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 Tell me who you are, I'll tell you who I am

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Phoenix Aurora
RUNNING TO STAND STILL

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MessageSujet: Tell me who you are, I'll tell you who I am   Mer 25 Juil - 16:25







Temps de pause suite à un service plutôt intense, une heure quarante trois du matin m'indique cette fichue horloge aux cliquetis irritants, qui me rappelle à quel point mes nuits sont devenues longues. Exténuantes, routinières. Mon visage en garde souvent les traces, d'avantage psychique que physique. La fatigue est colorée sous mes yeux qui observent les prostituées à distance respectable. De son pinceau, sur ma peau qui ne vieillit que trop vite, elle a peint des puits sans fond, aux teintes violacées. Quelle sale gueule. Une gueule marquée par les dures aléas de la vie, et par un boulot de nuit. Pourtant, l'esprit n'en est pas altéré, il carbure à plein régime pendant que je m'approche des filles de joie qui se félicitent de leurs numéros de charme. J'ai sur la langue trop de questions qu'il me tarde de leur poser. Sur ma femme. Sur mon Alix. Sur ce souvenir entaché par les danses dénudées et les parties de jambes en l'air avec tous ces porcs citadins, qui se pavanent comme des gars irrésistibles alors qu'on sait tous pour quelles raisons ils en viennent à dévaliser leurs propres bourses pour des damoiselles faciles. Des laiderons et des précoces, des hommes trop soumis par leurs femmes castratrices et des prépubères à la confiance déficiente.

Tout est malsain, ça pue la baise et les emmerdes. Le parfum bon marché et le rouge à lèvres de putains. Dans ce décor mes sourcils se froncent et mes lèvres font la moue. Ca m'écoeure, ça m'horripile, quand je pense que mon épouse en a fait partie ça me déchire ! Toutefois mon expression s'empresse de se dissimuler sous un masque d'indifférence, et avec la présomption d'un titan je m'avance vers le petit groupe qui glousse comme des dindes de basse-cour. Le bas de l'échelle alimentaire du Little Darlings; peu importe mes questionnements, parce qu'elles ne sont rien, elle n'en diront rien. Alors, tout autant impatient qu'angoissé - j'ai si peur de ce qu'elles pourraient m'apprendre, que l'héritage de ma femme soit encore maculé, lui qui déjà s'est terni au fil des révélations qui m'ont été accordées - je me plante au beau milieu de la volaille, sans prendre la délicatesse de m'annoncer.

- Vous la reconnaissez ?

Je sors une photo dépliée, chiffonnée comme le souvenir qui y est imprimé. C'est un portrait d'une magnifique femme à la longue chevelure auburn qui cascade, avec une paire d'yeux qui scintille, d'un pur azur. Le sourire qu'elle affiche m'émerveille encore, c'était le bon vieux temps. Ce n'est plus qu'un instant agréable, bien trop éphémère qui s'impose à ma mémoire chaque fois que mon regard s'y ancre. A l'intérieur je souris, puis je pleure, me rappelant que plus jamais elle ne m'apportera toute cette joie. Je suis fautif. Je suis maudit.

Je n'ai pas le temps de leur faire cracher leurs vérités, un colosse se pointe et m'accuse de harcèlement de sa voix rocailleuse. Mais mec, j'en ai rien à foutre de tes putains !

- Je t'assure qu'on ne bouffe pas dans la même gamelle. J'ai pris ma pause, je passais par là, je leur offrais juste ma courtoisie en leur passant le bonsoir. Je les laisse volontiers à tes bons soins.

L'importun pousse son audace jusqu'aux frontières de son aplomb qui ne semble, quant à lui, en posséder aucune. M'apprendre à rester placardé à la place qui m'incombe, tel est son désir, une bien dangereuse braverie. Provocateur, je me détache des danseuses et me livre à lui, les bras légèrement levés. Le rictus sournois qui anime mes lèvres fadasses leur redonne un peu d'éclat.

- Vos désirs sont des ordres ô tout puissant gardien de ces gentes putasses.

Je suis calme, mais dans mes pupilles l'orage gronde, l'ambiance est électrique. Oh bordel, je le sens mal... Le chien de garde ne va pas se contenter d'aboyer, c'est qu'il va mordre le salopard ! Sans un mot sa poigne d'acier m'encercle le bras et m'arrache la précieuse photographie des doigts.

- Tu n'aurais pas dû faire ça, mon timbre siffle comme le sonnet d'une vipère, je vais les lui planter jusqu'aux orbites mes crochets !

C'est le costume de l'ancien milicien que je revêtis lorsque je m'arrache à son autorité. Sa prépondérance est faite de carton, du papier mâché ! Cet homme vient de me dérober mon bien le plus cher, et chaque seconde passé en sa possession est une offense à sa mémoire. Sans réfléchir, instinctivement, mon corps que la rage fait tressaillir réagit farouchement. Les os de son nez craquent brutalement sous mes phalanges qui s'acharnent, elles ne lui laissent aucune occasion de riposter. Autour de nous les cris s'élèvent et les âmes en quête d'action s'attroupent puis s'exclament. Je ne sens rien. Je n'entends rien. Je ne vois plus rien que cette cible sur laquelle je continue de frapper.

- Il va le tuer ! les poupées s'affolent, elles hurlent si fort, avec leurs voix de crécelles, qu'elles risqueraient de se briser.

J'aimerais que la foudre qui me traverse cesse de s'abattre sur ce persécuté qui ne réplique pas, avant que je ne l'achève, mais je n'ai plus le contrôle. Pourtant, je ne veux pas de sa mort sur la conscience. Je veux me stopper, je n'y parviens pas. Les coups s'enchaînent et se déchaînent. Arrêtez moi bon sang ! Certes c'est un connard, mais la sentence est démesurée. Ne le laissez pas crever comme ça ! Une ultime raclée lui est donnée, avant qu'on ne finisse par me tirer brutalement par les épaules et que l'accalmie tombe aussi vite que cette volée que je me prends en retour pour se faire. Une bonne beigne dans la trogne bien placée, et la raison reprend le pas sur la bête sauvage que j'ai offerte en spectacle à l'assemblée qui ne désemplit pas. Je me retrouve les fesses au sol, un peu sonné, le regard qui s'écarquille quand il déniche la silhouette du blessé. Son visage est en sang, presque méconnaissable, mais il est en vie, il est conscient. Je me glisse jusqu'à la photo d'Alix et la récupère discrètement. De près, c'est encore plus terrible... C'est moi qui ai fait ça ? Mes mains se mettent à trembler. De crainte. De honte. De regrets amers. Qu'ai-je encore fait ? Je me hais. Et ce boulot, je ne peux pas le perdre.


codage par Laxy Dunbar.

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It falls darker than night
They say an end can be a start Feels like I've been buried yet I'm still alive It's like a bad day that never ends I feel the chaos around me A thing I don't try to deny I'd better learn to accept that
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