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 A howling wilderness [Sasha]

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WILDHUNTER

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MessageSujet: A howling wilderness [Sasha]   Mar 3 Juil - 20:08

a howling wilderness

feat sasha aydin & leslie Maclean
So much pressure it makes you sick. Scabs on your skin that you just can't itch. On the back of your tongue with a mouth full of sand. Beg for attention, trace of respect. Away your walls they fall. And crumble at your feet. So fall asleep and know that I'll be here.

Passer de l’autre côté des murs pour se retrouver à vouloir revenir en arrière. Quitter la ville et ses airs de chape étouffante, ce monde grouillant à tout va et la tension perpétuelle qui bousille corps et âme. Un retour à la civilisation bien plus ardu que prévu. Quelques années passées au-dehors, à en oublier les difficultés jalonnant les environs et se sentir mal lorsqu’il est temps de quitter le sauvage et le danger. Certainement pas fait pour exister dans le confort illusoire de la civilisation, ceux qui ont vécus toute leur vie dehors en souffrent bien plus que moi. Faire bonne figure et tâcher de s’intégrer dans ce nouveau décor est la seule chose à faire. Malgré les murmures, les regards où miroitent toutes sortes de choses, passant de l’éclat du malaise à celui de la rancœur. Rien n’est dit mais il est clair que, parfois, je deviens le destructeur de leur univers. L’instigateur de la chute quand elle était pourtant programmé depuis longtemps, enclenchée par la volonté de Maria et la nécessité de se barricader pour ne pas crever. Pincement au cœur, le machin qui trébuche piteusement sur cette simple pensée. La douleur reste là, à chaque fois que le constat des pertes s’affiche dans l’esprit. Massacre ignoble poussant l’instinct de survie à son plus haut niveau, affolant les choses pour finalement signer la fin de notre liberté.

Et quand certains font mine de s’y acclimater, d’autres n’en ont strictement rien à faire. Surveillant de garderie, à défaut d’être la seconde tête pensant d’une mafia encore branlante. La sensation dérange, fait germer l’inconfort sous la peau et doucement, la colère monte. L’insubordination m’est insupportable, d’autant plus lorsqu’elle met en péril les fondations d’un édifice trop fragile pour être laissé sans surveillance. Sans apport. Notre situation bien trop précaire pour se permettre de prendre le risque de la compromettre, c’est une évidence que quelques têtes ne semblent pas vouloir comprendre. Caractère de merde déjà fortement présent au sein de l’ancien campement, le retour à la civilisation semble l’avoir exacerbé. Sasha et ses envies de se tirer en douce pour faire tout, sauf les tâches qui lui sont données. Mauvaise blague qui ne fait rire personne, à part elle, c’est évident. Faire de mes nerfs son meilleur terrain de jeu, tout en sachant pertinemment que les sanctions ne viendront pas. Ou difficilement. Parce qu’elle appose le trouble dans la poitrine, fait courir la tendresse bousillée d’un père désœuvré. Morceaux de Zilpha qui se retrouve chez la traqueuse, miettes de souvenir qu’il est important de maintenir pour ne pas la perdre une seconde fois. C’est absurde lorsque l’on prend le temps de regarder les choses de plus près. Une odieuse blessure qui ne guérira jamais et que l’on tente de combler au mieux. A grand renfort de bandages, juste là pour cacher la misère, certainement pas pour la réparer.

Manque à l’appel, on l’attend depuis des heures… Evidemment. Il suffisait d’un regard vers le ciel pour comprendre. Avec cette foutue lune pleine à crever, la gamine a préféré se tirer. Se rajouter une raison supplémentaire de fausser compagnie à ceux qui comptent sur elle. Me glisser entre les doigts, puisque c’est un jeu pour elle. Une partie qui devient une affaire personnelle au fil des offenses. Prend moi pour un abrutit encore longtemps, et les choses risquent de fortement se gâter. C’est en rogne que je me plie aux examens de sortie, dans cette boite sombre et étouffante qu’ils osent appeler poste de garde. Assemblage de murs nus, déprimant à mourir, lugubres à souhait pour renforcer le climat de trouille qu’ils cherchent à instaurer dans les cœurs de tous ceux qui se traînent jusque-là. Montrer patte blanche et enfin voir la lourde porte s’ouvrir sur l’extérieur. J’en ai le cœur qui s’affole, l’air qui s’engouffre à grande goulée dans les poumons, comme libérés d’un poids qui les entravaient. Le retour au grand air, je n’aurais jamais pu imaginer qu’une sortie à l’extérieur aurait de tels airs de salut. Une merveilleuse absolution, une renaissance bizarre.  

Les sens du monstre en alerte à mesure que les pas l’éloignent des murs. Regards lourds dans le dos, des frissons me dévalent le long de l’échine. Relents de colère et d’une angoisse pernicieuse qui ne me quitte plus depuis notre entrée en ville. Ver de la méfiance s’insinuant dans tout le corps pour mieux le dévorer de l’intérieur. Corrompre l’esprit pour mieux y faire s’incruster des fragments de suspicion violente. Tous pourris, tous détestables. Une balle dans le dos, ce serait si facile. Et ensuite clamer à l’attaque de n’importe quoi pour justifier la perte. Malgré moi, l’attention se déporte du décor au-devant et se pose, méfiante, sur l’arrière, dans un regard par-dessus l’épaule. Silence et absence de mouvement. Tout a l’air si mort vu de ce côté-là. Juste un rempart, aussi morne que le centre de la ville pouvait être rutilant avant qu’un abrutit masqué ne fasse tout sauter. Et après nous sommes les sauvages. Sourire carnassier sur les lippes à cette seule pensée, et je me remets en route. M’avance dans l’apocalypse d’un décor presque connu par cœur pour l’avoir tant de fois arpenté auparavant. Monstre dans la poitrine percevant alors une présence, l’énergie fusant d’un corps invisible à la vue mais bien là. A quelques mètres, les relents d’une odeur familière sur lesquels s’appose rapidement le nom de la fuyarde. J’espère que tu as profité de ta liberté Sasha.

« - J’ignore si tu es au courant, mais tu es du mauvais côté du mur. » Lancé à la volée, dans le néant alentour tout en sachant pertinemment que ça ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. Quelques pas de plus et je m’arrête. Elle est proche, la gamine. « - M’oblige pas à t’y ramener à coups de pieds au cul, ça ferait désordre devant nos nouveaux hébergeurs. » Pour ce que j’en ai à faire de ces types. Jouer les hypocrites pour maintenir les apparences est une chose que je veux bien maintenir. Faire preuve de laxisme envers les miens, c’est impensable.

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MessageSujet: Re: A howling wilderness [Sasha]   Jeu 5 Juil - 10:04

avec daddy Leslie

almost nothin' to wear
Un craquement, puis encore un autre qui te fait définitivement fléchir. Tout est prêt : ton sac à dos effilé contenant tes habits au creux d'une souche, l'air frais et salvateur qui caresse ta peau, l'obscurité que t'apportent les maigres arbres alentours. Mais le plus important la lune. Cet énorme astre blanc et rond qui parvient à passer au travers des feuilles et des branches pour te pointer du doigt. Toi créature de la lune, qui est rythmée comme les marées, dont la vie dépend une fois par mois de la clémence du ciel. C'est douloureux, tes os craquent encore pour mieux se reformer ensuite. Tes dents tombent, laissant place à des crocs, tout comme tes ongles sont remplacés par des griffes. La magie noire n'est pas belle, même si on a voulu te le faire croire. La bête vient et prend possession sans un regard ou remord pour toi : tu la brides tellement en temps normal que lorsque se lève la pleine lune, elle profite de pouvoir s'évader. On ne peut pas lutter, pas les métamorphes aussi faibles que toi. La transformation est achevée, la créature reprend doucement son souffle puis se relève, en claquant des mâchoires et en gloussant. La bête se met en quête d'une proie. Un lièvre, un chien ou un chat. Un oiseau si elle y arrive. Même une carcasse pourrait la contenter. D'habitude, tu te charges de la chasse et donc elle ne peut profiter de ces moments pour refermer elle-même ses crocs sur de la chair. La pleine lune lui permet de profiter librement, de s'adonner à ses instincts primaires, du moins une partie de ceux-ci. La créature doit bien gambader toute la nuit durant avant de tomber sur un reste de ce qui semble être un chat encore bien conservé. Elle s'y attaque sans attendre, tandis que si tu pouvais rendre tout ce que ton estomac contenait tu le ferais sur-le-champ. Tu souhaiterais arracher tes papilles tellement l'idée de manger du chat crevé te répugnes. C'est une des facettes que tu n'apprécies pas du tout de ton animal : son opportunisme. L'hyène se détourne et fait mine de rebrousser chemin. La lune s'en remet tout gentiment au soleil, forçant donc la créature à se raisonner et commencer à t'écouter. Plus le ciel s'éclaircit, plus tu retrouves le contrôle. Et c'est avec soulagement que tu reviens, complétement à poil et sur deux jambes, auprès de l'arbre mort qui a eu la gentillesse d'héberger tes vêtements cette nuit. La créature finit par s'endormir au fond de toi : rester si longtemps transformé demande énormément d'énergie, aussi tu as hâte de rentrer pouvoir casser la croûte, t'enlever ce goût de charogne dans la bouche et te reposer un moment. L'aube se pointe, il doit tout juste être six heures. Et dire que c'était aujourd'hui qu'ils faisaient l'appel à la communauté. Cette sortie nocturne prolongée tombait bien finalement : comme d'habitude, tu aurais l'excuse de ne pouvoir te contrôler et de mettre tout le monde en danger si tu ne t'isolais pas en ce soir de pleine lune. Puis, de toute façon personne oserait s'en prendre à la petite protégée de Leslie. Redevenue humaine et après quelques respirations saccadées, tu enfiles ton jean et revêts ton pull gris fin. Tu replantes tes pieds dans tes vieilles bottes et tournes les talons en ramassant tes affaires afin de rallier la grande porte, slalomant entre quelques buissons et arbustes. Le danger est rare, si près des remparts, néanmoins tu restes sur tes gardes et c'est grâce à l'instinct de l'hyène que tu le sens avant de percevoir sa voix. Quelques pas de plus, te dissimulant encore à sa vue, et tu peux l'apercevoir entre deux fourrés dans lesquels tu te terres. Qui oserait s'en prendre à la petite protégée de Leslie, si ce n'est MacLean lui-même ? Évidemment qu'il sait que tu es là malgré l'obscurité, peut-être devrait-il trouver un autre passe-temps que la chasse au métamorphe ? Il y a cinq minutes tu gisais encore à poils sur la terre meuble. Poussant un léger soupir, tu te décidas à venir à sa rencontre affublée de ton rictus provocateur réservé au géant brun.

« Salut Les', tu es bien matinal à ce que je vois. C'est la culpabilité de nous enfermer comme des clebs qui t'empêche de dormir ? » Il y avait meilleur accueil pour un début de matinée. Mais à l'intonation de la voix du chef, il n'était pas venu te chercher pour te proposer le thé. Plutôt pour te remettre les pendules à l'heure. Et tu savais au fond de toi qu'il avait raison, qu'il n'était pas non plus responsable de votre situation. Mais tu ne pouvais t'empêcher de lui en vouloir et de le faire sentir dès que l'occasion se présentait. Délaisser une nature renaissante suite à la disparition de l'être humain pour venir s'entasser au sein de la Nouvelle-Orléans, déchirée par les affrontements, c'était du suicide. Mais s'entêter à rester sur les berges du lac Salvador l'était aussi. Ta partie humaine pouvait comprendre, mais c'était plutôt l'animal qui restait campé sur ses positions. L'horrible souvenir d'être enfermé vous donnait la nausée, tant à elle qu'à toi. « Je sais que tu vas me trouver culottée de te demander ça, mais tu n'aurais pas pris un truc à manger avec toi ? Du genre un peu de roastbeef ou de la pastèque j'aimerais bien. » Évidemment qu'il n'avait rien pour toi, tu profitais juste de l'allumer un peu plus à chaque fois que tu ouvrais la bouche. Le goût de la chair putride que la créature t'avait forcée à avaler commençait à se dissiper. Une goulée de rhum brun et ça réglerait le problème. Malgré ton mètre septante-cinq (soixante-quinze), tu ne pouvais même pas t'amuser à toiser Leslie mais essayer ne coûtait rien. Arrivée devant lui, sac à dos sur l'épaule et air désabusé, tu te permis une dernière remarque. « Ou tu voulais venir chasser avec moi, histoire de quitter ton petit poste peinard pour goûter à l'air libre ? Lâcher tes bouquins et voir ce que c’est le monde ? » C'est dingue, qu'avait-il fait pour ramasser autant ? Tu le savais qu’il courait partout, qu’il gérait ses gens avec une poigne de fer en épaulant Maria. Il n’était pas le genre à traîner. Et puis toi aussi tu aimais la lecture, souvenir de ta vie d’antan, bien que tu le gardes pour toi peut-être par peur qu’on s’en moque justement. A bien y réfléchir, il n'y a qu'avec lui que tu te permettais d'être aussi insolente, mesquine et emmerdeuse. Quant à tes scores en ravitaillement, tu les savais pas brillants, pas brillants du tout. C’était sûrement la raison de la présence de MacLean ici même. Au fond tu n'avais pas la conscience tranquille et tu sentais venir la brossée et Leslie n'hésiterait pas à te rentrer au camp par la peau du cou, comme un chiot. Mais qu’il ne s’y trompe pas : si tu parais bien jeune, en réalité tu as plus de sept fois son âge. Mais pas la maturité qui vient avec, elle s'est perdue en chemin.

j'en rigole encore:
 

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MessageSujet: Re: A howling wilderness [Sasha]   Mer 11 Juil - 19:46


La légèreté avec laquelle elle accueille la situation m’irrite. Lames de rasoir à même la peau en guise de frisson, mes bras se croisent sur mon torse et les doigts s’incrustent dans les muscles crispés. Trop familière aussi, ce maudit surnom que plus personne n’utilise depuis longtemps. Foutue gamine trop certaine d’être à l’abris des foudres de son supérieur et qui de ce fait, s’autorise à aller toujours un peu plus loin dans les limites de son audace. Elle le sait, la môme, que mes colères sont peut-être violentes mais qu’elles s’apaiseront bien rapidement. Qu’un vent de tendresse me bousille le cœur dès qu’il est question de sa sécurité. Transfert l’instinct du père enterré avec sa cadette sur une autre avec laquelle je ne partage rien, si ce n’est un même clan et quelques brides d’une vie fracassée. « - C’est surtout de savoir que certains ont tendance à ne pas faire leur boulot et se tirent en douce pour prendre l’air. » Le grondement m’échappe, plus rêche que je ne le voulais. Un raclement de gorge nerveux, tremblant de la tension gagnant en force sous la carne. Me tenir responsable de notre enfermement est trop facile, Sasha, tu pourrais faire mieux. C’est presque devenu un classique, reprocher la captivité quand nous avions la liberté. Reprocher la sécurité quand il est facile d’oublier que le danger était certainement bien plus dangereux dehors qu’entre les murs. Les tyrans sont humains, faits de chair et de sang, puissants peut-être mais plus aisés à éliminer qu’une créature vomie de l’enfer.

Impossible de rester de marbre tant sa question tombe comme un obus dans un champ de fleur. Les sourcils se haussent, le temps d’un battement de cœur bousillé, la stupeur s’accroche à la gueule. L’esquisse d’un sourire amer ourlant les lippes. « - J’ai l’air d’un fast-food ambulant ? » La répartie s’arrache avec un écho de ricanement. Des notes grinçantes dénuées d’amusement, donnant à l’ensemble des airs d’ongles griffant le tableau noir. Déteste l’insubordination et cette manie de se moquer de tout et de tout le monde. L’apprécie malgré tout, cette étincelle de rébellion qui pousse les nerfs à se tendre et la réplique contre les lèvres. C’est un jeu pour la gamine, une partie qui s’éternise face à l’absence d’envie des deux participants de la voir s’arrêter aussi rapidement. Parce que même si l’attitude ne le démontre pas bien souvent, elle a réussi à devenir importante, à s’immiscer dans les fibres du cœur fatigué. Attendrir le tyran qui se doit malgré tout de maintenir les apparences. Sauvageonne qui se rapproche finalement, et l’instinct de la créature pousse à l’impassibilité. Le flegme en façade, dans un effort virulent pour montrer que le contrôle est toujours de mise. Tu devrais en lire des bouquins, peut-être que ça calmerait tes envies d’aller mettre ton nez dehors. Je serre les dents pour ravaler la réplique, le venin qui y est venu s’y coller et garde le silence. Laisse le vide alentour nous envelopper. Le calme du dehors pour faire oublier l’agitation sale de l’intérieur. Je la regrette aussi, cette liberté. Si je l’ai détesté dans les premiers jours de mon exil, elle a fini par apaiser l’esprit, malgré ses dangers. Offrir à l’âme un semblant de paix au point de ne plus être capable d’imaginer une vie derrière les murs.

« - Je l’ai vu, le monde, certainement plus que toi, gamine. » Je le lâche dans un souffle rêche, décroise les bras tout en esquissant un pas sur le côté. « - Tu sembles facilement oublier quel est ton rôle au sein du groupe. Et même si je sais que notre nouvel habitat est loin de te convenir, il y a des conditions à remplir pour y rester. » Les voilà les reproches qui tombent. Ceux qu’elle ne veut certainement pas entendre, mais qu’elle provoque et attire. Changeuse de peau qui justifiera sa sortie nocturne en prétextant préférer être au-dehors que de mettre en danger les siens. Et les autres qui errent dans les rues de la ville. Trop facile. Au point de ne pas être recevable. Intransigeance du gérant de tout ce joyeux bazar obligeant l’œil à la considérer comme tous les autres et non pas comme une potentielle privilégiée. Comme le fantôme bien vivant de ma gamine disparue. Ce mirage qui fait se serrer le corps à chaque fois que la pupille se pose sur le visage de la traqueuse. Comme il peut le faire maintenant que l’intention revient se poser sur elle. Un faux pas dans la mécanique, l’amas de chair qui trébuche piteusement sur ses battements pour se relever couvert de bleus. « - Continue à faire cavalier seul et tu pourras patauger tout ton soûl dans la gadoue de cet air libre que tu affectionnes tant. » Menace enrobée de miel, le ronronnement grave distillant des notes de douceur pour camoufler le danger au-dessous. Maintenir la distance entre les corps pour ne pas prendre le risque d’un geste malencontreux en cas de perte de calme. Car il est évident qu’il va être mis à rude épreuve, mon calme. Ma patience qui se fait la malle depuis quelque temps. Faute à une tension constamment présente, la faim qui détruit les entrailles avec plus de force que d’ordinaire. Gouffre dans le ventre, dévoré par la maladie bousillant la peau.

« - Et cette fois, ce n’est pas le Gouvernement que tu pourras blâmer, je me chargerais personnellement de ton expulsion. » Difficile de dire si je serais vraiment capable de le faire. Certainement pas si le temps est pris de bien comprendre ce qui se trame dans la poitrine et le crâne. Faire simple, ils ne savent pas le faire. A croire que c’est un passe-temps, un plaisir que tirer sur les ficelles de mes nerfs. Presque à les détester, ces mômes et leur foutu besoin de se rebeller.

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