne plus le supporter. Ne plus soigner ses blessures étranges et morbides. Ne plus supporter sa présence. Elle devait être soulagée. Il était un poids pour tout le monde. Il ne lui manquait pas. Et pourtant, Vaas ne rebroussa pas chemin. Il hésita. Toute sa vie était faite d’hésitation. Cet instant n’échappait pas à la règle. Une hésitation qui le faisait sortir son âme de son corps. Et c’était comme si une projection astrale se retrouvait au-dessus de lui, le narguant, en lui disant quoi faire et ce qui était juste. Mais ce corps, trop frêle, trop pathétique pour écouter cette voix qui lui dictait ses faits et gestes, ne bougeait pas. Et cette paralysie ne faisait que le rendre mois apte à avoir confiance. Ces instants, n’arrivaient que lorsqu’il devait faire face à des situations où son instinct de survie savait qu’il n’allait pas avoir la force mentale pour rester droit. Lui, si impulsif sur le terrain, si bourrin face à l’inattendu, n’était pas capable de tenir une conversation avec pourtant, une personne estimée de confiance et apaisante pour son esprit.

Vaas finit par ignorer cette vision de lui-même qu’il haïssait, et empoigna la poignée de la porte d’entrée de l’immeuble pour la pousser d’un geste lent et maladroit. Calmement, il marcha les escaliers jusqu’à atterrir sur le palier, puis marcha quelques pas en direction de la porte de l’appartement d’Enya. L’ouvrier serra les dents aussi fort qu’il serra ses poings. Ses phalanges frôlèrent tout d’abord la vieille porte boisée. Son âme se détacha une nouvelle fois de son corps. Tu peux encore partir. Elle s’en fout de toute façon. Tu ne lui a pas manqué. Tu vas l’emmerder, elle était mieux avant de te connaître, tu lui apporte que dalle.
Vaas ferma les yeux en soupira longuement. Puis il toqua à la porte. Doucement mais suffisamment pour qu’il puisse être entendu. Rien. Il recommença son geste. Le silence comme seule réponse. L’homme se tenta même à tendre l’oreille vers l’appartement, mais il n’y avait pas un bruit. Était-elle absente ? Vaas avait pourtant l’habitude, auparavant, d’aller lui rendre visite vers ces créneaux horaires de fin de journées, en fin de semaine. Elle était beaucoup trop occupée les autres jours, son métier lui prenant un temps considérable. Finalement, Vaas se tenta à un geste outrancier et étonnamment osé pour une personne ayant hésité il y avait encore quelques minutes à seulement passer le pas de la porte de son immeuble : il empoigna la poignée de la porte et la tourna doucement. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’il constata que la porte s’ouvrit. Ce geste fit soudainement naître en Vaas mille questions. Enya ne laissa pas sa porte ouverte sans raison, elle n’était pas du genre inconscient. A moi qu’elle ne s’était absentée que pour quelques secondes ? Était-elle sortie pour quelques achats au coin de la rue ? Était-elle partie rendre visite à un voisin ? Des pensées plus tragiques se mêlèrent aux plus banales : était-elle sortie pour ne plus revenir ? L’attentat de Hide avait eu lieu il y a à peine une semaine. Se pourrait-il qu'elle fasse partie des victimes…

« Enya ?... » Dans sa lancée d’entrée par effraction, Vaas osa un rapide coup d’œil dans l’entrebâillement de la porte entrouverte par ses soins. Ce simple regard furtif fit naître en lui une chaleur réconfortante et chaleureuse. Rien n’avait changé. C’était le même appartement que dans ses souvenirs. Les mêmes odeurs. Son regard ne mit pas longtemps à tomber sur une silhouette avachie sur le canapé au milieu du salon. Enya semblait s’être assoupie d’une manière aussi inattendue que Vaas qui entrait sans invitation à son domicile. La voir ainsi cependant, rassura instantanément l’ouvrier.  Elle semblait apaisée, ainsi aux prises avec le sommeil. Chose rare venant de la jeune femme, ce qui amusa et interrogea Vaas, habitué aux insomnies de cette dernière, tout comme lui. C’était une chance qu’elle ait pu trouver le sommeil avec les événements actuels. Que pensait-elle de ce nouveau joyeux bordel ? De ce Hide sorti de nulle part ? Il n'avait plus de radio et ne pouvait plus suivre son émission, ayant mis la plupart de ses biens au prêteur sur gage pour avoir des fonds depuis son retour, était-elle toujours active ? Il avait tant de chose à rattraper. Mais elle était donc bien là, vivante, en bonne santé. C’était tout ce qui importait. Mais partir dorénavant relevait d’un niveau au-delà de la lâcheté. Vaas marcha d’un pas lent en fermant doucement la porte derrière lui. Sans être dans un désordre ambiant comme l’était l’appartement de l’ouvrier, celui d’Enya était malgré tout loin d’être différent, mais l’ambiance qui y régnait était plus agréable et amical que celui de Vaas. Plus féminin.

L’état somnolent de la jeune femme avait le don d’apaiser quelque peu l’ouvrier. Il s'accroupit auprès d’elle de sorte de se retrouver au même niveau. D’une voix chuchotant, il se risqua à l’appeler « Eh… Tu… dors vraiment ou… » Aucune réponse mise à part des grognements mécontents. Prenant ça comme une affirmation du pays des rêves, Vaas tourna son regard vers l’amoncellement de feuille qui semblait avoir été consulté juste avant que la jeune femme ne tombe dans un coma de burn-out. Il en prit quelques-unes dans l’espoir de les rassembler en un tas compact. Alors qu’il voulait les poser sur la table basse, son coude heurta violemment le support, encombrée d’objets divers et résonnants. Serrant les dents, autant à cause de la douleur que du bruit sourd qui résonna dans l’appartement, Vaas tourna son regard aussitôt vers Enya. Il y avait des chances que le bruit la fasse émerger. Il y avait mieux comme réveil.
Ce sentiment de paradoxe lui reprenait. Il était à la fois heureux de la revoir et craignait son jugement quant à son départ inopiné. Peut-être qu’en lui expliquant elle comprendrait ? Tu aurais dû la prévenir avant. Peut-être qu’il se faisait du souci pour rien ? Elle va te chasser, pars pendant que tu le peux. Il posa une main sur son épaule couverte d’un tee-shirt. Dégage putain, elle qui dort jamais tu vas pas la réveiller si ? T'as déjà fait suffisamment de boucan. Il rapprocha la fine couverture qui couvrait ses jambes et la remonta jusqu’à ses épaules. L'avait-il réveillé ? Il lui fallait plus de temps. Malgré ses mois d'errance, il n'était pas prêt. Et en même temps, il ne pouvait plus attendre. Ce paradoxe l'angoissait à en faire trembler sa jambe sur laquelle il se tenait, toujours accroupi près d'elle. Comme un môme effrayé des remontrances de sa mère. Comme un ami qui a peur d'avoir perdu un être cher. Et pourtant, comme un lâche heureux d'avoir retrouvé la présence apaisante d'une âme salvatrice.

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MessageSujet: Re: The Dirt Whispered (Enya)   Mer 4 Juil - 20:55


« You left me here to stay »


Des jours que je n’avais pas trouvé le sommeil. Des jours entiers à prolonger mes gardes à l’hôpital, ou à faire des cauchemars de ce que j’y voyais. Avec les attentats, les urgences avaient été vite débordées. Et moi aussi. Les gens arrivaient, hurlant, pleurant, et j’essayais désespérément de les sauver. Certains mouraient avant même que j’aie pu essayer de les aider. D’autres étaient morts devant moi, comme ça. Je veux dire, j’avais vu des gens mourir aux urgences avant. Mais pas autant, pas en si peu de temps. C’était un carnage. J’avais fait ce que j’avais pu. Je faisais ce que je pouvais depuis des jours. Chaque fois le médecin chef me renvoyait chez moi au bout d’un moment, voyant mon épuisement. Mais je ne dormais pas. Ce soir, j’avais juste ramené les dossiers chez moi. Parce qu’il fallait bien remplir les rapports de décès. Au milieu du chaos, la paperasse, éternellement présente. Plus coriace que ces foutus cafards.

Et puis, d’un coup, la fatigue. L’appel du sommeil, d’une puissance si violente que j’en fus surprise. Je m’endormis là, recroquevillée dans mon canapé, sans la force de me trainer dans mon lit. De toute façon, le lit avait encore les souvenirs de Tim et je n’en voulais plus. J’attendais que cette blessure cicatrise, avant. Le canapé semblait bien plus accueillant. Je m’étais endormie d’un sommeil sans rêves, salvateur. Nécessaire.

Enfin, ça, c’était jusqu’à ce qu’un bruit me réveille. J’étais tellement profondément endormie que je mis un bon moment à réellement émerger. Le bruit. Un juron étouffé. Mes yeux refusaient de s’ouvrir, ma conscience avait un mal fou à émerger. Je sentis la chaleur de la couverture sur mes épaules. Puis mon cerveau connecta les faits. Il y avait quelqu’un chez moi. J’avais oublié de fermer la porte, prise de fatigue et perdue dans mes pensées. Quelqu’un était chez moi. Un voleur ou un tueur très attentionné qui prenait le temps de remettre la couverture sur moi avant de me massacrer ou me cambrioler. J’ouvris les yeux d’un coup, me redressai et attrapai la première chose qui me tombai sous la main. En l’occurrence, mon stylo. On a vu mieux comme arme. Mais j’étais prête à me défendre bec et ongles. Sauf que je n’eus pas à le faire, parce que je n’avais pas en face de moi un voleur ou un tueur. J’avais devant moi un fantôme. Mon cœur manqua un battement.

C’était Vaas.

Vaas qui avait disparu sans laisser de traces il y a des mois. Vaas qui avait prévenu Tim, mais pas moi. C’est Timothée qui avait du me dire qu’il était parti pour des affaires personnelles, qu’il allait bien. Vaas que j’avais cru mort, à force. Je m’étais dit qu’il ne reviendrait jamais. J’avais fait le deuil de mon meilleur ami. Et voilà qu’il était là, à me couper mon sommeil, à foutre le bazar sur ma table basse. Je me levai d’un bond, postée devant lui.
« T’es vivant », dis-je simplement, avant de lui foutre une claque monumentale. « T’es vivant ! T’es parti sans un mot ! J’ai cru que t’étais mort ! Tu es revenu quand, pourquoi t’es pas venu me voir avant ? Pourquoi t’es parti ? Bon sang Vaas, tu…je… »
Les larmes me montèrent aux yeux, et je lui sautai au cou. Il m’avait manqué, plus que je ne l’avais moi-même imaginé. Vaas me comprenait, il ne m’avait jamais jugée. Il ne m’avait jamais menti, ne s’était jamais servi de moi. Il avait juste été mon ami, toujours, sans poser de questions. Et quand il était parti, il avait laissé un vide sidéral en moi. Un vide qu’il venait combler à nouveau. Et j’étais en colère, mais heureuse comme tout. Je lui lâchai le cou et croisai les bras devant moi.
« Je te préviens, si tu as cassé ma première nuit de sommeil de la semaine juste pour me dire bonsoir, ou me dire que tu repars, je te brise en mille morceaux. J’ai droit à une explication. »


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MessageSujet: Re: The Dirt Whispered (Enya)   Sam 7 Juil - 13:29


Le geste brusque de la jeune femme soudainement réveillé avait failli faire perdre l’équilibre à Vaas toujours accroupi. Enya s’était réveillée aussi rapidement et prématurément que l’arrivée d’un éternuement sorti de nulle part. Par réflexe et en voyant son bras vengeur tenant un sanglant stylo comme arme blanche, Vaas brandit une main en signe de reddition. Pendant une très longue seconde, Vaas crût qu’elle ne l’avait pas reconnu. L’aurait-elle oublié ? Avait-elle procédé à un déni quant à sa personne qui avait mené à un effacement de son entière personne dans sa mémoire ? Or, ce sentiment disparu lorsqu’il la regarda dans les yeux. Elle ne l’avait pas oublié non. La surprise avait en revanche élu domicile dans son regard comme une étincelle d’étonnement inopiné.

Le stylo/poignard rabaissé, Vaas ne vit cependant pas son autre main s’élancer contre sa joue et provoquant une claque magistrale et résonnante. Des picotements désagréables retentirent d’un coup sur sa joue meurtrie dont il posa spontanément sa propre main pour atténuer la douleur. Sa surprise fut telle que ses sourcils dessinèrent une onde de choc, tout comme le laissait deviner également sa bouche ouverte de stupeur. L'accueil reflétait parfaitement la situation : de la surprise qui laissait place au choc et à la colère. On avait beau s'y préparer, la douleur physique s'en faisait désagréablement ressentir. S’en suivit les questions. Les questions que Vaas redoutait. Il aurait dû se préparer. Pourquoi ne s’était-il pas préparé ? « Ouais… Ouais j’suis vivant je… Ça fait à peine trois semaines que j'suis revenu... J’aurai dû passer t’voir avant j’sais… C’était pas prévu, j’étais… » Piètre tentative d'excuse qui était par avance vouée à l'échec, les mots se mêlèrent mais ne formèrent aucune phrase logique. Il voyait les yeux d’Enya qui commençait à se remplir de larmes. Cela le paralysa instantanément. Sa gorge fut nouée et l’ouvrier se retrouva dans l’incapacité de continuer sa pauvre défense. Des hoquets timides tentèrent de s’échapper de ses cordes vocales mais rien de bien concluant ne sortirent de ces muscles. Puis une étreinte. Aussi soudaine que la gifle. De nouveaux picotements le tiraillèrent au fond de son estomac, mais d’une toute autre nature. Il s’agissait de ce sentiment qui l’emplissait d’une chaleur bienfaisante. Il l’avait retrouvé. Lui, peu ouvert aux gestes tactiles, même envers les personnes qu’il appréciait, se laissa tomber dans cette chaleur humaine réconfortante et serra ses bras autour de la taille de son amie. Sa gorge était toujours nouée mais une force venue probablement des larmes qui lui montaient aux yeux, lui donna assez d’énergie pour prononcer les mots qu’il lui devait tant : « Pardon… J’suis désolé Enya, pardon… »

Elle le relâcha pour prendre une pause qui se voulait beaucoup plus intimidante. Elle voulait des réponses. Il les lui devait. « Non… J’repars pas non… » Il s’assit sur le canapé à côté d’elle. En s’asseyant, il fit plus attention à la paperasse éparpillée sur la table. Ils avaient tous la même forme, « certificat de décès » était inscrit en haut des pages. Des papiers venant de l’hôpital ? Enya travaillait donc tellement qu’elle ramenait le boulot à la maison. Vaas posa ensuite son regard sur la jeune femme, sûre d’elle et déterminée. Il renifla bruyamment, débris de ses émotions qui avaient pris le dessus quelques instants plus tôt. « J’aurai voulu revenir plus tôt, mais j’ai été retardé. » Il avait chargé Timothée de lui expliquer les raisons de son départ, qu’il était parti car il pensait pouvoir retrouver sa mère. Et se faire pardonner. Mais Vaas aurait dû se douter que passer par un intermédiaire n’était pas suffisant, encore moins lorsqu’il s’agissait d’Enya. « Tim a du te le dire, j'voulais retrouver ma mère, puis en chemin, j’suis tombé sur quelques embuches. ‘fin pour de vrai, tu comprends… J’suis vraiment tombé, j’me suis blessé...  et j’étais… pas bien. » Il n’osa pas aller plus loin dans la description de ses blessures peu ragoutantes au torse et au crâne qui avaient nécessité plusieurs semaines de convalescence. La nécrose que les blessures avaient provoqué lui avait valu plusieurs semaines de quarantaine drastique de la part de son amie soigneuse à la Communauté. Enya était au courant de ce mal qui le rongeait sans en connaître les détails. Vaas avait appris récemment qu'il n'était pas le seul dans cette situation. Il devrait peut-être le lui dire... Elle méritait de le savoir, elle l'avait soigné maintes blessures qu'il avait écopé à son travail sur les chantiers. L'homme garda cette pensée en tête en attendant le bon moment.
« C’est la Communauté qui m’a retrouvé. Ils m’ont soigné… Mais maint’nant j’suis là. » Il détourna son regard sur la table basse devant eux. Eux aussi, il les avait abandonnés malgré leur soin prodigué, malgré une amitié retrouvée et des nouveaux liens liés. Mais pourtant, il était évident qu’il ne pouvait pas rester parmi eux. Malgré leur accueil, il n’était pas des leurs. Retourner en ville après son rétablissement était pour lui la chose naturelle à faire, aussi ingrat pouvait-il paraître.

Son regard se perdit quelques instants dans le vide en repensant à ces quelques mois passés en compagnie de la Communauté. Puis il se rappelait la raison de sa venue, à savoir, où en était Enya dans les agissements avec la Résistance. « Elle en est où l’émission ? J’ai plus d’radio, donc euh… T’es toujours active ? » Vaas n’était pas particulièrement fier d’avouer qu’il était également sans le sous. Il avait mis un nombre important de ses biens en vente à son retour, de quoi se payer le minimum pour la survie et payer les dettes de son appartement, aussi miteux était-il. Retrouver son travail n’était pas si facile, quand bien même, la paye n’arriverait pas avant un moment. Vaas prit doucement une des feuilles négligemment posées sur la table. C’était comme s’il tenait un parchemin vieux de plusieurs siècles prêt à s’effriter à tout moment. Comme si leur aura dû à leur nature de certificat de décès provoquait en Vaas un sentiment des plus déplaisant. La date de décès était similaire un peu partout. Elle correspondait à la date de l’attentat qui avait eu lieu quelques jours plus tôt. Il regarda Enya en pointant du menton la table basse et le papelard administratif. « C’est Hide qui a provoqué ça ? C’est à cause de ça qu’tu dors plus ? »

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MessageSujet: Re: The Dirt Whispered (Enya)   Ven 13 Juil - 17:58


« You left me here to stay »


Vaas tentait tant bien que mal de se justifier. Trois semaines. Trois semaines qu’il était revenu, et il ne venait que maintenant. Après des mois sans nouvelles, il attendait trois semaines. J’entendais ses excuses de loin. Trop en colère. Ou trop heureuse, je n’en sais rien. Il était là, et j’avais beau lui en vouloir, c’était en même temps tout ce qui comptait. Toutes ces fois où j’avais été perdue, j’avais cherché Vaas. J’avais cherché ses blagues, sa façon de toujours me parler honnêtement. Sa présence, simplement, parce qu’il suffisait souvent de ça. Qu’il soit là, qu’il m’écoute, qu’il m’offre une bière au passage ou que je lui en offre une. Nous n’avions pas besoin de plus. Mais chaque fois ces derniers mois que j’avais cherché Vaas, il n’était pas là. Chaque fois, je me rappelais qu’il était parti. Alors que ça aurait été tellement plus simple s’il avait été là. Toutes ces choses que j’avais dû affronter seule. Il m’avait manqué à chaque épreuve, à chaque choix difficile un peu plus. Maintenant qu’il était là, ça allait être plus simple. Ca devait être plus simple. Ca devait être comme avant. Parce que le présent était chaos. Il s’assit à côté de moi et je souris presque malgré moi.

Il ne repartait pas. Un poids s’enlevait de mon cœur et j’expirai longuement. J’avais besoin de Vaas dans ma vie. Maintenant plus que jamais, je crois. Ma vie était devenue un bazar pas possible. Je n’avais plus Timothée. Ma radio était devenue une activité dangereuse et j’avais presque peur désormais chaque fois que je prenais le micro. Je continuais à le faire, parce que je valais mieux que la peur que le Gouvernement avait tenté d’instiller en moi. Mais c’était un effort chaque fois, un effort qui n’existait pas avant. Et puis, les gens mouraient, la guerre entre Hide et le Gouvernement était déclarée et le monde semblait sombrer à nouveau dans le chaos.

« Tim a du te le dire, j'voulais retrouver ma mère, puis en chemin, j’suis tombé sur quelques embuches. ‘fin pour de vrai, tu comprends… J’suis vraiment tombé, j’me suis blessé...  et j’étais… pas bien. »
Je hochai la tête et lâchai un petit pouffement. C’était bien son genre, à Vaas, de tomber, de se prendre les pieds dans les racines.
« Timothée m’a dit oui… ». Rien que d’évoquer le nom de Timothée faisait mal, un peu. Pourtant c’était ma décision. Encore une fois, je brisais mon couple. Mais il me manquait, cet idiot, au fond. Vaas était peut-être déjà au courant. Peu importait. Je ne voulais pas parler de Tim ce soir. Je voulais parler de Vaas. L’autre idiot de ma vie, qui s’était jeté en dehors des murs pour trouver sa mère. Vaas m’avait peu parlé d’elle, comme je parlais assez peu de ma famille. Parce que ça restait douloureux, je le sentais. Ils n’avaient pas les meilleures relations du monde, de ce que j’avais compris. Une de ces relations ambigües parent-enfant comme il y en avait trop. Je pouvais comprendre qu’il l’ait cherchée. Même si c’était un risque inconsidéré. En témoignait son allusion à ses chutes. Au point que la Communauté ait dû le rafistoler. J’écarquillai un peu les yeux. La Communauté avait été longtemps une rumeur un peu folle. Des gens qui survivaient et s’épanouissaient en dehors des murs. Impossible. Et puis l’information avait été confirmée. Non seulement cela existait, mais la Communauté aidait notre Gouvernement. Et puis, finalement, ils étaient venus s’installer dans l’enceinte des murs, dans le Bayou, depuis peu. Ils étaient ces gens étranges dont tout le monde parle, que les gens vont observer de loin, mais dont on reste à l’écart. C’était la première fois que j’entendais quelqu’un qui les avait réellement côtoyés. J’avais des questions sur eux, mais pour plus tard.

« Elle en est où l’émission ? J’ai plus d’radio, donc euh… T’es toujours active ? »
Je fis une légère grimace. Il allait falloir que je lui raconte mon aventure avec l’autre crétin du Gouvernement. Il n’allait peut-être pas apprécier ce que j’avais fait. Après tout, aller demander de l’aide à Noah était un risque aussi. Mais j’avais décidé de faire confiance, et Noah m’avait aidé. J’allais lui répondre quand il se saisit d’un de mes dossiers. Je soupirai. Encore un certificat de décès.
« C’est Hide qui a provoqué ça ? C’est à cause de ça qu’tu dors plus ? »
Je hochai doucement la tête, une boule dans la gorge.
« C’est le chaos ici, Vaas. Je pensais pas que c’était possible, mais….je sais pas trop quoi en penser. »
Je haussai les épaules, puis inspirai un bon coup. Il allait bien falloir que je lui raconte. Autant tout lui dire maintenant.
« Un mec du gouvernement est venu me poser un peu trop de questions, au boulot. Quand j’ai vu qu’il me suivait, je me suis inquiétée. J’étais sûre qu’il savait pour la radio. Alors je suis allée voir Noah, et il a réussi à m’en débarrasser, je ne sais pas comment. Depuis, j’ai repris la radio, mais moins souvent. Et je fais plus attention, à ne pas laisser de traces. Je prend un peu moins de risques. Voilà ce qui arrive quand je n’ai plus mon acolyte. », dis-je avec un léger sourire. Même la radio avait moins de saveur sans Vaas. Il était mon « partner in crime ». J’étais comme Tic sans Tac.
« [color:5085=99ccff]Quant à Hide, oui, c’est lui qui a fait ça. Au début, il a juste dévoilé des informations sur des gens. Mais là, il a fait péter un bâtiment gouvernemental. Les morts s’empilent, j’enchaine les gardes. D’un côté c’est horrible. De l’autre…ça a le mérite d’être un message fort. Qu’une vraie résistance est de retour. En attendant, je dors peu. Et quand je dors, des gens viennent me réveiller pour s’excuser de m’avoir laissée en plan. Et ils m’apportent même pas de cadeau. »


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les petits papiers
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MessageSujet: Re: The Dirt Whispered (Enya)   Mer 18 Juil - 22:51


Vaas sourit face à l’air étonné d’Enya en mentionnant la Communauté. Lui-même avait été le premier surpris lorsqu’il s’était réveillé dans leurs murs, bénéficiant de leurs soins et leur accueil. Là-bas, il avait retrouvé Dania, ombre du passé venu le sauver. Eux, reculé par-delà les murs, ont été déplacé dans le bayou, beaucoup plus proche tout en restant à l’écart, comme pour conserver leur part de marginalisation. Vaas se sait en danger dorénavant. Il ne sera plus le bienvenu. Une part de lui s’en voulait de les avoir abandonné, mais il ne pouvait en être autrement. A croire que l’ouvrier avait pris de mauvaises habitudes, enchaînant les déceptions que les gens finissaient par avoir à son égard. Et vivre avec cette culpabilité ne faisait que le ronger davantage.

« C’est le chaos ici, Vaas. Je pensais pas que c’était possible, mais….je sais pas trop quoi en penser. » Le regard de Vaas devint grave, les sourcils froncés par les interrogations qui se mêlaient dans son esprit. Il reposa le certificat de décès sur la table, doucement, comme s’il s’agissait d’un parchemin prêt à s’effriter au moindre mouvement brusque. Le chaos était devenu leur quotidien depuis 2012. Mais dorénavant, c’était comme si la situation avait pris une ampleur grandiloquente. Enya raconta alors son périple face à un homme du gouvernement qui le suivait dangereusement. Vaas s’adoucit un peu face au sourire de son « acolyte ». Il n’était pas rare que Vaas la soutienne durant quelques émissions. Pour lui, son émission était un outil important de propagande anti-gouvernemental et il fallait en user à la fois avec précaution mais aussi détermination. Ça lui avait manqué, de ne plus être son bras droit, de ne plus la fournir en accusations à l’encontre des membres du gouvernement et slogans révolutionnaires. « J’t’aiderai à la reprendre. On peut crypter nos données, faire en sorte de changer notre lieu d’émetteur alors que de notre côté on bouge pas d’un pouce. J’te montrerai, faut que toi aussi tu puisses pouvoir te protéger, acolyte. » Les doigts croisés au-dessus de ses genoux, il offrit à Enya son sourire le plus espiègle. Il n’aimait pas la savoir en danger, et avoir été absent alors qu’elle avait besoin de lui fit naître en l’ouvrier un sentiment de culpabilité qui lui noua l’estomac. Il lui apprendra quelques rouages du hacking, juste suffisamment pour qu’elle sache passer inaperçue aux yeux des plus curieux.
En mentionnant le nom de Noah, son esprit eut le même effet que Proust lors de la dégustation de sa plus fameuse madeleine. Ce prénom résonna en lui comme un lointain souvenir d’un homme douteux dont il ne fallait pas se fier. Vaas n’avait jamais su les détails, mais il lui semblait que son amie et cet homme avait eu une relation pendant un certain temps. « Et t’es sûre qu’il t’en a débarrassé de ce type ? C'est bien le Noah de l'hôsto ? » Il avait été engagé pour retaper le bureau du psychiatre il y avait quelques années. Et étrangement, il n’imaginait pas l’homme prendre de tel risque. Ne travaillait-il pas avec ce gouvernement tyrannique sous l’aile ?

Enya se confia ensuite sur les attentats. Puis Hide. Son rôle et ses actions qui avaient le mérite de débattre sur ses réelles convictions. Elle semblait bouleversée. Par les pertes humaines mais aussi par ce nouveau tournant que provoquait cet individu sorti de nulle part. « [...] En attendant, je dors peu. Et quand je dors, des gens viennent me réveiller pour s’excuser de m’avoir laissée en plan. Et ils m’apportent même pas de cadeau. » Vaas sourit une nouvelle fois avant de détourner son regard sur le sol, allié indispensable avec monsieur plafond, des moments où l’embarra dictait nos globes oculaires. « Tiens… Cadeau. » Pour seul geste, Vaas s’approcha d’Enya. L’ouvrier colla la paume de sa main sur la nuque de son amie et déposa de ses lèvres un signe d’affection unique sur le front de la jeune femme. Les gestes d'attachement étaient rares venant de Milligan. Un blocage émotionnel venant du cœur et du corps, qu’il tentait quelques fois de combattre comme aujourd’hui. Il s’éloigna ensuite légèrement, avec un sourire narquois accompagné d’un clin d’œil digne du plus mauvais nanar jamais réalisé et un petit rire chaleureux pour conclure. Il lui avait manqué, cela ne faisait aucun doute.

Un grattement de crâne vivace comme pour se remettre les idées en place et Vaas reprit un ton plus sérieux lorsqu’il évoqua le sujet qu’il avait délibérément abordé, en l’occurrence, l'arrivée de Hide. « Ouais, j’ai entendu parlé de ses agissements. » Vaas s'affaissa contre le fauteuil en passant une nouvelle fois une main derrière son crâne et laissa échapper un soupir las. Cette même main retomba mollement sur sa cuisse, son regard encore perdu dans le vide. Il tapota une nouvelle fois les poches de sa veste. L’envie de cigarette allait au-delà de toute espérance. « On peut lui reprocher ses méthodes, mais au moins, s’il peut aider les indécis à choisir leur camp… ‘fin c’est pas dit qu’ils choisissent le bon après les conneries qu’il a fait… »

Il sortit des feuilles de tabac jaunies par le temps ainsi que son pot à tabac tout aussi vieux et usé. Vaas se leva, se dirigeant vers la fenêtre tout en continuant son discours. « T'sais quoi ? J'dirais même qu'il m'intrigue… Si on peut tous se réunir derrière son drapeau, pourquoi pas. C’est ptêtre ça qui nous manque… Un leader. J'dis pas qu'c'est l'gars qu'il faut, mais ça m'fait penser qu'on a besoin… j'sais pas, ouais, d'un leader… » Sur le chemin, il chopa un verre afin de s’en servir comme cendrier. Mais une fissure lui avait échappée. Un léger glissement du pouce a suffi pour l’entailler. L’ouvrier jura tout en crispant son visage. « P’tain Enya, mon cadeau ça sera une nouvelle vaisselle. » Un léger filament de sang coula sur sa paume jusqu’à tomber sur son poignet. Le processus commença. Il put à peine rajouter un mot que son métabolisme prit le relais. Vaas pouvait apercevoir seconde par seconde la blessure se changer en nécrose. Longue cicatrice amère et désagréable à l’œil, cela eut le mérite de faire naître une nouvelle confession à l’attention d’Enya. « Ça m’fait rappeler… Ce truc là… J’suis pas tout seul. » dit-il en désignant la blessure déjà nécrosée. Il n’avait que trop tardé à le lui avouer également. Enya fut la première personne qu’il avait côtoyé lorsqu’il avait eut par le passé de sévères contusions, notamment à cause du travail. Il se souvient encore de la première coupure de chantier qu’il s’était faite et de l’horreur face à sa nécrose dont il ne comprenait pas l’origine. Trop effrayé pour aller aux urgences et se faire soigner par un inconnu qui le prendrait pour un pestiféré, c’est vers Enya qu’il s’était dirigé. Incompréhension mais empathie s’était toujours mêlée à ses soins. Aucun des deux ne comprenait la situation, et Vaas lui était encore reconnaissant pour son silence malgré ses questionnements justifiés. Questionnements auxquels lui-même n’avait aucune réponse. La situation était encore floue malgré les éclaircissements apportés par Tristan lors de ses séances d’entrainements.

Il s’assit sur le rebord de la fenêtre avec le verre fissuré délicatement posé à ses côtés. Un geste vif de sa boite d’allumette alimenta en feu sa source de poison pulmonaire. Il lâcha une première expiration à l’extérieur pour ne pas envahir l’appartement de sa fumée nauséabonde. « Un ami résistant me l’a appris… Il est… comme moi. » Comme moi était une expression bien relative dans le domaine étrange et diversifié qu’était l’humanité. Plus ils avançaient dans le temps, plus Vaas avait la sensation que son spectre des possibilités surnaturelles s'élargissait. Si on lui avait dit il y a six ans qu’il ferait parti de ces créatures possédant des capacités particulières, il aurait ri au nez desdites personnes avant de leur tourner le dos, cordialement. « J'comprends toujours pas c'qui m'arrive, mais j'suis pas tout seul, et j'sais toujours pas à quoi c'est dû, mais j'suis pas malade faut croire… Mon ami m'a appris à… j'sais pas c'que c'est, contrôler… certaines pulsions que j'comprenais pas… » Énième passage de main à l’arrière de son crâne tant la situation lui échappait encore. Trop de nouveautés. Trop de questionnements. Trop d’acteurs en jeu et si peu de temps pour assembler toutes les pièces du puzzle dont plus de la moitié sont portées disparues. Allait-elle le juger ? Étrangement, il n’arrivait pas à se détacher de cette pensée. La Nouvelle-Orléans étaient jonchées d’humains pas que humains. Était-elle déjà au courant que Vaas n'était pas le seul ? Avait-il bien fait de la prévenir ? L'ouvrier s'adonna à une longue inspiration de sa cigarette entamée comme pour tenter de suffoquer un sentiment d'angoisse qui pointait le bout de son nez.

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the evil thoughts upstairs they don't need company, this broken glass it reflects back the person i've become and now, here i am, i feel numb, on the fence, on the run, spill my guts, what an act, i am sad, but to me i'm lovely sad. (c) P!A
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