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 All This and Heaven Too - Lazlo

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Laugh like a jackal

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MessageSujet: All This and Heaven Too - Lazlo   Lun 2 Juil - 2:36


« And it talks to me, it tiptoes
and it sings to me inside
it cries out in the darkest night
it breaks in the morning light  »




Lazlo & Mikkel
All This and Heaven too

Il faisait froid dans cette cellule, un froid terne, silencieux et pesant, un froid qui rongeait la peau jusqu'à l'os. L'air sentait la poussière et le renfermé, on aurait dit qu'il était chargé de rancœur, au point de m'irriter la gorge à chaque inspiration. Blotti dans un angle de cette piaule blanche, à même le sol bétonné, je prononçais des mots dans mon sommeil, le front brûlant et la respiration haletante. L'homme masqué. Il ricanait dans les ténèbres, prévoyant les cataclysmes qui venaient d'avoir lieu pour de bon, défigurant l'ouest de la ville par des explosions meurtrières. J'étais si loin de tout ça lorsque les attentats avaient été commis, déconnecté du rythme normal de la vie depuis des semaines, me cachant dans les bas-fonds de la cité comme un exilé en espérant me faire oublier. Et quand Shane m'avait prévenu que le quartier gouvernemental était à feu et à sang et qu'il fallait se planquer dans le bayou pour éviter les représailles inévitables, je l'avais laissé prendre l'avance en lui promettant que je le rejoindrais. Je l'aurais fait mais pas sans m'assurer que ma famille allait bien et qu'ils étaient tous sains et saufs. Bordel, qu'est ce que j'aurais pu faire pour eux, de toute façon ? Mon père, où est mon père...? Mes mots s'étouffaient dans ma bouche pâteuse pendant que je cherchais désespérément Roman, dans les venelles tortueuses de mes cauchemars. Mais je ne faisais que courir encore et toujours dans ce labyrinthe sans fin, pourchassé par la horde de militaires anonymes vêtus d'uniformes noirs. Et quand leurs matraques s'abattaient sur moi de tous les cotés, comme une pluie de coups rageurs, je savais qu'il me serait impossible de leur échapper. Ils m'avaient eu, j'étais leur captif, comme tous ces pauvres diables attrapés au hasard au cours de cette purge impitoyable.

Je ne savais pas si je rêvais encore, lorsqu'il me traînèrent dans les couloirs pour rejoindre cette salle d'interrogatoire dans laquelle ils me ramenaient inlassablement, sans me permettre de dormir. La privation de sommeil était l'un des supplices auquel j'avais droit depuis ces derniers jours, sans doute pour mieux me briser et me contraindre à parler. Ils avaient abattus les autres mecs qu'ils avaient capturés en même temps que moi, je les avais vu s'écrouler devant moi, après qu'on leur ait froidement tiré une balle dans la tête. « Si des résistants ne se dénoncent pas dans 2h, ils seront exécutés à leur place.» Mais personne n'était venu se dénoncer et ces innocents avaient été sacrifiés sans pitié par des soldats aux visages impassibles, payés pour faire régner la terreur. Pourquoi ils ne m'avaient pas encore tué ? Parce que ces connards étaient persuadés que je détenais des informations concernant Hide, mon nom faisant partie de ceux qui avaient été salis par les révélations de ce sinistre pantin. J'avais beau leur répéter que j'étais sa victime et que je ne savais absolument rien sur ce foutu clown, ils s'en foutaient éperdument et après chaque interrogatoire, je rejoignais ma cellule, le visage tuméfié et couvert d'ecchymoses. J'avais fini par croire que le jeu les amusait de tabasser un métamorphe pour mieux parier sur le moment où je serais assez vaillant pour endurer une nouvelle séance. Je pensais à l'histoire de ce type, enchaîné par Zeus à un rocher pour qu'un aigle lui dévore le foie toute la journée alors que toutes les nuits il se reconstituait. Le jeu aurait pu durer le temps d'une vie entière.

« Donne moi des noms de résistants. »
« Ted et Bill... Oukoi. »
« ... »
« Donne nous des noms ou je te jure que tu vas morfler. »
« ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE ! ALLEZ VOUS F... »

Est-ce qu'il y avait réellement cette petite fenêtre, tout en haut du mur, ou bien était-ce juste les flashs brillant devant mes yeux qui me faisaient croire à ce carré de ciel bleu ? Peut-être que c'était encore un de ces rêves, créé par mon esprit comateux, à demi-assommé par la fatigue et la douleur. J'avais pourtant cru y voir une colombe se poser, l'espace d'un bref instant, les ailes déployées dans un frissonnement. Lazlo. Son prénom était revenu plusieurs fois dans mon sommeil, prononcé sans que j'en  prenne conscience alors que je gisais sur le carrelage tâché de mon propre sang. Le souvenir de cette navette construite avec des coussins et des couvertures, sur le toit de  son immeuble, se dessinait dans mes pensées et je revoyais les yeux céruléens se plisser dans un sourire, pendant qu'il chantait comme David Bowie. Un rire fiévreux me secoua avant que je ne sombre à nouveau dans les ténèbres, privé de mes forces, même si j'entendais au loin les ordres des gardes qui me harcelaient. On m'ouvrait les paupières pour y faire entrer une lumière aveuglante, mon cœur cognait si fort que je m'entendais à peine parler.

« C'est qui Lazlo ? Parle ! C'est un résistant ? »
« Non.. non. »
« Parle ou tu le regretteras. C'EST QUI ?»
« Mon ami... C'était mon ami et je l'ai envoyé se faire foutre... Je lui ai dit que je voulais plus jamais le revoir.  Je lui avais juré qu'il pouvait tout m'dire et que je l'abandonnerais pas mais j'l'ai fait. J'pensais qu'il allait dire ou faire un truc mais il m'a juste regardé partir... »
« C'est peut-être lui qui t'a trahi, tu crois pas ? Allez, on sera indulgent si tu coopères. Où se cachent les ennemis du gouvernement ?»
« Dans ton c... »

La beigne m'avait fait tomber de ma chaise et je redressai vers le soldat un regard un regard embrumé, ne sachant s'il faisait partie de mon cauchemar. Vu la douleur qui me cognait dans la tête, ça devait être vrai. . Cette fois, j'allais mourir, c'était sûr et certain. On m'avait emmené à l'extérieur, jusqu'à m'embarquer dans un fourgon de l'armée et, même si personne n'avait évidemment pris la peine de me dire où on se rendait, je savais qu'on me conduisait à l'abattoir. Le peuple avait besoin de contempler la force et la puissance impitoyable du gouvernement pour se souvenir de son autorité et de sa grandeur. C'était à ça que servait le Colloseum, ce théâtre géant qui mettait en scène les pires violences dont étaient capables les salauds qui nous dirigeaient d'une main de fer. J'avais déjà vu ces exemples de barbarie sur les écrans de télé, où les jugements arbitraires précipitaient les condamnés dans des arènes et les forçaient à combattre pour leur survie. On se croyait revenus au temps des gladiateurs où le peuple avide, dans un mélange de curiosité malsaine et de terreur, réclamait du pain et des jeux pour assouvir sa faim grandissante. Qu'on les demande ou pas, le gouvernement les leur offrait de toute façon. Des spectacles de pure violence, sans la moindre censure, se jouaient alors, pour compenser sans doute cette prohibition rigide à laquelle tous étaient soumis.

J'étais seul à l'arrière du fourgon, la vague pénombre qui régnait dans l'habitacle me permettait d'y voir correctement, même si ça ne me servait pas à grand chose. Aucune vitre, pas la moindre chance de réussir à ouvrir les portes pour sauter en marche et me permettre de fuir. Je ne pouvais qu'écouter le moteur ronronner, sentir les secousses que provoquait la route inégale et cogner mes poings contre les parois en pure perte. Je cognais, encore et encore, sans un cri, sans un mot, des coups réguliers, tragiques par leur cadence robotique. Parce que ce n'était pas la peur ou la rage qui me motivaient à frapper mais un chagrin trop lourd à porter. Peut-être que si j'usais mes dernières forces à me défoulant sur cette tôle, la fatigue me rattraperait et que je m'écroulerais au bout d'un seul pas dans l'arène. Peut-être que je ne serais pas obligé de frapper de pauvres gars inconnus, peut-être que je pourrais juste me coucher et les laisser me donner le coup de grâce. Je ne dirais rien, je ne leur offrirais pas le plaisir de la peur ou de la douleur dans mes yeux. Est-ce que mon père le verrait ? J’espérais que ce serait rapide...

Je fermai les yeux. Et puis ce fut le chaos. Le fourgon avait fait une violente embardée et sous cet écart trop brusque, la vitesse l'envoya valdinguer sur le coté, au point de rouler sur lui même. Le choc contre la paroi m'assomma sur le coup et puis tout ne fut que ténèbres. Dans mes rêves, je n'avais mal nulle part, je me sentais juste trop lourd et engourdi. Les mots s'échappaient parfois d'entre mes lèvres, des mots qui n'avaient aucun sens ou peut-être que si, au fond de mes délires. La tour de contrôle demandait au Major de mettre son casque. Now it's time to leave the capsule if you dare.




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MessageSujet: Re: All This and Heaven Too - Lazlo   Lun 2 Juil - 12:06


Echouer. Recommencer. Se concentrer. L'entendre hurler. Se concentrer. Sentir ses os se briser, ses membres se déchirer. Se concentrer. Echouer. Recommencer.

Milo le lui avait bien dit, pourtant. Qu'il ne fallait pas qu'il épuise toutes ses forces, qu'il ose trop ou trop souvent, au risque de résolument se faire mal. Que la transformation ne se maîtrisait que progressivement, une pleine lune à la fois, que ça ne pouvait pas se commander aussi facilement que ça. Que pour certains, la transformation était quelque chose d'aussi naturel que de respirer, et que d'autres auraient beau tenter autant qu'ils le voudraient, ça ne serait jamais suffisant. Est-ce que Lazlo l'avait réellement écouté ? Pas vraiment. Plutôt le contraire, en vérité. Avec l'acharnement de celui qui n'a plus rien à perdre, il s'y essayait tous les soirs depuis des semaines entières. Des mois, peut-être, qu'en savait-il. Tout ce que l'Oiseleur comprenait, c'était qu'il n'était pas assez en phase avec la colombe luzon. Qu'arriverait un moment où leurs capacités conjuguées seraient utiles à une cause plus profonde, et que pour ce faire, ils devraient travailler en harmonie. Alors il avait pris son courage à deux mains. S'était contraint à endurer la violence des transformations, leur douleur et leurs frustrations à bras le corps avec l'énergie du désespoir. Parce que c'était bien tout ce qu'il lui restait, à présent.
Le désespoir, et des amis par trop inquiets qui le voyaient s'abîmer chaque jour un peu plus sans qu'il ne daigne écouter leurs réclamations. Lève le pied, Lazlo. Fais attention à toi, Lazlo. Te fais pas plus mal que de raison, ça sert à rien, Lazlo. Putain. Y'avait des gens qui crevaient, dans les rues, y'avait les rapts, y'avait les bombes et les exécutions. Les rues n'avaient jamais été aussi peu sûres, et à quel prix ? Celui de la vie de dizaines, peut-être même de centaines d'innocents. Et il fallait qu'il s'arrête ? Ce n'était pas lui, ça.
Ca n'avait jamais été lui, ça.

L'attaque du Gouvernement était encore trop récente, ses cendres encore trop incandescentes pour qu'il ne s'use à l'indolence. Hide avait serré ses petits poings et, au terme d'un énième caprice, s'était servi de ses descentes dans le Government Building pour planifier son attaque, sans en référer aux petites mains, Lazlo compris, qui avaient oeuvré à parfaitement calibrer l'assaut sans la moindre perte dans leurs propres rangs. Une attaque terroriste au goût amer de fiasco, en ce qui concernait l'Oiseleur. Mais il n'y avait pas eu qu'elle, non. Les rapts avaient suivi, les exécutions avec eux, taillant dans le vif sans distinction.
Ce n'était pas ça, sa cause. Ce n'était pas pour ça qu'il s'était battu aussi longtemps, quand bien même tant ses techniques que ses positions avaient toujours été extrêmes. Wiggins lui avait échappé, à raison, mais il avait espéré utiliser cette piste pour ramener le Ministre sur un plateau d'argent à Cassidy. Ce dernier quant à lui était resté étrangement silencieux quant aux événements récents. Alors dans cette ambiance lugubre, au milieu de toutes ces âmes qui ramassaient leurs têtes entre leurs épaules dans l'espoir de ne jamais être associées à l'un ou l'autre des extrêmes, il avait fait un choix. Ses capacités récentes lui avaient été données pour un but. Lui sauver la vie n'était pas suffisant. Non, si on lui avait fait le don de sa nouvelle nature, c'était pour répondre à une volonté supérieure.
Celle de la Cause. Celle de la Liberté.

Sauf que pour la servir, il devait s'entraîner. Mêler le sang à la sueur, nuit et jour, pour réussir à attendrir la colombe et en faire non pas une inconnue, mais bien une amie. Une tâche qui n'avait rien d'aisé, qui lui arracha plus de hurlements d'agonie que de satisfaction, et pourtant il pouvait sentir la proximité s'intensifier de nuit en nuit. L'Oiselle n'était plus aussi lointaine, plus aussi farouche. Parfois, il lui arrivait d'entendre le froissement factice de ses ailes, alors qu'elle se tournait dans la même direction que lui. Parfois, il pouvait sentir une infime variation dans ses instincts, calibrés sur la même fréquence que celle de son animal. Une fréquence radio ténue qu'il avait mis des semaines à pratiquer, tournant et retournant le bouton en guettant le bruit blanc à la recherche de cette infime tonalité qui était leur terrain commun. Progressivement, oui. Progressivement, l'oiseau et l'homme avaient trouvé un terrain d'entente. Il était rare, il ne durait jamais bien longtemps, mais il était bien présent. Quelques fois, la colombe lui avait offert ses ailes, quelques fois il lui avait offert ses mains.
Une relation de confiance qui s'installait à mesure que le temps passait, une forme de dialogue dans deux langues opposées qui pourtant partageaient quelques mots similaires.

Se concentrer. Echouer. Recommencer.

C'était Dita qui lui avait apporté l'information. Pas Cassidy, pas le Black Bird, mais un oiseau blanc comme l'espoir, à l'oeil vif et aux coups de bec un peu trop solides. L'Oiselle s'était posée un beau jour avec un message attaché à sa patte. Quelques mots, d'une écriture parfaite, féminine. "Rafle. Ils ont Mikkel." Laura. La mère du chacal, qui savait parfaitement ce qu'ils avaient vécu. Qui connaissait parfaitement tous les mensonges de Lazlo, ses tentatives de faire croire qu'il était passé à autre chose, qu'il n'avait plus besoin de ça pour vivre, et qui lisait à travers les lignes avec autant d'habilité que si elle était directement dans sa tête. Elle savait, Laura. Elle savait à quel point l'Oiseleur avançait dans l'ombre, un masque de bonhomie sur le visage, et des secrets affleurant ses lèvres. Elle le savait, oui, pour en avoir fait les frais elle aussi.
Et en lui écrivant ce mot, elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Elle rouvrait la brèche, elle provoquait la fissure, ravivait la douleur. Parce qu'elle le connaissait. Parce qu'au fond, Mikkel avait toujours été son point faible, et qu'elle comptait bien là-dessus pour qu'il fasse quelque chose.

Ca avait marché. La colombe et son maître s'étaient mis d'accord, ce soir là. Dita s'était envolée à tire d'aile, arpentant la Nouvelle Orléans à la recherche de la cible. Juste un spectre, un orbe blanc passant rapidement dans la vision périphérique. Quand elle était revenue à la Volière, Lazlo avait donné tout ce qu'il avait pour la suivre. La paire de colombes, l'une d'un blanc immaculé, l'autre au jabot écarlate, la plaie illusoire de son plumage plus longue qu'à la première transformation, avait fendu la nuit Américaine pour rejoindre la Prison. Dita faisait le guet, quand Lazlo atterrit difficilement à la petite fenêtre et faufila son bec entre les barreaux. Elle poussa un cri quand le regard de son propriétaire coula finalement sur un corps dénudé qui n'était que par trop familier. Ils n'avaient pas beaucoup de temps. Mais la cible était localisée.
Il était temps de passer à l'action.

Il avait fallu motiver une petite troupe de bras cassés pour faire la mission. Ce n'était pas grand chose, aux yeux de la cause. Pire, le chaos ambiant n'aiderait pas l'information à circuler dans toute la Nouvelle Orléans. Mais une action comme celle-ci pourrait en occasionner d'autres, à terme. Il suffisait d'une étincelle pour raviver la flamme, pour que l'espoir embrase finalement le coeur des oisifs. Il suffisait d'une bombe bien placée, une autre, pour que la population réalise que la Résistance s'attelait à la libération des victimes du Gouvernement. Pour ça, le plan devait être parfaitement calibré. Et il l'était. Lazlo s'en était personnellement assuré.

Jusqu'à ce que vienne le jour J. Un foulard voilant la moitié de son visage, ses cheveux enfoncés au fond d'un bonnet sombre, Lazlo chaussa ses jumelles depuis sa cachette. Le détonateur pourtant imposant semblait être plus léger qu'une plume, dans sa poche. Plus léger que Dita, qui venait de se poser sur son épaule, chargée d'un nouveau message. "Le Facteur est parti. Livraison du colis imminente." Mohini n'avait pas été difficile à convaincre. Postée quelques mètres plus loin, elle était chargée de ramener le convoi vers leur piège. Lazlo empoigna le détonateur. Ses mains ne tremblaient plus depuis longtemps.

Le museau fuselé du fourgon noir dépassa l'angle de la rue.
Clic.

La terre et les immeubles alentours tremblèrent sous la violence de la déflagration. L'avant de son véhicule soulevé par le souffle de l'explosion, le chauffeur ne parvint clairement pas à le redresser. Après tout, quand seulement une roue touche le sol, ce n'est pas chose aisée. Malgré sa lourdeur, le fourgon glissa sur le côté. Un tonneau. Deux. Lazlo courut à son niveau. Tira le chauffeur sonné par la fenêtre brisée de la porte et le gratifia de deux balles brûlantes dans le front. Réserva le même sort au bidasse qui l'accompagnait. Pas un mot. Pas une once de pitié. La mission, c'était tout ce qui importait. Sécuriser le paquet.
Rapidement, fouiller ce qu'il restait du militaire. Rapidement, chopper les clés de l'arrière et aller récupérer ce qu'ils étaient venus chercher. Le bruit d'une moto, derrière lui. Mohini qui revenait, pour assurer leurs arrières.
Arrière. Les lourdes portes du fourgon s'ouvrirent dans un grincement réprobateur. Souplement, le Résistant bondit dans l'habitacle. Se fia à ses sens pour ne repérer qu'une seule odeur, et se repérer malgré la pénombre. Ses doigts gantés s'enroulèrent autour d'un bras amaigri. Suivirent le tracé du muscle pour trouver les côtes, et y enrouler un bras. Soutenant le paquet contre lui, il ne lui accorda pas un regard, concentré.
Parce que s'il le voyait, s'il voyait dans l'état qu'il devinait à l'odeur du sang séché, ses jambes se déroberaient probablement sous son propre corps.

Mohini coula un regard charbonneux sur le duo.

-Il peut marcher ? Courir ?
-Va bien falloir.
-Si on crève à cause de ton coeur d'artichaut, j'te bute, Jan.

Ils savaient tous les deux qu'elle le ferait. Elle trouverait une solution, elle avait suffisamment de ressource pour ça. Mais Lazlo n'y pensait pas. La respiration de Mikkel était sifflante, il pouvait l'entendre, il pouvait la sentir. Difficile. Mais son corps tout entier se raidissait, de cette énergie qui revenait progressivement avec la reprise de conscience. Comme si elle happait sa propre assurance, le blond pouvait se sentir plus fébrile. Il ne devait pas se laisser déconcentrer.
D'une voix détachée, il marmonna à l'intention de leur cible. Une cible, oui. Mikkel n'était que ça, ce soir. Une cible. Une mission.

-Va falloir que tu coures, Major Tom, on parlera plus tard.

L'air se métamorphosait, tout autour d'eux. Le danger affluait par vagues toujours plus proches, annonciatrices de la cavalerie. Mohini enfourcha sa moto dans un grognement, un poing serré autour de la crosse de son semi-automatique, l'autre fermement arrimé à la poignée d'accélération.

-Filez à la planque, j'vous rejoins dès que j'ai géré la cavalerie.

Un hochement de tête. La moto fit une embardée pour disparaître à l'angle de la ruelle, à l'angle de sa vision périphérique, à l'angle de l'épaule de Mikkel Ievseï. Se refusant à croiser son regard, Lazlo focalisa toute son attention sur la route devant eux. Ils allaient devoir tracer à travers des chemins dérobés parfaitement planifiés. Mais ils arriveraient à bon port. Ne pipant mot, le Résistant reprit la marche. Les foulées s'allongèrent, toujours plus, toujours plus vite.
Combien de temps ? Impossible de savoir. Assez pour ne plus entendre le moteur de la moto, assez pour ne pas laisser le vent porter le bruit lointain des coups de feu. Assez pour qu'ils rejoignent un bâtiment délabré, pour que Lazlo donne un vigoureux coup de botte dans la porte et la propulse, grande ouverte.
Assez pour qu'il finisse par déposer Mikkel sur un canapé défoncé, et se glisse dans l'angle de la fenêtre, guettant la rue à la recherche de quelque âme qui aurait tenté de les suivre.

-On repart dans quinze minutes, ça te laisse le temps de te remettre un peu.

Il n'arrivait pas à le regarder. Tout juste s'il parvenait à lui parler. Son odeur envahissait ses sens plus aiguisés, maintenant qu'ils étaient au calme, supplantant la poussière pourtant omniprésente dans l'appartement abandonné. Mais le pire, c'étaient ses yeux.
Ce regard d'acier qu'il connaissait par cœur et qu'il pouvait sentir posé sur sa nuque, brûlant la peau par son intensité.


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